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Général Assimi Goïta
ActuAnalyses

Mali : une doctrine de souveraineté sécuritaire assumée, au-delà du seul registre militaire

by Chiencoro 19 janvier 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

Le discours prononcé le 20 janvier par le président de la transition, le général Assimi Goïta, à l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’armée malienne, s’inscrit dans une séquence politique plus large que la seule célébration institutionnelle. Il marque la consolidation d’une doctrine de souveraineté sécuritaire assumée, désormais au cœur du projet étatique porté par les autorités de Bamako depuis 2021.

Loin d’un simple exercice de communication, l’allocution présidentielle traduit une vision stratégique structurée, fondée sur trois piliers : la montée en puissance de l’outil militaire, l’autonomie décisionnelle face aux partenaires extérieurs et l’intégration régionale sahélienne comme réponse aux menaces transnationales.

Une armée refondée comme socle de l’État

Dans un pays confronté depuis plus d’une décennie à une insécurité persistante, l’accent mis par les autorités sur la réforme des Forces armées maliennes (FAMa) apparaît moins comme un choix idéologique que comme une nécessité fonctionnelle. Le discours présidentiel insiste sur des éléments concrets : réorganisation des unités, amélioration de la chaîne de commandement, modernisation des équipements, renforcement de la formation et adaptation doctrinale à une guerre asymétrique.

La création de nouvelles unités combattantes, la multiplication des camps militaires et le développement du génie militaire répondent à un objectif central : restaurer la présence de l’État dans des zones longtemps marginalisées. À cet égard, la sécurisation progressive de certaines localités et le retour des services sociaux de base constituent, pour les autorités, des indicateurs de succès plus parlants que les annonces spectaculaires.

La volonté de lancer une industrie militaire nationale, encore embryonnaire, s’inscrit dans cette logique d’autonomie stratégique. Elle traduit une rupture avec une dépendance structurelle aux fournisseurs extérieurs, souvent conditionnée à des agendas politiques divergents des priorités maliennes.

Une lecture lucide de la guerre contemporaine

L’un des apports majeurs du discours du président Assimi Goïta réside dans sa lecture élargie du conflit. En qualifiant la situation de « guerre hybride », le général Assimi Goïta reconnaît explicitement que le combat ne se limite plus au champ militaire classique. Sabotage économique, attaques contre les infrastructures, pressions informationnelles et tentatives de délégitimation internationale font désormais partie intégrante de l’affrontement.

Dans ce contexte, la bataille de l’information devient un enjeu stratégique. La création de médias dédiés aux forces armées — Web TV et radio — vise moins à imposer un récit unique qu’à rééquilibrer un espace médiatique longtemps dominé par des narratifs extérieurs. Pour les autorités, il s’agit de restaurer un lien de confiance entre l’armée et la population, condition indispensable à toute stabilisation durable.

Cette approche témoigne d’une compréhension pragmatique des nouveaux rapports de force, dans lesquels la perception internationale d’un conflit peut peser autant que les résultats tactiques sur le terrain.

L’option sahélienne comme choix structurant

Sur le plan régional, le discours confirme l’ancrage stratégique du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) — formée du Mali, du Burkina Faso et du Niger depuis le 16 septembre 2023. La mise en place de la force unifiée avec le Burkina Faso et le Niger, dont l’opérationnalisation a eu lieu le 20 décembre 2025, constitue, pour Bamako, une réponse endogène à des menaces transfrontalières que les dispositifs internationaux n’ont pas su endiguer durablement.

Cette coopération ne se limite pas à une posture politique. Elle repose sur des opérations conjointes, un partage du renseignement et une convergence doctrinale. En assumant ce choix, les autorités maliennes privilégient une logique de solidarité régionale fondée sur des intérêts sécuritaires communs, au risque d’un isolement diplomatique partiel vis-à-vis de certains partenaires occidentaux.

Une stratégie critiquée, mais cohérente

Si la trajectoire engagée par les autorités de transition suscite des critiques, notamment sur le plan politique et institutionnel, elle présente une cohérence interne difficilement contestable. Dans un environnement marqué par la fragilité des États sahéliens, la priorité donnée à la sécurité apparaît, pour le Mali, comme un préalable à toute reconstruction durable.

Le discours à la nation à l’occasion du 20 janvier, fête de l’armée malienne, illustre ainsi une inflexion profonde de l’État malien : recentrage sur ses fonctions régaliennes, affirmation de la souveraineté comme principe structurant et refus d’une dépendance sécuritaire contre-productive. Plus qu’un message aux forces armées, il s’agit d’un signal adressé à la population et aux partenaires internationaux : le Mali entend définir seul les termes de sa stabilisation.

Dans cette perspective, la célébration de l’armée devient moins un rituel commémoratif qu’un acte politique, révélateur d’un État en quête de refondation dans un ordre régional et mondial en recomposition.

Chiencoro Diarra 

19 janvier 2026 0 comments
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Le Général Assimi Goïta
A la UneSécurité

« A nos soldats, sachez que vous êtes les gardiens de la patrie », Assimi Goïta 

by Sahel Tribune 19 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’armée malienne, célébré le 20 janvier à Bamako, le président de la transition, le général Assimi Goïta, comme à l’accoutumée, a livré un discours à forte portée politique et stratégique, sur les antennes de la télévision nationale (ORTM). Le chef de l’Etat, a mis en avant la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa), la refondation de l’outil militaire et l’ancrage du Mali dans une logique de souveraineté sécuritaire assumée.

Créée en 1961 dans la foulée de l’indépendance, après le départ des forces françaises décidé par le président Modibo Keïta, l’armée malienne demeure, selon le chef de l’État, « un pilier de la Nation » et un symbole du lien indéfectible entre le peuple et ses forces de défense. Le général Goïta a rendu hommage aux soldats tombés au combat et salué « le sacrifice consenti par les familles » dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la persistance de la menace terroriste.

Réformes militaires et réorganisation du dispositif sécuritaire

Au cœur de son allocution, le président malien est longuement revenu sur les réformes engagées depuis 2021 au sein des forces armées. Il a affirmé que celles-ci avaient permis de disposer d’une armée « aguerrie et professionnelle », dotée de capacités opérationnelles renforcées, d’équipements modernisés et d’une doctrine adaptée à l’évolution des menaces.

La création de nouvelles unités combattantes, jugées plus flexibles, répond à une stratégie d’adaptation face à une guerre qualifiée d’« hybride », mêlant actions militaires, sabotage économique et guerre informationnelle. Plusieurs nouveaux camps militaires doivent voir le jour en 2026, notamment à Dioïla, Nioro du sahel et Konobougou, afin de renforcer la présence de l’État sur l’ensemble du territoire.

Le président a également annoncé le démarrage de l’industrie militaire nationale, présentée comme une étape décisive vers l’autonomie stratégique, ainsi que l’opérationnalisation prochaine de l’hôpital militaire de Banankoro, destiné à réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger.

Des succès revendiqués sur le terrain

Sur le plan opérationnel, Assimi Goïta a affirmé que les forces maliennes avaient enregistré des « résultats éloquents » : démantèlement de sanctuaires terroristes, neutralisation de chefs terroristes et sécurisation de zones jugées vitales. Il a cité les succès de l’opération « Doungoukoloko », qui a permis le retour progressif des services sociaux de base dans certaines localités.

Le chef de l’État a aussi salué la sécurisation de grands événements nationaux, comme la Biennale artistique et culturelle à Tombouctou en décembre 2025, ainsi que la protection des convois de carburant, présentée comme un enjeu central pour la résilience économique du pays.

L’ancrage régional au sein de l’Alliance des États du Sahel

Dans un contexte de rupture avec les partenaires occidentaux traditionnels, le président malien a mis en garde contre l’extension du conflit au champ informationnel. Selon lui, la désinformation et les campagnes de manipulation constituent désormais des armes à part entière, utilisées par des groupes terroristes avec l’appui de « sponsors étatiques » non nommés.

Pour y faire face, les autorités ont lancé une Web TV et une radio dédiées aux FAMa, afin de « parler directement au peuple » et de contrer les récits jugés hostiles. La digitalisation de l’administration militaire, notamment à travers un système de gestion du personnel, a également été présentée comme un gage de transparence et de maîtrise des effectifs.

Enfin, Assimi Goïta a réaffirmé l’engagement du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Burkina Faso et du Niger. Il s’est félicité de l’opérationnalisation, en décembre 2025, de la force unifiée de l’AES, symbole selon lui d’une volonté commune de bâtir une sécurité collective fondée sur la souveraineté et l’intégration régionale.

Dans un discours empreint de solennité et de fermeté, le président de la transition a conclu en appelant à l’unité nationale autour de l’armée, présentée comme le socle du « Mali Kura », un Mali refondé, souverain et résilient, dans un environnement régional toujours instable. « A nos soldats, où qu’ils trouvent, sachez que vous êtes les gardiens de la patrie », a rassuré le président de la transition. 

A.D

19 janvier 2026 0 comments
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résentation des voeux de Nouvel An 2026 de la presse
Actu

Au Mali, la désinformation comme prolongement du bras de fer géopolitique

by Chiencoro 19 janvier 2026
written by Chiencoro 5 minutes read

De la Haute Autorité de la Communication au Comité national de l’égal accès aux médias d’État, en passant par la Maison de la Presse et le chef de l’État lui-même, un même mot est revenu, presque obsessionnel, lors de la cérémonie de vœux 2026 : manipulation. À Bamako, la guerre se joue aussi – et peut-être surtout – sur le terrain de l’information.

Il y a parfois, dans les cérémonies de vœux, plus de vérité politique que dans de longs discours programmatiques. Celle qui a réuni autour du président de la Transition, lue général Assimi Goïta, ce 19 janvier 2026, l’ensemble des acteurs de la presse malienne et de la communication n’a pas dérogé à la règle. Rarement les autorités de régulation, les professionnels des médias et le sommet de l’État auront affiché un diagnostic aussi convergent : le Mali est engagé dans une bataille informationnelle d’ampleur, où la désinformation est devenue une arme à part entière.

Un front invisible, mais décisif

À écouter les responsables de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le phénomène n’a plus rien d’anecdotique. Il s’agit désormais de campagnes structurées, coordonnées, transnationales, exploitant les réseaux sociaux, certaines rédactions étrangères et des relais locaux plus ou moins conscients de leur rôle. L’objectif, selon le président de la HAC, Gaoussou Coulibaly, n’est pas d’informer mais de fabriquer du doute, de délégitimer les autorités et de fracturer la cohésion nationale.

Le président de la Maison de la Presse a, lui aussi, dressé le constat d’un espace médiatique fragilisé, soumis à une pression économique inédite, donc plus vulnérable aux récits toxiques. Une presse affaiblie, rappelle Bandiougou Danté, est une presse plus exposée aux influences et aux manipulations. « le Mali est aujourd’hui la cible d’une campagne de désinformation structurée.« , indique le patron de la Maison de la presse avant d’expliquer :  « Ces fausses nouvelles, ces images trafiquées, ces rumeurs savamment orchestrées, ne sont pas des accidents. Ce sont des armes. Des armes qui attisent la haine, qui divisent les communautés, qui sapent les efforts de paix et de reconstruction, et qui visent à détruire le tissu même de notre nation.« 

Le CNEAME, vigie du pluralisme… et de la souveraineté

Mais c’est sans doute le Comité national de l’égal accès aux médias d’État (CNEAME) qui a donné à cette séquence son relief politique le plus assumé. Dans un discours empreint de références religieuses, de patriotisme assumé et de lectures géopolitiques sans détour, son président, Abdoulaye Sidibé, a inscrit la désinformation dans une logique de déstabilisation stratégique.

Pour le CNEAME, garant du pluralisme dans les médias publics, la question de l’égal accès ne se limite plus au temps de parole ou à l’équilibre des antennes. Elle touche désormais à la protection de l’opinion nationale face à des narratifs extérieurs jugés hostiles. Le Mali, affirme-t-on, paie le prix de ses choix souverains, notamment son engagement au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, depuis le 16 septembre 2023.

« Les idéaux de l’AES bouleversent des intérêts stratégiques et économiques immenses », a martelé le président du Comité, rappelant que la remise en cause d’un ordre ancien – celui d’un monde hiérarchisé entre dominants et dominés – ne pouvait se faire sans résistances.

Crise du carburant et récit du chaos

L’exemple le plus parlant, selon le CNEAME, reste la récente crise de l’essence. Une pénurie réelle, mais aussitôt transformée, dans certaines narrations médiatiques extérieures, en scénario de siège imminent de Bamako. « Ville encerclée, régime aux abois, population prête à se soulever » : le récit était rodé.

Dans le même temps, certaines chancelleries occidentales invitaient leurs ressortissants à quitter le pays. Pour Bamako, le faisceau d’indices est troublant. L’objectif, selon les autorités, était moins d’informer que de créer une prophétie autoréalisatrice, en poussant l’opinion malienne à la panique et à la rupture avec ses dirigeants.

La manœuvre, estiment les responsables des médias maliens, a échoué. Non par miracle, mais par la résilience d’une population désormais aguerrie à ce type de pressions, et largement solidaire d’un pouvoir qui a fait de la souveraineté son marqueur politique.

Selon Bandiougou Danté, « La bataille contre la désinformation n’est pas une lutte contre la liberté d’expression. C’est au contraire une lutte pour la protection du droit des citoyens à une information juste, vérifiée et responsable. C’est aussi une lutte pour la paix, la cohésion sociale et la stabilité.« 

L’information, nouveau champ de bataille sahélien

Dans sa réponse, le général Assimi Goïta n’a pas cherché à dramatiser davantage, mais il n’a rien édulcoré. La désinformation, a-t-il rappelé, ne relève ni de la critique légitime ni du débat démocratique. Elle constitue une menace directe pour la sécurité nationale.

Pour autant, le chef de l’État s’est efforcé de maintenir une ligne de crête : oui à la liberté de la presse, non à la liberté de nuire. Oui au pluralisme, non à la manipulation. Un équilibre délicat, dans un contexte où la régulation est souvent perçue, à tort ou à raison, comme un instrument de contrôle.

Ce qui ressort de cette séquence, c’est la conviction partagée que le Mali, à l’instar de ses partenaires du Sahel central, ne se bat plus seulement pour son territoire, mais pour son récit. Dans un monde où l’image précède souvent le fait, contrôler le tempo de l’information devient un enjeu de souveraineté.

Le CNEAME, la HAC, la Maison de la Presse et l’exécutif semblent désormais alignés sur ce diagnostic. Pour faire face à cette campagne médiatique contre le Mali, Bandiougou Danté recommande la conjugaison des efforts : « Face à cette menace, toute réponse isolée est vouée à l’échec. Aucun d’entre nous, seul dans son coin, ne peut prétendre endiguer ce fléau. […] Nous devons dégager une synergie d’action. […] En clair, La réponse doit être collective, coordonnée, et inclusive.« 

Chiencoro Diarra 

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CAN Maroc 2025
ActuSport

CAN Maroc 2025 : l’édition la plus catastrophique de l’histoire

by Ibrahim Kalifa Djitteye 19 janvier 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

La Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, devait être une vitrine du football africain. Pendant 29 jours, le continent espérait une édition exemplaire, portée par des infrastructures modernes et une organisation ambitieuse. Pourtant, cette CAN restera dans les mémoires comme la plus catastrophique de l’histoire, non pas par manque de spectacle, mais par l’accumulation de polémiques et de dysfonctionnements institutionnels.  

Le contraste entre les promesses et la réalité a été brutal. L’événement, censé incarner l’ambition africaine, a révélé les fragilités de la CAF et l’incapacité à garantir une compétition crédible. Les polémiques arbitrales, l’usage incohérent de la VAR et les contestations incessantes ont transformé ce rendez-vous en un symbole de chaos. Loin d’unir, cette édition a laissé un héritage amer et controversé, éclipsant le sacre du Sénégal.  

Un fiasco organisationnel

Jamais une CAN n’avait été autant marquée par les polémiques arbitrales. Dès la phase de groupes, le Mali et l’Algérie ont subi des décisions contestées qui ont alimenté un sentiment d’injustice. La VAR, censée être un outil de transparence, a été utilisée de manière incohérente, renforçant les soupçons de partialité. Les supporters ont dénoncé une compétition biaisée, où l’équité semblait absente. Ces erreurs répétées ont fragilisé la crédibilité du tournoi et nourri la colère des acteurs.  

La finale Sénégal–Maroc a cristallisé cette crise. Les Lions de la Teranga ont remporté le titre 1-0 grâce à leur rigueur tactique, mais l’arbitre Ndala Ngambo a éclipsé l’événement. Décisions incohérentes, cartons distribués sans logique et fautes marocaines ignorées ont nourri un sentiment d’indécence. Le chaos final, marqué par la sortie temporaire des Sénégalais, a symbolisé l’effondrement de la crédibilité arbitrale. Ce sacre historique, au lieu d’unir, a révélé l’urgence d’une réforme profonde.  

Une crise arbitrale sans précédent

Sur le plan sportif, la CAN 2025 a pourtant battu des records. Avec 121 buts inscrits en 52 matchs, soit une moyenne de 2,33 par rencontre, elle est devenue la plus prolifique de l’histoire. Les pelouses de qualité et les stratégies audacieuses des entraîneurs ont favorisé un football offensif et spectaculaire. Mais ce feu d’artifice a été éclipsé par les polémiques. Les cartons distribués en masse ont accentué l’image d’un tournoi indiscipliné et chaotique.  

Les chiffres sont accablants : 213 cartons jaunes et 8 rouges, soit environ quatre avertissements par match. Le Nigeria s’est distingué avec 17 cartons jaunes, tandis que le Mali a été l’équipe la plus sanctionnée avec trois expulsions. Des joueurs majeurs comme Amadou Haidara ou Kalidou Koulibaly ont été exclus, confirmant que l’intensité des duels basculait trop souvent vers l’excès. Le spectacle offensif, au lieu d’être célébré, a été perçu comme désordonné.  

Un spectacle offensif éclipsé

Au terme de 29 jours de compétition, le constat est sans appel : la CAN 2025 restera comme la plus catastrophique de l’histoire. Le sacre du Sénégal, pourtant historique, a été éclipsé par les polémiques arbitrales, les incohérences organisationnelles et les contestations incessantes. Pour la CAF, le défi est immense : réformer en profondeur l’arbitrage, restaurer la confiance des supporters et redonner au football africain la dignité qu’il mérite.  

Sans ces réformes, la CAN risque de perdre son statut de vitrine du sport continental. L’édition marocaine, censée incarner l’ambition africaine, a révélé au contraire ses fragilités. Elle restera comme un avertissement sévère : sans crédibilité institutionnelle, le spectacle sportif ne suffit pas. La CAN 2025 a montré que le football africain doit se réinventer pour ne pas sombrer dans le discrédit.  

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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AES
A la UneAnalyses

Mali, Burkina, Niger : la confédération sahélienne s’impose comme puissance régionale

by Mikailou Cissé 19 janvier 2026
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Née d’une volonté commune de rupture et d’affirmation souveraine, l’Alliance des États du Sahel (AES) – formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger – s’impose désormais comme un acteur politique et stratégique central dans la recomposition régionale. Au-delà du rejet des tutelles extérieures, cette confédération incarne une ambition nouvelle : refonder la souveraineté sur des bases populaires, économiques et institutionnelles durables, tout en affirmant une autonomie assumée face aux rapports de force internationaux.

L’Alliance des États du Sahel (AES) est née, le 16 septembre 2023, d’une rupture politique majeure, nourrie par une désillusion sécuritaire persistante et par le rejet croissant des tutelles extérieures perçues comme inefficaces et contraignantes. Elle incarne, pour le peuple sahélien, une volonté affirmée de reconquête de la souveraineté, entendue non seulement comme indépendance stratégique, mais aussi comme refondation de l’autorité politique et de la légitimité étatique.

Au cœur de ce projet se trouve la réhabilitation du peuple comme source du pouvoir, et l’ambition de redéfinir les règles de la gouvernance publique.

Entre unité politique et participation citoyenne

En ce sens, l’AES rompt avec des modèles politiques importés, souvent inadaptés aux réalités sahéliennes, incapables de répondre durablement aux défis sécuritaires, économiques et sociaux.

Elle se présente comme un projet d’autonomie enracinée, assumant les rapports de force du monde contemporain plutôt qu’une dépendance prolongée. Cette orientation constitue une force politique majeure, notamment dans un contexte où les populations associent l’insécurité persistante, la précarité économique et la perte de confiance institutionnelle aux anciennes formes de coopération.

Cependant, cette affirmation souveraine se heurte à plusieurs tensions structurelles.
La première concerne la relation entre gouvernants et gouvernés. L’unité politique proclamée entre le peuple et les autorités peut jouer un rôle mobilisateur face aux menaces extérieures, comme l’illustre l’adhésion populaire à certaines décisions sécuritaires. Mais cette unité peut aussi masquer une délégation implicite du pouvoir, réduisant la participation citoyenne à un soutien symbolique.

Or, l’histoire politique montre que la souveraineté ne se mesure pas uniquement à la rupture avec l’extérieur, mais à l’existence de mécanismes effectifs de contrôle, de responsabilité et de participation populaire.

Les dirigeants de l’AES ont veillé à la mise en place de ces mécanismes, notamment à travers la prise des décisions phares de la nation après concertation du peuple.

La diversité sahélienne : un défi institutionnel

Une seconde tension touche à la notion même de « peuple sahélien ». Le Sahel est un espace de pluralité linguistique, culturelle, sociale et politique. Transformer cette diversité en volonté collective suppose un patient travail institutionnel.

À défaut, le risque est de substituer à une domination extérieure une centralisation interne, où des élites politiques décident au nom du peuple sans consultation effective, reproduisant ainsi les logiques qu’elles prétendent dépasser.

Les autorités de la Confédération des États du Sahel ont bien compris cette diversité linguistique. C’est pourquoi elles veillent, dans toutes les décisions qu’elles prennent — après concertation du peuple aésien — à une meilleure appropriation à travers des outils de communication qu’elles ont développés, comme le site web, la radio Daadé Liptako au Burkina Faso, la télévision AES au Mali, et bientôt l’agence de presse AES au Niger.

En attendant, les chaînes nationales des trois pays jouent déjà un rôle majeur dans ce sens, chacune s’exprimant dans sa langue nationale.

L’autonomie stratégique face aux dépendances économiques

Par ailleurs, toute rupture géopolitique engendre de nouvelles dépendances. La redéfinition des alliances militaires et diplomatiques peut élargir les marges de manœuvre, mais elle ne supprime ni les contraintes économiques ni les rapports de force internationaux. Une autonomie stratégique demeure fragile sans bases économiques solides : sécurité alimentaire, industrialisation minimale, intégration régionale effective et amélioration tangible des conditions de vie.

Conscientes de cet état de fait, les autorités aésiennes ont entrepris des actions concrètes. Elles ont mis en place la Banque d’investissement pour le développement (BCID-AES), destinée à financer les projets structurants.

Sur le plan économique, plusieurs initiatives ont vu le jour, notamment dans le domaine des douanes, ainsi qu’un prélèvement confédéral (PC-AES), instauré le 28 mars 2025, pour soutenir les projets communs.

Un tournant décisif pour la souveraineté sahélienne

L’AES se trouve ainsi à un tournant décisif de son histoire. Elle dispose d’une opportunité rare pour transformer un élan souverain en projet politique structuré, inclusif et durable. Soit elle parvient à institutionnaliser la participation populaire, à articuler sécurité et développement, et à inscrire son action dans une vision économique cohérente ; soit elle demeure une réaction conjoncturelle, puissante sur le plan symbolique mais vulnérable dans les faits.

Seule la première voie permettra à l’AES d’incarner une souveraineté réellement vécue, partagée et pérenne. Elle représente une opportunité historique de reconquête de la souveraineté sahélienne, mais cette ambition reste fragile tant qu’elle n’est pas institutionnellement et économiquement consolidée.

Mikaïlou Cissé 

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Défilé des avions de combat dans le cadre du 22 septembre
ActuSécurité

Commémoration du 20 janvier:  l’Armée malienne, socle de la République

by Ibrahim Kalifa Djitteye 19 janvier 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La République du Mali est née le 22 septembre 1960 dans un élan de dignité et de fierté nationale. Ce jour marqua l’exaltation d’un peuple décidé à prendre en main son destin. Quelques mois plus tard, le 20 janvier 1961, le président Modibo Keïta rappela le colonel Pinana Drabo afin de jeter les bases de la nouvelle armée nationale, acte fondateur d’une institution appelée à incarner la souveraineté du pays et à défendre l’intégrité territoriale.

À l’éclatement de la Fédération du Mali, Modibo Keïta fut investi Chef de l’État par l’Assemblée nationale. « Je vous remercie de vous être distraites de vos augustes occupations et de vos nombreuses préoccupations pour répondre à mon invitation », a affirmé le président devant le corps diplomatique. Ce discours illustrait la volonté d’un dirigeant déterminé à bâtir une République indépendante et une armée nationale solide, capable de protéger le peuple et garantir la sécurité nationale.

Structuration et premières missions

Le président fit appel au général Abdoulaye Soumaré, acteur de la crise fédérale d’août 1960, pour diriger la jeune armée nationale. Parallèlement, le capitaine Pinana Drabo fut envoyé à Ségou comme commandant en chef. Ces nominations traduisaient la volonté de Keïta de s’appuyer sur des officiers expérimentés afin de structurer une force militaire apte à défendre l’intégrité du territoire et à assurer la stabilité du nouvel État, dans un contexte de transition historique et politique.

« C’est à présent que nous devons réussir ou échouer… et je dis avec force et conviction que nous réussirons, Inch’Allah », a souligné le président dans son message de nouvel an. Ces paroles galvanisèrent la population et donnèrent à l’armée naissante une mission claire : incarner la dignité retrouvée et porter haut les couleurs nationales dans un contexte de rupture avec la tutelle coloniale, en affirmant l’autonomie militaire et la souveraineté nationale.

Le retrait des troupes françaises

Sous l’impulsion du commandement, épaulé par des officiers tels que Kélétigui Drabo, l’armée commença à se structurer. Le 20 janvier 1961, Modibo Keïta exigea l’évacuation des troupes françaises, décision interprétée comme un geste de solidarité avec le FLN algérien. Ce choix audacieux marqua un tournant décisif : le Mali affirmait sa volonté de rompre définitivement avec la présence coloniale et de prendre en main son destin militaire, en affirmant son indépendance stratégique.

« La base 162 de Bamako sera évacuée le 5 septembre 1961 », a décidé le commandement français dans le cadre du retrait progressif. À partir de juin 1961, toutes les bases furent progressivement libérées. Le départ des dernières troupes consacra l’indépendance militaire du Mali et permit à l’armée nationale de s’affirmer pleinement comme garante de la sécurité et de l’intégrité du territoire, en consolidant la souveraineté et l’autorité de l’État indépendant.

Un cadre juridique solide

Le 3 août 1961, l’Assemblée nationale adopta une loi historique. « La loi N° 81/AN-RM portant organisation générale de la défense vise à assurer en tout temps la sûreté et l’intégrité du territoire », a proclamé l’Assemblée nationale souveraine. Ce texte donna à l’armée un cadre juridique solide et renforça son rôle central dans la consolidation de l’État indépendant, en inscrivant la défense nationale au cœur du projet républicain et de la souveraineté retrouvée.

Avec la naissance de l’armée nationale, le Mali choisit de ne plus confier sa sécurité à une puissance étrangère. Le pays développa une diplomatie militaire diversifiée, fondée sur l’intégration régionale et la recherche de la paix. Cette orientation permit au Mali de s’inscrire dans une dynamique internationale tout en affirmant son autonomie stratégique et son engagement pour la stabilité et la sécurité dans le monde, consolidant ainsi son rôle régional.

Une tradition de bravoure et de solidarité

Depuis sa création, il y a près de six décennies, l’armée malienne a traversé des épreuves mais a toujours démontré sa bravoure. Des oueds algériens aux forêts centrafricaines, en passant par le Rwanda, le Libéria et la Sierra Leone, elle a participé à des missions de paix. Sur le territoire national, de Ouhigouya à Aguelhok, les soldats maliens ont montré leur disponibilité à défendre les frontières et à protéger les populations civiles.

« L’armée du Mali sera toujours prête à se battre et à mourir pour le drapeau », a rappelé le commandement militaire. Bien avant l’appui de la France et de la communauté internationale, elle avait déjà contribué à libérer des peuples frères du colonialisme et de l’apartheid. Cette tradition de solidarité et de courage continue de nourrir l’identité de l’armée, pilier de la République et symbole de la dignité nationale, toujours fidèle à son engagement.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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A la UneEnquête

Groenland – Etats-Unis – l’UE : le bal de l’hypocrisie

by Oleg Nesterenko 19 janvier 2026
written by Oleg Nesterenko 11 minutes read

Dès son premier mandat, Donald Trump a manifesté son désir d’acquérir le Groenland, territoire danois depuis le XVIe siècle. Ces propos, initialement accueillis avec scepticisme, ont ressurgi lors de son retour au pouvoir en janvier 2025, ravivant l’intérêt américain pour cette colonie arctique danoise.

Les déclarations de la Maison Blanche concernant la convoitise du Groenland, initialement perçues comme une extravagante aberration, ont pris une toute nouvelle tournure avec l’enlèvement du président vénézuélien légitime le 3 janvier. Ce passage de la fantaisie à l’action a révélé à la communauté internationale la détermination des États-Unis d’Amérique, sous la présidence Trump, à transgresser le droit international, au besoin, afin d’obtenir les bénéfices géo-économiques unilatéraux.

Les prétextes fallacieux 

Les prétextes drapés dans des justifications sécuritaires antirusses et antichinoises, que brandit la présidence américaine pour justifier sa volonté de s’approprier l’île du Groenland, ne sont que des mensonges caractérisés que la Maison Blanche ne prend même pas la peine de camoufler davantage. L’époque où l’on exhibait à l’ONU une prétendue fiole d’anthrax, comme le fit le secrétaire d’État américain Colin Powell le 5 février 2003, pour maquiller l’invasion de l’Irak sous un vernis de légitimité, semble révolue. Cette mascarade avait alors servi de prétexte pour déclencher la destruction d’un pays et le massacre de son peuple.

L’anéantissement de l’Irak, ne nous y trompons pas, n’était pas un but en soi, mais la conséquence inéluctable d’une stratégie américaine. La véritable motivation résidait dans la nécessité de neutraliser l’initiative de Saddam Hussein contre le « pétrodollar ».

En octobre 2000, le président irakien avait osé déclarer son intention de ne plus vendre son pétrole contre des dollars américains, mais uniquement contre des euros. Une telle audace valait la signature de son propre arrêt de mort. En février 2003, Saddam Hussein mit sa « menace » à exécution en vendant plus de 3 milliards de barils de pétrole brut pour 26 milliards d’euros. Un mois plus tard, les États-Unis envahissaient et détruisaient l’Irak, infligeant au peuple irakien une tragédie marquée par l’anéantissement des infrastructures et un nombre effroyable de victimes civiles.

Forte de l’impunité judiciaire totale dont jouissent les crimes contre l’humanité commis par les gouvernements successifs des Etats-Unis, ils ne se donnent plus la peine de les couvrir par des narrations ne serait-ce qu’un peu crédibles aux yeux de la communauté internationale. Nul besoin, donc, de déployer des efforts de communication supplémentaires pour préparer l’annexion du Groenland, que ce soit de gré ou de force.

La véritable raison de la convoitise américaine pour cette zone polaire peu hospitalière réside incontestablement dans les gigantesques réserves de matières premières qu’elle recèle, tant dans son sous-sol que dans les profondeurs de l’océan Arctique, au sein de la zone économique exclusive (ZEE) danoise qui s’étend jusqu’à 200 milles marins des côtes du Groenland (370,42 km) et confère à son détenteur des droits souverains en matière de ressources économiques.

Si le Groenland venait à passer sous l’autorité américaine, le fait que l’extraction américaine de terres rares et d’uranium se fasse sans consulter les populations autochtones serait une considération secondaire, une simple formalité qui sera ignorée à Washington. En 2021, pourtant, ces populations avaient réussi à bloquer le début d’une telle exploitation (affaire d’Energy Transition Minerals), afin de préserver leurs moyens de subsistance traditionnels d’une pollution imminente. Compte tenu des enjeux économiques pour les États-Unis, il est prévisible que l’opinion des populations autochtones sur ce sujet ne suscitera pas plus d’intérêt que l’avis des Européens concernant l’annexion de l’île. Cette indifférence stratégique s’inscrit dans une logique géopolitique et économique où les intérêts nationaux prévalent sur les considérations éthiques ou les droits des minorités. De plus, l’histoire des relations entre les États-Unis et les peuples autochtones est profondément marquée par une marginalisation systématique de ces derniers dans les processus décisionnels concernant leurs propres territoires et ressources.

« Un conflit ou une tentative d’annexion du territoire d’un pays membre de l’OTAN par un autre pays également membre de l’OTAN serait la fin du monde tel que nous le connaissons », a déclaré le Premier ministre polonais Tusk. Une déclaration qui semble ignorer que la préservation du monde tel que nous le connaissons est la dernière des préoccupations du maître d’Outre-Atlantique.

DÉCLARATION DES TRAITÉS ET ACCORDS INTERNATIONAUX.
DÉCLARATION DES
TRAITÉS ET ACCORDS INTERNATIONAUX. Capture d’écran.

La présence américaine au Groenland

Contrairement aux insinuations fallacieuses, la présence militaire américaine dans l’océan Arctique ne nécessite nullement l’annexion du Groenland ni sa transformation en territoire national des États-Unis. En réalité, les forces armées américaines sont stationnées en permanence sur cette île arctique depuis la Seconde Guerre mondiale, une présence officialisée dès 1951 par un accord bilatéral américano-danois (Accord du 27 avril 1951). Cet accord confère à Washington D.C. une latitude d’action militaire significative dans la région arctique.

À ce jour, la base aérienne de Pituffik (Thulé Air Base) demeure la seule installation militaire américaine active au Groenland. 

Les déclarations occasionnelles de Donald Trump, telles que celles sur Truth Social, suggérant que « L’OTAN deviendrait plus redoutable et efficace si le Groenland était entre les mains des États-Unis. Tout ce qui est en-deçà de cela est inacceptable », n’altèrent pas la nature juridique de l’accord existant.

Il ne fait aucun doute que, si les circonstances l’exigeaient, les États-Unis pourraient accroître très considérablement leur présence militaire sur l’île, même si cette dernière demeure sous la souveraineté danoise. 

Les hypocrisies de l’Union Européenne  

À ce jour, seuls six des vingt-sept États membres de l’Union Européenne, abstraction faite du Danemark, ont formalisé leur position par une déclaration officielle condamnant l’initiative des États-Unis d’Amérique vis-à-vis du Groenland (déclaration conjointe du 6 janvier, émanant d’Allemagne, du Royaume-Uni, de France, d’Italie, de Pologne et d’Espagne). 

Cette déclaration, confinée à l’expression verbale, est dénuée d’un véritable engagement : les paroles qui n’ont aucune valeur, ne signifient rien et n’engagent les déclarants à rien. 

À l’instar des prédateurs opportunistes, l’appareil politico-bureaucratique de l’UE et de ses États membres manifeste une propension à cibler exclusivement les Etats perçues, à tort ou à raison, comme structurellement plus faibles ou en situation de vulnérabilité conjoncturelle. Face aux forces dominantes, une politique de deux poids, deux mesures, d’une perversité indéniable, se révèle inéluctablement. 

La devise de l’Union Européenne est bien celle formulée jadis par les Romains : « Ce qui est permis à Jupiter n’est pas permis au bœuf ».

La protection des démocraties, des droits de l’homme et de la liberté d’expression n’est qu’une pure chimère, un artifice rhétorique destiné à manipuler l’électorat. La classe politique européenne, majoritairement constituée de vulgaires activistes carriéristes, est bien davantage préoccupée par la conservation du pouvoir et la dissimulation de ses crimes à l’encontre des nations entières, commis en continu à travers le monde.

L’Union Européenne redécouvre avec soudaineté l’existence du droit international, une prise de conscience motivée par la menace que représente Donald Trump pour ses propres intérêts. Les instances dirigeantes de l’UE et de nombreux États européens, qui critiquent la Maison Blanche pour ses velléités de démembrement du Danemark, en appellent désormais au respect du droit international.

Or, ces mêmes acteurs ont fait preuve d’un empressement notable à participer au démembrement illégal de la Yougoslavie en 1999, en violation totale dudit droit. 

De même, les indignations européennes face aux bombardements russes de l’infrastructure énergétique ukrainienne (après avoir laissé la chance à la partie adverse d’entendre la raison durant plus de 3 années consécutives) remportent haut la main le concours de l’hypocrisie, sur le fond de la destruction de plus de 70% non seulement de l’infrastructure énergétique civile, mais également de l’accès à l’eau potable en Yougoslavie par l’organisation criminelle du Traité Atlantique Nord dès les premiers jours de son agression en 1999 et sur le fond de la déclaration officielle de l’OTAN concernant la privation des populations de l’accès à l’électricité et à l’eau potable : « Si Milosevic veut vraiment que ses citoyens aient de l’eau et de l’électricité, tout ce qu’il a à faire est d’accepter les conditions de l’OTAN et nous arrêterons cette campagne […]. Si cela a des conséquences pour la population, ce sont ses problèmes ! » (porte-parole de l’OTAN, l’anglais Jamie Shea, le 25 mai 1999). En ce moment de l’histoire et dans tant d’autres crimes qui ont suivi depuis, le droit international semblait d’un intérêt bien plus limité pour ces acteurs.

Abstraction faite des causes profondes du conflit en Ukraine et des opinions divergentes, toute personne raisonnable dotée d’un minimum de capacités analytiques ne peut nier que la Fédération de Russie avait des raisons bien plus impérieuses de revendiquer la Crimée et le Donbass que les États-Unis d’Amérique d’annexer le Groenland, dont l’unique rapport de l’État américain avec ce dernier ne consiste que dans la modeste présence sur son sol d’une seule, parmi plus de 700, de leurs bases militaires dans le monde. 

Dès lors, la question qui se pose est la suivante : quelle est la réaction des pays de l’Union Européenne et de leurs « élites » politiques face à ces deux revendications ? 

La réponse est indéniable et bien étonnante pour un esprit non averti : une quasi-guerre totale contre la Russie, impliquant des investissements de centaines de milliards d’euros, des centaines de milliers de morts sur les champs de bataille et plus de 30 711 sanctions imposées à la Russie (au 1er janvier 2026). 

En revanche, quelle est l’action de ces mêmes pays face à leur suzerain américain ? Quelques paroles impuissantes qui n’iront jamais plus loin.

De même, il est inutile de détailler l’hypocrisie profonde des « élites » européennes face au massacre à grande échelle des populations civiles à Gaza et à d’autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés à travers le monde, dont les « défenseurs des droits de l’homme » sont non seulement restés silencieux, mais souvent, sont directement responsables. 

Le droit fondamental de la classe politique de l’Occident collectif vis-à-vis du reste du monde, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, est celui du plus fort. Elle ne sait avancer que par la force et ne comprend aucun autre langage que celui de la force. Cette monolinguistique de la force annihile toute tentative de dialogue subtil, d’échange constructif, réduisant la relation à un rapport de domination brute et simpliste.

Les abus et crimes extraterritoriaux à répétition, visant à accroître la richesse des « élites » (à ne pas confondre avec les peuples) du « jardin fleuri » aux dépens des intérêts des nations non occidentales, qualifiées de « jungles » (« L’Europe est un jardin. La plus grande partie du reste du monde est une jungle », Josep Borrell, Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, vice-président de la Commission Européenne), sont justifiés par des discours incessants sur les droits de l’homme, la démocratie et de nobles idéaux servant de prétexte à leurs ingérences et invasions, tout en réprimant avec véhémence ceux qui s’y opposent. Simultanément, tout régime, aussi antidémocratique, dictatorial, voire sanguinaire soit-il, mais soumis aux intérêts des capitales occidentales, peut compter sur leur soutien indéfectible.

Cependant, les discours de ces fervents défenseurs du concept spirituel incarné par les cochons orwelliens de La Ferme des animaux : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres », ne trompent plus personne, ni en Afrique, ni en Amérique latine, ni en Asie.

Peu importe les déclarations européennes actuelles et futures :  aucune action européenne égale ne serait-ce qu’à quelques pour cent de celles entreprises contre la Russie ne verra jamais le jour à l’égard des États-Unis d’Amérique.

Le 14 janvier, le président français Emmanuel Macron déclarait que la France « ne sous-estimait pas » les intentions des États-Unis concernant le Groenland et s’engageait à « faire preuve d’une solidarité totale » avec le Danemark. 

En guise d’illustration, rien ne révèle mieux le degré d’hypocrisie pathétique des « élites » européennes que le déploiement de troupes européens au Groenland pour préparer le terrain à une résistance contre une éventuelle invasion américaine. La Norvège a envoyé deux personnes. La France a envoyé quinze personnes. L’Allemagne en a envoyé treize. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, l’Estonie et la Suède s’apprêtent également à envoyer leurs troupes, dont le nombre ne dépassera certainement pas celui des puissances déjà engagées. 

Ainsi, Donald Trump est incité à réfléchir davantage avant de se heurter au redoutable déploiement militaire européen sur ce territoire convoité.

Oleg Nesterenko

Président du CCIE(www.c-cie.eu)

(Spécialiste de la Russie, CEI et de l’Afrique subsaharienne,ancien directeur de l’MBA, ancien professeur auprès des masters des Grandes Ecoles de Commerce de Paris)

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