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Célébration de l'Aïd El-Fitr au Mali
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Mali : Assimi Goïta place l’Aïd El-Fitr sous le signe de la cohésion nationale et du renouveau

by Chiencoro 19 mars 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

À l’occasion de la célébration de l’Aïd El-Fitr, le 19 mars 2026, au palais de Koulouba, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a délivré un message à forte portée spirituelle et politique. Entouré des membres du gouvernement et de ses collaborateurs, le chef de l’État malien a fait de cette fête religieuse un moment de communion, de partage, mais aussi de projection stratégique pour le pays.

Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et économiques persistants, le mois de Ramadan 2026 aura été, selon les autorités, un temps de rassemblement et de renforcement du lien social. Lors de son sermon, l’imam de la mosquée de Koulouba, Abdrahamane Touré, a insisté sur trois valeurs cardinales : le pardon, la solidarité et la foi.

« Un moment de communion, de partage et de pardon »

Il a également salué plusieurs initiatives gouvernementales menées durant cette période, notamment l’opération « Sunkalo Solidarité », à travers laquelle des membres du gouvernement ont partagé la rupture du jeûne avec des populations issues de diverses couches sociales à travers le pays. Une démarche perçue comme un symbole de proximité entre gouvernants et gouvernés.

Dans une déclaration prononcée à l’issue de la prière, le général Assimi Goïta a inscrit cette célébration dans une dynamique de cohésion nationale.

« Je voudrais rendre grâce à Allah le Tout-Puissant qui nous a donné l’opportunité de célébrer l’Aïd El-Fitr, un moment de communion, de partage et surtout de pardon », a-t-il affirmé, tout en mettant en avant les efforts du gouvernement pour renforcer la solidarité nationale.

Des signaux économiques et sociaux mis en avant

Au-delà du registre spirituel, le chef de l’État a évoqué les premières retombées des réformes engagées dans le secteur minier. Il a notamment souligné la redistribution de plus de 18,4 milliards de francs CFA au profit des collectivités territoriales. Un geste qu’il présente comme un levier de développement local et une illustration de la volonté des autorités de mieux partager les ressources nationales.

Dans la même dynamique, il a rappelé la décision de consacrer les années 2026 et 2027 à l’éducation et à la culture. Une orientation stratégique visant à refonder le système éducatif et à valoriser le capital humain. Une ambition qui s’inscrit dans la vision souverainiste portée par la Transition.

Sur le plan sécuritaire, le président de la Transition a salué les actions des forces armées engagées dans la lutte contre les groupes armés terroristes. Il a également annoncé la mise en place d’un Observatoire pour la paix et la réconciliation nationale, dont la coordination sera assurée par Ousmane Issoufi Maïga, ancien Premier ministre.

Hommages et reconnaissance nationale

Cette structure vise à renforcer la cohésion sociale et à consolider la stabilité du pays, dans un contexte où les enjeux sécuritaires demeurent étroitement liés aux dynamiques sociales et politiques.

Le chef de l’État a conclu son intervention en rendant hommage aux forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux acteurs économiques, notamment les transporteurs, pour leur contribution à l’approvisionnement du pays en produits de première nécessité.

Il a également eu une pensée pour les victimes civiles et militaires du conflit, saluant leur sacrifice et adressant ses vœux de prompt rétablissement aux blessés.

Chiencoro Diarra 

19 mars 2026 0 comments
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Avion de guerre
A la UneAnalyses

Guerre contemporaine : la fin des certitudes stratégiques

by Mikailou Cissé 18 mars 2026
written by Mikailou Cissé 5 minutes read

Dans une analyse dense et critique, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire au Mali, interroge les mutations profondes de la guerre contemporaine. Entre brouillage de la notion de victoire, montée des rivalités géopolitiques et imbrication des enjeux militaires, économiques et médiatiques, il décrypte un nouvel ordre conflictuel où la puissance ne garantit plus la maîtrise des conflits.

La guerre constitue avant tout un affrontement de stratégies, de moyens et de volontés orientés vers l’atteinte d’objectifs déterminés. Elle se conçoit dans la réflexion stratégique, mais se décide et se précise dans la réalité concrète du champ de bataille. La victoire se mesure alors à la réalisation des objectifs initiaux et à la capacité d’un acteur politique ou militaire d’imposer sa volonté à l’adversaire.

La dilution contemporaine de la notion de victoire

Cependant, dans la dynamique des conflits contemporains, la notion de victoire tend parfois à perdre sa clarté. Elle se transforme en une quête indéterminée où les objectifs évoluent au fil du conflit, entraînant sa prolongation et fragilisant les principes du droit international censés encadrer la conduite de la guerre.

Dans ce contexte, les valeurs proclamées par le monde dit « civilisé » apparaissent souvent en tension avec les pratiques effectives des puissances qui se présentent comme les garantes de l’ordre international. Les moyens technologiques et militaires mobilisés dans les conflits contemporains mettent ainsi en lumière les contradictions entre les discours fondés sur la défense des droits humains et les impératifs stratégiques liés à la sécurité et à la puissance économique et politique.

Les grandes puissances et la structuration des rapports de force

La stabilité d’une entité politique repose pourtant sur la solidité de ses institutions, sa capacité à maintenir la paix intérieure et l’existence d’une force militaire organisée placée sous l’autorité d’un commandement légitime reconnu à la fois par le pouvoir politique et par la population. Lorsque ces conditions s’affaiblissent, la structure de l’État se fragilise et la souveraineté devient vulnérable.

Dans l’ordre international actuel, certaines puissances structurent les rapports de force en s’appuyant sur des capacités économiques, technologiques et militaires considérables. Les États-Unis disposent par exemple d’un complexe militaro-industriel et énergétique capable d’influencer les équilibres stratégiques mondiaux. Cette puissance se déploie notamment à travers un vaste réseau d’alliances en Europe et au Moyen-Orient, régions devenues des espaces majeurs de rivalités géopolitiques.

Le rôle déterminant des dynamiques politiques

Dans ces zones sensibles, les domaines aérien, maritime et informationnel constituent désormais des théâtres de compétition stratégique. Les puissances y déploient simultanément des démonstrations de force militaire, des stratégies d’influence politique et des politiques de contrôle des ressources énergétiques.

Dans certaines situations de crise, la disparition ou l’affaiblissement d’une figure politique peut transformer profondément la dynamique du conflit. Un tel événement modifie les rapports de force et impose de nouvelles contraintes stratégiques, y compris aux grandes puissances. L’enlèvement au Venezuela du président Nicolas Maduro en est une illustration.

L’imprévisibilité des conflits contemporains

L’évolution des affrontements internationaux déjoue ainsi fréquemment les prévisions initiales. La réaffirmation d’une autorité politique ou la mobilisation d’une population peuvent neutraliser les effets attendus d’une supériorité militaire. L’issue d’un conflit dépend alors autant de la cohérence du projet politique que de la puissance matérielle engagée.

Par ailleurs, la guerre contemporaine affecte directement les populations civiles. Des actions violentes visent parfois les infrastructures essentielles à la vie sociale, tandis que les victimes ne sont évoquées que sous forme de statistiques illustrant l’ampleur du désastre. La violence ne se limite plus à la destruction matérielle : elle cherche également à nier l’existence politique de l’adversaire.

Une guerre inscrite dans l’économie mondiale

La confrontation militaire s’inscrit également dans un système plus large où décisions politiques, institutions militaires et intérêts énergétiques participent à la structuration de l’économie mondiale. Dans certaines régions stratégiques, notamment au Moyen-Orient, les rivalités autour des ressources et des routes commerciales alimentent les tensions géopolitiques.

La guerre contemporaine révèle également une transformation profonde de la puissance militaire. Sur mer, dans les airs, dans l’espace et dans le cyberespace, les systèmes d’armes disposent de capacités de projection et de destruction sans précédent. Les industries d’armement se trouvent ainsi engagées dans une compétition technologique où l’innovation devient un facteur décisif de la puissance des États.

Les limites et les coûts de la domination militaire

Cette dynamique soulève toutefois une question politique majeure : les États peuvent-ils assumer les conséquences humaines, démographiques et écologiques de ces stratégies de domination militaire ? Les dispositifs de défense, longtemps perçus comme les garants de la sécurité nationale, révèlent désormais leurs limites face aux vulnérabilités technologiques et systémiques.

Dans ce contexte, la maîtrise de l’énergie apparaît comme l’un des fondements essentiels de la guerre contemporaine. Les technologies militaires modernes reposent en effet sur une capacité croissante à mobiliser et à concentrer l’énergie au service de la domination politique et économique.

Par ailleurs, l’imbrication entre industrie de défense, pouvoir politique et espace médiatique transforme profondément la nature des conflits. Les enjeux économiques, stratégiques et militaires s’entrelacent dans la construction de la politique et dans la lutte pour l’influence internationale.

L’affaiblissement du droit international

Les conventions internationales elles-mêmes se trouvent fragilisées lorsque des bombardements massifs visent les espaces urbains ou paralysent les institutions sociales, remettant en cause la possibilité d’une régulation juridique effective de la guerre.

Dès lors, la confrontation militaire devient également une lutte pour la légitimité politique. Sur les plans diplomatique et médiatique, chaque acteur cherche à délégitimer l’autre en l’accusant d’hégémonie ou d’impérialisme, accusations qui renvoient souvent à une même logique historique : la recherche du monopole de la décision et de la violence légitime.

Le commerce mondial comme champ de bataille

Enfin, la perturbation du commerce mondial constitue l’une des manifestations les plus visibles de ces rivalités. Les chaînes logistiques, les flux énergétiques et les circuits financiers deviennent eux-mêmes des instruments de pression stratégique.

Ainsi, la guerre contemporaine ne se réduit plus à l’affrontement militaire direct. Elle s’inscrit dans un conflit multidimensionnel où se mêlent rivalités géopolitiques, compétition technologique, stratégies économiques et luttes d’influence médiatique pour le contrôle de l’ordre international.

Mikaïlou Cissé 

18 mars 2026 0 comments
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Rupture collective avec les orphélins
ActuTaabolow ani Tabiaw

Ramadan 2026 : ABSI fait du mois sacré un moment d’union  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 18 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le mois sacré du Ramadan 2026 a été marqué par deux initiatives fortes de l’Association Bénévole pour la Solidarité Inclusive (ABSI). Le samedi 7 mars, l’association a lancé son « Opération Ramadan Solidaire » avec la distribution de 300 repas chauds aux passants bloqués dans la circulation au feu tricolore du 30 m, sur la route de l’aéroport. Une semaine plus tard, le 14 mars, ABSI a partagé l’iftar avec près de 200 orphelins de l’orphelinat « Ashed » de Mountougoula, inauguré en 2020.  

Ces deux actions traduisent la volonté de l’association de placer la solidarité inclusive au cœur de ses engagements. En offrant des repas aux fidèles pris dans la circulation et en partageant un moment de convivialité avec les orphelins, ABSI reflète l’esprit du Ramadan : un mois où la générosité et la fraternité se vivent dans des gestes concrets. Les bénéficiaires ont ainsi pu ressentir chaleur humaine et réconfort, valeurs essentielles de ce temps spirituel.

Deux actions pour un même esprit  

La distribution de repas sur la route de l’aéroport a permis à de nombreux fidèles de rompre dignement leur jeûne malgré les contraintes de la circulation. Ce geste simple mais significatif rappelle que la cohésion sociale peut se renforcer jusque dans les espaces urbains. ABSI démontre ainsi que la solidarité ne se limite pas aux cercles familiaux ou communautaires, mais qu’elle peut s’étendre à tous ceux qui en ont besoin, même dans les lieux de passage.  

rupture collective avec les orphelins
Aminata Coulibaly, présidente de l’Association ABSI, en compagnie des orphelins lors de la rupture collective en mars 2026. Djitteye.

Le partage de l’iftar avec les orphelins de Mountougola a, quant à lui, apporté un instant de joie et de réconfort à des enfants souvent privés de l’affection familiale. En leur permettant de vivre pleinement l’esprit du Ramadan, ABSI a placé le sourire et le bien-être de ces jeunes au centre de son action. Ce moment de convivialité met en évidence la mission de l’association, notamment de bâtir une société plus inclusive et fraternelle.  

Un iftar pour les orphelins  

À travers ces initiatives, ABSI confirme son engagement à promouvoir une solidarité active et durable. L’association met en avant l’importance de renforcer les liens sociaux et de soutenir les plus vulnérables. Le mois sacré devient ainsi une occasion de traduire la spiritualité en actes concrets, où la prière et le jeûne se conjuguent avec la générosité et le partage.  

L’association entend poursuivre cette dynamique tout au long du Ramadan. En multipliant les gestes de bienfaisance, elle souhaite rappeler que ce mois béni est aussi un moment de fraternité et de cohésion sociale. Ses actions, qu’elles soient dirigées vers les orphelins ou vers les fidèles en déplacement, traduisent une volonté constante de bâtir une société plus inclusive et solidaire.  

Un Ramadan de fraternité  

Ces initiatives constituent un exemple inspirant pour la communauté. Elles montrent que la solidarité ne se limite pas aux discours, mais qu’elle se vit dans des gestes concrets. En plaçant le sourire des enfants et le bien-être des fidèles au centre de ses actions, ABSI incarne l’essence même du Ramadan : un mois où la spiritualité se nourrit de partage et de fraternité, et où la société se renforce par l’union et la générosité.  

La présidente de l'ABSI
Aminata Coulibaly, présidente de l’Association ABSI, en compagnie des orphelins lors de la rupture collective en mars 2026. Djitteye.

Le geste de distribuer des repas sur la route de l’aéroport illustre une solidarité qui s’adapte aux réalités quotidiennes. ABSI a su répondre à un besoin immédiat, celui de permettre aux fidèles en déplacement de rompre leur jeûne dans la dignité. Cette action démontre que la bienveillance peut se manifester dans les lieux les plus inattendus, renforçant ainsi le tissu social.  

Une solidarité adaptée aux réalités  

De même, l’iftar partagé avec les orphelins de Mountougola a permis de créer un espace de fraternité et de chaleur humaine. Les enfants ont pu ressentir l’attention et l’affection d’une communauté qui ne les oublie pas. ABSI a ainsi donné un sens concret à la solidarité inclusive, en plaçant les plus vulnérables au centre de ses préoccupations.  

Ainsi, à travers l’« Opération Ramadan Solidaire » et l’iftar partagé avec les orphelins, ABSI illustre la force du don et du partage. Ces gestes rappellent que le Ramadan est un temps où la foi se traduit en actes, et où la communauté se soude autour de valeurs universelles de solidarité et d’inclusion. L’association s’impose comme un acteur majeur de la bienfaisance, donnant au mois sacré toute sa dimension humaine et spirituelle.  

Ibrahim Kalifa Djitteye 

18 mars 2026 0 comments
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CAN Maroc 2025
A la UneSport

CAN 2025 : la CAF s’enterre avec un forfait tardif qui humilie l’Afrique  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 18 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La décision du 17 mars 2026 de la Commission d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), déclarant le Sénégal forfait pour la finale de la CAN 2025, est un coup dur pour la crédibilité du football africain. Déjà fragilisée par des polémiques antérieures, la CAF s’enterre davantage en rendant un verdict deux mois après le sacre du Sénégal. Une telle décision aurait dû intervenir immédiatement, le jour de la finale ou au lendemain, pour préserver l’intégrité sportive.    

Ce retard met en lumière les limites profondes de la gouvernance du football africain. En sanctionnant le Sénégal après coup, la CAF expose ses failles procédurales et institutionnelles. Le monde entier assiste à une humiliation, notamment une finale continentale transformée en affaire juridique, où la bureaucratie prend le pas sur la performance sportive. L’Afrique se retrouve fragilisée dans son image internationale.  

La Fédération Sénégalaise de Football a réagi avec indignation. Elle qualifie la décision d’« inique, sans précédent et inacceptable », dénonçant un discrédit jeté sur le football africain. Pour la FSF, il s’agit d’une atteinte grave à l’intégrité sportive et à la réputation du Sénégal. En annonçant son recours au Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne, elle cherche à défendre ses droits et à rappeler que la justice sportive ne peut être bafouée par des manœuvres tardives.  

Une dénonciation ferme et un recours judiciaire pour sauver l’honneur  

La Fédération Royale Marocaine de Football, bénéficiaire de la décision, adopte une posture institutionnelle. Elle insiste sur le fait que son recours visait uniquement à faire appliquer le règlement, et non à contester la performance sportive. En saluant l’ensemble des nations participantes, la FRMF tente de se présenter comme garante de la stabilité et du respect des règles. Mais cette victoire sur tapis vert, obtenue après deux mois, reste entachée d’un déficit de légitimité.  

La CAF, quant à elle, tente de justifier son choix en annulant la décision initiale du Jury disciplinaire et en déclarant recevable le recours marocain. Elle affirme avoir corrigé une erreur de procédure, mais ce geste ne fait qu’accentuer son manque de cohérence. En sanctionnant le Sénégal par forfait tout en infligeant des amendes au Maroc pour divers incidents, l’instance cherche à équilibrer les responsabilités, mais son image sort profondément affaiblie.  

Entre légalité revendiquée et incohérence manifeste  

Le cas du joueur marocain Ismaël Saibari montre cette volonté de nuance. Sanctionné pour une faute disciplinaire, il voit son amende annulée mais sa suspension maintenue. La CAF prouve qu’elle n’ignore pas les responsabilités individuelles, mais cela ne suffit pas à masquer l’essentiel, l’instance a humilié l’Afrique en transformant une finale en litige administratif.  

Les sanctions contre la FRMF pour les ramasseurs de balles, l’ingérence dans la zone VAR et l’incident des lasers traduisent une volonté de rappeler que la fédération marocaine n’est pas exempte de reproches. Toutefois, ces amendes réduites apparaissent comme des ajustements secondaires face à la gravité de la décision principale. Le contraste entre la sévérité envers le Sénégal et la relative indulgence envers le Maroc nourrit les critiques.  

Des sanctions accessoires qui ne suffisent pas à masquer l’essentiel

La FSF, en annonçant son recours au TAS, ouvre un nouveau chapitre judiciaire. Cette démarche traduit une détermination à ne pas se laisser enfermer dans une décision jugée arbitraire. Elle met en avant les valeurs d’intégrité et de justice sportive, cherchant à rallier l’opinion publique et à défendre la réputation du football sénégalais. Cette réaction ferme illustre la fracture entre les fédérations et l’instance continentale.  

La FRMF, de son côté, cherche à légitimer son sacre en insistant sur le respect des règles. Mais l’image d’une victoire acquise sur tapis vert reste difficile à défendre. Le Maroc se retrouve dans une position paradoxale, bénéficiaire d’une décision réglementaire, mais exposé à la critique d’un sacre controversé. La perception internationale risque de ternir ce succès.  

Deux postures opposées qui accentuent la crise  

La CAF, déjà décrédibilisée, s’enterre davantage avec ce verdict tardif. Elle démontre son incapacité à gérer les litiges avec rigueur et rapidité. Le football africain, en pleine expansion, se retrouve humilié devant le monde entier. L’instance dirigeante doit désormais affronter une crise de confiance majeure, où sa légitimité est remise en cause par les acteurs et les observateurs.  

Il faut rappeler que cette décision a été prise sur la base des articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. L’article 82 sanctionne les comportements jugés contraires à l’esprit sportif, tandis que l’article 84 prévoit le forfait en cas de violation grave. C’est en invoquant ces dispositions que la CAF a estimé que l’attitude du Sénégal justifiait la sanction maximale, renforçant ainsi la polémique.  

Cette affaire révèle un mal profond, notamment l’incapacité du football africain à concilier discipline, équité et légitimité sportive. Le Sénégal est privé d’un sacre historique, le Maroc hérite d’une victoire contestée, et la CAF s’enfonce dans une crise institutionnelle. Cette décision tardive n’est pas seulement une sanction sportive, elle est un symbole d’impuissance institutionnelle. Le football africain peut-il se relever d’une telle humiliation ? La CAF saura-t-elle regagner la confiance perdue ?

Ibrahim Kalifa Djitteye 

18 mars 2026 0 comments
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La mine de lithium de Bougouni en construction au Mali.
ÉconomieExclusif

Mali : un fonds minier pour tourner la page des sites abandonnés et des pratiques toxiques

by Chiencoro 17 mars 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Avec l’instauration du Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés, le Mali amorce un tournant dans la gouvernance de son secteur extractif. Alimenté par les redevances des exploitants, ce mécanisme entend lutter contre les pratiques toxiques, d’encadrer l’orpaillage et d’inscrire durablement l’activité minière dans la vision stratégique « Mali 2063 ».

Au cœur de la refondation du secteur extractif, les autorités maliennes entendent remettre de l’ordre dans l’orpaillage artisanal. À travers l’Article 96 du Code minier de 2023, Bamako institue un mécanisme de financement inédit : un fonds dédié à la réhabilitation des sites miniers artisanaux, à leur sécurisation et à la lutte contre l’usage de produits chimiques prohibés. Une réforme qui s’inscrit dans une ambition plus large de transformation durable, en écho à la vision stratégique « Mali 2063 »,  « MALI KURA ƝƐTAASIRA KA BƐN SAN 2063 MA. »

Un levier financier pour encadrer l’orpaillage

Le dispositif repose sur une architecture simple mais structurante : 50 % de la redevance forfaitaire acquittée par les titulaires de permis d’exploitation artisanale et de carrière alimentent directement ce fonds. Les ressources ainsi mobilisées sont ensuite reversées aux structures étatiques chargées de superviser le secteur.

L’objectif est de corriger les dérives d’une activité souvent informelle, marquée par des pratiques à risque pour l’environnement et les populations. L’orpaillage artisanal, pilier économique pour de nombreuses communautés rurales, s’est en effet développé au fil des années en marge de tout encadrement rigoureux, laissant derrière lui des sites dégradés et des risques sanitaires accrus.

Lutter contre les dérives et réparer les dommages

Le champ d’intervention du fonds est vaste. Il couvre en priorité la lutte contre l’utilisation de substances chimiques interdites, notamment celles employées dans le traitement de l’or et aux conséquences environnementales dévastatrices.

Mais l’ambition va au-delà de la seule régulation. Le texte prévoit également : la fermeture et la réhabilitation des sites miniers artisanaux en fin d’exploitation ou abandonnés ; la sécurisation des zones d’extraction, souvent théâtre d’accidents et de conflits. Il prévoit aussi la lutte contre le travail des enfants, fléau persistant dans certaines zones aurifères ; la sensibilisation et l’encadrement des exploitants artisanaux.

Autant de volets qui traduisent une volonté de concilier exploitation des ressources et responsabilité sociale.

Pour garantir l’efficacité du mécanisme, un décret en Conseil des ministres doit préciser les modalités d’organisation et de fonctionnement du fonds. Une étape cruciale pour assurer la transparence dans la gestion des ressources et l’efficacité des interventions sur le terrain.

Au-delà de l’outil financier, c’est toute la gouvernance du secteur minier artisanal qui est appelée à évoluer. L’enjeu est de passer d’une logique d’exploitation opportuniste à une approche structurée, intégrée dans les politiques publiques de développement.

« Kanku Musa Seginna » : le pari d’un nouvel âge d’or

Cette réforme s’inscrit dans une vision stratégique de long terme portée par les autorités maliennes. Dans le document prospectif « Mali 2063 », un volet entier est consacré au secteur minier sous l’appellation évocatrice « Kanku Musa Seginna » — référence au retour de l’âge d’or de l’empereur Kankou Moussa.

L’ambition est de faire de l’activité minière un moteur de développement durable, à la fois économique, social et environnemental. Une attention particulière est accordée aux régions et aux communautés directement concernées par l’exploitation, souvent premières victimes de ses externalités négatives.

Dans un pays où l’or demeure l’une des principales richesses, la gestion du secteur artisanal apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique. Entre impératif économique et exigences sociales, le Mali entend désormais transformer une exploitation souvent anarchique en levier durable de développement.

Chiencoro Diarra 


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17 mars 2026 0 comments
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Fonds d’Appui à l’Industrie Cinématographique
A la UneSeko ni Donko

11è session du FAIC : 203 millions CFA pour soutenir la création et les festivals  

by Chiencoro 17 mars 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

La salle de réunion du département en charge de la Culture a abrité, ce mardi 17 mars 2026, la 11ème session ordinaire du Conseil d’Administration du Fonds d’Appui à l’Industrie Cinématographique. L’événement s’est déroulé sous la présidence du Secrétaire général du ministère, M. Mahamadou dit Koumbouna Diarra, représentant le ministre Mamou Daffé, en présence de la Directrice générale du Fonds, Koné Mariam Maïga ainsi que l’ensemble des administrateurs.  

Cette session a marqué une étape importante dans la gouvernance culturelle du pays. Le représentant du ministre a rappelé que le cinéma malien, malgré ses difficultés, demeure un secteur stratégique pour l’identité nationale et le rayonnement du Mali. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la structuration de l’industrie cinématographique et de mobiliser davantage de moyens pour soutenir les créateurs.  

Les administrateurs ont été invités à examiner avec attention les documents soumis à leur appréciation. L’objectif était de dégager des perspectives concrètes pour l’année 2026, en tenant compte des défis persistants liés au financement, à la formation et à la professionnalisation des métiers du cinéma. Le Secrétaire général a exhorté les participants à proposer des initiatives ambitieuses et réalistes.  

Le poids des chiffres dans la relance

Le Secrétaire général Diarra a, dans son intervention, mis en avant les chiffres clés de l’exercice en cours. Le budget prévisionnel du Fonds pour 2026 est fixé à 203 millions de francs CFA, soit une hausse de 14 % par rapport à 2025. Cette progression traduit la volonté des autorités de renforcer les moyens financiers alloués au cinéma et à l’audiovisuel, malgré un contexte économique contraignant.  

Ce budget permettra de soutenir la programmation des appels à projets, d’appuyer les festivals nationaux et de renforcer les capacités des professionnels du secteur. Le Secrétaire général a souligné que ces ressources doivent être utilisées de manière optimale afin de garantir un impact réel sur la production cinématographique. « Nous devons transformer chaque franc investi en opportunité pour nos créateurs. Chaque projet soutenu doit contribuer à bâtir une industrie solide », a-t-il affirmé.  

Culture et éducation, un tandem nécessaire

M. Mahamadou dit Koumbouna Diarra a rappelé que les acquis de l’Année de la Culture 2025 constituent désormais une base solide pour les années 2026 et 2027, décrétées Année de l’Éducation et de la Culture par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goita. Cette initiative vise à refonder l’école, renforcer le capital humain et valoriser la culture comme pilier de l’identité nationale et de la souveraineté.  

Le représentant du ministre Daffé a insisté sur l’importance de la synergie entre culture et éducation. Selon lui, le cinéma doit être intégré dans cette vision globale, car il constitue un outil pédagogique et un vecteur de cohésion sociale. Le FAIC, en tant qu’instrument de financement, doit accompagner cette ambition en soutenant des projets qui allient créativité et utilité sociale.  

Vers une industrie cinématographique solide

Les administrateurs présents ont été exhortés à projeter des initiatives concrètes et innovantes. Le Secrétaire général a rappelé que le Fonds doit impérativement se relever de ses difficultés passées pour mieux répondre aux besoins des professionnels du cinéma. « Le cinéma malien doit redevenir une fierté nationale et un moteur de développement. Nous avons le devoir de lui donner les moyens de son essor », a-t-il martelé devant les participants.  

La session a également permis de mettre en avant le rôle du FAIC comme levier de modernisation et de valorisation du cinéma malien. Les administrateurs ont réaffirmé leur volonté de travailler en synergie avec la direction du Fonds et le ministère pour bâtir une industrie cinématographique solide, capable de contribuer à la vitalité culturelle du Mali et à son rayonnement au-delà des frontières.  

Cette 11ème session ordinaire du Conseil d’Administration du FAIC s’est déroulée dans un climat de responsabilité et d’engagement. Les échanges ont mis en lumière la nécessité d’une gestion rigoureuse, d’initiatives ambitieuses et d’un accompagnement financier accru pour relancer le cinéma malien. Les perspectives ouvertes par cette rencontre traduisent une volonté commune de donner un nouveau souffle à l’industrie cinématographique nationale.  

Ibrahim Kalifa Djitteye 

17 mars 2026 0 comments
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Sommet Russie-Afrique
A la UnePolitique

Russie–Afrique : Moscou reprend la main sur le sommet de 2026

by Sahel Tribune 17 mars 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Initialement envisagé sur le continent africain, le troisième sommet Russie-Afrique se tiendra finalement à Moscou en octobre 2026. Une décision qui illustre les ajustements diplomatiques en cours, alors que la Russie entend consolider son influence en Afrique dans un contexte géopolitique en recomposition.

En annonçant la tenue du prochain sommet Russie–Afrique à Moscou en octobre 2026, la Russie exprime une volonté affirmée de consolider son ancrage sur le continent. Dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux, ce rendez-vous s’annonce comme un moment clé pour redéfinir les contours d’un partenariat stratégique aux enjeux aussi bien politiques qu’économiques.

Un sommet stratégique relocalisé à Moscou

Le troisième sommet Russie-Afrique se tiendra à Moscou en octobre 2026. L’annonce a été faite par Musalia Mudavadi, ministre Kényan des Affaires étrangères, à l’issue de ses entretiens avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, rapporte l’agence African Initiative.

« Nous saluons l’intérêt porté à la poursuite de la coopération entre la Russie et l’Afrique. Le prochain sommet Russie-Afrique devrait se tenir à Moscou en octobre de cette année », a déclaré le chef de la diplomatie kényane.

Cette confirmation intervient alors que Moscou avait initialement évoqué la possibilité d’organiser cette troisième édition sur le continent africain, dans une logique d’équilibre diplomatique.

Une diplomatie russe en quête de consolidation

Depuis plusieurs années, la Russie multiplie les initiatives pour renforcer ses relations avec les pays africains, dans un contexte de rivalités accrues avec les puissances occidentales et émergentes.

Lors de précédentes déclarations, Sergueï Lavrov avait déjà indiqué que ce sommet devait se tenir à l’automne 2026, sans en préciser initialement le lieu.

De son côté, l’ambassadeur de Russie au Sénégal, Dimitri Kourakhov, avait assuré que le président Vladimir Poutine participerait personnellement à l’événement, quel que soit le pays hôte.

Le choix de Moscou traduit ainsi une volonté de maîtriser l’organisation de ce rendez-vous diplomatique majeur, tout en affichant la centralité de la Russie dans cette relation stratégique.

Une relation Russie-Afrique en mutation

Le sommet Russie-Afrique s’inscrit dans une dynamique amorcée en 2019, lors de la première édition organisée à Sotchi, sous la coprésidence de Vladimir Poutine et du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors président en exercice de l’Union africaine.

La deuxième édition, tenue en août 2023 à Saint-Pétersbourg, avait permis de consolider les axes de coopération dans des domaines clés : sécurité, énergie, agriculture et infrastructures.

Depuis, Moscou s’efforce d’approfondir ses partenariats, notamment dans les secteurs stratégiques, tout en proposant une alternative aux modèles de coopération traditionnels.

Enjeux géopolitiques et économiques

La tenue du sommet à Moscou intervient dans un contexte international marqué par de fortes tensions géopolitiques. Pour la Russie, l’Afrique représente un espace de projection diplomatique, économique et sécuritaire. Pour les États africains, cette coopération offre des opportunités de diversification des partenariats, notamment dans les domaines militaire, énergétique et minier.

Toutefois, elle soulève également des interrogations sur les équilibres à venir, dans un environnement international de plus en plus fragmenté.

Le sommet de 2026 devrait permettre de définir les contours d’un nouveau cycle de coopération entre la Russie et les pays africains. Au-delà des déclarations politiques, les attentes portent sur des engagements concrets, notamment en matière d’investissements, de transfert de technologies et de développement des échanges commerciaux.

Dans cette perspective, le choix de Moscou comme ville hôte pourrait également être interprété comme l’affirmation d’une volonté de renforcer une relation que la Russie entend piloter au plus haut niveau, dans un contexte de recomposition des alliances internationales.

A.D

17 mars 2026 0 comments
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