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Vie après la mort
ActuOpinion

[Billet fictif] Tué dans une attaque et obligé de rendre compte de son vécu

by Mikailou Cissé 26 janvier 2023
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Dans ce billet fictif, Mikailou Cissé se met dans la peau d’un chef de village, mort lors d’une attaque. A son procès, dans le monde des morts, il fait le bilan de son règne, devant les patriarches. Un billet qui donne à réfléchir sur la lourde responsabilité d’être chef, surtout dans un pays où la sécurité reste encore un idéal.

« Garde permanemment à l’esprit qu’un jour, tu rendras compte de ta vie après que ton âme se sera échappée de ton corps. Et sache que la vie ne vaut rien et rien ne vaut la vie », a commencé par indiquer le chef de village mort lors d’une attaque. Un exercice auquel il s’attèle devant l’assemblée des patriarches, dans le monde des invisibles.

Le chef de village fait donc le récit de son vécu dans le monde des vivants. Une existence marquée par l’incompréhension de sa démarche par les autres, l’hostilité à toute option attentatoire à la vie. Il était mal-aimé au sein de ses paires.

« Le village n’allait pas tarder à recevoir de la visite »

Les choses suivaient leur cours normal dans le village. Les menaces et intimidations nous parvenaient à chaque fois qu’on essayait de vous consulter. L’atmosphère dans les environs sentait le sang et l’odeur de la mort.

Une telle mobilisation d’hommes hostiles à notre mode de vie en commun ne s’était jamais produite sur nos terres. Les choses se passèrent vite. Le village a été rapidement encerclé, peu avant l’heure du retour des champs.

Personne n’était en mesure de sortir ni rentrer sans qu’il s’attire l’attention d’un des geôliers postés à un point stratégique. Mais, par votre grâce, les choses se sont autrement passées.

Les artères peuplées, comme à l’accoutumée, en mépris des visites et messages de harcèlement et d’intimidation qui nous parvenaient de part et d’autre comme si nous étions dans la république, présageaient que « le village n’allait pas tarder à recevoir de la visite. » Les alertes étaient toutes de même nature. Et personne n’ignorait que quelque chose se tramait dans les environs. Toutefois si nous avions été écoutés, mieux entendus, tous ceux-ci pouvaient être évités.

Notre terre est dans une sacrée mouise

L’état de nos corps, à l’arrivée du cortège funèbre, témoigne de l’affront subi par la république. Et l’état d’esprit et des propriétés après les forfaits restent jusqu’ici ineffables.

Le chef de village s’est rappelé, au cours de ce procès, des derniers mots de son grand-père, avant sa mort : « Chef de village, on le devient. Il est un acquis sociétal. Personne ne réussira à l’assumer sans l’unanimité des autres. C’est également difficile de l’exercer sans l’accompagnement des ainés. Cela, quelle que soit la nature de ton leadership, de surcroit, dans une cité de négoce peuplée d’allochtone », avait laissé entendre celui-ci avant sa mort.

Jamais l’espoir ne s’était dissipé de nos démarches. Malgré qu’on ait su que quelque chose se tramait, personne ne s’est autant impliqué. Comme des bétails, nous avons été conduits à jamais hors du regard des femmes et des enfants. Et depuis, notre terre est dans une sacrée mouise.

Mikailou Cissé

26 janvier 2023 0 comments
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Sanou et Konaté
Actu

Mali : les douanes de Tombouctou et de Gao enregistrent des résultats en 2022

by Chiencoro 26 janvier 2023
written by Chiencoro 3 minutes read

Le monde célèbre, ce 26 janvier 2023, la Journée internationale des douanes. Cette édition est placée sous le signe de la promotion du « partage des connaissances et [du renforcement] de la fierté de la profession douanière » en vue d’accompagner la nouvelle générale. Au Mali, l’administration douanière a réalisé des performances et engagé des réformes au cours de l’année écoulée. Des actions qui ont conduit à des résultats extraordinaires, notamment la réalisation par les douanes de Tombouctou et de Gao, des recettes douanières en 2022. Deux régions qui échappaient à l’administration depuis 2012.

Le Mali, à l’instar des administrations douanières du monde entier, célèbre le 26 janvier de chaque année, la Journée internationale des douanes. Le thème retenu pour l’édition 2023 est : « Accompagner la nouvelle génération » avec comme slogan : « promouvoir le partage des connaissances et renforcer la fierté de la profession douanière ».

Dans la performance, explique le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, dans son allocution à l’occasion de cette Journée, il s’agit « d’assurer la continuité et la transformation du métier en s’appuyant sur le transfert de compétence et de savoir-faire aux jeunes générations et en renforçant le sentiment de fierté et d’appartenance à la communauté douanière mondiale ».

Performances et réformes

Au Mali, malgré la crise multidimensionnelle, l’administration douanière a fait de l’amélioration de ses performances son cheval de bataille, sans oublier de renforçant son ancrage. Les douanes maliennes, sous le leadership de l’Inspecteur général Amadou Konaté, ont « renforcé le dialogue intergénérationnel en assurant aux jeunes générations une formation continue, une forte participation à différents foras, séances de coaching, stages de formation et en mettant à disposition un site Web, une revue des Douanes, différents rapports et documents de services sans oublier les mentorats, les tutorats et la participation à différentes activités de la communauté douanière internationale ».

L’administration des douanes a également engagé plusieurs réformes parmi lesquelles l’adoption du nouveau Code des douanes, le Décret portant Médaille d’honneur des douanes, la bonne collaboration avec les partenaires, l’importante contribution à la protection des personnes et de leurs biens et les performances réalisées, s’est réjoui le ministre Alousseni Sanou. Des réformes qui « renforcent la fierté et le sentiment d’appartenance à la communauté douanière ».

Le record de 81,04 milliards de F CFA en 2022

Malgré les effets de l’embargo de la Cédéao et de l’Uemoa sur le Mali, qui ont fait perdre à la douane 150,9 milliards de F CFA de recettes en 2022, « la Douane a atteint les objectifs qui lui avaient été assignés en réalisant des recouvrements de 611,4 milliards de F CFA au 31 décembre 2022 », a indiqué le directeur général des douanes, à l’occasion du Nouvel An.

Autres faits marquants, qui prouvent les performances des douanes maliennes, c’est les résultats engrangés par les douanes de Gao et de Tombouctou, qui échappaient à l’administration depuis 2012. « Ces deux régions ont contribué à la réalisation des recettes douanières à concurrence respectivement de 93,7 millions et 30,1 millions de F CFA », s’est réjoui l’Inspecteur général Amadou Konaté.

En décembre 2022, la douane malienne a battu le record de 81,04 milliards de F CFA, une première dans les annales de l’administration douanière du pays.

Ces actions et performances de l’administration douanière du Mali cadrent bien avec la vision de l’Organisation mondiale des douanes (OMD), dont le soixante-dixième anniversaire coïncide avec cette édition 2023 de la Journée internationale des douanes.

Chiencoro Diarra

26 janvier 2023 0 comments
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Les vastes champs de riz de l'Office du Niger incarnent la prospérité et le développement agricole du Mali. Ces étendues fertiles témoignent de l'engagement du pays envers l'agriculture, un secteur vital représentant 38 % de son PIB.
A la Une

Mali : prêt de 8 milliards de FCFA pour la mise en valeur des plaines rizicoles de Tombouctou

by Sahel Tribune 25 janvier 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Le Mali obtient de  la Banque ouest africaine de développement un accord de prêt d’un montant de 8 milliards de FCFA pour le financement partiel du Projet de mise en valeur des plaines rizicoles de Tombouctou. Le Conseil des ministres, de ce mercredi 25 janvier 2023, a adopté des projets de texte relatifs à la ratification de cet accord de prêt, signé à Lomé le 1er décembre 2022, entre les deux parties: le Mali et la BOAD. 

« Le prêt accordé est destiné au financement des travaux de réhabilitation et d’extension des périmètres de Korioumé de 430 hectares, Daye de 417 hectares et Hamadja de 620 hectares à travers la réhabilitation du réseau intérieur d’irrigation, de drainage, de 11,5 km de pistes, le curage et la mise en place de garde-corps sur le siphon ainsi que l’aménagement de 10 hectares de périmètres maraîchers« , precise le communiqué final du Conseil des ministres.

Les périmètres concernés par ce financement de la banque ouest africaine de développement sont ceux ayant été fortement inondés et endommagés par la montée des eaux du fleuve Niger. Une situation qui a rendu « ainsi la campagne agricole 2022 quasiment incertaine pour les exploitants et consommateurs de la zone ».

La réalisation de ce projet contribuera donc à « l’atténuation des souffrances des populations pour les campagnes agricoles à venir, à l’amélioration de leurs conditions de vie et à la réduction de la pauvreté dans la zone du projet », indique le gouvernement malien de transition.

L.R

25 janvier 2023 0 comments
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Force Sabre
ActuSécurité

Sahel : la France retirera ses troupes du Burkina d’ici « un mois »

by Sahel Tribune 25 janvier 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

La France retirera ses troupes du Burkina Faso, d’ici « un mois ». L’information a été donnée ce mercredi par une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, qui confirme que la France a reçu la demande du Burkina Faso de retrait de ses troupes déployées dans le pays, a rapporté l’Agence d’information du Burkina (AIB).

« Mardi (…) nous avons reçu formellement la dénonciation, par le gouvernement burkinabè, de l’accord de 2018 relatif au statut des forces françaises présentes dans ce pays.

Conformément aux termes de l’accord, la dénonciation prend effet un mois après la réception de la notification écrite. Nous respecterons les termes de cet accord en donnant suite à cette demande », a indiqué une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Selon une source proche du dossier, les près de 400 forces spéciales françaises de la force Sabre auront quitté le Burkina « d’ici fin février » et le retrait de tous les matériels devrait être achevé « fin avril ».

En début de semaine, le gouvernement avait demandé à la France de retirer ses troupes, la Force Sabre, de son territoire. « Ce que nous dénonçons, c’est l’accord qui permet aux forces françaises d’être présentes au Burkina Faso. Il ne s’agit pas de la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France », a clarifié Jean-Emmanuel Ouédraogo dans une interview sur la télévision publique du Faso, e lundi dernier.

La rédaction

25 janvier 2023 0 comments
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Les vastes champs de riz de l'Office du Niger incarnent la prospérité et le développement agricole du Mali. Ces étendues fertiles témoignent de l'engagement du pays envers l'agriculture, un secteur vital représentant 38 % de son PIB.
Actu

Sénégal : sommet pour nourrir l’Afrique

by Sahel Tribune 25 janvier 2023
written by Sahel Tribune 2 minutes read

À Dakar s’est ouvert ce mercredi 25 janvier 2023, la deuxième édition du sommet de Dakar sur l’agriculture et l’agro-alimentaire. Plusieurs chefs d’État, notamment les présidents malgache (Andry Rajoelina), équato-guinéen (Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, kenyan (William Ruto), irlandais (Michaels D. Higgins), bissau guinéen (Umaro Sissoco Embaloà, togolais (Faure Gnassingbé), mauritanien (Mohammed Ould Ghazouani) et nigérian (Muhammadu Buhari), prennent part à ce sommet co-organisé par le Sénégal et la Banque africaine de développement (BAD).

« Nourrir l’Afrique : Souveraineté alimentaire et résilience » est le thème de ce sommet, qui réunira plus de 1500 personnes, pendant trois jours,  avec la participation de chefs d’États et de gouvernement, de ministres chargés de l’Économie et des Finances, de ministres d’Agriculture et des secteurs connexes, des gouverneurs de Banques centrales.

Des acteurs du secteur privé, des organisations multilatérales, des organisations non gouvernementales, des universitaires et des scientifiques de premier plan sont également attendus à la rencontre, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Au cours de cette rencontre, les dirigeants vont tenter de mobiliser leurs ressources gouvernementales, les partenaires au développement et le financement du secteur privé, pour exploiter le potentiel agricole et alimentaire de l’Afrique, transformant ainsi les efforts de plaidoyers en actions concrètes.

Selon les précisions de Aly Ngouille Ndiaye, ministre sénégalais de l’Agriculture, « Nous savons où nous voulons aller en tenant compte de l’évolution démographique. Nous voulons développer ce que nous consommons ». Il est inadmissible que l’Afrique continue d’importer du riz, du maïs, du blé. Et de poursuivre: « Aujourd’hui, il s’agit de mettre en place les stratégies qui nous permettront dans les cinq prochaines années d’être autosuffisants pour certaines productions, et pour d’autres, même si l’on n’atteint pas l’autosuffisance, que l’on puisse avoir de bons niveaux de production », a rapporté RFI.

La rédaction

25 janvier 2023 0 comments
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Décoration des soldats ivoiriens
A la UneSécurité

Côte d’Ivoire : décoration des 49 soldats, récemment détenus au Mali

by Sahel Tribune 24 janvier 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Libérés le 7 janvier 2023 par les autorités maliennes de la transition, qui les détenaient depuis juillet 2022, les 49 soldats ivoiriens ont reçu ce mardi, la distinction honorifique de Chevalier de l’ordre national. Une décoration qui livre « le témoignage de la reconnaissance de la nation à ses soldats et les [perçoit] désormais comme une exigence d’excellence », a déclaré le Porte-parole des soldats, le colonel Kouassi Bi Eustach.

Le chef d’état-major général des armées ivoiriennes, Lassina Doumbia, a salué ces militaires « pour la dignité et le sens de l’honneur dont ils ont fait preuve pendant toute la durée de leur détention« , rapporte le gouvernement ivoirien. 

Au cours de cette cérémonie de décoration, 850 soldats du contingent de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) ont reçu des distinctions de la nation, pour avoir « payé le prix du sang sur une terre où [leurs] frères d’armes étaient injustement détenus ». Tous ces casques bleus ivoiriens, decorés ce 24 janvier, étaient ceux déployés au Mali et des contingents de retour de mission de Tombouctou, de Mopti et de Bamako. 

Les 49 militaires ivoiriens avaient été condamnés par la justice malienne pour « crimes d’attentat et de complot contre le gouvernement ».  Ils ont ensuite été graciés par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Ce qui a conduit à leur libération le 7 janvier dernier et leur retour dans leur pays d’origine. 

La rédaction 

24 janvier 2023 0 comments
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Force militaire de la CEDEAO
ActuAnalyses

[Tribune] Sahel : quelle forme pourrait avoir la nouvelle force militaire de la Cédéao ? 

by Sahel Tribune 24 janvier 2023
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Ces deux dernières années, crises et coups d’État se sont multipliés dans les pays du Sahel. Sur le plan sécuritaire, la région doit se trouver une nouvelle boussole. La coopération panafricaine proposée par la Cédéao pourrait être une vraie solution, contrairement à l’ingérence d’entreprises paramilitaires du type Wagner. Encore faut-il passer des intentions à l’action, avec les ressources adéquates.  

La Cédéao est de retour, et il était temps. Réunis début décembre à Abuja, les dirigeants de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest — présidée par Umaro Sissoco Embaló, président de Guinée-Bissau — ont annoncé la création d’une force régionale destinée à lutter contre les groupes jihadistes qui sévissent au Sahel, mais aussi destinée à prévenir de futurs coups d’État.

À leurs yeux, les vieilles habitudes des militaires putschistes devraient être remisées au musée, même si elles semblent toujours à la mode : le Mali a subi deux coups d’État en août 2020 et en mai 2021, le Burkina Faso, deux également en janvier et septembre 2022, et la Guinée, un en septembre 2021. Il est temps d’en finir avec ces prises de pouvoir erratiques et ces « gouvernements de transition » qui n’en finissent pas. Le pouvoir politique doit revenir aux civils et aux juristes. Pas aux hommes d’armes. 

Le poison de l’affaire des 49 soldats ivoiriens 

Outre ces perspectives d’avenir, la Cédéao cherche dans l’immédiat à apurer les situations de tension qui nuisent à ces objectifs. Lors du sommet d’Abuja, les chefs d’État ont ainsi intimé au colonel Assimi Goïta — le chef de la junte militaire à Bamako — de mettre fin à la crise entre le Mali et la Côte d’Ivoire, en libérant les 46 soldats ivoiriens illégalement retenus sur son territoire.

L’ultimatum était fixé au 1er janvier 2023, Goïta s’est finalement exécuté le 6 janvier en accordant la grâce présidentielle aux ressortissants ivoiriens récemment condamnés à de lourdes peines. Ce qui, d’un point de vue légal, n’efface pas les charges retenues contre eux. Goïta pense probablement s’être montré magnanime dans cette affaire, et habile dans le bras de fer qui l’opposait à Umaro Sissoco Embaló et au président ivoirien Alassane Ouattara.

Avec la remise en liberté de ces soldats emprisonnés depuis le 10 juillet 2022, il clôt en tout cas un épisode peu glorieux de son mandat à la tête du gouvernement de transition au Mali.  

Vue de Bamako, la réalité — déformée — est tout autre : pour les militaires, la Cédéao qui n’était jusque-là qu’une coquille vide, voire un adversaire dans sa lutte pour l’indépendance et la souveraineté du Mali, n’a joué aucun rôle dans ce dénouement. D’ailleurs, à l’annonce de la libération des soldats ivoiriens, la junte a surtout remercié le président togolais Faure Essozimna Gnassingbe pour sa médiation, et en a profité pour épingler Umaro Sissoco Embaló.

« Dans la gestion de cette affaire, notre gouvernement a été indigné par l’attitude partiale de certains responsables contre notre pays, a accusé le colonel Aboulaye Maiga, porte-parole du gouvernement de transition. Le gouvernement de transition voudrait faire remarquer à M. Embalo que, depuis le 14 janvier 2022, le Mali ne figure plus sur la liste des pays intimidables et a définitivement retrouvé sa souveraineté. Depuis plus de dix ans, faisant face seul au terrorisme, le Mali a survécu à ces sanctions. » Des propos peu amènes, et une certaine façon de « réécrire l’Histoire », car on ne se souvient guère que le Mali ait été seul, de 2013 à 2022, dans ses maigres succès contre les terroristes. Et depuis cette date rien ne montre non plus que les nouvelles autorités maliennes contrôlent, seules, leurs frontières, ni leur territoire, dont une partie croissante est laissé à l’abandon et aux islamistes. Mais, qu’à cela ne tienne, mettre fin à cette propagande est d’abord l’affaire intérieure de nos frères Maliens, et on ne peut que se réjouir de l’épilogue de l’affaire des 46 soldats ivoiriens.

Il s’agit dorénavant de comprendre le rôle que va pouvoir jouer la Cédéao dans ce Sahel où l’insécurité continue de terroriser les populations civiles, malgré les promesses des pouvoirs militaires.  

Les limites politiques de la Cédéao 

À Abuja en décembre, Omar Touray, le président de la commission de la Cédéao, a voulu donner une nouvelle impulsion panafricaine à cette institution : « Les dirigeants de la CEDEAO ont décidé de recalibrer notre architecture sécuritaire. Nous sommes résolus à établir une force régionale qui interviendra en cas de besoin, qu’il s’agisse de sécurité, de terrorisme ou de rétablir l’ordre constitutionnel dans des États membres. » Objectif donc : retrouver une indépendance dans la gestion des crises et de ne plus être dépendants de forces étrangères. Avec, dans le collimateur, l’intervention partout dans la région du « groupe paramilitaire russe Wagner« , déjà présent en République centrafricaine et au Mali, et qui s’implante actuellement au pays des hommes intègres, lui aussi en proie à une instabilité désormais chronique. Le Faso pourrait en effet tomber rapidement dans l’escarcelle russe.  

La question soulevée par cette volonté politique de la Cédéao est celle du droit de regard : comment les juntes militaires vont-elles accueillir une telle décision de la part d’un pouvoir civil panafricain légitime ? Laisseront-elles les émissaires de la Cédéao faire un audit de leurs affaires internes ? Leur permettront-elles de pousser vers la sortie les mercenaires étrangers ou de mettre leur nez dans les concessions minières douteuses, comme celles récemment accordées à Wagner ? Nos frères maliens et centrafricains — qui payent dans leur chair l’aventurisme de leurs nouveaux chefs — peuvent légitimement en douter. 

 Se réinventer et créer une véritable force opérationnelle

Au siège de la Cédéao à Lagos, on veut donner du temps au temps. Ayant encaissé la menace du Mali de se retirer unilatéralement de cette institution après son retrait du G5 Sahel, la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest s’est donné quelques semaines pour préciser les contours de cette force régionale. S’appuiera-t-elle sur des Casques blancs comme du temps de l’ECOMOG, son groupe militaire d’intervention créé en 1990 qui était intervenu lors des guerres civiles à la Sierra Leone, au Mali, au Libéria ou en Gambie ? Probablement que non.

La Cédéao doit se réinventer et créer une véritable force opérationnelle capable d’aider les forces armées nationales — trop souvent impuissantes — face aux groupes jihadistes radicaux. Cela permettra aussi de surveiller les possibles exactions commises contre les populations civiles par les forces armées loyalistes et par les mercenaires privés, comme nous avons pu le voir ces derniers mois au Mali. Les pays d’Afrique de l’Ouest chercheront donc peut-être de nouvelles alliances d’État à État — hors milices paramilitaires privées — afin de donner une cohérence et des moyens à cette force commune. 

La réponse viendra, espérons-le, d’Omar Touray qui a promis une nouvelle réunion extraordinaire de la Cédéao courant janvier, pour discuter des détails de cette force d’intervention commune aux 15 États membres de l’institution ouest-africaine. Et, parmi ces détails, l’écueil possible des sources de financement d’une telle force militaire sera probablement sur toutes les lèvres.

La Cédéao est aujourd’hui face à ses responsabilités et ne doit pas rater ce rendez-vous historique pour notre continent. Mais les questions en suspens restent nombreuses… 

Moussa Diallo

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