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Réception d'équipements militaires
AnalysesSécurité

Paix et stabilité : la course aux armements en Afrique de l’Ouest

by Chiencoro 16 juillet 2023
written by Chiencoro 3 minutes read

Les États ouest-africains dépensent de plus en plus dans leur armée. Cette course aux armements, au lieu d’être une mesure de sécurité nationale et sous-régionale, peut au contraire détériorer davantage les relations entre des États. [Analyse]

Le Sénégal a réceptionné, le 7 juillet 2023, son premier navire de guerre lance-missiles dont la particularité est de pouvoir opérer en profondeur et de traiter les attaques aériennes. Le même jour, le Niger a également réceptionné des armes lourdes et des véhicules blindés offerts par l’Égypte pour, dit-on, l’aider à combattre les groupes djihadistes. Quant au Mali et au Burkina Faso, les armées sont en pleine reconstruction. Les autorités militaires au pouvoir dans ces pays ont fait de la sécurité leur priorité et du coup livrent des armes modernes à leur armée pour combattre les groupes armés terroristes. 

Des États qui se regardent en chien de faïence 

« Qui veut la paix prépare la guerre », disait l’officier prussien Clausewitz, reprenant la thèse du Chinois Sun Tzu : « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combattre ». En Afrique de l’Ouest, cette assertion se confirme bien. Au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou encore au Niger, l’on assiste à une véritable course aux armements. Laissant craindre que quelque chose se trame dans cette région. Si certains mènent une lutte implacable contre le terrorisme, d’autres se préparent contre toute éventualité d’invasion terroriste à partir des États voisins déjà envahis, comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger. 

Le terrorisme peut aussi être un motif pour cette course aux armements. Certains de ces États se regarderaient plutôt en chiens de faïence depuis quelque temps. L’équipement des forces armées de défense et de sécurité dans certains de ces pays, notamment avec la médiatisation de la réception de ces armes, est vu par des États voisins comme une provocation. Ce qui les conduit eux-aussi à s’équiper et prévenir toute éventualité d’attaque surprise.  

Entre le Mali et le Niger, les relations se sont énormément dégradées depuis l’arrivée des autorités militaires actuelles au pouvoir. Le double coup d’État au Mali (2020 puis 2021) a été fortement dénoncé par le président nigérien Mohamed Bazoum. Une condamnation mal perçue par les autorités maliennes. 

Les récurrents coup d’État en Afrique de l’Ouest 

De même, les relations entre ce pays sahélien et la Côte d’Ivoire se sont également dégradées depuis l’affaire des 41 soldats ivoiriens, qui a vu l’implication de bon nombre de chefs d’État de la région, dont le président sénégalais Macky Sall.

D’autre part, cette course aux armements s’explique par cette présence des militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso ainsi qu’en Guinée. Cette arrivée des hommes en treillis au sommet de l’État est vue comme une menace à la sécurité dans la sous-région Afrique de l’Ouest. Surtout qu’elle se conjugue avec le départ des forces étrangères de certains de ces pays. 

Face à cette menace, les États ouest-africains semblent donc opter pour la prise de mesures de prévention. Des mesures bien juste dans ce sens puisqu’il s’agirait de renforcer leur sécurité et éviter de se faire surprendre par des hordes terroristes, qui fuiraient la puissance de feu des pays voisins. 

Une généralisation de la situation sécuritaire

À l’allure où chaque État semble se prémunir contre toute éventualité d’agression d’État voisin ou d’invasion terroriste, il faut craindre une généralisation de la situation sécuritaire dans cette région, très convoitée par les grandes puissances. Dans le nouvel ordre mondial, l’on a l’impression d’assister à un nouveau partage de l’Afrique. Ce qui ne peut qu’avoir des implications sécuritaires. 

Ce surarmement bien qu’étant une mesure de précaution peut s’avérer néanmoins être une réelle menace pour la stabilité, la cohésion et l’entente entre ces États. 

Chiencoro Diarra 

16 juillet 2023 0 comments
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Ibrahim Harane Diallo
AnalysesSécurité

[Tribune] La force africaine en attente a-t-elle les moyens des attentes ? 

by Sahel Tribune 15 juillet 2023
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La 62e conférence des chefs d’État de la Cédéao s’est tenue le 9 juillet en Guinée-Bissau. Les dirigeants ouest-africains se sont notamment penchés sur les situations politiques au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. Les coups d’État ainsi que la crise sécuritaire dans ces États ont été évoqués. Les chefs d’État entendent réactiver la force en attente de la Cédéao pour le retour de plus de sécurité et de stabilité dans la région. Ibrahima Harane Diallo est chercheur à l’Observatoire sur la prévention et la gestion des crises au sahel, également chercheur associé à Timbuktu Institute. Il nous livre son analyse dans cette tribune. 

La force africaine en attente est l’une des composantes de l’architecture africaine de paix et de sécurité. L’un de ses principaux objectifs est de s’affranchir de la dépendance liée aux puissances extérieures et aux organisations internationales dans le domaine de la paix et de la sécurité. En clair c’est donc une initiative militaire de l’Union africaine visant à appuyer le Conseil de paix et de sécurité de l’organisation à atteindre ses objectifs en matière de lutte contre l’insécurité. En effet, la charte des Nations-Unies attribue une base légale aux organismes régionaux ou sous régionaux en matière de maintien de la paix, à travers, l’article 52 et 53 aux termes du chapitre VIII. 

Des obstacles susceptibles de limiter son efficacité 

Aujourd’hui les dirigeants ouest-africains sont dans une dynamique de réactivation de la force afin qu’elle puisse, disent-ils, appuyer les initiatives en matière de lutte contre le terrorisme et d’autres formes d’insécurité auxquelles la région fait face. À l’analyse cette force pourrait rencontrer un certain nombre d’obstacles qui pourraient constituer des limites quant à son efficacité. 

Dans un premier temps, certains pays africains restent attacher encore à la doctrine de la souveraineté intérieure en dépit du fait qu’ils soient membres de l’Union africaine qui coordonne la force à travers les différentes régions du continent. Deuxièmement, la volonté d’opérationnaliser cette force intervient dans un contexte de crises politique et sécuritaire dans certains États ayant conduit à leur suspension des instances sous régionales et continentales qui sont à la base de l’initiative de la mise en place de la force. Enfin, il n’est pas exclu que l’éternelle épineuse question de financement des initiatives globales en Afrique se présente, mettant en mal la force dans l’atteinte des objectifs fixés. 

La force africaine en attente se met en marche dans un contexte où les raisons pour lesquelles elle a été conçue sont d’actualité. Au cours de la dernière décennie, le continent a, régulièrement, connu un cycle presque régulier d’instabilité émaillé par de coups d’État militaire parfois contre des régimes démocratiques. Quant aux activités terroristes, elles ont, également, gagné du terrain dans de nombreuses régions du continent. 

Une réactivation plus que nécessaire 

Il est important de rappeler que l’idée de créer une force africaine de réaction rapide est liée aux limites observées, également, dans la conduite des opérations de maintien de la paix des Nations — unies sur le continent en proie aux crises politiques et sécuritaires dans les années 1990. C’est pourquoi la réactivation d’une telle force, aujourd’hui, est plus que jamais nécessaire. 

Dans un premier temps elle va permettre de donner un visage plus africain aux forces de maintien de la paix. Elle pourrait, également, lutter contre les préjugés qu’une partie de l’opinion publique africaine entretient à l’égard des forces de maintien de la paix des Nations — unies. Il est, toutefois, important de rappeler dans la foulée, la nécessité pour ces organisations africaines de privilégier des stratégies de type hybride qui au-delà de forces dissuasives doivent s’attaquer, également, aux causes profondes des phénomènes d’insécurité à travers des plans de développement et des projets économiques viables, des réformes politiques profondes allant dans le sens d’une véritable consolidation des acquis politiques et démocratiques. 

Ibrahima Harane Diallo 

Journaliste-Politologue, Chercheur à l’Observatoire sur la Prévention et la Gestion des Crises au Sahel/Chercheur associé à Timbuktu Institute. 

15 juillet 2023 0 comments
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Littérature
Seko ni Donko

« Tombouctou et ses mystères » : le nouveau recueil de poèmes de Mahamadoun Oumar Touré  

by Mohamed Camara 15 juillet 2023
written by Mohamed Camara 3 minutes read

L’auteur de « Tombouctou et ses mystères », qui parle de sa région de naissance, Tombouctou, Mahamadoun Oumar Touré n’est plus un inconnu dans le milieu littéraire juvénile de la capitale malienne. Le natif de Goundam vient de faire le lancement en grande pompe de son tout premier livre, durant le week-end dernier à la bibliothèque nationale. Ce jeune poète, à la fois romancier, ambitionne de suivre les traces des grands renoms de la littérature malienne. 

En ce jour d’ouverture de la rentrée littéraire 2023 à Bamako, le jeune aspirant écrivain Mahamadoun Oumar Touré, armé d’un cahier prend contact avec tous ces littéraires venus du monde entier. Il va jusqu’à s’entretenir avec Dieudonné Niangouna, le poète congolais de Sassou Nguessou qui a ouvert la balle de cette ultime édition. Mais pas que lui, le jeune passionné montre les contenus de ce qu’il vient juste de publier sur Tombouctou au Directeur de la Rentrée littéraire. 

« Je suis passionné de la littérature, de tout son genre. Malgré mon jeune âge, certains trouveront arrogants, mais je veux juste faire partie de ces renoms de la littérature malienne. J’ai lu une centaine de livres à mon jeune âge. Ce qui m’a permis de forger un autre univers. Celui de l’écriture ! », dit-il. 

Parcours d’un jeune persévérant

Ce natif de Goudam, qui réside actuellement à Bamako, est fondateur du Réseau-Club des Jeunes Lecteurs du Mali (RCJLM), qui serpente les six communes de la capitale malienne. Il est aussi, le président d’un mouvement des jeunes écrivains en herbe. Il s’agit de l’Amicale des Futurs Écrivains du Mali (AMFUE). 

Mahamadoun Oumar Touré a une multiple casquette. Cet étudiant, en Licence 1 Anglais à la Faculté des langues, des Lettres et des Sciences du Langage, et du Journalisme et Communication à l’École Universitaire de Technologie et de Gestion, est également le président du club des jeunes orateurs, membres des Jeunes esprits de la littérature malienne. 

En 2019, il a été désigné troisième au concours national de la lecture organisée par M-T (MOVE TOGETHER MALI) dans le cadre du Festival international des grands orateurs.

L’année suivante, en 2020, il est champion avec son équipe de débat au même Festival des grands orateurs. Il a été sélectionné en 2023 premier dans la catégorie Roman du prix littéraire international avec son roman « Le Droit chemin de l’islam » au Bénin. 

« Tombouctou et ses mystères »

Ce nouveau recueil de poèmes, « Tombouctou et ses mystères », a d’abord été publié aux Éditions Essaim Plumes au Bénin, avant d’être publié chez les Éditions INNOV au Mali. Un livre financé par la Fondation Maarif de la Turquie.   

Mahamadoun Oumar Touré, souhaite dès le début, la bienvenue à ses lecteurs dans cette ville dont le nom a fait le tour du monde musulman et ailleurs. Tombouctou « à proximité de la boucle du Niger. Un milieu sain et attrayant. Au carrefour central du désert. Un désert sain et sauf, rassurant »

Une partie de la randonnée est donc proposée à travers cette « ville d’accueil », « une cité attrayante ». Elle n’est pas seulement la cité des 333 saints, mais Tombouctou, une « cité mystérieuse », elle est également Tombouctou, cette « cité miraculeuse », la « capitale de la culture ». 

Le jeune poète chante avec ivresse tout ces mythes et réalités vivantes sur une ville qu’il a côtoyée pendant des années pour laisser la voie à ces milliers de jeunes d’élever la voix pour leur ville. Pour ainsi mettre le Mali au centre de toutes les attentions…

Mohamed Camara      

15 juillet 2023 0 comments
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lutte contre la corruption
Actu

Afrique de l’Ouest et du Centre : « La lutte contre la corruption en péril »

by Sahel Tribune 15 juillet 2023
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le 11 juillet 2023, la Journée africaine de lutte contre la corruption et le 20e anniversaire de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption ont été commémorés. Une occasion de rappeler toutes les répercussions de la corruption sur le fonctionnement normal des États Ouest et Centrafricains. 

Les défenseurs des droits humains qui dénoncent la corruption, les pots-de-vin et les abus de pouvoir doivent être suffisamment protégés dans l’exercice de leur travail, par les États d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cela, à travers des mesures concrètes et efficaces, a déclaré Amnesty International, le mardi 11 juillet 2023, à l’occasion de la Journée africaine de lutte contre la corruption et du 20e anniversaire de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption.  

« La corruption est une question de droits humains »

Intitulé « La lutte contre la corruption en péril. La répression contre les défenseur·e·s anticorruptions en Afrique de l’Ouest et du Centre », l’organisation déplore que dans cette région les défenseurs des droits humains qui « combattent la corruption risquent des arrestations, du harcèlement, des placements en détention, de lourdes amendes et même la mort en dénonçant ces agissements ». Pourtant, leur rôle est crucial dans la lutte contre la corruption et la défense des droits fondamentaux.

Selon Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, « les gouvernements de la région doivent se montrer à la hauteur de leurs obligations internationales en matière de droits humains, qui sont notamment de respecter, de protéger, de promouvoir et de réaliser les droits de celles et ceux qui prennent position contre la corruption et défendent les droits fondamentaux ». L’organisation exhorte les États de cette région à remédier à la « culture généralisée de l’impunité qui continue d’alimenter la corruption endémique, contribue à des atteintes supplémentaires aux droits humains et prive les victimes d’accès à la justice et à des voies de recours efficaces. »  

« La corruption est une question de droits humains », indique Agnès Callamard tout en précisant qu’elle « interfère dans la jouissance effective des droits individuels et collectifs garantis par les traités internationaux et régionaux relatifs aux droits humains. Elle entrave la capacité des agents de l’application des lois, des juges, des procureurs et des avocats à s’acquitter de leurs fonctions de manière impartiale ». Amnistie internationale explique toutes les répercussions de la corruption sur le bon fonctionnement des services clés de l’État. Selon ses précisions, elle « entraine des mauvais traitements, la torture ou des décès en détention. Elle prive les couches économiquement et socialement vulnérables de la société de revenus et affaiblit la capacité des États à s’acquitter de leurs obligations en matière de droits humains », a déclaré Agnès Callamard. 

Tenir un langage de vérité aux autorités

Dans une lettre ouverte à l’Union africaine, le 11 juillet dernier, Transparency international a souligné la nécessité d’une action urgente de lutte contre la corruption en vue de garantir les droits fondamentaux. Il exhorte les dirigeants de l’Union africaine (UA) « à tenir leurs engagements en matière de lutte contre la corruption et à prendre des mesures concertées pour mettre fin à la corruption dans la région ». Transparency International « souligne la nécessité d’accélérer les stratégies visant à lutter contre les flux financiers illicites, à garantir aux citoyens africains des services de base sans corruption et de progresser vers la ratification et la mise en œuvre complètes de la convention ». 

Fabrice K. Ebeh, directeur exécutif de Transparency International-Togo, a déclaré : « L’adoption par les dirigeants africains de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption il y a deux décennies a montré un engagement résolu à lutter contre la corruption dans la région. Aujourd’hui, à une époque et dans une région où l’interaction entre la démocratie, la sécurité et le développement revêtent une importance significative, il devient urgent pour eux de transformer ces engagements en actions résolues pour éliminer la corruption. Ce faisant, ils peuvent sauvegarder les droits fondamentaux des populations africaines ». 

Selon Amnesty International, en Afrique de l’Ouest, « seuls la Côte d’Ivoire, le Mali et le Niger ont adopté des lois sur la protection des défenseur·e·s des droits humains, et seul le Ghana possède une législation visant spécifiquement à protéger les lanceurs et lanceuses d’alertes ». L’organisation estime toutefois important de garantir « l’exercice des droits des personnes qui combattent la corruption et de veiller à ce que la société civile et la presse puissent tenir un langage de vérité aux autorités ». Car la « corruption est un fléau qui a un effet destructeur sur les droits humains ».

Oumarou  

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naufrage
ActuSécurité

Sénégal : 14 morts et 4 blessés dans le naufrage d’une pirogue

by Mohamed Camara 14 juillet 2023
written by Mohamed Camara 0 minutes read

14 personnes ont perdu la vie et 4 autres ont été blessés dans un accident de pirogue, le 12 juillet 2023. Selon le ministère sénégalais de l’Intérieur, il s’agit d’une pirogue transportant des migrants au large de Saint Louis. 

Dans un communiqué publié, jeudi 13 juillet, à la suite de son déplacement sur les lieux du drame, le ministre de l’Intérieur a présenté ses « sincères condoléances » aux proches des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Le communiqué ne précise pas les causes de l’incident.

Mohamed Camara      

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Commerce africain
Actu

Commerce intra-africain : un important potentiel reste encore inexploité 

by Fousseni TOGOLA 14 juillet 2023
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Le Rapport sur le commerce africain, édition 2023, lancé lors des 30e Assemblées annuelles d’Afreximbank à Accra, a été rendu public, le 10 juillet 2023. Les échanges intra-africains ont augmenté de 18,6 %. Les exportations de produits manufacturés restent cependant sous-développées.

Le thème général de l’édition 2023 du rapport sur le commerce africain s’intitule : « Fabrication d’exportation et chaines de valeurs régionales en Afrique sous un nouvel ordre mondial. » Malgré une confluence de crises entrainée par la pandémie de la Covid-19, une inflation record, une intensification des tensions géopolitiques ainsi que des guerres commerciales, l’Afrique a connu une croissance verte avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 3,9 %, selon le rapport sur le commerce africain de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). En 2022, la valeur totale des échanges commerciaux intra-régionaux et extra-régionaux de l’Afrique a augmenté de 20,9 %, pour atteindre 1430,1 milliards de dollars.

Exportations de produits manufacturés

Selon les précisions de Dr. Hippolyte Fofack, économiste en chef d’Afreximbank, les « meilleurs résultats commerciaux de la région ont été largement soutenus par des termes de l’échange favorables des produits de base ». La hausse du prix des matières premières a compensé la faible croissance du volume du commerce mondial qui a augmenté de 2,7 %. Plus de 80 % des pays africains sont fortement dépendants des matières premières, dont ils sont fournisseurs sur le marché mondial, précise ce nouveau rapport. 

Les exportations africaines se caractérisent donc par une forte prédominance des matières premières. Les exportations de produits manufacturés restent concentrées sur un nombre limité de pays et de secteurs, fait remarquer la banque.

« Dans un monde où le secteur manufacturier a été le principal moteur de la croissance et du commerce mondiaux, la rigidité du modèle de développement colonial de l’extraction des ressources a confiné la région à la périphérie du commerce mondial, sa contribution combinée représentant moins de 3 % du commerce mondial », a expliqué Dr. Hippolyte Fofack.

Transformation structurelle de l’économie africaine 

A l’ère de la Zone de libre-échange continentale (ZLECA), la banque exhorte les États africains à travailler à la transformation structurelle des économies africaines à travers notamment le secteur manufacturier. « Alors que le commerce extra-africain est dominé par les produits primaires, les produits manufacturés dominent le commerce intra-africain et pourraient catalyser l’industrialisation et le développement des véhicules récréatifs à l’ère de la ZLECA », a ajouté le Dr Fofack. Les échanges commerciaux intra-africains ont enregistré une croissance de 18,6 % en 2022. 

Ce nouveau rapport sur le commerce soutient que les pays africains devraient soutenir de « manière proactive la mise en œuvre de la ZLECA pour soutenir la croissance de la production manufacturière et accélérer le processus de transformation structurelle dans un nouvel ordre mondial de réalignement des chaines d’approvisionnement mondiales et de transition vers la délocalisation amie », a expliqué l’économiste en chef d’Afreximbank.

Investir dans le développement du capital humain

Avec 70 % de moins de 30 ans, la jeunesse de la population africaine est un véritable atout pour la transformation structurelle de son économie. « Un nombre aussi élevé de jeunes est une opportunité de transformation structurelle et de diversification des exportations sur le continent », souligne Afreximbank dans un communiqué rendu public le 10 juillet 2023. Selon le rapport 2023 d’Afreximbank, cette jeune génération est pleinement habilitée à réaliser son plein potentiel et se voit offrir des opportunités appropriées de travail et d’innovation. 

Les gouvernements africains sont donc exhortés à investir dans le développement du capital humain et des infrastructures, y compris la recherche et les infrastructures numériques.

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) est une institution financière multilatérale panafricaine mandatée pour financer et promouvoir le commerce intra et extra-africain. Depuis 30 ans, la Banque déploie des structures innovantes pour fournir des solutions de financement qui soutiennent la transformation de la structure du commerce africain, accélérant l’industrialisation et le commerce intra-régional, stimulant ainsi l’expansion économique en Afrique. 

F. Togola

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Le réel en démocratie
AnalysesPolitique

[Tribune] À la recherche du réel dans les démocraties africaines !

by Sahel Tribune 14 juillet 2023
written by Sahel Tribune 6 minutes read

En Afrique, la stabilité politique et institutionnelle devient un rêve insatiable. Dans ces démocraties du continent, l’on découvre tout le sens de l’imperfection des œuvres humaines. La réalité n’est réelle que de façon éphémère. 

Les Centrafricains se préparent pour un référendum constitutionnel annoncé pour le 30 juillet prochain. Le projet de constitution a été remis à la direction nationale de la campagne référendaire par le président Faustin-Archange Touadéra. « Il y a deux éléments dans une constitution : l’histoire d’un peuple et la géographie d’un peuple. Or, nous avons toujours eu des constitutions qui nous ont été imposées par des contingences historiques. En d’autres termes, elles viennent de l’extérieur, elles nous sont imposées, y compris les régimes », déclare le gouvernement centrafricain pour justifier le bien-fondé de cette révision de la constitution.

L’expression de la propagande politique

Les démocraties africaines sont généralement victimes de cette instabilité de la loi fondamentale, manipulée selon l’humeur et la volonté du prince du jour. Les échéances électorales, les révisions de la constitution, les grandes mobilisations dites citoyennes, mais politiques pour dénoncer des hausses des prix, de meilleures conditions de vie et de travail, pour réclamer plus de stabilité et de sécurité, sont des lieux d’expression par excellence de la propagande politique, dans le sens négatif du terme.

Ce que l’on fait voir au peuple comme réalité n’est que l’envers du décor. Derrière toutes ces actions ou instabilités politiques et institutionnelles se cachent des intérêts égoïstes d’hommes politiques en quête de popularité ou de légitimité auprès du peuple qui constituent leur caisse de résonnance. 

C’est la raison pour laquelle, d’ores et déjà, l’on commence à se méfier du projet de révision constitutionnelle en Centrafrique puisque l’on pense qu’il s’agit d’un mécanisme pour donner plus de pouvoir au président en exercice. C’est les mêmes accusations que l’on entendait lors de la rédaction d’une nouvelle constitution au Mali, dont le référendum a eu lieu le 18 juin 2023. « Avec ce projet, le chef de l’État n’est plus le chef de l’exécutif, il est l’exécutif lui-même. Or, la démocratie nécessite une déconcentration du pouvoir. Avec cette révision constitutionnelle, l’instabilité institutionnelle deviendra la règle », dénonçait l’opposition sénégalaise en 2019 lors de l’adoption d’un projet de révision constitutionnelle.

La volonté de puissance 

L’opposition ou encore les partis en quête de légitimité veillent au grin et emploient tous les moyens pour attirer le peuple dans leur hameçon. Pour leurs intérêts personnels, les hommes politiques déstabilisent leur pays et pire envoient souvent leurs citoyens à l’abattoir pour la défense de leurs versions ou leur vision tronquées de l’histoire qu’ils présentent au peuple comme réelles.

On est donc en droit de se demander si le principe de la majorité, pris comme critère de choix en démocratie, est encore valable. Puisqu’il n’y de volonté qu’un choix librement consenti. Or, nous savons déjà que dans les démocraties africaines, la propagande à outrance dévie le peuple de sa trajectoire.  

Le peuple est généralement victime de son ignorance. Dans leur « volonté de puissance », les politiques dans les démocraties africaines se plaisent à maintenir leur peuple dans cet état d’abrutissement en vue de mieux l’exploiter. N’eût été l’intervention des classes révolutionnaires, les prolétaires n’auraient jamais su qu’ils étaient exploités par les bourgeois. Ils se plaisaient d’ailleurs dans leur misère. 

Le mensonge érigé en règle 

Faut-il pour autant en vouloir aux hommes politiques, notamment aux éternels dénonciateurs ? Dans nos démocraties, difficile de trouver un roc solide pour s’arrêter sans craindre de glisser ou de tomber. Le mensonge est devenu un principe de gouvernance et une clé de réussite. La confiance étant brisée, même les bonnes intentions sont autrement interprétées. Preuve que le réel a disparu dans les démocraties africaines, sous leur forme actuelle. 

Les révisons constitutionnelles sont généralement justifiées par la nécessité de perfectionnement à travers la correction de certaines erreurs contenues dans lesconstitutions en vigueur. Des erreurs émanant de la majorité qui avait voté en faveur de cette loi fondamentale soumise à son tour à référendum. Rien ne rassure que la nouvelle constitution ne sera pas, elle aussi, rapidement révisée pour les mêmes motifs de volonté de perfectionnement. Oui, les hommes au pouvoir font également recours parfois à la propagande pour s’imposer ou imposer leur vision. 

La volonté de perfectionnement

Le projet caché derrière ces révisions constitutionnelles est généralement le maintien au pouvoir de l’initiateur du projet, qui a pour caisse de résonnance, la volonté du peuple. C’est pourquoi il est important de noter que la majorité, dans les démocraties, représente l’ensemble des citoyens pris dans les mailles de la démagogie des politiciens véreux, à la langue d’Ésope. Dès lors, doit-on encore se fier à cette majorité prise pour repère de choix ? Car la majorité peut toujours se tromper, disait Karl Popper. 

En mars 2020, la Côte d’Ivoire a adopté une nouvelle constitution. Une loi fondamentale qui a ouvert la voie au 3e mandat pour le président Alassane Ouattara. La volonté de perfectionnement a donc porté au pouvoir pour la 3e fois consécutive le président sortant. Le scénario que l’on voit généralement dans nos démocraties. Le 1er juillet dernier, au Burkina Faso, les citoyens ont manifesté pour demander la rédaction d’une nouvelle constitution pour leur pays. Parmi ces manifestants, nombreux pourraient n’avoir jamais lu la constitution en vigueur. Alors, comment justifier cette réclamation. 

La version du prince, la réalité 

Tous les problèmes, les dysfonctionnements dans nos démocraties sont attribués à des failles que contiendrait la constitution. On n’oublie ou fait semblant d’oublier que le bon fonctionnement des institutions ainsi que leur stabilité incombent plutôt aux hommes. 

Le peuple, cette masse ignorante dans la gestion des affaires publiques, se croit libre en empruntant telle ou telle voie ou en prenant telle ou telle décision. Alors qu’en réalité, leur idéologie est façonnée par le pouvoir en place qui les maintient dans un carcan de telle sorte qu’ils deviennent incapables d’utiliser leur esprit critique. La réalité ou la vérité en démocratie se limite à la version du prince du jour ou des hommes en quête de pouvoir ou de légitimité. 

L’on rejoint du coup la conception platonicienne du réel qui souligne que le réel n’est présent que dans le monde intelligible tandis que dans le monde ici-bas nous n’avons que des copies imparfaites de la réalité. Ce qui expliquerait pourquoi toutes les œuvres visant à instaurer une instabilité politique et propulser le développement de la nation se heurtent à des résistances à travers lesquelles l’on découvre les faiblesses de nos systèmes. 

Oumarou  

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