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CICR
Actu

Guerre et soins : le CICR forme les professionnels de santé maliens aux réalités du terrain

by Sahel Tribune 18 septembre 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Du 11 au 13 septembre 2024, un séminaire sur la chirurgie de guerre a réuni des professionnels de santé maliens et le CICR au CHU de Kati. Cette formation vise à améliorer la prise en charge des victimes de conflits armés au Mali, tant sur le plan physique que psychologique.

Du 11 au 13 septembre 2024, le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Kati a accueilli un séminaire de formation dédié à la chirurgie de guerre, organisé par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Cet événement a réuni des professionnels de santé du CICR, du CHU de Kati et de la Polyclinique des Armées, avec pour objectif commun l’amélioration de la prise en charge des victimes des conflits armés au Mali. Depuis plus d’une décennie, le pays est confronté à des affrontements persistants dans le nord, rendant cruciale la formation des praticiens pour répondre aux besoins croissants de soins liés aux blessures de guerre.

Renforcement des compétences médicales dans un contexte difficile

Le séminaire a mis l’accent sur la gestion des plaies balistiques, la stabilisation des blessés de guerre et leur traitement définitif, des enjeux majeurs dans un pays où les ressources médicales sont limitées. La formation a pour but d’améliorer les compétences des professionnels maliens face à des blessures de plus en plus complexes et graves, dues à la nature des conflits armés. « Il est crucial de mettre à jour régulièrement les compétences médicales afin de s’adapter aux réalités du terrain », a insisté le professeur Layes Touré, directeur général du CHU de Kati, tout en soulignant l’évolution des blessures observées, tant en gravité qu’en nature.

MUFUTA Gabriel, coordinateur santé du CICR au Mali, a souligné l’importance d’une approche multidisciplinaire dans la prise en charge des victimes de guerre, insistant sur la nécessité d’inclure non seulement des soins chirurgicaux, mais aussi un soutien psychologique. « La chirurgie de guerre ne se limite pas à l’acte médical, elle comprend aussi un accompagnement psychologique essentiel à la réinsertion des blessés », a-t-il déclaré. Le CICR a déjà étendu son action à d’autres régions du Mali, telles que Mopti, Gao et Kidal, dans le cadre d’une stratégie nationale visant à renforcer les capacités médicales à travers tout le pays.

Résilience et réhabilitation : des enjeux clés

Un autre aspect essentiel du séminaire a été la réhabilitation à long terme des blessés, notamment avec l’usage de prothèses pour les amputés et le traitement des séquelles psychologiques. « Le soutien psychosocial joue un rôle fondamental dans la réinsertion des victimes de conflits », a ajouté MUFUTA, en rappelant que le traumatisme psychologique est souvent négligé, mais crucial dans le processus de guérison.

Ce séminaire de chirurgie de guerre illustre la coopération renforcée entre le CICR et les institutions médicales maliennes. À travers ces formations, les professionnels de santé sont mieux équipés pour faire face aux réalités locales et aux défis posés par les conflits prolongés. Ce partenariat marque une étape importante dans l’amélioration des soins aux victimes de guerre et dans le renforcement de la résilience des populations touchées. Face à un contexte de violence persistante, cette collaboration offre une lueur d’espoir pour un avenir où les soins seront non seulement plus efficaces, mais aussi plus humains.

Cheickna Coulibaly

18 septembre 2024 0 comments
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Attaque terroriste à Bamako
A la UneSécurité

Terrorisme à Bamako : une attaque qui renforce la lutte pour la souveraineté

by Sahel Tribune 18 septembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le 17 septembre 2024, Bamako a été frappée par une attaque terroriste revendiquée par le Jnim, ciblant l’école de gendarmerie et l’aéroport. Malgré les pertes, l’armée malienne et les autorités de la transition réaffirment leur détermination à poursuivre la lutte contre le terrorisme.

Le mardi 17 septembre 2024 restera gravé dans les mémoires des Maliens comme une journée sombre, marquée par une attaque terroriste sans précédent à Bamako. Le Jnim, affilié à al-Qaïda, a frappé en plein cœur de la capitale malienne, ciblant des sites symboliques tels que l’école de gendarmerie à Faladié et la base militaire de l’aéroport Modibo-Keïta. Une attaque violente, lourde de pertes humaines, qui a mis le pays face à l’une de ses plus grandes tragédies depuis le coup d’État de 2020.

Une attaque qui ne doit pas éclipser les victoires remportées 

Alors que les terroristes célébraient leur « victoire », revendiquant fièrement des destructions et des pertes massives, on ne peut s’empêcher de remarquer l’ironie tragique du timing. Ce 17 septembre devait être un jour de justice, marquant l’ouverture du procès de l’achat controversé de l’avion présidentiel, l’un des symboles de la lutte contre la corruption promise par le régime de transition dirigé par le colonel Assimi Goïta. Un signe fort que l’État malien, malgré les difficultés, avait à cœur de restaurer l’intégrité et la transparence. Mais c’est finalement la violence qui s’est imposée, volant la vedette à cet acte de réforme.

Face à cette situation, il est tentant pour certains d’accuser l’armée et les autorités de la transition d’avoir failli à leur mission de protection. Mais en réalité, il est crucial de rappeler le contexte dans lequel le Mali se trouve. Depuis des années, les forces armées maliennes, malgré un soutien international souvent peu efficient, mènent une guerre acharnée contre des groupes terroristes aguerris, bien armés, et bénéficiant d’un réseau complexe dans le désert du Sahel. Si cette attaque de Bamako est une tragédie, elle est aussi un rappel brutal que le chemin vers la stabilisation du Mali est semé d’embûches.

En dépit de cette attaque, il serait injuste de minimiser les efforts colossaux que l’armée malienne a déployés ces dernières années. Les autorités de la transition, en pleine réorganisation de l’État, ont réussi à faire preuve d’une détermination sans faille dans la lutte contre le terrorisme. La libération de Kidal, le 14 novembre 2023, une ville longtemps occupée par des groupes armés malgré la présence de forces étrangères, est un exemple flagrant de ce regain d’autorité et de souveraineté nationale. Oui, cette attaque a frappé un coup dur, mais elle ne doit en aucun cas éclipser les victoires remportées et les avancées réalisées.

Briser les chaînes de la dépendance extérieure

Le symbole est fort : l’attaque a touché l’aéroport, une infrastructure vitale, et l’école de gendarmerie, un symbole de l’ordre républicain. Mais cela ne doit pas signifier la fin de la détermination malienne. Au contraire, il s’agit d’un appel à la résilience. L’armée malienne, au-delà des pertes humaines et matérielles, reste debout. Les terroristes, eux, ne peuvent gagner qu’une chose : l’abandon, la résignation. Et cette résignation, ni les autorités, ni l’armée, ni le peuple malien ne l’acceptent.

L’alliance stratégique avec des pays comme la Russie, la Turquie ou encore la Chine peut susciter des débats et des controverses, mais une chose est certaine : le Mali a pris en main sa propre sécurité. Ce choix de souveraineté, incarné par les autorités maliennes de la transition, n’est pas parfait, mais il est assumé. Les Maliens savent aujourd’hui qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, sur leur armée, et sur les autorités qui, malgré la pression et la menace constante, tentent de bâtir un avenir différent, libéré des chaînes de la dépendance extérieure.

Le Mali, frappé au cœur, ne pliera pas. Ces terroristes, qui pensent avoir envoyé un message fort en s’attaquant à Bamako, n’ont fait que renforcer la conviction des Maliens et de leur armée : le combat continue, plus urgent, plus nécessaire. C’est dans la douleur que se forge la résilience, et c’est dans l’unité face à l’adversité que les peuples trouvent leur force. 

L’armée malienne et les autorités de la transition ont du travail à faire, et nul ne peut dire que le chemin sera facile. Mais ce mardi noir, loin d’annoncer une défaite, doit servir de rappel : la lutte pour la souveraineté et la paix est loin d’être terminée. Et le Mali, debout, continuera à la mener avec honneur et courage.

Oumarou Fomba

18 septembre 2024 0 comments
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Image historique du sommet de la CEDEAO le 10 décembre 2023, réunissant les chefs d'État pour discuter de la situation critique au Niger.
A la UneAnalyses

Manœuvres subtiles de la Cédéao pour contrecarrer le départ du Mali, du Niger et du Burkina

by Sahel Tribune 17 septembre 2024
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Cédéao, qui devra prendre effet en janvier 2025, selon les textes de l’institution, pourrait être entravé par des manœuvres subtiles de l’organisation sous-régionale. À l’approche de cette date fatidique, la Cédéao multiplie les tentatives pour préserver son influence et freiner cette émancipation.

Le départ annoncé du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Cédéao, prévu pour prendre effet en janvier 2025, a ouvert une nouvelle phase de tensions dans la sous-région. Si ce retrait symbolise pour ces trois pays une émancipation face à une organisation qu’ils jugent inféodée à des intérêts étrangers, les obstacles à cette séparation sont loin d’être simplement bureaucratiques. En coulisses, la Cédéao, aidée par des sponsors étrangers, emploie déjà des moyens subtils et parfois maladroits pour empêcher cette rupture définitive.

La sortie annoncée : une menace pour l’ordre régional ?

L’annonce faite en janvier 2024 par le Mali, le Niger et le Burkina Faso de quitter la Cédéao est perçue par beaucoup comme un coup de tonnerre dans les relations sous-régionales. Les trois pays, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), depuis septembre 2023, ont décidé de se libérer d’une institution qu’ils accusent de servir les intérêts de puissances occidentales, et plus particulièrement la France ou encore les États-Unis. Cependant, si sur le papier cette décision semble claire, la réalité est bien plus complexe. Le retrait effectif n’interviendra qu’en janvier 2025, et d’ici là, la Cédéao pourrait déployer toute une panoplie de stratégies pour ralentir, voire contrecarrer cette sortie.

D’ores et déjà, l’on constate à une montée des tensions sociales dans chacun de ces trois États. Des voix dissidentes s’élèvent pour dénoncer le bilan de ces transitions, qu’elles jugent mitiger, la cherté de la vie, l’isolement de leur pays sur la scène géopolitique, la restriction de l’espace civique, la violation des droits de l’homme, ou encore des transitions qui s’éternisent sans résultat. Toutes ces critiques ou dénonciations ne sont que, une fois de plus, des tentatives d’instrumentalisation des populations en vue de déstabiliser les régimes en place. 

La Cédéao, en tant qu’actrice géopolitique majeure en Afrique de l’Ouest, ne souhaite point accepter sans résistance la perspective d’un départ qui affaiblirait sa légitimité et pourrait inciter d’autres pays à suivre le même chemin. Ainsi, à mesure que 2025 s’approche, elle use de tactiques subtiles, mais nuisibles, visant à fragiliser ces trois pays et à les dissuader de poursuivre leur projet d’émancipation.

Tactiques insidieuses : sanctions déguisées et tentatives de déstabilisation

Dans les mois à venir, il serait naïf de penser que la Cédéao va simplement attendre janvier 2025 pour acter le départ du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Les sanctions économiques imposées par le passé, bien qu’inefficaces à long terme, se transformeraient en restrictions financières plus ciblées et discrètes, affectant directement les secteurs vitaux de ces nations. Par ailleurs, des tentatives de déstabilisation politiques sont déjà en œuvre. Les gouvernements de transition devront donc surveiller de près les manœuvres diplomatiques et économiques que nous observons et qui pourraient créer des fractures internes au sein de leurs administrations et de leurs armées.

Le contexte de tensions géopolitiques actuelles fait émerger une série de pressions indirectes : l’intensification de la guerre de l’information, le financement de groupes d’opposition, ou encore l’infiltration de réseaux d’influence dans les cercles décisionnels de ces pays. La Cédéao, craignant de perdre son poids géopolitique, a recours à des méthodes plus subtiles pour semer le doute sur la capacité de ces États à se gérer seuls, tout en essayant de brouiller l’image d’une transition réussie.

L’Alliance des États du Sahel : un contrepoids en gestation sous pression

Face à ces manœuvres, la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), transformée en confédération en juillet 2024, est une tentative de réorganiser la coopération régionale en dehors du cadre de la Cédéao. Cependant, ce projet ambitieux est lui-même dans le viseur. La Cédéao multiplierait les tentatives pour affaiblir cette structure naissante, notamment en cherchant à influencer les partenaires internationaux des trois pays. Des efforts sont faits pour isoler diplomatiquement l’AES et décourager d’autres États de la région à les rejoindre.

D’un point de vue économique, des pressions sont exercées via des instruments financiers régionaux contrôlés ou influencés par la Cédéao. En bloquant ou en retardant l’accès à des fonds et à des marchés régionaux, l’organisation tente de fragiliser les économies des trois pays, créant un climat d’instabilité propice à la révision de leur décision.

2024 : une année charnière, entre pressions extérieures et défis internes

Si l’année 2024 marque la dernière ligne droite avant la rupture officielle, elle est également une période de vulnérabilité. Les pays du Sahel devront rester sur leurs gardes, car la Cédéao, ayant échoué à faire plier ces gouvernements par la force, pourrait redoubler d’ingéniosité pour les faire reculer. La fenêtre est étroite : des élections à organiser, une économie à stabiliser et une nouvelle coopération régionale à faire vivre, tout en contrant des tentatives de déstabilisation multiples.

Finalement, le retrait de la Cédéao est loin d’être un simple acte administratif. Il s’agit d’un processus complexe, où chaque geste compte, et où la Cédéao, même discrète, emploiera tous les moyens pour que ce départ n’aboutisse pas ou, du moins, soit perçu comme une décision erronée.

Oumarou Fomba

17 septembre 2024 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UnePolitique

L’Alliance des États du Sahel : un an de souveraineté et de victoires partagées

by Sahel Tribune 16 septembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

L’Alliance des États du Sahel (AES), formée il y a un an par le Mali, le Niger et le Burkina Faso, célèbre son premier anniversaire sous le signe de la souveraineté et de la solidarité. En une année, cette organisation a marqué des avancées notables, notamment la libération de Kidal et de plusieurs autres localités, jadis occupées par les groupes armés terroristes. Elle s’affirme comme une réponse aux défis sécuritaires et économiques auxquels ces pays sont confrontés.

Le 16 septembre 2024 marque le premier anniversaire de l’Alliance des États du Sahel (AES), cette jeune organisation née de la volonté du Mali, du Niger et du Burkina Faso de reprendre leur destin en main. Au-delà des mots, ce premier anniversaire symbolise une étape cruciale dans l’émancipation de trois nations qui ont trop longtemps été prises au piège des ingérences étrangères et des décisions prises sans elles, mais pour elles. En une année, l’AES a montré que la solidarité et la souveraineté ne sont pas des rêves inaccessibles, mais des objectifs concrets, atteignables à force de détermination et de coopération.

Le retrait de la Cédéao 

L’un des moments les plus marquants de cette jeune alliance est sans doute la libération de Kidal, au Mali, le 14 novembre 2023. Après plus de dix ans d’occupation terroriste, et malgré la présence de nombreuses forces étrangères sur le terrain, c’est finalement la coordination entre les membres de l’AES qui a permis de reprendre cette ville stratégique. Cette victoire éclatante est la preuve que ces trois pays, souvent sous-estimés sur la scène internationale, sont capables de résoudre eux-mêmes les crises qui les affectent depuis trop longtemps. Alors que les anciennes puissances de tutelle semblaient piétiner, l’AES a démontré qu’une approche locale et unifiée était la clé de la stabilité et de la paix dans la région.

Et la souveraineté, dans toute sa splendeur, ne se limite pas seulement à des victoires militaires. L’AES a également pris une décision salvatrice en janvier 2024 : quitter la Cédéao. Cette organisation, autrefois perçue comme un moteur d’intégration régionale, s’est transformée en un outil d’ingérence pour certains. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont ainsi tracé leur propre chemin, décidant de créer en juillet 2024 la Confédération des États du Sahel. Cette confédération est bien plus qu’un simple regroupement diplomatique ; elle est l’incarnation même de leur volonté de prendre en main leur sécurité, leur économie et leur avenir.

Une nouvelle page de l’histoire du sahel 

La sécurisation de la zone des trois frontières est devenue l’une des priorités absolues de l’AES. Depuis sa création, l’alliance s’est dotée d’un outil précieux : le partage des renseignements. Parce que la lutte contre le terrorisme ne se limite pas aux fusils, mais repose aussi et surtout sur l’information, les trois pays se sont engagés à échanger continuellement des données stratégiques. Résultat ? Des opérations coordonnées qui ne laissent plus de répit aux groupes armés. Cette coopération est renforcée par l’échange d’équipements de combat, comme l’a récemment expliqué le président malien de la Transition lors du sommet Chine-Afrique, dans la communauté malienne en République populaire de Chine.

Ces efforts conjoints sont la démonstration que, loin des préjugés, ces trois nations ne sont pas des terrains à conquérir, mais des acteurs majeurs de leur propre sécurité. L’AES, à travers ses actions, prouve que l’union fait la force. Qui aurait pu imaginer, il y a un an à peine, que le Mali, le Niger et le Burkina Faso parviendraient à autant de victoires en si peu de temps ? L’AES ne s’arrête pas là. Il ne s’agit pas seulement de protéger leurs frontières, mais aussi de construire des économies autonomes, capables de résister aux chocs extérieurs. En quittant la Cédéao, ces pays ne se sont pas isolés, bien au contraire. Ils ont ouvert une nouvelle page de leur histoire, une histoire où les décisions sont prises à Niamey, Bamako et Ouagadougou, et non ailleurs.

Construire une Afrique qui compte sur elle-même

En une année, l’AES a montré que la souveraineté, la vraie, ne se décrète pas, mais se construit pas à pas victoire après victoire. Et si l’Alliance fête aujourd’hui son premier anniversaire sous le signe de la solidarité et de la souveraineté, c’est aussi grâce à cette volonté farouche de ne plus dépendre des autres pour régler ses propres problèmes. Plus que jamais, l’AES incarne l’espoir d’un Sahel maître de son destin, qui se dresse face aux menaces et montre au monde entier que la coopération locale est la clé de la réussite.

Le chemin est encore long, mais en un an, l’AES a prouvé que l’avenir du Sahel se trouve dans l’unité de ses peuples et dans la détermination de ses leaders à ne plus laisser leur destin entre les mains de puissances extérieures. À l’aube de cette deuxième année, l’Alliance des États du Sahel est plus que jamais la réponse à une question que le monde entier se pose : comment construire une Afrique qui compte sur elle-même, pour elle-même ?

Correspondance particulière 

16 septembre 2024 0 comments
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Bocar Harouna Diallo jeune chercheur en geographie rurale a lUniversite Cheikh Anta Diop
A la UneAnalyses

[ Tribune ] Transparence ou autoritarisme ? Analyse du discours de Bassirou Faye

by Sahel Tribune 13 septembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans cet article, Bocar Harouna Diallo analyse le discours du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le 12 septembre dernier à la télévision nationale sénégalaise ainsi que sur les pages de la présidence de la république. Un discours à la nation qui marque un tournant dans la politique sénégalaise. Entre promesses de transparence et tensions démocratiques, le discours soulève autant d’espoir que d’inquiétudes. Voici une analyse des principaux points soulevés dans ce discours.

Le discours prononcé par Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République du Sénégal, s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par une volonté de rupture et de transformation. Si son intervention met en lumière des aspirations légitimes de changement, elle suscite également des interrogations quant à la stabilité des institutions démocratiques et à la nature des réformes proposées. 

Gestion des finances publiques : transparence ou délégitimation ?

Dès l’entame de son discours, le Président Faye qualifie l’élection qui l’a porté au pouvoir de « historique », soulignant ainsi l’importance du choix du peuple et la dynamique de changement qui l’accompagne. En insistant sur cette rupture avec le passé, il légitime son mandat comme une volonté populaire de transformer le système. Cette affirmation ancre son discours dans une dimension de légitimité démocratique, posant le cadre de ses actions futures.

L’un des points forts du discours du Président Faye est sa référence à un audit qui aurait révélé des « dérapages » dans la gestion des finances publiques sous l’ancienne administration. Si cette démarche témoigne d’une volonté de transparence, elle peut également être perçue comme une tentative de délégitimer la majorité sortante. En pointant du doigt les erreurs passées, le président cherche à justifier son action et à poser les bases d’une gouvernance plus responsable. Toutefois, l’absence de détails sur des mesures concrètes à prendre pour résoudre ces problèmes financiers soulève des doutes sur sa capacité à proposer des solutions efficaces.

Dissolution de l’Assemblée : un acte de souveraineté populaire ou un risque pour la démocratie ?

Le Président Faye a vivement critiqué la majorité parlementaire, qu’il accuse d’obstruction et de refus de collaboration. Cette situation, selon lui, nuirait à l’image du Sénégal sur la scène internationale. En citant des violations de la loi par cette majorité, il justifie la dissolution de l’Assemblée nationale, présentée comme un acte nécessaire pour rétablir l’ordre juridique et répondre aux aspirations du peuple. Ce passage du discours renforce l’image d’un président déterminé à défendre l’État de droit, mais peut également être interprété comme une manœuvre autoritaire visant à affaiblir les contre-pouvoirs.

La convocation de nouvelles élections législatives, interprétée par certains comme un moyen de rendre le pouvoir au peuple, peut aussi être vue comme un défi lancé à l’opposition et aux institutions établies. Ce choix, bien que constitutionnel, risque d’affaiblir la séparation des pouvoirs et d’entraîner une déstabilisation politique. Certains observateurs craignent que la dissolution de l’Assemblée nationale ne conduise à une incertitude politique à un moment où la cohésion nationale est cruciale pour la stabilité du pays.

Légitimité populaire et réaffirmation des valeurs démocratiques

Malgré la volonté affichée de transformer le système, le discours du Président Faye reste vague quant aux solutions concrètes pour faire face aux défis économiques et sociaux actuels. Cette absence de clarté peut donner l’impression d’un discours davantage orienté vers une manœuvre politique que vers une véritable réforme pragmatique.

Dans son discours, le Président Faye réaffirme son attachement aux valeurs démocratiques, rappelant les sacrifices consentis pour obtenir la liberté et l’indépendance. En appelant le peuple à se réapproprier ses droits par le biais de nouvelles élections, il tente de renforcer le principe démocratique de la souveraineté populaire. Cet engagement en faveur de la transparence, notamment à travers l’annonce d’un audit des finances publiques, constitue un pas vers la réconciliation avec les citoyens et les partenaires internationaux.

Un leadership fort, mais des tensions politiques accrues

Le Président Faye, en se positionnant comme le défenseur de la loi et de l’ordre, cherche à incarner une image de leader fort capable de mener les réformes nécessaires. Cependant, l’absence de dialogue avec l’opposition et l’accusation d’obstruction à l’encontre de la majorité parlementaire pourraient accroître les tensions politiques. Un discours unificateur, qui encouragerait la collaboration plutôt que la confrontation, serait souhaitable pour maintenir la stabilité du pays.

Le discours du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye reflète sa volonté d’apporter des changements significatifs et de répondre aux attentes des citoyens. En insistant sur la légitimité populaire et en prônant la transparence, il tente de renforcer sa position et de projeter une image de réformateur. Toutefois, les risques d’autoritarisme liés à la dissolution de l’Assemblée nationale et l’absence de propositions concrètes sur les défis actuels soulèvent des questions sur l’avenir de la démocratie sénégalaise. Dans ce contexte, une approche plus inclusive, visant à instaurer un dialogue constructif avec l’opposition, serait cruciale pour garantir la stabilité politique et l’unité nationale.

Bocar Harouna Diallo, Géographe 

boxdiallo@hotmail.fr

13 septembre 2024 0 comments
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Xi Jinping
A la UneBillet d'humeur

[ Tribune ] Quand la Chine charme l’Afrique… mais à quel prix ?

by Sahel Tribune 4 septembre 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Forum de la coopération Chine-Afrique réunit à Pékin une vingtaine de dirigeants africains sous le regard bienveillant de Xi Jinping. Derrière les sourires et les promesses d’investissements, la dépendance économique de l’Afrique envers la Chine suscite des questions.

Il y a quelque chose de fascinant  dans ces grands sommets internationaux. Pékin est à nouveau sous le feu des projecteurs, accueillant avec tout l’apparat possible une vingtaine de dirigeants africains pour le Forum de la coopération Chine-Afrique. Ce mercredi soir, 4 septembre 2024, s’ouvre en grande pompe ce qui est présenté comme le plus important sommet diplomatique dans le pays depuis des années. Photo de famille, dîner de bienvenue, discours enflammés… Le président chinois Xi Jinping met les petits plats dans les grands. Mais au-delà des sourires et des accolades, il est difficile de ne pas voir dans cet événement un jeu d’influence bien rôdé.

La Chine, deuxième économie mondiale et désormais le premier partenaire commercial du continent africain, n’a jamais caché son ambition de s’imposer comme l’acteur incontournable du développement africain. Routes, ponts, infrastructures, prêts généreux : Pékin s’active depuis des années à façonner l’avenir économique de l’Afrique. Certains y voient une aubaine, une opportunité inespérée de rattraper un retard criant en matière de développement. Et il est vrai que les chiffres impressionnent : des milliards d’investissements, des projets colossaux, des villes métamorphosées.

Mais, car il y a toujours un « mais », cette belle histoire de coopération a aussi un arrière-goût amer pour beaucoup. L’Afrique, véritable terrain de jeu économique pour les grandes puissances, semble parfois prise dans une relation un peu trop déséquilibrée avec l’Empire du Milieu. Les prêts chinois, généreusement accordés à des conditions alléchantes, finissent par devenir un fardeau pour nombre de pays africains, pris dans la spirale de la dette. Combien de fois a-t-on entendu parler de projets faramineux financés par la Chine qui, quelques années plus tard, s’avèrent peu viables, laissant derrière eux des dettes impossibles à rembourser ?

Construire sans perdre son indépendance en chemin

Et que dire des contreparties politiques ? Si la Chine se garde bien d’intervenir directement dans les affaires internes de ses partenaires africains, le poids de son influence est indéniable. Chaque nouveau projet, chaque nouvelle infrastructure, s’accompagne discrètement d’une dépendance croissante vis-à-vis de Pékin. Certains observateurs parlent même d’un « néo-colonialisme économique », un terme fort, certes, mais qui soulève des questions légitimes.

En attendant, sur la scène diplomatique, le spectacle continue. Xi Jinping, maître de cérémonie, prononcera sans doute un discours empreint de promesses et de bonnes intentions, soulignant l’importance d’une coopération « gagnant-gagnant ». Mais cette relation est-elle réellement équilibrée ? L’Afrique, en quête désespérée de développement et d’infrastructures modernes, semble parfois trop vite séduite par les sirènes chinoises. Derrière les accords et les contrats se cache une réalité plus complexe, celle d’une dépendance qui pourrait bien coûter cher à long terme.

Alors, que restera-t-il de cette grande photo de famille prise à Pékin ? Pour l’instant, les sourires sont là, les poignées de main aussi. Mais il faudra bien plus qu’un grand dîner et des discours pour répondre aux vrais défis du partenariat sino-africain. L’Afrique a besoin d’infrastructures, c’est indéniable. Mais elle a surtout besoin de les construire sans perdre son indépendance en chemin.

Oumarou Fomba

4 septembre 2024 0 comments
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Amadou Ba, Juriste en droit public, à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar (UCAD) parle des problèmes de la démocratie sénégalaise.
Analyses

[ Tribune] L’Assemblée nationale au Sénégal : une 14e législature sous tension

by Sahel Tribune 4 septembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La 14e législature de l’Assemblée nationale du Sénégal se déroule dans un climat tendu et instable. Entre blocages institutionnels et affrontements politiques, le fonctionnement normal des institutions républicaines est menacé.

Dans une démocratie, l’alternance symbolise souvent un nouveau souffle dans la gestion de la République. Sous ce prisme, un changement politique émerge au sein de la population, détentrice de la volonté populaire, conformément au choix électoral légalement acté. Dans cette perspective, le 24 mars 2024, le Sénégal a opté pour une nouvelle reconfiguration politique avec l’arrivée au pouvoir du parti PASTEF-Les Patriotes. Le projet de ce parti traduit une transformation systémique de tous les aspects de l’appareil d’État. Pour une bonne répartition des rôles, la séparation des pouvoirs apparaît comme un pilier fondamental du bon fonctionnement de l’État de droit. Ce rôle est incarné par trois pouvoirs : l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Cohabitation et de co-construction

Parmi ces organes, l’Assemblée nationale joue un rôle important dans l’équilibre des pouvoirs. Au Sénégal, conformément à l’article 6 de la Constitution, l’Assemblée nationale fait partie des institutions de la République, au même titre que le Président de la République, le Gouvernement, le Haut Conseil des collectivités territoriales, le Conseil économique, social et environnemental et les Cours et Tribunaux. Son rôle est triple : voter la loi, contrôler l’action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques (voir article 59 de la Constitution modifiée). Dans le cadre de ces prérogatives constitutionnelles, les députés contribuent à l’amélioration de la vie publique par le biais des propositions de loi, de l’information parlementaire, des enquêtes menées par ses différentes commissions et de la représentation du peuple dans sa diversité.

Toutefois, la 14e législature s’est déroulée dans un climat peu propice aux dynamiques de cohabitation et de co-construction dans le fonctionnement régulier des institutions. En effet, de nombreux facteurs de blocage ont été relevés, tels que le vote de la loi reportant l’élection présidentielle au 15 décembre 2024, le rejet du Débat d’Orientation Budgétaire, le rejet de la loi constitutionnelle n°11/2024 portant suppression du HCCT et du CESE par la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, avant d’être désapprouvée en assemblée par la majorité parlementaire (83 voix contre le rejet de la loi contre 80 pour son adoption).

Ce binôme improbable de l’Opposition et du Pouvoir dans l’hémicycle continue d’accoucher de scénarios spectaculaires sous la tutelle forcée du peuple sénégalais. En effet, progressivement, dans un souci de rationalisation des dépenses publiques et de renforcement de son appareil politique, le nouveau régime cherche à maintenir son statut électoral obtenu depuis l’élection présidentielle de mars 2024. Cette nouvelle configuration parlementaire fausse malheureusement le jeu et pourrait avoir des répercussions sur le prochain budget 2025, voire sur le calendrier républicain, en raison des durs affrontements qui ont eu lieu depuis l’installation de la 14e législature. Celle-ci, installée sous haute tension, refuse d’assumer ses fonctions législatives avec responsabilité et maturité.

Transformation systémique des institutions 

De la même manière, avec ce refus, ces deux institutions ne pourront être supprimées qu’en cas de modification de la Constitution, soit à l’initiative d’une révision constitutionnelle, soit par référendum. Dorénavant, la survie de cette 14e législature dépendra du Président de la République, en vertu du pouvoir de dissolution prévu à l’article 87 de la Constitution. Force est de constater que, même après la dissolution de cette assemblée, les menaces sur le bon fonctionnement du calendrier républicain persisteront. En outre, l’exercice du pouvoir législatif est défini dans les limites de temps et de compétence par l’Assemblée nationale (voir article 77 de la Constitution amendée).

Dans ce contexte, comment le nouveau régime peut-il résoudre l’instabilité au sein de l’hémicycle et répondre aux attentes du peuple qui souhaite cette alternance ? En ce qui concerne cette gymnastique institutionnelle, le gouvernement a l’obligation de veiller au bon fonctionnement des institutions, afin d’œuvrer à la transformation systémique des institutions pour une meilleure prise en compte des préoccupations de la population. Si nous voulons répondre aux attentes de nos citoyens, nous devons réformer nos institutions pour assurer le bon fonctionnement de l’appareil d’État. Quoi qu’il en soit, le bon fonctionnement de la démocratie passe par l’échange d’idées afin d’améliorer le débat public. Pour cela, nous devons être plus pragmatiques et rigoureux sur les questions économiques, sociales et environnementales, au détriment des questions politiques.

Amadou Ba, juriste.

4 septembre 2024 0 comments
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