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Peine de mort
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Le Burkina Faso face à la résurgence de la peine de mort — une politique de dissuasion ou un retour en arrière ?

by Sahel Tribune 10 novembre 2024
written by Sahel Tribune 6 minutes read

La réintroduction de la peine de mort au Burkina Faso, envisagée par les militaires au pouvoir, relance le débat entre sécurité nationale et respect des droits humains.

Depuis l’abolition de la peine de mort en 2018, le Burkina Faso avait rejoint le cercle des pays africains ayant renoncé à cette sentence ultime, symbolisant un pas vers une justice plus respectueuse des droits humains. Cependant, sous l’impulsion de la des autorités de la transition, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, la peine capitale pourrait bientôt faire son retour dans le Code pénal burkinabé. Vendredi 8 novembre, le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a en effet annoncé devant l’Assemblée législative de transition que des discussions étaient en cours pour réinstaurer cette sanction pour les crimes liés au terrorisme, à la trahison, et aux atteintes à la sûreté de l’État. Que signifie ce retour en arrière pour un pays en proie à de multiples tensions et comment interpréter cette volonté de dissuasion sévère ?

Une décision en réponse aux défis sécuritaires

Depuis des années, le Burkina Faso est confronté à une recrudescence d’attaques terroristes, de menaces internes et de troubles socio-politiques. Ces défis complexes placent la sécurité au cœur des priorités de la transition. La résurgence de la peine de mort est ainsi justifiée par l’exécutif burkinabé comme un moyen dissuasif face aux complices du terrorisme ou à ceux qui menacent la stabilité de l’État. En s’attaquant aux symboles les plus graves de la violence interne et de la trahison, le gouvernement espère renforcer son emprise et décourager les velléités de déstabilisation. La restauration de la peine de mort est donc présentée comme une réponse forte, au moment où le pays doit faire face à des forces qui minent son unité et son intégrité.

Cependant, il convient de s’interroger sur l’efficacité réelle d’une telle mesure dans la lutte contre le terrorisme et la trahison. La peine capitale peut certes apparaître comme un moyen radical de dissuasion, mais son impact dans un contexte de guerre asymétrique est plus difficile à évaluer. Les groupes terroristes et leurs complices agissent souvent en marge des lois nationales et ne sont pas facilement influencés par des peines qui s’appliquent avant tout aux citoyens sous l’autorité directe de l’État. D’autres mesures de renforcement sécuritaire ou de contrôle des frontières pourraient s’avérer plus utiles et constructives.

Un recul sur les droits humains et la justice

L’annonce de ce projet de loi marque un retour en arrière sur le plan des droits humains, à contre-courant des réformes entreprises sous le régime civil de Roch Marc Christian Kaboré, qui avait officiellement aboli la peine de mort en 2018. Ce choix s’inscrivait dans une volonté de modernisation et d’humanisation de la justice burkinabé, alignée sur les standards internationaux. Aujourd’hui, rétablir la peine capitale pourrait isoler le pays sur le plan diplomatique, d’autant que la communauté internationale, particulièrement les institutions de défense des droits humains, voient dans la peine de mort une violation des droits fondamentaux.

Le retour de la peine capitale soulève également des questions sur les principes d’équité et d’impartialité de la justice burkinabé. En réintégrant cette sanction extrême, l’État risque de créer un précédent dangereux qui pourrait mener à des abus, en particulier dans un contexte où les normes de transparence judiciaire peuvent être fragilisées sous un régime militaire. La justice burkinabé peut-elle garantir que la peine capitale sera appliquée avec toute la rigueur et l’objectivité requises ? L’histoire récente du Burkina Faso a montré, avec le cas de Norbert Zongo et d’autres, que des zones d’ombre persistent autour de certaines affaires politiques sensibles.

La peine de mort comme symbole de souveraineté

Ce projet de loi s’inscrit également dans une logique de souveraineté revendiquée par le capitaine Traoré et son Gouvernement, qui ont fait de la restauration de l’ordre et de la sécurité des éléments centraux de leur politique. Dans un pays où le respect des traditions et de la souveraineté est essentiel, les autorités au pouvoir se placent en héritière de valeurs où la peine capitale, bien que controversée, peut apparaître aux yeux d’une partie de la population comme un outil légitime pour défendre la « terre des Hommes intègres ».

Ce retour symbolique de la peine de mort pourrait aussi être interprété comme un signal politique destiné à affirmer l’autorité de l’État face aux groupes armés et aux puissances étrangères. En ciblant des infractions comme la « trahison » ou la « collaboration avec des puissances étrangères », le Burkina Faso semble adresser un message fort à ses adversaires, tout en réaffirmant une indépendance face aux influences extérieures.

Vers un débat citoyen et politique sur l’avenir de la justice burkinabé ?

Face à cette potentielle réintégration de la peine de mort, un débat semble nécessaire au sein de la société burkinabé pour évaluer les valeurs que l’on souhaite voir incarnées par la justice nationale. La réintroduction de cette sentence divise et appelle à une réflexion approfondie : quelles alternatives dissuasives et sécuritaires pourraient être envisagées pour protéger le pays sans sacrifier les droits fondamentaux ? La question de la peine de mort ne devrait pas être abordée uniquement sous le prisme sécuritaire, mais aussi à travers les principes de dignité et de respect pour la vie humaine, qui font partie de l’identité et des valeurs universelles.

Alors que le Burkina Faso traverse des périodes de turbulence, cette décision peut donner lieu à une prise de conscience collective sur la justice que souhaite construire ce pays. En réintroduisant la peine de mort, le régime militaire choisit une voie radicale pour protéger l’État, mais il s’éloigne également d’un progrès juridique qui avait été salué à l’échelle internationale. 

Entre sécurité et humanité : le défi de la justice au Burkina Faso

À l’heure où les autorités de la transition de Ouagadougou avancent vers des réformes rigoureuses pour protéger l’État, elle semble se heurter au dilemme entre sécurité et droits humains. La peine de mort, perçue comme une solution rapide aux menaces intérieures, n’est qu’une réponse partielle aux défis profonds que traverse le Burkina Faso. Ce projet suscite donc des interrogations légitimes et révèle un besoin urgent de réconcilier la sécurité nationale avec le respect des principes humanitaires.

L’avenir du Burkina Faso se jouera sans doute dans l’équilibre entre une justice ferme et une justice juste. La restauration de la peine de mort peut être perçue comme un moyen de garantir la stabilité à court terme, mais la vraie question demeure : quelle place les autorités burkinabé veulent-elles donner aux droits humains dans leur vision de l’avenir ? Le retour de la peine capitale n’est pas seulement une question de politique sécuritaire, mais un test pour l’identité même du pays, pour ses valeurs, et pour le respect de la vie humaine dans la justice des Hommes intègres.

Oumarou Fomba 

10 novembre 2024 0 comments
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Manifestation anti-française
A la UneAnalyses

Au-delà du ressentiment : ce que l’Afrique demande vraiment à la France

by Sahel Tribune 10 novembre 2024
written by Sahel Tribune 6 minutes read

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Mali : quelles sont les véritables raisons derrière l’arrestation des dirigeants de Resolute Mining à Bamako ?

by Sahel Tribune 9 novembre 2024
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Choguel Kokalla Maiga
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Choguel Maïga rompt le silence : stratégie de clarification ou ambition électorale ?

by Sahel Tribune 9 novembre 2024
written by Sahel Tribune 6 minutes read

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Donald Trump
AnalysesExclusif

Trump, les militaires et l’Afrique : vers une diplomatie de non-ingérence ?

by Sahel Tribune 8 novembre 2024
written by Sahel Tribune 6 minutes read

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8 novembre 2024 0 comments
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François Hollande
A la UnePolitique

François Hollande, le président-podcasteur, et ce que son initiative pourrait inspirer aux leaders africains

by Sahel Tribune 8 novembre 2024
written by Sahel Tribune 7 minutes read

En lançant son podcast « Un président devrait écouter ça », François Hollande propose un modèle d’engagement post-présidentiel qui pourrait inspirer les leaders africains à influencer de manière humble, pédagogique et innovante. Décryptage.

Le lancement du podcast « Un président devrait écouter ça » par François Hollande pourrait sembler anecdotique à première vue. Pourtant, pour les observateurs du monde politique, et en particulier pour les leaders africains, cette initiative porte un message bien plus profond sur la manière dont un ancien président peut s’engager dans le débat public sans recourir aux méthodes politiques conventionnelles. Dans un contexte africain où la relation entre les anciens chefs d’État et leurs successeurs est souvent complexe, la démarche de Hollande peut servir de modèle inspirant, démontrant qu’un ex-leader peut trouver une nouvelle voix pour influencer, questionner et enrichir le débat, sans chercher à s’imposer. 

Un modèle d’engagement non partisan

Pour les leaders africains, le choix de Hollande de lancer un podcast centré sur le décryptage des enjeux mondiaux et sur la pédagogie représente un exemple d’engagement post-présidentiel qui privilégie le dialogue et la réflexion plutôt que la confrontation. En choisissant de créer une plateforme qui ne vise ni la confrontation politique ni l’autopromotion, Hollande se positionne comme une figure de médiateur et de passeur d’idées. Cela peut servir de modèle aux anciens chefs d’État africains, qui, parfois, peinent à rester neutres ou à trouver leur place après leur mandat.

Dans de nombreux pays africains, les anciens présidents restent influents et, dans certains cas, continuent de peser politiquement, parfois de manière clivante. L’attitude de Hollande, qui se concentre sur l’information et l’accessibilité des savoirs, propose une voie alternative : celle de l’influence intellectuelle, où l’ancien président ne cherche pas à jouer un rôle concurrentiel mais à contribuer activement à la société en tant qu’animateur de débats et de réflexion. 

Promouvoir une vision pédagogique et accessible de la politique

Le podcast de Hollande souligne également une vision de la politique et du leadership qui s’inscrit dans la continuité de la pédagogie, un aspect qui manque souvent dans la communication politique sur le continent africain. Hollande explique que son intention est « de rendre accessibles au plus grand nombre des personnalités à qui lui a accès ». Ce désir de partage de connaissances et d’accessibilité pourrait inspirer les leaders africains à adopter des formes de communication similaires pour permettre aux citoyens de mieux comprendre les enjeux complexes qui traversent leur société.

Dans un monde en mutation rapide, où les enjeux globaux comme la sécurité, l’économie numérique et le changement climatique affectent directement les sociétés africaines, la capacité des dirigeants à vulgariser ces sujets et à en faire des sujets de dialogue est essentielle. Pour les leaders africains en place comme pour ceux en transition, le modèle de Hollande pourrait représenter une nouvelle manière de concevoir la transmission du savoir et de sensibiliser les jeunes générations aux grandes questions qui affectent leurs pays.

Une leçon d’humilité et de responsabilité post-mandat

François Hollande insiste sur sa démarche d’humilité, en expliquant qu’il cherche « à comprendre » aux côtés de son audience. Cette attitude contraste avec l’image souvent autoritaire ou distante associée aux dirigeants, en Afrique comme ailleurs. En s’adressant à ses auditeurs comme un citoyen curieux, Hollande rompt avec l’image du chef tout-puissant. Cette approche, respectueuse et accessible, peut encourager une nouvelle génération de leaders africains à adopter une posture d’écoute et de service, plutôt que d’autorité, même après avoir quitté le pouvoir.

Cette forme de leadership post-mandat prône un modèle de continuité dans l’implication publique, mais d’une manière non invasive. Il montre qu’un ancien président peut continuer de contribuer sans interférer. Pour les leaders africains, souvent confrontés à la tentation de se maintenir dans le paysage politique par des moyens officiels, voire autoritaires, le cas de Hollande représente une invitation à réinventer leur influence en misant sur une approche humble et pédagogique.

La quête d’une connexion avec la jeunesse africaine

Les jeunes générations, qui forment la majorité de la population africaine, consomment principalement de l’information via les médias numériques et se montrent souvent réfractaires aux discours politiques classiques. En lançant un podcast, Hollande s’adresse justement à cette audience en quête d’authenticité et de proximité. Ce choix pourrait inspirer les leaders africains à adopter des formats similaires pour toucher les jeunes et les sensibiliser aux grands enjeux nationaux et internationaux.

Les podcasts, les plateformes de vidéos en ligne, et les réseaux sociaux sont aujourd’hui des outils de communication privilégiés pour les jeunes Africains. En investissant dans ces formats, les leaders peuvent combler le fossé entre leurs messages politiques et l’audience jeune, qui reste souvent déconnectée des débats traditionnels. En adoptant une stratégie similaire à celle de Hollande, les dirigeants pourraient créer des espaces de dialogue constructifs où la jeunesse africaine se sentirait écoutée et prise en compte dans la conversation politique.

Une influence sans visée électorale : l’exemple d’une démocratie apaisée

L’un des aspects les plus intéressants de l’initiative de François Hollande est qu’il réfute toute intention électorale, affirmant qu’il ne s’agit pas de « propagande pour 2027 ». Cette volonté de demeurer en dehors des visées électorales est un message important pour les leaders africains. Dans de nombreux pays du continent, la transition démocratique est un défi, et l’influence exercée par les anciens dirigeants peut compliquer la stabilité politique. En montrant qu’il est possible de rester influent et de contribuer à la société sans ambition électorale, Hollande pourrait inspirer ses homologues africains à envisager leur propre rôle post-mandat sous un angle de contribution sociale plutôt que politique.

Dans des pays où la compétition électorale peut être source de tensions et où le retour d’anciens dirigeants peut raviver les conflits, cette démarche d’Hollande illustre un modèle de « soft power » post-présidentiel. Les anciens chefs d’État pourraient se réinventer en figures de dialogue et de rassemblement, contribuant ainsi à une démocratie apaisée où l’influence ne passe pas nécessairement par le pouvoir électoral.

Une invitation à l’innovation politique et médiatique

Le lancement de ce podcast représente une adaptation aux nouvelles réalités médiatiques. Dans un monde où les anciens formats de communication s’effritent, il est de plus en plus crucial que les leaders politiques, y compris en Afrique, innovent pour rester pertinents. La démarche de Hollande peut encourager les dirigeants africains à explorer les nouvelles technologies et les formats émergents pour diffuser leurs idées et susciter l’intérêt des citoyens.

Cette modernisation de la communication pourrait également renforcer la transparence et l’inclusivité, deux éléments essentiels pour les démocraties africaines en plein essor. En adoptant de nouvelles plateformes comme le podcast, les leaders africains peuvent offrir à leur public une vision plus transparente et ouverte de leur action, tout en se rapprochant de leur audience de manière innovante et engageante.

Hollande, un modèle pour une influence réinventée

François Hollande, en lançant « Un président devrait écouter ça », ouvre une voie que les leaders africains pourraient trouver inspirante. Ce podcast n’est pas simplement un moyen de s’exprimer ; c’est un message sur l’évolution du rôle des anciens présidents et sur la manière dont ils peuvent continuer à contribuer positivement à la société. Dans le contexte africain, où la relation entre les ex-présidents et la sphère publique reste sensible, ce modèle d’engagement intellectuel, accessible et non partisan représente une leçon de leadership moderne.

Hollande nous montre qu’un ancien président peut être un acteur de dialogue, un éducateur, et un facilitateur, sans chercher à monopoliser la scène politique. Pour les leaders africains, cela pourrait signifier que la fin d’un mandat n’est pas la fin d’une contribution, mais le début d’une nouvelle forme d’influence, plus subtile et peut-être plus durable.

Oumarou Fomba 

8 novembre 2024 0 comments
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6ème rapport du GIEC sur le climat
Climat et environnement

Sénégal : l’urgence climatique menace l’économie et la population

by Fousseni TOGOLA 8 novembre 2024
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Un rapport de la Banque mondiale alerte sur les impacts climatiques menaçant l’économie et la population du Sénégal, appelant à une action urgente pour allier développement et résilience. Détails.

Alors que le Sénégal est confronté aux réalités croissantes du changement climatique, un nouveau rapport de la Banque mondiale, intitulé « Sénégal : Rapport sur le climat et le développement du pays », souligne la position précaire du pays entre les ambitions de croissance économique et les graves conséquences du changement environnemental. Alors que près de 3 millions de Sénégalais risquent de basculer dans la pauvreté d’ici 2050 en raison des effets du changement climatique, le rapport appelle à une approche intégrée pour renforcer la résilience climatique et favoriser une croissance durable.

Les vulnérabilités climatiques menacent les acquis du développement

Le Sénégal, connu pour sa croissance économique rapide ces dernières années, est aujourd’hui confronté à des prévisions désastreuses. « Avec des températures élevées, une pluviométrie réduite et une érosion menaçant 75 % de son littoral, la population et les biens du pays sont en péril », prévient le rapport. Déjà, 55 % des ménages sont proches du seuil de pauvreté, et les chocs climatiques récurrents aggravent cette vulnérabilité. Si rien n’est fait pour les maîtriser, les impacts climatiques pourraient coûter au Sénégal jusqu’à 4 % de son PIB par an d’ici 2030 et 9,4 % d’ici le milieu du siècle.

Au-delà des impacts économiques, le changement climatique met en péril les objectifs de développement à long terme du Sénégal. « Le coût humain du changement climatique pèsera le plus lourd sur les générations futures », souligne le rapport. Les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les inondations, l’élévation du niveau de la mer et les sécheresses, pourraient perturber l’éducation, la santé et la sécurité alimentaire, affectant de manière disproportionnée les ménages vulnérables qui dépendent de l’agriculture et des ressources naturelles. Ce scénario menace la population jeune du pays, accentuant les inégalités entre les sexes et les revenus, car les femmes et les filles ont un accès limité aux ressources financières et supportent une charge accrue en matière de mobilisation des ressources.

Équilibrer la croissance avec la protection de l’environnement

Pour soutenir le progrès économique, le rapport recommande des mesures immédiates d’adaptation au changement climatique axées sur l’agriculture, la gestion de l’eau et les énergies renouvelables. La résilience agricole est particulièrement cruciale, compte tenu de l’exposition du secteur aux extrêmes climatiques. 

Les recommandations comprennent « l’adoption à grande échelle de variétés de cultures résistantes au changement climatique et de pratiques de gestion de l’eau plus intelligentes », qui pourraient stimuler la productivité, augmenter les revenus et réduire les émissions. Le rapport souligne également la nécessité pour le Sénégal d’effectuer une transition vers un développement urbain durable, près de la moitié de la population résidant désormais dans des zones urbaines. Des villes comme Dakar contribuent à 25 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, et une meilleure planification urbaine, une meilleure gestion des déchets et des transports publics sont essentielles pour minimiser les impacts climatiques.

Assurer le financement de l’action climatique

Le financement de l’adaptation au changement climatique est essentiel et la Banque mondiale estime que le Sénégal a besoin de 1,36 milliard de dollars par an (soit 827 000 093 440 FCFA) jusqu’en 2030. Cependant, le financement climatique actuel ne couvre que 41 % de ces besoins, ce qui révèle un déficit de financement important. 

Les options pour mobiliser des ressources comprennent l’exploration des marchés du carbone, la mise en œuvre de réformes des subventions énergétiques et l’attraction d’investissements étrangers axés sur le climat. « Une stratégie de réforme bien communiquée sera essentielle pour obtenir le soutien du public et accélérer les changements de politique nécessaires », conseille le rapport.

Une action urgente est nécessaire pour un avenir durable

Dans un appel à un leadership résolu, la Banque mondiale souligne que l’inaction face au changement climatique aura des conséquences désastreuses, en inversant les progrès réalisés en matière de réduction de la pauvreté et en creusant les inégalités. 

Pour que le Sénégal reste sur la bonne voie pour atteindre sa vision de développement à l’horizon 2050, il est essentiel d’intégrer la résilience climatique dans la planification économique. « Le Sénégal se trouve à la croisée des chemins, où les décisions prises aujourd’hui détermineront la résilience et l’inclusivité de sa croissance future », conclut le rapport, exhortant les décideurs politiques à exploiter ce moment pour orienter le pays vers une économie résiliente et à faibles émissions de carbone.

F. Togola

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