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jeudi,11 juin , 2026
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𝐆𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐚̀ 𝐥’𝐞𝐧𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐨𝐫𝐢𝐬𝐭𝐞
A la UneSanté

Mali : l’INPS mobilise 10 millions de FCFA pour les victimes des attaques terroristes

by Sahel Tribune 4 mai 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

À la suite des attaques terroristes qui ont récemment endeuillé le Mali, un élan de solidarité s’organise au sein des institutions publiques. Ce lundi 4 mai, l’Institut national de la prévoyance sociale (INPS) a posé un geste fort en remettant un chèque de 10 millions de FCFA destiné à soutenir la prise en charge des victimes.

« J’ai instruit le Gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer l’assistance aux victimes, soutenir les familles endeuillées et accompagner les blessés. La solidarité nationale ne doit pas être un vain mot. Elle doit être un geste, une présence, un soutien concret. », déclarait le président de la transition dans son adresse à la nation du 28 avril 2026. Cette instruction du chef de l’État a eu un écho favorable auprès de l’institut national de prévoyance sociale (INPS), qui vient de soutenir les victimes avec un chèque géant. 

Soutien à l’État et au système de santé 

La cérémonie, empreinte d’émotion, s’est déroulée en présence des autorités sanitaires. Prenant la parole au nom de l’institution, Mossadeck Bally a exprimé la compassion de l’INPS face à l’ampleur du drame. « Les récents événements qui ont frappé notre pays ont causé des souffrances humaines que rien ne saurait pleinement apaiser. Derrière chaque blessé, il y a une vie bouleversée, une famille éprouvée, une communauté touchée », a-t-il déclaré.

Fidèle à sa mission de protection sociale, l’INPS a tenu à s’associer à l’hommage national rendu aux victimes civiles et militaires, ainsi qu’à Sadio Camara, disparu lors de ces attaques. Pour son président du Conseil d’administration, cette contribution financière se veut à la fois un acte de solidarité et une marque d’engagement aux côtés de l’État et du système de santé.

La résilience collective, plus que jamais une nécessité 

De son côté, Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social a salué l’initiative, tout en rendant hommage au personnel médical mobilisé depuis les premières heures. « Le travail remarquable des équipes médicales et de l’ensemble du personnel de santé, engagés jour et nuit pour sauver des vies, force le respect et mérite notre soutien total », a-t-elle affirmé.

La ministre a également indiqué que plusieurs interventions chirurgicales avaient été réalisées dans la nuit suivant les attaques, témoignant de la réactivité du système sanitaire face à l’urgence. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes, dans une atmosphère de recueillement.

Au-delà de ce geste financier, cette initiative illustre la mobilisation des institutions nationales face à une crise qui touche profondément le pays. Elle souligne aussi l’importance de la solidarité nationale dans la prise en charge des blessés et l’accompagnement des familles endeuillées, dans un contexte où la résilience collective est plus que jamais une nécessité.

A.D

4 mai 2026 0 comments
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Assimi Goïta et son ministre délégué
A la UneSécurité

Mali : pourquoi Assimi Goïta prend la tête du ministère de la Défense après la mort de Sadio Camara 

by Sahel Tribune 4 mai 2026
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Après les attaques coordonnées du 25 avril 2026, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a décidé de prendre personnellement la tête du ministère de la Défense. Une décision qui marque un nouveau palier dans la lutte contre l’insécurité et la quête de la souveraineté nationale.

Dans son adresse à la nation, le 28 avril, à la suite des attaques coordonnées, simultanées, coordonnées et complexes du 25 avril 2026 qui ont endeuillé plusieurs villes du Mali, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avait déclaré : « C’est plus que jamais le moment de faire confiance à vos Forces armées et de sécurité engagée dans une lutte complexe, contre le terrorisme. Les opérations se poursuivront jusqu’à la neutralisation complète des groupes impliqués et le rétablissement durable de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. »

Une semaine après cette déclaration, le chef suprême des armées a décidé d’assumer personnellement le portefeuille de la Défense et des Anciens combattants. Une décision officialisée par décret, lu à la télévision nationale ORTM par le secrétaire général de la présidence, Alfousseyni Diawara. Dans le même mouvement, le général de division Oumar Diarra, jusque-là chef d’état-major général des armées, a été nommé ministre délégué auprès de la Défense.

Une centralisation du commandement face à une menace accrue

La décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, marqué par des attaques simultanées ayant ciblé Bamako, Kati, Konna, Sévaré, Kidal et Gao, et coûté la vie à l’ancien ministre de la Défense, Sadio Camara. En se plaçant directement à la tête de l’appareil militaire, le général d’armée Assimi Goïta opère une centralisation du commandement qui vise à renforcer la réactivité opérationnelle et la cohérence stratégique des Forces armées maliennes. Cette décision pourrait être motivée par la volonté d’éviter toute rupture dans la dynamique déjà enclenchée au sein des forces armées maliennes et évité toute décision qui pourrait entraîner une certaine dissension dans les rangs de l’outil de défense dans un contexte si particulier de la vie de la nation malienne. 

En tant que Président du Conseil supérieur de la défense, en plus d’être militaire de terrain ayant combattu contre cette menace terroriste des années durant, le président de la transition est le mieux indiqué pour conduire les opérations avec l’assistance de l’ex-chef d’État major général des armées. Le général Goïta, pour qui la sécurité occupe la priorité numéro un, est en terrain connu. Cette nouvelle mission à côté de la fonction de chef de l’État devait suffire à prouver au peuple malien le degré de patriotisme du chef suprême des armées. Car l’occupation de la fonction de ministre de la Défense constitue, à n’en pas douter un véritable sacrifice pour la sécurité et le développement national. Le président de la transition a montré la voie. Au peuple malien de suivre l’exemple. « Nous devons garder à l’esprit que c’est dans l’épreuve qu’une nation doit conforter sa cohésion et son unité. Un sursaut national est aujourd’hui indispensable et nous devons, tous comme un seul homme, nous ériger contre la division et la fracture sociale. », a expliqué le chef de l’État dans son adresse à la nation. Chacun, dans son domaine et selon ses expertises, doit apporter sa pierre à l’édifice national. A l’heure de la mobilisation, aucun fils ne doit rester en marge. 

Restaurer l’autorité et la confiance

Dans un pays confronté à des menaces asymétriques et à des attaques coordonnées d’envergure, cette concentration des responsabilités entre les mains du chef suprême des armées peut être interprétée comme une réponse à l’urgence. Elle permet d’accélérer la prise de décision et de réduire les délais entre l’analyse du renseignement et l’action sur le terrain.

Au-delà de l’impératif opérationnel, cette nomination revêt également une portée politique. En assumant personnellement la Défense, le chef de l’État envoie un signal fort de responsabilité et d’engagement. Dans un contexte marqué par le choc des attaques et la perte d’un pilier du dispositif sécuritaire, il s’agit de restaurer la confiance des populations et de réaffirmer l’autorité de l’État, tout en honorant la mémoire de l’illustre disparu.

Ce choix s’inscrit aussi dans une tradition observée dans plusieurs pays en période de crise, où les chefs d’État prennent directement en main les questions de sécurité nationale afin de mobiliser l’ensemble des leviers de puissance publique. Selon le président de la transition, «  sans la sécurité, il ne saurait y avoir et sans développement il ne saurait y avoir de sécurité ». Les deux restent interdépendants. C’est pourquoi il est important pour lui de mobiliser tous les outils pour restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire pour l’émergence du Mali Koura. 

Un tandem militaire pour piloter la riposte

La nomination du général Oumar Diarra comme ministre délégué vient compléter ce dispositif. Officier expérimenté et ancien chef d’état-major général des armées, il apporte une expertise technique et opérationnelle essentielle à la conduite des opérations. Le tandem formé avec le général d’armée Assimi Goïta permet ainsi de conjuguer vision stratégique au sommet de l’État et gestion quotidienne des opérations militaires.

Le positionnement protocolaire du ministre délégué, placé juste après les ministres d’État, souligne l’importance accordée à la Défense dans l’architecture gouvernementale actuelle. Dans le plan d’action du gouvernement (PAG) Abdoulaye Maïga, présenté le 16 mai 2025, la sécurité et la défense vient en première ligne. Le nouveau gouvernement s’est engagé à poursuivre la montée en puissance de l’armée malienne à travers le recrutement massif de soldats, la modernisation des infrastructures, le déploiement militaire sur l’ensemble du territoire, la construction des hôpitaux militaires, des mémoriaux et des équipements sophistiqués. Cette réorganisation s’inscrit dans la doctrine souverainiste défendue par les autorités de la Transition. En internalisant davantage la conduite des opérations militaires et en renforçant la chaîne de commandement nationale, Bamako entend affirmer son autonomie stratégique dans la lutte contre le terrorisme.

Si ce choix concentre les pouvoirs, il engage aussi directement la responsabilité politique du chef de l’État sur les résultats obtenus sur le terrain. Dans un contexte de guerre prolongée, il marque une volonté d’assumer pleinement la conduite de la défense nationale et de répondre, sans intermédiaire, aux défis sécuritaires auxquels le Mali reste confronté.

Le président de la transition a planté le décor depuis son investiture le 7 juin 2021. Dans son discours, il avait affirmé : « Aujourd’hui, nous avons une responsabilité historique : celle de transcender nos divergences pour sécuriser notre pays, pour préserver son intégrité territoriale et pour créer les conditions d’un développement socioéconomique nous permettant d’offrir un avenir meilleur à notre postérité. ». Ces propos n’avaient acquis une pertinence aussi particulière qu’en ce contexte de guerre asymétrique et hybride contre le Mali. 

 Oumarou Fomba 

4 mai 2026 0 comments
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Obsèques de Sadio Camara
ActuSécurité

Mobilisation de la diaspora à travers le monde : « Il y a 23 millions de Sadio Camara parmi nous »

by Sahel Tribune 3 mai 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris pour rendre hommage au général Sadio Camara, ministre malien de la Défense, décédé dans une attaque terroriste à Kati le 25 avril. Organisée par des membres de la diaspora malienne et des ressortissants de pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), la marche s’est déroulée entre la station de métro Duroc et l’ambassade du Mali dans la capitale française.

Les participants, brandissant des drapeaux du Mali et de l’AES, ont exprimé leur solidarité avec les Forces armées maliennes (FAMa) engagées dans la lutte contre les groupes armés terroristes. Des slogans tels que « Sadio est parmi nous», « Vive le Mali, l’AES et l’Afrique libre » ou encore « Il y a 23 millions de Sadio Camara parmi nous » ont rythmé le cortège.

Poursuivre ce combat avec détermination 

Selon Mamadou Conté, responsable des relations publiques du comité de coordination de la diaspora des pays de l’AES en France, cette mobilisation visait à témoigner un soutien « inconditionnel » aux forces armées maliennes et à leurs partenaires dans la lutte contre le terrorisme. « Nous voulons saluer le courage des FAMa et leur souhaiter de poursuivre ce combat avec détermination », a-t-il déclaré.

À l’issue de la marche, les manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade du Mali où ils ont été reçus par trois chargés d’affaires représentant les États de l’AES. Des lettres de condoléances ont été remises à la représentation diplomatique afin d’être transmises à la famille du général Camara, à ses proches et aux autorités maliennes.

Une mobilisation internationale

Des manifestations similaires ont été organisées le 2 mai dans plusieurs villes du monde, notamment à Londres, New York et dans la ville italienne de Reggio Emilia. À Londres, un rassemblement s’est tenu devant la bibliothèque de Peckham, réunissant membres de la diaspora et sympathisants venus rendre hommage aux victimes des « attaques complexes, simultanée et coordonnées » du 25 avril dernier.

À New York, une marche commémorative s’est déroulée devant la mission permanente du Mali auprès des Nations unies. Des représentants diplomatiques maliens aux États-Unis y ont pris part, appelant à une solidarité internationale face aux menaces terroristes.

En Italie, un rassemblement pacifique a été organisé à Reggio Emilia, dans le nord du pays, où les participants ont également salué les efforts des forces de sécurité maliennes pour stabiliser le pays.

Hommages en Afrique

Au-delà de l’Europe et de l’Amérique du Nord, plusieurs initiatives ont été organisées en Afrique. À Antananarivo, à Madagascar, une cérémonie commémorative s’est tenue au Centre culturel malgache (IKM). Des représentants politiques et des membres de la société civile y ont exprimé leur solidarité avec le Mali.

Richard Rakotonirina, président du parti Réveil Patriotique de Madagascar Uni, a souligné la nécessité d’une coopération internationale renforcée face aux menaces terroristes. « De telles tragédies ne peuvent rester sans réponse, et la lutte contre le terrorisme exige l’union des efforts de toute la communauté internationale », a-t-il déclaré.

Funérailles nationales à Bamako

Les funérailles nationales du général Sadio Camara se sont déroulées le 30 avril 2026 à Bamako, au 34ᵉ régiment du génie militaire. La cérémonie s’est tenue en présence du chef de l’État malien, le général d’armée Assimi Goïta, de la hiérarchie militaire, du corps diplomatique et de délégations venues notamment de Guinée, du Burkina Faso et du Niger.

Le décès du ministre malien de la Défense a suscité une vague d’émotion au Mali et au sein de la diaspora. Pour de nombreux participants aux rassemblements organisés à travers le monde, ces hommages visaient à honorer la mémoire d’un responsable militaire considéré comme l’une des figures de la lutte contre le terrorisme dans le pays.

A.D

3 mai 2026 0 comments
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Mamou Daffé rencontre la diaspora malienne de Bobo-Dioulasso
A la UneSeko ni Donko

À Bobo-Dioulasso, Bamako resserre les liens avec sa diaspora

by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 mai 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

En déplacement à Bobo-Dioulasso, en marge de la 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) et de la 2ᵉ Semaine de la fraternité de l’Alliance des États du Sahel (AES), le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a rencontré la communauté malienne établie dans la capitale économique burkinabè. Une séquence à forte portée symbolique, dans un contexte régional marqué par les défis sécuritaires et les recompositions politiques.

Représentant le Premier ministre Abdoulaye Maïga, le ministre s’est exprimé devant des ressortissants maliens venus nombreux à la salle de conférence du Conseil régional des Hauts-Bassins, en présence de l’ambassadeur du Mali au Burkina Faso, Issouf Oumar Maïga. L’objectif affiché : écouter les préoccupations de la diaspora et lui transmettre un message d’espoir et de résilience, quelques jours après les attaques du 25 avril qui ont endeuillé le Mali.

Diaspora malienne de Bobo-Dioulasso
Mamou Daffé rencontre la diaspora malienne de Bobo-Dioulasso, à l’issue de la Semaine de la fraternité AES. ©𝐂𝐂𝐎𝐌.

Prières, recueillement et unité

La rencontre s’est ouverte par des prières et bénédictions à l’endroit des Forces armées maliennes (FAMa), du Mali et des forces de défense de l’AES. Dans une atmosphère empreinte d’émotion, l’imam Abdoul Malick Djénépo a appelé à l’unité et à la paix, avant que l’ambassadeur ne souhaite la bienvenue aux participants.

Dans un message lu par son secrétaire général, le président de la communauté malienne de Bobo-Dioulasso a insisté sur la bonne intégration des Maliens dans le tissu socio-économique local, notamment dans la région du Guiriko. Il a également exprimé un soutien sans réserve au président de la Transition, le général Assimi Goïta, et à son gouvernement, tout en formulant plusieurs doléances.

Une revendication centrale : un consulat à Bobo

Parmi les attentes exprimées, la création d’un consulat général du Mali à Bobo-Dioulasso figure en tête de liste. Une demande récurrente, justifiée par l’importance numérique de la communauté malienne dans la ville et par la nécessité de faciliter les démarches administratives.

Cette revendication traduit aussi la volonté de la diaspora d’être davantage prise en compte dans les politiques publiques, à l’heure où les autorités de Bamako multiplient les initiatives pour renforcer le lien avec les Maliens de l’extérieur.

« La souveraineté a un prix »

Prenant la parole, Mamou Daffé a transmis les salutations du chef de l’État et du chef du gouvernement, avant de saluer l’engagement des Maliens établis au Burkina Faso. Il les a exhortés à préserver la cohésion, à respecter les lois du pays d’accueil et à continuer de porter les valeurs culturelles qui unissent les deux nations.

Rencontre entre la diaspora melienne de Bobo-Dioulasso et le ministre Daffé
La diaspora malienne de Bobo-Dioulasso rencontre le ministre Mamadou Daffé, à l’issue de la Semaine de la fraternité AES. ©𝐂𝐂𝐎𝐌.

« Pour être souverain et libre, cela a un prix. Malgré les difficultés, nous ne tomberons pas », a-t-il déclaré, dans une allusion directe aux défis sécuritaires auxquels fait face le Mali. Le ministre s’est également dit convaincu que le Mali et ses partenaires de l’AES viendront à bout du terrorisme.

Une diplomatie de proximité

Au-delà du discours officiel, cette rencontre illustre la stratégie de diplomatie de proximité engagée par les autorités maliennes. En allant au contact de la diaspora, Bamako entend consolider un front intérieur et extérieur autour de la Transition, tout en renforçant la solidarité régionale au sein de l’AES.

Le ministre a enfin remercié les autorités burkinabè pour leur accueil, saluant au passage l’organisation de l’événement et le rôle de l’ambassade du Mali dans le renforcement des relations bilatérales.

Dans une région confrontée à de multiples défis, la mobilisation de la diaspora est plus que jamais un levier stratégique. À Bobo-Dioulasso, le message est est celui de l’unité, de la résilience et de l’engagement collectif, qui restent les maîtres mots pour accompagner le Mali dans sa trajectoire actuelle.

Ibrahim Kalifa Djitteye

3 mai 2026 0 comments
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Lingots d'or
ActuÉconomie

Et si l’or finançait enfin les routes du Mali ?

by Chiencoro 2 mai 2026
written by Chiencoro 5 minutes read

Avec la réforme de son Code minier adoptée en 2023, le Mali entend franchir un nouveau cap. Le pays passe d’une économie extractive à une logique de transformation. Au cœur du dispositif, cinq fonds dédiés, dont un mécanisme inédit destiné à financer directement les infrastructures, afin de mieux capter et réinjecter la rente minière dans l’économie nationale.

Comment transformer la richesse du sous-sol en routes, en barrages et en réseaux électriques ? Au Mali, la réforme du Code minier adoptée en 2023 tente d’apporter une réponse concrète à cette équation en instituant des fonds dédiés, conçus pour capter directement une part des revenus extractifs et les réinjecter dans l’économie productive.

Une tentative de réallocation de la rente minière

Le Mali figure parmi les grandes puissances aurifères du continent africain. Selon un rapport de l’organisation suisse SWISSAID, la production industrielle et semi-industrielle d’or du pays a atteint environ 66,2 tonnes en 2022. Avec ce volume, le Mali se classe troisième producteur d’or en Afrique, derrière le Ghana (95,8 tonnes) et l’Afrique du Sud (84 tonnes), mais devant le Burkina Faso (57,7 tonnes). Cette position confirme le rôle stratégique du secteur minier dans l’économie malienne, l’or constituant la première source d’exportations et une ressource clé pour les finances publiques.

Dans un pays où l’or représente l’essentiel des recettes d’exportation, la question de la redistribution des revenus miniers reste centrale. En adoptant un nouveau Code minier en 2023, les autorités maliennes corrigent les déséquilibres d’un modèle longtemps critiqué pour sa faible capacité à irriguer l’économie réelle.

La création de cinq fonds sectoriels s’inscrit dans cette logique. L’objectif est non seulement de sécuriser des ressources dédiées à des priorités stratégiques mais ausi d’améliorer l’efficacité de la dépense publique en fléchant les revenus extractifs vers des usages précis.

Un mécanisme de financement indexé sur la production

Parmi ces instruments, le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport constitue l’un des leviers les plus structurants. Il introduit une forme de prélèvement quasi-fiscal directement adossé à la production minière.

Le dispositif prévoit une contribution de 1 % du chiffre d’affaires trimestriel des sociétés minières pendant les cinq premières années d’exploitation, à laquelle s’ajoute 10 % de la redevance ad valorem. Au-delà de cette période, le taux sur le chiffre d’affaires est relevé à 2,5 %, augmentant progressivement la pression contributive.

Ce mécanisme permet d’adosser le financement des infrastructures à la performance du secteur minier, créant ainsi un lien direct entre extraction et investissement public.

Un outil de financement des biens publics

Dans un contexte de contraintes budgétaires accrues, ce fonds est un instrument de financement alternatif pour des infrastructures essentielles, traditionnellement dépendantes des ressources budgétaires ou de l’aide extérieure.

Énergie, eau, transport : ces trois secteurs concentrent les principaux goulets d’étranglement de l’économie malienne. Leur sous-développement pèse sur la compétitivité des entreprises, renchérit les coûts logistiques et limite l’attractivité du pays pour les investisseurs.

Pour y remédier, le Mali a identifié onze programmes et projets structurants afin de soutenir les stratégies nationales de développement à moyen et long terme, à travers « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma ». Parmi eux figure le projet n°4, « Kanku Musa Seginna » (le retour de l’âge d’or de Kankou Moussa), qui vise à inscrire l’exploitation minière dans une logique de développement durable, en renforçant ses retombées sociales, économiques et environnementales pour l’ensemble du territoire, avec une attention particulière aux communautés des zones minières. Le projet n°5, « Intégrer le Mali au monde », ambitionne quant à lui de développer et d’entretenir un réseau d’infrastructures de transport multimodal, efficace et sécurisé, capable de mieux connecter le pays aux marchés régionaux et internationaux, tout en soutenant l’aménagement durable du territoire.

En orientant une partie des revenus miniers vers ces segments, les autorités entendent créer un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie. L’ambition des autorités maliennes de la Transition est de faire profiter les richesses du pays aux Maliens. Cela apparaît clairement dans l’article 42 de la Constitution du 22 juillet 2023 : « L’Etat dispose du droit souverain sur les richesses et les ressources naturelles situées sur son territoire.» Quant à leur exploitation, elle doit se faire « dans le respect des règles de protection de l’environnement et dans l’intérêt des générations présentes et futures.»

Gouvernance : un enjeu clé de crédibilité

La performance de ce dispositif dépendra largement de sa gouvernance. Le Code minier prévoit l’adoption de textes réglementaires pour encadrer le fonctionnement du fonds, ainsi que la production de rapports annuels validés par les collectivités territoriales et les organes de contrôle de l’État.

La publication de ces rapports constitue un signal en faveur de la transparence, dans un secteur historiquement exposé aux critiques sur l’opacité et la gestion des revenus. Mais au-delà des dispositifs formels, la crédibilité du mécanisme reposera sur la capacité de l’État à garantir une allocation efficace des ressources et à éviter les effets de dispersion ou de captation.

Le fonds dédié aux infrastructures s’insère dans une architecture plus large comprenant : un fonds de développement local, destiné à renforcer l’acceptabilité sociale des projets miniers ; un fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites artisanaux ; un fonds de promotion du secteur minier ; un fonds consacré à la recherche géologique et au renforcement des capacités. Cette structuration traduit une approche plus intégrée de la politique minière, combinant objectifs économiques, sociaux et environnementaux.

Entre ambition économique et contraintes structurelles

Dans le cadre du Fonds minier pour le développement local, plus de 18 milliards de FCFA ont été redistribués aux collectivités locales du Mali, par le Président de la Transiton, le 12 mars 2026. Prévu par le Code minier de 2023, ce mécanisme vise à faire bénéficier directement les territoires producteurs des retombées de l’exploitation minière et par ricochet toutes les communes du Mali. 

Avec cette réforme du secteur minier, Bamako maximise les retombées économiques d’un secteur clé, tout en réduisant sa dépendance aux financements extérieurs pour les investissements publics. Toutefois, plusieurs inconnues demeurent : volatilité des cours de l’or, capacité de collecte effective des contributions, discipline budgétaire et efficacité de l’exécution des projets.

En filigrane, c’est la question classique des économies extractives qui se pose : comment transformer une rente en développement durable ? Le nouveau Code minier malien apporte un début de réponse institutionnelle. 

Chiencoro Diarra 

2 mai 2026 0 comments
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Les ministres de la culture de l'AES
ActuSeko ni Donko

Semaine de la fraternité sahélienne : Mamou Daffé, ambassadeur de la culture malienne à Bobo-Dioulasso

by Chiencoro 2 mai 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

La ville de Bobo-Dioulasso a accueilli, fin avril, la deuxième édition de la Semaine de la Fraternité de l’Alliance des États du Sahel (AES), un rendez-vous culturel et politique qui illustre l’ambition d’intégration régionale portée par l’Alliance des États du Sahel. Organisée en marge de la Semaine Nationale de la Culture, cette rencontre se veut un symbole fort de rapprochement entre les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Placée sous le thème « Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales », la manifestation s’inscrit dans une dynamique où la culture devient un levier stratégique d’intégration. La cérémonie d’ouverture, présidée par le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représenté par le chef de la diplomatie Karamoko Jean Marie Traoré, a donné le ton : celui d’une coopération régionale fondée sur la solidarité et la souveraineté partagée.

Mamou Daffé
Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du tourisme, à Bobo-Dioulasso, pour l’ouverture de la Semaine de la fraternité AES. ©𝐂𝐂𝐎𝐌.

Héritages communs et identités croisées

Dans le message officiel, les autorités burkinabè ont mis l’accent sur la portée politique de l’AES, qui est une réponse aux défis communs du Sahel. L’accent a été également mis sur la valorisation des patrimoines culturels, la structuration des industries créatives et la facilitation de la mobilité des artistes.

Prenant la parole au nom des ministres de la Culture des trois pays, Mamou Daffé a souligné la profondeur historique des liens entre les sociétés sahéliennes. « La culture relie nos histoires », a-t-il rappelé, évoquant notamment des pratiques ancestrales comme la parenté à plaisanterie, mécanisme traditionnel de cohésion sociale et de régulation des conflits.

Cette référence aux traditions illustre une volonté de s’appuyer sur les fondements culturels endogènes pour construire un projet politique commun. Dans un contexte sécuritaire fragile, les autorités de l’AES misent ainsi sur la culture comme facteur de résilience et de stabilité.

Un espace de rencontre entre peuples

Au cœur de l’événement, le Village des Communautés a offert une vitrine vivante de la diversité sahélienne : gastronomie, artisanat, musique et performances artistiques ont rythmé les échanges entre participants. Au-delà des discours officiels, cette immersion culturelle traduit une réalité tangible : celle d’un espace partagé où les populations se reconnaissent dans des valeurs communes.

Mamou Daffé à Bobo-Dioulasso
Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du tourisme, à Bobo-Dioulasso, entouré de ses homologues du Burkina Faso et du Niger, pour l’ouverture de la Semaine de la fraternité AES. ©𝐂𝐂𝐎𝐌.

Cette approche rappelle que l’intégration régionale ne se limite pas aux accords politiques ou économiques. Elle se construit aussi dans les interactions quotidiennes, les pratiques sociales et les imaginaires collectifs.

Une ambition régionale affirmée

La première édition de la Semaine de la Fraternité, organisée en 2025 à Ségou, avait déjà posé les bases de cette initiative autour du thème « Trois États souverains, un destin commun, un avenir prospère ». En revenant avec une seconde édition à Bobo-Dioulasso, l’AES confirme sa volonté d’inscrire la culture au cœur de son projet.

Dans un Sahel en recomposition, marqué par des défis sécuritaires et géopolitiques majeurs, cette diplomatie culturelle demeure un outil complémentaire aux stratégies politiques et militaires. Elle vise à renforcer le sentiment d’appartenance régionale et à consolider les liens entre sociétés.

La culture comme pilier de souveraineté

Au-delà de l’événement lui-même, la Semaine de la Fraternité révèle une orientation stratégique : faire de la culture un pilier de souveraineté. En valorisant leurs identités et leurs patrimoines, les États de l’AES cherchent à affirmer leur autonomie et à construire une intégration fondée sur leurs propres références.

Dans cette perspective, la culture ne se limite plus à un domaine symbolique. Elle devient un instrument politique, un vecteur de cohésion et un levier de développement, au service d’un projet sahélien en pleine redéfinition.

Chiencoro Diarra 

2 mai 2026 0 comments
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Tribunal militaire de Bamako
A la UneSécurité

Attaques du 25 avril au Mali : le Procureur révèle des complicités internes

by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 mai 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Le Procureur de la République près le Tribunal Militaire de Bamako a annoncé, ce vendredi 1er mai 2026, l’ouverture d’une enquête après les attaques terroristes du 25 avril. Ces attaques ont visé plusieurs positions des Forces Armées et de Sécurité, notamment à Bamako, Kati et au domicile du ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Elles ont provoqué une vive inquiétude et mobilisé les autorités pour identifier les responsables. 

Les premiers éléments de l’enquête révèlent des complicités internes. Certains militaires radiés ou en instance de radiation sont impliqués. Le communiqué mentionne aussi des personnalités politiques, dont le docteur Oumar Mariko. Selon le Procureur, « des preuves de complicité ont été établies », ce qui montre que les attaques n’ont pas été menées uniquement par des groupes extérieurs mais avec des soutiens internes.  

Complicités internes révélées  

Parmi les assaillants identifiés figure Alassane Diallo, dit Abedi, un militaire radié. Il est mort lors des affrontements près de Kati. Sa participation confirme l’implication d’anciens membres des forces armées dans ces attaques coordonnées. Cette identification renforce l’idée d’une organisation structurée, composée de militaires actifs, de retraités et de soutiens extérieurs. Le Procureur a insisté sur « la gravité des faits et la nécessité de poursuivre tous les complices ».  

Le Procureur a rendu publics les noms de plusieurs présumés complices. Il s’agit du Sergent Diakaridia Sodio, de l’Adjudant Moussa Diane, de l’Adjudant-Chef Mamadou Keita, tous militaires en activité, ainsi que de Soïba Diarra, militaire retraité. Ces personnes sont désormais au centre des investigations. Leur rôle exact reste à préciser, mais leur identification marque une étape importante dans le travail des enquêteurs.  

Noms des présumés complices  

Le communiqué précise que des arrestations ont déjà été effectuées. Les autorités poursuivent activement la traque des autres auteurs, co-auteurs et complices. Cette dynamique traduit la volonté des services de sécurité de répondre rapidement et fermement à cette menace. Le Procureur a déclaré que « les premières arrestations ont été couronnées de succès », tout en affirmant que d’autres recherches sont en cours.  

Le Procureur a félicité les unités d’enquêtes et les services de sécurité pour leur professionnalisme. Il a souligné que les investigations en cours et celles à venir seront menées dans le strict respect de la réglementation. Le texte affirme que « les évolutions enregistrées seront progressivement portées à la connaissance de l’opinion », afin de garantir la transparence et la légalité des procédures engagées dans une affaire aussi sensible. 

Le Procureur a également rassuré l’opinion publique nationale et internationale. Il a affirmé que toutes les évolutions de l’enquête seront progressivement communiquées. 

Ibrahim Kalifa Djitteye 

2 mai 2026 0 comments
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