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Pr. Tiemoko TRAORE, Ministre de l'Energie et de l'Eau
A la UneClimat et environnement

Souveraineté hydrique : 22 millions de Maliens bientôt couverts par la PNE 2026-2035

by Sahel Tribune 6 mars 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Mali franchit un nouveau cap dans la gestion de ses ressources hydriques. Sous la direction du Ministère de l’Énergie et de l’Eau, le gouvernement de la République du Mali a adopté la Politique Nationale de l’Eau (PNE) 2026-2035, un plan stratégique ambitieux visant à assurer l’accès universel à l’eau potable et à renforcer la souveraineté hydrique du pays.

Avec plus de 22 millions d’habitants et un contexte sahélien fortement exposé aux changements climatiques, le Mali fait face à une pression croissante sur ses ressources en eau. La PNE 2026-2035 répond à cette urgence en plaçant l’accès à l’eau potable au sommet des priorités nationales, conformément à la Constitution du 22 juillet 2023 qui consacre l’eau comme un droit fondamental.

Cette politique traduit la volonté des autorités maliennes de garantir la justice sociale, la dignité humaine et la réduction des inégalités dans l’accès aux services essentiels, notamment pour les populations vulnérables.

Une vision ambitieuse pour 2035

La PNE fixe un objectif clair : d’ici 2035, toutes les ressources en eau du Mali seront connues, mobilisées et gérées durablement, afin de fournir à chaque citoyen un accès inclusif et équitable à l’eau potable. Le programme s’inscrit dans la stratégie nationale « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et vise à aligner le pays sur les Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030.

La mise en œuvre de la PNE repose sur quatre programmes majeurs :

1-Programme National d’Accès à l’Eau Potable (PNAEP) – axe prioritaire, concentrant 89,83 % des investissements.

2-Programme National des Aménagements Hydrauliques (PNAH) – pour sécuriser les infrastructures hydrauliques.

3-Programme National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PNGIRE) – pour une gestion durable selon les bassins et aquifères.

4-Programme National de Gouvernance du Secteur Eau et Assainissement (PNGSEA) – pour renforcer transparence, participation et redevabilité.

Un investissement stratégique de 3 051 milliards F.CFA

Le coût global de cette politique sur la période 2026-2035 est estimé à 3 051 499 235 005 F.CFA. Cet investissement mobilisera les ressources de l’État, des collectivités territoriales, des bénéficiaires et des partenaires techniques et financiers. Au-delà de l’accès à l’eau potable, ce projet est un levier pour la croissance économique, la sécurité alimentaire, la santé publique et la résilience climatique.

La PNE prévoit également la création d’une architecture institutionnelle renforcée : Conseil Supérieur de l’Eau auprès du Président de la République ; Renforcement des organes consultatifs nationaux et territoriaux ; Établissement progressif d’Agences de gestion de l’eau par bassin et aquifère ; Consolidation de la Police de l’Eau pour protéger les ressources et appliquer la législation.

Des outils stratégiques, tels que le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux et le Système National d’Information sur l’Eau, viendront soutenir la planification et le suivi.

Avec la PNE 2026-2035, le Mali affirme sa détermination à placer l’eau au cœur du développement durable et de la transformation économique nationale. Le Ministère de l’Énergie et de l’Eau appelle l’ensemble des acteurs publics et privés à se mobiliser pour garantir la réussite de ce chantier stratégique au service des générations présentes et futures.

A.Touré

6 mars 2026 0 comments
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Tensions au Moyen-Orient 
A la UneOpinion

Au Moyen-Orient, la guerre des puissances et l’échec de la reconnaissance de l’autre

by Mikailou Cissé 6 mars 2026
written by Mikailou Cissé 5 minutes read

Missiles hypersoniques, drones, blocus maritime et escalade militaire : le conflit qui s’intensifie au Moyen-Orient révèle moins une fatalité historique qu’une incapacité politique à reconnaître l’autre. Entre rivalités territoriales, industries de l’armement et héritages religieux, la région reste prisonnière d’une logique de domination qui éloigne chaque jour la perspective d’une paix durable.

Le 28 février, le soleil s’est levé sur un Moyen-Orient traversé par des colonnes de fumée et l’écho des bombardements. Dans plusieurs capitales régionales, les explosions ont marqué une nouvelle étape dans l’escalade militaire, tandis que les capitales européennes et certains États arabes observaient la situation avec inquiétude, mais sans véritable surprise.

Le spectacle d’une guerre technologique

Sous le regard impuissant des populations, les discours politiques évoquent déjà l’issue possible d’une confrontation dont personne ne semble attendre un apaisement rapide. Sur le terrain, la guerre prend désormais la forme d’un affrontement technologique d’une ampleur inédite : missiles hypersoniques, drones armés, bombardiers furtifs et systèmes de guidage de précision.

Ces armes ont provoqué des destructions massives d’infrastructures énergétiques et perturbé le trafic maritime international, tout en entraînant la fermeture de plusieurs espaces aériens. Les systèmes de défense, pourtant conçus pour répondre à ces menaces, révèlent leurs limites face à la puissance combinée de ces technologies.

À titre d’illustration, les États-Unis ont frappé un nombre important de cibles dès le début de cette phase du conflit avec l’Iran, un volume d’attaques supérieur à celui observé dans les premières vingt-quatre heures de certaines interventions majeures, comme l’invasion de l’Irak en 2003.

Une querelle territoriale devenue guerre de puissance

À l’origine, le conflit du Moyen-Orient relève avant tout d’une querelle territoriale. Mais lorsqu’il s’inscrit dans une logique de guerre impliquant grandes puissances, industries de l’armement et rivalités énergétiques, il se transforme en confrontation globale où l’objectif implicite devient la domination politique et stratégique.

Dans ce contexte, la négation de l’existence ou de la légitimité de l’adversaire devient un instrument de pouvoir. La guerre cesse d’être seulement une lutte pour un territoire : elle devient une compétition pour le contrôle de la décision politique et militaire dans la région.

Cette dynamique s’inscrit également dans un espace profondément marqué par les traditions abrahamiques. Judaïsme, christianisme et islam y trouvent leurs racines, mais ces héritages religieux sont aujourd’hui incarnés par des États qui cherchent à affirmer leur souveraineté sur la scène internationale.

Pour ce faire, ils se dotent d’outils de dissuasion militaire et s’appuient sur les ressources énergétiques stratégiques dont dépend une grande partie de l’économie mondiale.

Entre histoire religieuse et rivalités politiques

L’histoire rappelle pourtant que ces traditions religieuses ont aussi favorisé des formes d’échanges et de coexistence entre communautés. Elles ont produit des réflexions majeures sur l’organisation de la société et la vie collective.

Mais elles ont également été marquées par des affrontements visant à imposer une domination politique ou religieuse sur l’espace communautaire. Cette tension entre coexistence et exclusion traverse l’histoire du Moyen-Orient depuis des siècles.

La difficulté réside dans la reconnaissance de l’altérité. La cohabitation suppose d’accepter l’existence de l’autre comme une condition de sa propre identité. Or, les discours politiques contemporains mobilisent souvent ces héritages religieux dans une logique d’affirmation exclusive plutôt que dans une perspective de coexistence.

L’histoire montre pourtant que des périodes de coexistence pacifique ont existé dans la région. Ces moments rappellent que la conflictualité n’est pas une fatalité inscrite dans l’essence des cultures ou des religions, mais le produit de choix politiques et historiques.

Une escalade géopolitique aux conséquences mondiales

Le conflit actuel s’inscrit également dans une transformation plus large de l’ordre géopolitique. L’implication directe des États-Unis, les tensions avec l’Iran et les rivalités régionales redessinent les équilibres stratégiques du Moyen-Orient.

La mort du guide spirituel iranien Ali Khamenei a contribué à cristalliser certaines tensions, dans un pays où l’autorité religieuse et politique demeure étroitement liée. Dans le même temps, la menace d’un blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran fait peser un risque majeur sur le commerce mondial.

Ce passage maritime stratégique concentre une part essentielle du trafic pétrolier mondial. Toute perturbation de cette route commerciale entraîne immédiatement des conséquences économiques et politiques à l’échelle globale.

Dans ce contexte, plusieurs États arabes cherchent à renforcer leurs capacités de défense et leur influence régionale, souvent avec l’appui des États-Unis et de leurs alliés.

Quand la guerre devient un marché

La guerre contemporaine ne se limite plus aux affrontements entre États. Elle s’inscrit aussi dans un système économique où les industries de l’armement jouent un rôle déterminant.

Les opérations militaires baptisées « Lion rugissant » par Israël ou « Fureur épique » par les États-Unis illustrent l’intensité de cette escalade. Elles montrent également l’écart technologique qui caractérise les conflits modernes.

Dans ce contexte, la violence politique et militaire s’étend bien au-delà du champ de bataille. Les populations civiles deviennent les premières victimes de décisions prises loin d’elles, dans des cercles de pouvoir où les intérêts stratégiques et économiques se mêlent étroitement.

Les tentatives de médiation et les accords diplomatiques atténuent parfois les tensions, mais ils profitent souvent davantage aux acteurs économiques et aux investisseurs de la reconstruction qu’aux populations directement touchées par la guerre.

La paix passe par la reconnaissance de l’autre

Face à cette spirale de violence, une question demeure centrale : la paix durable peut-elle être construite sans reconnaissance mutuelle ?

La coexistence ne signifie pas l’effacement des différences, mais l’acceptation de leur légitimité. Dans un espace marqué par la diversité des identités religieuses, culturelles et nationales, la paix ne peut reposer sur la domination d’un peuple sur un autre.

Elle suppose des compromis politiques sincères et la reconnaissance du droit de chaque communauté à exister.

À défaut, la région restera enfermée dans une logique où la puissance militaire remplace le dialogue, et où chaque victoire prépare les conditions du conflit suivant.

Mikaïlou Cissé 

6 mars 2026 0 comments
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Le Président de la transition en compagnie des pupilles de la nation
ActuEn temps réel

Au Mali, 31 enfants mineurs, de chauffeurs et d’apprentis victimes d’attaques terroristes reconnus Pupilles de la Nation

by Sahel Tribune 4 mars 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le gouvernement malien a, ce mercredi 4 mars 2026, adopté un décret accordant le statut de Pupilles de la Nation à 31 enfants mineurs. Tous sont les fils ou filles de chauffeurs et d’apprentis tués lors d’attaques terroristes, dans le cadre de l’approvisionnement du pays en hydrocarbure.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la loi du 27 décembre 2016, qui institue les statuts de Pupilles de la Nation et de Pupilles de l’État afin d’assurer une protection spécifique aux enfants dont les parents ont été victimes dans des circonstances liées à la défense ou à la sécurité nationale. Le texte adopté mercredi concrétise l’application de ce dispositif à un nouveau groupe d’enfants frappés par la violence.

Les 31 mineurs bénéficieront d’une prise en charge intégrale ou partielle de plusieurs dépenses essentielles. Le décret prévoit notamment la couverture des frais de soins médicaux, ou du ticket modérateur lorsque nécessaire. Les frais de scolarité seront également pris en charge aux niveaux fondamental et secondaire.

Au-delà de l’école, le dispositif inclut la prise en charge des frais d’apprentissage et de formation professionnelle. Pour ceux qui accéderont à l’université, une bourse entière d’enseignement supérieur est prévue.

Dans un pays confronté depuis plus d’une décennie à des attaques terroristes, la reconnaissance du statut de Pupilles de la Nation revêt une portée à la fois sociale et symbolique. Elle marque la volonté de l’État d’assumer une responsabilité envers les enfants de victimes civiles, notamment issues de catégories socioprofessionnelles modestes comme les chauffeurs et leurs apprentis, régulièrement exposés sur les axes routiers ciblés par les groupes armés.

Cette décision intervient alors que les autorités de transition, au pouvoir depuis 2020, mettent en avant la souveraineté nationale et la lutte contre l’insécurité comme priorités. Si le nombre de bénéficiaires reste limité à 31 dans ce décret, il illustre la poursuite d’un mécanisme juridique destiné à amortir, au moins partiellement, le choc social des violences.

En décembre 2025, le Président de la Transition au Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, a décoré 74 acteurs du secteur pétrolier, dont des chauffeurs de citernes et leurs apprentis, en reconnaissance de leur engagement indéfectible dans le ravitaillement du pays en hydrocarbures malgré les menaces terroristes.

La rédaction

4 mars 2026 0 comments
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General-de-Brigade-Issa-Ousmane-Coulibaly-ministre-de-lAdministration-Territoriale-et-de-la-Decentralisation
A la UnePolitique

Au Mali, le gouvernement de transition renforce le contrôle des collectivités et des associations

by Sahel Tribune 4 mars 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Face aux risques de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de dérives liées au manque de transparence, les autorités maliennes durcissent le cadre de contrôle des associations et fondations. Réuni le 4 mars 2026, le Conseil des ministres a adopté une série de textes visant à renforcer le suivi administratif et financier de ces organisations, accusées de ne pas toujours s’aligner sur les priorités nationales et la planification territoriale.

Le gouvernement malien a adopté, ce 4 mars 2026, une série de textes visant à restructurer le financement du développement local et à renforcer le contrôle des associations et fondations. Une réforme présentée comme un outil de rationalisation, mais qui s’inscrit aussi dans un contexte de reprise en main institutionnelle par les autorités de transition.

Sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, chef de l’État, l’exécutif a validé plusieurs projets d’ordonnances et de décrets relatifs à la création d’une Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), ainsi qu’à la modification du cadre juridique du Fonds national d’appui aux collectivités territoriales.

Une agence renforcée et recentralisée

Créée initialement par la loi du 7 juillet 2000, l’ANICT avait pour mission de gérer les subventions destinées aux investissements locaux et de garantir certains prêts contractés par les collectivités territoriales. Les nouveaux textes réaffirment ce rôle, tout en élargissant ses compétences.

L’agence sera désormais chargée non seulement de la gestion des financements alloués aux projets locaux, mais aussi d’apporter un appui technique au service central chargé du contrôle administratif des associations et des fondations en République du Mali.

Le gouvernement justifie cette réorganisation par les résultats d’évaluations de performance et d’un audit institutionnel des Agences de développement régional (ADR), créées en 2015 pour accompagner les collectivités dans la maîtrise d’ouvrage du développement local et régional. Ces audits ont mis en évidence une « faible performance » des ADR, conduisant à leur absorption par l’ANICT.

Un encadrement accru des associations et fondations

Au-delà de la restructuration administrative, la réforme introduit un durcissement du cadre de contrôle des organisations de la société civile. Les autorités invoquent les risques liés à la faiblesse du dispositif actuel : blanchiment de capitaux, financement du terrorisme, manque de transparence ou encore absence d’alignement avec les priorités nationales et la planification territoriale. « Par ailleurs, la faiblesse du dispositif de suivi des Associations et des Fondations engendre des risques tels que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le non alignement avec les priorités nationales et la planification régionale et locale, ainsi que le manque de transparence et de responsabilité », a expliqué le gouvernement dans le communiqué final du conseil des ministres.  

Les textes adoptés définissent le champ du contrôle administratif, précisent les relations entre services de contrôle administratif et technique, et identifient les autorités compétentes en la matière. Ils imposent également aux associations et fondations de nouvelles conditionnalités dans leurs modes d’intervention, ainsi qu’une contribution financière obligatoire.

Un prélèvement sur leurs ressources est institué afin de financer des actions de développement. Cette disposition marque une évolution notable : les organisations devront désormais contribuer directement, par un mécanisme financier dédié, aux politiques publiques de développement.

Entre rationalisation et centralisation

Pour le gouvernement, ces mesures visent à renforcer la maîtrise d’ouvrage du développement local par les collectivités territoriales et à améliorer la cohérence des interventions sur le terrain. La concentration des missions au sein d’une agence unique est présentée comme un gage d’efficacité et de meilleure coordination.

Cette réforme intervient dans un contexte politique particulier. Depuis la prise de pouvoir des autorités de transition, Bamako multiplie les initiatives de réorganisation institutionnelle et de consolidation du contrôle de l’État sur les acteurs publics et privés.

La mise en œuvre concrète de ces nouveaux textes permettra de mesurer leur impact sur la gouvernance locale et sur les relations entre l’État, les collectivités et les organisations de la société civile dans un pays confronté à des défis sécuritaires et économiques majeurs.

A.D

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Guerre en Iran
ActuOpinion

[Tribune] Aucune guerre ne vaut la peine de la mort d’un seul enfant

by Oleg Nesterenko 4 mars 2026
written by Oleg Nesterenko 9 minutes read

Voici quatre ans, en mars 2022, une semaine avant les toutes premiers négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine, à Istanbul du 28 au 30 mars 2022, je partageais un article sur le réseau LinkedIn. Je vous le présente ici, tel quel, sans y altérer la moindre ligne. Son propos, j’en suis convaincu, conserve toute sa pertinence en ce mois de mars 2026, après quatre années de guerre en Ukraine et quelques jours depuis le début de l’agression de l’Iran.

Étant le père ayant connu la mort d’un de ces quatre enfants, étant une personne qui a vu la guerre de face – je suis bien placé pour le dire.

Pour ceux qui ont des difficultés à voir au-delà de l’image, qui n’arrivent pas à voir clair sous l’inondation des propagandes en cours et pour ceux qui ne connaissent pas assez bien l’histoire, voici une petite remise en ordre des idées sur les véritables coupables du chaos dans le monde, dont les derniers événements en Ukraine ne sont que le dernier exemple sur une longue liste et ne sont, certainement pas, les derniers.

Voici les faits sur les principales victimes de la Russie ? Non – sur les principales victimes de la « démocratie » de l’État américain (à ne pas confondre avec le peuple), ainsi que les remarques sur la situation de l’indignation du « monde civilisé » qui ont accompagné les massacres.

Des Chiffres qui font froid dans le dos 

Pour ne pas être trop long, je ne donnerai que quelques brefs exemples en commençant depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je ne parlerai pas des plus de 65 000 civils français qui ont été assassinés, plus de 100 000 blessés par les bombes made in USA de 1941 à 1945. Je ne parlerai pas non plus des beaux exploits « démocratiques » des États-Unis avant 1941, comme les près de 12 000 000 de morts du génocide des amérindiens de 1492 à 1900, dans lequel les Américains ont fait une contribution capitale.

Les chiffres que j’indique n’incluent pas non plus les morts des combattants, ni les dizaines de millions de civils blessés, mutilés et déplacés. Les chiffres n’indiquent que le nombre de cadavres, sans exposer le désastre total de la déstabilisation globale des zones visitées par les fiers défenseurs des « valeurs du monde civilisé ».

De la Corée et de la Chine (1950-1953), où près de 3 000 000 de civils ont été tués, au Guatemala (1954-1996), avec plus de 250 000 morts après plus de quarante ans de guerre civile, tous des conflits attribués aux États-Unis et à leurs alliés. Je cite également l’Indonésie (1958-1966), où les bombardements de 1958 ont fait quelques centaines de victimes civiles et où la guerre civile soutenue jusqu’en 1966 a causé plus de 23 000 000 de morts ; le Vietnam (1955-1975), avec plus de 430 000 civils tués ; le Cambodge (1969-1975), avec près de 150 000 morts ; ainsi que l’Irak (1990-1991), où environ 100 000 civils, principalement des enfants, ont péri.

Poursuivons la liste avec la Bosnie (1994-1995), près de 50 000 civils tués ; la Serbie (1999), environ 3 000 civils morts en 78 jours de bombardements et 22 000 tonnes de bombes larguées, détruisant un tiers des écoles du pays ; l’Irak (2003-2022), avec environ 130 000 civils tués selon certaines estimations occidentales, mais plus de 1 000 000 de victimes civiles selon d’autres évaluations, dont près de 500 000 enfants ; l’Afghanistan (2014-2022), plus de 50 000 civils morts ; et la Syrie (2014-2021), plus de 1 000 civils tués par des frappes américaines et alliées. 

À travers cette accumulation de chiffres, nous devons nous interroger sur l’absence d’indignation du « monde civilisé » face à ces bilans humains et dénoncer la réaction internationale sélective.

Ukraine / 06.04.2014-23.03.2022 

Plus de 3 500 civils assassinés à l’est de l’Ukraine, dans le Donbass. Où était l’indignation du « monde civilisé » ? Nulle part.

Le dénominateur officiel du massacre dans le Donbass : « ATO » – Opération Anti-terroriste. Les 15 % des Ukrainiens habitant dans la région du Donbass, dès 2014, ont été classés par le pouvoir de Kiev comme terroristes.

Ces « terroristes », dont plus de 150 enfants, sont assassinés majoritairement non pas par les troupes « conventionnelles » constituées d’hommes « normaux », mais par des troupes ultranationalistes et réellement néo-nazies (régiment « Azov », milice « Secteur Droit », bataillon Donbass, etc.) dont l’existence est due à une tolérance à toute épreuve de la part des pouvoirs ukrainiens successifs, dès février 2014.

Pourquoi une telle tolérance ? C’est simple : ce sont bien les membres de ces structures constituées des rébus de la société ukrainienne qui ont été le fer de lance dans le processus du renversement du gouvernement ukrainien « pro-russe » en 2014. Ces marginaux d’hier sont le nouveau « état profond » de l’Ukraine d’aujourd’hui.

Il était beaucoup trop dangereux pour le pauvre Zelensky (qui a été, d’ailleurs, élu sur son programme de régularisation de la situation dans le Donbass et d’instauration de la paix) de s’attaquer à ces exécutants de la création, par les Etats-Unis avec le soutien « logistique » de leur vassal, l’UE, du nouvel état ukrainien d’aujourd’hui.

Élément important : ce sont bien les Etats-Unis et leur vassal, l’UE, qui ont insisté (sous la table, cela va de soi) pour que cette bande paramilitaire « bataillon Azov » intègre l’armée ukrainienne en tant que régiment régulier.

N’oublions pas : nous parlons principalement de l’époque avant Trump, quand la quasi-totalité non seulement des populations de l’UE, mais également des gouvernements de cette dernière ont vécu dans la folle certitude que les Etats-Unis ne pensent pas et n’ont jamais pensé qu’à leurs propres intérêts et étaient sûrs que les slogans américains coïncidaient parfaitement avec la réalité.

Ukraine / 24.03.2022 

Où est l’indignation du « monde civilisé » ? Elle est là ! Enfin. Et ce, même avant l’apparition des victimes parmi les civils.

Cela change complètement tout pour le « monde civilisé » dès le moment qu’il y a un conflit qui ne fait pas partie des massacres de masse perpétrés directement par les Etats-Unis.

Ce qui se passe actuellement en Ukraine est, tout simplement, le « Jackpot du siècle » pour le pouvoir outre-Atlantique. Si les soi-disant négociations de paix entre 2014 et 2022 n’ont strictement rien donné, ce n’est en aucun cas à l’initiative des marionnettes de Kiev, directement dirigées par le gouvernement de Washington. Une véritable négociation de paix dès demain serait une vraie catastrophe géopolitique et financière pour le gouvernement américain. Ce dernier fera donc tout pour que ce conflit dure le plus longtemps possible.

Pour exposer en détails les très nombreux éléments de ce « Jackpot du siècle », c’est un gros chapitre à part.

Pour être bref, j’ai parlé seulement des 12 principaux crimes contre l’humanité perpétrés par les gouvernements américains successifs. Je n’ai pas parlé de tant d’autres opérations « officielles » de « bienfaisance » avec des bombardements directs de civils par les Etats-Unis de par le monde, comme à Cuba en 1959-1961, au Congo en 1964, au Laos en 1964-1973, à Grenade en 1983, au Liban en 1983, au Salvador en 1980-1990, au Nicaragua en 1980-1990, en Iran en 1987, au Panama en 1989, au Koweït en 1991; en Somalie en 1993, en 2007-2008, en 2011-2022 ; au Soudan en 1998; au Yémen en 2002, en 2009, en 2011-2022; au Pakistan en 2007-2015; en Libye en 2011, en 2015-2019. Et je n’ai parlé non plus de tant d’opérations « confidentielles » menées en masse par le monde dans le même noble objectif de protection des « American interests ».

Depuis 250 ans d’existence des US, c’est seulement durant environ 20 ans que ce pays n’a pas mené de guerre en dehors de ses frontières. Le reste du temps – 230 ans de massacres de masse extra-muros. Dès 2014, ce fut le tour de l’Ukraine.

La France, parmi tant d’autres, pays vassal des Etats-Unis depuis plus de 50 ans, hormis quelques petites « rébellions » qui ne sont que des petits accidents de parcours en tant qu’assujetti, est toujours d’un soutien indéfectible vis-à-vis des actions de « démocratisation » entreprises par son maître. La quasi-intégralité des actions « démocratiques » mentionnées a été vue, à un moment donné, d’un très bon œil par les différents pouvoirs consécutifs de l’Élysée.

L’indignation du « monde civilisé » ne vaut RIEN

Si nous avons une vision globale du monde des 70 dernières années et non pas l’aveuglement hystérique des derniers jours – l’indignation d’aujourd’hui apparaît presque malsaine et perverse, car totalement coupée du contexte de la réalité de ce qui se passe chaque jour dans le monde depuis tant de décennies.

Est-il possible que la vieille Europe de l’Ouest se libère un jour de la domination américaine ? Ceci est totalement impossible. Les pays vassaux fervents que les Etats-Unis ont fait entrer au sein de l’UE avec le droit de veto sur les décisions de la « vraie » Europe : Pologne, Roumanie, Bulgarie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Tchéquie, Slovaquie, Slovénie – sont les exécutants du pouvoir américain incontestable et irréversible au sein de l’Europe. Aucune « décision » de ces pays n’ira jamais à l’encontre de la volonté du maître.

Mais, je ne suis nullement naïf : vu le niveau de l’endoctrinement généralisé et le degré de propagande locale imperméable – je suis parfaitement conscient que la majorité des lecteurs occidentaux de cette missive ont un avis préformaté bien différent sur le sujet. Cela ne me dérange nullement.

Les populations des pays occidentaux de l’OTAN ont de très graves difficultés, depuis toujours, à comprendre que les beaux principes et valeurs appliqués intra-muros n’ont strictement rien à voir, même de très loin, avec ceux proliférés par les bras armés du « monde civilisé » en dehors de leurs territoires.

Ce que les occidentaux voient depuis un mois et sur quoi ils ont été totalement aveugles durant les 8 années consécutives qui ont précédé ce dernier mois – ce n’est nullement une nouvelle guerre qui vient de commencer. Ce n’est que l’élargissement de la zone des combats, qui passe dorénavant de 3 % du territoire de l’Ukraine (peuplé de 15 % d’habitants du pays) à 15 % du territoire, à ce jour.

La différence entre vous et les Russes : les Russes voient le bombardement des villes, la destruction des infrastructures civiles, les cadavres d’enfants, les crimes de guerre et les réfugiés en masse depuis 95 mois et vous – depuis 30 jours.

P.S. : aujourd’hui, c’est le tour de l’Iran. Demain, c’est le tour de quoi ?

Oleg Nesterenko


Notre rédaction a apporté quelques modifications au texte. Certains passages ont été réécrits pour s’adapter à notre format. 

4 mars 2026 0 comments
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Drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest
A la UneSanté

Drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest : la nouvelle économie criminelle qui inquiète la région

by Chiencoro 4 mars 2026
written by Chiencoro 5 minutes read

Un rapport de l’Initiative mondiale contre le crime organisé (GI-TOC), publié le 3 mars 2026, révèle l’ampleur croissante des marchés de drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest. Entre production locale de méthamphétamine, détournement massif de tramadol, nouvelles routes vers l’Asie et le Moyen-Orient, la région s’impose comme un carrefour stratégique d’un trafic en pleine mutation, aux conséquences sanitaires et sécuritaires majeures.

Longtemps considérée comme une simple zone de transit pour la cocaïne latino-américaine à destination de l’Europe, l’Afrique de l’Ouest est désormais un maillon central d’un autre commerce illicite en pleine expansion : celui des drogues synthétiques. Dans son rapport intitulé Cartographie des marchés des drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest, publié le 3 mars 2026, l’Initiative mondiale contre le crime organisé dresse un constat sans appel : la région est devenue à la fois un marché de consommation, une zone de production et une plateforme d’exportation.

Une production locale en forte progression

L’un des enseignements majeurs du rapport est l’implantation durable de laboratoires clandestins de méthamphétamine en Afrique de l’Ouest. Initialement destinées à l’exportation vers l’Asie de l’Est et du Sud-Est, ces productions alimentent désormais aussi les marchés locaux et régionaux.

Des réseaux criminels structurés exploitent les failles réglementaires, la porosité des frontières et la faiblesse des capacités de contrôle pour importer des précurseurs chimiques, installer des unités de fabrication et organiser la distribution. La méthamphétamine produite dans la région transite par des hubs aéroportuaires et maritimes, avec des itinéraires qui relient l’Afrique de l’Ouest à l’Asie, au Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, à l’Europe.

Le rapport souligne que cette évolution prouve que la région ne se contente plus d’être un corridor logistique, mais qu’elle devient un espace de transformation et de valeur ajoutée criminelle.

Le tramadol, pilier d’un marché de masse

Autre pilier de cette économie illicite : le tramadol. Cet opioïde synthétique, légalement utilisé comme antalgique, fait l’objet d’un détournement massif. Importé en grandes quantités – souvent sous-dosé ou surdosé – il est écoulé sur les marchés informels à des prix accessibles.

Selon la GI-TOC, le tramadol est aujourd’hui la drogue synthétique la plus consommée en Afrique de l’Ouest. Sa diffusion touche aussi bien les centres urbains que les zones rurales. Il est prisé par des travailleurs précaires pour ses effets stimulants, mais aussi par des groupes armés non étatiques, qui l’utiliseraient pour renforcer l’endurance des combattants.

Cette banalisation pose le défi sanitaire de la  dépendance, des troubles psychiques, des surdoses et de l’absence de prise en charge adaptée. Les systèmes de santé, déjà fragilisés, peinent à absorber cette nouvelle charge.

Des routes criminelles en recomposition

Le rapport met en lumière la sophistication croissante des réseaux. Ceux-ci combinent trafics de drogues synthétiques, contrebande de médicaments, blanchiment d’argent et parfois trafic d’êtres humains.

Les corridors sahéliens, déjà utilisés pour d’autres trafics, servent de voies de circulation vers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Les ports du golfe de Guinée jouent un rôle clé dans les exportations. Parallèlement, le commerce en ligne et les messageries cryptées facilitent les transactions et compliquent le travail des forces de l’ordre.

Cette diversification s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par l’instabilité politique et la présence de groupes armés dans plusieurs pays du Sahel. Le rapport avertit que les revenus issus des drogues synthétiques pourraient renforcer l’autonomie financière d’acteurs violents et aggraver l’insécurité régionale.

Un impact direct sur la gouvernance et l’économie

Au-delà de la santé publique et de la sécurité, la montée des drogues synthétiques affecte la gouvernance. Corruption, infiltration des institutions, fragilisation de l’État de droit : l’économie criminelle prospère sur les failles structurelles.

La GI-TOC insiste sur le fait que les marchés ouest-africains sont désormais intégrés à des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette insertion dans l’économie illicite globale expose les pays de la région à des pressions internationales accrues et à des risques de sanctions si les dispositifs de lutte restent insuffisants.

Dans le même temps, la criminalisation excessive des usagers et des petits revendeurs, souvent issus de milieux précaires, contribue à la surpopulation carcérale sans s’attaquer aux têtes de réseaux.

Des réponses encore fragmentées

Face à cette mutation rapide, les réponses demeurent inégales. Certains États ont renforcé leurs législations et leurs unités spécialisées. Mais la coopération régionale reste limitée, et le contrôle des précurseurs chimiques demeure lacunaire.

Le rapport recommande une approche globale :

  • amélioration des capacités d’enquête financière et de traçabilité des flux ;
  • harmonisation des cadres juridiques ;
  • régulation plus stricte des importations pharmaceutiques ;
  • politiques de santé publique centrées sur la prévention et la réduction des risques ;
  • renforcement de la coopération internationale.

Pour la GI-TOC, la lutte contre les drogues synthétiques ne peut se limiter à une logique sécuritaire. Elle doit intégrer les dimensions sociales, économiques et sanitaires du phénomène.

Un tournant pour l’Afrique de l’Ouest

La cartographie proposée par l’Initiative mondiale contre le crime organisé met en évidence une transformation structurelle. Les drogues synthétiques redessinent les dynamiques criminelles en Afrique de l’Ouest.

Plus accessibles, plus faciles à produire et à transporter que les drogues d’origine végétale, elles offrent aux réseaux une rentabilité élevée et une grande flexibilité logistique. Pour les États ouest-africains, l’enjeu est désormais double : contenir une menace transnationale tout en protégeant des populations de plus en plus exposées.

À défaut d’une réponse coordonnée et multidimensionnelle, avertit le rapport, l’économie des drogues synthétiques pourrait s’ancrer durablement dans le paysage régional – avec des conséquences profondes sur la stabilité, la santé publique et le développement.

Chiencoro Diarra 

4 mars 2026 0 comments
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Capitaine Ibrahim Traoré
ActuÉconomie

Burkina Faso : un plan de 36 190 milliards FCFA pour relancer l’économie et la cohésion nationale à l’horizon 2030  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Burkina Faso a dévoilé son Plan national de développement (PND) 2026-2030, véritable boussole stratégique pour l’action publique. Ce document marque une rupture avec les hésitations du passé et s’inscrit dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP). Il ambitionne de refonder le modèle de développement en plaçant l’État au centre de l’impulsion économique et sociale, garant de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Le PND 2026-2030 succède au PNDES 2021-2025 et capitalise les leçons tirées de son exécution. Il prend en compte les défis sécuritaires, humanitaires et économiques, mais aussi les opportunités offertes par le repositionnement stratégique du pays au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). L’objectif global est d’impulser un développement endogène et inclusif, fondé sur la souveraineté nationale et l’engagement patriotique.  

Une rupture stratégique pour un État stratège

La vision affichée est celle d’un « Burkina Faso souverain et prospère, bâtissant un développement endogène et durable au service du bien-être de tous ». Pour y parvenir, le plan s’articule autour de quatre piliers : consolider la sécurité et la paix, refonder l’État et améliorer la gouvernance, développer le capital humain, et transformer durablement l’économie par les infrastructures et l’industrialisation.

Les impacts attendus à l’horizon 2030 sont ambitieux : reconquête totale du territoire, réduction de la pauvreté de 43,2 % en 2021 à 35 %, amélioration de l’indice de perception de la corruption, hausse de la part des industries manufacturières dans le PIB de 9,6 % à 17,7 %, et accroissement de la puissance électrique installée de 678,5 MW en 2024 à 2585,6 MW. Ces objectifs traduisent une volonté de transformation profonde.  

Des objectifs chiffrés pour transformer l’économie

Le plan prévoit également une amélioration de l’espérance de vie, passant de 61,9 ans en 2019 à 68 ans en 2030. L’éducation et la formation professionnelle sont mises en avant, avec une augmentation de la proportion des effectifs de l’EFTP de 5 % en 2024 à 12 % en 2030. La réduction de la dépendance alimentaire est aussi visée, en diminuant la part des produits alimentaires importés de 11,5 % à 8 %.

Le coût global de mise en œuvre du PND est estimé à 36 190,7 milliards FCFA, soit une moyenne annuelle de 7 238,1 milliards. Les dépenses d’investissement représentent 34,5 % du total, soit 12 494,9 milliards FCFA. Le besoin de financement additionnel est évalué à 10 955,3 milliards FCFA, correspondant à 30,3 % du coût total. Pour y répondre, l’État mise sur des instruments innovants de financement.  

Un financement innovant et participatif

Parmi ces innovations figurent l’actionnariat populaire, les contributions volontaires et communautaires, ainsi que les revenus de portefeuilles de l’État. L’approche-programme est privilégiée, avec des initiatives présidentielles jouant le rôle d’accélérateurs. Cette méthode vise à renforcer la cohérence des interventions, accroître l’efficacité budgétaire et améliorer le suivi-évaluation. L’État se positionne ainsi comme stratège et catalyseur du développement.

Le PND identifie toutefois des risques majeurs : chocs extérieurs, incertitudes de financement, catastrophes naturelles, effritement de la cohésion sociale, faible mobilisation communautaire et persistance de l’insécurité. Pour chacun, des mesures d’atténuation sont prévues. En somme, ce plan de relance traduit une volonté politique forte de bâtir un Burkina Faso souverain, uni et prospère, en inscrivant l’action publique dans une dynamique de transformation structurelle assumée.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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