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Le drapeau du Mali et celui de la Suisse.
ActuÉconomie

Ambassade du Mali à Genève : entre irrégularités financières et gestion opaque

by Chiencoro 14 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

La gestion de l’Ambassade du Mali à Genève est entachée d’irrégularités financières et d’avantages indus, révélant un déficit de caisse massif et une administration opaque, désormais sous la menace d’une action judiciaire.

La diplomatie malienne vacille sous le poids des scandales. La récente vérification financière menée par le Bureau du Vérificateur général (BVG) sur la gestion de l’Ambassade du Mali à Genève entre 2021 et 2024 dresse un constat implacable : irrégularités administratives, dépenses injustifiées, avantages indus et un déficit de caisse abyssal. Dans un contexte de restrictions budgétaires, cette gestion chaotique met en lumière les dérives d’une administration qui peine à rendre des comptes.

La première anomalie relevée est d’ordre administratif. Le Secrétaire Agent Comptable (SAC), pourtant en charge de la gestion financière, ne tenait pas les registres et documents comptables exigés par la réglementation. « La non-tenue de l’ensemble des registres et documents comptables ne permet pas d’avoir un aperçu fiable et exhaustif de la situation financière et patrimoniale de l’Ambassade », souligne le rapport du BVG. Pire encore, les dépenses ne suivaient pas la chronologie requise et étaient enregistrées de manière irrégulière, compromettant la transparence des opérations.

Des avantages indus distribués à la pelle

Au fil des années, l’Ambassade est devenue une vache à lait pour certains de ses cadres. Le rapport révèle que l’Ambassadeur et le Secrétaire Agent comptable ont octroyé des sommes d’argent considérables sous des prétextes discutables. « Ils ont payé au personnel diplomatique sans base légale et sans pièce justificative des sommes en numéraire qualifiées de “perte aux changes” pour un montant total de 41 359 544 FCFA », détaille le BVG. Ajoutons à cela des dotations forfaitaires en téléphone et carburant non prévues par la réglementation (70 564 339 FCFA), ainsi que des prises en charge abusives des frais d’internet et de télévision de la résidence de l’Ambassadeur.

Les fêtes religieuses n’étaient pas en reste. Des gratifications indues à hauteur de 10 462 964 FCFA ont été distribuées au personnel diplomatique à l’occasion du ramadan et de la Tabaski. Au total, ce sont près de 126 millions FCFA qui ont été versés en avantages sans aucune justification légale.

Un gouffre financier non justifié

L’opacité ne s’arrête pas là. L’enquête a mis au jour un déficit de caisse de 76 175 967 FCFA, un trou béant dont les gestionnaires de l’Ambassade n’ont pu fournir d’explication satisfaisante. Par ailleurs, des remboursements de frais médicaux ont été effectués alors que les bénéficiaires étaient déjà couverts par une assurance complète. « Ils ont pris en charge 100 % des frais dentaires au lieu des 50 % prévus par la réglementation », souligne encore le rapport. Le montant total de ces remboursements indus s’élève à 9 674 292 FCFA.

Si les irrégularités sont nombreuses, certaines frisent le scandale. L’Ambassade a justifié une dépense de 7 831 119 FCFA par une facture falsifiée pour des travaux d’entretien. Problème : l’entreprise censée avoir réalisé ces travaux avait cessé ses activités bien avant la date indiquée sur la facture.

Autre révélation troublante. L’ancien Ambassadeur a disparu avec des équipements achetés pour sa résidence. « Aucun des équipements acquis après 2015 ne figurait dans l’inventaire de 2023 », affirme le rapport. Valeur totale des équipements disparus : 10 354 333 FCFA.

Vers une action judiciaire ?

Face à ces dérives, le Vérificateur général a décidé de transmettre le dossier au Président de la Section des Comptes de la Cour Suprême et au Procureur de la République du Pôle national économique et financier. Une enquête judiciaire pourrait être ouverte, avec des sanctions potentielles contre les responsables de ces détournements présumés.

Alors que le Mali traverse une crise financière et sécuritaire, cette affaire illustre les failles du contrôle budgétaire dans les représentations diplomatiques. Si les sanctions ne suivent pas, le sentiment d’impunité risque de perdurer, sapant encore un peu plus la confiance des citoyens dans leurs institutions.

Chiencoro Diarra 

14 mars 2025 0 comments
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Une femme en train de cuisiner.
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Les plats traditionnels du ramadan au Mali : immersion dans les cuisines familiales

by Cheickna Coulibaly 14 mars 2025
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

Le ramadan est un mois sacré pour les musulmans du monde entier, et au Mali, il est marqué par des traditions culinaires riches et variées. Dans les foyers maliens, la rupture du jeûne, appelée « sountikai » est un moment de partage et de convivialité où des mets savoureux et nourrissants sont préparés avec soin.

Pendant le mois de ramadan, au coucher du soleil, les familles maliennes commencent généralement par rompre le jeûne avec des dattes et de l’eau, suivant la tradition prophétique. Ensuite, un porridge de mil ou de maïs, appelé « moni » ou « bouilli de mil », est souvent servi. Ce plat, légèrement sucré et parfois agrémenté de lait, permet de redonner rapidement de l’énergie après une longue journée de jeûne.

Kadia Coulibaly témoigne : « Chez nous, nous faisons la rupture avec de la bouillie de mil, du kinkeliba, des dattes, des beignets et des galettes. Nous préparons un peu de tout pour que chacun puisse choisir ce qu’il veut. Notre spécialité, c’est le couscous de mil, un plat traditionnel transmis de génération en génération. Pour le rendre encore plus savoureux, parfois nous changeons de sauce tantôt c’est la sauce à base d’oignons, sauce à de feuilles vertes ou sauce de pattes ou poudres d’arachides. »

Aïcha Pléa, de son côté, ajoute : « Notre rupture du jeûne commence toujours par la bouillie de mil, le café noir et des beignets. Notre spécialité, c’est le tô, préparé avec du maïs, du mil ou du sorgho. Il est souvent accompagné de soupe de poisson, de viande ou de poulet. Pour la sauce, nous utilisons de la poudre de gombo et des condiments variés comme le poisson séché et les légumes. »

Des plats copieux pour reprendre des forces

Si la rupture du jeûne commence en douceur avec des mets légers, elle se poursuit avec des plats plus consistants qui permettent de recharger les forces après une longue journée de privation. La cuisine malienne regorge de recettes savoureuses et nutritives, transmises de génération en génération et adaptées aux besoins énergétiques du ramadan. Après cette première collation, place aux plats plus consistants. Parmi les incontournables, on retrouve : le riz gras, le tô, le haricot, les beignets de haricot, le jus de gingembre et le jus de bissap. Ces boissons rafraîchissantes sont essentielles pour s’hydrater et accompagner les plats.

Nana Traoré partage son expérience : « Le café noir et le jus de bissap sont les éléments primaires pour notre rupture. Parfois, nous préparons des sandwichs composés de salade, de pain, de frites et de viande sautée. Notre spécialité, c’est le poisson : bien mariné et grillé, il est toujours très apprécié. Pour la soupe de poisson, que nous réservons souvent aux anciens de la famille, nous utilisons des oignons, des légumes et un peu de piment pour relever le goût. »

Une touche de modernité dans les cuisines familiales

Si les plats traditionnels dominent les repas du ramadan, certaines familles intègrent aussi des recettes plus modernes. Kadia Coulibaly confie : « Le plat moderne que je cuisine, c’est la pizza. Je prends mes recettes sur YouTube ou TikTok pour varier les plaisirs. » De son côté, Nana Traoré apprécie les nems : « Tant qu’on a la pâte, on peut les garnir avec de la viande et des condiments, puis les rouler et les frire. Nous les accompagnons de salade et de frites. »

La dimension sociale et spirituelle du ramadan

Le ramadan est un moment de forte cohésion sociale, aussi bien au sein des familles que dans la communauté. Fatoumata Traoré, gérante du restaurant « La Lumière de Bamako », explique : « Notre restaurant se transforme pour répondre aux attentes des familles et des communautés qui rompent le jeûne ensemble. Nous avons élaboré un menu spécial mettant en avant des plats traditionnels comme le riz au gras, le tô et des soupes. Ce mois sacré renforce notre engagement à offrir non seulement une expérience gustative authentique, mais aussi un espace de partage et de solidarité. »

Enfin, Abdoulaye Diarra, mari et chef de famille, résume l’importance du repas du soir : « Pour moi, la rupture du jeûne, ce n’est pas juste manger, c’est savourer ! Après une longue journée sans rien avaler, je veux me faire plaisir avec des plats bien préparés. J’aime quand ma femme nous prépare un bon poulet, du poisson ou même des beignets croustillants. C’est le moment où je prends vraiment le temps de déguster chaque bouchée, et franchement, ça donne encore plus de sens au ramadan. »

Le ramadan au Mali est bien plus qu’un simple mois de jeûne : c’est un moment de solidarité, de générosité et de partage, où la cuisine occupe une place centrale. 

Cheickna Coulibaly, 

Djénéba Yalcouyé, stagiaire

14 mars 2025 0 comments
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Le Président de la transition réunis avec des ministres pour faire le point de la présidence malienne de l'AES.
A la UneÉconomie

Banque Confédérale de l’AES : avec 500 milliards de capital initial, début d’une révolution économique pour le Sahel !

by Sahel Tribune 14 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La Confédération des États du Sahel (AES) franchit une étape clé avec la création de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement, dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Cet instrument financier ambitieux vise à renforcer l’autonomie économique de l’AES, à financer des projets structurants et à stimuler l’intégration régionale.

C’est un Assimi Goïta en chef de guerre et en stratège économique qui a convoqué, ce jeudi 13 mars 2025, une réunion de haut niveau au palais de Koulouba. À quelques mois de la fin de la présidence malienne de la Confédération des États du Sahel (AES), le général-président a réuni autour de lui l’état-major de son gouvernement : huit ministres, dont les poids lourds de la Défense, de la Diplomatie et de l’Économie. Objectif : dresser le bilan d’un projet qui, en moins d’un an, a réécrit les règles du jeu géopolitique en Afrique de l’Ouest.

Depuis le sommet inaugural de l’AES, en juillet 2024 à Niamey, les lignes ont bougé, et Assimi Goïta entend bien le faire savoir. Trois axes stratégiques, martelés comme un triptyque idéologique : Défense et Sécurité, Diplomatie et Développement, ou pour faire simple les « trois D ».

Une architecture militaire en construction

Sur le premier front, celui du combat contre les groupes armés terroristes, le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, ne cache pas sa satisfaction. La force conjointe de l’AES, regroupant les armées malienne, burkinabè et nigérienne, est désormais opérationnelle. L’opération Yéréko, menée dans la zone des trois frontières, en est l’illustration la plus flagrante. Des bastions terroristes neutralisés, des arsenaux saisis, un terrain reconquis.

C’est un tournant militaire assumé. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les régimes de transition ont définitivement tourné la page des interventions étrangères. Finie l’époque des coalitions sous perfusion occidentale. Désormais, les règles sont celles de la souveraineté retrouvée, des alliances redéfinies et des rapports de force imposés par les armes.

Une diplomatie de rupture

Sur le terrain diplomatique, l’AES avance ses pions. Un drapeau, un passeport, un logo. Autant de symboles qui traduisent une ambition bien réelle. « Nous parlons désormais d’une seule voix », se félicite Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et chef d’orchestre de cette nouvelle géopolitique du Sud global. Exit la CEDEAO, marginalisée et contestée. Place à un axe Bamako-Ouagadougou-Niamey, qui façonne sa propre identité régionale.

En coulisses, les tractations vont bon train. L’AES cherche ses alliés naturels. La Russie, la Turquie, l’Iran, des partenaires arabes et asiatiques. L’Afrique de l’Ouest, elle, observe. Entre fascination et inquiétude.

Un projet économique encore embryonnaire

Mais la confédération des États du Sahel ne peut se contenter d’être un projet sécuritaire et diplomatique. Il lui faut une colonne vertébrale économique. Là encore, Assimi Goïta affiche ses ambitions.

Sur ce terrain, le ministre de l’Économie, Alhousseini Sanou, joue les maîtres d’œuvre. Deux avancées majeures : la mise en place d’un taux de prélèvement confédéral, destiné à financer les projets de développement, et la création de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement de l’AES, dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA.

La dynamique est lancée, même si tout reste à faire. Dans les tiroirs du ministère des Finances, un code des douanes AES est en préparation. Un espace commercial unique se dessine. Mais surtout, les grands chantiers logistiques — chemin de fer transsahélien, compagnie aérienne confédérale — figurent en bonne place dans les plans stratégiques. Un pari audacieux, mais qui soulève une question : où trouver les financements ?

Une présidence Goïta entre pragmatisme et incertitudes

D’ici trois mois, la présidence malienne de l’AES prendra fin. Assimi Goïta laissera-t-il derrière lui une Alliance solidement ancrée ou un projet encore fragile ?

Les chantiers lancés sont titanesques, mais les obstacles restent nombreux : financements incertains, pressions diplomatiques, dissensions internes. Bamako, Niamey et Ouagadougou affichent leur unité, mais des tensions subsistent, notamment sur la mise en place de certaines structures économiques.

L’histoire retiendra néanmoins que sous la présidence Goïta, l’AES aura cessé d’être une simple déclaration politique pour devenir une réalité tangible.

Une confédération naissante, un laboratoire géopolitique, un défi historique. Et une question qui demeure : l’AES sera-t-elle un modèle de rupture durable ou une parenthèse dans l’histoire mouvementée du Sahel ?

A.D

14 mars 2025 0 comments
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Umaro Sissoco Embalo
ActuPolitique

Umaro Sissoco Embalo : « Ce ne sont pas des petits fonctionnaires qui vont venir nous dicter ce qu’on doit faire »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 14 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Dans une interview accordée le mercredi 5 mars 2025 à For You MEDIA AFRICA, Umaro Sissoco Embalo, le président de la Guinée-Bissau, a exprimé une critique sévère à l’encontre de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en particulier à propos de ses récentes actions dans son pays. Le président Embalo n’a pas hésité à souligner « les erreurs de la CEDEAO », tout en réaffirmant son engagement pour un respect absolu de la loi et des principes qui régissent son pays.

Selon le président Embalo, la Commission de la CEDEAO a commis une « très grande erreur » en agissant en contradiction avec les principes de souveraineté nationale. Dans une déclaration sans ambiguïté, il a insisté sur le fait qu’un pays souverain ne peut pas être soumis à des diktats extérieurs, même de la part d’une organisation à laquelle il appartient. « On ne peut pas avoir une feuille de route et violer cette dernière », a-t-il affirmé. Pour lui, les décisions au sein de la CEDEAO doivent être prises par les chefs d’État, et non par des fonctionnaires non élus qui ne sont pas responsables devant les populations des États membres.

Le président bissau-guinéen s’est rappelé des circonstances entourant l’envoi de la mission en Guinée-Bissau. « Lors de notre sommet, il a été décidé d’envoyer une mission de la CEDEAO pour observer la situation dans le pays, et c’est normal », a expliqué Embalo. Toutefois, il a précisé qu’il avait donné son accord sous une condition fondamentale : « le respect de la loi et de la Constitution de la Guinée-Bissau ». En conséquence, lorsqu’il a estimé que cette condition n’avait pas été respectée, il n’a pas hésité à renvoyer les observateurs de la CEDEAO, affirmant que la Constitution de son pays devait primer sur toute intervention extérieure.

Un refus catégorique de toute sanction

Concernant d’éventuelles sanctions de la CEDEAO contre la Guinée-Bissau, le président Embalo a exprimé une confiance totale en la souveraineté de son pays. Il a affirmé qu’il n’avait « aucune crainte » de sanctions, soulignant que celles-ci n’étaient « ni possibles, ni envisageables ». Il a réaffirmé que tout ce qu’il faisait, était en accord avec les principes de la CEDEAO, et a insisté sur le fait que la Guinée-Bissau, en tant que pays membre fondateur, avait toute légitimité à prendre ses propres décisions.

 « La CEDEAO, c’est nous, les chefs d’État, ce ne sont pas des petits fonctionnaires qui vont venir nous dicter ce qu’on doit faire », a-t-il martelé, dans une déclaration ferme qui reflète sa position de résistance face à toute forme d’ingérence.

Le président a aussi rappelé que la souveraineté des États membres est primordiale et qu’aucune institution internationale, pas même les Nations Unies, ne saurait imposer une décision contre la volonté des pays concernés. Il a ajouté que les décisions au sein de la CEDEAO devaient être prises en collégialité, au niveau des chefs d’État et de gouvernement, et non par une commission détachée de la réalité politique et des impératifs locaux.

La CEDEAO face à une crise de leadership

Embalo n’a pas seulement critiqué les actions récentes de la Commission de la CEDEAO. Il a également abordé les difficultés internes que traverse l’organisation régionale. Selon lui, l’absence de respect des limites des pouvoirs au sein de la CEDEAO a conduit à une crise de leadership et à l’aliénation de certains membres importants, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces pays ont récemment quitté l’organisation, une décision que le président bissau-guinéen considère comme « vraiment dommage ». Mais, malgré cette situation, il reste optimiste sur la possibilité de renouer des liens avec ces nations et d’éviter une fracture irréparable au sein de l’union régionale.

Il a souligné que ces pays n’auraient peut-être pas quitté la CEDEAO si l’organisation avait su mieux gérer les crises au Mali, au Burkina Faso et au Niger. « C’est vraiment dommage qu’ils soient partis, mais je pense qu’on peut encore les retrouver », a déclaré Embalo. Toutefois, il reconnaît que la création de la Confédération des États du Sahel (AES) pourrait compliquer cette réconciliation.

Un appel à une réforme de la CEDEAO

Dans son intervention, Embalo a exprimé une volonté de réformer profondément la CEDEAO. Il a critiqué la présence d’« activistes » au sein de la Commission, soulignant que cela était « inacceptable ». Pour lui, l’organisation doit être « totalement refondée ». Il a expliqué que la CEDEAO, malgré son histoire et son rôle fondamental dans la sous-région, est aujourd’hui en train de s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions et d’une gestion inefficace.

Il a conclu son intervention en appelant à une révision des approches de la CEDEAO face aux crises politiques en Afrique de l’Ouest, notamment en ce qui concerne l’intervention militaire au Niger. Selon Embalo, l’annonce de cette intervention était une erreur stratégique, et l’organisation aurait dû envisager d’autres solutions. Mais, au lieu de se laisser piéger par les erreurs du passé, il a exhorté les dirigeants de la CEDEAO à regarder vers l’avenir pour restaurer la crédibilité de l’organisation. « Il faut aller de l’avant pour sauver la CEDEAO », a-t-il affirmé.

L’interview du président Umaro Sissoco Embalo illustre la position de plus en plus tranchée de la Guinée-Bissau vis-à-vis de la CEDEAO et met en lumière les tensions croissantes au sein de l’organisation régionale. 

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Des élèves dans une salle de classe.
A la UneÉducation

Éducation en crise : les autorités maliennes sanctionnent les absences prolongées des enseignants

by Chiencoro 14 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Face à l’absentéisme prolongé des enseignants dans les régions de Ménaka et Kidal, les autorités ont décidé de sévir. À travers des décisions officielles, elles annoncent la suspension des salaires des enseignants en abandon de poste et fixent des ultimatums pour leur retour. Une mesure qui vise à garantir la continuité de l’éducation dans ces zones touchées par l’insécurité.

Face à la crise persistante du secteur éducatif dans les régions de Ménaka et Kidal, marquée par l’absence prolongée de nombreux enseignants, les autorités administratives ont décidé de frapper fort. À travers des décisions officielles, le gouverneur de Ménaka et l’Académie d’Enseignement de Kidal ont pris des mesures coercitives allant jusqu’à la suspension des salaires des enseignants concernés.

Une crise éducative dans un contexte sécuritaire dégradé

Depuis 2012, le nord du Mali fait face à une insécurité chronique qui a fortement impacté l’accès à l’éducation. À Ménaka, la situation s’est aggravée depuis mars 2022, avec une série d’attaques terroristes dans plusieurs localités, dont Tamalet, Inchinane, Agazragane, Inekar et Anderamboukane. Ces violences ont provoqué un déplacement massif des populations et la fermeture de plus de 140 écoles. Pour maintenir l’offre éducative, plusieurs établissements ont été relocalisés dans la commune urbaine de Ménaka, où des conditions de sécurité plus favorables permettent encore la tenue des cours.

Cependant, malgré les efforts des autorités pour assurer une continuité pédagogique, l’absentéisme de certains enseignants a continué d’affecter le système scolaire. Faute de personnel suffisant, certaines écoles doivent gérer des classes surchargées, atteignant parfois jusqu’à 200 élèves.

Suspension des salaires des enseignants absents

Face à cette situation préoccupante, l’Académie d’Enseignement de Ménaka a dressé un état des lieux des enseignants en abandon de poste, conformément aux signalements des Centres d’Animation Pédagogique (CAP) de la région. Malgré un dernier appel lancé le 22 février 2025 par le gouverneur, les enseignants absents n’ont pas regagné leur poste avant la date butoir du 3 mars.

En conséquence, le 10 mars 2025, une décision administrative (N°2025-000079-GR-MKA-CAB) a été prise pour suspendre, à compter du 1er avril 2025, les salaires des enseignants toujours en situation d’abandon.

Kidal, un ultimatum avant sanctions

Dans la région voisine de Kidal, la situation est similaire. Par un communiqué officiel daté du 12 mars 2025 (N°2025-001/AE-KI), l’Académie d’Enseignement de Kidal a exhorté les enseignants absents à reprendre leur poste d’ici le 27 mars à 7h30. Passé ce délai, des sanctions conformes à la réglementation en vigueur seront appliquées.

Ce communiqué a été diffusé en plusieurs langues (français, tamasheq, sonhrai, bambara) afin de toucher le maximum d’enseignants concernés et éviter toute ambiguïté.

Des mesures exceptionnelles pour un secteur en détresse

À travers ces décisions, les autorités locales envoient un signal fort. La crise sécuritaire ne saurait justifier l’abandon prolongé des salles de classe. En mettant en place ces sanctions, elles entendent responsabiliser les enseignants et garantir aux enfants de ces régions un accès à l’éducation, même dans un contexte difficile.

Si ces mesures sont perçues comme nécessaires pour assurer la continuité du service public, elles posent aussi la question des conditions de travail des enseignants en zone à risque. Le défi demeure donc double : restaurer l’autorité de l’État tout en créant un environnement propice à l’exercice de la mission éducative.

Chiencoro Diarra

14 mars 2025 0 comments
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Couverture du rapport
ActuÉconomie

Le PNUD au Mali : un partenaire clé pour la résilience et le développement durable

by Sahel Tribune 13 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Face aux défis sécuritaires, économiques et climatiques, le PNUD renforce son engagement au Mali en soutenant la gouvernance, l’inclusion financière, l’autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi que la résilience environnementale.

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques croissants, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a poursuivi en 2024 son engagement aux côtés du gouvernement malien pour renforcer la résilience des populations et promouvoir un développement durable et inclusif. À travers divers programmes, l’agence onusienne a contribué à l’amélioration des conditions de vie des Maliens tout en soutenant les réformes politiques et économiques essentielles à la stabilité du pays.

Une priorité : le renforcement de la résilience économique et sociale

Face à une conjoncture difficile, le PNUD a mis en œuvre plusieurs initiatives pour soutenir l’économie malienne. En 2023, le taux de croissance du pays a atteint 4,9 %, contrastant avec la contraction de -1,2 % en 2020. Toutefois, la pauvreté monétaire a légèrement augmenté, passant de 41,9 % en 2020 à 43,9 % en 2023. Dans ce contexte, le PNUD a intensifié ses actions pour améliorer l’accès au financement des entreprises, notamment à travers le Programme pour le Développement à l’Exportation de la Viande du Mali (PROVEDIM), explique l’agence onusienne.

En matière d’inclusion financière, l’appui du PNUD a permis d’augmenter le taux de bancarisation, qui est passé de 48,6 % en 2020 à 76,1 % en 2023. Ces efforts ont facilité l’accès au financement pour plus de 2 500 jeunes entrepreneurs et permis à 1 134 PME/PMI de maintenir leurs activités malgré un environnement économique incertain.

Bonne gouvernance et stabilisation : une implication active

Conscient que le développement ne peut être dissocié de la gouvernance, le PNUD a soutenu le gouvernement dans la mise en œuvre de réformes politiques et institutionnelles majeures. L’adoption d’une nouvelle Constitution et d’une loi électorale, accompagnée par une assistance technique du PNUD au Conseil National de Transition (CNT), a posé les bases d’un processus électoral plus inclusif et transparent.

Dans le domaine sécuritaire, le PNUD a renforcé la coopération transfrontalière et encouragé le dialogue intercommunautaire, souligne l’agence onusienne. La redynamisation des commissions foncières dans 173 communes a permis de résoudre plus de 430 conflits liés à la gestion des terres et des ressources naturelles, des enjeux souvent à l’origine des violences intercommunautaires.

Un soutien fort à l’autonomisation des femmes et des jeunes

L’un des piliers des interventions du PNUD au Mali en 2024 a été la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation économique des femmes. Le programme a appuyé la révision de la Politique nationale genre 2025-2034 et facilité l’accès des femmes à des opportunités économiques. Grâce à ces initiatives, la part des emplois occupés par des femmes dans les programmes de financement a progressé de 18,8 % en 2020 à 31,2 % en 2023.

Par ailleurs, les jeunes ont bénéficié de plusieurs initiatives favorisant leur insertion professionnelle et leur autonomisation. Le Programme Entrepreneuriat Jeunesse a permis de former 146 jeunes en gestion et marketing digital, tandis que 2 765 jeunes ont été insérés sur le marché de l’emploi, avec un accent particulier mis sur les jeunes femmes et les personnes en situation de handicap.

Environnement et résilience climatique, des actions concrètes

Les effets du changement climatique ont exacerbé les défis humanitaires au Mali, en particulier à travers des inondations dévastatrices en 2024. Pour faire face à ces enjeux, le PNUD a soutenu l’élaboration d’une stratégie nationale de sécurité climatique et a contribué à la mise en place d’un système d’alerte précoce couvrant désormais plus de 2 millions de personnes.

L’organisation a également encouragé des pratiques durables avec la réhabilitation de 10 hectares de forêt dégradée et la protection de 38 000 hectares de pâturages. De plus, 4 215 personnes ont bénéficié de l’amélioration de l’accès à l’eau potable grâce à la réhabilitation de 14 points d’eau.

Vers un développement durable et inclusif

Malgré la diminution des ressources allouées au développement, le PNUD a accompagné le Mali dans la mise en place d’un cadre national de financement intégré pour assurer une mobilisation plus efficace des fonds nécessaires à la réalisation des objectifs de développement durable.

Alors que le gouvernement malien met en œuvre sa Vision 2063 et sa Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033, le PNUD entend renforcer encore son engagement pour transformer positivement les conditions de vie des populations.

Dans un pays confronté à de multiples défis, l’action du PNUD reste un levier essentiel pour bâtir un avenir plus stable et inclusif. Loin de se contenter d’interventions ponctuelles, l’organisation continue de s’inscrire dans une démarche de long terme, avec pour ambition d’accompagner le Mali sur le chemin d’une croissance durable et résiliente.

A.D

13 mars 2025 0 comments
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L'initiative du président de la transition pour un accès équitable à l'eau potable.
A la UneÉconomie

Dogobala : l’eau jaillit, la vie renaît

by Chiencoro 13 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

L’inauguration de deux nouveaux forages à Dogobala et Moribabougou, issus des œuvres sociales du Président de la Transition, le mardi 11 mars 2025, vient soulager les populations en leur offrant un accès vital à l’eau potable, dans un élan de solidarité et de développement communautaire.

Ce mardi matin, Dogobala Koulouba s’est réveillé sous un ciel clément, bercé par une brise légère après une nuit pluvieuse. Une atmosphère idéale pour un événement marquant : l’inauguration du 404 ᵉ forage réalisé dans le cadre des œuvres sociales du Président de la Transition. Au cœur du village, un imposant château d’eau vert se dresse désormais, symbole d’un changement tant attendu. Fini le temps où les habitants devaient puiser l’eau au pied des rochers avoisinants. Aujourd’hui, une source d’eau potable jaillit, promettant un quotidien plus serein, notamment pour les femmes qui, jusque-là, parcouraient de longues distances à la recherche de cette ressource vitale.

De l’eau des rochers à l’eau du château

Jusqu’alors, les femmes de Dogobala parcouraient en effet des kilomètres, portant sur leur tête des bassines pleines d’eau recueillie entre les crevasses des rochers. Ce matin, un château d’eau vert trône au milieu du village. Il remplace ces sources capricieuses et vient soulager un quotidien de labeur.

Dans une atmosphère empreinte de gratitude et d’espoir, l’équipe des œuvres sociales, dirigée par Aguibou DEMBELE, Conseiller spécial du Président de la Transition, a procédé à la coupure du ruban, sous des applaudissements nourris et des chants traditionnels.

Le chef de village, Gaoussou Coulibaly, par la voix de son représentant, a exprimé son soulagement :« Ces autorités sont celles qui vont libérer ce pays des mains de l’ennemi. Nous ne devons pas être nos propres adversaires. Elles sont un don de Dieu, et nous devons les soutenir. »

Dans la même veine, le patriarche Gaoussou Coumaré, ému, a déclaré : « Vous nous offrez la vie, ici-bas et dans l’au-delà. »

Les femmes, principales bénéficiaires de cette infrastructure vitale, n’ont pas caché leur joie. Diarafa Dembélé, leur porte-parole, a décrit leur quotidien éreintant : « Ici, les femmes se réveillent avant l’aube pour chercher de l’eau et ne rentrent qu’au coucher du soleil. Ce forage est une bénédiction. Nous espérons en voir d’autres. »

L’engagement des autorités locales

Le Maire de la commune de Moribabougou, Issa Diallo, a salué l’initiative et rappelé que ce forage n’était pas la première réalisation des œuvres sociales dans sa circonscription. Il a renouvelé son engagement à accompagner les actions du Président de la Transition.

Le président de la jeunesse locale a, pour sa part, exprimé des doléances en faveur de nouvelles initiatives : un centre de santé, des projets générateurs de revenus et des écoles pour assurer un avenir meilleur aux jeunes de Dogobala.

L’Imam Hamma Traoré a insisté sur l’importance spirituelle de cet ouvrage : « L’eau, c’est la vie. Ce forage, installé à côté de la mosquée, nous permettra enfin d’avoir de l’eau pour les ablutions. C’était un véritable défi jusque-là. »

Cap sur Moribabougou : une nouvelle source de vie

Après Dogobala, la délégation s’est rendue à Moribabougou pour inaugurer le 405e forage des œuvres sociales présidentielles. Là encore, la joie était au rendez-vous. Le représentant du Maire a souligné la diversité des actions entreprises par l’État, qui touchent toutes les régions du pays.

Dans cette commune non desservie par la SOMAGEP, où l’accès à l’eau repose essentiellement sur des forages individuels, cette installation arrive à point nommé.

« En cette période de saison chaude où l’eau se raréfie, ce forage est une aubaine. Mais il est impératif que la population s’organise pour assurer son entretien. »

Les femmes, premières touchées par la corvée d’eau, ont plaidé pour la multiplication de ces infrastructures.

Aguibou Dembélé, tout en faisant le bilan des nombreuses réalisations des œuvres sociales (forages, kits alimentaires, centres de dialyse équipés de panneaux solaires), a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse de ces infrastructures : « Dans certaines localités, les bénéficiaires ont mis en place un système d’entretien qui leur a permis de multiplier les forages. Il est important que de telles initiatives se répètent. »

Loin des discours, ces forages témoignent d’une action qui touche au quotidien des Maliens. L’eau coule désormais à Dogobala et Moribabougou, apportant avec elle une promesse de jours meilleurs.

Chiencoro Diarra 

13 mars 2025 0 comments
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