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Remise du rapport par le Vérificateur général au président de la Transition
ActuÉconomie

Mali – Diplomatie en péril : la gestion trouble de l’Ambassade du Mali à Abu Dhabi sous le feu des projecteurs

by Sahel Tribune 15 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Entre opacité et irrégularités financières, un rapport explosif du Vérificateur Général accable l’Ambassade du Mali aux Émirats Arabes Unis. 

C’est un document accablant qui vient d’être publié par le Bureau du Vérificateur Général (BVG) du Mali. Un rapport de vérification financière sur la gestion de l’Ambassade du Mali à Abu Dhabi pour la période 2021-2024 met en lumière une série de dysfonctionnements et d’irrégularités financières impliquant directement l’Ambassadeur et le Secrétaire Agent Comptable. Le montant total des anomalies détectées s’élève à plus de 202 millions de FCFA. À trois mois de la fin de la présidence malienne de la Confédération des États du Sahel (AES), ce scandale vient ternir l’image d’un pays qui cherche à renforcer son influence diplomatique.

Une gestion en roue libre

La mission diplomatique malienne aux Émirats Arabes Unis, créée en 2016, est censée jouer un rôle clé dans le développement des relations entre Bamako et Abu Dhabi, un partenaire stratégique du Mali. Mais selon le BVG, la gestion administrative et financière de cette représentation relève plus du laisser-aller que d’un service d’État structuré. « L’Ambassade ne transmet pas dans le délai requis sa comptabilité à la Paierie Générale du Trésor », pointe le rapport, précisant que certains documents comptables accusent un retard de transmission de plus de 555 jours.

Les pratiques douteuses s’accumulent. Des frais de location et d’ameublement indument pris en charge, des factures médicales non justifiées, et surtout, des retraits en espèces sur le compte de l’Ambassade sans justificatifs valables. Pire encore, le rapport indique que des fonds de l’Ambassade ont été virés directement sur le compte personnel de l’Ambassadeur.

Des dépenses fictives et des fonds détournés

Le Bureau du Vérificateur Général ne mâche pas ses mots. Plusieurs dépenses justifiées dans les comptes de l’Ambassade sont purement fictives. C’est le cas notamment des frais scolaires des enfants de diplomates. Un montant de 4,8 millions de FCFA a été viré sur le compte personnel de l’Ambassadeur au titre de frais de scolarité déjà réglés en mars 2023. Un autre paiement de 2,4 millions de FCFA, justifié en décembre 2023, s’est avéré inexistant lorsque l’établissement concerné a relancé l’Ambassade pour impayés en mars 2024.

Autre fait troublant : des retraits de plus de 34 millions de FCFA effectués sur le compte de l’Ambassade sans la moindre pièce justificative. « Ces fonds ont été encaissés via des chèques libellés à l’ordre de l’Ambassadeur et du Secrétaire Agent Comptable », révèle le BVG, soulignant un manque total de transparence dans la gestion des ressources diplomatiques.

Des salaires fictifs et des pratiques douteuses

Le scandale ne s’arrête pas là. Entre 2022 et 2024, une ligne budgétaire de 1,5 million de FCFA par mois a été virée sur le compte de l’Ambassade pour couvrir des cotisations sociales. Problème : selon la législation des Émirats Arabes Unis, les employés étrangers ne peuvent pas cotiser à un régime de sécurité sociale local. Autrement dit, 49,5 millions de FCFA ont été envoyés à Abu Dhabi sans qu’on ne sache où est passé cet argent.

Autre révélation embarrassante : trois agents de l’Ambassade ont été licenciés en 2023, mais leurs salaires ont continué à être versés. Le montant des rémunérations indûment perçues s’élève à près de 6 millions de FCFA, et le BVG pointe du doigt des signatures falsifiées sur les états de paiement.

Une réaction attendue de Bamako

Face à ces révélations, la question qui se pose est la suivante : quelle sera la réaction du gouvernement malien ? Les affaires impliquant la gestion des représentations diplomatiques du Mali ne sont pas nouvelles, mais rarement un rapport du BVG aura été aussi explicite dans ses accusations. Si l’Exécutif venait à ignorer ces faits, cela enverrait un message désastreux quant à sa volonté de lutter contre la corruption.

En attendant, cette affaire met en lumière les failles d’un système diplomatique malien gangréné par le laxisme et le manque de contrôle, alors même que Bamako cherche à renforcer sa place sur la scène internationale à travers la Confédération des États du Sahel (AES). À quelques mois du prochain sommet de l’AES, il est difficile de ne pas voir dans cette affaire une ombre pesante sur la crédibilité du Mali à l’international.

A.D 

15 mars 2025 0 comments
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Une machine détruit une maison
A la UneSécurité

Occupation illégale des marigots : plus de 700 constructions bientôt démolies

by Ibrahim Kalifa Djitteye 15 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Les autorités de la transition ont décidé de passer à l’action pour prévenir les inondations meurtrières qui endeuillent régulièrement Bamako. Hier, vendredi, le Directeur national de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamadou Oueloguem, a animé une conférence de presse pour annoncer une opération de démolition des constructions illégalement érigées sur les servitudes et lits des 11 marigots qui traversent la capitale. 

Cette initiative, qui vise à libérer ces zones stratégiques, s’inscrit dans un ensemble de mesures prises par l’État pour éviter que le district de Bamako ne soit de nouveau frappé par des catastrophes naturelles.

Les inondations sont devenues un fléau récurrent à Bamako, causant chaque année des pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables. Les années 2013, 2019 et plus récemment 2024 ont été marquées par des épisodes particulièrement dévastateurs. Selon Mahamadou Ouologuem, « l’occupation des cours d’eau flottables et non flottables joue une part importante dans ces inondations », pointant ainsi du doigt l’urbanisation anarchique comme un facteur aggravant.

La Direction nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat a recensé plus de 700 occupations illicites sur les lits et servitudes des marigots du district. Ces constructions obstruent le passage naturel des eaux pendant l’hivernage, augmentant ainsi le risque d’inondation. Pour Almaïmoune Ag Almoutapha, conseiller technique au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, il est impératif d’agir sans délai : « L’État doit prévenir cette situation de drame. On ne peut plus continuer comme ça et à un moment donné, il faut dire stop. »

Des mesures fortes pour une libération immédiate

Face à l’ampleur du phénomène, les autorités ont décidé de frapper fort. L’opération de démolition concerne exclusivement les constructions illicites identifiées sur les servitudes des marigots. « Les occupations illégales des domaines publics et privés de l’État sont devenues un phénomène courant dans notre pays. Elles ont atteint des proportions inquiétantes », a déclaré Mahamadou Ouologuem. Ces occupations concernent non seulement les cours d’eau, mais aussi d’autres espaces stratégiques comme les zones agricoles, les forêts classées ou encore les emprises ferroviaires.

L’État a mobilisé des ressources importantes pour mener à bien cette opération. Plus de 813 millions de FCFA ont été alloués par le ministère de l’Économie et des Finances, et cinq sous-commissions ont été mises en place pour assurer la réussite de l’initiative. Le gouvernement ne prévoit aucune indemnisation pour les propriétaires des constructions illicites, conformément à la loi domaniale qui stipule que le domaine public est « inaliénable, imprescriptible et insaisissable ». Cependant, les locataires, qui occupent souvent ces habitations, bénéficieront d’un accompagnement de trois mois pour leur relogement.

Un projet de réhabilitation après la démolition

Après la démolition des habitations illégales, le gouvernement prévoit une phase de réhabilitation des cours d’eau concernés. Le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, en collaboration avec des partenaires financiers, prévoit la réhabilitation de trois marigots dans le cadre du Projet Résilience Urbaine Bamako, financé par la Banque mondiale, ainsi qu’un projet financé par la coopération allemande.

Le président de la transition avait déjà annoncé ces mesures en janvier 2025, lors de la présentation des vœux aux forces vives de la nation. Cette décision faisait suite à l’état de catastrophe naturelle décrété après les inondations de l’hivernage dernier.

Avec cette vaste opération, l’État malien entend mettre fin à un phénomène qui a trop longtemps causé des drames à Bamako. 

Ibrahim K. Djitteye

15 mars 2025 0 comments
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Alpha Condé, ancien président guinéen.
ActuPolitique

Guinée : Alpha Condé, l’homme qui refuse de tourner la page

by Ibrahim Kalifa Djitteye 15 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

L’ancien président guinéen Alpha Condé, renversé en 2021 par un coup d’État militaire, a réaffirmé son opposition au pouvoir en place dans un message adressé à ses partisans, ce samedi 15 mars 2025. Dans cette déclaration, publiée sur son compte Facebook, il rejette catégoriquement les mesures prises contre son parti, le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), et exhorte ses sympathisants à ne pas céder à la pression.

Dans son message, Alpha Condé dénonce une tentative de musellement de l’opposition par le régime du Général Mamady Doumbouya qu’il qualifie de « forces du mal, illégitimes et impopulaires ». Il accuse les autorités actuelles de vouloir imposer un « choix qui n’est pas le vôtre : celui de la soumission et du renoncement ».

La souveraineté du peuple au cœur du discours

Ces déclarations interviennent après la suspension et la dissolution de plusieurs partis politiques en Guinée, dont le RPG, une décision perçue par les partisans de l’ancien président comme une manœuvre visant à éliminer toute contestation. Pour Alpha Condé, ces mesures ne remettent pas en cause l’engagement de ses militants. « Un non-événement ! Rien ni personne ne peut effacer notre engagement ni éteindre la flamme de notre combat », martèle-t-il.

L’ex-président insiste sur un principe fondamental, notamment la souveraineté populaire. « Le peuple est souverain. Il est le seul maître de son destin », rappelle-t-il, invitant ses partisans à ne pas perdre espoir malgré les circonstances.

Dans une allusion directe à son parti, il exhorte ses militants à tenir bon. « Ne cédez pas au découragement, car le découragement n’est ni RPG ni guinéen ! » Une manière de renforcer la détermination de ses soutiens et de maintenir une pression politique sur le régime de son tombeur.

Alpha Condé réaffirme son leadership

Malgré son exil et la perte du pouvoir, Alpha Condé se positionne toujours comme un acteur clé du paysage politique guinéen. Il affirme avec force son rôle en déclarant : « Quelles que soient les circonstances, je suis et je resterai à vos côtés en tant que président de la République ».

Ce message, teinté de défiance, vise à galvaniser ses partisans et à maintenir vivante l’idée d’un retour du RPG sur la scène politique guinéenne. Dans sa déclaration, Alpha Condé a affirmé que « le combat continue plus que jamais et la victoire est certaine ». Par cette déclaration, l’ancien président exprime sa détermination à poursuivre son engagement politique, adressant ainsi un signal au CNRD ainsi qu’à la communauté internationale.

La situation politique en Guinée reste tendue depuis le coup d’État qui a renversé Alpha Condé. Le régime, dirigé par le General Mamady Doumbouya, fait face à des critiques croissantes concernant la transition et la répression des voix dissidentes.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Le Capitaine Ibrahim Traoré exhorte à un éveil de conscience en Afrique.
ActuLes démystificateurs du Sahel

Burkina Faso : quand la désinformation menace la cohésion sociale

by Sahel Tribune 15 mars 2025
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Au Burkina Faso, la guerre contre le terrorisme se joue aussi sur le terrain de l’information. Le gouvernement a récemment dénoncé une campagne massive de désinformation, orchestrée à travers les réseaux sociaux, visant à discréditer les forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).

Tout est parti des événements survenus à Solenzo, dans la région de la Boucle du Mouhoun, où une attaque terroriste contre un poste avancé des VDP a été repoussée le 10 mars dernier. Dans la contre-offensive, les forces burkinabè ont démantelé une base ennemie dans la forêt voisine, y découvrant des familles utilisées comme boucliers humains par les terroristes. C’est précisément cet épisode qui a été détourné sur les réseaux sociaux, transformé en un récit accusateur contre les forces de l’ordre.

D’après le gouvernement, les images et informations circulant en ligne sont manipulées pour semer la discorde et attiser les tensions communautaires. Cette stratégie insidieuse, souvent orchestrée par des officines aux intérêts obscurs, cherche à freiner les efforts de reconquête du territoire national. L’objectif ? Opposer les populations aux autorités et saper la dynamique de restauration de la sécurité.

Face à cette menace invisible mais pernicieuse, les autorités appellent la population à la vigilance et à ne pas tomber dans le piège des « média-mensonges ». Elles réaffirment leur engagement pour un Burkina de paix et de sécurité, où l’unité nationale reste le rempart ultime contre toutes les formes de subversion.

La rédaction 

15 mars 2025 0 comments
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Des avions de combats
ActuSécurité

Opération militaire à Ségou : les FAMa frappent une base terroriste

by Chiencoro 15 mars 2025
written by Chiencoro 1 minutes read

Les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont mené une frappe aérienne ciblée contre une base terroriste de la Katibat Macina, le 14 mars 2025, à Gueledje, dans la région de Ségou. L’opération a permis de neutraliser plusieurs combattants, de détruire des véhicules et des stocks d’explosifs, portant un coup dur aux groupes armés.

Les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont mené, dans l’après-midi du vendredi 14 mars 2025, une opération aérienne d’envergure contre un sanctuaire terroriste, dissimulé sous une épaisse couverture végétale, à 15 km au nord de Gueledje, dans le cercle de Togueré-Koumbé, région de Ségou.

Le renseignement, précis et minutieux, a permis d’identifier ce repaire comme étant sous le commandement de Cheikh Oumar, figure de premier plan de la Katibat Macina. Un coup majeur porté à l’ennemi dans une zone où la menace djihadiste impose son diktat depuis plusieurs années.

Une riposte implacable

Après une longue surveillance et un ciblage chirurgical, l’aviation malienne a déclenché une offensive dont le bilan est qualifié de significatif par l’État-Major :

• Trois pick-ups et plusieurs motos, savamment cachés sous les arbres, ont été détruits.

• Dépôts de carburant et matériels explosifs, soigneusement dissimulés, ont été pulvérisés, provoquant d’énormes déflagrations qui ont embrasé une grande partie du refuge.

• Un nombre important de combattants neutralisés, plusieurs fuyards pris en chasse par les hélicoptères de combat et abattus avant de pouvoir se disperser.

L’État-Major prévient que toute personne collaborant avec ces groupes terroristes sera traquée et traitée avec la même rigueur. La guerre contre les sanctuaires djihadistes se poursuit sans relâche.

Le ton est donné. La traque se poursuit. L’armée resserre l’étau.!

Chiencoro Diarra 

15 mars 2025 0 comments
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Mory Soumano
Billet d'humeurSeko ni Donko

Billet.Mory Soumano : et si on éteignait la télé ce mardi ?

by Fousseni TOGOLA 15 mars 2025
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Mory Soumano s’en est allé, emportant avec lui une voix, une mémoire, un pan entier de l’âme malienne. Animateur emblématique de Terroir, il a consacré sa vie à tisser le lien entre les générations, à rappeler aux Maliens d’où ils viennent et ce qui les unit. À l’heure où le pays revendique sa souveraineté, sa disparition sonne comme un rappel.  L’indépendance n’est pas qu’une affaire de politique, elle est aussi culturelle. Et sans mémoire, il n’y a pas d’avenir.

C’était un rituel immuable. Chaque mardi soir, le téléviseur du salon changeait de propriétaire. Mon père, accro au journal télévisé, abdiquait sans discuter face à ma mère, qui, avec un sourire complice, lançait : « C’est aujourd’hui Mory Soumano. » La sentence était irrévocable. À l’époque, je trépignais, attendant impatiemment que l’écran m’appartienne pour une dose de films d’action. Mais non, c’était Terroir, cette émission qui, pour moi, n’était qu’un écran de chants et de danses, loin de mon univers d’enfant.

Terroir, plus qu’un programme

Je n’avais pas encore saisi la portée de ce rendez-vous hebdomadaire. Pas encore compris que Mory Soumano, en nous emmenant dans les tréfonds de la culture malienne, tissait un lien invisible entre les citadins et leurs racines. Ce n’est qu’au lycée, en découvrant la négritude de Césaire, Damas et Senghor, que j’ai commencé à écouter, à voir autrement. Et ce qui, autrefois, n’était qu’une simple émission est devenu un trésor.

Mory Soumano, ce griot des ondes, s’en est allé, le jeudi 13 mars 2025, à l’âge de 73 ans. L’homme à la voix chaleureuse, le passeur de mémoire, l’enseignant devenu animateur, celui qui a consacré près de quarante ans de sa vie à faire résonner l’âme du Mali sur les ondes de l’ORTM.

Originaire de Kokofata, dans le cercle de Kita, il était de cette lignée qui fait de la parole un art, un patrimoine vivant. Après avoir quitté l’enseignement, il s’est installé à Radio Mali, devenue ORTM, où il a écrit l’histoire d’une émission culte. Mais Terroir était plus qu’un programme. C’était un voyage, une immersion dans les traditions, une déclaration d’amour à ce Mali pluriel.

L’indépendance ne se mesure pas qu’en batailles politiques ou économiques

Et aujourd’hui, alors que le pays affirme haut et fort sa souveraineté, alors qu’il revendique son identité face aux vents contraires de la mondialisation et des ingérences extérieures, quelle meilleure boussole que celle de Mory Soumano pour ne pas perdre le Nord ?

Dans un Mali qui se reconstruit, qui cherche à se réapproprier son histoire et sa culture pour bâtir un futur solide, la disparition de ce passeur de mémoire est une perte immense. Car Terroir n’était pas qu’un divertissement. C’était un rappel hebdomadaire de ce que nous sommes, un antidote à l’oubli, une école du soir où défilaient les griots, les chasseurs, les artisans, les détenteurs d’un savoir ancestral que la modernité menace d’effacer.

Comment parler de souveraineté si l’on ignore d’où l’on vient ? La véritable indépendance ne se mesure pas qu’en batailles politiques ou économiques. Elle se mesure aussi à notre capacité à préserver notre essence, à raconter notre propre histoire, à valoriser nos coutumes plutôt que de singer celles des autres. Mory Soumano l’avait compris avant tout le monde.

Une nation qui oublie ses racines ne fait que marcher à reculons

En 2014, il avait pris sa retraite, médaillé du Mérite national. Mais l’appel des projecteurs était trop fort. Il était revenu, avec AW, une émission mensuelle qui prolongeait son engagement pour la culture. Puis, le silence. Définitif, cette fois.

Ses obsèques ont eu lieu le 14 mars, en plein ramadan, à Garantiguibougou, dans une atmosphère de recueillement et de reconnaissance. Une page se tourne, mais l’écho de sa voix, lui, résonnera encore longtemps dans la mémoire de ceux qui, comme moi, ont appris à l’écouter.

Dans ce Mali qui cherche à se tenir debout, à regarder le monde dans les yeux sans baisser la tête, l’héritage de Mory Soumano doit être une boussole. Car une nation qui oublie ses racines ne fait que marcher à reculons.

F. Togola

15 mars 2025 0 comments
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Hamadoun Bah, secrétaire général.
A la UneÉconomie

Banques contre État : le SYNABEF déclare la guerre

by Ibrahim Kalifa Djitteye 15 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Syndicat national des assurances, banques et établissements financiers et commerce du Mali (SYNABEF) a tenu une assemblée générale extraordinaire, ce jeudi 13 mars 2025, pour dénoncer l’inculpation de plusieurs employés d’Ecobank-Mali dans l’affaire qui oppose la Société Énergie du Mali (EDM-SA) à l’institution bancaire. Face à la presse, son secrétaire général, Hamadoun Bah, a fermement exprimé son « indignation », annonçant la possibilité d’un préavis de grève.

Deux agents d’Ecobank ont été placés sous mandat de dépôt le 7 mars 2025 par le Pôle économique et financier, dans le cadre d’une enquête sur la transmission de messages SWIFT liés à des garanties financières. Selon le SYNABEF, cette mise en cause repose sur une mauvaise interprétation des faits. Hamadoun Bah a rappelé que la banque s’était contentée de « transférer de bonne foi un message reçu par télex à EDM-SA », sans être en mesure d’en vérifier l’authenticité.

L’affaire concerne des garanties financières liées à un marché public. Pour le syndicat, Ecobank ne peut être tenue responsable des irrégularités constatées, car elle ne détient ni les fonds ni les originaux des documents en question. « Un message SWIFT mentionne les garanties, mais ne remplacera jamais les originaux envoyés par DHL », a insisté Hamadoun Bah, soulignant qu’Ecobank n’a pas connaissance des détails du marché et ne peut donc être impliquée dans une fraude.

Mobilisation syndicale et premières actions

Face à cette situation, le SYNABEF a immédiatement lancé une série d’actions pour protester contre l’arrestation de ses membres. Dès le 6 mars, un sit-in a été organisé devant plusieurs agences bancaires. Le 10 mars, les agents des banques et établissements financiers ont entamé une grève partielle sous forme de sit-ins de deux heures, de 8h à 10h, devant toutes les banques du pays, y compris les bureaux, agences et sièges des institutions financières.

Le syndicat a également décrété l’arrêt immédiat de tout transfert de garanties financières impliquant EDM-SA et d’autres structures publiques et parapubliques jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure pourrait avoir des conséquences sur le fonctionnement des finances publiques, particulièrement en cette période de Ramadan, où l’activité économique est généralement plus intense.

Un bras de fer avec la justice

Selon des sources judiciaires, six personnes, dont deux cadres d’Ecobank-Mali, un coordinateur de projet et deux ressortissants indiens impliqués dans des projets énergétiques, ont été placées sous mandat de dépôt. Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans la constitution de fausses garanties bancaires, dans le cadre de projets énergétiques liés à EDM-SA. Les accusations incluent « faux et usage de faux », « blanchiment de capitaux » et « complicité », des infractions passibles de lourdes peines.

Cependant, le SYNABEF rejette catégoriquement ces accusations, affirmant que les banquiers n’ont fait que suivre la réglementation bancaire. « Nos camarades n’ont pas fauté. Ils ont simplement transmis des messages SWIFT conformément aux procédures d’Ecobank », a martelé Hamadoun Bah. Le syndicat a également sollicité le soutien de la Direction générale d’Ecobank, du Groupe Ecobank et de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), qui ont tous confirmé la conformité des opérations en question.

Un conflit qui pourrait s’enliser

Cette crise pourrait raviver de vieux différends entre l’État et le secteur bancaire malien. Le SYNABEF menace d’intensifier ses actions, allant jusqu’à un arrêt total des activités bancaires si la situation ne se débloque pas rapidement.

Cette situation rappelle une autre crise survenue en 2024, lorsque le placement sous mandat de dépôt du secrétaire général de la section syndicale des banques avait paralysé le secteur bancaire durant une semaine, contraignant la justice à revoir sa position. Après cette grève, plusieurs employés du secteur des hydrocarbures avaient été licenciés, et le SYNABEF souhaite aujourd’hui profiter de cette nouvelle crise pour relancer ces revendications.

Si le bras de fer se poursuit, le Mali pourrait être confronté à une nouvelle crise économique et sociale, à quelques semaines de la fin du Ramadan, une période cruciale pour les transactions financières. 

Ibrahim K Djitteye

15 mars 2025 0 comments
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