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Conservatoire multimédia Balla Fasséké Kouyaté
ActuSeko ni Donko

Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté : le comité syndical entame un arrêt de travail depuis ce vendredi 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 29 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Le Comité syndical du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAMM-BFK), affilié au Syndicat National de l’Éducation et de la Culture (SNEC), a annoncé un arrêt de travail à compter du vendredi 28 mars 2025. Cette décision fait suite à l’absence de paiement des vacataires et des heures supplémentaires du personnel enseignant, une situation qui perdure depuis 2022.

Dans une correspondance datée du 21 mars 2025, adressée au ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, le secrétaire général du Comité syndical du CAMM-BFK dénonce un refus persistant des autorités de s’acquitter des sommes dues. « Depuis la trêve du mot d’ordre du sit-in du 23 janvier 2023, nous avons obtenu des garanties de paiement grâce à la mise en place d’une commission de conciliation. Cependant, ni cette commission ni le ministère concerné n’ont pris de mesures concrètes pour résoudre la situation », peut-on lire dans la lettre officielle.

Des conditions de travail dégradées

Le non-paiement des vacataires et des heures supplémentaires met en difficulté de nombreux enseignants, certains étant dans l’incapacité de dispenser leurs cours en raison d’un manque de ressources. « Le travail des vacataires et des enseignants effectuant des heures supplémentaires est essentiel au bon fonctionnement du conservatoire. Pourtant, ces efforts ne sont ni reconnus ni rémunérés à leur juste valeur », déplore le syndicat.

Face à cette impasse, la seule alternative reste, selon le SNEC, un arrêt de travail jusqu’à ce que les paiements intégraux soient effectués.

Un appel à la mobilisation

Ce mouvement de grève pourrait perturber le fonctionnement du conservatoire, une institution clé pour la formation aux métiers artistiques et multimédias au Mali. Le syndicat en appelle à la responsabilité des autorités pour trouver une issue favorable à cette crise qui affecte non seulement les enseignants, mais aussi la qualité de l’enseignement dispensé aux étudiants.

L’attention est désormais tournée vers le ministère du Travail et celui de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, afin de voir quelles mesures seront prises pour répondre aux revendications des enseignants du conservatoire. 

Ibrahim Kalifa Djitteye 

29 mars 2025 0 comments
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Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme.
A la UneSeko ni Donko

Le gouvernement crée le corps des Dambedonbaw pour préserver le patrimoine immatériel

by Chiencoro 29 mars 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Le gouvernement malien renforce sa politique de valorisation du patrimoine culturel immatériel en créant le corps des « Dambedonbaw ». Annoncée en Conseil des ministres par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, cette initiative vise à promouvoir le rôle des médiateurs culturels dans la transmission des savoirs traditionnels et le renforcement du vivre-ensemble.

Les « Dambedonbaw » forment un corps de médiateurs sociaux et de transmetteurs du patrimoine culturel immatériel. Il s’agit de personnes ressources dotées d’une connaissance approfondie des traditions et de l’histoire malienne. Leur mission s’inscrit dans la dynamique du « Mali Kura », un concept qui prône le renouveau culturel et la modernisation ancrée dans les valeurs endogènes.

Des missions au service du patrimoine et de la cohésion sociale

Le rôle des « Dambedonbaw » ne se limite pas à la conservation des traditions. Ils sont également appelés à jouer un rôle actif dans la préservation et la transmission des savoirs endogènes à travers les territoires du Mali. À ce titre, ils appuient la conservation, la préservation et la transmission des systèmes de savoirs et des pratiques endogènes au sein des communautés, garantissant ainsi la pérennité des connaissances traditionnelles.

Par ailleurs, ils participent aux activités du Programme présidentiel « Maliden Kura », une initiative de grande envergure dédiée à la revitalisation culturelle des territoires maliens. Leur contribution permet de renforcer le lien entre tradition et modernité, tout en assurant la transmission des valeurs culturelles aux générations futures.

Un levier pour un Mali tourné vers l’avenir

En intégrant ces médiateurs culturels dans le dispositif institutionnel, le gouvernement entend faire des « Dambedonbaw » des acteurs clés de la refondation culturelle. L’objectif est d’en faire des traditionnalistes ouverts sur le monde, capables de comprendre et d’intégrer les enjeux de la diversité culturelle et du vivre-ensemble.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le Mali cherche à affirmer son identité culturelle tout en promouvant un dialogue interculturel. La mise en place du corps des « Dambedonbaw » pourrait ainsi constituer un levier stratégique pour renforcer la cohésion nationale, préserver l’héritage culturel et favoriser un développement enraciné dans les valeurs maliennes.

Avec cette mesure, les autorités maliennes démontrent une volonté de redonner aux traditions leur rôle fondamental dans la construction d’un Mali nouveau, tout en les adaptant aux réalités contemporaines.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

29 mars 2025 0 comments
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Champ de coton
ActuÉconomie

Du coton au contrôle de la donnée : le Mali teste un modèle d’État stratège

by Chiencoro 29 mars 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

À l’heure où les nations redéfinissent leurs leviers de puissance, le Mali engage deux réformes majeures : un recensement agricole d’envergure et une refonte industrielle de sa filière textile. Deux décisions techniques, mais fondamentalement politiques, évoquées par le gouvernement le vendredi 28 mars 2025 lors de son hebdomadaire Conseil des ministres.

Alors que les États africains sont sommés de répondre à la double urgence de la souveraineté alimentaire et de la stabilité économique, le Mali esquisse, à travers deux chantiers discrets mais décisifs, les contours d’un nouveau modèle d’action publique.

Le Mali devient un architecte de sa propre trajectoire économique

D’un côté, la seconde phase du Recensement général agricole, prévue pour le 7 avril 2025, vise à collecter des données géoréférencées sur les exploitations, cheptels, équipements et zones de production. Une entreprise titanesque, couvrant plus de 28 000 zones de dénombrement, dont près des trois quarts ont déjà été explorées. Ce n’est pas un simple audit logistique, c’est la prise de conscience que la maîtrise de la donnée est aujourd’hui la première condition d’un pilotage éclairé du développement.

De l’autre, l’État malien vient de finaliser une fusion-absorption sans précédent dans le secteur stratégique du coton. La CMDT – Compagnie malienne pour le Développement des Textiles – devient une entité unifiée, absorbant ses quatre filiales régionales et l’Office du Classement. Une rationalisation administrative ? Oui. Mais surtout, une réaffirmation d’un contrôle national sur une ressource identitaire et économique majeure, à un moment où les chaînes de valeur mondiales deviennent plus incertaines que jamais.

L’histoire retiendra peut-être que ces deux réformes marquent un basculement. Celui d’un Mali qui cesse d’être un acteur réactif, et qui ambitionne de devenir un producteur de normes, un architecte de sa propre trajectoire économique.

Le XXIe siècle sera celui des États les plus lucides

La mondialisation, après l’illusion d’un monde plat, redessine les frontières de la puissance. Il ne suffit plus d’exporter ou d’importer, il faut comprendre, anticiper, mesurer. Ce que fait un recensement agricole massif. Il ne suffit plus de produire du coton, il faut intégrer, valoriser, industrialiser. Ce que permet une entreprise textile unifiée sous contrôle public.

Il est tentant de voir dans ces initiatives le simple rétablissement d’un État central. Mais ce serait en sous-estimer la portée. Il s’agit en réalité de refonder un contrat entre territoires, données, matières premières, et souveraineté économique. Un contrat que bien des pays développés, aujourd’hui, cherchent à réécrire dans l’urgence.

À ceux qui doutent encore de la pertinence d’un tel virage, il faudra rappeler que le XXIe siècle ne sera pas celui des pays les plus riches, mais celui des États les plus lucides.

Chiencoro Diarra

29 mars 2025 0 comments
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Une femme et son enfant au marché.
A la UneÉconomie

Bamako, dans les pas des vendeurs et des mères à la veille de l’Aïd

by Cheickna Coulibaly 29 mars 2025
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

À l’approche de l’Aïd el-Fitr, une effervescence particulière s’empare des marchés et des foyers de Bamako. Cette fête, marquant la fin du mois de Ramadan, est une occasion de réjouissances, de partage et de renforcement des liens familiaux. Entre courses effrénées, préparation de mets traditionnels et achats de nouvelles tenues, plongeons dans cette ambiance festive.

Dès les premières heures du matin, les marchés de Bamako s’animent. Les vendeurs de tissus exposent leurs plus beaux pagnes et bazins riches, très prisés pour la confection de boubous flamboyants. Dans les rayons, les épices, les fruits secs, le sucre et les farines s’arrachent pour la préparation des plats festifs.

Les boucheries ne désemplissent pas non plus. L’agneau, la volaille et le bœuf figurent en tête des achats pour le festin du jour de l’Aïd el-Fitr.

Mamadou, vendeur de bazin et d’habits traditionnels, constate une différence cette année : « D’habitude, à cette période, on vendait bien. Mais cette année, c’est plus compliqué. Les clients se plaignent des prix, mais nous aussi, on achète cher chez nos fournisseurs. Avant, je vendais une centaine de tenues par jour, maintenant à peine une trentaine. On fait avec, mais c’est dur. »

Obliger de négocier longtemps pour vendre 

Quant à Souleymane, un vendeur de volailles, il partage la même inquiétude : « Les clients veulent bien acheter, mais les prix sont élevés. L’an dernier, une poule coûtait 3 000 francs, aujourd’hui c’est presque le double. C’est compliqué pour tout le monde. »

De son côté, Seydou, vendeur de bétail depuis 15 ans au marché de Bamako, raconte son expérience pendant le Ramadan : « Le mois de Ramadan, c’est une période où les affaires sont censées être bonnes, surtout pour nous, les vendeurs de bétail. Les gens achètent plus de viande, mais cette année, c’est un peu plus compliqué. Les prix des bœufs ont beaucoup augmenté en raison de la sécheresse et de l’insécurité. Les clients hésitent parfois, surtout quand les prix montent. »

Il poursuit, visiblement préoccupé : « Je commence tôt le matin, souvent avant l’aube, et je termine tard. C’est encore plus dur avec la chaleur et le jeûne. Parfois, on est obligé de négocier longtemps pour vendre, car les gens veulent acheter, mais ils ne veulent pas trop dépenser. »

Seydou souligne l’importance de son travail, malgré les difficultés : « C’est difficile, mais il faut tenir bon. Je fais ce travail pour ma famille. L’argent que je gagne pendant le Ramadan me permet de subvenir aux besoins de ma femme et de mes enfants. Et même si les affaires sont plus lentes cette année, je sais que c’est temporaire. Le Ramadan, c’est une période où les gens se souviennent de leur famille et de leurs proches, et pour nous les commerçants, c’est aussi un moment important. »

L’effervescence dans les foyers

Dans les foyers bamakois, l’approche de l’Aïd signifie grand nettoyage, décoration et organisation des repas festifs.

Aminata Dara, mère de quatre enfants, exprime ses préoccupations : « L’Aïd, c’est un moment important pour les enfants. Ils attendent leurs nouveaux vêtements avec impatience. J’ai dû économiser depuis plusieurs mois pour leur acheter de belles tenues. Le plus dur, c’est la nourriture. Le riz, l’huile, tout a augmenté. Mais on fait des sacrifices pour que la fête soit réussie. »

Fatoumata Touré, une habitante de Magnambougou, ajoute : « On veut que nos enfants soient beaux pour ce grand jour, c’est une tradition. Même si tout coûte plus cher, on ne peut pas laisser passer l’Aïd sans leur offrir une belle tenue. »

Idrissa, père de famille, évoque aussi les défis du moment : « Avant, on pouvait acheter tout ce dont on avait besoin sans trop compter. Maintenant, il faut faire des choix. Mais l’essentiel, c’est d’être en famille et de partager ce moment. »

Un moment de partage et de solidarité

L’Aïd el-Fitr à Bamako ne se résume pas seulement à des festivités familiales. La solidarité et l’entraide occupent une place centrale. Les plus nécessiteux reçoivent la Zakât al-Fitr, une aumône obligatoire distribuée avant la prière de l’Aïd, afin que tous puissent célébrer dignement. Les visites aux proches et amis sont également une tradition bien ancrée, renforçant les liens sociaux.

Modibo Coulibaly, un retraité, témoigne : « Depuis plusieurs années, je mets un point d’honneur à donner la Zakât. C’est un devoir, mais aussi un plaisir, car tout le monde doit pouvoir fêter dignement. C’est ça l’esprit de l’Aïd. »

Awa Maiga, jeune étudiante, souligne l’importance des retrouvailles : « L’Aïd, c’est aussi l’occasion de revoir toute la famille. Les oncles, les tantes, les cousins… C’est un moment où on oublie les soucis et on profite ensemble. »

Entre spiritualité, festivité et partage, l’Aïd el-Fitr à Bamako est un véritable moment de communion. Dans les marchés comme dans les foyers, chacun met du cœur à rendre cette fête aussi joyeuse qu’inoubliable.

Cheickna Coulialy

Djénéba Yalcouyé, stagiaire

29 mars 2025 0 comments
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Fleuve Niger Mali
A la UneÉconomie

Journée mondiale de l’eau : Bamako injecte 60 milliards pour sécuriser l’accès à l’or bleu

by Chiencoro 29 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans un Mali en quête de refondation, l’accès à l’eau devient un enjeu politique majeur – entre diplomatie du développement et souveraineté hydrique.

Alors que la planète célébrait, le 22 mars dernier, la Journée mondiale de l’Eau, le Mali, pays sahélien par excellence, a choisi d’en faire un temps fort de réflexion stratégique, bien au-delà du rituel protocolaire. Dans un contexte de tension hydrique, d’urbanisation accélérée et de dérèglement climatique, les autorités de la Transition ont mis en scène une ambition assumée. Celle de faire de l’accès à l’eau un droit, et non un privilège.

C’est dans cet esprit que le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diané, a présenté au Conseil des ministres les contours de la célébration nationale de cette journée. Et si, à l’international, le thème retenu cette année par les Nations unies – « La préservation des glaciers » – semble, a priori, éloigné des réalités maliennes, il n’en demeure pas moins que ses prolongements sur le cycle global de l’eau résonnent jusque dans les replis de la région de San ou les périphéries de Bamako.

Car l’enjeu est double. Il est climatique, certes, mais aussi politique et social.

Des mots aux actes, un projet structurant

Fait rare dans un agenda gouvernemental souvent dominé par les urgences sécuritaires, le Conseil des ministres du 27 mars a adopté un projet de texte actant la ratification d’un accord de financement avec l’Association internationale de Développement (IDA). En jeu : 92,2 millions d’euros, soit plus de 60 milliards de francs CFA, pour un projet d’envergure baptisé Projet d’Appui pour la Sécurité de l’Eau au Mali.

Ce financement n’est pas anodin. Il porte sur la construction de systèmes d’alimentation en eau dans cinq villes clés – Bamako, San, Bafoulabé/Mahina, Dioïla et Ouéléssebougou. Concrètement, des forages, des stations de pompage, des réservoirs, des réseaux de distribution, des bornes fontaines et des branchements sociaux. Autant dire, des infrastructures vitales, dans un pays où, selon les chiffres les plus récents, près d’un tiers de la population reste encore privé d’un accès régulier à l’eau potable.

Eau et souveraineté sociale

En évoquant les « causes et conséquences de la pollution des cours d’eau au Mali », l’édition 2025 de la Journée mondiale de l’Eau a aussi mis en lumière une autre réalité : celle des sources empoisonnées, des fleuves asphyxiés, des nappes phréatiques surexploitées, dans un pays où la pression démographique ne cesse d’augmenter.

Mais au-delà du constat, c’est la volonté d’agir qui se dessine, peu à peu, au sommet de l’État. Dans les discours, d’abord, où les mots « souveraineté », « résilience » et « justice sociale » s’imposent comme autant de mantras de la refondation. Et dans les actes, ensuite, par des projets structurants dont les retombées ne se mesureront pas uniquement en kilomètres de tuyaux posés, mais en nombre de familles soulagées, de quartiers désenclavés, de femmes et d’enfants épargnés par la corvée quotidienne de l’eau.

Un pari sur l’avenir

En choisissant d’adosser sa stratégie hydrique à la coopération internationale, tout en conservant la main sur les priorités locales, le gouvernement malien joue une partition équilibrée entre pragmatisme budgétaire et volontarisme politique. Dans une Afrique en quête de modèles de développement endogène, le Mali entend montrer qu’il est possible de concilier urgence sociale et souveraineté politique, dans le respect des engagements environnementaux globaux.

En somme, l’or bleu malien n’est plus seulement une question de plomberie ou de géologie. Il est devenu un symbole de résistance, d’organisation et de projection collective. À l’image de cette transition qui veut inscrire l’essentiel – l’eau, l’énergie, la terre – au cœur de la refondation nationale.

Chiencoro Diarra 

29 mars 2025 0 comments
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Moussa Dadis Camara
A la UnePolitique

Crimes de 2009 : l’ex-président Dadis Camara gracié pour raisons de santé

by Sahel Tribune 28 mars 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

En Guinée, l’histoire ne meurt jamais vraiment. La grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara par Mamadi Doumbouya relance, sous couvert de santé fragile, les débats sur mémoire, pouvoir et justice.

En Guinée, le pardon a parfois les allures d’un calcul froid. Ce vendredi 28 mars 2025, par un décret lu à la télévision nationale, le ministre secrétaire général de la Présidence a annoncé que le Général Mamadi Doumbouya, chef de l’État et homme fort de Conakry, a accordé une grâce présidentielle à celui qui, quinze ans plus tôt, incarnait une autre transition, le capitaine Moussa Dadis Camara.

Un garde-fou juridique autant qu’un fusible politique

Ancien chef du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), porté au pouvoir à la faveur du vide laissé par la mort du général Lansana Conté, Dadis avait précipité la Guinée dans une parenthèse aussi bruyante que controversée.

Il en avait été éjecté quelques mois plus tard, à la suite d’un attentat commandité par ses propres hommes. Son nom reste irrémédiablement associé au massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, où plus de 150 manifestants furent tués, 100 femmes violées, des dizaines d’opposants traqués. Et à cette phrase inoubliable : « Qui a donné l’ordre ? C’est pas moi ! »

Condamné le 31 juillet 2023 pour crimes contre l’humanité à la suite d’un procès historique, le capitaine à la voix haute et aux lunettes sombres purgeait sa peine dans l’indifférence feutrée des cellules pénitentiaires. Jusqu’à ce vendredi.

Le décret, sobrement lu, évoque des raisons de santé. Le président Doumbouya, au nom d’une justice qui se veut républicaine et humaine, a donc décidé de faire usage de l’arme suprême : la grâce présidentielle. Une mesure, selon le texte, prise sur proposition du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme – un garde-fou juridique autant qu’un fusible politique.

Le passé n’est jamais tout à fait mort

Le geste surprend autant qu’il intrigue. Est-ce la main tendue d’un militaire à un autre ? Un acte de clémence dicté par la compassion ? Ou la volonté, plus politique qu’humanitaire, de solder les comptes avec le passé pour mieux dessiner l’avenir ? En Guinée, les grâces présidentielles ont toujours été plus qu’un simple geste juridique. Elles sont un marqueur de pouvoir, un indicateur de rapports de force, une manière de réécrire l’histoire à coups de décrets.

À quelques mois d’échéances encore floues dans une transition dont les contours ne cessent de bouger, Mamadi Doumbouya ajoute une nouvelle pièce au puzzle guinéen. En réhabilitant, fût-ce pour des raisons de santé, un nom que l’on pensait effacé du paysage politique, il rouvre un chapitre que d’aucuns auraient préféré refermer.

Mais à Conakry, comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, le passé n’est jamais tout à fait mort. Il attend son heure, tapi dans les plis d’un décret présidentiel.

A.D

28 mars 2025 0 comments
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Délégation malienne en Mauritanie
ActuPolitique

Coopération Mali-Mauritanie : un dialogue renforcé pour une migration mieux encadrée

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Une délégation ministérielle malienne conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a effectué une visite de travail en République Islamique de Mauritanie ce jeudi 27 mars 2025. Cette mission de haut niveau visait à renforcer la coopération entre les deux pays et à aborder des sujets sensibles tels que la situation des Maliens en Mauritanie et la lutte contre la migration irrégulière.

À leur arrivée à Nouakchott, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, chef de la délégation, et sa suite ont été accueillis par le Président de la République Islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. La délégation comprenait notamment le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, le Général de Corps d’Armée Modibo Koné, Directeur Général de l’ANSE, ainsi que le Délégué Général des Maliens de l’Extérieur et le Directeur des Affaires Juridiques du Ministère des Affaires Étrangères. Cette rencontre s’inscrit dans une volonté commune de renforcer la coopération bilatérale et de mieux coordonner les actions sur des dossiers prioritaires.

Au nom du Président de la transition malienne, le Général d’armée Assimi Goïta, le ministre Abdoulaye Diop a transmis un message de fraternité et de coopération à son homologue mauritanien. Ce message souligne l’importance du partenariat entre les deux nations et la nécessité d’une collaboration plus étroite face aux défis migratoires et sécuritaires. Cette audience a également permis d’aborder des préoccupations majeures, notamment la situation des Maliens en Mauritanie et les récentes reconduites aux frontières, avec pour objectif de trouver des solutions concertées et durables.

Des discussions axées sur la migration et la coopération

Les échanges entre les délégations malienne et mauritanienne ont principalement porté sur trois axes majeurs. D’abord, le renforcement des relations bilatérales entre les deux pays, dans un contexte où la coopération régionale est essentielle pour faire face aux défis communs. Ensuite, les récentes reconduites aux frontières de certains Maliens résidant en Mauritanie, une question sensible nécessitant une meilleure concertation entre les autorités des deux pays. Enfin, la nécessité d’une coordination plus efficace dans la gestion de la migration irrégulière a été abordée, avec pour objectif d’assurer le respect des droits des migrants tout en luttant contre les réseaux clandestins.

Côté mauritanien, plusieurs hauts responsables ont pris part aux discussions, témoignant de l’importance accordée à cette rencontre. Parmi eux, Mohamed Mahmoud Boye, ministre de la Justice et ministre des Affaires Étrangères par intérim, le Général de Division Mohamed Cheikh Mohamed Lemine, Deman Hamar, Secrétaire Général du ministère des Affaires Étrangères, ainsi que Cheikhna Moulaye Zein, Ambassadeur de Mauritanie au Mali. Ces discussions de haut niveau ont permis de poser les bases d’une collaboration renforcée entre les deux pays afin de trouver des solutions concertées aux défis communs.

Lors de son entretien avec le Président mauritanien, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a rappelé que « la Mauritanie, en tant qu’État souverain, a le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité et protéger ses citoyens », tout en soulignant l’importance de préserver les relations de fraternité entre les deux peuples.

Il a également assuré avoir « reçu l’assurance du Président de la République Islamique de Mauritanie d’accueillir les Maliens en Mauritanie et de leur accorder les facilités nécessaires à la régularisation de leur situation ». À cet effet, il a invité les Maliens vivant en Mauritanie à prendre les dispositions requises pour obtenir des cartes de séjour et se conformer aux lois mauritaniennes.

Vers un cadre de coopération renforcé

Le chef de la diplomatie malienne a profité de cette audience pour remettre un message du président malien Assimi Goïta à son homologue mauritanien. « La lettre comprenait également les remerciements et l’appréciation du Président malien pour les positions du Président de la République concernant l’engagement de la Mauritanie à préserver l’unité et l’intégrité territoriale du Mali », a-t-il précisé.

La question de la communauté malienne en Mauritanie a été largement évoquée, tout comme la nécessité de préserver les intérêts des citoyens mauritaniens au Mali et vice-versa. Abdoulaye Diop a insisté sur l’objectif de son déplacement à Nouakchott, qui est de « préserver les relations d’amitié et de fraternité qui existent depuis longtemps entre la Mauritanie et le Mali ».

À l’issue des discussions, les deux parties ont exprimé leur volonté commune de travailler en étroite collaboration pour trouver des solutions durables aux préoccupations soulevées. Une coordination accrue entre les deux gouvernements devrait permettre d’apporter des réponses adaptées aux problématiques communes et d’assurer une meilleure intégration des Maliens établis en Mauritanie.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 mars 2025 0 comments
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