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Drapeau de l'AES
A la UneAnalyses

AES : l’ombre de Paris plane toujours sur les révolutions africaines

by Sahel Tribune 8 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read


À l’heure où l’AES attire l’attention diplomatique du Ghana, du Togo et même de la Côte d’Ivoire, l’euphorie populaire masque mal une vérité plus sourde, celle du retour insidieux des anciennes puissances coloniales. Derrière les mots d’amitié, le spectre de la Françafrique rôde. Et si la souveraineté n’est pas constamment défendue, elle se dissout. 

Il y a dans les applaudissements qui saluent les récentes visites diplomatiques du Ghana et du Togo au sein de l’AES, comme un parfum d’illusion consentie. On s’en félicite dans les rues de Bamako, de Niamey ou d’Ouagadougou. Voilà que le monde « reconnaît » enfin cette Confédération née d’un refus, celui d’une CEDEAO jugée soumise, d’un ordre ouest-africain aux ordres de la Françafrique. Pourtant, dans ces accolades officielles et ces déclarations de bonne volonté, c’est l’ombre du retour du maître qui plane.

Car l’Histoire l’a prouvé, l’Empire ne meurt jamais tout à fait. Il se métamorphose. Il recule pour mieux revenir. Il agit sans visage. La France, humiliée par l’émancipation brutale des peuples sahéliens, n’a pas renoncé. Elle attend son heure, son angle mort, son détour par Accra, Lomé ou Abidjan.

Le colon d’hier se drape aujourd’hui dans le costume du partenaire stratégique

Accueillir à bras ouverts ces États, sans exiger d’eux une rupture claire avec les anciennes dépendances, c’est courir le risque de réintroduire le poison dans le sang. La vigilance révolutionnaire ne peut se satisfaire d’un simple discours souverainiste.  Elle exige une lecture radicale des alliances, une déconstruction des symboles, une lucidité sans trêve.

Car le danger ne vient jamais là où le regard populaire se porte. Il se loge dans les ententes feutrées, dans les mots creux prononcés en conférences de presse. Il se faufile entre les bras tendus des présidents modérés, pour mieux poignarder dans le dos l’élan des peuples insurgés.

La Confédération des États du Sahel est à un carrefour. Elle peut devenir l’ébauche d’un panafricanisme authentique, ou être phagocytée, neutralisée, et reconfigurée par les forces qu’elle croyait avoir mises à la porte. À ses dirigeants, à ses peuples, de se souvenir que l’indépendance n’est pas un moment, mais un combat permanent. Et que le colon d’hier se drape aujourd’hui dans le costume du partenaire stratégique.

Le colonialisme a changé de forme. Il n’a pas changé de projet.

A.D

8 avril 2025 0 comments
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Scrutin présidentiel au Tchad
A la UnePolitique

Rajeunir la démocratie malienne : L’impératif de réduire le nombre de partis politiques

by Bakary FOMBA 8 avril 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Au Mali, la question de la réduction du nombre des partis politiques s’inscrit dans un débat crucial, alimenté par les difficultés multiples rencontrées par le système multipartite depuis son instauration dans les années 1990. Entre confusion électorale et fragmentation des voix, le moment semble être venu d’interroger la viabilité d’un système où trop de choix nuisent à la délégation d’un véritable pouvoir.

Pourquoi faut-il demander la réduction ou la suppression systémique d’un certain nombre de partis politiques au Mali ? Pourquoi défendre le maintien en l’état de l’existence des partis politiques dont la participation au développement économique et social, ainsi que leur apport quant à l’enracinement de la démocratie est discutable ? Pourquoi défendre le maintien des partis dont la plupart n’ont pas de programmes économiques sérieux, encore moins de projets de société ? Peut-on nier l’impact négatif de certains d’entre eux par rapport à la promotion de l’ethnostratégie ?

Mise en place de règles claires sur le financement

La nécessité d’une réflexion approfondie sur ces questions émerge pour plusieurs raisons objectives, notamment la clarté démocratique, la gouvernance efficace et la cohésion sociale.

Depuis l’avènement du multipartisme au Mali, dans les années 90, le paysage politique malien est caractérisé par une pluralité poussée de partis dont les programmes sont souvent vagues et dont les divergences idéologiques sont peu significatives. Ce pluralisme, bien qu’il puisse être perçu comme un gage de démocratie, se transforme en une source de confusion pour l’électorat. Ce dernier se retrouve alors face à des choix embrouillés, ce qui nuit à sa capacité de voter de manière éclairée. De plus, cet émiettement des voix rend la gouvernance complexe, puisque les décisions importantes doivent tenir compte d’intérêts dispersés, souvent conflictuels. Ainsi, une réduction soutenue du nombre de partis pourrait favoriser une compétition politique plus saine, clarifiant le choix des citoyens et facilitant la formation de gouvernements stables.

De même, la question du financement des partis politiques est déterminante dans cette discussion d’autant plus que l’absence de mécanismes de financement transparents ouvre la voie à des abus et à des dérives. La mise en place de règles claires sur le financement pourrait contribuer à établir un cadre où les partis politiques fonctionnent de manière responsable et où l’intégrité est préservée.

La transparence et réduit l’influence des capitaux privés

En révisant la Charte des partis, le gouvernement du Mali a l’opportunité de créer un système qui garantit la transparence et réduit l’influence des capitaux privés, permettant ainsi aux partis de se concentrer sur des projets politiques tangibles au lieu de dépendre de sources de financement douteuses.

Par ailleurs, la relecture de la loi N° 05-047 du 18 août 2005, qui régit les partis politiques, représente une étape dynamique vers une organisation plus cohérente du paysage partisan. Cela pourrait également inciter à la formation de coalitions basées sur des valeurs communes et des préoccupations partagées, favorisant des synergies au profit des disputes instables. Une telle évolution pourrait contribuer à renforcer la cohésion sociale nécessaire à la paix et à la stabilité dans un pays où le régionalisme et le communautarisme représentent des défis majeurs.

Une vision partagée et audacieuse

En fin de compte, cette réflexion sur la réduction du nombre de partis ne doit pas se limiter à un simple ajustement administratif, mais doit être vue comme une réelle opportunité de transformation du système politique malien. Cela impliquerait non seulement une meilleure représentativité, mais également un renforcement de la confiance des citoyens envers leurs institutions. Engager un dialogue durable autour de ces questions fondamentales pourrait conduire à une démocratie plus robuste, capable de répondre aux besoins et aux aspirations du peuple malien.

La réduction du nombre de partis politiques n’est pas qu’un impératif administratif, mais une condition sine qua non pour renforcer la confiance du peuple envers ses institutions et bâtir une démocratie qui réponde véritablement aux aspirations de tous les Maliens. La voie vers l’avenir démocratique du Mali réclame une vision partagée et audacieuse.

Bakary Fomba

8 avril 2025 0 comments
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Des avions de combats
A la UnePolitique

Tensions Mali–Algérie : Bamako ferme son espace aérien en réaction à une décision jugée unilatérale d’Alger

by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le gouvernement malien, à travers le ministère des Transports et des Infrastructures a réagi avec « fermeté et responsabilité » à une décision jugée hostile de l’Algérie. Dans un communiqué publié le lundi 7 avril 2025 au soir, les autorités maliennes ont annoncé la fermeture de l’espace aérien national à tous les aéronefs civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie, et ce jusqu’à nouvel ordre.

Cette mesure, prise en application du principe de réciprocité, intervient après que le ministère algérien de la Défense a décidé unilatéralement, plus tôt dans la journée, de fermer son espace aérien aux avions maliens. Le ministère en charge des Transports et des Infrastructures a précisé qu’il avait appris cette décision par voie de presse, sans concertation préalable, ce qui a suscité une vive incompréhension à Bamako.

Des accusations infondées contre le Mali

L’Algérie justifie sa décision par ce qu’elle qualifie de « violations répétées » de son espace aérien par le Mali, une accusation que Bamako rejette catégoriquement. Le gouvernement malien souligne que les opérations de ses Forces armées et de sécurité (FAMa) se déroulent exclusivement sur le territoire national, dans le cadre de la défense de sa souveraineté.

Les tensions se sont accentuées après la destruction, par l’armée algérienne, d’un drone malien, que Bamako affirme avoir été abattu dans le ciel malien, en totale violation de son intégrité territoriale. Le gouvernement malien a dénoncé cet acte comme une agression caractérisée, et a annoncé sa volonté de porter plainte contre l’Algérie devant les instances internationales.

Une réaction coordonnée de l’AES face à l’agression

Face à cette situation jugée grave, les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont décidé, dimanche soir, de rappeler pour consultations leurs ambassadeurs accrédités en Algérie. Dans leur communiqué conjoint, les chefs d’État de l’AES considèrent que l’acte de l’Algérie ne vise pas uniquement le Mali, mais toute la Confédération.

En retour, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé le rappel de ses ambassadeurs au Mali et au Niger, ainsi que le report de la prise de fonction de son nouvel ambassadeur au Burkina Faso. Alger tente ainsi de justifier ses actes en qualifiant les accusations maliennes de « mensongères », mais sans apporter de preuve convaincante.

Le Mali se retire du CEMOC, un signal fort

En signe de protestation, le Mali a également annoncé son retrait immédiat du Comité d’État-Major Conjoint (CEMOC) basé à Tamanrasset. Cette structure régionale, censée favoriser la coopération sécuritaire au Sahel, n’a pas, selon Bamako, joué son rôle dans la prévention des actes d’hostilité contre un État membre.

Ce retrait témoigne de la détermination du Mali à défendre sa souveraineté nationale et son espace aérien, tout en affirmant son attachement aux principes du droit international. Les autorités maliennes estiment qu’il est temps de repenser les mécanismes de coopération régionale pour qu’ils soient plus équilibrés et respectueux de chaque État.

Vers une sortie de crise diplomatique ?

Dans un contexte régional déjà complexe, la rupture diplomatique entre Bamako et Alger suscite l’inquiétude. Toutefois, le Mali affirme rester ouvert au dialogue, à condition que le respect mutuel et la souveraineté des États soient garantis.

Pour de nombreux observateurs, le Mali a su faire preuve de retenue et de responsabilité, en répondant à l’acte algérien par des mesures proportionnées. La communauté internationale pourrait être appelée à jouer un rôle de médiation dans ce différend qui oppose désormais deux acteurs majeurs du Sahel.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

8 avril 2025 0 comments
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Un exemplaire de journal dans un ordinateur avec l'épigraphe Fake news.
ActuLes démystificateurs du Sahel

Chronique. En Guinée, la désinformation comme outil de déstabilisation politique

by Fousseni TOGOLA 8 avril 2025
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Dans un contexte politique guinéen marqué par les tensions post-transition, l’ancien président Alpha Condé accuse les autorités en place d’utiliser la désinformation pour affaiblir son camp. À travers un discours offensif, il dénonce une stratégie de manipulation destinée à diviser l’opposition. Un phénomène qui, au-delà du cas guinéen, illustre les dérives informationnelles de plus en plus fréquentes dans les démocraties fragiles du Sahel.
À Conakry, les tensions politiques semblent franchir un nouveau cap. Dans un communiqué rendu public le 7 avril 2025, l’ancien président Alpha Condé accuse le Conseil National du Rassemblement pour la Démocratie (CNRD), au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2021, de mettre en œuvre une stratégie de « manipulation et de désinformation » destinée à affaiblir son parti et à diviser l’opposition.

Chaque divergence est perçue comme une trahison

« Leur objectif est clair : nous diviser, semer la discorde et saper notre détermination », dénonce l’ex-chef de l’État, dans un texte au ton résolument combatif. Derrière cette rhétorique, se dessine une réalité de plus en plus perceptible sur la scène politique guinéenne, et plus largement dans plusieurs États d’Afrique de l’Ouest : l’usage de la désinformation comme levier d’influence, voire comme instrument de gouvernance.

Les accusations de l’ancien président, bien que partisanes, s’inscrivent dans un contexte régional où les rumeurs, les campagnes de diffamation en ligne, et les pressions sur les militants politiques deviennent des pratiques récurrentes. À mesure que les débats démocratiques peinent à se structurer dans les transitions en cours, les réseaux sociaux offrent un terrain fertile pour des récits alternatifs – souvent mensongers – qui fragilisent les partis, brouillent les lignes idéologiques et alimentent les tensions internes.

La vérité est aujourd’hui déterminée par celui qui parle le plus fort, ou qui dispose des meilleures ressources numériques. Le cas guinéen n’est pas isolé. Ce que l’on voit, c’est la montée en puissance d’une politique du soupçon, où chaque divergence est perçue comme une trahison, et chaque désaccord comme une menace. 

La reconstruction de liens de confiance entre gouvernants et gouvernés

Dans ce contexte, Alpha Condé appelle à la vigilance et à l’unité de ses partisans. Il exhorte son mouvement à « refuser les polémiques stériles » et à rester « solidaire face aux attaques ». Une ligne de défense qui s’apparente à une tentative de remobilisation, alors que son camp peine à se réorganiser depuis sa chute.

Plus largement, l’ancien président met en garde contre les effets à long terme de la désinformation : « De fausses nouvelles circulent, des comptes anonymes sèment la division, des pressions ciblent nos militants. Nous devons rester prudents. »

Ces accusations, s’il est difficile de les vérifier de manière indépendante, renvoient à un phénomène désormais central dans la vie politique contemporaine : l’essor de ce que certains chercheurs qualifient de « guerre informationnelle douce », où l’objectif n’est plus de convaincre, mais de semer le doute. Un climat qui rend d’autant plus difficile la reconstruction de liens de confiance entre gouvernants et gouvernés.

Pour de nombreux observateurs, la situation guinéenne reflète une crise plus large de l’espace démocratique dans les pays sahéliens, confrontés à la fois à des défis sécuritaires, économiques, et à une instabilité institutionnelle croissante. Et dans ce paysage, la bataille pour la vérité devient, elle aussi, un enjeu politique de premier plan.

F. Togola 

8 avril 2025 0 comments
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Un drone en position d'attérissage
A la UneSécurité

Drone militaire malien abattu : Enfin, l’Algérie découvre réellement son front 

by Sidi Modibo Coulibaly 8 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 5 minutes read

En cette première semaine du mois d’avril 2025, la tension entre le Mali et l’Algérie a subitement monté d’un cran.  Au centre de cette montée, la destruction d’un drone des forces armées maliennes par l’Algérie. Pourtant, il y a quelques mois, on avait espéré un retour d’accalmie dans les relations entre les deux pays avec la nomination d’Ambassadeurs de part et d’autre. 

L’incident s’est déroulé dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025. Et quelques heures après, les autorités algériennes, à travers un communiqué du ministère de la défense, ont indiqué avoir abattu un drone malien qui a pénétré de 2 km sur leur territoire. De son côté, le Mali, par le biais du chef d’État-major général des armées, a reconnu qu’un drone de type BAYRAKTAR-AKINCI immatriculé TZ-98D s’est écrasé sur le territoire national, à Tinzawatène, cercle d’Abeïbara, région de Kidal.  Le Général de division Oumar Diarra avait indiqué que les enquêtes sont en cours pour donner plus de précisions. Soixante-douze heures après, le gouvernement du Mali, à travers le communiqué N°73 daté du 06 avril 2024, a livré le résultat des investigations. 

Nullement la frontière algérienne n’a été franchie 

Lu à la TV nationale par le Ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile, le communiqué révèle des détails techniques prouvant que le drone n’a pas franchi la frontière algérienne. Le Général de division Daoud Ali a, tout d’abord, indiqué que la liaison a été perdue avec l’appareil dans une position située sur le territoire malien à 10,2 km (coordonnées géographiques :19°51’50.526″N 2°53’36.099″E) au sud de la frontière Mali-Algérie. Il a, ensuite, souligné que la distance entre le point de rupture de liaison avec l’appareil et le lieu de localisation de l’épave est de 441m, des points tous situés sur le territoire national. 

Le Général Daoud d’ajouter que les dernières informations transmises par le drone étaient relatives à une rencontre de terroristes de haut profil qui planifiaient des actions. Et puis, le ministre malien de la sécurité et de la protection civile a laissé entendre que l’aéronef est tombé à la verticale, ce qui, probablement, ne peut s’expliquer que par une action hostile causée par des tirs de missiles Sol-Air ou Air-Air. Par ailleurs, il a précisé que l’épave a été localisée précisément dans une zone à 9,5 km ( coordonnées géographiques : 19°52’04.738’’N 2°53’38.101’’E) à 9.5 km au sud de la frontière Mali-Algérie. 

A souligner que dans le communiqué, il est mentionné que les autorités maliennes ont invité leurs homologues algériens à fournir des preuves que le drone malien est entré sur leur territoire. Depuis cette demande, c’est le silence radio chez le voisin algérien jusqu’au 07 avril 2025.

En réponse à cette énième provocation du régime algérien, le gouvernement de la Transition, d’après le communiqué, décide de convoquer l’Ambassadeur algérien pour protester contre l’hostilité du régime Algérie, de se retirer avec effet immédiat du Comité d’État-Major Conjoint (CEMOC), et de porter plainte, devant des instances internationales, contre le régime algérien, pour actes d’agression. 

Il faut noter que le Mali a eu le soutien de ses alliés de l’AES. Ainsi, à travers un communiqué, le collège des chefs de l’Ébat de la confédération de l’alliance des États du Sahel estime « que la destruction du drone a empêché la neutralisation d’un groupe de terroriste qui planifiait des actes terroristes contre l’AES », poursuit le texte. Et le Collège des chefs d’État de la Confédération AES de condamner avec la plus grande énergie cet acte « irresponsable du régime algérien », en violation du droit international et à rebours des relations historiques et fraternelles entre les peuples de la Confédération AES et celui de l’Algérie. ».

L’Algérie maintient que son espace aérien a été violé 

Dans un communiqué en date du 07 avril 2025, le gouvernement a réagi aux propos de la partie malienne et du collège des chefs d’État de l’AES. Dans son communiqué, les autorités algériennes indiquent, sans donner de coordonnées géographiques, que les données se rapportant à l’incident sont disponibles dans la banque de données du ministère algérien de la défense nationale, en particulier les images radar. 

En outre, elles soulignent que c’est la troisième fois que le voisin malien viole leur espace aérien, les deux premières violations ayant lieu les 29 août 2024 et 29 décembre 2024.  Toujours d’après le communiqué, l’entrée du drone malien dans l’espace aérien algérien, son éloignement, puis son retour ont entraîné sa qualification de manœuvres hostiles caractérisée.

Malgré cet incident inédit, les forces armées maliennes ont continué les opérations dans la zone. Ainsi, dans la nuit du 1er au 2 avril 2025, un vol de surveillance ordinaire a permis d’identifier un convoi de pick-up transportant des terroristes et de la logistique à 3,5 km au Sud-Est de Tin-Zaouatène, à seulement 2 km de la frontière. 

L’analyse minutieuse des renseignements techniques et humains a confirmé la nature de la cible, qui a été traitée avec précision. Les explosions, qui ont suivi, attestent de la présence d’importantes quantifiés de substances explosives stockées par l’ennemi.

S.M.C

8 avril 2025 0 comments
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Bassirou Diomaye Faye, président de la République du Sénégal.
A la UneÉconomie

Pourquoi la déclaration du président sénégalais sur le CFA change tout

by Chiencoro 7 avril 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Le 4 avril 2025, jour de l’Indépendance, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a profité d’un entretien avec la presse pour briser un tabou : celui du franc CFA. Entre option régionale avec la CEDEAO, scénario intermédiaire via l’UEMOA, ou solution nationale par la création d’une monnaie propre, le chef de l’État trace les contours d’une souveraineté monétaire assumée, tout en appelant à la prudence et à la rigueur macroéconomique. Une parole rare, posée, mais fondatrice.

C’était un 4 avril pas tout à fait comme les autres. Tandis que le Sénégal célébrait, dans la solennité des drapeaux et la retenue des uniformes, le 65ème anniversaire de son indépendance, son tout nouveau président, Bassirou Diomaye Faye, offrait à la Nation — et au continent — une déclaration politique qui fera date. Non pas un discours de commémoration. Plutôt un avertissement, clair et serein : le Sénégal envisage, prépare et revendique la fin du franc CFA.

Trois options. Trois trajectoires pour sortir de ce que le président qualifie — sans le dire — de relique postcoloniale. La première, connue et balbutiante, la monnaie commune de la CEDEAO. Un serpent de mer institutionnel qui ne cesse de mordre sa propre queue depuis une décennie. Diomaye Faye le sait, et le dit : « le processus est très lent. »

Deuxième voie, l’UEMOA. Moins ambitieuse, plus réaliste ? Le président y voit une piste intermédiaire, un compromis technique pour avancer sans rupture. Mais il ajoute, presque en aparté, comme un dernier recours : « Si ça tarde, nous sortirons pour battre notre propre monnaie. »

La formule est posée, calme, sans éclats. Mais son poids est immense. Car le Sénégal, puissance d’équilibre et phare démocratique de l’Afrique de l’Ouest, n’avait jamais aussi frontalement évoqué une possible sortie unilatérale du CFA.

Souveraineté monétaire, oui — mais pas au pas de charge

L’homme du jour le sait. La symbolique ne suffit pas, et l’indépendance monétaire ne se décrète pas à la radio. Elle se construit, chiffres en main, sur la stabilité des agrégats, sur la solidité des réserves, sur le réalisme des équilibres macroéconomiques. « Il y a des prérequis », admet-il, prudent.

Et c’est peut-être là que se joue l’essentiel. Dans cette tension entre l’impatience populaire et la rigueur des feuilles de route. Diomaye Faye n’a pas cédé à la facilité du verbe. Il a esquissé une ambition, ouvert les portes d’un possible, tout en rappelant que le changement monétaire est d’abord un acte de souveraineté responsable, pas un slogan de tribune.

Ce 4 avril, à Dakar, le président Faye n’a pas seulement évoqué une réforme technique. Il a relancé, à sa manière, le vieux débat africain entre indépendance formelle et souveraineté réelle. Et il a laissé entendre que, pour le Sénégal de demain, battre monnaie ne sera plus seulement une expression figée — mais une option assumée.

Chiencoro Diarra 

7 avril 2025 0 comments
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Hôpital Gabriel Touré de Bamako
A la UneEnquête

Affaire Broulaye Samaké du CHU Gabriel Touré : Quand la blouse blanche tord la main à la robe noire 

by Sidi Modibo Coulibaly 7 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

À la veille de la célébration de la fête de Ramadan, Pr Broulaye Samaké, chef du service anesthésie du Centre hospitalo-universitaire Gabriel Touré (CHU-Gabriel Touré) a été placé sous mandat de dépôt par le tribunal de la commune VI du district de Bamako, dans le cadre d’un litige foncier. En réaction à cette incarcération, les syndicats du secteur de la santé ont mené des mouvements de grande envergure. Suite à ces mouvements, il a bénéficié d’une liberté provisoire le jeudi 03 avril 2025. Qu’en est-il réellement de cette affaire qui a secoué le pays ?

Interpellé dans le cadre d’un litige foncier, Pr Samaké a passé la fête de Ramadan en prison. Cette affaire est relative à une parcelle en construction par ses soins qu’il dispute avec un haut gradé de l’armée. Ladite parcelle est située à Banancoroni, derrière Sénou dans la périphérie de Bamako. D’après les syndicats de la santé, le juge a demandé au Pr Samaké d’arrêter les travaux de construction sur la parcelle. Et le Pr Samaké de répondre qu’il ne pouvait pas arrêter les travaux sans une décision judiciaire. Et puis, il a exhibé son titre foncier qui date de 2005. Malgré tout, le magistrat lui a décerné un mandat de dépôt. 

C’était le 24 mars 2025. En réaction, le comité syndical du CHU Gabriel Touré a décidé d’un arrêt de travail le 28 mars 2025 pour exiger la libération du Pr Samaké avant le 4 avril 2025. Les jours suivants, les comités syndicaux des deux autres CHU (Hôpital du Mali, Point G) et de la faculté de médecine ont déclenché un arrêt de travail. Quant au personnel des Centres de santé de référence, il s’apprêtait à observer une grève lorsqu’est intervenue la libération du Pr Samaké. Cette libération n’est pas définitive, car le jugement de l’affaire est prévu pour le 24 avril prochain. D’après des indiscrétions, un nouveau chef d’inculpation pourrait apparaître dans l’affaire, en l’occurrence, celui d’outrage à magistrat.

Qu’en est-il du titre de propriété sur la parcelle ?

Il ressort, lors d’un point de presse organisé, le 02 avril 2025, par le comité syndical du CHU Gabriel Touré, qu’en 2005, ledit comité a acquis des terrains avec des titres fonciers pour les travailleurs. Et que ces titres avaient été attribués au personnel du CHU Gabriel Touré par un système de lotissement. Un lotissement qui a débouché sur 210 parcelles. 

La gestion de ces parcelles a été confiée à un notaire. Ainsi, tous les agents du CHU, qui avaient intégralement payé ce qu’ils devraient pour acquérir des parcelles, ont reçu leur titre personnel. Selon le responsable syndical du CHU Gabriel Touré, principal conférencier, Pr Losseny Bengaly, le cercle de Kati a vendu, à travers des permis d’occuper, une partie de ces parcelles à des particuliers. C’est dans ce cadre que l’officier de la gendarmerie aurait acquis en 2023, au nom de sa fille, la parcelle du Pr Samaké.

La mairie de Kati reconnaît l’existence de faux documents fonciers

Suite à cette affaire, qui a sérieusement entamé la stabilité sociale, la mairie de Kati a fait publier un communiqué (N° 2025/13/MKti) daté du 02 avril 2025 et signé par le secrétaire général, Zanga Daou. Dans le communiqué, l’ingénieur territorial qu’est le secrétaire général de la Mairie, indique qu’il y a des spéculateurs fonciers qui établissent des autorisations de paiement et des faux permis d’occuper pour certaines zones de Kati. Il affirme que la Mairie de Kati ne reconnaît ni ces autorisations ni ces faux permis d’occuper. 

Une enquête sera ouverte pour traquer ces spéculateurs, dit-il dans son communiqué. Cette réaction de la Mairie de Kati pourrait être considérée comme une réponse au comité syndical du CHU Gabriel Touré qui avait affirmé que le cercle de Kati avait vendu illégalement une partie de ses parcelles.

L’affaire Pr Broulaye Samaké a mis en exergue la puissance des syndicats, surtout ceux des hommes en blouse blanche (médecins et assimilés) qui ont pu faire libérer momentanément de prison leur camarade. La réaction des hommes en robe noire (magistrats) est attendue pour le 24 avril 2025.

S.M.C

7 avril 2025 0 comments
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