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Faure-Gnassingbé
A la UnePolitique

Vers une nouvelle dynamique régionale : le Togo se rapproche de la Confédération des États du Sahel

by Ibrahim Kalifa Djitteye 22 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le Togo semble de plus en plus déterminé à se rapprocher de l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ce virage diplomatique, porté par le ministre des Affaires étrangères Robert Dussey, s’inscrit à la croisée de plusieurs dynamiques, notamment la recherche de nouveaux partenariats régionaux, l’impératif sécuritaire et les manœuvres politiques internes.

Après une première annonce faite en janvier sur le plateau de Vox Africa, Robert Dussey a réaffirmé sur son compte officiel Facebook la volonté de son pays de rejoindre l’AES. Ce qui marque un tournant potentiel dans les équilibres régionaux et les dynamiques politiques en Afrique de l’Ouest. Il a qualifié cette décision de « stratégique », soulignant qu’elle pourrait « renforcer la coopération régionale et offrir un accès à la mer aux pays membres », tout en la décrivant comme une « démarche qui suscite l’intérêt et marque un tournant dans la politique africaine », sans toutefois préciser les étapes concrètes d’une adhésion officielle.

Un rapprochement économique stratégique

L’adhésion à l’AES offrirait au Togo des avantages économiques notables. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger étant enclavés, l’accès à l’océan Atlantique est crucial pour leurs échanges commerciaux. Or, les tensions croissantes avec la Côte d’Ivoire et le Bénin, accusés d’être trop alignés sur les intérêts occidentaux, poussent ces pays à diversifier leurs routes d’approvisionnement.

Le port de Lomé pourrait ainsi devenir un point d’accès stratégique pour les marchandises sahéliennes, renforçant la place du Togo comme plaque tournante des échanges régionaux. « Il y a l’espoir d’une solidarité économique : un accès au pétrole nigérien, des routes commerciales renouvelées », souligne l’analyste politique togolais Madi Djabakate. En intégrant l’AES, le Togo se positionnerait comme un maillon logistique clé, tout en dynamisant son économie portuaire.

Un enjeu sécuritaire crucial

Au-delà des intérêts économiques, les questions de sécurité pèsent lourd dans ce rapprochement. Le nord du Togo, frontalier du Burkina Faso, est de plus en plus exposé aux attaques djihadistes qui ravagent le Sahel depuis une décennie. Pour Lomé, une intégration à l’AES pourrait ouvrir la voie à une coopération militaire renforcée, grâce au partage de renseignements et à la mise en place d’opérations conjointes.

Les pays sahéliens ont récemment annoncé la création d’une force commune de 5 000 hommes pour lutter contre le terrorisme, un dispositif qui pourrait offrir au Togo des moyens supplémentaires pour protéger ses frontières. « Le Togo pourrait aussi y gagner une coopération militaire plus agile, des renseignements partagés avec des voisins », ajoute Djabakate.

Un alignement idéologique et politique

Mais au-delà des aspects économiques et sécuritaires, ce rapprochement porte aussi une forte dimension politique. L’AES incarne un courant souverainiste et panafricain qui séduit de plus en plus de dirigeants de la région, lassés des ingérences étrangères et des pressions occidentales. 

Pour le président togolais Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, cette posture pourrait également servir de levier politique interne. En adoptant une rhétorique panafricaine, il renforce son image de leader souverainiste et s’assure un soutien populaire dans un contexte où le panafricanisme prend de l’ampleur. Certains observateurs y voient toutefois une manœuvre pour asseoir sa longévité au pouvoir. 

Une CEDEAO fragilisée

L’hypothèse d’un rapprochement avec l’AES suscite également des interrogations quant à l’avenir de la Cedeao. Le départ des trois pays sahéliens a déjà porté un coup dur à l’organisation, accusée d’inefficacité face au djihadisme et de servir les intérêts des anciennes puissances coloniales. Si le Togo venait à rejoindre cette alliance, cela fragiliserait encore davantage une institution régionale déjà en crise.

« Pour la CEDEAO, l’adhésion du Togo à l’AES serait une accélération de sa désintégration. En tout cas, cela aggraverait sa situation déjà précaire », analyse Seidik Abba, président du Centre international d’études et de réflexions sur le Sahel. Pourtant, d’autres experts estiment que Lomé ne cherche pas nécessairement à rompre avec la CEDEAO, mais plutôt à diversifier ses alliances. « Les alliances ne sont pas des mariages, mais des partenariats. Le Togo ne tourne pas le dos à la CEDEAO. Comment le pourrait-il, alors que le port de Lomé est une artère vitale pour toute une région ? Il s’agit plutôt d’une stratégie de ‘en-même-temps’ : rester ancré dans une institution historique tout en explorant de nouvelles voies », nuance Madi Djabakate.

Une recomposition régionale en marche

Ainsi, le rapprochement du Togo avec l’AES illustre une recomposition profonde des alliances en Afrique de l’Ouest. Entre quête de sécurité, ambitions économiques et affinités politiques, Lomé semble vouloir jouer sur plusieurs tableaux pour maximiser ses intérêts. Reste à voir si ce pari stratégique renforcera le poids du Togo dans la région ou s’il contribuera à creuser encore davantage les fractures au sein de l’espace ouest-africain.

Ce qui est certain, c’est que ce mouvement redessine les équilibres régionaux et pourrait accélérer la montée en puissance d’un nouveau pôle d’influence centré autour de l’AES. Pour le Togo, l’heure est à la manœuvre diplomatique, entre ambitions souverainistes et réalités géopolitiques complexes.

Ibrahim Kalifa Djitteye

22 mars 2025 0 comments
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Un camion surchargé
ActuÉconomie

Transport au Mali : tolérance zéro pour la surcharge des camions dès avril 2025

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Le réseau routier malien, colonne vertébrale de l’économie nationale, est en péril. La cause ? Des camions surchargés qui accélèrent la détérioration des infrastructures, menaçant la viabilité des investissements publics. Face à cette situation alarmante, le gouvernement malien a décidé de réagir avec fermeté.

Les routes maliennes jouent un rôle stratégique dans le transit des marchandises, reliant le pays aux ports des nations voisines. Toutefois, ces infrastructures vieillissantes subissent une pression croissante due aux véhicules dépassant largement les limites de charge autorisées. En effet, de nombreux camions, en particulier ceux venant des ports, transportent des charges excédant les capacités prévues lors de la conception des routes. Cette pratique aggrave l’usure des chaussées, créant des nids-de-poule et des fissures qui rendent la circulation périlleuse.

Une réponse ferme des autorités

Conscient de l’urgence, le ministre des Transports et des Infrastructures a lancé un appel pressant au respect strict des normes de charge. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du décret n°2023-0509/PT-RM, qui réglemente l’utilisation des voies publiques. L’objectif est de protéger les investissements massifs consentis pour la modernisation du réseau routier.

Le directeur général des Transports a rappelé l’importance cruciale du respect des règles de tonnage et de dimensions. À titre d’exemple, la limite de charge pour un véhicule isolé est fixée à 18 tonnes. Pour les contrevenants, les sanctions seront exemplaires : immobilisation des véhicules, transbordement des marchandises excédentaires et mise aux normes obligatoires. Plus encore, à partir du 1er avril 2025, les véhicules hors normes se verront purement et simplement interdire la circulation.

Un enjeu économique majeur

L’entretien du réseau routier représente un défi de taille pour le Mali. L’État investit des sommes colossales pour maintenir ces infrastructures vitales. Or, la surcharge des camions compromet gravement la durabilité de ces investissements, surtout dans un contexte où le fonds d’entretien routier s’avère insuffisant.

Pour endiguer ce fléau, des contrôles renforcés seront déployés aux points stratégiques du pays — notamment aux frontières et aux péages. Par ailleurs, le Mali coopère activement avec les pays voisins afin d’harmoniser les réglementations et d’assurer une application rigoureuse des normes de transport.

Un appel à la responsabilité collective

Le gouvernement malien appelle l’ensemble des acteurs à prendre leurs responsabilités : transporteurs, chauffeurs, mais aussi les autorités en charge des contrôles. La sauvegarde du réseau routier est un enjeu collectif. Seule une mobilisation générale permettra de préserver cet outil indispensable au développement économique du pays.

En s’attaquant à la surcharge des camions, le Mali engage une bataille cruciale pour garantir des routes sûres et durables, et assurer ainsi un avenir plus serein à ses infrastructures et à son économie.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

21 mars 2025 0 comments
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L'eau coule du robinet
A la UneÉconomie

SOMAGEP : L’eau fuit, l’argent aussi

by Sahel Tribune 21 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Entre détournements massifs et gestion opaque, la SOMAGEP transforme l’or bleu en gouffre financier, tandis que les Maliens, eux, restent assoiffés.

Le Mali n’a peut-être pas de pétrole, mais il possède une ressource encore plus précieuse : l’eau. Un or bleu qui, dans un pays où chaque goutte compte, devrait être géré avec rigueur et transparence. Pourtant, à en croire le dernier rapport du Bureau du Vérificateur Général (BVG), la SOMAGEP, censée garantir l’accès à cette ressource vitale, a surtout excellé dans l’arrosage de réseaux parallèles. Pendant que les robinets restent à sec, les caisses de l’entreprise se sont vidées à grande vitesse, entre malversations, détournements et gestions opaques.

Un gouffre financier digne du Sahara

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2021 et 2024, la SOMAGEP a encaissé 108,2 milliards de FCFA, mais a dépensé 144,4 milliards. Un trou de 36 milliards de FCFA qui semble s’être évaporé quelque part entre Bamako et les comptes bien gardés de certains dirigeants.

Quelques fuites, parmi tant d’autres :

• 1,7 milliard de FCFA de malversations pures et simples.

• 553 millions de FCFA de droits de timbre non reversés à l’État, comme si la fiscalité était une option.

• 76 millions de FCFA de TVA oubliés en chemin, probablement dans des circuits parallèles plus lucratifs.

• 600 millions de FCFA de pénalités de retard non appliquées sur 66 marchés, preuve que les contrats publics servent souvent plus les prestataires que l’État.

Et ce n’est pas tout. Au fil des pages du rapport, c’est un véritable pillage organisé qui se dessine, où l’absence de contrôle a laissé place à un festin financier sur le dos d’un bien public essentiel.

Un État complice ou un État aveugle ?

Le plus grand scandale n’est peut-être pas tant la mauvaise gestion de la SOMAGEP que le rôle trouble de l’État lui-même. Le Premier ministre en personne a signé une convention illégale, autorisant la société à réaliser des investissements qui ne relèvent pas de son mandat. Résultat : la frontière entre exploitation, gestion et patrimoine public a été totalement brouillée, ouvrant la porte à toutes les dérives.

Qui pilote quoi ? Qui contrôle qui ? Pendant que l’administration s’embourbe dans ses propres contradictions, des quartiers entiers de Bamako continuent de manquer d’eau.

Un scandale de plus… et après ?

Comme toujours, le BVG émet des recommandations :

1. Annuler la convention illégale signée par le Premier ministre.

2. Appliquer les sanctions financières et obliger la SOMAGEP à rendre des comptes.

3. Revoir les procédures de passation des marchés pour éviter de nouveaux détournements.

Des mesures nécessaires, mais qui sonnent comme un écho lointain d’affaires précédentes, enterrées sans suite. Car au Mali, les rapports du BVG s’empilent souvent plus vite que la justice ne réagit.

Pendant ce temps, les Maliens, eux, attendent toujours une eau potable qui coule avec la même générosité que l’argent public gaspillé.

À.D

21 mars 2025 0 comments
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Les Aigles du Mali se préparent pour leur mise en route pour la CAN 2023.
ActuSport

Éliminatoires Coupe du Monde 2026 : le Mali écrase les Comores et relance sa quête mondiale

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Les Aigles du Mali ont signé, ce jeudi 20 mars, une victoire éclatante face aux Comores (0-3) lors de la 5e journée des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026. Portés par un Yves Bissouma inspiré et un Kamory Doumbia décisif, les hommes de Tom Saintfiet relancent leur quête de qualification avant d’affronter la Centrafrique.

Dès les premières minutes, les Comores optaient pour un bloc bas, laissant l’initiative du jeu à leurs adversaires. Les Maliens, emmenés par leur capitaine Yves Bissouma, prenaient le contrôle du cuir et tentaient d’imposer leur rythme. La première alerte survenait à la 10e minute lorsque, sur un corner bien frappé, un Malien voyait sa tête frôler le cadre.

Les Cœlacanthes réagissaient timidement autour de la 15e minute, mais c’est bien le Mali qui ouvrait le score peu après. À la 21e minute, Yves Bissouma, véritable métronome au milieu de terrain, glissait un ballon précis à Nene Dorgeles, excentré à droite dans la surface. L’attaquant de Salzbourg ne se faisait pas prier pour ajuster le portier Yannick Pandor et concrétiser une belle action collective (0-1, 21e).

Un Bissouma impérial, un Kamory Doumbia étincelant

Le Mali reculait quelque peu après ce but, laissant les Comoriens tenter de revenir au score. Quelques centres dangereux et une frappe cadrée obligeaient Djigui Diarra à rester vigilant, notamment sur un coup franc lointain de Faïz Selemani repoussé en deux temps à la 36e minute. Mais les Aigles, bien organisés, ne pliaient pas.

La seconde période débutait sur un rythme soutenu. Les Comores tentaient de revenir, mais le Mali, plus incisif, frappait à nouveau. À la 55e minute, El Bilal Touré débordait côté gauche et adressait un centre en retrait parfait pour Kamory Doumbia. Le jeune Brestois, seul face au but vide, n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets pour faire le break (0-2, 55e).

Le coup de grâce arrivait huit minutes plus tard. Encore une fois, Yves Bissouma se muait en passeur décisif. Sur une action bien construite à gauche, le capitaine malien trouvait Doumbia dans la surface. D’une frappe sèche au premier poteau, l’ailier s’offrait un doublé et scellait définitivement le sort de la rencontre (0-3, 63e).

Un pas en avant vers la qualification

Malgré quelques tentatives comoriennes en fin de match, les Aigles tenaient bon et manquaient même de corser l’addition à la 89e minute. Grâce à cette victoire convaincante, le Mali se replace dans le groupe I, comptant désormais 8 points, à seulement deux longueurs de Madagascar, leader provisoire après sa victoire contre la Centrafrique (1-4). Les Comores, troisièmes avec 9 points, devront se ressaisir pour espérer rester dans la course.

En démontrant une maîtrise collective et en s’appuyant sur des individualités comme Bissouma et Doumbia, le Mali envoie un message fort à ses concurrents. La route vers la Coupe du Monde est encore longue, mais les Aigles ont prouvé qu’ils comptaient bien se battre jusqu’au bout.

Pour rappel, les hommes du technicien belge Tom Saintfiet affronteront le lundi 24 mars prochain à Casablanca, toujours au Maroc, la Centrafrique, pour le compte de la 6e journée des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026. Une rencontre capitale qui pourrait permettre au Mali de poursuivre sa remontée au classement et de se rapprocher un peu plus d’une qualification historique pour le Mondial.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

21 mars 2025 0 comments
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Vaccination contre la polio
Billet d'humeurSanté

Billet. Quand la seringue devient une menace : le combat impossible de la vaccination au Sahel

by Sahel Tribune 21 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Entre l’hostilité des djihadistes et le verrouillage des régimes militaires, la vaccination au Sahel devient une bataille où la vie des enfants se joue entre dogmes et calculs politiques.

Dans le grand cimetière des illusions humanitaires, le Sahel occupe une place de choix. Ici, la vie d’un enfant n’a souvent d’autre valeur que celle que veulent bien lui accorder les hommes en armes. Les djihadistes voient dans la seringue du vaccinateur un cheval de Troie occidental. La population est ainsi prise en otage et condamnée à vivre sous le joug de la fièvre, des épidémies et de la peur.

Le paradoxe est cruel. À Bamako, à Ouagadougou, à Niamey, on promet la souveraineté, on fustige l’ingérence étrangère, on clame que l’Afrique doit se prendre en main. Mais pendant ce temps, les dispensaires ferment, les stocks de vaccins pourrissent dans des entrepôts inaccessibles, et les campagnes de santé publique sont reléguées au rang de vœux pieux.

Les djihadistes et la seringue du diable

Dans leur croisade contre tout ce qui porte l’empreinte de l’Occident, les groupes djihadistes du Sahel ont fait de la vaccination une cible prioritaire. La seringue, à leurs yeux, est une arme insidieuse, un outil de corruption des âmes et des corps. On l’accuse de stériliser les enfants, de diffuser des maladies, d’être un poison culturel injecté par les infidèles. Dans certaines zones sous leur contrôle, interdire les vaccins est devenu un acte de résistance idéologique.

Et pourtant, l’histoire récente montre que ces idéologues savent aussi composer avec la réalité. Quand la rougeole ou la polio frappent trop fort, quand les cadavres d’enfants s’amoncellent dans les cases, certains chefs de guerre ferment les yeux et laissent passer les agents de santé. Un pragmatisme morbide, où la vie ne pèse jamais plus lourd que la survie du groupe.

Les militaires et l’obsession du contrôle

Mais le plus grand paradoxe, c’est que ceux qui prétendent restaurer l’autorité de l’État sur ces territoires abandonnés se révèlent être, eux aussi, des freins à la vaccination. Depuis la prise du pouvoir par les juntes au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l’espace humanitaire s’est réduit comme peau de chagrin. Sous couvert de lutte contre l’ingérence, les ONG sont entravées, surveillées, parfois même expulsées. Accéder aux populations vulnérables est devenu un défi bureaucratique autant que logistique.

La conséquence ? Une explosion du nombre d’enfants non vaccinés. En 2023, au Mali, au Tchad et au Soudan, les taux de couverture vaccinale se sont effondrés, ouvrant la voie à une résurgence des maladies oubliées. Polio, diphtérie, coqueluche : des fléaux qu’on croyait éradiqués font leur grand retour, rappelant aux nouvelles autorités que l’on ne gouverne pas seulement avec des discours martiaux et des promesses de grandeur.

Le prix du refus

La guerre contre les vaccins est une guerre contre soi-même. Un pays qui laisse mourir ses enfants d’épidémies évitables se condamne à l’échec. Car derrière ces chiffres de mortalité infantile, il y a un enjeu bien plus vaste : celui de la confiance entre un État et son peuple. Lorsqu’un parent ne peut plus faire vacciner son enfant parce que les routes sont minées, parce qu’un chef de guerre le lui interdit, ce parent apprend une chose essentielle : il est seul.

Alors que faire ? Il n’y a pas de solution miracle, mais il y a une certitude : refuser l’aide internationale, entraver les ONG, sacrifier la santé publique sur l’autel de la souveraineté ne feront que précipiter la région dans l’abîme. Si les régimes militaires du Sahel veulent réellement restaurer leur légitimité, ils doivent commencer par garantir l’accès aux soins et à la vaccination, au lieu de voir dans chaque seringue un complot étranger. Au Mali, à travers ses œuvres sociales, le président de la transition, le général Assimi Goïta, contribue largement à combler le vide laissé par les ONG humanitaires en matière de fourniture de soin de santé. 

Car l’ennemi, ici, ce n’est pas l’Occident. Ce n’est pas non plus la coopération humanitaire. L’ennemi, c’est la maladie, la mort évitable, et l’aveuglement politique qui les laisse prospérer.

Si le Sahel veut un avenir, il devra choisir entre les balles et les vaccins.

A.D

21 mars 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UneAnalyses

AES – OIF : Les dessous d’un divorce annoncé

by Chiencoro 21 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

En quittant l’OIF, le Mali, le Niger et le Burkina Faso affirment leur rupture avec l’influence francophone, dans un geste à la fois politique, linguistique et diplomatique.

Le départ du Mali, du Niger et du Burkina Faso de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n’a rien d’un coup de tête. Il s’inscrit dans une mécanique bien huilée, où chaque geste des nouvelles autorités sahéliennes semble répondre à une logique de rupture totale avec les institutions perçues comme des prolongements de l’influence occidentale. Derrière cette décision, qui survient à la veille de la Journée internationale de la Francophonie, se cache une série de tensions, de calculs politiques et d’affronts diplomatiques qui ont précipité ce divorce inéluctable.

Une humiliation diplomatique devenue un casus belli

La Francophonie, ce « club » où la langue française se veut un lien entre nations souveraines, aurait-elle voulu humilier l’AES ? Selon des sources proches du dossier, le Mali, le Niger et le Burkina Faso n’auraient tout simplement pas été invités aux célébrations du 20 mars. Une énième exclusion perçue comme une insulte par ces États suspendus des instances de l’OIF après leurs coups d’État respectifs.

À Bamako, Niamey et Ouagadougou, cette mise à l’écart serait interprétée comme un affront supplémentaire d’une organisation jugée partiale et alignée sur les positions françaises et occidentales. Les gouvernants de ces Etats n’ont pourtant pas besoin d’une institution qui ne reconnaît plus leur souveraineté et les traite comme des parias.

Ce mépris ressenti n’est qu’un épisode de plus dans une série d’incompréhensions et de rancœurs qui remontent bien avant la prise de pouvoir des autorités de l’AES.

Vers une Francophonie reléguée au second plan

Si le rejet de l’OIF s’inscrit dans une logique de rupture politique, il s’accompagne aussi d’un changement de paradigme linguistique. Le Mali, à travers sa nouvelle Constitution adoptée en 2023, a relégué le français au rang de simple « langue de travail », faisant des langues nationales (bambara, songhaï, peul, etc.) les véritables langues officielles du pays.

Ce choix, loin d’être anodin, marque une volonté claire de s’affranchir de l’héritage colonial. Il n’est pas surprenant que ce soit précisément le Mali qui ait mené cette offensive contre l’OIF. En limitant le rôle du français dans ses institutions, Bamako pose un acte de souveraineté linguistique qui va de pair avec son rejet des organisations perçues comme des instruments de domination culturelle.

En décembre 2023, le Burkina Faso a franchi le cap dans sa quête de souveraineté linguistique. Par une révision constitutionnelle, le gouvernement a fait des langues nationales – mooré, dioula, fulfuldé et d’autres – les véritables langues officielles du pays, reléguant le français et l’anglais au statut de simples langues de travail. Ce choix, loin d’être anodin, s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation culturelle et de rupture progressive avec l’héritage colonial. En plaçant ses langues ancestrales au cœur de son identité institutionnelle, le Burkina Faso affirme une volonté de bâtir un État en phase avec ses racines, tout en redéfinissant les codes de son ouverture au monde.

Le Niger, bien que n’ayant pas encore adopté une réforme linguistique aussi marquée, suit une trajectoire similaire. Dans ce pays, le français reste un outil administratif, mais n’incarne plus une appartenance à une communauté de destin.

Une rupture soigneusement mise en scène

Le départ de l’OIF n’est pas qu’un simple retrait administratif. C’est un message politique soigneusement préparé. À travers ce geste, l’AES envoie un signal fort à ses partenaires et à son opinion publique. Ces Etats ne veulent plus dépendre d’aucune organisation considérée comme un relai des anciennes puissances coloniales.

Dans les capitales sahéliennes, la communication officielle insiste sur un discours souverainiste. Il est temps de construire une coopération basée sur des alliances choisies et non subies. La Russie, la Chine et la Turquie sont de plus en plus citées comme des modèles alternatifs, tandis que l’idée d’une Francophonie libérée de l’influence française fait son chemin.

En interne, ce retrait est aussi un outil politique. Il alimente le récit nationaliste des régimes militaires, en consolidant leur image de dirigeants qui ne plient pas face aux pressions occidentales. Ces États estiment n’avoir plus besoin de cette Francophonie à sens unique.

Et après ? Entre isolement et nouvelles alliances

Si cette rupture satisfait les gouvernements sahéliens, elle soulève des questions sur l’avenir de la coopération internationale de ces pays. L’OIF offrait un cadre d’échanges culturels, éducatifs et économiques qui ne pourra pas être remplacé du jour au lendemain.

Certains observateurs estiment que ce retrait est un signal plus large de la crise du multilatéralisme. L’AES, qui prône une autonomie totale vis-à-vis des anciennes puissances coloniales et de leurs institutions, est-elle en train de s’isoler ou de redéfinir les contours d’une nouvelle coopération internationale ?

Une chose est certaine, en quittant l’OIF, le Mali, le Niger et le Burkina Faso indiquent ne plus vouloir être des spectateurs dans un espace qu’ils jugent biaisé. Ils veulent redessiner leurs propres règles.

Reste à voir si cette nouvelle indépendance les conduira vers une véritable renaissance ou un isolement stratégique.

Chiencoro Diarra 

21 mars 2025 0 comments
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Inondation au Mali
ActuClimat et environnement

Salubrité urbaine : un concours pour prévenir les inondations avant la saison des pluies

by Chiencoro 20 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Former des experts en développement durable et mobiliser les citoyens pour un environnement plus sain. Deux initiatives majeures pour préparer l’avenir du Mali.

L’histoire retiendra que l’humanité n’a jamais cessé d’apprendre ni d’expérimenter. Dans un monde où la crise environnementale redessine les frontières du possible et de l’urgent, il est essentiel d’agir à la fois sur la formation des esprits et sur l’amélioration des conditions de vie. Deux initiatives récemment annoncées par le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable du Mali illustrent parfaitement cette double exigence. Il s’agit de former des experts capables d’anticiper l’avenir et engager les citoyens dans des actions immédiates et concrètes.

Former les cerveaux de la transition écologique

Toute transformation durable passe par l’éducation. La décision de lancer un appel à candidatures pour sélectionner des institutions d’enseignement supérieur chargées de dispenser un Master en Ingénierie de Développement durable et Management de l’Environnement s’inscrit dans cette logique. Il ne s’agit pas d’un simple programme académique de plus, mais bien d’un levier stratégique pour outiller une nouvelle génération de décideurs et de praticiens.

Nous vivons un temps où la gestion des ressources naturelles, la résilience face aux dérèglements climatiques et la restauration des terres dégradées ne peuvent plus être laissées à l’improvisation. La connaissance devient un outil de survie. La sélection rigoureuse de deux institutions permettra d’assurer une formation alignée sur les standards internationaux et d’intégrer les avancées scientifiques les plus récentes dans la réflexion et l’action publique. Car ce n’est qu’en maitrisant les mécanismes du vivant et de l’économie circulaire que l’on pourra éviter la catastrophe annoncée.

Mais une formation, si brillante soit-elle, ne suffit pas. Encore faut-il que ses enseignements se traduisent en comportements et en engagements.

Une compétition pour changer les pratiques urbaines

À Bamako et Kati, les inondations ne sont pas qu’un phénomène météorologique ; elles sont aussi le symptôme d’un urbanisme mal maîtrisé et d’une gestion approximative des déchets. Chaque saison des pluies, le même scénario se répète : caniveaux bouchés, quartiers submergés, infrastructures endommagées. Pourtant, chacun sait que l’on peut prévenir plutôt que subir.

C’est dans cet esprit que le ministère de l’Environnement, en partenariat avec les autorités locales, a décidé d’organiser un concours inter-quartiers de salubrité. « Salubrité et engagement citoyen : agissons avant les pluies », tel est le mot d’ordre de cette initiative qui invite chaque habitant à devenir acteur de la transformation de son environnement immédiat. L’objectif est simple : réduire les déchets solides avant que la première goutte de pluie ne vienne en faire un désastre.

Derrière l’apparente légèreté d’une compétition, c’est une question civilisationnelle qui se pose. Comment réconcilier les citoyens avec leur propre espace de vie ? Comment faire comprendre que l’environnement n’est pas un problème lointain, mais une affaire intime, quotidienne, presque domestique ? L’incitation, ici, passe par un système de récompenses destiné aux quartiers les plus exemplaires. Mais au-delà des prix, c’est l’instauration d’une culture du respect et de la responsabilité qui est en jeu.

Former et transformer 

Il n’y a pas de hasard. Les nations qui prospèrent sont celles qui anticipent, celles qui forment leurs élites tout en mobilisant leur population. Loin d’être anecdotiques, ces deux initiatives maliennes participent d’un même mouvement. Il s’agit de structurer un savoir durable et ancrer les bons comportements dans le quotidien. Car la transition écologique ne se décrète pas, elle s’incarne.

Et peut-être qu’un jour, dans une Bamako débarrassée de ses torrents de boue et de ses montagnes de plastique, un ancien étudiant de ce Master en ingénierie environnementale marchera dans une rue propre, fier d’avoir appris et d’avoir agi.

Le destin des nations ne se joue pas seulement dans les sommets internationaux ou dans les grandes théories économiques. Il se joue aussi dans le choix des matières enseignées à l’université et dans la manière dont une ville gère ses déchets. Car le progrès n’est rien d’autre qu’une addition de décisions justes. Celles-ci en font peut-être partie.

Chiencoro Diarra 

20 mars 2025 0 comments
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