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Le général Abdourahamane Tiani
ActuÉconomie

Niger : pétrole, pouvoir et souveraineté – Les dessous d’un bras de fer avec la Chine

by Chiencoro 24 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

En expulsant des cadres chinois du secteur pétrolier, le Niger affirme sa souveraineté économique, au risque de fragiliser un partenariat aussi stratégique que délicat.

Le 14 mars 2025, le Niger a expulsé trois cadres chinois du secteur pétrolier, suscitant à la fois l’étonnement diplomatique et le silence stratégique de Pékin. Ce geste, à première vue technique, en dit long sur une mutation bien plus profonde : celle d’un pays qui, à l’image de ses voisins sahéliens, cherche à reprendre le contrôle de ses ressources stratégiques, sans renoncer aux capitaux étrangers, mais en redéfinissant les règles du jeu.

Dans cette guerre feutrée, les pipelines remplacent les canons, les contrats les traités, les chiffres les balles. Mais la question reste la même : qui contrôle quoi ? Et pour le compte de qui ?

La souveraineté, baril par baril

Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger ne cesse de reconfigurer ses alliances et ses priorités. Après avoir rompu ses accords militaires avec la France et les États-Unis, Niamey s’attaque désormais aux nerfs de son économie : les ressources naturelles. L’affaire des cadres chinois expulsés n’est pas anecdotique. Elle est le symptôme d’une stratégie assumée visant à  redonner aux Nigériens la part qu’ils estiment leur revenir.

Les griefs ne manquent pas. D’un côté, des salaires mensuels chinois de près de 8 700 dollars ; de l’autre, des cadres nigériens plafonnés à 1 200 dollars pour des fonctions similaires. Ajoutez à cela une opacité persistante sur les volumes produits, des contrats difficiles à auditer, et une préférence marquée pour les sous-traitants étrangers. Le cocktail est explosif.

Un divorce annoncé ? Pas encore

La China National Petroleum Corporation (CNPC), acteur incontournable de l’or noir nigérien, contrôle – entre autres – la raffinerie SORAZ, pivot de l’approvisionnement en carburant du pays. Pékin a aussi signé, en 2024, un accord de financement de 400 millions de dollars contre des livraisons pétrolières futures. Le Niger ne peut pas se passer de la Chine. Mais il ne veut plus la subir.

C’est ce que le ministre du Pétrole, Sahabi Oumarou, appelle « la Nigerisation » du secteur. Un rééquilibrage de la gouvernance, des postes de direction, des bénéfices. Moins de dépendance, plus de contrôle. Mais jusqu’où aller sans casser l’outil économique ?

Ce bras de fer s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Le Mali a repris des mines d’or, le Burkina Faso a détenu des cadres étrangers. Le Niger, de son côté, a déjà repris le contrôle d’un site d’uranium autrefois géré par le français Orano. Dans cette logique, la souveraineté ne se pense plus uniquement en termes militaires ou institutionnels. Elle devient économique, sectorielle, contractuelle.

Mais cette stratégie a ses limites. Le secteur pétrolier représente un quart du PIB attendu d’ici 2026. En fragilisant ses relations avec ses partenaires, le Niger prend le risque de ralentir des projets cruciaux, perdre en attractivité, susciter des représailles. Le récent retrait de licence d’un hôtel chinois à Niamey, pour pratiques discriminatoires, envoie un message politique. Mais il pourrait aussi refroidir d’autres investisseurs, moins idéologiques que pragmatiques.

Une recomposition mondiale en miniature

Ce qui se joue ici dépasse le cadre strictement nigérien. C’est une redéfinition des relations entre les puissances émergentes et les pays riches en ressources, dans un monde où les anciennes hiérarchies vacillent. La Chine, qui se veut partenaire sans ingérence, découvre que le rapport de force est plus fluide qu’hier. Le Niger, lui, navigue entre affirmation de soi et besoin d’appui extérieur.

Car si les autorités sahéliennes parlent de souveraineté, elles savent aussi que leur survie passe par des infrastructures, des devises, des contrats. Le défi est alors de ne pas confondre indépendance et isolement, patriotisme et repli.

En toile de fond, une vérité s’impose. La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit. Et elle ne se mesure pas seulement à l’expulsion de cadres ou à la dénonciation de contrats. Elle repose sur la capacité à bâtir une économie compétente, équitable, durable.

Le Niger entame cette reconquête avec fermeté. Mais l’histoire retiendra moins les expulsions que les institutions mises en place, moins les ruptures que les alternatives créées. Entre les flux du pétrole et les frissons de l’histoire, le pays joue désormais son avenir sur une ligne de crête.

Chiencoro Diarra 

24 mars 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

Éditorial – Mali : quand mars se met à pleurer

by Bakary FOMBA 24 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Une pluie inattendue en mars réveille les inquiétudes d’un climat malien de plus en plus imprévisible.

Elle est tombée sans prévenir, presque discrètement, comme si elle s’excusait d’arriver en avance. La pluie, cette invitée que l’on n’attendait pas avant juin, a surpris Bamako, Kayes, Nioro, Nara… et les bulletins météo. En mars, mois sec s’il en est, elle a fait une apparition inattendue, rompant le contrat tacite entre les saisons et la terre. Peu de gouttes, certes. Moins de dix millimètres, selon les endroits. Mais un symbole de plus, dans ce long désordre climatique qui s’installe au Sahel.

Le Mali, habitué aux calendriers figés de la saison sèche et de l’hivernage, entre de plain-pied dans le temps des anomalies. Une pluie en mars n’est plus une bénédiction fugace bien vrai que certains ont tendance à l’associer une explication métaphysiquer à l’attribuant aux bienfaits de Dieu en raison du ramadan et du carême dans les communautés musulmane et chrétienne. Pourtant, elle est un signal faible, mais déterminant. Un grain de sable dans le sablier dérangé de notre époque.

Climat détraqué, pays déboussolé

Les régions du nord-ouest malien, de Nara à Kayes, souffrent habituellement en mars sous un ciel de plomb, avec des thermomètres flirtant avec les 44°C. Cette année, quelques averses sont venues rafraîchir l’air… et réchauffer les inquiétudes. Car si la pluie soulage, elle interroge surtout. Elle est désormais le marqueur de ce que les scientifiques appellent l’« imprévisibilité accrue » du climat sahélien.

Des sécheresses plus longues, des pics de chaleur plus violents, et maintenant des pluies qui s’égarent. Le changement climatique au Mali n’est plus une hypothèse modélisée depuis Genève. C’est une réalité vécue au pas de sa porte.

L’eau tombe, mais rien ne s’arrange

À première vue, cette pluie tombe bien. Elle humidifie les sols, remplit les jarres, réconcilie le ciel et la terre. Mais pour combien de temps ? Quelques gouttes ne suffiront pas à inverser des décennies de stress hydrique, d’appauvrissement des terres et de précarisation des populations rurales.

Pire, cette précocité météorologique pourrait même désorienter les cycles agricoles, tromper les semences, perturber les récoltes. Car l’eau, au Sahel, n’est salvatrice que lorsqu’elle est comprise, canalisée, anticipée. Quand elle devient capricieuse, elle ajoute à l’incertitude d’un quotidien déjà incertain.

L’urgence de la prévoyance

Face à cette mutation qui s’impose à marche forcée, le Mali ne peut plus se contenter d’espérer que la pluie vienne « au bon moment ». Il faut prévoir l’imprévisible. Cela passe par des investissements massifs dans les infrastructures hydrauliques, par des systèmes d’alerte précoce qui fonctionnent, et par une refonte complète des calendriers agricoles.

Ce mois de mars 2025 a été déclaré « année de la culture ». Très bien. Mais qu’est-ce que la culture, sinon la transmission d’un rapport à la terre, au ciel, à l’eau ? Il serait temps d’intégrer la mémoire environnementale à notre récit collectif. Car le patrimoine malien ne se limite pas aux masques dogons ou aux manuscrits de Tombouctou. Il est aussi dans la capacité d’un pays à lire les signes du ciel.

Une pluie, un présage

Oui, la pluie est revenue. Trop tôt. Trop peu. Mais assez pour nous rappeler que le climat, ce vieux compagnon de route, ne respecte plus les horaires. Cette incursion météorologique en mars est un message codé que seuls les peuples lucides sauront traduire. Elle n’est pas une solution. Elle est une alerte.

Comme l’écrivait un poète peul : « La pluie qui tombe hors saison ne nourrit pas, mais elle prévient. »

À nous, Maliens, d’entendre ce frisson du ciel comme un appel à mieux nous préparer. Car si la pluie est la vie qui recommence, elle peut aussi être le miroir d’un monde qui vacille.

Bakary Fomba

24 mars 2025 0 comments
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Remise de vivres à Ménaka
ActuÉconomie

Ménaka : 800 tonnes de riz pour soutenir les populations vulnérables

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Dans un élan de solidarité en faveur des populations vulnérables de la région de Ménaka, la Présidence de la République du Mali a mis à disposition 800 tonnes de riz, d’une valeur de 720 millions de francs CFA. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du Plan National de Réponse (PNR 2025), reflète l’engagement du Président de la Transition, son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, à placer les questions de sécurité alimentaire parmi les priorités nationales.

La remise officielle de cette aide a été pilotée par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), un service de la présidence chapeauté par le ministre-Commissaire à la Sécurité Alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali. Le stock conséquent de 800 tonnes de riz, soit seize mille sacs de cinquante kilos, a été remis au Gouverneur de la région de Ménaka, le Général de division Elhadj Ag Gamou, chargé de sa distribution gratuite aux populations vulnérables.

Un soutien renforcé en période de Ramadan

Cette assistance intervient à un moment crucial, en ce mois béni de Ramadan, où les besoins alimentaires se font particulièrement ressentir. En apportant ce soutien, les autorités maliennes réaffirment leur engagement à alléger les souffrances des communautés affectées par l’insécurité et les difficultés économiques.

Ce geste de la Présidence ne constitue pas une action isolée. En novembre 2024, 40 tonnes de riz avaient déjà été acheminées à Ménaka par les Forces Armées Maliennes (FAMa), dans le cadre des efforts constants pour répondre aux besoins alimentaires de la région. De plus, au cours de l’année 2025, une dotation supplémentaire de 200 tonnes de riz est prévue, portant l’aide alimentaire totale à 1 000 tonnes.

Une réponse multisectorielle pour une crise persistante

L’intervention de l’État est également appuyée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), qui opère à Ménaka à travers des distributions alimentaires gratuites et des transferts monétaires au profit des Personnes Déplacées Internes (PDI). Cette synergie entre les autorités nationales et les partenaires humanitaires vise à maximiser l’impact des actions entreprises face à la crise alimentaire persistante dans la région.

Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a souligné que ces efforts témoignent de la solidarité nationale et de l’attention particulière accordée aux populations les plus vulnérables, où qu’elles se trouvent sur le territoire malien. Cette mobilisation s’inscrit dans une vision plus large d’accompagnement des communautés locales, touchées à la fois par l’insécurité et les défis climatiques.

Ainsi, l’acheminement de ces 800 tonnes de riz à Ménaka incarne la volonté des autorités maliennes de renforcer la résilience des populations et de garantir un accès à une alimentation suffisante, en dépit des défis multiples auxquels la région est confrontée.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

23 mars 2025 0 comments
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Amadou Sy Savané, ministre de l'Education nationale, rappelle l'interdiction du châtiment corporel.
A la UneÉducation

Éducation au Mali : le ministre face aux acteurs de l’école pour expliquer les nouvelles taxes

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, a rencontré ce jeudi 20 mars 2025, les acteurs de l’école lors d’une journée d’information et de sensibilisation, tenue dans la salle de réunion de la Direction nationale de l’Enseignement secondaire. Cette rencontre avait pour but de mettre en lumière l’impact des nouvelles taxes récemment instaurées, visant à accélérer la construction d’infrastructures scolaires à travers tout le pays.

Cette initiative fait suite à la décision prise en Conseil des ministres le 5 février 2025 de créer un fonds de soutien dédié aux projets d’infrastructures de base et de développement social. Ce fonds ambitionne de renforcer les services sociaux essentiels tels que l’éducation et la santé, tout en instaurant un mécanisme de financement endogène pour les grands projets du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta.

Informer pour mieux comprendre

Lors de cette rencontre, le ministre Amadou Sy Savané a tenu à clarifier l’origine et les objectifs de ces nouvelles taxes. « Il est important que chacun comprenne que ces taxes ne sont pas une contrainte, mais un levier pour construire les écoles de demain. Tous les enfants du Mali ont droit à une éducation de qualité, dans des salles de classes dignes et modernes, et ce fonds est un pas décisif vers cet objectif », a-t-il déclaré devant une salle attentive.

Il a ensuite expliqué que les fonds collectés permettront de construire de nouvelles infrastructures et de moderniser celles déjà existantes, offrant ainsi à la jeunesse malienne un cadre éducatif plus propice à l’apprentissage.

Un élan de mobilisation citoyenne

Les acteurs de l’école présents ont salué cette initiative gouvernementale, soulignant l’urgence de la situation dans plusieurs localités, où les écoles publiques manquent cruellement de moyens. Pour eux, l’autofinancement est la clé d’un système éducatif durable. « Si nous voulons réellement le développement, nous devons accepter de nous sacrifier pour le pays et pour l’avenir de nos enfants », ont-ils déclaré d’une voix unanime.

L’un des participants a même regretté que ces taxes n’aient pas été mises en place plus tôt, mettant en avant l’importance de l’engagement citoyen pour le financement de projets structurants.

Des perspectives encourageantes

Le ministre Sy Savané s’est dit très satisfait de l’issue de cette rencontre, marquée par un consensus autour de la nécessité de ces nouvelles mesures fiscales. Il a exhorté l’ensemble des acteurs à poursuivre cet élan de mobilisation en devenant des ambassadeurs de cette politique auprès de leurs communautés.

« Ces taxes doivent nous permettre de tenir notre engagement citoyen. C’est la possibilité d’avoir beaucoup d’argent pour construire des salles de classes, moderniser nos établissements et apporter un appui solide à notre système éducatif. Comme le recommandent les états généraux de l’éducation, il faut que nous financions notre système éducatif avec nos fonds propres », a-t-il conclu.

Avec cette démarche, le gouvernement malien pose les bases d’un financement durable et autonome de l’éducation, en comptant sur la solidarité nationale pour bâtir le Mali de demain. Les acteurs de l’école, désormais informés, repartent avec la ferme volonté de relayer ce message auprès de leurs pairs, dans l’espoir de voir, très bientôt, de nouvelles écoles sortir de terre grâce à ces efforts collectifs.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

23 mars 2025 0 comments
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Attaque terroriste au Burkina Faso
Actu

Fambita, prière sous les balles : au Niger, les djihadistes de l’EIGS frappent à l’heure de Dieu

by Sahel Tribune 22 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Fambita, des fidèles en prière ont été massacrés dans leur mosquée, rappel que les terroristes sont loin d’être de Dieu.

Dans ce triangle de feu que l’on appelle la zone des « trois frontières », où les cartes du Sahel se froissent sous le poids des kalachnikovs et des serments d’allégeance à l’État islamique ou à Al-Qaïda, le sang n’a plus le temps de sécher. Vendredi 21 mars 2025, à Fambita, village perdu du sud-ouest nigérien, alors que le soleil couchant offrait aux fidèles un peu de répit dans le jeûne, des hommes armés sont entrés dans la mosquée. Ils n’y ont pas prié. Ils ont tué.

Quarante-quatre morts. Tous civils. Tous en prière.

Ils ont cerné le lieu de culte à 14 heures. Un vendredi. Le jour sacré de la semaine musulmane. Ils ont ouvert le feu, méthodiques, impitoyables, pendant que les fidèles accomplissaient leur salat. Puis, comme pour parachever l’horreur, ils ont incendié le marché et les habitations. La cruauté en guise de signature, la terreur en lieu et place de revendication. L’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), selon les autorités nigériennes.

Fambita n’est pas qu’un village. C’est un symbole. Celui d’un territoire où l’État est devenu une ligne fantôme, où la République ne s’exerce plus qu’en communiqués de presse et en promesses de vengeance. Tillabéri, région enclavée, est depuis des années le théâtre d’un chaos organisé. Là, les soldats nigériens de l’opération « Niya » affrontent une guérilla insaisissable, mouvante, nourrie par la pauvreté, l’abandon et l’extrémisme.

Djerma, Touaregs, Peuls, les communautés civiles, elles, vivent au rythme des déplacements forcés, des massacres sporadiques, des marchés réduits en cendres. En décembre dernier déjà, 21 civils étaient tués lors d’une attaque contre un convoi de marchandises. La frontière avec le Burkina Faso n’est plus qu’une ligne poreuse de transit pour les camions… et pour les tueurs.

Les autorités de la transition sous pression

À Niamey, les autorités maliennes de la transition issues du coup d’État de juillet 2023 tente de contenir une crise sécuritaire devenue structurelle. Le président déchu, Mohamed Bazoum, est toujours détenu. Le nouveau régime, lui, promet la sécurité, annonce des plans, fait défiler des généraux, multiplie les communiqués.

Mais sur le terrain, les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 2 400 morts depuis la prise de pouvoir, selon l’ONG Acled. L’ennemi, lui, ne respecte ni les frontières, ni les horaires, ni les prières. Il s’infiltre, tue, disparaît. Et recommence.

Le ministère de l’Intérieur a décrété un deuil national de 72 heures. Trois jours de silence. Trois jours de deuil. Et après ? Une nouvelle attaque ? Un nouveau communiqué ?

L’ultime profanation

Comme ses voisins malien et burkinabè, le Niger a rompu avec la France, quitté la CEDEAO, et s’est replié sur la toute nouvelle Alliance des États du Sahel (AES). Une confédération qui promet une armée commune de 5 000 hommes. Des opérations conjointes sont annoncées, planifiées, parfois engagées.

Mais à Fambita, ce ne sont ni les colonnes de l’AES ni les drones russes ni les discours souverainistes qui ont empêché le massacre. Car ces 44 morts ne sont pas que des victimes du fanatisme. Ils sont aussi les martyrs silencieux d’une guerre que personne ne maîtrise, que beaucoup exploitent, et que trop de dirigeants dans le monde instrumentalisent.

Il y a quelque chose de plus cruel encore dans cette attaque. La négation absolue du sacré. S’en prendre à des fidèles en prière, c’est tuer deux fois : l’homme et ce qu’il croit. C’est dire au monde que même Dieu n’est plus un refuge.

Alors que le pays observe trois jours de deuil, que les familles enterrent leurs morts et que les communiqués se succèdent, une seule question demeure : combien de Fambita faudra-t-il encore pour que la parole cède enfin la place à la protection ?

La rédaction 

22 mars 2025 0 comments
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Naba Fatoumata Samaké
A la UneExclusifTaabolow ani Tabiaw

Naba Fatoumata Samaké: « Cuisiner à 4 h du matin, aller au boulot sans café… et rester performante »

by Bakary FOMBA 22 mars 2025
written by Bakary FOMBA 5 minutes read

Dans un contexte où le ramadan revêt une importance particulière pour des millions de Maliens, qu’en est-il des femmes salariées, souvent tiraillées entre les obligations religieuses, sociales et professionnelles ? Quelles politiques, mesures ou appuis les accompagnent dans cette période intense ? Pour répondre à ces questions, Sahel Kunafoni s’est entretenu avec Naba Fatoumata Samaké, communicante spécialisée en santé publique, option géopolitique de la santé et santé des droits sexuels et reproductifs des adolescents et des jeunes. Elle est actuellement chargée de communication à l’ONG Conseils et Appui pour l’Éducation à la Base (CAEB), sur le programme « Jigiya », dédié aux jeunes leaders en santé de la reproduction.

Sahel Kunafoni : Comment le ramadan influence-t-il la vie professionnelle des femmes au Mali ?

Naba Fatoumata Samaké : Le mois de Ramadan a un impact profond sur la vie professionnelle des femmes, en particulier celles qui sont mariées, mais aussi les célibataires. C’est une période qui exige un engagement total, aussi bien spirituel que physique. Les femmes se retrouvent totalement mobilisées, aussi bien à la maison qu’au travail.

Comment les femmes salariées parviennent-elles à concilier leurs responsabilités personnelles et professionnelles ?

Pendant le ramadan, tout change. Certaines femmes doivent gérer plusieurs marmites en même temps, tout en assurant l’équilibre familial. Rester à jeun tout en gardant une humeur stable pour gérer famille et travail n’est pas chose facile. Socialement, la femme est attendue sur tous les fronts : cuisine, soins, attention portée aux proches et à la belle-famille. Il existe une attente implicite de la part de la société qui pousse certaines à incarner l’image de la femme « parfaite ».

Cela se répercute inévitablement sur la performance au travail. On cuisine le soir, on se lève dès 4 h pour le suhur, on enchaîne directement avec la journée de travail sans café ni thé, ce qui entraîne maux de tête, baisse de concentration et fatigue chronique. Certaines femmes prennent même des congés pour se consacrer entièrement à la gestion du foyer. Mais cette possibilité n’est pas offerte à toutes. D’autres somnolent au bureau, se sentent épuisées à la maison, ce qui peut, à la longue, altérer leur rapport au foyer.

Il ne s’agit pas seulement d’une responsabilité qui incombe aux entreprises, mais à la société dans son ensemble, qui doit repenser la répartition des charges domestiques. Les femmes, de leur côté, doivent aussi chercher des stratégies pour préserver leur équilibre.

Quelles politiques les entreprises devraient-elles mettre en œuvre pour soutenir les femmes durant le ramadan ?

Certaines entreprises permettent déjà aux salariées de rentrer plus tôt pendant le ramadan. C’est un progrès appréciable. Cependant, les horaires du matin restent inchangés. Ce petit ajustement en fin de journée est bénéfique, car il permet aux femmes de rentrer, préparer le repas et s’occuper de leur famille. Un effort supplémentaire pourrait être fait pour alléger davantage la charge mentale et physique des femmes pendant cette période.

Certaines disent que les femmes sont moins productives durant le ramadan. Partagez-vous cet avis ?

C’est une réalité, mais elle est largement liée à la charge mentale et physique qu’elles supportent. Il est difficile d’être pleinement performante à la maison et au bureau en même temps. Cela dit, les hommes aussi montrent des signes de fatigue en cette période. La différence, c’est que les femmes doivent en plus gérer la logistique familiale, anticiper les repas, penser aux condiments à acheter, et répondre aux attentes sociales.

Comment ces perceptions ont-elles évolué avec le temps ?

Les choses changent, lentement mais sûrement. De plus en plus d’hommes reconnaissent l’effort fourni par leurs épouses pendant le ramadan. Il est désormais courant qu’ils offrent un cadeau à leur femme à l’occasion de la fête. Mais cela ne suffit pas. Il faut aller plus loin dans la reconnaissance concrète, à travers des gestes de soutien au quotidien.

Quelles sont, selon vous, les principales difficultés rencontrées par les femmes salariées pendant cette période ?

Les femmes font face à une triple pression : professionnelle, domestique et sociale. Il y a d’une part le poids des normes sociales qui font de ces tâches des obligations, d’autre part, un manque d’organisation qui pourrait être comblé par des outils simples comme un planning culinaire. À cela s’ajoute la cherté de la vie. Les prix des denrées ont flambé et les femmes veulent tout de même « mettre le paquet » dans la marmite pour satisfaire les attentes de leurs proches. Les dix derniers jours du ramadan sont particulièrement éprouvants, avec l’intensification des prières et des tâches domestiques.

Quel rôle le gouvernement et les ONG devraient-ils jouer ?

L’État et les ONG devraient porter un plaidoyer fort pour une meilleure organisation des horaires de travail pendant le ramadan, en tenant compte de l’équité, pas seulement de l’égalité. Il ne s’agit pas de privilégier les femmes au détriment des hommes, mais de reconnaître la charge spécifique qu’elles supportent.

Il serait également utile d’intervenir sur les prix des denrées de première nécessité, de faciliter l’accès à l’électricité pour les femmes actives qui ont besoin de conserver leurs aliments, et d’encourager une meilleure implication des conjoints dans les tâches domestiques. Les hommes doivent incarner des modèles de soutien, s’inspirer des principes de la Sunna et faire du foyer une responsabilité partagée.

Propos recueillis et retranscrits par Bakary Fomba

22 mars 2025 0 comments
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Moussa Mara, anciein Premier ministre
AnalysesExclusif

Mali : Moussa Mara, l’art de parler avec ceux qu’on voulait faire taire

by Sahel Tribune 22 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

De l’intransigeance à l’ouverture, Moussa Mara incarne à lui seul les contradictions d’un Mali tiraillé entre principes républicains et réalités d’une guerre sans fin.

Il fut un temps – c’était en février 2020 – où Moussa Mara, costume droit et verbe tranchant, fustigeait avec constance l’idée même de discuter avec les terroristes. « Une fausse bonne idée », dénonçait-il alors, avec cette conviction martelée comme une vérité d’État. Cinq ans plus tard, dans les colonnes de Jeune Afrique, l’ancien Premier ministre se fait l’avocat d’un dialogue « avec les terroristes maliens ». Pas avec tout le monde, nuance-t-il, mais avec ceux d’entre eux qui, Maliens d’origine, seraient prêts à revenir dans le giron de la République.

Un retournement ? Un aggiornamento ? Une prise de conscience ? C’est selon. Mais dans les couloirs feutrés de Bamako, certains y voient moins une évolution doctrinale qu’un repositionnement politique soigneusement calibré, à l’heure où la question de la paix — ou plutôt de la sortie de guerre — devient centrale dans le discours des nouveaux maîtres du Sahel.

De la condamnation absolue…

2020, donc. Mara, alors en quête de crédibilité politique post-primature, se démarque avec force d’une stratégie d’ouverture aux djihadistes esquissée par les autorités d’alors. Il dénonce, textes à l’appui, les dérives d’un processus qui, selon lui, ne ferait qu’encourager la terreur. « Négocier avec les terroristes, c’est institutionnaliser la violence comme mode d’expression », écrivait-il. Il comparait ces tractations à des négociations avec des preneurs d’otages : dangereuses, contre-productives, et porteuses d’un message fatal à la cohésion nationale.

Iyad Ag Ghali ? Amadou Kouffa ? À ses yeux, des hommes entièrement absorbés dans la dynamique terroriste, liés à des réseaux internationaux, irrécupérables politiquement, et donc indiscutables. La République était, en somme, non négociable. Et ceux qui la défiaient par les armes devaient être combattus, pas courtisés.

… à l’ouverture conditionnelle

Mars 2025. Même homme, ton plus mesuré, posture plus réaliste, ou plus tactique. Cette fois, il parle de ceux des nôtres : les Maliens engagés dans la lutte armée, à distinguer des étrangers de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ou d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). À ces premiers, il tend la main, pour peu qu’ils acceptent le cadre de la République — une et indivisible, laïque, selon les termes de l’accord d’Alger de 2015, dénoncé par les autorités maliennes de la transition le 25 janvier 2025.

Le contexte a changé. Le Mali, comme le Burkina Faso, comme le Niger, vit désormais sous l’autorité de régimes militaires qui, en dépit de leur rhétorique de fermeté, savent que la solution au conflit ne peut être purement militaire. Et Mara, fin connaisseur du terrain, sait que l’opinion publique, épuisée par la guerre, reste encline à soutenir toute initiative susceptible de ramener la paix.

Pragmatisme ou repositionnement ?

Dans cette nouvelle donne politique, les symboles comptent autant que les discours. Et dans cette recomposition, la guerre ne se mène plus seulement sur les champs de bataille ou dans les chancelleries : elle se mène aussi dans le langage. Qui est terroriste, qui ne l’est pas ? À qui tend-on la main, à qui la ferme-t-on ? Le glissement sémantique opéré par Mara entre 2020 et 2025 est à ce titre révélateur : l’homme d’État inflexible devient le stratège pragmatique.

Reste la question de fond : ce revirement est-il le fruit d’une réflexion stratégique, ou d’un calcul politique ? Les sceptiques, nombreux à Bamako, y voient un alignement opportuniste avec la nouvelle ligne du pouvoir, qui explore aujourd’hui, discrètement mais activement, les pistes du dialogue communautaire pour isoler les chefs terroristes et réintégrer les recrues locales.

Mara, le miroir du Mali

Mais ce changement est aussi symptomatique d’une vérité plus dérangeante. Dans une guerre sans fin, où les ennemis d’hier deviennent les négociateurs de demain, les lignes ne cessent de bouger. Et la République, même laïque et indivisible, n’est plus un dogme intouchable mais une construction mouvante, soumise aux aléas du réel.

Moussa Mara n’a peut-être pas changé. Il a simplement pris acte d’un contexte nouveau. Comme bien d’autres figures de l’élite politique malienne, il compose avec les vents contraires, entre convictions affichées et nécessités de terrain. En cela, il n’est pas une anomalie mais un miroir : celui d’un Mali en quête d’une paix qu’il ne peut plus se permettre de repousser — même au prix de ses certitudes.

A.D

22 mars 2025 0 comments
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