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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UnePolitique

L’AES lance un concours pour la création de son hymne officiel 

by Sahel Tribune 12 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Après son drapeau, sa devise et son logo, la Confédération des États du Sahel se lance à la recherche d’un hymne commun. Une œuvre symbolique, chargée d’incarner l’identité, les valeurs et l’espoir de trois peuples unis par l’histoire et la volonté politique. Entre tradition musicale et ambitions panafricaines, l’AES veut désormais se dire… en chantant.

Après la devise, le drapeau et le logo, l’hymne. Il ne manquait plus qu’un souffle, une voix, une mélodie pour compléter l’architecture symbolique de la jeune Confédération des États du Sahel (AES), née en juillet 2024. C’est désormais chose faite. Le Burkina Faso, au nom de l’AES, lance un appel à la création d’un hymne commun, destiné à incarner les espoirs et les ambitions de cette union née dans la rupture.

Nous sommes à Ouagadougou, ce 8 avril 2025. Le communiqué du ministère burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme tombe comme une note de solennité dans un espace institutionnel encore en construction. Après le dévoilement de la devise (« Un Espace, Un Peuple, un Destin »), puis celui du drapeau confédéral, voici venu le temps de la musique et des mots. L’AES veut un hymne. Non pas un simple chant patriotique, mais une œuvre de cohésion, conçue pour parler aux peuples du Mali, du Burkina et du Niger.

L’ambition est de construire une identité collective, par l’art, par la culture, par la mémoire. Loin des rhétoriques militaro-diplomatiques, cette initiative vient rappeler une évidence que les nations ne se forgent pas seulement à coups de traités ou de bataillons, mais aussi dans les mots que l’on chante et les rythmes que l’on partage.

Un hymne comme miroir de valeurs

Les critères sont précis, presque exigeants. L’œuvre devra évoquer la souveraineté, le panafricanisme, la résilience, le patriotisme, la solidarité, mais aussi l’endogénéité du développement, cette idée désormais centrale dans la rhétorique de l’AES. La musique ? Elle devra allier tradition et modernité, être solennelle mais entraînante, facile à chanter, facile à retenir. Le texte ? Poétique, clair, puissant. Un message, une mission, une vision.

Un comité de sélection, composé d’experts en musique et en patrimoine, aura la délicate tâche de choisir une seule œuvre. Celle-ci sera ensuite soumise à une compétition entre les trois pays membres, pour retenir l’hymne officiel de la Confédération.

Mais il y a plus. Le communiqué précise que l’œuvre ne sera pas rémunérée. Pas de cachet, pas de prix. Juste l’honneur patriotique. Une manière subtile de dire que ce projet dépasse le cadre d’un simple concours artistique. Il s’agit d’un acte fondateur, d’un geste de foi envers une cause collective.

Dans un contexte où l’AES tente d’imposer sa légitimité en dehors des cadres classiques — CEDEAO, Francophonie —, cette initiative artistique prend une dimension symbolique forte. Elle marque une tentative de créer un imaginaire commun, où le citoyen malien, le jeune nigérien ou la chorale burkinabè pourront entonner ensemble les mêmes paroles, sur une même musique. C’est l’émotion au service de l’unité.

La rédaction 

12 avril 2025 0 comments
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Les Maliens manifestent à Kati pour dénoncer l'ingérence algérienne dans le conflit malien;
Vidéo

Tensions Mali-Algérie : les Maliens dénoncent le comportement d’Algérie

by Chiencoro 11 avril 2025
written by Chiencoro 0 minutes read

Reportage sur la manifestation des Maliens devant l’ambassade d’Algerie pour dénoncer l’ingérence d’Algerie dans le conflit malien.

11 avril 2025 0 comments
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mines
A la UneÉconomie

ITIE 2024 : le miroir minier du Mali, du Burkina et du Niger

by Sahel Tribune 11 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans son rapport 2024, l’ITIE dresse un tableau contrasté de la gouvernance extractive au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Si les trois piliers de l’AES manifestent des volontés affirmées de souveraineté, les failles restent béantes : flux illicites massifs, divulgations faibles, société civile marginalisée. Pourtant, une dynamique s’enclenche — celle d’un contrôle stratégique du sous-sol au service d’un nouvel ordre sahélien.

À l’heure où l’Alliance des États du Sahel (AES) redéfinit les rapports de force régionaux, une autre bataille se joue plus discrètement. Celle de la gouvernance des ressources naturelles. Dans son rapport 2024, l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) livre un état des lieux éclairant — parfois inquiétant — de la transparence minière au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Trois pays à haute intensité aurifère, qui cherchent à transformer leur sous-sol en levier de souveraineté.

Au Mali, des progrès sous contrainte

Avec 67 points au processus de validation, le Mali fait bonne figure — sur le papier. Le rapport salue des avancées dans la divulgation des revenus et des contrats. Mais il souligne aussi des failles persistantes : engagement faible de la société civile, gouvernance du processus ITIE affaiblie par la transition politique, et un taux de publication systématique des données plafonnant à 4 % seulement, l’un des plus bas du classement mondial.

Pourtant, l’enjeu est crucial. Dans un pays où l’or représente près de 80 % des exportations, la gestion de la rente minière n’est pas un détail budgétaire — c’est un choix de modèle économique. La question est simple : qui bénéficie de la richesse aurifère ? Et surtout, qui la contrôle ?

Burkina Faso, la traque aux flux illicites

Là, le ton est plus direct. Le rapport ITIE 2024 révèle que le pays a identifié 39 cas de fraude liés au commerce de l’or, avec la saisie de faux lingots pour une valeur de plus de 15 millions de dollars. Mais le plus vertigineux reste cette estimation : 4,93 milliards de dollars de flux financiers illicites dans le secteur minier entre 2012 et 2021, soit plus de 2 700 milliards de francs CFA évaporés. L’or, qui représente 61 % de ces pertes, apparaît ici non pas comme une richesse, mais comme un gouffre fiscal.

Le mérite de Ouagadougou est de ne pas fuir la réalité. Grâce à l’ITIE, des audits sont en cours, des cartographies de la fraude sont élaborées, et des mesures commencent à être prises. C’est la transparence comme outil de reconquête économique, dans un pays où les recettes minières pourraient — devraient — financer les écoles, les centres de santé, les routes rurales.

Niger, le grand absent qui pèse lourd

Peu cité dans les détails du rapport, le Niger n’en reste pas moins un acteur stratégique. Avec ses réserves d’uranium et son potentiel pétrolier, le pays est un terrain d’enjeux géopolitiques autant qu’un cas d’école de gestion extractive. Les données disponibles montrent un faible taux de divulgation systématique (13 %) et un processus ITIE peu visible depuis la rupture institutionnelle de 2023. Pourtant, l’enjeu est immense : comment bâtir une économie post-CFA et post-CEDEAO sans maîtrise absolue des ressources ?

Ce que le rapport ITIE 2024 dit entre les lignes, c’est que le triptyque Mali–Burkina–Niger, au-delà de ses choix politiques communs, partage un même défi structurel — celui de faire de ses ressources un levier d’indépendance réelle.

Dans un contexte où les partenaires traditionnels se crispent, la transparence n’est plus un simple critère de bonne gouvernance, mais un outil de négociation internationale, un argument face aux investisseurs, une arme contre les prédations internes. Elle permet aux États de savoir ce qu’ils possèdent, à la société civile de savoir ce qu’on lui doit, et aux citoyens de savoir où va l’argent.

Il ne s’agit plus seulement de publier des chiffres, mais de reprendre la main sur le récit économique. Et dans ce récit, le Mali, le Burkina et le Niger ne veulent plus être des figurants — ils veulent écrire le scénario.

A.D

11 avril 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
ActuPolitique

Réforme politique au Mali : en route vers une relecture concertée de la Charte des partis politiques 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 11 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues des Assises Nationales de la Refondation, le gouvernement malien engage une vaste consultation nationale et internationale. L’objectif est de relire la Charte des partis politiques en concertation avec les Forces vives de la Nation et les Maliens de l’extérieur. Cette démarche, prévue en deux phases, vise à asseoir les bases d’un système partisan plus transparent, plus représentatif et mieux adapté aux défis actuels du pays. L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres du mercredi 10 avril 2025 par le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au Processus électoral.

Dans un souci d’inclusivité et de transparence, cette large consultation se déroulera en deux phases distinctes : régionale et nationale. La phase régionale est prévue les 16 et 17 avril 2025. Elle se tiendra dans les 19 Régions administratives du pays, dans le District de Bamako ainsi que dans 49 Ambassades et Consulats du Mali à travers le monde. Cette phase vise à recueillir les avis, préoccupations et suggestions des acteurs locaux et de la diaspora malienne sur la réforme du paysage politique.

La seconde phase, dite nationale, se déroulera à Bamako les 28 et 29 avril 2025. Elle regroupera les délégués désignés à l’issue des rencontres régionales et consulaires. Cette étape permettra de capitaliser les différentes contributions afin de formuler des recommandations consensuelles sur la relecture de la Charte des partis politiques, jugée aujourd’hui inadaptée aux enjeux actuels de gouvernance démocratique au Mali.

Une démarche ancrée dans les recommandations des ANR

Pour les autorités de la Transition, cette consultation s’inscrit dans la continuité logique des Assises Nationales de la Refondation, tenues en décembre 2021, qui avaient abouti à plus de 500 recommandations en faveur d’un renouveau institutionnel, politique, sécuritaire et socio-économique du pays. Parmi les recommandations phares figurait la nécessité de réorganiser le fonctionnement des partis politiques, d’assainir le jeu politique et de favoriser une meilleure représentation des citoyens.

Il s’agira, à travers cette consultation, de discuter des propositions concrètes formulées aussi bien par les partis politiques que par les organisations de la société civile. L’objectif est de formuler des recommandations précises, opérationnelles et adaptées aux réalités maliennes pour une mise en œuvre efficace des résolutions des ANR.

Vers une réforme en profondeur du système partisan

Cette initiative de relecture de la Charte des partis politiques intervient dans un contexte où le système partisan malien fait face à de nombreuses critiques : multiplication des partis sans idéologie claire, faiblesse de l’encadrement juridique, clientélisme politique, faible représentativité des citoyens, et manque de renouvellement des élites politiques.

En lançant cette vaste concertation, les autorités de la Transition entendent donner la parole à toutes les sensibilités nationales, y compris celles de la diaspora, pour refonder en profondeur le système politique malien. Une fois les consultations achevées et les recommandations consolidées, un avant-projet de texte pourrait être soumis à l’approbation des instances compétentes, avec à terme, l’ambition de doter le Mali d’un cadre juridique modernisé, plus exigeant et plus adapté aux défis démocratiques actuels.

La relecture de la Charte des partis politiques s’inscrit comme une étape envisagée dans le processus de réforme politique en cours au Mali. La suite de cette initiative dépendra de la participation des différents acteurs concernés et de la manière dont les autorités intégreront les recommandations issues des consultations. Les concertations prévues en avril 2025 marqueront ainsi une nouvelle phase de réflexion autour de l’avenir du système partisan malien.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

11 avril 2025 0 comments
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Les bureaux SONATAM à Bamako.
A la UneÉconomie

Mali : Quand la gestion tousse à la SONATAM

by Sahel Tribune 11 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Entreprise stratégique aux parfums de monopole d’État, la SONATAM fait aujourd’hui l’objet d’un rapport accablant du Vérificateur Général. Entre surfacturations, irrégularités de gestion, nominations douteuses et silences administratifs, l’usine historique du tabac malien soulève des interrogations sur la gouvernance publique, les partenariats privés et les zones grises de l’économie formelle.

Il y a des noms qui sentent le passé industriel, la fumée des années 60 et les grandes ambitions républicaines. SONATAM en est un. Mais derrière l’héritage glorieux, c’est aujourd’hui une autre réalité que révèle la dernière vérification du Bureau du Vérificateur Général (BVG) : celle d’une entreprise stratégique, prise en tenaille entre dysfonctionnements administratifs, irrégularités financières et arrangements entre actionnaires.

Une gestion interne approximative

Créée en 1968, héritière d’une coopération sino-malienne et d’un monopole d’État sur le tabac, la Société Nationale des Tabacs et Allumettes du Mali (SONATAM-SA) incarne une certaine idée de la souveraineté industrielle. Mais cette façade s’est fissurée au fil des privatisations. L’État, actionnaire minoritaire (38,5 %), a cédé les commandes au secteur privé — Libyen, français et malien — dans une symphonie d’intérêts parfois dissonants.

Le rapport du BVG, couvrant les exercices 2021 à 2024, dresse un inventaire à la Prévert d’anomalies. Des nominations non conformes, des recrutements biaisés, des dépenses engagées sans pièces justificatives, des immobilisations non tracées, et surtout — l’essentiel — plus de 6,4 milliards de FCFA d’irrégularités financières.

À la tête de cette mécanique grippée, un trio : le Directeur Général, le Directeur Financier et la Directrice Financière Adjointe, régulièrement cités dans le rapport pour des dépassements de prix sur les achats de matières premières, des primes injustifiées versées au personnel et des paiements douaniers fantômes. À cela s’ajoute une gestion interne approximative, où l’audit, censé être le chien de garde, reste sagement attaché au pied du maître, la Direction Générale, au mépris des normes d’indépendance.

Une entreprise qui peine à se réguler

Mais le plus troublant reste ce silence administratif. Aucun arrêté interministériel sur les teneurs maximales en goudron, nicotine ou monoxyde de carbone. Aucun comité régional de contrôle du tabac fonctionnel à Sikasso, Ségou ou Kayes. Comme si la santé publique pouvait attendre. Comme si l’économie du tabac devait rester un angle mort du débat public.

Pourtant, SONATAM n’est pas une entreprise banale. Plus de 82 milliards de FCFA de chiffre d’affaires en 2021, plus de 5,6 milliards de cigarettes vendues en 2023, et une contribution de près de 5 milliards de FCFA en impôts et taxes sur trois exercices. Un acteur industriel majeur, mais dont la gouvernance semble flotter entre archives poussiéreuses et contrats léonins.

Dans cette brume de gestion, un mot revient : contrebande. Maintenir son taux en dessous de 4 %, disent les textes. Une gageure dans un pays où les frontières sont aussi poreuses que les règles fiscales. Et c’est là tout le paradoxe. Une entreprise censée réguler un marché, mais qui peine à se réguler elle-même.

Des interrogations

Le rapport du Vérificateur ne juge pas. Il constate. Il documente. Mais derrière les chiffres, ce sont des choix politiques qui s’esquissent. Quelle vision pour les entreprises publiques maliennes ? Quelle place pour l’État dans un secteur aussi sensible que le tabac ? Et surtout, quelle justice comptable pour les milliards de francs CFA dont on ignore aujourd’hui l’usage ?

À défaut de fumée blanche, c’est donc un nuage de questions qui plane sur la SONATAM. Et sur les autorités désormais sommées, non plus de produire, mais de répondre.

A.D

11 avril 2025 0 comments
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La guerre des sables
A la UneActu

De la guerre des Sables à Kidal : la mémoire courte d’Alger

by Sidi Modibo Coulibaly 11 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

L’Algérie, autrefois l’un des plus fervents alliés du Mali, semble avoir oublié les efforts du Mali pour son accession à l’indépendance. En soutenant des groupes rebelles touaregs et d’autres mouvements armés dans le nord du Mali, l’Algérie semble, désormais, jouer un rôle de base arrière aux ennemis du Mali. Cette attitude trahit l’esprit de solidarité qui a marqué les relations historiques entre elle et le Mali. 

Le Mali sous la direction du premier président de la République, feu Modibo Keita, a marqué l’histoire de la libération des peuples africains, notamment par son soutien indéfectible aux mouvements de lutte contre le colonialisme. Frantz Fanon, grand penseur de la décolonisation, soulignait la détermination du Mali à ouvrir de nouvelles perspectives pour l’émancipation des peuples. Feu Modibo Keita, fidèle à cet engagement, a proclamé en 1962, lors de son discours à Moscou, que « le Mali ne saura considérer sa mission comme accomplie tant qu’un seul pouce du sol africain sera occupé par les colonialistes avides. » 

Cette vision ambitieuse s’est traduite par des actions concrètes en faveur des luttes d’indépendance. Des actions dont le Front de libération nationale (FLN), tête de proue de la lutte armée pour l’indépendance, a largement profité. 

Appui multiforme au recouvrement de l’indépendance 

Le soutien matériel et logistique du Mali aux combattants algériens du FLN, pendant la guerre d’indépendance, a été crucial. Ce soutien du Mali, bien que généreux, a également été à l’origine de tensions avec la France, ancienne puissance coloniale, mais aussi avec d’autres pays de la Fédération du Mali, notamment le Sénégal de feu Léopold Sédar Senghor. Feu Modibo Keita, loin de se laisser intimider, a ouvert son pays aux combattants du FLN, leur offrant des bases arrière stratégiques à Tombouctou, Gao et Kidal, où des unités du FLN ont été stationnées. 

Beaucoup de Maliens se rappellent la maison habitée à Gao par feu Abdel Aziz Bouteflika qui était à l’époque un combattant. Il a été, par la suite, ministre des Affaires étrangères, puis président de l’Algérie. Le Mali est allé loin sans son soutien financier aux combattants du FLN en imprimant et vendant au peuple malien un timbre fiscal portant la mention « campagne nationale de solidarité du peuple malien au peuple algérien » et des images parmi lesquelles un combattant algérien habillé en tenue militaire et portant un fusil. 

Une partie des fonds générés était versée au FLN. Il s’agit de la somme de 5 F qui avait été ajoutée au prix normal du timbre qui est de 25 F. Par ailleurs, en 1960, lors de la crise qui a éclaté au sein de la Communauté africaine, le Mali est resté fidèle à la cause algérienne, tandis que d’autres États, comme la Côte d’Ivoire, optaient pour des compromis.

Médiation réussie dans la guerre de sables

La solidarité du Mali envers l’Algérie ne s’est pas limitée à la guerre contre le colonialisme. Feu Modibo Keita a aussi joué un rôle important dans la diplomatie régionale en aidant à résoudre la crise entre le Maroc et l’Algérie dans le conflit dénommé « la guerre des Sables de 1963 », contribuant ainsi à apaiser les tensions entre ces deux pays.

Soulignons que l’engagement du Mali ne s’est pas arrêté aux frontières algériennes. Modibo Keita s’est également impliqué dans les affaires du Congo, soutenant le gouvernement lumumbiste en exil à Stanley ville et travaillant aux côtés de figures comme Nkrumah, Nasser et Ben Bella pour contrer les interventions étrangères qui ont déstabilisé la révolution zaïroise. L’Algérie a d’ailleurs joué un rôle clé dans cette période en apportant son soutien militaire, mais, comme le rapporte l’ex-président algérien Ben Bella, malgré tous les efforts, la révolution zaïroise a été écrasée par les forces contre-révolutionnaires.

Par Sidi Modibo Coulibaly

11 avril 2025 0 comments
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Choguel Kokalla Maiga, Premier ministre du Mali.
ActuAnalyses

Relations Mali-Algérie : Choguel Kokalla Maïga dénonce le double jeu d’Alger

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Dans une intervention publiée le 9 avril 2025 sur sa chaîne YouTube, l’ancien Premier ministre malien, Dr. Choguel Kokalla Maïga, a livré une analyse sans concessions de la position de l’Algérie vis-à-vis du Mali, soulignant l’importance de la souveraineté malienne face aux interventions extérieures. À travers un discours dense mêlant histoire, géopolitique et stratégie, il a mis en lumière ce qu’il considère être une posture ambiguë et problématique de l’Algérie dans la gestion de la crise sécuritaire au Nord du Mali.

Dès le début, le Dr. Maïga a précisé que sa prise de parole visait à clarifier la nature des relations bilatérales entre Bamako et Alger, dans un contexte de confusion provoqué par diverses déclarations politiques récentes. Il a souligné que l’objectif était de rappeler à Alger que le Mali, sous la direction de ses autorités actuelles, ne permettrait aucune ingérence dans sa gestion souveraine des affaires intérieures, notamment la situation au Nord.

Revenant sur l’histoire coloniale, Choguel Maïga a rappelé l’accord signé en 1907 entre les autorités françaises et les Ifoghas de Kidal, leur accordant une autonomie en échange de leur neutralité. Selon lui, cette exception historique a contribué à fragiliser le Mali, une situation dont certains pays voisins, comme l’Algérie, ont tiré profit en exacerbant les divisions internes. Il a également précisé que les tentatives d’exploitation de cette situation par des puissances étrangères ne feraient que nuire à la stabilité et à l’unité du Mali.

Un soutien ambigu de l’Algérie aux rébellions touarègues 

L’ancien Premier ministre a évoqué le soutien initial de l’Algérie aux premières rébellions touarègues dans les années 60. À cette époque, Alger avait soutenu le Mali en livrant des chefs rebelles, mais avec le temps, ce soutien a disparu, donnant place à une stratégie d’influence régionale plus marquée. Il a affirmé que l’Algérie avait progressivement tenté de contrôler indirectement certaines zones du Nord malien, exacerbant ainsi la situation sécuritaire dans ces régions.

Dans les années 90, le Mali a accordé des blocs pétroliers à l’Algérie comme gage de bonne volonté, mais ces ressources n’ont jamais été exploitées à des fins de développement. Selon Choguel Maïga, l’Algérie aurait plutôt utilisé ces actifs comme leviers géostratégiques. Il a également dénoncé le fait que de nombreux habitants de Kidal possédaient des passeports algériens, ce qui, au lieu de renforcer les liens entre les peuples, a plutôt exacerbé les divisions ethniques et politiques, notamment en période de rébellions, où ces Maliens sont traités comme étrangers en Algérie.

L’Algérie, un rôle ambigu dans la déstabilisation du Mali

Choguel Maïga a dénoncé le rôle de l’Algérie dans la déstabilisation du Mali en soutenant certains mouvements rebelles, citant l’exemple du Mujao en 2012, un groupe majoritairement composé de Sahraouis venus de zones sous influence algérienne. Selon lui, l’Algérie mène une politique contradictoire : un discours public amical, mais des actions secrètes qui alimentent le chaos et la violence dans le pays.

Il a aussi critiqué l’accord entre l’Algérie et la France sur la sécurité au Sahel, qu’il qualifie d’« impie », et qui, selon lui, va à l’encontre des intérêts des pays de l’AES (Alliance des États du sahel). Pour Choguel Maïga, cet accord vise à affaiblir la dynamique souverainiste en cours à Bamako, Niamey et Ouagadougou, des initiatives qui cherchent à affirmer l’indépendance des États sahéliens face aux puissances extérieures.

Retour sur la diplomatie algérienne et la position de Bamako

Choguel Maïga a relaté un moment clé de sa carrière. En 2021, après son discours à New York où il dénonçait le double jeu français, le ministre algérien des Affaires étrangères était venu le féliciter. Cependant, cette accalmie n’a été que temporaire. Peu après, Alger s’est alignée sur Paris et la CEDEAO pour imposer un agenda de transition au Mali, une ingérence que Bamako a fermement rejetée. Selon lui, cette attitude démontre un manque de respect pour la souveraineté malienne et pour les décisions prises par les autorités légitimes du pays.

Malgré les critiques sévères formulées contre l’Algérie, Choguel Maïga a reconnu l’existence de liens historiques et culturels profonds entre le Mali et l’Algérie. Toutefois, il a insisté sur le fait que ces liens ne peuvent prospérer que si Alger respecte l’indépendance du Mali et cesse de soutenir indirectement ou directement les groupes armés responsables de la déstabilisation du Nord du pays.

Enfin, Choguel Maïga a mis en garde l’Algérie contre toute tentative de maintenir le terrorisme et l’instabilité au Mali pour garantir sa propre paix. Une telle stratégie, selon lui, est moralement inacceptable et vouée à l’échec, car la détermination des pays de l’AES à reconquérir leur sécurité est inébranlable. Il a appelé Alger à revenir à une logique de coopération respectueuse et à s’engager dans un dialogue direct avec Bamako, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Mali.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

10 avril 2025 0 comments
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