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Macron et Tebboune
ActuPolitique

Algérie-France : une crise consulaire de trop dans un climat géopolitique explosif

by Chiencoro 13 avril 2025
written by Chiencoro 4 minutes read


Alors que les signaux d’un réchauffement diplomatique commençaient à poindre entre Paris et Alger, l’arrestation en France d’un agent consulaire algérien soupçonné d’implication dans l’enlèvement d’un influenceur hostile au régime de Tebboune ravive brutalement les tensions. Entre coups de menton judiciaires, accusations de provocation et spectres d’un passé jamais tout à fait digéré, les deux capitales semblent de nouveau s’éloigner, prisonnières d’un tête-à-tête où la défiance le dispute à la diplomatie.

Alors que ses relations avec le Mali s’enveniment, qu’Alger est accusée par Bamako d’avoir abattu un drone malien sur fond de tensions croissantes au Sahel, voilà que la diplomatie algérienne entre de plain-pied dans une autre zone de turbulence. Cette fois, c’est avec Paris que le ton monte, et avec une virulence inédite depuis des années. En cause, l’arrestation, en plein territoire français, d’un agent consulaire algérien, soupçonné d’avoir pris part à l’enlèvement d’un célèbre influenceur exilé, connu pour ses diatribes féroces contre le régime. Un épisode de haute tension dans un moment de fragilité extrême pour l’État algérien, qui se retrouve cerné sur plusieurs fronts.

L’incident consulaire qui fait déborder le vase

Le 12 avril, à Alger, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères convoque d’urgence l’ambassadeur de France. Un geste rare, chargé de colère contenue. La raison ? L’interpellation musclée d’un agent consulaire algérien à Créteil, placé en garde à vue sans notification diplomatique. Une « atteinte flagrante aux conventions internationales », selon Alger, qui dénonce une « provocation préméditée » orchestrée par le Parquet antiterroriste français.

La réponse du pouvoir algérien est d’une fermeté inhabituelle. Ce n’est plus seulement une protestation, c’est une dénonciation en règle : « faconde anti-algérienne », « argumentaire vermoulu », « choix cynique des fossoyeurs de la normalisation ». Le ton est celui d’une rupture assumée. Et ce, alors même que l’Algérie affronte une crise ouverte avec son voisin malien, qui l’accuse d’acte de guerre en ayant neutralisé l’un de ses drones. Deux fronts diplomatiques, deux foyers d’incendie, une même crispation.

Pourtant, il y a à peine quelques semaines, un appel entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune faisait naître l’espoir d’une détente. Dialogue rétabli, promesses de coopération renforcée, climat apaisé. Mais les vieux démons ne dorment jamais très longtemps dans la relation franco-algérienne. Il aura suffi d’une affaire mêlant espionnage, justice et réseaux sociaux pour que le fil ténu de la confiance se rompe à nouveau.

Les vieilles blessures, jamais cicatrisées

Car derrière l’affaire AmirDZ — ce vidéaste exilé, à la verve acide et aux 3 millions d’abonnés — se rejoue l’éternel procès qu’Alger intente à Paris. Celui de l’asile offert aux dissidents, du refus d’extrader les opposants, et d’une justice française jugée à géométrie variable. Une justice prompte à poursuivre un diplomate algérien, mais si lente à instruire les dossiers transmis depuis Alger contre les activistes « liés aux organisations terroristes ».

L’Algérie, aujourd’hui, se retrouve donc à croiser le fer simultanément avec deux puissances — le Mali au Sud, la France au Nord. Deux crises qui, chacune à leur manière, révèlent la fragilité du positionnement algérien sur la scène régionale et internationale. À Bamako, on la soupçonne d’ingérence armée. À Paris, on l’accuse d’espionnage consulaire. Et dans les deux cas, Alger répond avec la même véhémence. Celle d’un pouvoir ébranlé, mais décidé à ne rien céder.

Un duel d’usure entre deux États en miroir

Si la France et l’Algérie ont des raisons de coopérer — lutte antiterroriste, gestion des flux migratoires, enjeux économiques — elles n’ont plus, semble-t-il, le langage commun pour le faire sans fracas. Chaque incident devient prétexte à rappeler les rancunes enfouies. L’arrestation de l’agent consulaire n’est donc pas un simple dérapage judiciaire. C’est un révélateur. Celui d’une relation malade, minée par l’histoire et lestée par une défiance mutuelle.

L’Algérie exige désormais la libération immédiate de son agent. Elle promet de « tirer toutes les conséquences » de cette affaire. Une menace à peine voilée qui pourrait geler pour de bon les efforts de rapprochement récents. Car dans cette relation passionnelle, où chaque geste diplomatique est interprété à travers le prisme du passé colonial, le réel — celui des intérêts et des susceptibilités — reprend toujours ses droits. Et il le fait, une fois de plus, dans le fracas.

Chiencoro Diarra 

13 avril 2025 0 comments
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Mobilisation des Maliens au CICB
A la UneActuVidéo

Bamako : une foule massive pour dire non à l’ingérence d’Algérie 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 13 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

À l’appel de plusieurs organisations de la société civile malienne, des milliers de jeunes ont convergé ce samedi 12 avril 2025 vers le Centre international de conférences de Bamako (CICB) pour exprimer leur solidarité aux Forces armées maliennes (FAMa) et dénoncer ce qu’ils qualifient d’agression de l’Algérie contre le Mali. Ce meeting de protestation, organisé dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays voisins, a été marqué par une mobilisation impressionnante et des discours percutants.

Dès les premières heures de la matinée, sous un soleil de plomb, la foule a investi la cour du CICB. Malgré la chaleur accablante de ce mois d’avril, l’espace ne désemplissait pas : pancartes et banderoles brandies avec ferveur, slogans scandés en chœur, et drapeaux de la Confédération des États du Sahel (AES) fièrement agités. Le message des manifestants était clair : soutien inconditionnel aux FAMa et rejet total de toute forme d’ingérence étrangère, notamment celle de l’Algérie.

Un drone malien abattu, la goutte de trop

Le point de cristallisation de cette indignation remonte à la nuit du 31 mars au 1er avril dernier, lorsque l’Algérie aurait, selon les organisateurs, abattu un drone malien engagé dans une opération contre les Groupes armés terroristes à Tinzawatène, dans le Cercle d’Abeïbara, région de Kidal. Ce geste, perçu comme une atteinte grave à la souveraineté nationale, a provoqué une vague de colère dans l’opinion publique malienne.

À l’intérieur de la salle Djéli Baba Sissoko, bondée de monde, il était pratiquement impossible de circuler. Les messages inscrits sur les banderoles en disaient long sur l’état d’esprit des manifestants : « Égalité et respect entre Nations », « La coopération oui, mais toujours dans le respect sans ingérence étrangère », ou encore « Mali-Algérie, le passé comme le présent, la reconnaissance forge des alliances solides ».

Une jeunesse mobilisée pour la souveraineté

Dans une déclaration lue devant l’assistance, le président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), Sory Ibrahim Cissé, a exprimé au nom de la jeunesse malienne une « profonde indignation » face à ce qu’il a qualifié d’« acte de provocation » de l’Algérie. « Nous exigeons que les autorités algériennes cessent immédiatement leur ingérence et qu’elles respectent les accords bilatéraux et internationaux », a-t-il martelé.

Il a également appelé à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur les circonstances exactes de la destruction du drone malien.

La rencontre a été ponctuée par la projection d’un film documentaire intitulé « Mali-Algérie, frères de sable et de silence », retraçant les liens historiques entre les deux pays depuis les années 1960, avec notamment le soutien crucial apporté par le Mali à l’indépendance algérienne. Une manière pour les organisateurs de rappeler la profondeur des relations entre les deux nations et d’en appeler à la raison.

Des prises de parole engagées

Plusieurs intervenants ont pris la parole pour partager leur analyse et interpeller l’opinion publique. Pour Mohamed Kassoum Djiré, membre de la Commission d’organisation, « le Mali est agressé. Comme le dit notre hymne national, “lorsque l’ennemi découvre son front, au-dedans, au-dehors, debout debout sur les remparts”, il faut se lever. Nous sommes sortis massivement pour condamner cet acte barbare. Le peuple malien et celui de l’Algérie sont des frères, et ce combat n’est pas contre un peuple, mais contre le terrorisme ».

Mobilisation des Maliens au CICB, le 12 avril 2025.
Mobilisation des Maliens au CICB, le 12 avril 2025. I.K.D/ Sahel Tribune.

De son côté, Coumba Yarissy, citoyenne engagée, a pointé du doigt l’attitude ambiguë de l’Algérie depuis plusieurs décennies. « L’Algérie a toujours joué au pompier pyromane. Elle n’a pas accepté que cette transition lui tienne tête. Ce refus de porter la camisole de force, notamment l’Accord d’Alger, explique en partie cette réaction. Depuis Tamanrasset, aucun accord ne nous a apporté la paix », a-t-elle soutenu.

Un appel aux institutions internationales

Pour Aboubacar Sidiki Fomba, membre du Conseil national de Transition (CNT), la responsabilité de l’Algérie est manifeste. « C’est une violation flagrante de l’article 2 paragraphe 4 de la Charte des Nations Unies. C’est un acte d’agression contre un État souverain, une trahison d’État à État. Si un État se met à soutenir ou à couvrir le terrorisme, il devient un État voyou », a-t-il dénoncé avec vigueur.

À travers ce meeting, la jeunesse malienne a montré qu’elle reste mobilisée pour défendre la souveraineté nationale et réclamer le respect des engagements internationaux. Au-delà de l’émotion, c’est une exigence de vérité et de justice que les manifestants ont portée, appelant à un sursaut diplomatique mais surtout à une refondation des rapports entre Bamako et Alger, dans le respect mutuel et la transparence.

Cette grande mobilisation a eu lieu dans toutes les régions du Mali. Les Maliens résident à l’étranger ont aussi manifesté leur opposition à cette ingérence algérienne. 

Ibrahim Kalifa Djitteye 

13 avril 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UnePolitique

L’AES lance un concours pour la création de son hymne officiel 

by Sahel Tribune 12 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Après son drapeau, sa devise et son logo, la Confédération des États du Sahel se lance à la recherche d’un hymne commun. Une œuvre symbolique, chargée d’incarner l’identité, les valeurs et l’espoir de trois peuples unis par l’histoire et la volonté politique. Entre tradition musicale et ambitions panafricaines, l’AES veut désormais se dire… en chantant.

Après la devise, le drapeau et le logo, l’hymne. Il ne manquait plus qu’un souffle, une voix, une mélodie pour compléter l’architecture symbolique de la jeune Confédération des États du Sahel (AES), née en juillet 2024. C’est désormais chose faite. Le Burkina Faso, au nom de l’AES, lance un appel à la création d’un hymne commun, destiné à incarner les espoirs et les ambitions de cette union née dans la rupture.

Nous sommes à Ouagadougou, ce 8 avril 2025. Le communiqué du ministère burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme tombe comme une note de solennité dans un espace institutionnel encore en construction. Après le dévoilement de la devise (« Un Espace, Un Peuple, un Destin »), puis celui du drapeau confédéral, voici venu le temps de la musique et des mots. L’AES veut un hymne. Non pas un simple chant patriotique, mais une œuvre de cohésion, conçue pour parler aux peuples du Mali, du Burkina et du Niger.

L’ambition est de construire une identité collective, par l’art, par la culture, par la mémoire. Loin des rhétoriques militaro-diplomatiques, cette initiative vient rappeler une évidence que les nations ne se forgent pas seulement à coups de traités ou de bataillons, mais aussi dans les mots que l’on chante et les rythmes que l’on partage.

Un hymne comme miroir de valeurs

Les critères sont précis, presque exigeants. L’œuvre devra évoquer la souveraineté, le panafricanisme, la résilience, le patriotisme, la solidarité, mais aussi l’endogénéité du développement, cette idée désormais centrale dans la rhétorique de l’AES. La musique ? Elle devra allier tradition et modernité, être solennelle mais entraînante, facile à chanter, facile à retenir. Le texte ? Poétique, clair, puissant. Un message, une mission, une vision.

Un comité de sélection, composé d’experts en musique et en patrimoine, aura la délicate tâche de choisir une seule œuvre. Celle-ci sera ensuite soumise à une compétition entre les trois pays membres, pour retenir l’hymne officiel de la Confédération.

Mais il y a plus. Le communiqué précise que l’œuvre ne sera pas rémunérée. Pas de cachet, pas de prix. Juste l’honneur patriotique. Une manière subtile de dire que ce projet dépasse le cadre d’un simple concours artistique. Il s’agit d’un acte fondateur, d’un geste de foi envers une cause collective.

Dans un contexte où l’AES tente d’imposer sa légitimité en dehors des cadres classiques — CEDEAO, Francophonie —, cette initiative artistique prend une dimension symbolique forte. Elle marque une tentative de créer un imaginaire commun, où le citoyen malien, le jeune nigérien ou la chorale burkinabè pourront entonner ensemble les mêmes paroles, sur une même musique. C’est l’émotion au service de l’unité.

La rédaction 

12 avril 2025 0 comments
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Les Maliens manifestent à Kati pour dénoncer l'ingérence algérienne dans le conflit malien;
Vidéo

Tensions Mali-Algérie : les Maliens dénoncent le comportement d’Algérie

by Chiencoro 11 avril 2025
written by Chiencoro 0 minutes read

Reportage sur la manifestation des Maliens devant l’ambassade d’Algerie pour dénoncer l’ingérence d’Algerie dans le conflit malien.

11 avril 2025 0 comments
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mines
A la UneÉconomie

ITIE 2024 : le miroir minier du Mali, du Burkina et du Niger

by Sahel Tribune 11 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans son rapport 2024, l’ITIE dresse un tableau contrasté de la gouvernance extractive au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Si les trois piliers de l’AES manifestent des volontés affirmées de souveraineté, les failles restent béantes : flux illicites massifs, divulgations faibles, société civile marginalisée. Pourtant, une dynamique s’enclenche — celle d’un contrôle stratégique du sous-sol au service d’un nouvel ordre sahélien.

À l’heure où l’Alliance des États du Sahel (AES) redéfinit les rapports de force régionaux, une autre bataille se joue plus discrètement. Celle de la gouvernance des ressources naturelles. Dans son rapport 2024, l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) livre un état des lieux éclairant — parfois inquiétant — de la transparence minière au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Trois pays à haute intensité aurifère, qui cherchent à transformer leur sous-sol en levier de souveraineté.

Au Mali, des progrès sous contrainte

Avec 67 points au processus de validation, le Mali fait bonne figure — sur le papier. Le rapport salue des avancées dans la divulgation des revenus et des contrats. Mais il souligne aussi des failles persistantes : engagement faible de la société civile, gouvernance du processus ITIE affaiblie par la transition politique, et un taux de publication systématique des données plafonnant à 4 % seulement, l’un des plus bas du classement mondial.

Pourtant, l’enjeu est crucial. Dans un pays où l’or représente près de 80 % des exportations, la gestion de la rente minière n’est pas un détail budgétaire — c’est un choix de modèle économique. La question est simple : qui bénéficie de la richesse aurifère ? Et surtout, qui la contrôle ?

Burkina Faso, la traque aux flux illicites

Là, le ton est plus direct. Le rapport ITIE 2024 révèle que le pays a identifié 39 cas de fraude liés au commerce de l’or, avec la saisie de faux lingots pour une valeur de plus de 15 millions de dollars. Mais le plus vertigineux reste cette estimation : 4,93 milliards de dollars de flux financiers illicites dans le secteur minier entre 2012 et 2021, soit plus de 2 700 milliards de francs CFA évaporés. L’or, qui représente 61 % de ces pertes, apparaît ici non pas comme une richesse, mais comme un gouffre fiscal.

Le mérite de Ouagadougou est de ne pas fuir la réalité. Grâce à l’ITIE, des audits sont en cours, des cartographies de la fraude sont élaborées, et des mesures commencent à être prises. C’est la transparence comme outil de reconquête économique, dans un pays où les recettes minières pourraient — devraient — financer les écoles, les centres de santé, les routes rurales.

Niger, le grand absent qui pèse lourd

Peu cité dans les détails du rapport, le Niger n’en reste pas moins un acteur stratégique. Avec ses réserves d’uranium et son potentiel pétrolier, le pays est un terrain d’enjeux géopolitiques autant qu’un cas d’école de gestion extractive. Les données disponibles montrent un faible taux de divulgation systématique (13 %) et un processus ITIE peu visible depuis la rupture institutionnelle de 2023. Pourtant, l’enjeu est immense : comment bâtir une économie post-CFA et post-CEDEAO sans maîtrise absolue des ressources ?

Ce que le rapport ITIE 2024 dit entre les lignes, c’est que le triptyque Mali–Burkina–Niger, au-delà de ses choix politiques communs, partage un même défi structurel — celui de faire de ses ressources un levier d’indépendance réelle.

Dans un contexte où les partenaires traditionnels se crispent, la transparence n’est plus un simple critère de bonne gouvernance, mais un outil de négociation internationale, un argument face aux investisseurs, une arme contre les prédations internes. Elle permet aux États de savoir ce qu’ils possèdent, à la société civile de savoir ce qu’on lui doit, et aux citoyens de savoir où va l’argent.

Il ne s’agit plus seulement de publier des chiffres, mais de reprendre la main sur le récit économique. Et dans ce récit, le Mali, le Burkina et le Niger ne veulent plus être des figurants — ils veulent écrire le scénario.

A.D

11 avril 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
ActuPolitique

Réforme politique au Mali : en route vers une relecture concertée de la Charte des partis politiques 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 11 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues des Assises Nationales de la Refondation, le gouvernement malien engage une vaste consultation nationale et internationale. L’objectif est de relire la Charte des partis politiques en concertation avec les Forces vives de la Nation et les Maliens de l’extérieur. Cette démarche, prévue en deux phases, vise à asseoir les bases d’un système partisan plus transparent, plus représentatif et mieux adapté aux défis actuels du pays. L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres du mercredi 10 avril 2025 par le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au Processus électoral.

Dans un souci d’inclusivité et de transparence, cette large consultation se déroulera en deux phases distinctes : régionale et nationale. La phase régionale est prévue les 16 et 17 avril 2025. Elle se tiendra dans les 19 Régions administratives du pays, dans le District de Bamako ainsi que dans 49 Ambassades et Consulats du Mali à travers le monde. Cette phase vise à recueillir les avis, préoccupations et suggestions des acteurs locaux et de la diaspora malienne sur la réforme du paysage politique.

La seconde phase, dite nationale, se déroulera à Bamako les 28 et 29 avril 2025. Elle regroupera les délégués désignés à l’issue des rencontres régionales et consulaires. Cette étape permettra de capitaliser les différentes contributions afin de formuler des recommandations consensuelles sur la relecture de la Charte des partis politiques, jugée aujourd’hui inadaptée aux enjeux actuels de gouvernance démocratique au Mali.

Une démarche ancrée dans les recommandations des ANR

Pour les autorités de la Transition, cette consultation s’inscrit dans la continuité logique des Assises Nationales de la Refondation, tenues en décembre 2021, qui avaient abouti à plus de 500 recommandations en faveur d’un renouveau institutionnel, politique, sécuritaire et socio-économique du pays. Parmi les recommandations phares figurait la nécessité de réorganiser le fonctionnement des partis politiques, d’assainir le jeu politique et de favoriser une meilleure représentation des citoyens.

Il s’agira, à travers cette consultation, de discuter des propositions concrètes formulées aussi bien par les partis politiques que par les organisations de la société civile. L’objectif est de formuler des recommandations précises, opérationnelles et adaptées aux réalités maliennes pour une mise en œuvre efficace des résolutions des ANR.

Vers une réforme en profondeur du système partisan

Cette initiative de relecture de la Charte des partis politiques intervient dans un contexte où le système partisan malien fait face à de nombreuses critiques : multiplication des partis sans idéologie claire, faiblesse de l’encadrement juridique, clientélisme politique, faible représentativité des citoyens, et manque de renouvellement des élites politiques.

En lançant cette vaste concertation, les autorités de la Transition entendent donner la parole à toutes les sensibilités nationales, y compris celles de la diaspora, pour refonder en profondeur le système politique malien. Une fois les consultations achevées et les recommandations consolidées, un avant-projet de texte pourrait être soumis à l’approbation des instances compétentes, avec à terme, l’ambition de doter le Mali d’un cadre juridique modernisé, plus exigeant et plus adapté aux défis démocratiques actuels.

La relecture de la Charte des partis politiques s’inscrit comme une étape envisagée dans le processus de réforme politique en cours au Mali. La suite de cette initiative dépendra de la participation des différents acteurs concernés et de la manière dont les autorités intégreront les recommandations issues des consultations. Les concertations prévues en avril 2025 marqueront ainsi une nouvelle phase de réflexion autour de l’avenir du système partisan malien.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Les bureaux SONATAM à Bamako.
A la UneÉconomie

Mali : Quand la gestion tousse à la SONATAM

by Sahel Tribune 11 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Entreprise stratégique aux parfums de monopole d’État, la SONATAM fait aujourd’hui l’objet d’un rapport accablant du Vérificateur Général. Entre surfacturations, irrégularités de gestion, nominations douteuses et silences administratifs, l’usine historique du tabac malien soulève des interrogations sur la gouvernance publique, les partenariats privés et les zones grises de l’économie formelle.

Il y a des noms qui sentent le passé industriel, la fumée des années 60 et les grandes ambitions républicaines. SONATAM en est un. Mais derrière l’héritage glorieux, c’est aujourd’hui une autre réalité que révèle la dernière vérification du Bureau du Vérificateur Général (BVG) : celle d’une entreprise stratégique, prise en tenaille entre dysfonctionnements administratifs, irrégularités financières et arrangements entre actionnaires.

Une gestion interne approximative

Créée en 1968, héritière d’une coopération sino-malienne et d’un monopole d’État sur le tabac, la Société Nationale des Tabacs et Allumettes du Mali (SONATAM-SA) incarne une certaine idée de la souveraineté industrielle. Mais cette façade s’est fissurée au fil des privatisations. L’État, actionnaire minoritaire (38,5 %), a cédé les commandes au secteur privé — Libyen, français et malien — dans une symphonie d’intérêts parfois dissonants.

Le rapport du BVG, couvrant les exercices 2021 à 2024, dresse un inventaire à la Prévert d’anomalies. Des nominations non conformes, des recrutements biaisés, des dépenses engagées sans pièces justificatives, des immobilisations non tracées, et surtout — l’essentiel — plus de 6,4 milliards de FCFA d’irrégularités financières.

À la tête de cette mécanique grippée, un trio : le Directeur Général, le Directeur Financier et la Directrice Financière Adjointe, régulièrement cités dans le rapport pour des dépassements de prix sur les achats de matières premières, des primes injustifiées versées au personnel et des paiements douaniers fantômes. À cela s’ajoute une gestion interne approximative, où l’audit, censé être le chien de garde, reste sagement attaché au pied du maître, la Direction Générale, au mépris des normes d’indépendance.

Une entreprise qui peine à se réguler

Mais le plus troublant reste ce silence administratif. Aucun arrêté interministériel sur les teneurs maximales en goudron, nicotine ou monoxyde de carbone. Aucun comité régional de contrôle du tabac fonctionnel à Sikasso, Ségou ou Kayes. Comme si la santé publique pouvait attendre. Comme si l’économie du tabac devait rester un angle mort du débat public.

Pourtant, SONATAM n’est pas une entreprise banale. Plus de 82 milliards de FCFA de chiffre d’affaires en 2021, plus de 5,6 milliards de cigarettes vendues en 2023, et une contribution de près de 5 milliards de FCFA en impôts et taxes sur trois exercices. Un acteur industriel majeur, mais dont la gouvernance semble flotter entre archives poussiéreuses et contrats léonins.

Dans cette brume de gestion, un mot revient : contrebande. Maintenir son taux en dessous de 4 %, disent les textes. Une gageure dans un pays où les frontières sont aussi poreuses que les règles fiscales. Et c’est là tout le paradoxe. Une entreprise censée réguler un marché, mais qui peine à se réguler elle-même.

Des interrogations

Le rapport du Vérificateur ne juge pas. Il constate. Il documente. Mais derrière les chiffres, ce sont des choix politiques qui s’esquissent. Quelle vision pour les entreprises publiques maliennes ? Quelle place pour l’État dans un secteur aussi sensible que le tabac ? Et surtout, quelle justice comptable pour les milliards de francs CFA dont on ignore aujourd’hui l’usage ?

À défaut de fumée blanche, c’est donc un nuage de questions qui plane sur la SONATAM. Et sur les autorités désormais sommées, non plus de produire, mais de répondre.

A.D

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