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Commémoration de la fête de l'armée malienne
A la UnePolitique

Passeports AES : feu vert européen pour les documents biométriques maliens

by Chiencoro 16 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read


C’est un soulagement discret, mais de taille, pour des milliers de citoyens maliens. Les passeports biométriques délivrés sous l’égide de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont désormais pleinement reconnus par l’espace Schengen. Une reconnaissance qui n’a rien d’anodin à l’heure où les relations diplomatiques entre le Sahel et l’Europe naviguent entre prudence, défiance et intérêts mutuels.

Lancé officiellement le 29 janvier 2025, le passeport biométrique de l’AES — regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — était censé incarner un symbole concret d’intégration sahélienne. Mais à peine entré en circulation, il a été rattrapé par les pesanteurs administratives de la diplomatie européenne. À Paris, Berlin ou Bruxelles, le nouveau sésame s’est retrouvé confronté à un obstacle inattendu : l’absence de spécimens officiels transmis à temps aux représentations consulaires.

Conséquence : des doutes, des délais, parfois même des refus dans le traitement des demandes de visa. Une frustration pour les voyageurs maliens et un léger malaise pour les autorités, contraintes de rappeler que le document respecte en tous points les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

La France lève le verrou

Depuis début avril, les chancelleries européennes, à commencer par la France, ont validé la conformité du passeport AES. Le tampon est désormais officiel. Les détenteurs de ces documents peuvent voyager dans l’espace Schengen sans crainte d’être refoulés pour vice de forme documentaire.

Pour Paris, qui avait maintenu une position d’observation prudente, il s’agit moins d’un geste politique que d’une simple mise à jour administrative. Mais dans les capitales sahéliennes, l’événement prend une tout autre dimension : celle d’une reconnaissance implicite du processus d’autonomisation engagé par les pays de l’AES sur la scène internationale.

Une reconnaissance qui dépasse le papier

En surface, il ne s’agit que d’un accord technique. En profondeur, c’est un signal diplomatique. La reconnaissance des passeports AES par l’Europe — et en particulier par la France — intervient dans un contexte tendu, marqué par des réajustements géopolitiques et des discours de souveraineté renforcés au sein des États sahéliens.

À Bamako, cette validation est présentée comme une victoire discrète mais stratégique de la diplomatie malienne. Une manière de démontrer que la rupture progressive avec certaines anciennes tutelles n’implique pas l’isolement, et que l’on peut à la fois affirmer sa souveraineté et continuer à négocier pied à pied, dans les règles.

La mobilité réaffirmée, la légitimité consolidée

Dans un espace mondial où les documents d’identité sont autant des instruments de mobilité que des marqueurs de souveraineté, le passeport AES devient à son tour un objet diplomatique. Il incarne la volonté des pays membres de se doter d’institutions propres, de standards communs, et d’une visibilité unifiée sur la scène internationale.

Avec cette reconnaissance européenne, l’AES marque un point dans sa quête de crédibilité internationale. Et pour les Maliens, au-delà du tampon, c’est un peu de leur citoyenneté nouvelle qui franchit une frontière.

Chiencoro Diarra 

  

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16 avril 2025 0 comments
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Barrick Gold et or malien
A la UneÉconomie

Mali vs Barrick : le bras de fer autour de l’or malien s’intensifie

by Sahel Tribune 16 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Alors que le complexe aurifère de Loulo-Gounkoto joue un rôle stratégique dans l’économie malienne, un contentieux croissant oppose Barrick Gold Corporation au gouvernement de transition. Arrestations d’employés, exportations d’or suspendues, accord bloqué. Le groupe minier dénonce une escalade politique et fiscale qui menace l’avenir du partenariat public-privé au Mali. En toile de fond, la question cruciale de la souveraineté économique dans une Afrique en quête de nouveaux équilibres.

Au Mali, où le sous-sol vaut parfois plus que l’horizon politique, un bras de fer inédit se joue entre l’État souverain et l’un des plus puissants groupes miniers au monde. En ligne de mire, des intérêts économiques colossaux, des employés emprisonnés, et un protocole d’accord bloqué. Une situation explosive qui pourrait redessiner les contours du partenariat public-privé en Afrique.

Quand l’or devient otage d’un différend d’État

À Bamako, les bureaux de Barrick Gold Corporation ont été récemment fermés manu militari, sur instruction directe des autorités maliennes, indique la société minière dans un communiqué du 15 avril 2025. Dans le viseur, l’inaction présumée du géant canadien face à des obligations fiscales impayées. Mais Barrick réplique : comment honorer des impôts sur des revenus que le gouvernement empêche lui-même de générer, via un blocage des exportations d’or ?

Le groupe, coté à la Bourse de New York (NYSE : GOLD) et à Toronto (TSX : ABX), dénonce une « escalade » des tensions, alimentée par « un petit groupe d’individus » plaçant leurs intérêts personnels au-dessus de ceux du Mali. Plus inquiétant encore, quatre employés maliens de Barrick seraient toujours détenus « sans justification ni perspective de solution rapide ».

Un accord accepté… mais jamais signé

Selon Barrick, tout était prêt. En février 2025, un protocole d’accord avait été négocié et accepté par le ministère malien de l’Économie et des Finances. La société minière affirme même avoir signé ce texte. Pourtant, côté gouvernement, silence radio. « Un silence pesant, qui devient paralysant », glisse un observateur avisé du secteur minier local.

En toile de fond, un contentieux latent autour du complexe minier de Loulo-Gounkoto, joyau aurifère du pays. Barrick y a déjà injecté 85 millions de dollars dans le cadre d’un accord global censé solder tous les litiges.

Un partenaire ou un otage économique ?

En termes choisis mais fermes, Barrick rappelle son rôle de « partenaire engagé » du peuple malien. Salaires maintenus, chaîne d’approvisionnement assurée, soutien aux PME locales. L’entreprise met en avant son ancrage territorial. « Nous avons honoré nos engagements, même en période d’incertitude », insiste le communiqué.

Mais la patience a des limites. Barrick prévient que si le dialogue reste stérile, l’entreprise « poursuivra la voie de l’arbitrage international ». Traduction, les juridictions économiques internationales pourraient bientôt être saisies, avec des conséquences financières et diplomatiques incalculables pour le Mali.

L’enjeu d’un leadership responsable

À l’heure où l’Afrique s’interroge sur sa souveraineté économique, ce conflit dépasse le simple cadre d’un litige fiscal. Il questionne le modèle même du partenariat public-privé dans les pays riches en ressources naturelles. Faut-il encore croire au « win-win » (gagnant-gagnant) entre État et multinationales ? Ou assiste-t-on à la fin d’un cycle, celui où les contrats miniers se signaient à huis clos, loin des projecteurs citoyens ?

Barrick, de son côté, exhorte les autorités à agir « dans l’intérêt du peuple malien ». À défaut, c’est tout un pan de l’économie nationale — plus de 8 % du PIB — qui pourrait s’effondrer comme un château de cartes.

A.D

  

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16 avril 2025 0 comments
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Abdoulaye Konaté, artiste plasticien malien
ActuSeko ni Donko

« 2025, année de la culture au Mali » : Abdoulaye Konaté, parrain du mois d’avril appelle à la reconquête culturelle 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 16 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans le cadre de la célébration de « 2025, année de la culture au Mali », une conférence d’envergure s’est tenue ce mardi 15 avril 2025 au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté, à Bamako. Parrain du mois d’avril, l’artiste plasticien malien de renommée internationale, Abdoulaye Konaté, y a animé une conférence passionnante sur le thème « Création artistique et société ». 

Cette initiative s’inscrit dans le vaste programme lancé par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et mis en œuvre par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, en partenariat avec celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

L’événement a rassemblé un public éclectique composé d’artistes, d’intellectuels, de journalistes culturels, d’étudiants du Conservatoire et de l’Institut national des Arts, ainsi que d’anciens parrains et marraines de l’initiative, dont Dr Fatoumata Coulibaly dite FC, marraine du mois de mars.

Un appel à puiser dans nos racines culturelles

Dans un exposé dense et vibrant, Abdoulaye Konaté a livré une réflexion profonde sur la place de l’art dans nos sociétés contemporaines. Selon lui, la création artistique doit puiser ses fondements dans les racines culturelles africaines, aujourd’hui méconnues ou dévalorisées par une jeunesse de plus en plus influencée par les courants occidentaux. Il a regretté le fait que les sociétés d’initiation traditionnelles, autrefois piliers de la formation identitaire en Afrique, soient aujourd’hui oubliées ou marginalisées.

L’artiste a fustigé l’illusion selon laquelle l’art africain devrait se conformer aux standards occidentaux pour être accepté sur la scène internationale. Il a dénoncé la domination culturelle imposée par l’Occident à travers ses puissants réseaux médiatiques, ses canaux de diffusion et ses galeries.

Valoriser l’authenticité culturelle malienne

Pour lui, la culture malienne ne doit pas s’effacer au profit d’autres cultures, mais s’imposer par sa richesse et son authenticité.

« Nous avons existé bien avant les valeurs musulmanes, avant l’ère coloniale. Il faut valoriser ce que nous avons, ce que nous sommes. Ne vous abandonnez pas à une culture qui n’est pas la vôtre. Sinon vous serez des esclaves culturels », a-t-il martelé.

Abdoulaye Konaté a également évoqué la nécessité de former les publics à la consommation de l’art. Pour lui, la valeur d’une œuvre ne réside pas uniquement dans son prix ou sa notoriété, mais dans la capacité à toucher les consciences, à refléter une société, à contribuer à son développement.

Vers un véritable écosystème de l’art africain

Il a souligné que la création artistique ne doit pas être motivée uniquement par l’ambition commerciale, mais par une volonté de transmission, de mémoire et de résistance.

Revenant sur sa propre trajectoire, il a confié avoir été confronté à l’indifférence du marché local à ses débuts, ses œuvres étant parfois proposées à des prix dérisoires. Mais cela ne l’a pas découragé. Aujourd’hui, il constate avec satisfaction que les jeunes diplômés du Conservatoire, grâce à leur créativité et leur persévérance, réussissent à vivre de leur art, voire à en tirer des revenus supérieurs à ceux de certains fonctionnaires.

Enfin, le parrain du mois d’avril a insisté sur l’importance d’organiser un véritable écosystème autour de l’art en Afrique, en s’appuyant sur des critiques, des médias spécialisés, des galeries, des musées et des réseaux sociaux bien structurés. Pour lui, c’est seulement à ce prix que l’art africain pourra s’imposer sur le marché international sans renier son essence.

La conférence a été l’occasion d’un véritable plaidoyer pour une reconquête culturelle et un réarmement identitaire. Elle a marqué un temps fort du projet « 2025, année de la culture au Mali », qui ambitionne de replacer la culture au cœur des priorités nationales.

Ibrahim Kalif Djitteye 

  

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Inondations au Niger
A la UneClimat et environnement

Hivernage 2025 : des mesures prises pour éviter les inondations 

by Sidi Modibo Coulibaly 16 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

L’année dernière, le Mali a vécu la pire des catastrophes naturelles liées aux inondations. Depuis 50 ans, le pays n’avait pas connu un tel déferlement de pluies qui a engendré de nombreux dégâts de tout genre. Pour anticiper sur la gestion de l’hivernage de cette année, le Premier ministre a engagé des concertations à travers la réunion du comité interministériel de gestion des crises et catastrophes.

« Gérer, c’est prévoir » ou « Mieux vaut prévenir que guérir », a-t-on coutume de dire. C’est ce qu’a, certainement, compris le Premier ministre. Ainsi, le Général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre, a tenu, de janvier 2025 à ce jour, deux réunions du comité interministériel de gestion des crises et catastrophiques.

Bilan consolidé des inondations de 2024

Tel était l’ordre du jour de la première réunion tenue le jeudi 23 janvier. La réunion a établi un bilan des dégâts causés par ces inondations de juin à décembre 2024. Il ressort de ce bilan qu’il y a eu 729 cas d’inondations recensés ayant affecté 88 083 ménages, causé 95 décès et 154 blessés. De nombreuses pertes en cheptel ont également été enregistrées, notamment des dizaines de volailles et ruminants emportés. Par ailleurs, près de 3 000 greniers et magasins ont été détruits. 

Au cours de la réunion, le Premier ministre a préconisé une meilleure préparation et anticipation dans la gestion des crises afin de garantir une prise en charge rapide et efficace en cas d’inondations pendant cette année. C’est pourquoi il a évoqué la problématique des constructions anarchiques et illégales qui obstruent la circulation naturelle de l’eau. Ainsi, les projets prioritaires, tels que la situation du pont Woyowayanko sur la route de Sébénikoro et celle du collecteur de Missabougou, ont également été abordés. 

Le Chef du Gouvernement a proposé la création de voies alternatives pour fluidifier la circulation et a insisté sur la nécessité d’identifier et d’aménager les points de drainage afin de limiter les risques d’inondation. Le Général de division Abdoulaye Maïga a instruit les membres du gouvernement à s’organiser en sous-comités chargés de concevoir et de mettre en œuvre des plans d’action pour ces projets d’envergure. 

Libération des servitudes et des lits des marigots

La seconde réunion s’est tenue le lundi 7 avril 2025. Elle portait sur l’état d’exécution du plan d’actions pour la libération des servitudes et des lits des marigots dans le district de Bamako. Il lui a été donné de constater que la mise en place des sous-commissions, qu’il avait instruite lors de la réunion précédente, a été effective. Celles-ci ont travaillé sur plusieurs axes prioritaires, notamment la communication auprès des populations, la libération des servitudes des collecteurs naturels, l’accompagnement des personnes concernées ainsi que leur indemnisation. 

Le programme prévoit également des actions de sensibilisation communautaire et des rencontres d’information avec les notabilités dans les zones affectées. En ce qui concerne, les collecteurs de Missabougou, les études ont révélé la présence d’infrastructures défectueuses et proposé des alternatives appropriées. Un accent particulier a été mis sur les inondations survenues à Bla, ainsi que sur le contournement du pont de Woyowayanko et de Kassaro, en vue du redémarrage du trafic ferroviaire. Au cours de la réunion du curage et de l’aménagement des caniveaux à Bamako, dans une logique de prévention durable des inondations. 

Faire le maximum avant l’hivernage 

Par rapport à la gestion des pollutions et nuisances, des réformes ont été entreprises. Elles comprennent notamment des sessions de formation, des actions de vulgarisation et un encadrement renforcé. Dans le secteur de l’éducation, les efforts d’anticipation pourraient garantir une rentrée scolaire 2025-2026, sereine.

En terminant la réunion, le Premier ministre a instruit aux membres du comité de participer activement à la mise en œuvre des actions engagées. « Nous devons faire le maximum avant l’hivernage », a précisé le chef du gouvernement. En tout cas, les services météorologiques avaient prévu de la pluie, au cours de la semaine du 14 au 20 avril 2025, dans le District de Bamako et dans les régions de Sikasso, Bougouni, Dioila, Kita, Koulikoro, Mopti, Ségou, Koutiala et Kita. Ce qui a été largement constaté dès le lundi 14 avril 2025.

Sidi Modibo Coulibaly 

  

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16 avril 2025 0 comments
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Rencontre avec les partis politiques
A la UnePolitique

Relecture de la Charte des partis politiques : plus d’une centaine de formations annoncent leur refus de participer aux consultations nationales

by Ibrahim Kalifa Djitteye 16 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Une large coalition de partis politiques maliens a annoncé, le mardi 15 avril 2025, son refus de prendre part aux consultations nationales prévues les 16 et 17 avril autour de la relecture de la loi portant Charte des partis politiques. Réunis à la Maison de la presse sous la bannière de l’Initiative des partis politiques pour la Charte des partis, ces formations politiques justifient leur décision par des réserves sur la méthode retenue par le gouvernement, tout en appelant à un dialogue direct.

Cette décision a été officiellement communiquée à travers un point de presse organisé dans la matinée, à l’issue d’une rencontre interpartis tenue deux jours plus tôt, le 13 avril. Lors de cette rencontre, plus d’une centaine de formations politiques – représentant, selon les organisateurs, une majorité significative du paysage politique malien ont exprimé leur désapprobation face à ce qu’ils qualifient d’« incohérences procédurales » dans l’approche gouvernementale.

Une initiative gouvernementale saluée mais contestée dans sa mise en œuvre

Les partis rappellent qu’ils ont été sollicités dès décembre 2024 par le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au processus électoral, pour soumettre leurs propositions concernant la relecture de la Charte. À cette demande, ils affirment avoir répondu de manière coordonnée, en transmettant un document intitulé « Propositions consensuelles sur la relecture de la Loi n°05-047 portant Charte des partis politiques ».

Les propositions avancées reprennent notamment plusieurs résolutions issues des Assises nationales de la Refondation (ANR), parmi lesquelles la réduction du nombre de partis par l’imposition de critères plus stricts, la reconnaissance du rôle de Chef de file de l’Opposition, ainsi que la lutte contre le nomadisme politique. Pour ces formations, le respect de ces recommandations, déjà validées dans le cadre des ANR, aurait dû suffire à orienter la suite du processus.

Une consultation jugée redondante et injustifiée

Les partis politiques disent avoir été surpris par l’annonce d’une nouvelle consultation nationale sur le sujet, estimant que celle-ci n’apporterait pas de valeur ajoutée au processus. Ils questionnent la pertinence d’un tel exercice, à leurs yeux coûteux et juridiquement discutable, dans la mesure où les résolutions des ANR constituent déjà une base légitime et consensuelle.

Trois interrogations majeures sont soulevées : pourquoi lancer une consultation élargie alors qu’un processus spécifique impliquant directement les partis a déjà été engagé ? Pourquoi interroger à nouveau les Forces vives de la Nation sur un sujet sur lequel elles se sont déjà exprimées ? Et enfin, quelle est la légitimité de ces nouvelles consultations, inférieure selon eux à celle des ANR ?

« Il serait curieux, voire illogique, de re-consulter sur des résolutions déjà tranchées », a déclaré un représentant lors du point de presse. Les partis estiment que les finances publiques ne doivent pas être engagées dans des démarches parallèles, alors que les priorités nationales demeurent nombreuses et urgentes.

Un appel au dialogue et au respect des textes en vigueur

Au-delà de la critique de la méthode, les partis politiques réaffirment leur engagement pour un dialogue responsable et respectueux de l’ordre constitutionnel. Ils rappellent que le multipartisme est protégé par la Constitution de 2023, notamment à travers son article 185, qui classe ce principe parmi ceux non révisables. L’article 39 de la même Constitution garantit par ailleurs la liberté de création et de fonctionnement des partis dans le cadre des lois de la République.

Face à des rumeurs de suspension ou de dissolution éventuelle des partis politiques sur le modèle de ce qui a été observé récemment au Burkina Faso et au Niger, pays également membres de la Confédération AES, les partis signataires ont tenu à marquer leur différence : « Le Mali, à la différence de ces États frères, dispose d’une Constitution en vigueur, qui doit être respectée par tous. »

Des intentions pacifiques affichées

Les partis politiques se disent favorables à toute réforme visant à assainir le champ politique, à condition qu’elle se fasse dans le respect des institutions, des textes législatifs et des principes démocratiques. Ils affirment ne pas être dans une logique de confrontation, mais dans celle de la recherche de cohésion et d’inclusivité.

Ils ont, à cet effet, demandé au Premier ministre de bien vouloir reporter les consultations annoncées et d’ouvrir, sans délai, un cadre de concertation formel avec les partis politiques sur la relecture de la Charte.

Ainsi, les membres de coalition ont réitéré leur attachement à la paix, à la stabilité et à la réussite de la Transition, tout en soulignant que celle-ci ne saurait se faire sans une implication réelle et concertée des acteurs politiques. L’avenir du cadre juridique des partis politiques maliens semble donc suspendu à la capacité des différentes parties à renouer le fil du dialogue.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
Chroniques

Chronique. Prévenir ou périr : la CMDT comme métaphore.

by Chiencoro 15 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Deux incendies en moins de six semaines ont ravagé des milliers de balles de coton au Mali, à Bamako puis à Koutiala. Si les pertes sont matérielles, les enjeux, eux, sont bien plus profonds : sécurité industrielle, souveraineté économique, stabilité sociale. Ces sinistres disent tout d’un modèle productif fragile, exposé à l’imprévu et au déni d’anticipation. Car derrière les flammes, c’est un avertissement au monde entier. Nos économies les plus vitales reposent encore trop souvent sur des structures trop vulnérables.

Deux incendies. Deux villes. Deux dates. Une même entreprise. Et une question, à peine posée mais déjà pressante. Le Mali peut-il encore se permettre de perdre du coton ? 

Dans la nuit du 8 au 9 mars 2025, un feu a consumé plus de mille balles de coton à l’usine de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) à Bamako. Une perte sèche, estimée à 250 millions de francs CFA, mais contenue grâce à une réaction rapide des équipes de sécurité. Moins d’un mois plus tard, le 14 avril, un autre incendie frappe, cette fois à Koutiala — symbole national de la production cotonnière, qu’on surnomme encore la « capitale de l’or blanc ». Là aussi, les flammes dévorent des tonnes de matière première. Là aussi, les pertes sont « extrêmement lourdes ».

Pour l’observateur pressé, ce sont deux faits divers. Pour qui regarde au-delà des cendres, c’est un signal faible annonçant un déséquilibre majeur.

Le coton comme révélateur des fragilités

On oublie souvent que le coton est, pour le Mali, plus qu’une matière première. Il est mémoire, identité et pilier économique. Il nourrit l’agriculture familiale, finance des milliers de scolarités, structure les exportations. En brûlant, il rappelle à quel point les économies dites “primaires” reposent sur une stabilité logistique, énergétique et climatique de plus en plus incertaine.

Le fait que ces incendies aient eu lieu dans des installations pourtant bien équipées interroge : est-ce un défaut technique ? Un relâchement humain ? Un effet collatéral du réchauffement climatique ? Ou pire, un symptôme d’une insécurité rampante ? Les réponses importent. Mais plus encore, il faut entendre ce que disent ces événements du rapport que nous entretenons à nos filières stratégiques.

Ces incidents doivent être lus pour ce qu’ils sont. Des menaces silencieuses sur la souveraineté économique.Dans un contexte mondial de tension sur les chaînes d’approvisionnement, chaque rupture de stock, chaque feu mal contenu, devient une faiblesse dans l’architecture d’un pays dépendant de ses matières premières.

La CMDT est une actrice stratégique. Si elle flanche, c’est toute une chaîne — du producteur au transporteur, du commerçant au consommateur — qui se grippe. Les assurances ne couvriront pas les pertes sociales, ni les espoirs consumés des petits producteurs, ni la confiance érodée des investisseurs étrangers.

De la flamme locale au brasier mondial

Dans un pays comme le Mali, en pleine redéfinition de ses alliances politiques et économiques, la maîtrise des infrastructures productives est une urgence absolue. Cela passe par un audit complet de toutes les zones de stockage, par des formations renforcées à la gestion des risques, et surtout par une gouvernance de crise apte à anticiper l’imprévisible.

Mais plus largement, c’est toute la stratégie de sécurisation des filières nationales qu’il faut repenser. Ne plus penser le coton comme une simple culture. Mais comme un bien stratégique, à l’instar du pétrole ou du gaz ailleurs.

Car si ce qui se joue à Bamako ou Koutiala reste apparemment local, ce sont bien des équilibres globaux qui s’y reflètent : vulnérabilité des chaînes de valeur, dépendance aux énergies, exposition climatique, pression démographique.

Les incendies du coton sont peut-être accidentels. Mais leur répétition dit autre chose. Nous entrons dans une ère où chaque négligence peut devenir un désastre. Et où la moindre étincelle peut mettre le feu à un modèle.

Chiencoro Diarra

15 avril 2025 0 comments
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Les militants du SYNABEF en point de presse pour dénoncer la situation de certains de leurs collègues.
ActuTaabolow ani Tabiaw

Le SYNABEF maintient la pression : la grève démarre le 17 avril

by Sahel Tribune 15 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au Mali, le bras de fer engagé par le SYNABEF dépasse le simple cadre syndical. Dossier après dossier, le syndicat des employés de banque dresse un réquisitoire implacable. Ce 14 avril, en conférence de presse, ses responsables ont rappelé que leur combat, loin des slogans convenus, vise à défendre une corporation… et une certaine idée de l’État de droit.

Ce 14 avril 2025, dans une salle pleine et sous les caméras, le ton était grave, les mots pesés. Mais la colère affleurait derrière les phrases maîtrisées. Le SYNABEF – syndicat emblématique des employés du secteur bancaire malien – a convoqué la presse pour faire le point sur son préavis de grève déposé le 2 avril. Et derrière les revendications techniques, c’est une colère sourde, plus profonde, qui s’est exprimée pour donner des précisions sur les motifs de la grève.

Des lignes rouges, et une ligne de front

L’affaire aurait pu en rester à une énième revendication sectorielle. Mais au fil des prises de parole, un décor plus large s’est dessiné. Il y a d’abord le cas des deux agents d’Ecobank toujours incarcérés, détenus pour avoir, selon le syndicat, simplement respecté les procédures bancaires. Pour le SYNABEF, leur détention est une attaque contre toute la corporation bancaire. « Ce combat n’est pas pour deux hommes, c’est pour l’avenir de la profession », martèle un représentant. 

Un cran plus loin, la situation chez UBIPHarm cristallise les tensions : des travailleurs licenciés pour avoir refusé un avenant litigieux à leur contrat, en pleine période de grève. Pour le syndicat, il ne s’agit rien de moins que d’un « chantier de démolition du droit syndical ». 

À mesure que les dossiers s’accumulent – licenciements collectifs, refus de régularisation d’intérimaires, absence de couverture sociale, mépris des textes en vigueur – le conflit se mue en une lutte de principe. Ce n’est plus une affaire de primes ou d’avantages. C’est, selon les mots des syndicalistes, une bataille pour « l’égalité devant la loi ».

Si les points de blocage ne sont pas levés, la grève débutera le 17 avril pour 72 heures, renouvelables. Et le ton est clair : ce n’est pas une menace, mais un engagement.  Car pour le SYNABEF, le syndicat n’est plus un simple outil de revendication. C’est un rempart. Une digue. Un bouclier contre l’injustice rampante. 

A.D

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