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Des candidats au concours de recrutement
ActuTaabolow ani Tabiaw

Opportunité d’emplois pour les jeunes : annonce d’un recrutement massif et lancement d’un vaste programme d’insertion 

by Sidi Modibo Coulibaly 13 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 2 minutes read

La première décade du mois de juin 2025 restera gravée pour de bon dans la mémoire collective et particulièrement dans celle de la jeunesse malienne. Le gouvernement, dans sa politique d’emploi et d’insertion socio-professionnelle, vient de lancer un vaste recrutement au sein des forces de sécurité et, un plan de formation professionnelle.

En effet, c’est à travers un communiqué en date du 12 juin 2025 signé par le Général de division Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, que l’opinion nationale a été informée du recrutement de 2000 policiers et de 1000 agents de la protection civile. Il s’agit de gardiens de paix pour la police et de sapeurs du rang pour la protection civile. Ce recrutement massif entre dans le cadre de l’exercice 2025.

D’après le communiqué, les détails pratiques concernant les conditions d’éligibilité, la liste des documents requis et la période de dépôt des dossiers seront spécifiés ultérieurement. Il est indiqué aussi que des communiqués émanant de la Direction générale de la Police nationale et de la Direction générale de la Protection civile seront diffusés pour apporter toutes les précisions nécessaires aux candidats intéressés. Cette bonne nouvelle vient s’ajouter à une autre qui s’est passée deux jours auparavant.

Diminuer le chômage et augmenter la compétitivité locale

Le 10 juin 2025, un programme de formation professionnelle à l’endroit des jeunes a été lancé dans le cadre du Programme régional de Formation professionnelle (PROFOR). C’était au Centre de formation professionnelle de Sénou (Bamako) à travers une session de formation. La formation, qui a pris fin le 12 juin, avait pour objectif d’améliorer les aptitudes pédagogiques des formateurs, assurant ainsi un transfert de connaissances de qualité. Pour Oumou Sall Seck, ministre de l’Emploi, de l’Entrepreneuriat et de la Formation professionnelle, cette formation est importante, car elle va permettre de synchroniser les compétences des jeunes avec les exigences du marché du travail malien.

 Ce programme a été réalisé avec la collaboration de la Suisse, à travers un partenariat stratégique avec la Haute École Fédérale de la Formation professionnelle (HEFP) de Lausanne. Il vise à accompagner 40 formateurs dans leur mission d’insertion professionnelle. Il faut noter que cette formation entre dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action gouvernemental 2025-2026, qui vise à former 7 516 jeunes dans des secteurs prometteurs et à fournir des apprentissages à 1 700 personnes déscolarisées, dans le but de diminuer le chômage et d’augmenter la compétitivité locale.

Avec ces deux bonnes nouvelles, on peut espérer que la marche vers l’employabilité des jeunes est concrètement en marche. Et que les jeunes devraient saisir ces formidables opportunités.

SMC

13 juin 2025 0 comments
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Journée de la Russie
A la UnePolitique

Journée nationale de la Russie à Bamako : l’association Perspective Sahélienne en première ligne pour renforcer les liens russo-maliens 

by Cheickna Coulibaly 13 juin 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

À l’occasion de la Journée nationale de la Russie, l’Association Perspective Sahélienne, en collaboration avec l’agence de presse russe African Initiative, a organisé, à Bamako, le 10 juin 2025, une série d’activités marquantes dans la capitale malienne. Au centre de cette journée : une conférence-débat riche en échange et en messages forts, ponctuée par des concours culturels qui ont mis à l’honneur la jeunesse malienne.

Ce sont surtout les discours de Mamadou Bah, président de l’Association Perspective Sahélienne, et d’Anna Zamaraeva, rédactrice en chef adjointe d’African Initiative, qui ont donné le ton de cette journée à forte portée symbolique.

« Nous comprenons ce que signifie lutter pour sa souveraineté.»

Dans une intervention empreinte de détermination, Mamadou Bah a rappelé la constance du soutien russe au Mali, notamment dans les moments les plus critiques. « La Russie a démontré qu’elle était avec nous, quand beaucoup ont choisi d’abandonner le navire Mali », a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance de bâtir un partenariat durable, fondé sur la souveraineté, l’égalité et le respect mutuel : « Nous voulons une coopération gagnant-gagnant, loin de toute domination, dans un esprit de solidarité réelle. » Le président de l’association a également salué les nombreuses initiatives russes en matière de soutien militaire, de formation et d’accompagnement stratégique, insistant sur le fait que le peuple malien restait reconnaissant.

Venue tout droit de Moscou, Anna Zamaraeva a pris la parole pour rappeler les similitudes historiques entre la Russie et le Mali, deux nations ayant dû affirmer leur indépendance face à des pressions extérieures. « Nous comprenons ce que signifie lutter pour sa souveraineté. Cela fait partie de notre histoire. » Critique envers les médias occidentaux, elle a assuré qu’African Initiative continuerait à défendre une vision fidèle des réalités africaines, loin des stéréotypes. « Notre rôle est de dire la vérité sur ce qui se passe au Mali, et de faire entendre la voix des peuples du Sahel. » Elle a conclu son intervention en saluant l’accueil chaleureux de Bamako et en réaffirmant l’importance d’un partenariat entre égaux.

Mémoire historique et appel à renforcer les liens économiques

La conférence-débat, intitulée « La Russie et le Mali : de l’Union soviétique à nos jours », a permis aux intervenants de revenir sur l’histoire d’une coopération ancienne, initiée dès les années 1960. Les panélistes, à savoir Amara Simpara, ingénieur en génie civil, Bah Diakité, docteur en sciences de l’éducation, spécialité langue russe, Daouda Tékété, journaliste et écrivain et Djibril Diallo, ingénieur-géologue ont mis en avant l’implication de la Russie dans plusieurs domaines de développements notamment dans le domaine de la défense, de l’éducation, de la santé, de la culture et des infrastructures. Mais un point a retenu l’attention : la faiblesse des relations économiques entre les deux pays, malgré un accord de coopération datant de 1962. Les orateurs ont appelé à relancer les échanges commerciaux pour donner une nouvelle dimension au partenariat.

Au-delà du volet géopolitique, la journée a été ponctuée d’activités culturelles. Un concours littéraire, sur le thème « La guerre et la paix dans la littérature russe », a permis aux lycéens de Bamako d’explorer les classiques de la littérature russe. Un concours d’art culinaire a également été organisé entre différents établissements scolaires, mettant en avant créativité et diversité des jeunes talents maliens.

Cheickna Coulibaly

13 juin 2025 0 comments
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Drapeau AES
ActuPolitique

Exécution simultanée de l’hymne de l’AES : un grand pas vers le renforcement de l’unité entre les trois pays

by Sidi Modibo Coulibaly 12 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Le 9 juin 2025 restera une date gravée dans la mémoire des peuples du sable et même au-delà. Elle marque le lancement officiel simultané de l’hymne de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) par les trois pays membres. Ce lancement s’effectue après celui du drapeau fait le 03 mars 2025.

En effet, le lancement a consisté en la montée du drapeau de l’AES accompagnée du nouvel hymne adopté récemment par les autorités des trois pays. « Le Sahel benka » (terme bamanakan qui signifie « l’entente du Sahel ») a retenti tant à Ouagadougou qu’à Niamey et Bamako au même moment. Cette cérémonie a été présidée par les différents chefs d’États membres de la confédération.

Dénonciation les manœuvres souterraines des impérialistes

A Ouagadougou, l’hymne a été magistralement exécuté par l’escadron musique du Groupement d’escorte et d’honneur. A cette occasion, le Chef de l’État a livré un message dans lequel il a dénoncé les manœuvres souterraines des impérialistes qui tentent toujours de saper l’union au sein de l’AES. Convaincu que le Sahel sortira plus fort que jamais de cette guerre qui lui a été imposée, le Président du Faso invite particulièrement tous les Burkinabè à redoubler d’efforts en faisant preuve de courage, de résilience et d’intégrité pour le bonheur du Burkina Faso et de la Confédération AES. A signaler la présence du Premier ministre, des membres du gouvernement et des présidents d’institutions à ce cérémonial de montée des couleurs à la Présidence du Faso.

A Niamey, la cérémonie  s’est déroulée en présence des membres  du CNSP ( Comité national pour la sauvegarde de la patrie), des membres  du Gouvernement, du Président du Conseil Consultatif pour la Refondation, des responsables des Institutions de la République, des Conseillers à la Présidence et à la Primature, des hauts responsables militaires, du Gouverneur de la Région de Niamey, des Corps Diplomatiques accrédités au Niger notamment les Ambassadeurs du Mali et du Burkina Faso au Niger, du Comité National du Niger ayant participé à l’élaboration de l’Hymne de l’AES avec les autres Comité du Mali et du Burkina Faso et des Acteurs de la Société Civile.

Des paramètres pour asseoir l’AES en tant qu’entité juridique

A Bamako, la cérémonie a enregistré la présence des Conseillers spéciaux, des Chefs de Service et de Cellule, des Conseillers techniques et des Chargés de mission de la Présidence de la République. Il faut aussi noter la présence de l’ensemble des membres du Gouvernement, des Chefs de service rattachés à la Présidence, du Président du Conseil national de Transition, ainsi que des diplomates accrédités auprès de la République du Mali, voire des Forces armées et de sécurité. L’exécution de « Sahel Benkan » était conduite par le lieutenant-colonel Alhousseyni Bah, Commandant du Groupement de sécurité présidentielle.

L’hymne a été exécuté par la fanfare. À l’issue de la cérémonie, le Premier ministre, le Général Abdoulaye MAÏGA, a indiqué : « Il est tout d’abord important de rappeler que la Confédération des États du Sahel est une entité juridique de nature étatique. Elle dispose, en plus de l’hymne, d’une devise (Un Espace — Un Peuple — Un Destin) ainsi que d’un drapeau. » Et de poursuivre « Je pense que ces trois paramètres extrêmement importants permettent d’asseoir pour très longtemps l’AES en tant qu’entité juridique. L’AES, en tant qu’organisation étatique, confédération, a besoin d’être reconnue. Ce n’est pas une reconnaissance juridique, mais une reconnaissance qui repose sur des symboles ».

L’hymne de l’AES est plus qu’un chant

Il incarne l’âme commune d’un espace sahélien résilient, forgé par l’histoire, l’honneur et la volonté de se tenir debout. En trois couplets, il rend hommage au passé héroïque du peuple du Sahel, magnifie l’intrépidité de ses fils et filles, loue leurs prouesses avant d’envisager un avenir radieux pour cet espace géographique au cœur de l’Afrique de l’Ouest. 

L’exécution solennelle de cet hymne résonne comme un acte de foi en un avenir partagé, bâti sur les principes d’autodétermination, de solidarité et de refus de toute tutelle étrangère. Fruit d’un processus collaboratif impliquant des artistes, intellectuels et patriotes des trois pays, l’hymne de l’AES a été conçu avec le concours étroit du Comité national du Niger, en synergie avec ceux du Mali et du Burkina Faso. Cette œuvre musicale est à la fois une ode à la souveraineté retrouvée et un levier d’éveil des consciences citoyennes.

La naissance de cet hymne intervient dans un contexte de refondation politique et d’affirmation souveraine de l’espace sahélien. À travers l’AES, les peuples du Niger, du Mali et du Burkina Faso tracent ensemble un nouveau chemin de coopération, libéré des diktats extérieurs et recentré sur leurs intérêts stratégiques communs. À travers cet hymne, l’objectif recherché par les pères fondateurs de l’AES est de galvaniser de manière permanente les troupes.

A noter qu’il est prévu l’intégration de l’hymne dans les fanfares nationales et son enseignement dans les écoles.

SMC

12 juin 2025 0 comments
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Mikailou Cisse
ActuAnalyses

Sahel : comment le Mali et ses voisins peuvent surmonter le chantage économique et sécuritaire

by Mikailou Cissé 12 juin 2025
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Au Sahel, la menace n’est plus seulement militaire : elle est aussi économique. Des groupes armés cherchent à asphyxier les États par le sabotage des marchés, le départ forcé des investisseurs et la fragilisation des services publics. Face à ce chantage à l’effondrement, résister devient un acte souverain, et la résilience une stratégie d’avenir.

« Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce que ce soit fait », rappelait Nelson Mandela. Lorsque le chantage au retrait économique et à la violence menace l’État, persister devient un acte politique et existentiel essentiel.

Des groupes armés exploitent la violence et les réseaux illicites pour fragiliser les États sahéliens, appelant au retrait des investisseurs et au boycott des marchés publics. Cette dynamique de chantage, visant à asphyxier l’économie et à saper la légitimité des institutions, exige une réponse lucide et courageuse : conjuguer réforme, solidarité régionale et mobilisation citoyenne pour répondre aux aspirations réelles des populations.

L’économie comme champ de bataille géopolitique

Ces acteurs armés mêlent la violence au sabotage économique en orchestrant des attaques contre les infrastructures, incitant au départ des investisseurs et fragilisant les marchés publics. Leurs actions visent à priver les États de ressources vitales, érodant les services sociaux, minant la gouvernance et brisant le lien de confiance entre l’État et les citoyens. Une réponse strictement militaire serait incomplète. Cette dernière doit intégrer une dimension économique et sociale, seule garante de la stabilité durable.

L’appel à la destruction économique révèle l’absence de projet alternatif. Car il détruit sans proposer de voie nouvelle. Nelson Mandela nous enseigne que « le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité à la surmonter ». Dans ce contexte, il s’agit de transformer la peur en moteur de résistance et de réaffirmation collective. Persévérer, c’est proclamer que l’État et la société ont une valeur intrinsèque et un avenir commun, même au cœur des menaces.

Persévérer malgré les pressions : un acte de résistance collective

Maintenir les investissements et poursuivre les réformes structurelles sont des actes de souveraineté, porteurs d’espoir. Comme le rappelle le président Assimi Goïta : « Notre souveraineté se mesure à notre capacité à répondre aux attentes légitimes des populations ». Le Premier ministre l’a martelé : la priorité absolue est d’améliorer la vie des citoyens — sécurité, santé, éducation, emploi — avant toute ingérence extérieure. Cette dynamique forge une résilience collective, démontrant que l’État n’est pas un simple concept, mais le garant tangible de la dignité et du bien-être de chaque citoyen.

Le chantage économique vise à délégitimer l’État et à fissurer la cohésion sociale. Pourtant, en faisant preuve de lucidité sur nos faiblesses, en engageant des réformes profondes, en cultivant la solidarité régionale et en soutenant l’engagement citoyen, le Mali et la sous-région peuvent retourner cette vulnérabilité contre ceux qui l’exploitent. Chaque projet abouti, chaque service public restauré, chaque voix qui s’élève sont autant de réponses vivantes à l’obscurité. La persévérance, fidèle à la vision de Mandela, devient l’instrument d’une résistance collective et le socle d’un avenir souverain et stable.

Mikailou Cissé

12 juin 2025 0 comments
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Des outils d'IA pour faciliter les révisions
A la UneÉducation

Intelligence artificielle et examens de fin d’année : des outils pour réviser mieux et plus vite

by Chiencoro 12 juin 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

En cette période des examens de fin d’année 2025, une nouvelle alliée a fait son entrée dans les salles de révision maliennes : l’intelligence artificielle. De Bamako à Mopti, les élèves s’approprient ces outils pour mieux préparer leurs examens. Mais entre gain de temps et dépendance numérique, cette révolution soulève autant d’espoir que de prudence. Une mutation silencieuse est en cours, à l’ombre des copies et des connexions.

Au Mali, comme ailleurs, juin est synonyme de tension, d’effervescence et de silence fébrile dans les cours d’école. Car c’est l’heure des examens : le DEF (Diplôme d’Études Fondamentales), qui s’est déroulé du 2 au 4 juin 2025, puis le baccalauréat prévu du 23 au 26 juin. Mais cette année, entre les cahiers cornés et les feuilles volantes, un nouvel outil s’est discrètement glissé dans les trousses numériques des candidats : l’intelligence artificielle. Et si ce compagnon digital, longtemps perçu comme un gadget lointain, devenait l’auxiliaire de révision le plus redoutablement efficace dont les élèves maliens aient jamais disposé ?

L’intelligence artificielle comme tuteur personnel

À Bamako, Sikasso ou Mopti, ils sont des centaines de milliers à se préparer pour ces épreuves décisives. Et parmi eux, de plus en plus nombreux sont ceux qui interagissent chaque jour avec un assistant numérique capable de générer des résumés de cours, de concevoir des quiz adaptés ou d’expliquer les subtilités d’une leçon d’histoire, d’une équation ou d’un concept grammatical. Son nom : ChatGPT, ou encore Quizlet, Revisely, PDFgear, Edufiche. Leur rôle : transformer l’apprentissage en une expérience personnalisée, dynamique, parfois ludique.

Fini l’apprentissage linéaire et impersonnel. Un élève peut aujourd’hui demander à une IA : « Réexplique-moi les causes de la Première Guerre mondiale comme si j’étais en 9e année », ou encore : « Fais-moi une fiche de révision sur la digestion en SVT niveau Bac ». Et la réponse est immédiate, claire, souvent adaptée au niveau de l’élève. L’IA devient alors un répétiteur patient, toujours disponible, et surtout capable de moduler le contenu selon le besoin.

Des outils pour réviser mieux et plus vite

Ce que les enseignants n’ont pas toujours le temps de faire pour chaque élève, l’intelligence artificielle le propose à la demande : reformuler, illustrer, questionner, structurer. Elle permet de gagner un temps précieux à ceux qui, souvent, disposent de peu de semaines de révision dans un calendrier scolaire raccourci ou perturbé. Dans un pays où l’accès aux bibliothèques est inégal, où les enseignants sont parfois débordés ou absents, cette technologie devient un facteur d’égalisation des chances.

Elle permet aussi une révision active : quiz, jeux de mémoire, flashcards… Autant de formats interactifs générés automatiquement pour entraîner la mémoire et tester les connaissances, loin de la simple relecture passive. Elle accompagne sans juger, suggère sans humilier, et relance quand la concentration flanche.

Répondre à l’urgence pédagogique dans un pays en mutation

Car le contexte malien reste difficile. Zones d’insécurité, élèves déplacés internes, accès limité aux ressources pédagogiques : dans les régions du Nord et du Centre, se préparer aux examens relève parfois du défi quotidien. Dans ces conditions, les solutions d’IA – notamment celles qui fonctionnent sans connexion permanente – peuvent devenir des outils de résilience éducative.

Certaines applications locales, comme celles soutenues par RobotsMali ou le CRDI (Centre de recherches pour le développement international), travaillent déjà à adapter les contenus aux réalités maliennes. Des contes en bambara revisités par l’IA, des fiches de géographie du Sahel, des tests interactifs en langues nationales : tout un corpus est en construction pour répondre à une ambition claire : faire de l’IA un levier d’ancrage culturel autant que d’ascension académique.

Révision augmentée, mais pas triche automatisée

Faut-il craindre une dérive vers l’assistanat ou la paresse intellectuelle ? La question est légitime. Le ministère malien de l’Éducation nationale rappelle que l’IA doit rester un support, non un substitut. Interdite bien sûr dans les salles d’examen, elle n’est utile que dans la phase préparatoire, en complément des cours et du travail personnel. La tentation de la triche existe, comme partout, mais elle est aussi une occasion de renforcer l’éducation à l’éthique numérique.

La vraie révolution ne se fera pas en remplaçant l’élève, mais en l’aidant à apprendre mieux, à comprendre ce qu’il lit, à structurer ses savoirs. Dans ce cadre, l’IA est un outil. Intelligent, oui. Mais jamais plus que la volonté de celui ou celle qui l’utilise.

L’intelligence artificielle n’est pas un luxe réservé aux campus occidentaux. Elle est déjà là, dans les smartphones des lycéens maliens, dans les cybercafés de Ségou, dans les foyers d’apprentissage de Tombouctou. Si elle est bien encadrée, intégrée dans les pratiques pédagogiques, adaptée aux réalités locales, elle peut devenir un moteur discret mais décisif d’une école plus équitable et plus performante.

À la veille des examens, alors que la pression monte, l’IA peut être bien plus qu’un effet de mode : elle peut être une main tendue, un outil d’émancipation, un soutien pour celles et ceux qui, demain, feront battre le cœur du Mali.

Chiencoro Diarra

12 juin 2025 0 comments
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Assimi Goïta en Chine
A la UneAnalyses

Gestion de l’État : pourquoi faut-il accorder un mandat de 5 ans renouvelable au Général Assimi Goïta ?

by Sidi Modibo Coulibaly 12 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 5 minutes read

Le Mali a vécu, pendant trois décennies, la gouvernance dans un contexte de démocratie multipartite. Cette gouvernance, au lieu qu’elle soit bénéfique pour les populations, l’a été plutôt pour les gouvernants. D’où la déception des populations qui l’on exprimée à travers les Assises nationales de la Refondation en fin 2021 et lors des consultations nationales sur la charte des partis politiques tenue fin avril 2025. Parmi les recommandations issues de ces concertations, il y a l’octroi d’un mandat de 5 an renouvelable au Général d’armée Assimi Goïta. C’est pour mettre en œuvre cette recommandation que le conseil des ministres du mercredi 11 juin 2025 a adopté un projet de loi dans ce sens.

En effet, c’est sur le rapport du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Reformes politiques et du Soutien au Processus électoral, que le Conseil des ministres a adopté un projet de loi portant révision de la Charte de la Transition. « Le projet de loi, adopté, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des concertations des Forces vives de la Nation et des Maliens établis à l’extérieur pour répondre aux attentes légitimes du Peuple malien, notamment la révision de la Charte de la Transition en accordant au Chef de l’État, un mandat de 5 an renouvelable à partir de 2025, à l’instar de ses pairs de la Confédération AES. », peut-on lire dans le communiqué du conseil des ministres.

Une forte recommandation du peuple 

En mai 2021 eut lieu la rectification de la transition. Suite à cela, le peuple malien a été consulté à travers des Assises nationales de la Refondation (ANR). Ces assises se sont tenues dans les communes, cercles et régions. La phase finale a eu lieu en fin décembre 2021 à Bamako. Parmi les recommandations, le peuple a demandé de mener des réformes politiques et institutionnelles prioritaires, avant d’organiser des élections. C’est ainsi qu’a été adoptée une nouvelle constitution. 

En avril 2025, face à l’incapacité des partis politiques à proposer une nouvelle charte les concernant, les autorités ont appelé le peuple à se prononcer à travers des consultations nationales qui se sont tenues en deux phases : régionale et nationale. À l’issue de ces concertations, beaucoup de recommandations ont été formulées parmi lesquelles la dissolution des partis politiques et des mouvements à caractère politique, l’octroi du statut de président de la République au Président de la transition, l’octroi d’un mandat renouvelable de 5 ans à compter de 2025. 

Des enquêtes d’opinion favorables au Président de la transition 

Cette recommandation relative au mandat a été faite dans le souci de poursuivre la transition pour parvenir à la pacification totale des pays membres de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il faut noter que depuis la rectification de la transition et la création de l’AES, le 06 juillet 2024, les trois États (Mali, Burkina et Niger) sont confrontés à des défis dont certains sont soutenus par des sponsors étrangers. Il s’agit principalement de la menace de la déstabilisation internationale.

Face à cette menace, les peuples du Burkina et du Niger ont accordé à leurs autorités un mandat de 5 ans. Le Mali ne devrait pas être en marge. Par ailleurs, des enquêtes d’opinion avaient démontré le degré de confiance existant entre le peuple malien et les autorités de la transition et particulièrement le Président de la transition. Il s’agit de MALI-MÈTRE réalisé par l’indépendante et respectueuse fondation allemande Friedrich Ebert (Friedrich Ebert Schiftung : FES).

72,1 % des Maliens sont très confiance au président de la transition et 9 Maliens sur 10 sont satisfaits de la gestion de la transition.

L’enquête de la FES, qui est à sa 16e édition, s’est déroulée du 11 janvier au 22 janvier 2025. L’échantillonnage est basé sur la méthode des quotas avec la prise en compte des caractéristiques démographiques comme le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. Les résultats de l’enquête ont été publiés en fin mai 2025. 

Il ressort de ces résultats que plus de 7 maliens sur 10 soit 72,1 % des Maliens ont plus confiance en le président de la Transition. Les résultats par région montrent qu’à Taoudenni, 9 personnes sur 10 expriment leur confiance au Président de la Transition. Aussi, dans les régions de Kayes (87,2 %), Sikasso (86,1 %), Bamako (83,3 %), quatre personnes sur cinq sont de cet avis. 

Cette statistique est de trois personnes sur cinq dans les régions de Tombouctou (61,1 %) et de Ménaka (65,0 %). Cependant, dans la région de Mopti, plus de la moitié de la population (51,2 %) porte un même niveau de confiance en ces acteurs et 43,1 % de la population a plus confiance en le présidant de la Transition. 

La prise en compte des intérêts des populations

L’enquête a, aussi, révélé que 09 Maliens sur 10 sont satisfaits de la gestion de la transition (57,1 % très satisfaits et 33,6 % plutôt satisfaits). On observe une forte appréciation de satisfaction dans la plupart des régions, sauf le District de Bamako. Dans les régions de Tombouctou (61,1 %) et de Ménaka (65,0 %). Cependant, dans la région de Mopti, plus de la moitié de la population (51,2 %) porte un même niveau de confiance en ces acteurs et 43,1 % de la population a plus confiance en le président de la Transition (83,3 %), les régions de Kidal (80,7 %) et de Gao (66 %) où le niveau de satisfaction est plus bas. 

Au regard de tout ce qui précède, il est normal que les autorités réalisent les souhaits du peuple. D’ailleurs, elles l’ont toujours fait. La prise en compte des populations est au cœur de l’action publique, aime rappeler à chaque occasion le Président de la transition, Général d’armée Assimi Goïta.

SMC

12 juin 2025 0 comments
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Reportage bozos
A la UneClimat et environnementTaabolow ani Tabiaw

Mali : le quotidien des pêcheurs Bozos face aux défis climatiques et urbains

by Ibrahim Kalifa Djitteye 12 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le fleuve Niger, artère vitale de l’Afrique de l’Ouest, abrite une communauté dont l’existence est intrinsèquement liée à ses eaux, les pêcheurs Bozos. Ancrés sur ses rives du fleuve Niger depuis des siècles, ces hommes et femmes perpétuent un mode de vie ancestral, tissé de savoir-faire transmis de génération en génération. Mais aujourd’hui, cette tradition vivante fait face à des défis inédits, entre la poussée de l’urbanisation et les caprices d’un environnement en mutation. Plongeons dans leur quotidien, à travers les voix de ceux qui font battre le cœur de cette communauté.

Chaque matin, bien avant que les premières lueurs de l’aube ne caressent la surface du fleuve Niger, l’activité s’éveille sur les rives. Pour Mamoutou Minta, la journée commence dès 4 heures. « Je débute ma journée de pêche très tôt, et je rentre vers 7 heures », explique-t-il, ses mains calleuses témoignant des heures passées à manipuler filets et pièges. Sa technique est un mélange harmonieux de traditions et d’adaptations. « Je pratique plusieurs types de pêche, dont le ‘’balandjon’’, des pièges que j’installe la nuit pour récupérer les poissons au petit matin, et le ‘’filidjon’’, qui consiste à attraper les poissons au filet ».

Respect des outils traditionnels

La science des filets est d’ailleurs une expertise propre aux Bozos. Mama Sinanta, une figure respectée de la communauté, nous éclaire. « Il y a différents types de filets. Certains possèdent de grandes mailles, permettant de capturer plusieurs poissons, tandis que d’autres, dotés de mailles plus petites, sont réservés aux alevins. Ainsi, chaque filet a son utilité, adaptée aux besoins du moment ». Cette sagesse populaire illustre une connaissance intime de l’écosystème fluvial et de ses habitants, indispensable à leur survie.

Les pirogues, quant à elles, sont bien plus que de simples embarcations ; elles sont des reliques, des héritages familiaux. « Nous, les Bozos, n’utilisons qu’une seule pirogue pour la pêche, héritée de nos ancêtres», précise Mohamed Kontao, désignant une barque effilée taillée dans un tronc d’arbre. « D’autres pirogues sont réservées au transport des personnes ». Ce respect des outils traditionnels est une marque indélébile de leur attachement à leur patrimoine et à leur mode de vie.

La crue et la décrue, le rythme de la survie

La vie des pêcheurs Bozos est intrinsèquement liée aux cycles du fleuve Niger. Lorsque le fleuve est en crue, la tâche devient ardue. « L’eau monte, les poissons se dispersent et se cachent sous les herbes », décrit Mamoutou Minta, le regard empreint de préoccupation. « Dans ces moments difficiles, on se tourne vers les coraux, plaçant des pièges aux angles pour maximiser nos chances de succès ». Une stratégie qui exige patience, ingéniosité et une connaissance approfondie des méandres du fleuve.

Mais la décrue est synonyme de célébration. « Cependant, lorsque le niveau de l’eau baisse, c’est la fête pour nous pêcheurs ! », s’exclame-t-il, un sourire illuminant son visage. « Cette période facilite la pêche, tout en nous permettant d’attraper de nombreux poissons et de mieux gagner notre vie ». C’est durant ces périodes fastes que la subsistance et le commerce se rejoignent, assurant la survie et le bien-être de leurs familles.

Pour Mamoutou, la pêche est bien plus qu’une simple profession ; c’est une véritable bénédiction, un pilier de son existence. « La pêche est bien plus qu’un simple métier ; c’est un héritage familial qui m’a permis de me marier, d’acheter une maison et même de voyager à travers plusieurs pays, tels que la Côte d’Ivoire et le Bénin ». 

S’adapter pour perpétuer, la résilience face au changement

Sidy Traoré, un autre pêcheur de la communauté, partage le même dévouement inébranlable. « Chaque matin, je pars pêcher, et je retourne le soir, je vends également le poisson aux clients après la pêche », raconte-t-il, soulignant la dimension commerciale essentielle de leur activité. Il confirme les défis liés à la crue. « Bien que la pêche soit plus difficile lorsque le niveau du fleuve est en hausse, on continue de s’accrocher à ce métier pour subvenir aux besoins de nos familles », estimant que cette persévérance est la marque de leur détermination inébranlable.

Face aux fluctuations imprévisibles du fleuve, l’adaptation est leur maître mot. Les dames aussi sont présentes aux côtés des hommes. Fatima Tienta, par exemple, gère la vente du poisson fraîchement pêché sur les marchés locaux. Elle explique,  « Lorsque le niveau de l’eau est bas, la joie est palpable, car les poissons sont plus faciles à attraper, ce qui nous permet de bien gagner ». Pour eux, la prospérité est directement liée à l’état du fleuve, un indicateur direct de leur bien-être économique et social. « Ainsi, malgré les changements qui affectent notre environnement, on continue de s’adapte », explique-t-elle. 

La pêche, un mode de vie

La vie quotidienne des pêcheurs Bozos sur le fleuve Niger est une illustration frappante de la résilience face aux défis contemporains. Mamoutou Minta et Sidy Traoré, par leurs témoignages poignants, ainsi que Mama Sinanta, Mohamed Kontao et Fatima Tienta, révèlent non seulement l’importance cruciale de la pêche comme source de subsistance, mais aussi comme un élément vital de leur culture, de leur identité et de leur lien indéfectible avec le fleuve. Le poisson, pour eux, n’est pas seulement une ressource à consommer ou à vendre, « c’est la vie elle-même, à consommer, à vendre, et un moyen de faire vivre nos familles ».

Malgré les fluctuations parfois extrêmes du fleuve, les pressions de l’urbanisation galopante qui grignotent leurs terres ancestrales et les impacts des changements environnementaux sur les ressources halieutiques, ces pêcheurs continuent de perpétuer des traditions ancestrales tout en s’adaptant aux réalités changeantes de leur environnement. Leurs récits rappellent avec force que la pêche est bien plus qu’une simple activité économique ; c’est un mode de vie qui nourrit non seulement leur corps, mais aussi leur âme et celle de leur communauté tout entière.

En préservant leur héritage culturel unique et en s’adaptant avec courage aux défis modernes, les Bozos témoignent d’une profonde connexion avec la nature et d’un engagement durable envers leur avenir. Leur résilience est une leçon pour tous, un rappel puissant de la force des traditions face aux mutations profondes du monde.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

12 juin 2025 0 comments
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