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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneÉconomieEdito

Révolution minière : enfin le temps des Africains

by Chiencoro 16 juin 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Dans un secteur longtemps dominé par les grandes compagnies étrangères, le Mali entreprend une révolution minière sans précédent. Nouveau code fiscal, création d’une société publique, diversification vers le lithium, partenariat stratégique avec la Russie. La Transition malienne affirme une souveraineté assumée sur ses ressources. Mais ce recentrage étatique se heurte aux résistances des multinationales. Entre bras de fer, diversification et transformation locale, le pays trace sa propre voie vers l’indépendance économique.

À Bamako, ce que certains appellent « bras de fer minier » est, pour les autorités de la Transition, un acte de redressement. Une reconquête économique menée à la houe fiscale et au marteau diplomatique, au nom d’un mot aujourd’hui omniprésent dans les discours comme dans les décisions : souveraineté. Le Mali, troisième producteur d’or du continent, ne veut plus se contenter d’extraire pour d’autres. Il veut transformer chez lui, encadrer, fiscaliser, et peser.

Un code minier qui redistribue les cartes

En août 2023, la Transition malienne a fait voter un code minier dont la portée dépasse les chiffres. La nouvelle loi impose un cadre plus contraignant : fin des exonérations massives, obligation de raffinage local, et montée de l’État à hauteur de 35 % dans chaque projet nouveau. Autrement dit : l’époque des contrats léonins est révolue.

Les résultats ne se sont pas fait attendre. Malgré une baisse de 23 % de la production industrielle en 2024, les recettes minières ont bondi de 52,5 %, pour atteindre 835 milliards de francs CFA. Comment ? Par une révision lucide des rapports de force, un encadrement rigoureux des exonérations, et la fin d’un régime de faveur qui avait trop profité aux grandes compagnies.

Barrick, Resolute et le pari du rapport de force

Mais toute révolution a ses secousses. En janvier 2025, le gouvernement bloque les exportations de Barrick Gold, saisit trois tonnes d’or, et gèle les opérations de Loulo-Gounkoto. Une décision ferme, qui fait vaciller les marchés et agite les ambassades. Au Mali, désormais, on ne négocie plus avec un révolver fiscal sur la tempe.

D’autres, comme Resolute Mining, ont compris la nouvelle donne. Un accord à 160 millions USD, une négociation discrète, une sortie honorable. Deux stratégies, deux résultats : la confrontation pour les uns, la coopération pour les autres.

Goulamina : le lithium malien entre en scène

Mais l’or n’est plus seul sur l’échiquier stratégique. En décembre 2024, la mine de lithium de Goulamina est lancée, opérée par les Chinois de Ganfeng, avec une participation malienne de 30 %. Là encore, le contrat est clair : la transformation commence sur le sol malien, et les retombées (emplois, sous-traitance, fiscalité) sont garanties. Le Mali s’impose comme futur leader du lithium ouest-africain, alors que le monde entier cherche du minerai pour ses batteries.

SOREM et la raffinerie : les outils d’un Mali maître de son destin

Au cœur de ce repositionnement stratégique, la création de SOREM — bras public d’exploration et d’exploitation — et surtout, le projet de raffinerie d’or avec la Russie. 200 tonnes de capacité annuelle, 62 % de capital détenu par l’État, et le lancement des travaux de construction prévu ce 16 juin 2025 par le président Assimi Goïta. Ce geste, au-delà du symbolique, est l’acte fondateur d’un Mali qui ne veut plus exporter son or brut, mais le transformer, le certifier, et en maîtriser la chaîne de valeur.

Le choix de Moscou comme partenaire n’est pas neutre. Il s’inscrit dans une redéfinition des alliances, post-françafrique, post-MINUSMA. Le Mali trace sa voie, assume ses choix, et cherche désormais l’efficacité dans le respect de ses intérêts fondamentaux.

Une souveraineté minière à consolider

Mais la souveraineté ne s’exerce pas qu’avec les multinationales. Sur les sites d’orpaillage artisanal, où travaillent des milliers de Maliens, la Transition a lancé une série de réformes : sécurité des sites, encadrement environnemental, et création de cinq fonds spécialisés. Une réponse urgente à une série de drames humains — comme les effondrements meurtriers de Koulikoro et Kayes — et à un enjeu écologique majeur.

Ce que vit aujourd’hui le Mali n’est pas une crise minière. C’est un rééquilibrage historique. Un acte de souveraineté économique dans un secteur longtemps dominé par des logiques extraterritoriales. Certes, les tensions sont réelles. Certes, la production vacille. Mais l’État assume, reprend la main, renégocie, et s’investit. Entre pragmatisme et fermeté, la Transition trace sa ligne : celle d’un pays qui veut cesser d’être un gisement sous contrôle étranger, pour devenir une nation pleinement maîtresse de ses richesses.

Le pari est ambitieux. Mais dans ce moment de bascule où l’Afrique réinvente son rôle dans l’économie mondiale, le Mali joue une carte que d’autres n’ont jamais osé poser sur la table.

Chiencoro Diarra 

16 juin 2025 0 comments
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Croissance économique
A la UneÉconomie

Croissance, dette, réformes : ce que le FMI pense du Mali

by Chiencoro 15 juin 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Alors que le Mali tente de naviguer entre rigueur budgétaire, réformes structurelles et résilience économique, la mission annuelle du FMI vient d’achever sa visite à Bamako. Derrière les chiffres, un message implicite : le pays tient debout, mais la route vers une stabilité durable reste semée d’obstacles.
À Bamako, ils étaient nombreux à guetter les conclusions de cette mission annuelle comme on attend un bulletin de santé dans un service de soins intensifs. Les équipes du Fonds monétaire international (FMI), emmenées par Wenjie Chen, ont achevé, ce vendredi 13 juin, leur mission de consultation 2025 au titre de l’article IV. Une mission technique, certes, mais au poids politique et économique décisif, tant elle trace en creux la trajectoire budgétaire, monétaire et sociale d’un Mali en quête d’équilibre.

Une économie qui résiste, malgré les tempêtes

Car derrière les chiffres, souvent polis, se dessine un diagnostic nuancé, entre vigilance et encouragement. Oui, le Mali tient debout, et c’est déjà une performance. Avec une croissance maintenue à 4,7 % en 2024, malgré une crise énergétique sévère, des inondations récurrentes et la baisse de régime de son moteur aurifère, l’économie malienne fait preuve d’une résilience qui force le respect. Mieux : les projections pour 2025 tablent sur 5 % de croissance, avec un possible rebond à 5,4 % dès 2026, si les conditions minières se rétablissent.

Mais l’équation budgétaire demeure précaire. Certes, le déficit a été réduit à 2,6 % du PIB, et les recettes fiscales ont connu un sursaut, aidées par des contributions exceptionnelles des secteurs minier et télécom. Mais l’absence d’aide budgétaire extérieure — un fait aussi politique que financier — et les conditions de financement tendues dans l’espace UEMOA rendent les marges de manœuvre étroites. Le coût de la dette, lui, s’alourdit.

Dans ce contexte, les recettes du FMI sont connues : rigueur budgétaire, efficacité des dépenses, élargissement de l’assiette fiscale (notamment dans les mines), et protection des plus vulnérables. La ligne de flottaison reste le cap des 3 % de déficit exigé par l’UEMOA. Un objectif que les autorités maliennes affirment vouloir respecter, même si les impératifs climatiques et sociaux — à l’image des récentes inondations — pèsent lourd sur les dépenses publiques.

Des réformes attendues, des marges réduites

Sur le fond, le FMI encourage les autorités à poursuivre les réformes structurelles, avec un accent particulier sur la gouvernance des entreprises publiques, à commencer par la très symbolique et problématique Énergie du Mali (EDM). La vulnérabilité chronique de l’entreprise électrique reste un caillou dans la chaussure de toute stratégie de développement. Même tonalité sur la transparence budgétaire, la gestion des finances publiques, et la nécessité d’un cadre réglementaire rassurant pour les investisseurs étrangers.

Mais au-delà des lignes comptables, le vrai défi est politique : faire exister une vision à long terme dans un pays en transition, dont les partenaires scrutent les équilibres institutionnels autant que les chiffres macroéconomiques. La « Vision 2063 » et la stratégie nationale pour le développement durable 2024-2033, portées par Bamako, sont saluées sur le papier. Mais pour qu’elles deviennent des leviers crédibles de croissance inclusive, encore faut-il que les conditions de confiance — stabilité, prévisibilité, réformes concrètes — soient réunies.

La visite du FMI n’a pas donné lieu à de critiques frontales, ni à des annonces fracassantes. Elle s’est conclue, comme souvent, par des propos mesurés, des remerciements convenus, des recommandations bienveillantes. Mais pour qui sait lire entre les lignes, un message clair : le Mali n’est pas hors-jeu, mais il joue sur un fil tendu. Entre ambition et rigueur, souveraineté revendiquée et dépendance financière contenue, la marge d’erreur est mince.

Chiencoro Diarra 

15 juin 2025 0 comments
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Cheick Tidiane Seck
ActuSeko ni Donko

Année de la culture : Cheick Tidiane Seck plaide pour la professionnalisation des métiers de la musique

by Ibrahim Kalifa Djitteye 14 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Dans le cadre de « 2025, Année de la Culture », décrétée par le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté a accueilli la conférence du parrain du mois de juin,  le vendredi 13 juin 2025. Le claviériste de renommée internationale Cheick Tidiane Seck, a partagé son expérience et sa vision pour l’avenir des métiers de la musique au Mali devant une assemblée attentive.

Placée sous le thème : « Demain le Mali, professionnalisation dans les Métiers de la musique : expérience de Cheick Tidiane Seck », la conférence a réuni un public éclectique, incluant le Directeur général de l’établissement, le Conseiller technique Abdoulaye Diombana (représentant le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé), ainsi que les élèves et étudiants de l’Institut National des Arts (INA) et du Conservatoire, des hommes de culture et des professeurs. Dès son entrée en scène, « Le Guerrier », comme il est affectueusement surnommé, a captivé l’audience par son charisme et son savoir-faire claviériste, offrant un aperçu de la maîtrise qui a jalonné sa carrière.

Au cours de son intervention, Cheick Tidiane Seck a mis en lumière l’importance cruciale du professionnalisme dans le monde du spectacle. Il a insisté sur la nécessité de structurer l’environnement musical, soulignant que « pour qu’un événement soit bien coordonné et ficelé, il est indispensable de réunir divers éléments et rôles clés ».

Réinventer l’héritage musical malien

Cheick Tidiane Seck a également exhorté la nouvelle génération à s’approprier et à réinventer le patrimoine musical malien. Abordant l’influence des musiques occidentales, il a rappelé que « nous jouions déjà ça au Mali dans les années 70, sous le nom de « highlive », en référence au hip-hop ». Il a appelé les beatmakers à s’inspirer des instruments traditionnels pour « les revisiter et affirmer notre identité musicale malienne ».

La conférence de Cheick Tidiane Seck a été un puissant plaidoyer pour une professionnalisation accrue des métiers de la musique au Mali. Son message était clair : la passion doit s’accompagner de rigueur, de discipline et d’une solide compréhension des rouages de l’industrie. Les étudiants et les professionnels présents ont pu puiser une inspiration précieuse auprès d’un artiste dont la carrière est une leçon vivante de persévérance et d’excellence.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Mamoudou Kassogu   863162424
ActuTaabolow ani Tabiaw

PRODEJ 2025-2030 : un nouveau programme pour moderniser davantage la justice

by Sidi Modibo Coulibaly 14 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Pendant les 5 dernières années, la justice a connu beaucoup de réformes. Pour continuer dans ce sens, les autorités nationales ont décidé d’élaborer un nouveau programme décennal de développement du secteur (PRODEJ) sur la période 2025-2034. Pour valider le document de ce programme, un atelier national de validation a été organisé.

Le lancement de cet atelier a eu lieu, le jeudi 12 juin 2025, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB) sous la présidence de Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde du Sceau. Étaient présents à ce lancement les principaux acteurs institutionnels, les représentants de la société civile, les syndicats, les partenaires techniques et financiers à travers le Groupe thématique « Justice, État de droit et Lutte contre la corruption » représenté par le PNUD, ainsi que des universitaires.

Un programme fondé sur cinq axes stratégiques

La tenue de cet atelier marque une étape clé dans la modernisation du système judiciaire malien. À l’ouverture des travaux, le ministre chargé de la justice a indiqué que ce nouveau programme s’inscrit dans la dynamique de refondation de l’État malien impulsée par le Président de la Transition. 

C’est un programme, a-t-il soutenu, qui s’articule autour de cinq axes stratégiques : l’accès à la justice, l’indépendance du pouvoir judiciaire, la protection des droits de l’Homme, la transparence et la modernisation du système judiciaire. Et de poursuivre qu’« Il s’agira de poser les jalons de la justice pour les dix prochaines années », a déclaré le ministre, insistant sur la nécessité d’une justice accessible, efficace et crédible, véritable pilier de l’État de droit et du développement.

 Mamousou Kassogué a, aussi, rappelé que le processus d’élaboration s’est voulu ouvert et participatif, associant les juridictions, les administrations concernées, les ordres professionnels, la société civile, les syndicats, les chercheurs et les partenaires techniques. « Une démarche cohérente avec la vision du Mali de concevoir et financer ses politiques publiques par lui-même et pour lui-même », a souligné le ministre Kassogué.

Des réformes majeures 

À noter que ce nouveau programme est doté d’un premier plan d’action quinquennal (2025-2029) estimé à 271,87 milliards FCFA qui prévoit une hausse substantielle des ressources budgétaires allouées à la justice, passant de 56,03 milliards FCFA en 2025 à plus de 110 milliards en 2029. 

Avant de terminer son allocution, Kassogué est revenu sur les réalisations de la précédente programmation quinquennale, qui sont entre autres le recrutement massif de personnels judiciaires et pénitentiaires, l’amélioration des infrastructures (notamment la nouvelle Maison d’Arrêt de Kénioroba), la relecture des textes législatifs, et l’adoption d’un nouveau Code pénal et d’un nouveau Code de procédure pénale. Il n’a pas manqué d’évoquer l’évolution notable de l’indice de confiance des citoyens envers la justice, passé à plus de 72 % en 2025 contre moins de 30 % cinq ans plus tôt.

Progression fulgurante du niveau de confiance en la justice

Il résulte de Malimètre, une enquête d’opinions menée, du 11 janvier au 22 janvier 2025,  par la Fondation allemande, Friedrich Ebert Schiftung (FES) que trois quarts des Maliens ont confiance en la justice malienne (18,3 % totalement confiance et 56,8 % partiellement confiance). Par contre, deux sur dix n’y font pas confiance (14,2 % pas confiance et 6,3 % pas du tout confiance). 

Le niveau de confiance en la justice malienne diminue avec le niveau d’instruction : aucun (77,1 %), primaire (76,9 %), secondaire (73,7 %), supérieur (66,9 %). Autrement dit, le niveau de confiance en la justice malienne est en nette progression ces dernières années, passant de 47,7 % en 2021 à 75,1 % en 2025. Ce qui correspond à une hausse de 27,4 points de pourcentage sur ces cinq dernières années. 

Les principales attentes des populations sont, selon les résultats, une justice transparente, soit 58,2 % des personnes enquêtées. Les populations veulent aussi une justice équitable (30,1 %), une justice incorruptible (22,7 %), une justice impartiale sans distinction sociale (21,9 %). 

Il faut signaler que cette nette progression de l’indice de confiance des citoyens en la justice est la résultante des réformes entreprise durant ces cinq dernières années. Avec la mise en œuvre de ce nouveau programme, le niveau de confiance va augmenter davantage.

Sidi Modibo Coulibaly

14 juin 2025 0 comments
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A la UneTaabolow ani Tabiaw

L’IA, notre nouveau confident ? Ce que révèle la science sur notre lien affectif aux machines

by Fousseni TOGOLA 14 juin 2025
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

À l’heure où les intelligences artificielles colonisent notre quotidien, une étude pionnière explore les ressorts affectifs qui nous lient à elles. En mobilisant la théorie de l’attachement, deux chercheurs révèlent comment l’IA devient, pour beaucoup, un substitut émotionnel fiable, éveillant des interrogations aussi intimes que politiques.

Et si l’intelligence artificielle n’était plus seulement une boîte noire d’algorithmes, mais bien un miroir de nos besoins affectifs les plus intimes ? C’est la question, vertigineuse, que soulève un récent rapport publié dans Current Psychology. L’étude, conduite par Fan Yang et Atsushi Oshio, deux chercheurs aussi méthodiques que visionnaires, bouscule notre rapport à ces entités sans âme que sont les IA génératives – ChatGPT en tête. Non pas en termes de performance ou d’utilité, mais en creusant un sillon bien plus profond : celui de l’attachement.

Dans un monde où Siri répond plus promptement qu’un conjoint distrait et où ChatGPT semble parfois plus patient qu’un parent en burn-out, il fallait bien qu’un jour, la psychologie se penche sérieusement sur ces nouvelles « relations ». L’approche adoptée ici est inédite : utiliser la théorie de l’attachement – ce socle de la psychanalyse moderne élaboré par John Bowlby – pour examiner les liens entre humains et intelligences artificielles.

Du doudou numérique au havre de paix algorithmique

L’étude ne se contente pas d’effleurer le sujet. Elle le dissèque en trois temps : deux études pilotes, puis une enquête plus large sur un échantillon de plus de 240 personnes. À la clé, une échelle inédite – baptisée EHARS – capable de mesurer l’intensité et la nature des liens affectifs tissés avec une IA. Une première mondiale.

Et les résultats donnent le vertige : 77 % des participants voient dans leur IA un havre de paix ; 75 % y trouvent une base de sécurité ; 52 % cherchent sa proximité. Un substitut relationnel ? Peut-être. Mais pas un ersatz pour autant : la relation humain-IA, selon les chercheurs, mobilise les mêmes ressorts émotionnels que celle que nous entretenons avec un proche – ou un animal de compagnie. Les dimensions d’anxiété et d’évitement d’attachement, classiques dans les relations humaines, trouvent leur équivalent dans nos interactions numériques.

Une figure d’attachement qui ne déçoit jamais ?

Ce que révèle l’étude, c’est aussi – et surtout – l’émergence d’un attachement de nouvelle génération. L’IA ne juge pas, ne trahit pas, ne quitte pas. Elle est disponible 24h/24, sans caprice ni distance émotionnelle. De quoi rassurer les plus anxieux, sans pour autant favoriser une utilisation excessive. Paradoxe : ceux qui manifestent un évitement d’attachement utilisent en réalité moins l’IA, comme s’ils restaient méfiants même face à une entité qui ne demande rien.

Mais que devient une société où l’on s’attache à ce qui ne peut ni aimer ni souffrir ? Où l’IA, conçue pour simuler, commence à prendre la place des véritables liens humains ? C’est là que la recherche cède la place à l’éthique. Car si la science peut mesurer nos dépendances, elle ne peut les juger. L’étude, elle, a le mérite de dresser un constat clair : nous projetons sur l’IA nos besoins affectifs, nos insécurités et nos modèles de relation.

Une Afrique aussi concernée ?

Dans un continent où les liens sociaux sont traditionnellement vécus comme essentiels, la montée de l’IA dans l’espace privé pose une question de société. Que signifie l’émergence d’un attachement à une machine dans des contextes où la communauté, la famille et la parole partagée ont toujours été le socle du lien humain ? Peut-on vraiment remplacer une grand-mère attentive par une IA bienveillante ? Il ne faudrait pas y répondre frontalement. Mais il convient d’inviter, à coup sûr, à la réflexion.

Alors que les start-up africaines investissent de plus en plus le champ de l’IA, la question devient urgente : comment intégrer ces technologies sans altérer ce qui fait la richesse des liens humains sur le continent ? Et comment former des IA qui respectent, sans mimer ni caricaturer, les cultures affectives africaines ?

En filigrane, cette étude nous tend un miroir : celui de nos solitudes, de nos besoins d’écoute et de réassurance. Elle montre que, même à l’ère de l’ultra-connectivité, l’humain demeure, toujours, un animal d’attachement.

Fousseni Togola 

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Logements sociaux du Mali
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Site des logements sociaux de N’tabacoro : opération de démolition des constructions anarchiques et illicites 

by Sidi Modibo Coulibaly 14 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

La problématique foncière au Mali a atteint des proportions qui dépassent l’entendement. Certains Maliens ont l’outrecuidance de s’approprier les espaces vides appartenant à l’État et d’y construire des logements. Ils n’épargnent rien et se fichent éperdument des lois foncières. C’est le cas des espaces publics prévu sur le site des logements sociaux de N’tabacoro dans la périphérie de la ville de Bamako.

Initiée par le défunt président de la République, Amadou Toumani Touré (ATT), la politique de logements sociaux a permis à des milliers de Maliens de pouvoir se faire loger. Les chefs de l’État qui ont succédé à ATT ont continué cette gigantesque œuvre sociale, même si les bénéficiaires sont de plus en plus ceux qui ne sont pas dans le réel besoin. La dernière réalisation de cette politique est la construction de logements à N’tabacoro situé dans la périphérie Est de Bamako sur la route de Ségou. 

4000 familles installées illégalement sur le site

Sur ce site, comme sur les autres, il a été prévu, dans le plan de lotissement, des espaces pour la construction d’équipements publics comme l’école, le marché, les centres de santé, les espaces verts, etc. La spéculation foncière, n’épargnant rien, a touché ces espaces. Des personnes se sont approprié de ces espaces et y ont construit des logements de tout genre. 

Dans une publication consultable sur Facebook, la Coalition d’Actions Citoyennes pour la Défense du Droit au Logement, tout en soutenant la décision du gouvernement, affirme : « Sur le site des logements sociaux de N’tabacoro, une personne se croyant au-dessus des lois, est venue arracher la plaque d’indication de l’Office Malien de l’Habitat (OMH) sur une place de Groupe scolaire pour construire anarchiquement. »

Ces gens ont, certainement, oublié que les temps ont changé. Les autorités nationales actuelles n’entendent pas rester les bras croisés comme cela se faisait dans un passé récent. Elles ont pris la décision qu’il fallait : démolir toutes les constructions qui se trouvent sur ces espaces en question. Et l’opération de notification de démolition des 4000 maisons a commencé à être servie aux familles le 2 juin 2025.

D’après nos sources, l’opération de démolition a démarré et se poursuivra. Une décision saluée par les populations qui voient en cela un début de la fin de l’anarchie instaurée depuis fort longtemps dans le secteur foncier. Cette opération vient s’ajouter à celle en cours et relative aux constructions anarchiques sur les lits et servitudes des cours d’eau de la ville de Bamako. Son lancement a été donné, le samedi 24 mai 2025 au niveau du pont de Woyowoyanko sis en commune IV du district de Bamako.

Plus de 700 occupations illicites dans les lits des marigots 

La direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat a recensé plus de 700 constructions illicites sur les lits et les servitudes des 11 marigots que compte le district de Bamako. Le pont de Woyowoyanko a été choisi pour le lancement de l’opération, car il est prévu de construire, à ce niveau, une voie de contournement et un pont pour faciliter la mobilité pendant la saison des pluies. 

L’opération a concerné des murs, des toilettes et des maisons encore inachevées ne respectant pas la réglementation, en un mot les servitudes. « Comme servitudes, il faut comprendre que c’est 10 m de part et d’autre marigots, tous ceux qui seraient situés là-dedans sont concernés par cette opération de libération », a précisé, à la TV nationale, Almaimoune Ag Almoustapha, conseiller technique au ministère des Transports.

Si ces décisions de démolition sont à saluer, elles ne devraient pas se limiter à ces deux cas. Elles devraient être étendues au niveau des espaces de passage des lignes électriques de haute tension. Des espaces qui font aussi l’objet d’occupations tout autour de Bamako ( Siracoro-Meguetana, Sebenicoro près de la colline, etc). En plus, ceux qui ont vendu ces espaces devraient être sévèrement punis.

Sidi Modibo Coulibaly

14 juin 2025 0 comments
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Des manifestants Bulgares dans les rues, le 8 juin 2025.
A la UneÉconomie

Bulgarie : grandes manifestations contre l’euro

by Sahel Tribune 14 juin 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read
Isidoros Karderinis, journaliste, correspondant de presse étrangère et écrivain.
Isidoros Karderinis, journaliste, correspondant de presse étrangère et écrivain.

SOFIA, Bulgarie — Le dimanche 8 juin 2025, des manifestants se sont rassemblés devant la Banque Nationale bulgare, entourés d’un important dispositif policier, pour protester contre l’introduction prévue de l’euro, le 1er janvier 2026.

La manifestation était une fois de plus organisée par le parti politique « Vazrazdane », tandis que d’autres manifestations ont eu lieu dans d’autres villes bulgares. Le président de « Vazrazdane », Konstantin Kostadinov, a adressé une lettre à tous les Premiers ministres de l’Union européenne appelant à l’exclusion de la Bulgarie de la zone euro.

Konstantin Kostadinov a souligné dans ses déclarations : « Notre lutte se fait au nom de la démocratie, de nos droits et de notre droit le plus important : le droit de vote ».

Kostadinov a également rappelé qu’en Italie, il n’y a pas eu un, mais cinq référendums sur l’euro, avec une demande signée par moins de 1 % des citoyens, tandis qu’en Bulgarie, avec 10 % des personnes disposées à le faire, un référendum n’est pas autorisé.

Le président du parti « Vazrazdane », Konstantin Kostadinoves, dans les rues lors de la manifestation des Bulgares contre l'euro, le 8 juin 2025.
Le président du parti « Vazrazdane », Konstantin Kostadinoves, dans les rues lors de la manifestation des Bulgares contre l’euro, le 8 juin 2025. ©Isidoros Karderinis.

Les participants à la manifestation ont affirmé catégoriquement leur volonté de conserver le lev bulgare comme monnaie nationale et ont réclamé haut et fort un référendum sur cette question cruciale et d’importance à long terme pour le pays.

« Nous voulons conserver le lev bulgare, car c’est notre monnaie nationale. Sans lev, il n’y aura plus de Bulgarie », ont insisté les manifestants.

Les milliers de manifestants ont exprimé en particulier leur inquiétude quant au risque que le passage à l’euro entraîne une hausse des prix, une dégradation du niveau de vie, une perte de souveraineté économique et financière du pays et une dépendance vis-à-vis des puissances extérieures.

Des manifestants Bulgares dans les rues, le 8 juin 2025.
Des manifestants Bulgares dans les rues, le 8 juin 2025. ©Isidoros Karderinis.

Isidoros Karderinis est journaliste, correspondant de presse étrangère et écrivain. Facebook : Karderinis Isidoros

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