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Un exemplaire de journal dans un ordinateur avec l'épigraphe Fake news.
ActuLes démystificateurs du Sahel

Fake news et discours haineux : Un duo explosif qui fragilise le vivre-ensemble

by Bakary FOMBA 21 juin 2025
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

Dans un monde où l’information circule à la vitesse de la lumière, la désinformation et les discours de haine se propagent comme une trainée de poudre. Ces phénomènes, bien que distincts, se nourrissent mutuellement et menacent la cohésion sociale, un pilier fondamental de toute société démocratique. Comment ces fléaux influencent-ils nos interactions, nos perceptions et, plus largement, notre capacité à vivre ensemble ? Quelles solutions pouvons-nous envisager ?

À l’ère du numérique, où chaque clic peut semer la discorde et chaque partage amplifier le mensonge, la vérité devient une victime collatérale — et la société, son foyer principal.

La désinformation, une arme invisible contre la vérité

La désinformation, ou « infox », consiste en la diffusion intentionnelle de fausses informations dans le but de tromper ou de manipuler. Avec l’avènement du numérique, ce phénomène a connu une croissance exponentielle. Selon une étude réalisée en 2023 par l’Université d’Oxford, près de 81 % des pays du monde ont été confrontés à des campagnes organisées de désinformation. De plus, un rapport du Centre for Countering Digital Hate (CCDH) souligne qu’entre  2019 et 2023, le nombre de fausses informations partagées sur les réseaux sociaux a augmenté de 150 %. Ces campagnes, souvent orchestrées par des acteurs malveillants (États, groupes politiques ou individus), visent à manipuler l’opinion publique, semer la confusion et polariser les débats. La période de la pandémie de Covid-19 reste un exemple emblématique durant laquelle des rumeurs infondées sur les vaccins ont circulé massivement.

Une enquête menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révélé que 25 % des personnes interrogées dans 15 pays avaient été exposées à des informations erronées sur les vaccins, ce qui a contribué à une baisse de la confiance envers les autorités sanitaires. Au-delà des questions de santé, la désinformation touche également à des sujets sensibles comme les élections, les crises économiques ou les conflits internationaux.

Mais pourquoi la désinformation se propage-t-elle aussi rapidement ? Une étude menée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2018 montre que les fausses informations voyagent six fois plus vite que les informations véridiques sur X (anciennement Twitter). Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’émotionnalité des contenus où les fausses informations sont souvent formulées de manière sensationnelle ou choquante, incitant les utilisateurs à les partager sans vérification. Il s’agit également des algorithmes des réseaux sociaux où ces derniers privilégient les contenus engageants, même s’ils sont inexacts, pour maximiser le temps passé sur leurs plateformes. À cette liste s’ajoute le manque d’éducation aux médias où beaucoup d’internautes ne savent pas distinguer une information fiable d’une fake news.

Les discours de haine, un poison pour la cohésion sociale

Le discours de haine désigne toute forme d’expression — verbale, écrite ou symbolique — qui attaque une personne ou un groupe sur la base de critères tels que la race, la religion, le genre, l’orientation sexuelle, etc.

Parallèlement à la désinformation, les discours de haine prolifèrent sur Internet. Ils sont notamment caractérisés par des propos discriminatoires, racistes, sexistes ou xénophobes, ciblant souvent des minorités vulnérables. 

Selon le projet Hate Speech International, les discours de haine en ligne ont augmenté de 40 % entre 2020 et 2023, avec des pics lors d’événements sensibles comme les élections ou les conflits internationaux. Aux États-Unis, le Southern Poverty Law Center (SPLC) a également documenté une augmentation de 25 % des incidents de haine contre les communautés asiatiques depuis le début de la pandémie, en grande partie alimentée par des discours xénophobes véhiculés sur les réseaux sociaux.

Ces discours ne sont pas sans conséquences. Ils stigmatisent certains groupes, renforcent les divisions entre communautés et fragilisent le vivre-ensemble.

Quand la désinformation nourrit la haine

La désinformation et les discours de haine sont étroitement liés. La première est souvent utilisée pour justifier ou légitimer les seconds. Par exemple, des théories conspirationnistes accusant une minorité d’être responsable d’un problème sociétal peuvent inciter à des actes de discrimination ou de violence. Une enquête de l’Institut Reuters indique que 30 % des Européens croyaient à au moins une théorie complotiste, créant un terreau fertile pour les discours de haine.

La montée de la désinformation et des discours de haine représente un véritable défi pour nos sociétés modernes. Cependant, ces phénomènes ne sont pas une fatalité. Grâce à une approche combinant : régulation, éducation et engagement citoyen, il est possible de reconstruire des ponts entre les individus et de renforcer notre capacité à vivre ensemble. La question n’est pas seulement de savoir comment combattre ces fléaux, mais aussi de réaffirmer les valeurs qui nous unissent : tolérance, respect et solidarité.

Comme l’a souligné l’historien Yuval Noah Harari, « la vérité est fragile, mais elle reste notre meilleur rempart contre le chaos ». En protégeant l’information et en combattant la haine, nous pouvons préserver ce bien précieux qu’est la cohésion sociale.

Bakary Fomba

21 juin 2025 0 comments
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Instaurer la paix dans le monde à travers le professeur Abdramane Coulibaly
A la UneOpinion

Tribune. Nécessité d’une philosophie de l’humanitude pour un monde de paix

by Sahel Tribune 21 juin 2025
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Le monde actuel est sans nul doute le théâtre des hostilités de toute nature. Des hostilités dont l’homme est à la fois le nègre et la première victime. Ce qui est croquignolesque, c’est le fait que certains États, individus, donnent, en catimini ou non, leur blanc-seing à cette mésaventure qui ne peut que donner des raids au vivre ensemble et à la paix, voire une banalisation du mal. Doit-on rester les mains croisées et regarder le mal se développer et chanter partout ?

Absolument non ! D’ailleurs, Albert Einstein ne disait-il pas que « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ». Soucieux de l’effectivité de la paix dans le monde, nous ne pouvons donner nulle chance à la violence, aux conflits, de scier notre bien commun qui est la planète terre ou d’encourager un itinéraire qui ne sert qu’à faire manger par la nuit des innocents, nos prochains. Partant de ces constats, il y a lieu et place de promouvoir une philosophie de l’humanitude pour espérer un monde de paix. 

Une philosophie inspirée du serment des chasseurs du Mandé 

La philosophie de l’humanitude est l’ensemble des œuvres, des stratégies, des pratiques pacifiques que chaque individu/Etat doit entreprendre pour que son agir ne violente pas la vie de l’altérité. Il s’agit donc de bâtir un monde de paix à travers des relations dialogiques flexibles pour le bien-être de tous. Pour arriver à cette fin, il faut passer par l’éducation, la sensibilisation, l’institutionnalisation de la paix. 

Notre philosophie de l’humanitude soutient mordicus le premier article du serment des chasseurs du mandé. Il est dit ceci dans cet article : « Toute vie (humaine) est une vie. Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie, mais aucune vie n’est plus ancienne, plus respectable qu’une autre vie, de même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie. » Ainsi notre premier message de paix, c’est de sensibiliser et d’enseigner aux uns et aux autres l’idée selon laquelle nulle race, religion, culture, ethnie n’est supérieure à une autre. 

Désarmer les esprits par le biais du langage

Le racisme, l’intégrisme religieux, culturel, politique ; bref toute forme de discrimination pouvant mettre en cause le vivre ensemble, doivent être étranglés. Nous voyons aujourd’hui que le Sahel est noyé depuis des décennies dans des hostilités mettant en question la paix dans cette zone. Cette guerre a fait des veuves, des orphelins…, des écoles sont fermées au Mali, au Burkina Faso, au Niger, etc. Quel avenir pour les victimes ? 

La guerre coûte cher alors que la paix coûte moins. Donc, éduquer, sensibiliser à la pratique rationnelle des religions et cultures est l’une des missions principales de la philosophie de l’humanitude. Pour cette concrétude, des séances de sensibilisation, des ateliers, des journées d’échange sur les conséquences négatives des conflits, des camps de paix doivent être implantés un peu partout dans le monde. Cette mission a pour objectif de désarmer les esprits par le biais du langage. Tant que l’esprit est armé, les mains seront toujours hostiles à la stabilité de nos prochains. 

On doit se pardonner, dialoguer, se comprendre en rejetant l’usage des voies violentes au profit des voies pacifiques. Il est temps de cesser de s’enfoncer dans l’ornière de la violence sans issue. Nous n’avons pas intérêt à se violenter, à jouir du malheur des autres. 

Ne vivons pas comme des animaux sauvages

Vivons rationnellement, avec modestie ou du moins, avec humanisme. Ainsi, les partisans de la philosophie de l’humanitude sont des combattants pacifiques via le langage positif, conscients que la paix est une condition sine qua non pour une vie heureuse. Pour ce faire, il nous faut mettre en pratique cette pensée d’Emmanuel Kant, l’une des grandes étoiles des Lumières : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse ». 

Cette assertion nous rappelle à la mise en œuvre de l’esprit laïc pour vivre rationnellement, surtout au profit de tous. Nous sommes dans un même navire et si on ne cesse pas de le vaciller, nous serons tous noyés d’un moment à l’autre. En s’accostant à cette pensée, il est pertinent de dire que si tu ne voudrais pas être maltraité, violé, volé, assassiné, torturé par qui que ce soit alors il ne faut pas faire autant à ton prochain. Ne vivons pas comme des animaux sauvages.  

Enfin nous crions haro vis-à-vis des visages paradoxaux des grandes puissances où la paix est réclamée dans les mots, mais piétinée dans le faire : c’est ubuesque. Cela devient d’autant plus vrai lorsque nous jetons une œillade sur ce qui se passe actuellement dans les pays de l’AES, en Ukraine, en Iran ou Israël : un piège sans issue. Toute analyse laisse voir sans éclipse qu’il s’agit d’un manque de volonté de la part des grandes puissances qui, au nom de leur politique économique, prennent des oukases à tel point que la paix se trouve suffoquer.

Institutionnaliser la paix 

Dans ce sillage, avec une idéologie jupitérienne, des peuples sont sacrifiés. Les grandes puissances produisent les armes les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité (la ligue des missiles entre l’Israël et l’Iran est le début d’un autre ordre mondial) et par la suite les mettent en œuvre en Afrique et ailleurs mettant des sombres dans tous les secteurs de développement de ces derniers. Par exemple dans l’espace AES des innocents, des enfants, des femmes, des hommes furent tués sans savoir le pourquoi. 

Des armes qui sont fabriquées ailleurs sont utilisées cruellement dans un autre air géographique. Imaginez l’inverse ! La pensée ci-dessus de Kant doit être mise en œuvre par chacun de nous. Par ailleurs, les actes des grandes puissances ont montré les limites du droit international où nous proposons une institutionnalisation de la paix afin de sauver notre joyeuse planète. 

Mettre fin à la fabrication des armes meurtrières

À travers ce papier, nous interpelons et exhortons les grandes puissances à rationaliser et à humaniser leurs politiques économiques tout en les invitant à esquiver l’usage des armes, de la violence. Il faut mettre fin à la fabrication des armes meurtrières. Les armes ne soignent pas, elles tuent : La culture de la paix ou la fin de l’espèce humaine.

En outre, la théorie de la descendance nous enseigne que « tout change, tout bouge, rien ne reste à sa place » (Héraclite). Donc, l’ordre mondial est loin d’être immuable. Cette lecture épistémologique nous fait penser à Rousseau quand il écrit : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître… ». 

Abdramane Coulibaly, Philosophe et écrivain malien

21 juin 2025 0 comments
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Réduction du taux de pauvreté au Mali
ActuÉconomie

Rapport PNUD Mali 2025 : chute du taux de pauvreté multidimensionnelle

by Sidi Modibo Coulibaly 20 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Dans son rapport annuel publié en 2025, la représentation du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) au Mali fait le point de la situation économique du Mali pour l’année 2024. Il y ressort que le taux de pauvreté multidimensionnelle a chuté.

De 2020 à ce jour, l’économie malienne a démontré une résilience remarquable. Et cela, dans un contexte marqué par la diminution de l’aide publique entre 2020 et 2024. Ainsi avec les multiples efforts déployés par les autorités, le taux de pauvreté multidimensionnelle a drastiquement chuté entre 2020 et 2023. 

Les indicateurs de mesure 

Au Mali, le seuil de pauvreté, tel que défini par l’Institut National de la Statistique du Mali (INSTAT), correspond à une dépense annuelle par tête d’au moins 269 485 FCFA pour satisfaire les besoins de base. Il se fonde sur celui défini par la banque mondiale qui estime que le seuil international d’extrême pauvreté à 2,15 dollars (plus de 1 316 CFA) PPA (parités de pouvoir d’achat) par jour. 

Toutefois, en ce début de mois de juin 2025, l’institution financière internationale a publié une nouvelle mesure du seuil de pauvreté. D’après elle, le seuil de pauvreté international pour les pays à faible revenu passe désormais de 2,15 à 3 dollars par personne et par jour. Pour les pays à revenu intermédiaire inférieur, il augmente de 3,65 à 4,20 dollars. Quant aux pays à revenu intermédiaire supérieur, de 6,85 à 8,30 dollars. 

6,4 milliards de FCFA de ventes de produits artisanaux en 2023 contre 4,3 en 2020

Le rapport du PNUD dont il est question s’est penché sur la mesure de 2,15 dollars par jour et par personne. Avec cette mesure, le taux de pauvreté multidimensionnelle au Mali est de 22,8 % en 2023, contre 33 % en 2020. Beaucoup de facteurs ont contribué à la chute de ce taux entre 2020 et 2023.

De 2020 à 2023, le Mali a diversifié ces exportations. Ce qui a fait qu’il y a eu des avancées notables sans le domaine des exportations. Ces avancées sont illustrées par la vente des produits artisanaux. D’après le rapport du PNUD, il y a eu une augmentation des ventes des produits artisanaux, passant de 4,3 milliards de F CFA en 2020 à 6,4 milliards de FCFA en 2023. Cet essor a été facilité par l’accompagnement de plus de 100 entreprises exportatrices, l’accès au financement et l’instauration de systèmes de traçabilité grâce aux codes-barres.

Soutien à l’investissement privé

Toujours selon le PNUD, l’État a fourni des efforts continus pour promouvoir une croissance inclusive, en soutenant l’investissement privé aligné sur les objectifs de développement durable. L’appui à 50 entreprises privées pour l’intégration de la durabilité environnementale dans leurs pratiques a contribué à la création de chaînes de valeur solide, comme le Programme pour le Développement à l’Exportation de la Viande du Mali (PROVEDIM). De plus, la modernisation du système de permis de construire et la simplification des instruments juridiques ont renforcé la prévisibilité et la stabilité du climat des affaires. 

Dans un contexte de diminution de l’aide publique entre 2020 et 2024, le PNUD a accompagné le gouvernement malien pour diversifier les sources de financement. Cette collaboration a permis l’achèvement de l’évaluation du développement et l’élaboration d’une stratégie nationale de financement intégré dans le cadre du processus de mise en place du cadre national de financement intégré, en vue de maximiser les flux d’aide et d’optimiser la coopération économique.

Accès au financement de 1134 PME/PMI en 2023 contre 972 en 2020

En matière d’inclusion financière, les efforts soutenus ont permis d’augmenter le taux de bancarisation, qui est passé de 48,6 % en 2020 à 76,1 % en 2023. Ces initiatives ont facilité l’accès au financement pour 2 560 jeunes entrepreneurs et ont permis à 1 134 PME/PMI de maintenir leurs activités en 2023 contre 972 en 2020).

Au regard de ces énormes efforts, le taux de croissance économique du Mali, selon le rapport du PNUD, s’est établi à 4,9 % en 2023, en contraste de -1,2 % enregistré en 2020./.

Sidi Modibo Coulibaly

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Mamady Keïta, professeur de N’KO
ActuSeko ni Donko

« Faso Sifinso » : le patriotisme au cœur de la construction du « Mali Kura »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 20 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

 L’Université Kurukanfuga de Bamako, et plus précisément sa Faculté de Droit public (anciennement ENA), a servi de cadre, ce jeudi 19 juin 2025, à la troisième conférence « Faso Sifinso » — « La case des valeurs ». Cette rencontre capitale, placée sous le signe du patriotisme et de l’enracinement culturel, s’est déroulée en présence d’éminentes personnalités et d’une jeunesse estudiantine avide de connaissances.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Monsieur Amadou Diabaté, Chargé de mission au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, représentant M. Mamou DAFFÉ. À ses côtés, le Professeur Moussa Mory Sangaré, Vice-Doyen de la Faculté de Droit public, ainsi que de nombreux membres du corps professoral et un parterre d’étudiants, ont témoigné de l’importance accordée à cet événement.

Au cœur des discussions, un thème fédérateur et d’une actualité brûlante : « Yèrèdon ni Fabadenia (Le patriotisme), les fondements endogènes de la culture Mali Kura ». Pour éclairer les esprits sur cette thématique essentielle, la conférence a eu l’honneur d’accueillir Monsieur Mamady Keïta, professeur de N’KO, figure reconnue pour son engagement en faveur de la promotion des langues et cultures africaines. Il était accompagné de trois autres membres distingués de l’académie N’KO, apportant une richesse de perspectives à l’échange.

« Faso Sifinso », une initiative au service de la jeunesse et de l’identité malienne

L’initiative « Faso Sifinso » est née d’une volonté claire de reconnecter la jeunesse malienne à ses racines, à ses valeurs ancestrales, et de lui inculquer le sens du devoir envers la nation. Dans son allocution, M. Amadou Diabaté a rappelé l’origine de cette « Case des valeurs », lancée par le ministère il y a seulement trois mois. L’objectif est simple : « rééduquer » la jeunesse, non pas au sens coercitif du terme, mais plutôt en l’imprégnant des principes fondamentaux du « dambè » et du « Maaya » des concepts profonds qui englobent l’éducation, la dignité et les valeurs qui ont façonné la société malienne depuis des générations.

« Nous avons choisi les établissements scolaires comme lieux privilégiés pour ces conférences, car ce sont les endroits où nous pouvons rencontrer un grand nombre de jeunes et faire passer des messages sur nos valeurs endogènes, sur le “dambè” et le “Maaya”, c’est-à-dire l’éducation, les valeurs qui existaient par le passé et grâce auxquelles nos ancêtres ont vraiment bâti et développé ce pays, » a-t-il souligné, insistant sur l’importance de cette transmission intergénérationnelle.

Le Patriotisme, pilier du « Mali Kura »

Cette conférence s’inscrit pleinement dans le cadre de l’Année de la Culture au Mali, décrétée par le Général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition. Sous le leadership du ministre Mamou Daffé, de nombreuses initiatives ont été lancées pour forger cette « culture du Mali Kura », un Mali nouveau, enraciné dans ses traditions tout en étant tourné vers l’avenir.

Le Professeur Moussa Mory Sangaré, Vice-Doyen de la Faculté de Droit public, a mis en lumière l’engagement de son institution dans cette démarche. Il a rappelé l’existence d’un Département d’Histoire du Droit et des Institutions, très impliqué dans ces questions, et a annoncé l’introduction prochaine d’unités d’enseignement libre sur les cultures locales. « C’est un honneur pour nous, ce matin, d’abriter cette conférence, » a-t-il déclaré, exprimant sa gratitude envers le ministère de la Culture pour sa confiance, une confiance renouvelée pour la deuxième ou troisième édition de cet événement.

Le Mali jette les bases d’une nation fière de son identité

La thématique du patriotisme est apparue comme le fil conducteur de la journée. M. Diabaté a insisté sur l’importance de la connaissance de soi, affirmant qu’elle permet « de savoir d’où nous venons, ce que nous devons faire et où nous devons aller ». Le patriotisme, c’est l’amour de sa patrie, la volonté d’être un bon citoyen et de participer activement au développement socioculturel du pays. Ces valeurs sont perçues comme les fondements essentiels pour construire un avenir prospère et stable pour la nation malienne.

L’événement « Faso Sifinso » à l’Université Kurukanfuga est plus qu’une simple conférence ; c’est un engagement profond envers la jeunesse du Mali, une invitation à embrasser son héritage culturel et à se positionner en acteur conscient et engagé de la construction du « Mali Kura ». En renforçant le lien entre les jeunes et leurs valeurs ancestrales, le Mali jette les bases d’une nation résiliente, fière de son identité et déterminée à tracer son propre chemin vers un avenir prometteur.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Poutine et Assimi Goita
A la UnePolitique

Mali–Russie : l’axe de la souveraineté 

by Chiencoro 20 juin 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Dans un contexte international en recomposition, la visite officielle du Président malien en Russie, au cours de ce week-end,  symbolise un basculement stratégique assumé. Bamako et Moscou consolident un partenariat multidimensionnel – militaire, économique et diplomatique – fondé sur la souveraineté et le respect mutuel. Plus qu’un déplacement protocolaire, un jalon dans l’axe Sahel-Eurasie.

À Moscou, on appelle cela « une visite d’importance stratégique ». À Bamako, on préfère parler d’« alliance de souveraineté ». Mais au fond, les mots importent peu : du 21 au 26 juin 2025, le président de la Transition malienne effectue sa toute première visite officielle, en bilatérale, en Russie — et tout dans ce déplacement dit le repositionnement assumé du Mali sur l’échiquier mondial.

Un déplacement au parfum d’alliance géopolitique

À l’invitation de Vladimir Poutine, le général Assimi Goïta retourne dans une capitale où il n’est plus un inconnu. Deux ans après sa participation remarquée au sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg, il revient cette fois non seulement comme président de la transition malienne mais également comme président de la Confédération des États du Sahel, porté par une ambition claire : ancrer le Mali dans l’orbite eurasiatique, à l’heure où les certitudes occidentales vacillent.

Les gestes symboliques, en diplomatie, valent parfois autant que les traités. Le choix de Moscou comme destination bilatérale, après les discours de rupture tenus à Bamako, Ouagadougou ou Niamey, envoie un message sans ambiguïté : dans un monde devenu multipolaire, le Mali ne demande plus la permission — il choisit.

Bamako veut du concret, pas des promesses

Depuis 2021, les lignes ont bougé à grande vitesse. La Russie, d’abord perçue comme un partenaire sécuritaire alternatif, s’est muée en interlocuteur global : du militaire à l’agricole, du blé à l’uranium, des drones au numérique, Moscou s’est installé dans les interstices que d’autres ont désertés. Et dans les salons feutrés du Kremlin, on sait reconnaître la fidélité.

L’agenda de cette visite ne trompe personne. Derrière les poignées de main et les sourires d’apparat, il s’agira de convertir les intentions en mécanismes. Traduire les amitiés en investissements. Opérationnaliser — pour reprendre le jargon des chancelleries — une commission bilatérale déjà annoncée mille fois. Et surtout, donner corps à une diplomatie économique qui ne se contente plus d’échanger des formules, mais exige des résultats.

De la kalachnikov au blé : une coopération tous azimuts

Car le partenariat russo-malien n’est plus une hypothèse. Il est déjà un fait. En témoignent les livraisons successives de blé, d’engrais, d’hydrocarbures, de matériels militaires, mais aussi les 290 bourses offertes pour l’année universitaire à venir. Le 16 juin dernier, le président malien de la transition lançait les travaux de construction de la raffinerie d’or du Mali. Un projet confiée au russe Yadran.  Une présence discrète mais solide, qui tranche avec les suspicions et les conditionnalités jadis imposées par d’autres partenaires.

Reste que Moscou n’est pas un philanthrope. Et Bamako, pas une cliente passive. Les discussions autour de mécanismes de paiement direct entre banques centrales, de transferts technologiques pour la numérisation de l’administration fiscale, ou encore d’accords miniers conjoints, montrent bien que le deal se veut gagnant-gagnant — et que chacun y trouve son compte.

Mais au-delà de l’économie et du militaire, c’est un pari politique que joue le président malien. Celui d’un pays qui revendique sa pleine capacité à redéfinir ses alliances. Celui d’un chef d’État qui sait que dans ce moment de reconfiguration mondiale, les puissances moyennes jouent gros, parfois en silence, souvent en avance.

Moscou, nouvel épicentre des relations sahéliennes ?

La Russie, de son côté, joue une autre partition : celle d’une puissance globale en quête d’ancrage africain durable. À défaut d’être partout, elle veut être là où elle compte. Et le Sahel, aujourd’hui, est devenu ce théâtre inattendu où s’écrivent les alliances du XXIe siècle.

Certes, les critiques fusent. Certains dénoncent des dépendances nouvelles, des influences opaques, des partenaires peu regardants. Mais au Mali, on a appris à se méfier des leçons données depuis des tribunes lointaines. Le monde change. Les règles aussi. Et les États du Sahel, jadis sous tutelle diplomatique, entendent désormais parler d’égal à égal — quitte à bousculer les codes.

Cette visite, donc, est tout sauf anecdotique. Elle scelle un basculement, entérine une orientation, stabilise un axe. Et elle rappelle, s’il le fallait, que dans les relations internationales comme dans la vie, ce sont rarement les plus bruyants qui tiennent les cartes. Parfois, c’est à Moscou qu’on les distribue.

Chiencoro Diarra 

20 juin 2025 0 comments
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Photo ONU Mark Garten le calme sinstalle à la suite dune tempête de pluie dans une forêt de lEtat de New York
A la UneClimat et environnement

Mali – Le vert se meurt

by Chiencoro 19 juin 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Face à une déforestation galopante, le Mali multiplie les campagnes de reboisement et les réformes législatives. Mais sur le terrain, entre gouvernance défaillante, exploitation anarchique des ressources et inertie administrative, la forêt continue de reculer. Analyse d’une urgence écologique devenue enjeu national.

À quarante kilomètres à peine de Bamako, la forêt classée de la Faya agonise lentement, dans une indifférence feutrée. Feux de brousse, tranchées artisanales, sacs de charbon dissimulés sous des bâches poussiéreuses… Voilà ce qu’il reste, en 2025, de ce qui fut l’un des derniers refuges de biodiversité de la région. Comme un symbole. Le Mali, vaste pays sahélien dont 80 % de la population dépend encore du bois pour cuisiner, semble bien décidé à aller au bout de ses ressources naturelles, jusqu’à la dernière branche.

Des plants, des chiffres… et peu d’arbres

Officiellement, tout va mieux. On plante. On réforme. On surveille. En août dernier, lors de la 30e campagne nationale de reboisement — slogan dans le vent : « Plantons des arbres, restaurons nos terres » — le gouvernement malien annonçait fièrement avoir produit plus de 18 millions de plants, pour couvrir, à terme, quelque 8 000 hectares. Mais la réalité, elle, est plus coriace que les slogans : le pays perd chaque année près de 100 000 hectares de forêts, soit l’équivalent de cinq fois la superficie de Bamako. Le ministère de l’Environnement assure que certaines plantations affichent un taux de réussite de 95 %. Un chiffre qui fait sourire jusque dans les villages de la Faya, où l’on vous montre du doigt des plants morts de soif avant même d’avoir atteint un mètre.

Selon une étude de Global Forest Watch, en 2020, le Mali comptait 6,93 millions d’hectares de forêt naturelle, ce qui représentait 5,5 % de la superficie totale du pays. En 2023, le pays a perdu 28 100 hectares de forêt naturelle, ce qui équivaut à 7,64 millions de tonnes d’émissions de CO2.

Charbon de bois, orpaillage

Les causes de cette lente déforestation ne sont ni nouvelles ni mystérieuses. La pauvreté, d’abord. Le charbon de bois est le pétrole du pauvre — et à Bamako, son prix peut doubler en un temps record pour passer souvent de 5 000 à 9 000 francs CFA le sac, par endroit. Ensuite, l’or. Ou plus exactement, l’orpaillage semi-mécanisé, version moderne et incontrôlée du pillage organisé. Puis viennent le pâturage intensif, les feux de brousse mal maîtrisés, et le défrichement pour l’agriculture de subsistance. Il ne manque plus que la corruption et l’indifférence administrative pour que le cocktail soit complet. Et justement.

Un rapport récent du Bureau du Vérificateur Général s’est penché sur la Direction Générale des Eaux et Forêts : fonds mal gérés, marchés opaques, recommandations ignorées… La moitié des mesures correctrices proposées est restée lettre morte. Une administration qui, dans bien des cas, gère l’environnement comme on gère un dossier de routine. Et dans les zones où l’État ne s’aventure plus, la forêt devient l’affaire des plus forts — ou des plus armés.

La jeunesse s’éveille

Certes, des signaux positifs existent. L’initiative de la Grande Muraille Verte, qui vise à reverdir la bande sahélo-saharienne, a trouvé au Mali un terrain d’adhésion. À Bamako, on tient des conseils des ministres sur le sujet. On envoie des drones au-dessus de la réserve de la Boucle du Baoulé. On installe des logiciels de cartographie. Et pendant ce temps, au sol, les coupeurs de bois passent encore plus vite que les satellites.

Le président Assimi Goïta, conscient de l’enjeu, a tenté de réagir. En mars dernier, suite à des incidents dans les mines artisanales, il a suspendu des permis d’exploitation, saisi des dizaines de pelles hydrauliques et durci la législation sur les défrichements. Un geste fort, applaudi par les ONG. Mais sans chaîne de mise en œuvre fiable, la loi pourrait rester lettre morte, et les arbres contineront à tomber en silence.

Reste un espoir : la jeunesse. Lors de la 26e Quinzaine de l’Environnement, des élèves de Bamako ont lancé un cri d’alerte. Ils réclament que l’on enseigne, dès le primaire, la protection de la nature. Qu’on les forme à reconnaître un baobab menacé. Qu’on leur apprenne à aimer un sol vivant. Qu’on arrête enfin de dire que planter un arbre suffit à sauver un pays.

Reboiser ? Oui, mais pas seulement

Mais au Mali, l’environnement est encore vu comme un luxe — une affaire de technocrates en réunion, pas de survie collective. Pourtant, les chiffres sont sans appel : la dégradation des terres coûte chaque année plus de 20 % du PIB national. Un cancer lent, sans tumulte, qui ronge l’économie et épuise les populations.

Et alors que le pays tente de redéfinir ses alliances sécuritaires et de retrouver sa souveraineté, il lui faudrait peut-être se souvenir d’une évidence oubliée : sans arbres, il n’y a ni eau, ni paix, ni avenir. Et lorsqu’une forêt tombe dans un État fragile, c’est souvent tout l’État qui vacille avec elle.

Chiencoro Diarra 

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Alousséni Sanou
A la UneÉconomie

Économie : le gouvernement dévoile le DPBEP 2026-2028 axé sur la croissance au Mali

by Ibrahim Kalifa Djitteye 19 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Dans l’optique de renforcer sa stabilité économique et de tracer une voie claire vers le développement durable, le Mali a franchi une étape importante avec l’approbation du Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) 2026-2028. Cette initiative, actée par le Conseil des Ministres sur rapport du ministre de l’Économie et des Finances, M. Alousseni Sanou constitue la pierre angulaire de la politique budgétaire du Mali pour les trois prochaines années.

Conformément à la Loi n°2013-028 du 11 juillet 2013, modifiée, relative aux lois de finances, l’élaboration du projet de loi de finances annuel s’inscrit dans le cadre d’un DPBEP couvrant une période minimale de trois ans. Ce document est bien plus qu’une simple projection chiffrée ; il est un outil essentiel pour la transparence et la gouvernance. Il doit être soumis au débat d’orientation budgétaire au Parlement au plus tard à la fin du deuxième trimestre de l’année. 

Cette exigence légale permet au Gouvernement d’informer le Parlement sur les perspectives d’évolution des finances publiques, mais aussi de partager les objectifs, les orientations et les contraintes de la politique budgétaire à moyen terme. C’est un exercice crucial de démocratie économique, assurant que les décisions financières majeures sont prises en concertation et avec la pleine connaissance des représentants du peuple.

Ancrage dans les visions nationales

Le DPBEP 2026-2028 ne sort pas de nulle part ; il s’inscrit résolument dans les grandes orientations stratégiques du Mali. Il s’appuie sur la vision ambitieuse « Mali kura ɲɛtaasira ka ben 2063 ma » (Le chemin du nouveau Mali pour 2063) et sur les directives de la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033. Cette dernière intègre elle-même les actions phares du Cadre Stratégique de la Refondation de l’État 2022-2031 ainsi que celles de son Plan d’actions 2022-2026.

De plus, le document prend en compte le Plan d’Action du Gouvernement 2025-2026, qui découle directement des orientations des documents stratégiques précédemment cités. Il intègre également la feuille de route du Président de la Transition, ainsi que les recommandations issues des Assises nationales de la Refondation et du Dialogue inter-Maliens. Cette approche intégrée garantit une cohérence et une synergie entre les différentes initiatives gouvernementales, assurant que les efforts budgétaires sont alignés sur les priorités nationales et les aspirations du peuple malien.

Des projections économiques ambitieuses mais réalistes

Le DPBEP 2026-2028 est bâti sur une prévision de croissance réelle de 6,6% en moyenne sur la période de cadrage. C’est une projection ambitieuse qui témoigne de la confiance du Gouvernement dans le potentiel de croissance de l’économie malienne. Pour soutenir cette croissance, des efforts significatifs de mobilisation de recettes fiscales sont envisagés. L’objectif est d’atteindre un taux de pression fiscale moyen de 14,6%, passant de 14,1% en 2026 à 14,6% et 15,1% respectivement en 2027 et 2028.

Cet objectif de recettes fiscales repose sur plusieurs hypothèses clés, dont l’amélioration de la situation sécuritaire, sanitaire et sociopolitique du pays. La stabilité est en effet un prérequis indispensable à toute dynamique de développement économique. En parallèle, la poursuite des mesures et réformes en cours ou envisagées par le Gouvernement dans les différents secteurs stratégiques est également cruciale. Ces réformes visent à optimiser la collecte des impôts, à élargir l’assiette fiscale et à moderniser l’administration fiscale, créant ainsi un environnement propice à l’investissement et à la création de richesse.

Un coût global conséquent pour des ambitions fortes

La mise en œuvre des actions du Gouvernement sur la période 2026-2028 représente un coût global moyen projeté de 3 997,8 milliards de francs CFA. Ce montant substantiel témoigne de l’ampleur des défis et des ambitions du Mali en matière de développement. Ces fonds seront alloués à des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, les infrastructures, l’agriculture, la sécurité et la gouvernance, autant de piliers essentiels pour construire un avenir prospère et stable pour tous les Maliens.

L’approbation de ce DPBEP est donc un signal fort de la détermination du Mali à s’engager sur la voie d’une gestion budgétaire rigoureuse et d’un développement économique durable. C’est un engagement envers la transparence, la responsabilité et la vision à long terme, essentiel pour surmonter les défis actuels et construire un avenir meilleur pour le peuple malien.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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