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Des avions de combats
A la UneSécurité

Conduite des opérations militaires : les FAMa toujours sur le front malgré les manœuvres hostiles

by Ibrahim Kalifa Djitteye 18 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans un contexte régional de plus en plus tendu, marqué par une résurgence des attaques terroristes, le Directeur de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), le Colonel-major Souleymane Dembélé, a animé un point de presse ce mardi 17 juin 2025. Objectif : éclairer l’opinion nationale sur les réalités du terrain, dénoncer les nouvelles formes d’ingérence déguisée et réaffirmer la résilience des Forces armées Maliennes (FAMa).

Dès l’ouverture de son intervention, le Colonel-major Dembélé a précisé que cette sortie médiatique s’inscrivait dans une volonté de transparence et de lutte contre la désinformation. À ses yeux, les FAMa demeurent en position favorable malgré une recrudescence des attaques coordonnées par des groupes armés terroristes dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Il a souligné que les récentes violences ne sont pas fortuites. « Souvenez-vous de cette déclaration d’un chef d’État-major d’un ancien pays partenaire qui disait qu’ils reviendraient sous une autre forme », a-t-il rappelé avec gravité. Pour lui, le retour déguisé d’intérêts étrangers par le biais du soutien logistique et financier à des groupes armés est désormais une réalité évidente. « Ceux qui ont financé le terrorisme depuis des années se révèlent aujourd’hui, mobilisant, réarmant et finançant des groupes armés pour semer la terreur et discréditer nos forces », a-t-il dénoncé, sans toutefois nommer explicitement les pays visés.

Menaces asymétriques et riposte organisée

Le Colonel-major a ensuite détaillé les nouvelles méthodes employées par les ennemis de la stabilité dans l’AES. Parmi elles figurent l’utilisation de drones kamikazes, d’engins explosifs improvisés (EEI) et des tirs de harcèlement. Ces actes de guerre, combinés à des pressions exercées sur les populations civiles, ont pour but de semer la psychose et de miner la confiance envers les autorités militaires.

Cependant, le DIRPA se veut rassurant. Il affirme que les FAMa ont pris toute la mesure de la situation et restent constamment sur le qui-vive. « Nos forces font preuve d’anticipation, de stratégie et de coordination. Elles savent désormais faire face à une guerre de plus en plus technologique et psychologique », a-t-il ajouté.

Des opérations efficaces, notamment à Bamako

La veille de la fête de Tabaski, les FAMa ont mené plusieurs opérations de sécurisation dans le district de Bamako et ses environs. Plusieurs terroristes ont été interpellés. Se faisant passer pour des vendeurs de moutons, ces individus cherchaient à s’infiltrer discrètement dans la capitale. Le Colonel-major Dembélé a révélé que ces éléments bénéficiaient de relais dans d’autres grandes villes pour récolter des informations stratégiques.

Dans le même registre, il est revenu sur l’attaque du convoi logistique des FAMa dans la localité d’Aguelhoc. « Là encore, nos forces ont montré leur supériorité. Plusieurs officiers terroristes ont été neutralisés et de nombreux équipements ennemis récupérés », a-t-il déclaré. Ce succès tactique prouve, selon lui, que les capacités offensives et défensives des FAMa ne cessent de se renforcer.

Un appel à la vigilance citoyenne

Pour conclure son point de presse, le Colonel-major Souleymane Dembélé a mis un accent particulier sur la collaboration entre les forces armées et les populations. Il a exhorté les citoyens à continuer de signaler les comportements suspects et à faire bloc contre toute tentative de déstabilisation. « La guerre contre le terrorisme est aussi une guerre de renseignement. Les informations venant de la population sont vitales pour anticiper les menaces », a-t-il insisté.

Dans un Sahel en pleine recomposition géopolitique, où les anciennes alliances se redéfinissent, le Mali entend faire front avec ses propres forces. Les FAMa, renforcées par une dynamique d’autonomisation, restent plus que jamais au centre du dispositif de souveraineté nationale.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

18 juin 2025 0 comments
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Electrification solaire des hôpitaux du Mali
A la UneÉconomie

Souveraineté énergétique du secteur sanitaire : le Président de la transition fait encore parler son cœur 

by Sidi Modibo Coulibaly 18 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Depuis quatre ans, le Général d’armée Assimi Goïta, dans le cadre de ses œuvres sociales, fait parler son cœur pour soulager les populations en leur permettant d’avoir accès à des services sociaux de base. Depuis quelques mois, il a entrepris de doter en énergie autonome plusieurs structures sanitaires du pays. La toute dernière dotation est celle du Centre Hospitalo-Universitaire de Kati.

La crise énergétique a eu des répercussions négatives dans les secteurs de la vie de la nation. Le secteur de la santé n’y a pas échappé. Les prestations dans les structures sanitaires en ont sérieusement pâti. Soucieux de secourir urgemment ces structures, le chef de l’État a promptement agi n’attendant pas qu’il soit interpelé ni sollicité. 

Il a, urgemment, mis à profit les deux tiers de son fonds de souveraineté auxquels il a renoncé depuis le jour de son investiture, le 7 juin 2021, pour des œuvres sociales. Dès lors, il a commencé à doter en énergie, diverses structures sanitaires. Cette dotation, faite à partir de l’énergie solaire, permet à ces structures de disposer d’une autonomie énergétique. C’est dans ce cadre que la centrale solaire CHU de Kati a été inaugurée le lundi 16 juin 2025.

Une centrale solaire d’une capacité de 1000 kWh

La cérémonie d’inauguration de la centrale solaire a eu lieu le lundi 16 juin 2025 et, a enregistré la présence du conseiller spécial du président de la transition chargé des œuvres sociales, Aguibou Dembélé, du ministre de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diané, du ministre de la Santé et du Développement social, médecin-colonel Assa Badiallo Touré. Pour Diané, l’accès à l’eau et à l’énergie est fondamental pour le développement durable. 

Quant à Dembélé, il a affirmé l’engagement de l’État à assurer la formation, l’entretien et le suivi de ces installations pour en garantir la pérennité. Il a, aussi, précisé que cette initiative vise à soulager les patients, reflétant la volonté du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta de renforcer le système de santé. De son côté, Assa Badiallo Touré a exprimé sa gratitude pour ce geste soulignant que ces installations renforceront le plateau technique et faciliteront le travail du personnel soignant. Désormais, le CHU de Kati dispose désormais de 846 panneaux solaires d’une capacité totale de 1000 kilowatts. Ce qui lui garantit à une alimentation en énergie continue, 24 heures sur 24.

Plusieurs structures sanitaires électrifiées en quelques mois

Tout a commencé en mars 2025. À ce jour, douze (12) Centres de Santé communautaire (CSCOM) de Bamako, des centres de santé de référence ( CSREF) et plusieurs hôpitaux et centres hospitalo-universitaires (CHU) ont été dotés d’équipements énergétiques solaires. 

Au titre des ventes de santé communautaire (CSCOM), on peut citer ceux de Djicoroni-Para/Djenekabougou, Lafiabougou, Banconi, Sikoro-Sourakabougou. Comme CSREF ayant bénéficié de l’appui du Chef de l’État, il y a entre autres, ceux des communes II et III. Le Centre hospitalo-universitaire (CHU) d’odonto-stomatologie, le Centre National de Transfusion sanguine (CNTS), l’Hôpital dermatologique, l’Hôpital du Mali font également partie des structures dotées en énergie solaire. De plus, d’autres projets sont en cours pour d’autres établissements comme le CHU Gabriel Touré.

Il faut rappeler que toujours dans le but de soulager les populations par rapport à la crise énergétique, le Général d’armée Assimi Goïta a, en 2024, dans le cadre de ses œuvres sociales, offert à la société EDM-SA (Énergie du Mali) 25 groupes électrogènes, soit 27 mégawatts.

Sidi Modibo Coulibaly

18 juin 2025 0 comments
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Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme garde des Sceaux.
ActuTaabolow ani Tabiaw

Réformes judiciaires au Mali : Le ministre Mamoudou Kassogué fait le point sur les avancées et les défis

by Ibrahim Kalifa Djitteye 17 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Dans un contexte de refondation de l’État malien, la justice se trouve au cœur des transformations engagées par les autorités de la Transition. Invité de l’émission Malikura Taasira, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a dressé un état des lieux franc et détaillé du secteur judiciaire. Il a réfuté avec vigueur les accusations de restriction des libertés publiques et a souligné les réformes profondes en cours pour redonner à la justice toute sa crédibilité et son efficacité.

Dès l’entame de son intervention, le ministre Kassogué a dénoncé un « faux procès » intenté à la Transition par certains de ses compatriotes, qui accusent le gouvernement de bafouer les principes démocratiques et les fondements de l’État de droit. Il a rappelé que la justice reste le dernier rempart pour les citoyens contre les abus, et a regretté une incompréhension persistante entre les citoyens et l’appareil judiciaire. « Très souvent, les gens perçoivent la justice à l’aune de leurs propres intérêts, ce qui rend difficile l’adhésion unanime », a-t-il expliqué.

Face aux critiques concernant la réduction du nombre de partis politiques et d’associations, Kassogué a précisé que cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la refondation. Il s’agit, selon lui, d’aller vers un modèle plus rationnel et efficace, avec des partis performants, responsables et inscrits dans une logique de reddition des comptes. Il a insisté : « Le seul cas où nos services interviennent, c’est lorsque l’exercice des libertés empiète sur la loi. »

Une justice en mutation profonde

Pour répondre aux attentes des citoyens, le ministère de la Justice a initié une série de réformes institutionnelles et juridiques. Sept nouvelles structures ont été créées, parmi lesquelles le Pôle national économique et financier, la Cour administrative d’appel ou encore l’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis. À cela s’ajoutent la relecture du statut de la magistrature et des greffiers, ainsi que l’adoption d’un nouveau Code pénal – en vigueur depuis décembre 2024 – et d’un Code de procédure pénale qui entrera en vigueur le 13 juin 2025.

Ces outils juridiques modernisés visent à rendre la justice plus accessible, performante et respectueuse des droits des justiciables. Une ligne verte baptisée Bingani-Kunafoni a d’ailleurs été mise en place pour permettre aux citoyens de signaler les dysfonctionnements et abus constatés dans les juridictions. En seulement six mois, elle a enregistré plus de 450 appels.

Cependant, le ministre reconnaît que le défi du personnel reste immense. Le Mali compte actuellement 499 magistrats pour une population de près de 23 millions d’habitants, soit un ratio bien en deçà des normes internationales. Pour y remédier, 316 auditeurs de justice, 240 greffiers et 125 agents pénitentiaires ont été recrutés sur les trois dernières années. Ces efforts ont permis de rétablir une régularité dans la tenue des sessions d’assises, avec au moins deux sessions annuelles et même des sessions spéciales axées sur la lutte contre la corruption et les violations graves des droits humains.

Fin de l’impunité et lutte contre la corruption

Mamoudou Kassogué a été clair : « Il n’y a plus d’intouchables au Mali. » L’incarcération de hauts responsables, y compris celui de l’administration pénitentiaire, en témoigne. Concernant l’affaire très médiatisée de l’achat de l’avion présidentiel, il a dénoncé une tentative de manipulation de l’opinion, tout en promettant que le procès de l’ex-ministre Bouaré Fily Sissoko se tiendra dans le strict respect de la dignité humaine.

Les efforts dans la lutte contre la corruption ont d’ores et déjà permis de recouvrer environ 400 milliards de Fcfa en 2024. En plus de ces montants colossaux, des biens ont été saisis et rendus indisponibles dans l’attente de la fin des procédures. Le ministre s’est aussi félicité de la nouvelle disposition légale rendant les infractions économiques imprescriptibles et facilitant la saisie des biens même en cas de décès des mis en cause.

Le Pôle judiciaire de lutte contre la cybercriminalité a également enregistré des résultats tangibles, grâce à des outils spécialisés et une meilleure coordination dans la répression des crimes numériques.

Des perspectives ambitieuses

À moyen terme, le ministre Kassogué annonce la fin de la Loi d’orientation du secteur de la justice, qui sera remplacée par un Programme décennal de la justice. D’autres initiatives inédites verront le jour, telles que la Médaille d’honneur de la justice et le prix Daniel Amagoin Tessougué qui récompensera les acteurs judiciaires les plus intègres.

Le ministère prépare également l’adoption d’une nouvelle politique pénitentiaire – la première depuis l’indépendance et une stratégie genre. Enfin, la digitalisation progressive des procédures et des paiements dans le système judiciaire est en cours, dans le but de gagner en transparence, en rapidité et en efficacité. Avec ces réformes, le Garde des Sceaux veut rompre avec le passé et poser les fondations d’une justice indépendante, performante et résolument tournée vers l’avenir.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

17 juin 2025 0 comments
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Des méthodes de contraception.
A la UneSanté

Amélioration de la santé de la reproduction : plus de 82 millions de FCFA d’équipements médicaux pour 33 structures sanitaires de l’intérieur 

by Sidi Modibo Coulibaly 17 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

La santé de la reproduction au Mali fait face à des défis importants, notamment en ce qui concerne l’accès aux services de santé reproductive, particulièrement pour les jeunes et les adolescents. Bien que le Mali ait réussi à réduire la mortalité maternelle de moitié, la santé reproductive reste un domaine préoccupant, avec des taux de natalité élevés, des connaissances limitées sur la planification familiale et des difficultés d’accès aux services de santé. C’est pour toutes ces raisons que l’État a décidé de doter certaines structures d’équipements adéquats. 

La cérémonie de réception de cet important lot de matériels et équipements médicaux d’une valeur de 82 965 000 FCFA s’est déroulée le jeudi 12 juin 2025. Ce lot d’équipements fourni par l’organisation mondiale de la santé (OMS) est destiné  à 30 Centres de Santé Communautaire (CSCom) et 3 Centres de de santé de Référence (CSRéf), situés dans les districts sanitaires de Kita, Bougouni et San.  

Au cours de la cérémonie, le représentant de l’OMS au Mali a réaffirmé l’engagement de l’organisation à soutenir le gouvernement dans la mise en place de soins de santé maternelle, néonatale et infantile de qualité. Quant au secrétaire Général du ministère de la Santé représentant le Ministre, il a salué un geste qui illustre une coopération exemplaire, tout en rappelant que cette dotation contribuera à renforcer la performance du personnel de santé, tout en réduisant la morbidité et la mortalité maternelle et néonatale. 

Réduire les avortements et la mortalité maternelle et infantile

Cette remise de lots de matériels et d’équipements s’inscrit dans le cadre de l’initiative intitulée « Garantir l’accès universel aux droits sexuels et reproductifs grâce à des systèmes de santé intégrés centrés sur la personne ». Une initiative soutenue et mise en œuvre avec l’appui de l’OMS. Son objectif est de réduire les avortements à risque et la mortalité maternelle et infantile dans 18 pays d’Afrique, dont le Mali. Le projet s’étend d’août 2023 à septembre 2025. 

Au Mali, force est de reconnaître que l’accès aux services de santé de reproduction est limité en raison de plusieurs causes. De nombreuses études soulignent les difficultés d’accès des jeunes aux services de santé reproductive, notamment en raison de la stigmatisation. Selon ces études, seule une faible proportion de jeunes utilise les services de santé reproductive, une majorité de jeunes n’a qu’une connaissance limitée de la santé sexuelle et reproductive. Ce qui débouche sur des grossesses précoces et non désirées, ainsi que les violences basées sur le genre, en particulier chez les jeunes filles.

Les mutilations génitales féminines et d’autres pratiques néfastes persistent et ont des conséquences graves sur la santé des femmes. Bien que réduite, la mortalité maternelle reste élevée, avec un ratio de 325 pour 100 000 naissances vivantes, selon l’Office national de la Santé de la reproduction. Autrement dit, le Mali a réussi à réduire de moitié la mortalité maternelle entre 2010 et 2023 grâce à des efforts soutenus, avec l’aide de l’UNICEF. 

Des efforts restent à déployer 

Malgré ces progrès, le Mali devrait intégrer davantage l’éducation à la sexualité dans les programmes scolaires et les campagnes de sensibilisation, en particulier pour les jeunes. Il devrait aussi améliorer l’accès et la qualité des services de santé reproductive pour les jeunes et les adolescents, en tenant compte de leurs besoins spécifiques ; mettre en œuvre des actions pour prévenir et lutter contre les violences basées sur le genre, en particulier en milieu scolaire. De plus, il faudrait qu’il augmente la sensibilisation du public sur les questions de santé reproductive, en mettant l’accent sur les jeunes et les adolescents. 

Sidi Modibo Coulibaly

17 juin 2025 0 comments
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Pose de la première pierre de la raffinerie d'or du Mali
A la UneÉconomie

Construction de la raffinerie d’or du Mali : la fin du tout-export, le début du raffinement national

by Sahel Tribune 16 juin 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

À Bamako, le 16 juin 2025, le Président Assimi Goïta a lancé les travaux d’une infrastructure stratégique : la première raffinerie d’or du Mali. Portée par un partenariat inédit avec le groupe russe Yadran, cette initiative marque un tournant décisif dans l’histoire industrielle et économique du pays.

Dans la douceur d’un ciel couvert, mais dans l’éclat des grandes décisions et devant une assistance mêlant autorités, diplomates et figures coutumières, le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, a posé la première pierre de ce qui s’annonce comme le joyau industriel du Mali post-refondation : une raffinerie d’or d’une capacité annuelle de 200 tonnes, située à Senou, en commune VI du district de Bamako.

La symbolique est forte. Pour un pays classé 3 ᵉ producteur d’or d’Afrique, mais longtemps confiné à l’exportation de minerai brut, cette raffinerie incarne un saut qualitatif vers la souveraineté économique. L’État malien en détiendra 62 % du capital via la société SOREM S.A., tandis que Yadran — partenaire russe stratégique — apportera l’expertise technologique et financière.

L’or du Mali, enfin raffiné au Mali

« Ce que nous construisons, ce n’est pas simplement une usine. Nous construisons des emplois, des recettes pour l’État, et une nouvelle économie où le Mali n’est plus un simple fournisseur de matière première, mais un acteur industriel respecté dans la région » a affirmé Sedan Veselinovic, représentant du groupe Yadran. Sa prise de parole, ponctuée de promesses concrètes, a dressé le portrait d’un complexe ultramoderne sur 5 hectares, doté de laboratoires, d’entrepôts, de systèmes logistiques aux standards internationaux — et surtout, de capacités d’accueil pour former et insérer les jeunes maliens dans la chaîne de valeur aurifère.

Le projet n’a rien d’un simple chantier d’apparat. « La raffinerie pourra traiter non seulement l’or malien, mais également celui des pays voisins comme le Burkina Faso, qui produit plus de 57 tonnes par an. Ce sera un centre régional de transformation des métaux précieux, » a renchéri Irek Salikhov, président du groupe Yadran. Avant de conclure : « Ce projet est le premier résultat concret du dialogue stratégique russo-malien. »

Une vision souverainiste traduite en actes

Cette raffinerie s’inscrit dans la continuité des réformes initiées par le gouvernement de Transition sous la houlette du ministre des Mines, Amadou Keïta. Depuis 2022, Bamako multiplie les initiatives : audit des contrats miniers, création de la SOREM, relèvement des parts de l’État dans les projets miniers, obligation pour les exploitants d’affiner l’or localement… Une ligne claire s’impose : faire de l’or un levier de développement maîtrisé et redistributif.

« Cette usine est la réponse concrète à des décennies d’attentes populaires. Elle est l’incarnation matérielle d’un Mali qui ne brade plus son sous-sol, mais en fait le socle d’une économie souveraine, intégrée et résiliente, » a martelé le ministre Amadou Keïta dans un discours empreint de détermination.

Il a rappelé que, malgré ses 55 tonnes d’or annuelles, le Mali perdait jusqu’à présent une part substantielle de sa richesse dans l’export brut, sans transformation locale. Ce « manque à gagner », selon ses termes, sera désormais converti en infrastructures, en formations, et en revenus budgétaires durables.

Un projet pour l’économie… et la mémoire

Ce chantier industriel, voulu par les plus hautes autorités du pays, revêt également une portée sociale et identitaire. La maire de la commune VI, Mme Coulibaly Salimata Traoré, l’a souligné avec émotion : « Ce projet d’envergure n’aurait pu voir le jour sans le leadership visionnaire du président Goïta. Il marque le retour de l’État dans ses fonctions stratégiques et le début d’une nouvelle ère pour notre jeunesse. »

Un espoir partagé par les populations locales, qui voient déjà poindre les opportunités : création d’emplois directs et indirects, réduction du chômage, dynamisation de l’économie locale, et renforcement de la formation professionnelle.

Dans un style direct et sans détours, le Général d’Armée Assimi Goïta a rappelé le sens historique du lancement des travaux de construction de la raffinerie d’or de Sénou. « Depuis 1980, l’or du Mali est affiné ailleurs, vendu ailleurs, enrichissant d’autres économies. Aujourd’hui, nous mettons fin à cette anomalie », a-t-il déclaré.

Fruit des recommandations des Assises nationales de la Refondation, ce projet est l’aboutissement d’une série d’actions souverainistes : audit du secteur minier, refonte du Code minier, création d’une société publique d’exploration (SOREM), loi sur le contenu local, renégociation des contrats léonins. 

L’objectif est limpide : que l’or du Mali brille enfin pour les Maliens. Et cette raffinerie, appelée à devenir la seule autorisée à affiner l’or extrait sur le territoire, permettra de contrôler la traçabilité, de rapatrier les revenus, et de créer des milliers d’emplois pour la jeunesse. Au-delà, c’est aussi une déclaration géopolitique : « Nos partenaires russes ne nous livrent pas seulement une usine, mais aussi leur expertise et un transfert de compétences. » 

Russie-Mali : une alliance pragmatique

La cérémonie du 16 juin n’était pas seulement nationale — elle était géopolitique. Avec la raffinerie de Senou, le Mali envoie un signal clair à ses partenaires : l’heure est à la coopération équitable et respectueuse des souverainetés. Le partenariat avec Yadran illustre cette volonté d’un nouveau deal africain, libéré des asymétries héritées des anciennes puissances tutélaires.

« Le Mali peut compter sur la Russie comme sur un véritable partenaire stratégique et ami, » a déclaré Veselinovic. Le ton est donné. Et dans les pas de cette raffinerie, d’autres projets structurants sont déjà en préparation — dans l’énergie, l’agro-industrie, la défense ou encore la formation.

Le lancement de la raffinerie d’or de Senou est bien plus qu’un événement industriel. Il est une déclaration d’intention, une démonstration de souveraineté, un pari sur l’avenir. Assimi Goïta, saluant la coopération renforcée avec la Fédération de Russie, conclut : « Ce rêve longtemps attendu par notre peuple est en train de devenir réalité. »

A.D

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Lancement du dialogue inter-malien
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Légitimités traditionnelles et coutumières : encore des actes de valorisation posés par le général d’armée Assimi Goïta

by Sahel Tribune 16 juin 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Depuis la mémorable et inédite rencontre entre le Président de la transition et les légitimités traditionnelles des 19 régions administratives et du district de Bamako, le vendredi 12 novembre 2021, plusieurs actes de valorisation ont été posés. Le dernier date du jeudi 12 juin 2025 avec la pose de la première pierre du vestibule des légitimités traditionnelles de San par le Premier ministre, en marge de la commémoration de l’événement culturel « Sanké Mo ».

L’infrastructure, dont les travaux vont durer six mois, va coûter plus de 742 millions de FCFA sur financement du gouvernement, à travers l’ANICT (Agence nationale d’investissements des collectivités territoriales) avec la contribution de la mairie de la commune urbaine de San, de la KFW (coopération financière allemande). Cet acte est le deuxième posé par les autorités en cette année 2025. 

Le premier a été fait le mercredi 15 janvier 2025 par le Chef de l’État en personne, en marge de sa visite à Koulikoro, en compagnie du président du Conseil National de Transition (CNT), des autorités locales et des légitimités traditionnelles. Il s’agit de la pose de la première pierre de la construction du vestibule de cette région, qui comprendra un bâtiment moderne doté d’une salle de réunion, de bureaux, de logements, et d’espaces fonctionnels tels qu’un parking et des espaces verts. 

Ces deux actes posés en l’espace de six mois montrent à suffisance la volonté du président Goïta de valoriser les légitimités traditionnelles du pays. Tout a commencé par une rencontre avec celles-ci dans la salle de banquets sus palais présidentiel de Koulouba.

Rencontre inédite et mémorable 

Ce jour-là, les légitimités traditionnelles ont, à l’unanimité, témoigné qu’une telle rencontre relevait « du jamais vu dans notre pays », car selon leurs précisions, c’était la toute première fois qu’un Président réunissait les représentants des terroirs ainsi que les notabilités sous un même toit. 

D’après, Bajan Ag Hamatou, de la délégation de Ménaka, « les Chefs traditionnels ont toujours été écartés de la gestion du pouvoir, notamment dans le processus de prise de décisions. Une erreur qui est en train d’être corrigée progressivement par le Président de la Transition, depuis son investiture. » Et El Hadji Djibril Diarra, patriarche des familles fondatrices de Koulikoro de renchérir : « La prolongation de la Transition est une logique qui s’impose de facto aux Maliens au regard du contexte socio-politique, sécuritaire et humanitaire difficile que vit le pays. »  Quant à Zantigui Diakité, Chef de la délégation de Bougouni, il a estimé que les Maliens doivent prendre le temps de balayer d’abord la maison commune avant de songer à des élections. 

En réponse à ses hôtes, le chef de l’État a affirmé que : « Votre engagement au quotidien est une chance énorme pour l’équilibre social qui est un facteur déterminant au sein de toute collectivité ». Et le président Goïta de poursuivre ne disant : « Chacun de vous aura, dans un avenir très proche, en plus d’un macaron, un drapeau que chacun fera flotter en un endroit visible de sa maison, de préférence à la porte d’entrée ou au milieu de la cour ». Une annonce qui a été suivie par une ovation de plusieurs minutes.

Promesse tenue en moins de 9 mois

Le lundi 18 juillet 2022, le Chef de l’État a procédé au lancement officiel de la cérémonie de remise symbolique des insignes, certificats et drapeaux pour à plus de 18 000 autorités traditionnelles. Ce jour, il a remis des insignes, certificats et le drapeau national à 60 chefs de quartier de Bamako. 

Au total, 10 mille chefs de village, 664 chefs de fraction et plus de 8 mille chefs de quartier se verront attribuer ces symboles par les différentes autorités administratives régionales et locales. Pour le Président de la transition, la remise de ces insignes témoigne à suffisance le début de la valorisation de ces autorités traditionnelles. Elles sont les garants de la cohésion sociale, de la stabilité, du vivre ensemble, avait indiqué le chef de l’État. 

Renforcer davantage le rôle des légitimités traditionnelles

Le Président a aussi rappelé le rôle de ces hommes dans la prévention et la gestion des conflits dans leurs localités. En remettant ces symboles, le Chef de l’État a tenu une forte promesse qu’il avait faite, le vendredi 12 novembre 2021 lors de sa première rencontre avec les autorités traditionnelles et coutumières du pays. Il faut signaler que cette remise d’insignes et autres vise à renforcer davantage le rôle des légitimités traditionnelles dans la gestion des affaires publiques à la base.

Il faut indiquer que pour valoriser davantage les autorités traditionnelles et coutumières, le chef de l’État, à travers le décret n° 2022 -0128/PT-RM du 04 mars 2022, a institué le 11 novembre comme « Journée nationale des Légitimités traditionnelles ». Depuis cette journée est célébrée. La dernière qui est la 4e édition a été célébrée en 2024 sous le thème « Rôle et Responsabilité des Autorités et des Légitimités traditionnelles dans la préservation et l’éducation aux valeurs socio-culturelles ». 

Sidi Modibo Coulibaly

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Sanké Mô
ActuSeko ni Donko

Sanké Mô : Le rite qui murmure encore au cœur du Mali

by Sahel Tribune 16 juin 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À San, au cœur du Mali profond, le Sanké Mô a célébré en 2025 sa 625ᵉ édition. Dans une mare sacrée fragilisée par le climat, mais sanctuarisée par la ferveur, des milliers de fidèles, pêcheurs, danseurs et dignitaires ont renoué avec un rite millénaire. Entre spiritualité, cohésion sociale et affirmation culturelle, la cérémonie, portée cette année par la dynamique de l’Année de la culture décrétée par le président de la Transition, a vibré comme un manifeste d’identité et de résilience.


Dans une mare asséchée mais jamais vidée de son âme, San a de nouveau honoré le pacte ancestral. Le 13 juin 2025, sous le regard attentif des esprits, des notables et des tambours, le Sanké Mô a tenu sa 625ᵉ édition. Une célébration à la fois rituelle, culturelle et politique, au cœur d’un Mali en quête de renaissance. Cette année, plus encore, le rite millénaire a résonné comme un acte de foi collective dans l’avenir d’un pays qui veut bâtir sur ses racines.

Dans une mare qui s’assèche mais dont l’âme déborde encore, le Mali rejoue chaque année un vieux pacte entre les vivants, les morts, les ancêtres et les esprits de l’eau. Le Sanké Mô, rite séculaire des terres de San, n’est pas qu’une pêche sacrée. C’est une leçon d’histoire sans parchemin, un poème anthropologique, une mémoire vivante que le temps, les sécheresses et les bulldozers n’ont pas encore réduite au silence.

Une tradition millénaire menacée par le feu du ciel

Le Sanké Mô n’est pas un simple folklore. Il est inscrit depuis 2009 au patrimoine mondial de l’UNESCO, non pour sa beauté pittoresque, mais parce qu’il est menacé. Le danger ne vient pas seulement de la mondialisation, mais du ciel : températures insoutenables, pluies trop rares, et argile pillée pour construire des maisons sans mémoire.

En 2024, le thermomètre a frôlé les 49 degrés. La mare, jadis vivante, se craquelle. Et pourtant, les tambours résonnent encore. Les filets glissent, les sacrifices se renouvellent, et les danseurs Bwa — peuples oubliés des manuels scolaires — tracent encore leurs cercles autour de la tradition.

Une liturgie communautaire entre sacré et politique

Le Sanké Mô, c’est d’abord un rituel. Celui d’un peuple qui interroge l’eau avant de l’approcher. Celui d’une ville, San, qui ne célèbre pas un passé figé mais une filiation avec l’invisible. On y sacrifie des coqs, on y interroge les ancêtres, on y pêche à plusieurs centaines. On y danse, masqués, pour faire vivre les morts, et on y débat aussi, désormais, de l’AES, de la cohésion et du devenir d’un Sahel qui cherche son nouveau souffle.

Depuis quelques années, sous l’impulsion des autorités de la Transition, le Sanké Mô est aussi devenu un levier d’affirmation nationale. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement y assiste régulièrement. Il y voit, comme Assimi Goïta, une boussole dans le brouillard des recompositions géopolitiques : le développement durable commence par l’enracinement culturel.

De la mare aux marchés : quand l’identité devient économie

Autour du rituel, un festival. Autour du festival, des stands. Et autour des stands, une économie locale vivante : artisanat, gastronomie, tourisme, artisanat encore. Pour la région de San, le Sanké Mô est bien plus qu’un héritage culturel : c’est une plateforme de revenus, de visibilité, de rayonnement.

Mais cela ne tiendra que si la mare tient. Or, elle meurt. Lentement, mais sûrement. L’argile arrachée, l’eau qui ne s’infiltre plus, les poissons qui désertent. On promet des travaux, on propose de creuser, mais rien n’est encore fait. L’UNESCO l’a dit. Les anciens l’ont redit. Les enfants l’ont vu.

Un legs menacé, un avenir à sauver

Le Mali traverse une Transition politique. Il ne doit pas laisser mourir une Transition culturelle. Si le Sanké Mô s’éteint, c’est un fil qui se rompt, entre ceux qui sont là et ceux qui ne sont plus. C’est un trait d’union identitaire qui disparaît, au moment même où le pays revendique une souveraineté à la fois minière, militaire et culturelle.

Le Sanké Mô est un marqueur. Il dit qui nous sommes, d’où nous venons, ce que nous avons résisté à perdre. Il ne demande pas la compassion des bailleurs. Il exige la responsabilité des nôtres. Et des actes. Pas seulement des discours.

On peut vivre sans or, sans lithium, sans pétrole. Mais un peuple sans mémoire ? Il s’évapore. Comme la mare de Sanké. Le Mali, qui aspire à la refondation, doit s’assurer que le Sanké Mô, lui, ne devienne pas un simple souvenir archivé à l’UNESCO.

A.D

16 juin 2025 0 comments
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