Aller au contenu principal
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
samedi,2 mai , 2026
  • A propos
  • Notre équipe
  • Contactez-nous !
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
Sahel Tribune
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Copyright 2022 - All Right Reserved. Designed and Developed by PenciDesign

Remise du rapport final du Vérificateur sortant au Président de la transition
ActuÉconomie

Fin de mandat pour Samba Alhamdou Baby : à Koulouba, la transparence fait son inventaire

by Sahel Tribune 23 mai 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Président de la Transition, Assimi Goïta, a reçu ce 22 mai 2025 le Vérificateur Général sortant, Samba Alhamdou Baby. L’occasion, au-delà de la remise d’un rapport, de dresser le bilan d’un combat discret mais capital : celui pour la transparence et la moralisation de la vie publique au Mali. Et d’ouvrir une nouvelle ère sous le sceau de la continuité.

À Bamako, ce jeudi 22 mai, les murs feutrés de Koulouba ont accueilli une audience qui n’avait rien de purement protocolaire. Face au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, un homme en fin de mission a remis un rapport en forme de testament administratif. Il s’appelle Samba Alhamdou BABY, et pendant sept ans, il a tenu les rênes du Bureau du Vérificateur Général (BVG), cette vigie silencieuse de la gouvernance publique malienne.

Son document, intitulé sobrement rapport-bilan 2018-2025, est un inventaire à la fois technique et politique. Car derrière les chiffres, il y a une réalité brute : celle d’un pays en quête de moralité publique, décidé à tourner la page des abus, des passe-droits et des comptes sans comptes.

232 missions de vérification. Un chiffre qui parle, surtout lorsqu’on apprend que 183 d’entre elles ont été menées sous la Transition actuelle. Un signal fort envoyé à tous ceux qui croyaient encore que la gouvernance n’était qu’un mot vide dans les hautes sphères de l’État malien.

Gouverner, c’est aussi vérifier

Les vérifications se sont déclinées en 140 contrôles financiers et de conformité, 29 audits de performance, 56 missions de suivi, et 7 évaluations sectorielles. Derrière cette mécanique bien huilée, une obsession : traquer les dérives, et imposer la règle à ceux qui, souvent, croient pouvoir la réécrire.

Le rapport souligne un autre fait marquant : 158 dossiers transmis aux pôles économiques et financiers de Kayes, Bamako, Mopti et autres juridictions, pour suspicion d’infractions. 147 autres cas ont été portés devant la Section des comptes, pour manquement à la législation budgétaire. Et surtout, près de 12 milliards de francs CFA ont été régularisés ou remboursés, parfois avant même la fin des contrôles.

Dans un pays où l’impunité économique a longtemps été la norme, ces chiffres ne sont pas seulement des résultats : ce sont des actes de foi dans l’État de droit.

Une gouvernance sous surveillance… présidentielle

En prenant la parole à l’issue de l’audience, Samba Alhamdou Baby a salué « l’attention constante et l’accompagnement du Chef de l’État », rappelant que ce bilan est d’abord le fruit d’un engagement partagé pour une gouvernance rigoureuse.

Et si l’heure était au passage de relais, il ne s’agissait pas d’une rupture. Car le nouveau Vérificateur Général, nommé le 16 mai par décret présidentiel, n’est pas un inconnu. Abdoul Aziz Ag AGUISSA, administrateur civil, incarne la continuité dans la vigilance, à la croisée des missions de l’État et des attentes citoyennes.

Un État qui rend des comptes, un peuple qui reprend confiance

Dans ses dernières réformes, le BVG aura aussi innové. Premières évaluations du secteur public, publications sectorielles en ligne, ouverture au public des données de vérification. À bas bruit, c’est une culture de la transparence qui a commencé à s’enraciner. Une révolution silencieuse, mais durable, dans un Mali en quête d’autorité morale.

Pour Assimi Goïta, chef d’une Transition souvent scrutée pour ses choix politiques et sécuritaires, cette séquence est stratégique. Elle rappelle que la refondation ne se mesure pas seulement au nombre de blindés ou à la fermeté des discours, mais aussi à la rigueur de ceux qui surveillent les comptes publics, ligne après ligne.

Le mandat de Samba Alhamdou Baby s’achève, mais son bilan laisse des traces : des chiffres, certes, mais surtout un acte de foi dans l’institution malienne, celle qui ne cède ni à la complaisance ni à la résignation. Et avec le passage de témoin à Abdoul Aziz Ag Aguissa, le Bureau du Vérificateur Général s’installe durablement comme un contre-pouvoir républicain, dans un État qui, entre deux tempêtes, redécouvre la vertu de regarder ses comptes en face.

A.D

23 mai 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
AES-CEDEAO
ActuPolitique

AES-CEDEAO : les ponts se reconstruisent à Bamako pour les peuples et la lutte commune

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 mai 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Pour la première fois depuis leur retrait fracassant de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), ont engagé des consultations officielles avec l’organisation sous-régionale à Bamako. Cette rencontre inédite, qualifiée de « fraternelle et responsable », marque le début d’un dialogue politique crucial visant à encadrer les relations post-retrait tout en préservant les acquis fondamentaux de l’intégration ouest-africaine.

Après une période de tensions et de sanctions, le ton apaisé de cette rencontre est particulièrement notable. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’AES et le président de la Commission de la CEDEAO ont salué un esprit de « fraternité et de responsabilité » ayant animé ces premiers échanges directs. Ce qualificatif, loin de la rhétorique parfois virulente observée ces derniers mois, souligne une volonté mutuelle de dépasser les divergences politiques pour le bien des populations.

Le relevé des conclusions adopté par les deux parties jette les bases de pourparlers à venir sur des sujets cruciaux, non seulement politiques et diplomatiques, mais aussi économiques, juridiques et institutionnels. Au cœur de ce dialogue se trouve la recherche d’un cadre formel de coopération post-CEDEAO, qui pourrait redéfinir les rapports géopolitiques en Afrique de l’Ouest. Cette première prise de contact est donc plus qu’une simple formalité ; elle représente un pas décisif vers une nouvelle ère de coopération régionale, malgré les défis persistants.

La libre circulation, un acquis humain et économique inestimable à préserver

Malgré le retrait officiel des États de l’AES de la CEDEAO, une volonté partagée de préserver les acquis historiques de l’intégration régionale a clairement émergé des discussions. En tête de liste figure la libre circulation des personnes et des biens. Cet engagement fort vise à atténuer les impacts socio-économiques de la rupture institutionnelle, garantissant que les citoyens et les commerçants de la sous-région ne soient pas les principales victimes de cette séparation.

Dans le communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion, les deux parties ont expressément rappelé la volonté des Chefs d’État de la sous-région de « privilégier l’intérêt supérieur des populations ouest-africaines en sauvegardant les acquis de l’intégration sous-régionale, notamment la libre circulation des personnes et des biens, jusqu’à la conclusion de nouveaux accords. » Cette position est d’une importance capitale pour des millions d’individus qui dépendent de ces facilités pour leurs activités économiques, leurs liens familiaux et leur survie quotidienne. La préservation de cet acquis symbolise la reconnaissance mutuelle de l’interdépendance des peuples au-delà des frontières institutionnelles.

La lutte contre le terrorisme, un impératif commun au-delà des divisions

Au-delà des questions de circulation et d’intégration économique, la situation sécuritaire a été une préoccupation majeure et partagée. Face à l’intensification des menaces terroristes qui ravagent la région sahélienne, la CEDEAO et la Confédération AES ont reconnu l’urgence d’un effort commun et coordonné. Les deux camps se sont dits déterminés à créer les conditions d’une coopération efficace dans ce domaine sensible.

Le communiqué conjoint a mis en lumière cette convergence d’intérêts. « Elles ont exprimé une préoccupation commune sur la situation sécuritaire et sont convenues de l’urgence de travailler à créer les conditions nécessaires à une coopération efficace dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. » Cette déclaration est lourde de sens. Elle reconnaît que la menace terroriste ne connaît pas de frontières institutionnelles et qu’une action fragmentée ne saurait être efficace. L’engagement à coopérer dans ce domaine crucial représente un signal fort pour les populations sahéliennes et ouest-africaines, confrontées quotidiennement à l’insécurité.

Les discussions devraient se poursuivre dans les semaines à venir, avec l’espoir de concrétiser un cadre formel de coopération qui, tout en respectant les nouvelles réalités politiques, permettra de maintenir les liens essentiels et de mutualiser les efforts face aux défis communs, notamment la lutte contre le terrorisme et la promotion du bien-être des populations à travers la libre circulation. Le chemin est encore long, mais Bamako a marqué le début d’un dialogue indispensable pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest.

Ibrahim  Kalifa Djitteye 

23 mai 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Poteau electrique
A la UneÉconomie

Coopération BOAD-Mali : 30 milliards FCFA pour booster le secteur énergétique 

by Sidi Modibo Coulibaly 23 mai 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

La coopération entre le Mali et les bailleurs de fonds, basée sur le respect de la nouvelle vision de développement instituée par les autorités, est en train de se concrétiser. Après les institutions de Breton-Woods, c’est au tour de la banque ouest-africaine de développement (BOAD) de mettre à la disposition du pays un prêt de 30 milliards F CFA.

L’information est tombée à l’issue de la session ordinaire du conseil des ministres du mercredi 21 mai 2025. En effet, la session a adopté des projets de textes relatifs à la ratification d’un accord de prêt entre le gouvernement du Mali et la Banque ouest-africaine de Développement (BOAD), signé à Lomé (Togo) le 10 mars 2025. Cette ratification est faite, moins de deux semaines, après la visite du président de la BOAD au Mali. Ce qui signifie que cette visite a eu des retombées positives pour le pays.

Une visite qui a permis aux deux parties de mieux se comprendre 

Le vendredi 09 mai 2025, le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maïga, a reçu en audience, à la primature, le président de la BOAD, Serge Ekué. Les échanges ont porté sur les stratégies d’amélioration de l’appui de la Banque afin d’avoir un impact accru sur le renforcement de la résilience et le développement socio-économique du pays. 

En d’autres termes, ils ont porté sur la revue des sujets d’intérêt commun, avec une attention particulière portée par la Banque aux priorités définies par les autorités maliennes. Ces priorités sont notamment le développement de l’autosuffisance alimentaire, de la santé, de l’éducation, et surtout de l’énergie, avec une volonté d’accélérer les efforts dans ce secteur stratégique. Il a également été question de l’intégration du génie militaire dans la réalisation d’infrastructures à l’intérieur du pays. 

Le président de la BOAD a été informé de nouveau sur la vision actuelle des autorités maliennes en matière de coopération pour le développement « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » ainsi que la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD) 2024-2033. Serge Ekué a soutenu que cette vision s’inscrit dans les objectifs de la BOAD. C’est à la suite de ces échanges fructueux que l’accord de prêt a été ratifié par le gouvernement.

Un prêt qui va, considérablement, renforcer l’alimentation en électricité 

Selon le communiqué issu de la session du conseil des ministres, il est destiné à appuyer la construction du tronçon nord de la boucle Nord de 225 kilovolts autour de Bamako, ainsi que l’extension de plusieurs postes électriques stratégiques. Les travaux prévus concernent la construction d’une ligne haute tension 225 kV en double circuit, reliant les localités de Kodialani, Kambila, Safo et Dialakorobougou, la création de nouveaux postes de transformation à Safo et Kénié, ainsi que le renforcement des postes existants de Kodialani, Kambila et Dialakorobougou. 

Il est également prévu l’extension du réseau haute tension pour l’électrification de nouveaux quartiers dans ces zones périurbaines. Ce qui permettra, aussi, de soutenir le développement des zones industrielles autour de Bamako et de faciliter l’électrification de nouveaux quartiers résidentiels, notamment dans les communes rurales limitrophes confrontées à une urbanisation rapide. 

La BOAD finance 22 projets

L’accord de prêt pourrait, également, permettre une meilleure intégration des projets d’énergies renouvelables à venir, en augmentant la capacité d’évacuation du réseau haute tension. Le calendrier d’exécution précis du projet sera arrêté à l’issue des études techniques en cours.

Il faut rappeler qu’à ce jour, la BOAD finance 22 projets actifs pour un montant total, en termes d’accords signés, de 377,147 milliards de FCFA. Ils concernent principalement le secteur de l’Énergie et de l’Eau avec 7 projets pour un montant engagé de 124 500 milliards de FCFA, le secteur des infrastructures routières avec 6 projets pour un montant engagé de 109,647 milliards de FCFA, le secteur de l’Agriculture avec 8 projets pour un montant engagé de 118 milliards de FCFA, et le secteur des logements sociaux avec 1 projet pour un montant engagé de 25 milliards de FCFA.

Sidi Modibo Coulibaly

23 mai 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Distribution de vivres dans les communes de Bamako
ActuÉconomie

Crises alimentaires : l’humanité dans le rouge

by Chiencoro 23 mai 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

Alors que la faim aiguë progresse pour la sixième année consécutive, touchant plus de 295 millions de personnes dans 53 pays, le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2024 sonne l’alarme d’une tragédie silencieuse devenue structurelle. Entre guerres, effondrements économiques, climat détraqué et financements humanitaires en chute libre, la faim n’est plus une urgence, mais un état permanent pour des millions de vies. En Afrique comme ailleurs, l’échec n’est plus seulement politique ou logistique : il est moral, et appelle une refondation audacieuse des réponses internationales.

Une fois encore, la réalité dépasse l’entendement. Et une fois encore, la faim se moque des promesses, des déclarations de principes et des discours sur la sécurité alimentaire mondiale. Le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2024, publié conjointement par les Nations unies, la FAO, le PAM, l’UNICEF, le HCR et d’autres partenaires du Réseau mondial contre les crises alimentaires, fait état d’une détérioration alarmante, pour la sixième année consécutive.

En 2024, 295,3 millions de personnes dans 53 pays et territoires ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une hausse de 13,7 millions par rapport à 2023. C’est une aggravation massive, traduisant non seulement une série de chocs prolongés (conflits, effondrements économiques, déplacements massifs, climat), mais surtout, la faillite progressive du système international de réponse humanitaire.

Des foyers d’urgence absolue

« Le nombre de personnes souffrant d’une faim catastrophique a plus que doublé », souligne le rapport. En effet, 1,9 million de personnes se trouvent aujourd’hui dans la Phase 5 du Cadre intégré de classification (IPC/CH), la plus extrême, synonyme de famine imminente, de mortalité massive, d’effondrement des moyens de subsistance.

La bande de Gaza, le Soudan, Haïti et le Sud-Soudan apparaissent parmi les épicentres de cette tragédie contemporaine. « Dans ces zones, les niveaux de faim ont atteint des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë », avertit le rapport. Au Soudan, plus de 25 millions de personnes sont affectées, dont 1,1 million en phase 5. À Gaza, 100 % de la population est aujourd’hui classée en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Une première dans l’histoire du GRFC.

Conflits, effondrements économiques, climat : un triptyque fatal

Les conflits restent la première cause de la faim. Ils touchent 140 millions de personnes dans 20 pays, de la République démocratique du Congo au Myanmar. Les chocs économiques, eux, ont affamé 59,4 millions de personnes dans 15 pays, presque le double d’avant la pandémie. Et cela, malgré une légère accalmie inflationniste depuis 2023.

Le climat, enfin, El Niño en tête, a déclenché des sécheresses et inondations dévastatrices dans 18 pays, affectant 96,4 millions de personnes. Le tout dans un monde où, selon António Guterres, « la réduction spectaculaire des fonds humanitaires vitaux » vient accentuer le désespoir.

Le financement humanitaire au plus bas

« Ce rapport mondial est un nouveau témoignage sans complaisance d’un monde qui a dangereusement dévié de sa trajectoire », déclare le Secrétaire général de l’ONU. Il parle d’une « défaillance de l’humanité », et avertit : « Nous ne pouvons pas répondre à des estomacs vides avec des mains vides et des dos tournés. »

Le paradoxe est glaçant. La faim explose, les budgets fondent. Le GRFC 2024 signale « la réduction la plus importante du financement humanitaire dans l’histoire du rapport ». Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, ne cache pas son inquiétude : « Le PAM est confronté à de graves déficits budgétaires, qui l’ont contraint à opérer des coupes sombres dans ses programmes d’aide alimentaire. Des millions de personnes perdront la bouée de sauvetage essentielle que nous leur fournissons. »

Une génération sacrifiée ?

Derrière les statistiques, des enfants. Le rapport recense 38 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë, répartis dans 26 crises nutritionnelles majeures. Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, va droit au cœur : « Dans un monde d’abondance, rien ne justifie que des enfants souffrent de la faim ou meurent de malnutrition. La faim ronge non seulement l’estomac d’un enfant, mais aussi sa dignité, son sentiment de sécurité et son avenir. »

Face à cette spirale, les auteurs du rapport appellent à une « réinitialisation audacieuse ». Il faut dépasser l’aide d’urgence et investir dans les systèmes alimentaires locaux, l’agriculture rurale, la nutrition communautaire et la résilience à long terme.

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, le résume ainsi : « L’insécurité alimentaire aiguë n’est pas seulement une crise – c’est une réalité constante. Il est essentiel d’investir dans l’agriculture d’urgence, non seulement en tant que réponse, mais aussi en tant que solution la plus rentable. »

Alvaro Lario, président du FIDA, confirme que « les réponses humanitaires doivent aller de pair avec des investissements dans le développement rural. Les petits exploitants sont au cœur de la sécurité alimentaire. »

La faim comme facteur de chaos

Ne pas agir, c’est courir à la catastrophe géopolitique. « La crise de la faim ne menace pas seulement des vies, elle mine la stabilité des sociétés », alerte Axel van Trotsenburg de la Banque mondiale. Sans réponse, la faim devient moteur de révoltes, d’exils, de radicalisations.

Dans les pays où 70 % de la population dépend de l’agriculture, la moindre disette devient un séisme social. Le GRFC 2024 ne plaide pas pour la charité, il plaide pour la stratégie.

En 2025, la faim ne sera plus une surprise. Elle est annoncée, mesurée, cartographiée. Si elle se poursuit, ce sera par choix, ou par abandon. Et comme le martèle le rapport : « Briser le cycle de la faim exige que l’on place les besoins et les voix des communautés touchées au cœur de chaque réponse. »

Alors, quelle réponse le monde donnera-t-il cette fois ? Car au XXIe siècle, ce n’est plus de pain qu’il manque : c’est de volonté.

Chiencoro Diarra 

23 mai 2025 0 comments
1 FacebookTwitterPinterestEmail
Rencontre AGRV et CPI
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Victimes des crises au Mali : vers une coopération renforcée entre l’AGRV et le Fonds de la CPI

by Sahel Tribune 23 mai 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À Bamako, l’Autorité de gestion des réparations en faveur des victimes des crises au Mali (AGRV) et le Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale ont engagé un dialogue stratégique inédit. Entre capitalisation des acquis et vision partagée d’une justice réparatrice, les deux structures posent les fondations d’une coopération renforcée. Une dynamique qui place l’AGRV au cœur de l’architecture malienne de la paix, dans une volonté assumée de rendre justice aux oubliés des conflits.

Dans la chaleur discrète d’un mois de mai à Bamako, loin des feux de la rampe, mais au cœur des cicatrices encore vives du Mali contemporain, une rencontre d’une rare intensité politique et humaine s’est tenue ce 21 mai 2025 dans les locaux de l’Autorité de gestion des réparations en faveur des victimes des crises au Mali (AGRV). Représentant une nouvelle génération d’institutions maliennes nées de la volonté de soigner les plaies du passé, l’AGRV a accueilli une délégation de marque : celle du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale (CPI), conduite par Aude Le Goff, Responsable des Programmes.

Objectif : jeter les bases d’une collaboration stratégique, dans un moment-clé où justice nationale et justice internationale cherchent à s’accorder pour redonner sens au mot réparation.

Une institution malienne au mandat structurant

Créée par l’Ordonnance n° 2023-016 du 28 mars 2023, l’AGRV est une autorité administrative indépendante, placée auprès du ministre en charge de la Réconciliation nationale. Elle bénéficie d’une autonomie de gestion et d’une indépendance institutionnelle, symboles de sa légitimité dans l’espace politico-juridique malien.

Sa mission est d’envergure : assurer la gestion des réparations des préjudices causés par les violations graves des droits de l’Homme, survenues au Mali depuis 1960. Cela inclut l’identification des victimes civiles et militaires, l’évaluation des préjudices, la détermination et l’allocation des réparations financières ou symboliques, ainsi que le suivi de leur mise en œuvre.

À la tête de cette architecture, trois organes clés : un Comité d’Orientation (organe délibérant), un Secrétariat exécutif, conduit par Sidi Almoctar Oumar, épaulé par le colonel Malado Amadou Keïta, un Comité de Gestion (consultatif)

Les actifs de l’ancienne Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) ont été transférés à l’AGRV, garantissant la continuité du processus de réparation au Mali. Aujourd’hui, l’Autorité est à pied d’œuvre pour déployer ses outils de gestion, allant de la fiche d’identification des victimes au plan de passation des dépenses.

Un dialogue stratégique avec la CPI

Dans cet élan, la rencontre avec le Fonds au profit des victimes de la CPI s’inscrivait dans une volonté claire de capitalisation des acquis et de partage d’expertise. La délégation internationale a salué les avancées de l’AGRV, notamment son ancrage institutionnel et sa capacité à porter le processus de réparation à l’échelle nationale.

Le Fonds, pour sa part, a présenté le bilan du programme Al Mahdi, axé sur la réparation des victimes de la destruction des mausolées de Tombouctou. Ce programme a permis : l’indemnisation de 1 691 victimes, l’inauguration du mémorial Louha, la réhabilitation de sites emblématiques et le financement de 31 projets communautaires.

Mais déjà, l’avenir se joue ailleurs, autour de l’affaire Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La CPI s’apprête à lancer un nouveau programme de réparation, pour lequel le Fonds souhaite mobiliser le concours de l’AGRV dans la levée de fonds et l’implémentation sur le terrain.

Vers une justice malienne ancrée et souveraine

Au-delà de la coopération, ce dialogue marque aussi la montée en puissance de l’AGRV comme acteur de justice nationale, capable de travailler aux côtés d’institutions internationales, tout en affirmant la souveraineté du Mali dans la gestion de sa propre mémoire collective.

Les deux parties ont exprimé leur volonté de créer un cadre pérenne de concertation, fondé sur le principe de complémentarité inscrit dans le Statut de Rome, et sur une approche holistique de la réparation : judiciaire, symbolique, communautaire.

Un espoir pour les victimes, un signal pour l’avenir

Dans un pays où la paix ne se décrète pas, mais se construit, l’AGRV s’impose aujourd’hui comme l’épine dorsale du processus de réparation, héritière de la CVJR, mais pleinement actrice de son temps. Soutenue par l’État, ouverte aux partenaires, connectée à la réalité des victimes, elle incarne une nouvelle approche de la justice post-conflit au Mali.

Et à Bamako, ce 21 mai, ce n’est pas seulement un partenariat qui s’est dessiné, mais une ambition partagée de rendre irréversiblement justice à ceux que l’Histoire a trop souvent laissés de côté.

Réparer, disent-ils. À Bamako, ce jour-là, c’est un mot qui a trouvé chair, regard, et projet. Et pour les victimes des crises maliennes, l’AGRV continue de porter une promesse rare : celle d’un État qui, enfin, les voit, les écoute — et agit.

A.D

23 mai 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Ministre de l'Economie et des FInances
A la UneÉconomie

BCID-AES : le souffle nouveau des économies du Sahel

by Ibrahim Kalifa Djitteye 22 mai 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire économique. Une annonce majeure a été faite mercredi 21 mai 2025 à Bamako, à savoir, la création imminente de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID AES). Cette initiative ambitieuse, révélée par Alousseni Sanou, ministre de l’Économie et des Finances, marque une volonté forte de l’AES de prendre en main son destin financier et de stimuler un développement autonome et intégré.

L’annonce est intervenue lors de l’ouverture d’une réunion cruciale des experts de la Confédération, axée sur l’opérationnalisation des actions prioritaires de l’AES, au Centre International de Conférences de Bamako. Le ministre Sanou a souligné la mission fondamentale de la future BCID AES : « mobiliser des ressources financières à grande échelle en vue de soutenir le développement de nos infrastructures essentielles, énergie, transport, agriculture, entre autres ».

Un instrument financier au service du développement régional

Loin d’être une simple décision politique, la création de cette banque est perçue comme une « réponse pragmatique et stratégique aux défis économiques de notre Confédération », a-t-il affirmé, rappelant le « potentiel immense de croissance et de développement » des États membres. L’idée de la BCID AES est née d’une prise de conscience collective de la nécessité pour les pays de l’AES de mutualiser leurs forces pour surmonter les obstacles économiques et accélérer leur progression.

Dans un contexte régional et international en constante évolution, se doter d’un instrument financier propre est une démarche cruciale pour garantir la souveraineté et la résilience économique. La banque aura un rôle central dans le financement de projets structurants, essentiels à l’amélioration des conditions de vie des populations et à la diversification des économies locales.

Des discussions d’experts pour une concrétisation rapide

La rencontre des experts, qui a débuté ce mercredi, s’inscrit pleinement dans la feuille de route pour l’opérationnalisation de la BCID AES. Ces discussions techniques et stratégiques sont un préalable indispensable à la concrétisation de ce projet d’envergure. Elles visent à définir les mécanismes de fonctionnement de la banque, ses structures de gouvernance, et les modalités de mobilisation des capitaux.

Cependant, le succès de la BCID AES ne sera pas acquis sans efforts. Le ministre Sanou a insisté sur les conditions nécessaires à sa pleine réussite. « La suite de l’implantation de la Banque confédérale dépendra de notre capacité à travailler ensemble, à mettre en place des structures de gouvernance efficaces et à garantir la rigueur et la transparence dans l’application et la mise en œuvre des décisions adoptées ». Cet appel à la collaboration et à la bonne gouvernance est un message fort, rappelant l’importance de la synergie entre les États membres et de la confiance mutuelle pour bâtir un édifice financier solide et durable.

Vers un espace économique intégré

Cette initiative marque une avancée significative dans le processus de construction d’un espace économique intégré au sein de l’AES. Au-delà du simple financement de projets, la BCID AES est appelée à accompagner les réformes nécessaires à l’harmonisation des politiques économiques et financières des États membres. Cette harmonisation est cruciale pour créer un environnement propice aux investissements et favoriser la libre circulation des biens, des services et des capitaux au sein de la Confédération.

La réunion des experts sera suivie, ce jeudi, par une rencontre des ministres en charge de l’économie de l’espace confédéral, également à Bamako. Cette réunion ministérielle sera l’occasion de valider les propositions des experts et de prendre des décisions concrètes pour le démarrage effectif de la BCID AES. 

En conclusion, le ministre Sanou a exprimé la détermination de l’AES à mener à bien ce projet historique. « Les chefs d’État nous engagent. Les peuples attendent. Nous ne pouvons que nous mobiliser pour réussir ce pari décisif pour l’avenir de notre confédération ». La création de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement est plus qu’un simple projet financier ; c’est un symbole fort de la résilience, de l’autonomie et de l’ambition des États de l’Alliance du Sahel à bâtir un avenir prospère et solidaire pour leurs peuples.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

22 mai 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Les réseaux sociaux
ActuTaabolow ani Tabiaw

Assainissement du secteur de la communication : vers un encadrement juridique de l’utilisation des réseaux sociaux 

by Sidi Modibo Coulibaly 22 mai 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Le paysage médiatique du Mali est en pleine expansion, surtout avec l’avènement des médias sociaux. Cependant, l’usage, qu’en font une très grande majorité de Maliens des réseaux sociaux, sort totalement de la déontologie de la profession de journaliste. Pour dégager des pistes de solution à cette mauvaise utilisation des médias sociaux, les autorités ont initié une rencontre de réflexions impliquant tous les acteurs concernés.

C’était à travers un atelier d’échanges et de partage tenu du 13 au 15 mai 2025 dans un hôtel de la périphérie de Bamako. Cet atelier a réuni des journalistes, créateurs de contenu, responsables institutionnels et acteurs de la société civile autour d’une réflexion commune sur les défis liés à l’usage des réseaux sociaux au Mali. 

Des échanges fructueux 

Les participants ont échangé sur beaucoup de sujets relatifs tels que l’état des lieux, les défis et perspectives de la presse en ligne. Un panorama global et national de l’utilisation des réseaux sociaux a été dressé. Les défis liés à l’éducation aux médias, à la vérification de l’information, à la régulation de l’espace numérique et à l’inclusion numérique ont été aussi discutés. Des éclairages sur les initiatives en cours, notamment la nouvelle Politique nationale de développement du numérique et la Stratégie nationale de Cybersécurité, en attente d’adoption par le Gouvernement ont été apportés. 

Quant au ministre de la Communication, il a souligné que cet atelier vise à « renforcer les passerelles entre la presse traditionnelle et les médias sociaux » dans une logique de complémentarité, de responsabilité collective et de contribution à la stabilisation du pays. Il a salué le rôle crucial des journalistes et influenceurs dans la guerre de l’information, les appelant à une mobilisation nationale au service de la vérité, de la cohésion et de la souveraineté. 

Pour sa part, le Secrétaire général du ministère de la Communication est intervenu à plusieurs reprises pour rappeler que les textes de régulation ont déjà été élaborés et validés techniquement. Il a exhorté les acteurs à se concentrer sur les vrais défis du secteur : renforcement des capacités, indépendance économique, respect de l’éthique et de la déontologie. Il a notamment souligné l’impératif de préserver la mission de service public des médias, à l’abri des influences économiques ou politiques.

Des recommandations ont été formulées 

À l’issue de ces échanges, beaucoup de recommandations ont été formulées par les participants. Il s’agit principalement de la nécessité d’organiser des cadres similaires avec les médias sociaux, de clarifier les rôles dans l’écosystème de l’information, et de poursuivre les réformes réglementaires en cours. À titre d’information, le chef de cabinet du ministre de la Communication a indiqué que les textes de régulation sont, actuellement, en attente de validation au niveau gouvernemental.

Il faut signaler que d’après Bandiougou Danté, président de la maison de la presse, le Mali compte plus de 500 radios de proximité, près de 200 journaux, 40 télévisions et 500 agences de communication. Et de poursuivre que les défis communs sont, entre autres, la précarité économique, le manque de structuration et le besoin urgent de digitalisation.

Sidi Modibo Coulibaly

22 mai 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts

A propos

Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

derniers articles

Semaine de la fraternité sahélienne : Mamou Daffé, ambassadeur de la culture malienne à Bobo-Dioulasso
Attaques du 25 avril au Mali : le Procureur révèle des complicités internes
AES : une compagnie aérienne commune entre le Mali, le Niger et le Burkina...

Contact

© 2025 Sahel Tribune. Tous droits réservés. Design by Sanawa Corporate

Facebook Twitter Youtube Linkedin Envelope
Sahel Tribune
Politique de confidentialité
Lors de l’utilisation de nos sites, des informations de navigation de votre terminal sont susceptibles d’être enregistrées dans des fichiers « Cookies ». Ces fichiers sont installés sur votre terminal en fonction de vos choix, modifiables à tout moment. Un cookie est un fichier enregistré sur le disque dur de votre terminal, permettant à l’émetteur d’identifier le terminal pendant sa durée de validation.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Shopping Cart

Close

Votre panier est vide.

Close