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Abdoulaye Diop et Serguei Lavrov
A la UnePolitiqueVidéo

Moscou-Bamako : ce que trois accords disent du nouveau logiciel diplomatique malien

by Sahel Tribune 23 juin 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Moscou, le président malien Assimi Goïta a paraphé trois accords structurants avec la Fédération de Russie, scellant une nouvelle étape dans le partenariat stratégique entre Bamako et le Kremlin. Entre diplomatie d’influence, coopération sécuritaire et souveraineté énergétique, le Mali affirme désormais une voix propre, déliée des anciennes tutelles. Une bascule silencieuse, mais décisive.

Le 23 juin 2025, alors que les caméras étaient tournées vers la poignée de main entre Vladimir Poutine et Assimi Goïta au Kremlin, trois documents étaient signés dans la discrétion des salons officiels. Peu de mots, mais beaucoup de symboles. Et surtout, un virage que l’histoire retiendra comme un jalon majeur dans la redéfinition des alliances africaines au XXIe siècle.

Car ce n’était pas seulement le Mali qui parapha trois accords à Moscou. C’était tout un paradigme qui se consolidait : celui d’une Afrique sahélienne qui ne quémande plus, mais contracte. Qui ne subit plus, mais structure.

Un pacte économique d’égal à égal

Premier document signé : la création d’une Commission intergouvernementale russo-malienne sur la coopération économique, scientifique et technique. À première vue, une formalité diplomatique. Mais en réalité, un cadre de projection bilatéral, pensé pour durer.

Ce que dit cet accord ? Qu’il ne s’agit plus d’aides ponctuelles ou de gestes symboliques, mais d’architectures économiques croisées. Qu’un pays comme le Mali, historiquement sous-développé mais géologiquement surdoté, peut devenir un partenaire d’opportunité, non un satellite de dépendance.

L’atome comme levier de souveraineté

Deuxième texte : un accord de coopération sur l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, en partenariat avec ROSATOM. Pour un pays où l’accès à l’électricité reste sporadique en zone rurale, cela pourrait sembler ambitieux. Mais le Mali ne veut plus bricoler avec des générateurs.

Cet accord, c’est le refus d’un continent assigné à l’obscurité, et le choix d’une solution de rupture. À condition, bien sûr, que l’atome ne devienne pas un mirage technocratique, mais bien un outil de souveraineté énergétique maîtrisée.

La sécurité, pierre angulaire du triptyque

Le troisième accord, plus global, trace les fondements politiques, diplomatiques et sécuritaires des relations Mali–Russie. Un traité de confiance, si l’on veut. Mais aussi, entre les lignes, un pacte de soutien mutuel dans un monde devenu fragmenté.

Le Mali a besoin de partenaires qui ne regardent pas son armée avec suspicion. La Russie, de son côté, trouve au Sahel un terrain d’influence où ses livraisons d’équipements, de formations et de doctrine sont accueillies sans conditionnalité politique.

C’est un pari. Mais un pari assumé.

Plus qu’un réalignement, une affirmation

Certains observateurs y verront un simple réalignement. C’est une erreur. Car le Mali ne se tourne pas vers la Russie par rejet de l’Occident, mais par choix d’un modèle alternatif de partenariat, où les dossiers ne sont pas dictés à Paris, validés à Washington et rejetés à Addis-Abeba.

Ce que montrent ces trois accords, c’est un logiciel diplomatique en train de s’écrire : celui d’un Mali — et plus largement d’un Sahel — désireux de penser son avenir hors des schémas imposés, quitte à désarçonner les diplomaties classiques.

À Moscou, le Mali ne s’est pas contenté de saluer un allié. Il a dessiné une stratégie, contractualisé une vision, et confirmé sa place dans une géopolitique multipolaire qui ne dit pas encore tout haut ce qu’elle transforme déjà en profondeur.

Trois signatures. Trois ruptures. Trois signaux. L’histoire retiendra peut-être qu’à Moscou, en juin 2025, un petit État sahélien a tendu la main à une grande puissance eurasienne — pas en suppliant, mais en négociant.

A.D

23 juin 2025 0 comments
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insécurité alimentaire
ActuÉconomie

Autosuffisance alimentaire par l’irrigation : le gouvernement lance la phase II du PDI-BS

by Sidi Modibo Coulibaly 23 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Le Mali dispose d’un potentiel irrigable estimé à plus de 2,2 millions d’hectares, mais seulement 18 % de ces immenses capacités d’irrigation sont exploitées. Conscient que l’irrigation peut jouer un rôle essentiel dans l’autosuffisance alimentaire, le gouvernement ne ménage aucun effort pour mettre en valeur ces énormes potentialités. C’est dans ce cadre qu’il vient de lancer la deuxième phase du PDI-BS.

C’était le jeudi 19 juin 2025, à Bamako, sous la présidence du Premier ministre, Général de Division Abdoulaye Maïga et en présence de sept (7) membres du gouvernement. Le Premier ministre a rappelé que le gouvernement fait de l’agriculture une priorité, conscient de son rôle de moteur de l’économie nationale dans une vision de développement durable, déclinée dans le « Mali Kura Ɲɛtaasira Ka Bɛn San 2063 Ma ». « La mise en œuvre du programme contribuera à combler le déficit céréalier du pays et à participer à l’objectif de faire du Mali et de l’espace AES une puissance agricole exportatrice de produits céréaliers dans le reste de la sous-région », a déclaré le Premier ministre.

Le PDI-BS II, un programme structurant

La phase II du programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS) vient consolider les acquis de la première phase qui s’est opérée dans les zones de Sélingué, Kangaba, Bla, San, Ségou et Djenné. S’inscrivant dans la continuité, cette deuxième phase a pour objectif global de contribuer à l’accroissement de la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté dans les zones de Djenné, du Moyen-Bani et de Sélingué. 

Concrètement, il s’agit de l’aménagement et la mise en valeur de 33 000 ha de plaines rizicoles en submersion contrôlée, 10 416 ha en maîtrise totale de l’eau, 4 879 ha de bourgoutières pour le développement de l’élevage, 150 ha de cultures maraîchères, l’aménagement de 391,50 km de pistes rurales, dont 12 km bitumés entre le centre communautaire de Sarantomo et la RN6. 

Cette phase II du programme va permettre la réalisation d’une production additionnelle annuelle de 134,580 tonnes de riz paddy, 2,354 tonnes de poissons, 64,440 tonnes de viande et 5 927 985 litres de lait et 15. 000 tonne de produits maraîchers. Elle permettra aussi de créer 900 emplois directs pendant les travaux, 4000 emplois pendant la phase d’exploitation et 2 000 emplois indirects et induits. Signalons que cette phase II est financée à hauteur d’un montant total de 47,4 milliards de FCFA, dont 30 milliards pris en charge par la Banque ouest-africaines de Développement (BOAD) et 900 millions par la contrepartie malienne.

D’importants acquis lors de la phase I

Il faut indiquer que lors de la cérémonie de lancement, le point des acquis de la première phase a été fait. Ces acquis sont des réalisations notables que sont : les barrages-seuils structurants de Kourouba et de Djenné et leurs ouvrages connexes, aujourd’hui tous fonctionnels, ainsi que l’aménagement hydro-agricole de 36 500 hectares. Ces infrastructures ont permis une production additionnelle annuelle estimée à 61 085 tonnes de riz paddy, 7 657 tonnes de légumes, 1 975 tonnes de poissons, 701 140 litres de lait et la création de 3 668 emplois.

Au regard de ces importants acquis, on peut conclure que l’irrigation joue un rôle essentiel dans la réalisation d’une souveraineté alimentaire. C’est pourquoi le gouvernement prévoit de mobilier, pour la période 2025-2034, plus de 333 milliards FCFA pour le sous-secteur de l’irrigation. C’était à l’issue de la session ordinaire du conseil des ministres du mercredi 21 mai 2025. 

Sidi Modibo Coulibaly

23 juin 2025 0 comments
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Le président de la transition Assimi Goïta rencontre son homologue russe au Kremlin le 23 juin 2025.
A la UnePolitique

Goïta–Poutine au Kremlin : entre continuité historique et tournant stratégique

by Chiencoro 23 juin 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Ce 23 juin 2025, le Kremlin a retrouvé les fastes des grandes rencontres bilatérales. Dans un décor aussi solennel que codifié, le Président malien de la Transition, Assimi Goïta, a été accueilli par son homologue russe, Vladimir Poutine. Poignées de main fermes, sourires de façade, mais intentions claires : il s’agit ici d’asseoir une alliance — non plus seulement tactique, mais structurelle.

À Moscou, la diplomatie se joue comme une partition militaire. À l’heure convenue, les deux chefs d’État apparaissent. L’un sort d’un cortège huilé aux protocoles du pouvoir russe, l’autre incarne une Transition qui, en quatre ans, a redéfini les codes de l’indépendance malienne.

Assimi Goïta et Vladimir Poutine s’échangent des civilités, mais ce sont des mots lourds d’histoire. En prenant la parole, le maître du Kremlin déroule la trame d’une relation « séculaire », héritée des temps soviétiques, et réactualisée à l’ère des ruptures géostratégiques africaines. Il salue « la solidité diplomatique » entre Bamako et Moscou et annonce, sans détours, la signature de trois nouveaux accords de coopération.

Vers une redéfinition des alliances

Dans sa réplique, le Président Assimi Goïta confirme la trajectoire. Il évoque une coopération déjà élargie aux domaines de la sécurité, de la défense, de l’économie, de l’éducation, et appelle à un approfondissement dans d’autres secteurs stratégiques. Ce voyage n’est pas seulement diplomatique. Il est doctrinal. Car en se plaçant aux côtés de Poutine, le Mali ne fait pas que signer des accords. Il affirme son positionnement dans un monde multipolaire en recomposition rapide.

Ce lundi-là, au cœur de Moscou, la gestuelle est codifiée, les échanges millimétrés. Après un tête-à-tête présidentiel, les délégations élargies entrent en séance de travail. Le Mali est représenté par une délégation ministérielle de haut niveau, composée de techniciens et de politiques, venus baliser l’avenir bilatéral.

Un déjeuner pour conclure, des accords pour sceller

La journée se conclura par un déjeuner officiel offert par Vladimir Poutine, mais c’est avant tout la signature des accords qui retient l’attention. Si les contenus précis n’ont pas encore été publiés, ils devraient porter sur la sécurisation des axes économiques, l’appui logistique, la coopération universitaire et des volets énergétiques.

En toile de fond, le retrait progressif de l’influence occidentale, et l’affirmation d’une autonomie malienne adossée à de nouveaux partenaires.

Un axe Bamako–Moscou assumé

Le tête-à-tête entre Goïta et Poutine vient sceller une séquence diplomatique engagée depuis Saint-Pétersbourg, lors du sommet Russie-Afrique de 2023. Il ne s’agit plus ici d’une simple coopération ponctuelle, mais d’un partenariat d’intérêt mutuel, pensé dans la durée.

Assimi Goïta, dans ce ballet des puissances, n’est pas un figurant. Il incarne un Mali qui se repositionne, un Sahel qui refuse l’étiquette de zone grise, et une Afrique qui n’entend plus être périphérique.

Chiencoro Diarra

23 juin 2025 0 comments
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Le Président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta a déposé une gerbe de fleurs sur les pieds du soldat inconnu, le lundi 23 juin 2025.
A la UnePolitique

Moscou — Le silence des pierres : Assimi Goïta rend hommage au Soldat inconnu

by Chiencoro 23 juin 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Avant les mots, il y a les gestes. Et certains parlent plus fort que des discours. En déposant une gerbe de fleurs sur la tombe du Soldat inconnu à Moscou, le Président malien de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a rendu hommage aux morts de toutes les guerres — mais aussi, discrètement, à ceux du Sahel. Un acte de mémoire, de respect, mais surtout un signal silencieux de souveraineté partagée.

Loin des micros, sous les frondaisons disciplinées du Jardin Alexandre, à deux pas des murailles du Kremlin, le Président malien de la Transition, le général Assimi Goïta, a déposé ce 23 juin 2025, en début de matinée, une gerbe de fleurs au pied de la flamme éternelle. Un geste fort, sobre, dense. Et loin d’être anodin.

Dans la liturgie diplomatique russe, le dépôt de gerbe sur la tombe du Soldat inconnu est un rituel sacré. Lieu de mémoire, de respect, mais aussi de messages codés, cette tombe — qui n’en est pas une — incarne les anonymes de l’Histoire, les morts sans noms, ceux qui, en 1941, ont défendu Moscou au prix du sang. Y poser des fleurs, c’est, en silence, prendre rang dans le camp des nations qui n’oublient pas.

Et Assimi Goïta, ce matin-là, n’avait rien d’un visiteur de circonstance. Vêtu d’un boubou blanc, visage grave, il s’est incliné devant la flamme éternelle. À ses côtés, son Directeur de cabinet, l’Ambassadeur du Mali en Russie, mais aussi deux figures militaires russes : le Vice-ministre de la Défense et le Commandant militaire de Moscou. En d’autres termes, la garde rapprochée du pouvoir dur, celle qui ne se déplace jamais sans message.

Un hommage, mais aussi un signal

Ce geste du Président malien n’était pas que protocolaire. Il traduisait, dans le langage discret des chefs d’État, une convergence de récits historiques : celle d’un peuple qui résiste, et d’un autre qui comprend.

Car, à travers ce dépôt de gerbe, Bamako semble dire aussi : « Nous aussi, nous connaissons le prix de la souveraineté. Nous aussi, nous enterrons des soldats sans nom. Nous aussi, nous tenons notre ligne. » Dans un contexte régional secoué par des crises sécuritaires, cet hommage prend une dimension hautement symbolique — presque géopolitique.

Une diplomatie du respect mutuel

En choisissant de débuter sa visite par cette cérémonie de recueillement, Assimi Goïta a aussi voulu inscrire son séjour moscovite dans le registre du respect et de la mémoire partagée. À une époque où les alliances se nouent autant par les armes que par les symboles, l’image d’un Président malien aux portes du Kremlin, fleurs blanches et rouges en main, parlera autant aux chancelleries africaines qu’aux stratèges du ministère russe de la Défense.

Au terme de la cérémonie, sobre et digne, le Chef de l’État malien a été escorté par ses hôtes jusqu’à sa résidence. Le silence des pierres avait parlé. Les vivants, désormais, ont rendez-vous avec l’Histoire.

Chiencoro Diarra

23 juin 2025 0 comments
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Alassane Ouattara
ActuAnalyses

Côte d’Ivoire 2025 : l’épreuve du miroir

by Sahel Tribune 22 juin 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Abidjan, la présidentielle d’octobre s’annonce comme un étrange huis clos : un scrutin verrouillé, une opposition décapitée, un président éternel. Et une démocratie qui, à force de manœuvres juridiques, finit par ressembler à un miroir déformant.

Qu’est-ce qu’un scrutin quand les principaux opposants sont écartés, le favori est quasi plébiscité, et le débat, déplacé dans les prétoires et les conférences de presse ? À quatre mois de l’élection présidentielle ivoirienne, prévue pour le 25 octobre 2025, la Côte d’Ivoire se prépare moins à voter qu’à entériner — à valider un ordre établi, huilé, verrouillé.

Avec Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam rayés de la liste électorale pour motifs judiciaires ou administratifs, le président Alassane Ouattara se retrouve face à lui-même. Et peut-être, seulement, à son image.

La tentation d’un quatrième mandat… ou d’un dernier tour de piste ?

Officiellement investi par son parti, le RHDP, le président Ouattara souffle le chaud et le flou : candidat, oui, mais peut-être pas. À 83 ans, l’homme fort d’Abidjan joue la montre, laisse ses lieutenants mobiliser les foules et multiplie les déclarations sibyllines — comme ce 22 juin au stade d’Ebimpé, devant 60 000 partisans déchaînés : « Je prendrai ma décision en mon âme et conscience ».

En réalité, tout semble déjà joué. Depuis le tour de passe-passe constitutionnel de 2020 qui lui a permis un troisième mandat, l’idée d’une nouvelle candidature choque moins qu’elle ne lasse. Le débat juridique a été tranché, au profit du prince. Reste le débat éthique. Et celui-là, seul l’Histoire le juge.

Une opposition réduite à l’état d’ombre

Privée de ses têtes d’affiche, l’opposition tente de reconstituer ses forces : Gbagbo et Thiam, bien que disqualifiés, se sont rapprochés dans un front inédit ; pendant que le PDCI, le FPI, le MGC de Simone Gbagbo et les débris du Soroïsme se regroupent sous l’étiquette de la Coalition pour l’Alternance Pacifique (CAP).

Mais comment peser sur un processus dont les règles excluent a priori les challengers sérieux ? À défaut de bulletins, c’est la rue que certains envisagent comme levier. Gbagbo a déjà lancé le mouvement « Trop, c’est trop », dénonçant une dérive autoritaire, un glissement vers le parti unique. Le verbe est là. Mais la dynamique populaire, elle, reste incertaine.

Parrainages, CEI, réformes : l’illusion participative

Depuis 2020, un système de parrainage citoyen impose aux candidats de collecter des milliers de signatures à travers le pays. Officiellement, il s’agit d’éviter les candidatures fantaisistes. Officieusement, c’est un filtre de plus, opaque, potentiellement redoutable pour ceux qui ne disposent pas de l’appareil d’État.

Pendant ce temps, la Commission électorale indépendante, toujours décriée pour sa composition jugée déséquilibrée, organise réunions et formations. De l’huile dans les rouages, sans que personne n’ose vraiment interroger la légitimité du moteur.

Une démocratie sous perfusion, une stabilité en trompe-l’œil

La Côte d’Ivoire d’ADO, c’est aussi un pays en croissance, en reconstruction, en apparence apaisé. Depuis 2011, l’infrastructure avance, les investisseurs reviennent, les conflits se sont déplacés vers les tribunaux. Mais à trop enterrer les contentieux politiques sous la chape de la stabilité, on en oublie leur pouvoir de résurgence.

En 2010, le scrutin s’était transformé en guerre civile. En 2020, des dizaines de morts ont accompagné la réélection d’Ouattara. À l’approche de 2025, les vieilles blessures sont encore là. Camouflées sous les discours, prêtes à se rouvrir au premier choc.

Et après ? L’éternel recommencement

Si Alassane Ouattara se représente, il est probable qu’il l’emportera. Si l’opposition boycotte, ce sera un plébiscite. Mais que vaudra ce mandat de plus — ce sursis de pouvoir — dans une société qui réclame du souffle neuf, de la relève, de la justice équitable ?

Le vrai défi de la Côte d’Ivoire ne réside plus dans les chiffres d’une élection, mais dans la capacité de ses élites à céder la place, à construire une alternance crédible. Sans exclusion. Sans vengeance. Sans scénario pré-écrit.

A.D

22 juin 2025 0 comments
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Le président Goïta à Moscou
A la UnePolitique

Moscou – Goïta sur tapis rouge : la diplomatie malienne prend l’air de l’Est

by Chiencoro 22 juin 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

À bord d’un vol spécial russe affrété par le Kremlin, le Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, entame une visite officielle en Russie sous haute tension géopolitique. De la coopération sécuritaire au partenariat économique, ce déplacement symbolique s’inscrit dans la nouvelle architecture diplomatique malienne, à la croisée des intérêts eurasiens et sahéliens.

À 21h02 précises, un appareil spécialement affrété par la Russie s’est élevé dans le ciel de Bamako, emportant à son bord une délégation malienne de haut niveau conduite par le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition. Direction : Moscou. Destination : un agenda diplomatique ciselé au cordeau. Et message : clair comme une gerbe de fleurs déposée sous un ciel de marbre – le Mali ne voyage plus à contre-courant, il redéfinit sa route.

Un avion qui vaut autant pour sa technicité que pour sa charge diplomatique

Sur le tarmac de Modibo Keïta–Sénou, c’est tout un appareil d’État qui s’est mobilisé pour escorter le départ du Chef de l’État. Premier ministre en tête, présidents d’institutions, membres du gouvernement, figures militaires en uniforme protocolaire : le cérémonial, savamment orchestré, s’inscrit dans une tradition républicaine renouvelée par un agenda géopolitique assumé. À l’heure où d’autres capitales tergiversent, Bamako, elle, trace son axe.

Arrivé à Moscou au petit matin du 22 juin, Goïta a été accueilli avec tous les honneurs qu’exige son rang. Drapeaux croisés, fanfare discrète, présence d’une vingtaine d’ambassadeurs africains : les symboles parlent, et ici, chaque geste compte. Dans les couloirs du Kremlin, on ne fait pas mystère de l’importance stratégique que Moscou accorde au Mali. Depuis le sommet Russie-Afrique de 2023 à Saint-Pétersbourg, les lignes se sont resserrées. Et l’appareil qui a transporté le Président malien jusqu’à la capitale russe vaut autant pour sa technicité que pour sa charge diplomatique : rare privilège consenti à peu d’interlocuteurs africains.

Mais la solennité ne suffit pas : encore faut-il que les dossiers suivent. Et ils suivent. La délégation malienne, composée de ministres clés, d’experts sectoriels et de membres du Conseil National de Transition, reflète l’ampleur des enjeux. Sécurité, énergie, infrastructures, coopération militaro-technique, transformation économique – tout est sur la table. Et dans les carnets de notes, un fil conducteur : structurer, formaliser, stabiliser.

Une visite qui prend une épaisseur politique

Les objectifs de la visite sont clairs. Un entretien en tête-à-tête entre Goïta et Vladimir Poutine figure au centre du programme, suivi de réunions élargies et de signatures d’accords. La présence russe au Mali porte le nouveau visage d’une coopération sécuritaire. En clair, la Russie ne se contente plus de soutenir : elle s’inscrit dans la durée.

Et ce n’est pas tout. Sur le terrain économique, la Russie accompagne le Mali dans des projets structurants, à commencer par la raffinerie industrielle d’or à Bamako, pilotée avec la société Yadran, dont l’État malien détient la majorité du capital. Une raffinerie d’or, donc, mais aussi une promesse de valeur ajoutée locale, dans un pays longtemps enfermé dans l’export brut. L’or, pour Moscou comme pour Bamako, n’est plus seulement un métal : c’est un levier de souveraineté.

Le contexte, lui, n’a rien d’anodin. Sur le terrain, les attaques terroristes persistent, notamment dans le centre et le nord du pays. Les forces maliennes, engagées dans une lutte asymétrique de longue haleine, bénéficient du soutien matériel et stratégique de leurs partenaires. Mais le défi reste immense. Et c’est sans doute pour cela que cette visite prend une telle épaisseur politique : elle s’inscrit dans une tentative d’architecture régionale nouvelle, portée par l’Alliance des États du Sahel (AES), dont Goïta assure la présidence.

La reconnaissance mutuelle du prix du sacrifice

De la Confédération AES à la diplomatie moscovite, le pas est vite franchi. La présence remarquée d’ambassadeurs africains à l’accueil présidentiel à Moscou illustre une dynamique plus large : celle d’une Afrique qui, loin de se laisser dicter ses alliances, commence à les choisir avec méthode – et sans complexe.

Certains y verront un alignement. D’autres, un rééquilibrage. Mais dans le langage des États, ce que l’on appelle aujourd’hui « nouveau partenariat stratégique » a toujours existé sous d’autres noms. La différence, peut-être, réside dans le fait que désormais, c’est le Mali lui-même qui rédige les clauses.

Jusqu’au 25 juin, Bamako et Moscou dérouleront donc un programme dense : entretiens, signatures d’accords, projets bilatéraux, mémoire commune. Et si le dépôt de gerbe au monument du Soldat inconnu, prévu avant les travaux diplomatiques, symbolise quelque chose, c’est bien la reconnaissance mutuelle du prix du sacrifice. Celui des nations qui veulent se tenir debout, même seules. Ou surtout seules.

Chiencoro Diarra 

22 juin 2025 0 comments
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ministre de la réconciliation
ActuÉconomie

Appui aux communautés du Liptako-Gourma : tenue du premier comité national de validation de sous-projets en leur faveur 

by Sidi Modibo Coulibaly 21 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Le Mali vit depuis plus d’une dizaine d’années un conflit qui affecte les communautés. Pour relever et renforcer la résilience de ces communautés, surtout celles vivant dans le Liptako-gourma, les gouvernements du Mali, du Niger et du Burkina qui partagent cette zone ont mis en place avec l’appui de la Banque mondiale un projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS). Ce projet, côté malien, a tenu une réunion pour la validation des sous-projets en faveur des bénéficiaires.

Ladite réunion, dénommée comité national de validation de sous-projets (CNVP), s’est tenue le vendredi 20 juin 2025 à Bamako sous la présidence du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, Général de corps d’armée Ismaël Wagué. Première du genre, cette session du CNVP s’inscrit dans le cadre du Projet communautaire de Relèvement et de Stabilisation du Sahel (PCRSS). 

Au cours de la session, les communautés bénéficiaires ont identifié plusieurs sous-projets prioritaires pour améliorer leurs conditions de vie. Ainsi, la session a validé leur conformité technique, environnementale, sociale et financière. La session a, aussi, permis de constater que l’approche de Développement conduit par les Communautés (DCC) adoptée par le PCRSS a été une réussite. En effet, ayant constaté les limites de l’approche descendante, directive qui n’implique pas les populations dans les prises de décisions, concernant leur projet de développement, le PCRSS a opté pour une approche dite de « Développement conduit par les Communautés » (DCC).

PCRRS —Mali, un projet qui implique activement les communautés locales

Placé sous la tutelle du ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Projet communautaire de Relèvement et de Stabilisation du Sahel (PCRSS-MALI) est une opération de développement communautaire visant à appuyer la reconstruction et le redressement de la zone des régions des trois frontières (Mali/Niger/Burkina Faso). 

Avec une période d’exécution de 4 ans, il est une initiative du Gouvernement du Mali, résultant d’un engagement à long terme pour soutenir le relèvement et le renforcement de la résilience dans la région du Liptako Gourma. Il couvre 144 communes dans les régions de Mopti, Gao, Tombouctou, Ménaka, Douentza et Bandiagara, soit au total 900 000 bénéficiaires. 

Les premiers bénéficiaires sont les communautés dans les zones d’intervention sélectionnées. La stratégie d’intervention du PCRSS favorise l’implication active des communautés locales dans la mise en œuvre du projet en les informant sur les opportunités offertes et en encourageant leur participation à sa planification et à son évaluation.

Le PCRSS-Mali fait partie d’un vaste programme sous-régional 

Le Projet communautaire de Relèvement et de Stabilisation du Sahel (PCRSS) est une initiative des gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avec ‘appui de la banque mondiale, pour le relèvement économique, la paix et la sécurité aux bénéfices des populations surtout les plus affectées par ces crises. 

Avec un financement global de 352,5 millions de dollars soit environ 54,3 milliards FCFA, le PCRSS a été conçu pour contribuer au relèvement et à la résilience des communautés dans les zones cibles de la région du Liptako-Gourma à travers une approche régionale soutenant des services et infrastructures socio-économiques intégrés, des moyens de subsistance et du développement territorial, des données et de la coordination régionale. Il a été mis en vigueur le 21 mai 2022 pour une durée de 5 ans. Il va bénéficier à 8 132 000 personnes sur l’ensemble de la sous-région.

À travers ce projet, les trois États se sont résolument engagés sur le chemin du relèvement et du renforcement de la résilience des communautés touchées par les conflits qui se sont imposés à elles depuis maintenant quelques années.

Sidi Modibo Coulibaly

21 juin 2025 0 comments
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