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Vacances scolaires et petits métiers au Mali
A la UneÉducation

Vacances scolaires au Mali : comment les familles occupent leurs enfants

by Ibrahim Kalifa Djitteye 30 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

À l’approche des vacances scolaires, les familles maliennes s’organisent selon leurs réalités pour occuper utilement leurs enfants. Entre départs en milieu rural, cours de soutien, activités sportives ou apprentissage de l’informatique, chacun cherche la formule la mieux adaptée à son cadre de vie et à son budget. Les initiatives locales se multiplient pour encadrer les jeunes et éviter l’oisiveté. Ce reportage propose un regard sur la diversité des stratégies adoptées par les parents, entre exigences éducatives, contraintes économiques et volonté de préserver les repères sociaux et familiaux.

Dans la chaleur de l’après-midi à Bacodjicoroni, Assitan Traoré nous explique qu’elle préfère envoyer ses trois enfants chez leur grand-mère à Dioïla pour les vacances. « Là-bas, ils vont apprendre à s’occuper d’eux-mêmes, à connaître leur culture et surtout à fuir les mauvaises fréquentations de Bamako », confie-t-elle. Ce choix est aussi dicté par les contraintes économiques. « Payer un centre de loisirs, ce n’est pas à la portée de tout le monde », ajoute Assitan.

Comme elle, beaucoup de familles maliennes voient dans les vacances scolaires une opportunité de renouer les enfants avec les réalités rurales, les coutumes familiales et les grands-parents, tout en réduisant les frais d’encadrement en ville. C’est le cas aussi de Maouloud Arby, habitant de Tiebani, qui envoie chaque année ses enfants à Tombouctou pour leur permettre de découvrir une ville riche en histoire et en culture. « C’est une expérience unique où ils peuvent mieux comprendre leurs racines, passer du temps avec leurs cousins, et s’immerger dans un environnement chargé de traditions et de patrimoine », explique-t-il.

À Sebenicoro, Amadou Sidibé, fonctionnaire de la santé, partage cette préoccupation. Lui a préféré inscrire ses deux garçons à des cours de soutien organisés par un enseignant du quartier. « Les enfants oublient vite. Mieux vaut qu’ils consolident leurs bases en maths et en français ».

Cours de soutien et initiatives communautaires

Dans ce quartier populaire, les initiatives communautaires se multiplient. Certains jeunes diplômés organisent des séances de renforcement scolaire à prix modique ou animent des clubs de lecture dans les concessions. C’est le cas de Mahamadou Sangaré, diplômé en lettres modernes, qui regroupe chaque matin une quinzaine d’enfants dans la cour de sa maison pour des révisions. « On ne peut pas se croiser les bras pendant trois mois et attendre la rentrée », explique-t-il.

Au quartier Golf, les réalités sont un peu différentes. Plus résidentiel et abritant une classe moyenne, ce quartier voit fleurir des initiatives privées, notamment des colonies de vacances, des stages de football et des ateliers d’informatique. Mariam Keïta, mère de deux enfants scolarisés dans une école privée, explique : « J’ai voulu profiter de ces opportunités pour que mes enfants découvrent de nouvelles activités et développent leurs talents en dehors de l’école. Cet été, ma fille et mon fils prendront des cours en informatique ici à Bamako ».

Vacances éducatives et gestion du budget familial

Pour Mariam, les vacances doivent aussi être des moments d’apprentissage autrement. « L’école ne fait pas tout. Ces expériences renforcent leur confiance, leur curiosité, et les occupent utilement ». 

Ce compromis reflète la réalité de nombreux ménages maliens cette année : la flambée du coût de la vie impose des arbitrages. À cela s’ajoute le souci de sécurité. « Les enfants ne peuvent plus se promener n’importe où. Il faut toujours les surveiller ou s’assurer qu’ils sont dans un cadre encadré », indique Awa Dembélé, habitante de Bacodjicoroni.

Pour certains parents, les vacances sont aussi l’occasion d’initier leurs enfants aux responsabilités. Dans une concession de Sebenicoro, on retrouve Aïssata Diarra, 13 ans, en train de vendre de l’eau glacée au bord de la route. Elle aide sa mère, vendeuse ambulante, durant l’été. « Ça l’occupe et elle apprend à gérer l’argent », dit sa mère, Fanta Diarra, qui assume pleinement ce choix. Loin d’être une exception, cette implication des enfants dans les activités économiques familiales est une pratique courante pendant les vacances, surtout dans les quartiers populaires. 

Des initiatives locales pour des vacances culturelles

Modibo Coulibaly, entraîneur de football dans le quartier de Tiebani et acteur de cette initiative communautaire, souligne l’importance de telles activités. « L’objectif est d’offrir aux enfants un cadre sain et encadré pour se distraire. Il faut éviter qu’ils passent leurs journées scotchées aux téléphones ou livrés à eux-mêmes dans la rue ». 

Cette dimension culturelle des vacances n’est pas négligeable. Elle permet de transmettre des valeurs essentielles en dehors du cadre scolaire. Il faut aussi noter que malgré la diversité des approches, une constante demeure, notamment le souci de bien encadrer les enfants et d’occuper utilement leur temps libre. « C’est un défi chaque année », résume Aminata Maïga, mère de cinq enfants à Sebenicoro. « Mais on fait de notre mieux, selon nos moyens, pour qu’ils passent de bonnes vacances sans dérives ».

Ainsi, dans ces différents quartiers de Bamako, les préparatifs des vacances scolaires traduisent une diversité d’initiatives et une ingéniosité remarquable des familles maliennes. Entre rattrapages scolaires, voyage chez les parents, activités culturelles, ou petits boulots d’appoint, chacun trouve une formule adaptée à son contexte. Les vacances ne sont pas un luxe, mais un moment stratégique pour préparer les enfants à affronter la prochaine rentrée scolaire et la vie.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

30 juin 2025 0 comments
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Morila-S.A
ActuÉconomie

Mines d’or de Yatéla et Morila : l’État malien reprend le contrôle pour relancer l’exploitation

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Lors du Conseil des ministres du vendredi 27 juin, le gouvernement, sur rapport du ministère des Mines, a adopté deux décrets actant la cession à la Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources minérales du Mali (SOREM-Mali S.A.) des actions détenues par l’État dans les mines d’or de Yatéla et Morila. Cette décision stratégique vise à relancer l’exploitation de ces sites en difficulté, sauvegarder les emplois menacés et renforcer la souveraineté nationale sur des ressources aurifères clés pour l’économie malienne.

Cette décision illustre la volonté du gouvernement malien de redonner un nouveau souffle à ces sites miniers emblématiques, confrontés depuis plusieurs années à des difficultés structurelles et financières. Elle répond aussi à un objectif plus large : renforcer la souveraineté nationale sur les ressources naturelles et valoriser durablement le potentiel minier du pays.

Yatéla et Morila, deux mines au parcours semé d’embûches

La Société des Mines d’Or de Yatéla S.A., créée en 2000, exploitait le gisement aurifère du même nom, détenu à 80 % par Sadiola Exploration Limited et 20 % par l’État malien. Mais la forte baisse du cours de l’or en 2013 a gravement compromis la rentabilité du site, entraînant l’arrêt des activités en 2016, malgré des réserves encore exploitables.

Pour éviter une fermeture définitive et préserver des centaines d’emplois directs et indirects, l’État et Sadiola Exploration Limited ont signé, le 16 octobre 2024, un contrat de cession permettant au Mali d’acquérir la totalité des parts détenues par son partenaire étranger. Depuis cette opération, la gestion de la mine est passée sous contrôle exclusif de l’État.

De son côté, la mine d’or de Morila, également fondée en 2000, était détenue à 20 % par l’État malien et à 40 % respectivement par Anglogold Ashanti et Randgold Resources. Après avoir longtemps contribué de manière significative à l’économie nationale, la mine a vu son opérateur principal, Randgold Resources, se retirer en 2019, entamant les procédures de fermeture. En novembre 2020, la société Firefinch Limited reprend les 80 % de parts détenues par les sociétés étrangères, engage des travaux de forage prometteurs, mais se retire à son tour en 2022, confrontée à de lourdes difficultés financières et environnementales.

Un nouvel élan avec la SOREM-Mali S.A.

Face à ces difficultés, l’État malien a réagi pour éviter l’abandon complet des sites et la perte d’emplois. À Yatéla, le transfert des parts permet de réorganiser la gouvernance et de relancer les activités grâce à la SOREM-Mali S.A. Pour Morila, un protocole d’accord signé le 6 mai 2024 entre l’État et Firefinch ouvre la voie à la reprise du site par le Mali, afin de valoriser les ressources encore disponibles, réhabiliter les terrains affectés et maintenir les emplois locaux.

Le Conseil des ministres a ainsi validé la cession, à titre gratuit, de toutes les actions de l’État dans ces deux sociétés minières à la SOREM-Mali S.A., un acteur public mieux structuré pour conduire la relance. L’objectif est d’assurer une exploitation plus efficace, responsable et durable des gisements, tout en renforçant la contribution du secteur minier au développement socio-économique du pays.

Un pas vers plus de souveraineté et de développement durable

Avec ces décisions, le Mali affirme sa volonté de reprendre la main sur son patrimoine minier et de mieux maîtriser la chaîne de valeur de l’or, ressource vitale pour son économie. La relance de Yatéla et Morila ne vise pas seulement à accroître la production d’or, mais aussi à garantir la protection de l’environnement, la création d’emplois durables et la participation active des communautés locales.

En confiant ces missions à la SOREM-Mali S.A., le gouvernement inscrit ces projets dans une stratégie plus large de souveraineté économique et de développement durable, pour que la richesse du sous-sol malien profite davantage au pays et à ses citoyens.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 juin 2025 0 comments
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Inauguration de l'Institut Consulaire d’Études et de Formation (INCEF)
ActuÉconomie

L’INCEF : le Mali mise sur la formation professionnelle pour l’avenir

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a inauguré, ce jeudi 26 juin 2025, l’Institut Consulaire d’Études et de Formation (INCEF). La Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) a investi 1,5 milliard de francs CFA dans ce projet. L’INCEF vise à améliorer la formation professionnelle initiale et continue dans les secteurs de l’industrie, du commerce et des services. Il propose des formations qualifiantes courtes, des séminaires et des ateliers pour répondre aux besoins du marché.

L’INCEF se positionne comme un pilier essentiel pour la croissance du tissu économique malien. Sa mission est d’offrir une formation professionnelle initiale et continue de haute qualité dans les divers métiers de l’entreprise. Qu’il s’agisse des secteurs de l’industrie, du commerce ou des services, l’institut se veut le creuset où se forgeront les compétences de demain. Les formations, qu’elles soient qualifiantes ou de perfectionnement, seront dispensées sous des formats variés : séminaires, ateliers ou programmes courts ciblant des thématiques aussi diverses qu’actuelles.

Un joyau architectural au service du savoir

L’architecture de l’INCEF est à l’image de son ambition : moderne et fonctionnelle. Répartie sur deux niveaux, l’infrastructure est conçue pour optimiser l’apprentissage et le bien-être des apprenants. Le bloc administratif abrite cinq bureaux, une salle de secrétariat-accueil et une salle de réunion, assurant une gestion fluide des activités. Pour le confort de tous, des toilettes sont disponibles à chaque niveau.

Mais le cœur de l’INCEF réside dans ses espaces d’enseignement et d’échange. Dix-sept salles de classe, chacune capable d’accueillir entre 30 et 40 personnes, offrent des environnements propices à l’apprentissage interactif. Un amphithéâtre spacieux de 200 places permettra d’organiser des conférences et des évènements d’envergure, tandis qu’une salle polyvalente de 120 à 150 places offrira une flexibilité précieuse pour diverses activités. 

L’INCEF, une main tendue vers l’avenir du Mali

La connaissance sera à portée de main grâce à une bibliothèque et une salle de lecture et d’exposés dédiées à la recherche et à l’approfondissement. Enfin, pour compléter l’expérience estudiantine, l’INCEF propose une cantine-restaurant, une cafétéria et même une salle de gym, soulignant l’importance accordée au bien-être physique et social des étudiants.

Pour Madiou Simpara, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, cette inauguration est bien plus qu’un simple événement. C’est la concrétisation d’une vision initiée dès 2014, portée avec persévérance par plusieurs présidents successifs de la CCIM. Il s’agit d’un engagement fort du secteur privé malien, désireux de pallier le déficit en matière de formation professionnelle, notamment dans des domaines souvent sous-représentés et axés sur les technologies émergentes. L’INCEF est une réponse directe à ce besoin crucial, une main tendue vers l’avenir pour doter le Mali d’une main-d’œuvre qualifiée et adaptable.

Un engagement gouvernemental pour la prospérité

À l’issue de sa visite, le chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga, n’a pas caché sa fierté et sa satisfaction face à cette réalisation. Il a souligné le rôle prépondérant du secteur privé dans la dynamique économique nationale, insistant sur l’importance de préserver les intérêts des opérateurs économiques. Pour le Premier ministre, l’INCEF incarne la volonté de renforcer les capacités des membres de la communauté économique grâce à des formations ciblées.

Plus fondamentalement, l’institut représente une avancée majeure dans la recherche de l’adéquation entre la formation et l’emploi. Il vise à corréler formation théorique et pratique, un enjeu capital pour l’insertion professionnelle de la jeunesse malienne. Le Général Maïga a affirmé que cette initiative est une matérialisation concrète de la vision du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, qui œuvre sans relâche pour un Mali prospère et une jeunesse bien formée et employable. L’INCEF n’est donc pas seulement un bâtiment, mais un symbole fort de l’engagement du Mali envers son développement humain et économique.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 juin 2025 0 comments
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LeGénéral Assimi Goïta devant la communauté malienne à Moscou
A la UnePolitiqueVidéo

Assimi Goïta, l’appel de Moscou : entre souveraineté retrouvée et guerre d’usure contre le terrorisme

by Sahel Tribune 28 juin 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Depuis Moscou, devant ses compatriotes établis en Russie, le Président de la Transition malienne, Assimi Goïta, a livré un discours sans filtre. Coopération stratégique avec la Russie, bilan sécuritaire, défense acharnée de l’Alliance des États du Sahel (AES) et lutte contre le terrorisme érigée en combat de civilisation. Le chef de l’État trace, avec une certaine gravité, les contours d’un Mali nouveau, affranchi des tutelles, décidé à briser l’ordre établi.

C’est un Assimi Goïta combatif, presque prophétique, qui s’est adressé à la diaspora malienne à Moscou. Loin des formules diplomatiques, le Président de la Transition a préféré la franchise rugueuse du soldat. Et s’il n’a pas mâché ses mots, c’est sans doute parce que l’enjeu lui semble immense : assurer au Mali sa souveraineté pleine et entière, sécuritaire comme diplomatique, au prix, s’il le faut, de l’isolement ou de l’affrontement.

Le ton est donné d’emblée : « Il était normal que nous rencontrions la Russie pour renouveler nos liens de coopération ». Une phrase anodine, si elle ne venait résumer l’un des plus grands virages géopolitiques du Mali depuis l’indépendance. Car pour Goïta, il ne s’agit pas d’un simple changement d’allié, mais d’un changement de paradigme. « Pendant près de dix ans, environ 19 500 soldats étrangers étaient présents sur notre sol. La sécurité n’est jamais revenue. » Deux ans de coopération avec Moscou, affirme-t-il, auront suffi à reprendre le contrôle de l’ensemble des capitales régionales sur l’ensemble du territoire national. Une victoire militaire, mais aussi psychologique.

Une diplomatie d’intérêt, pas d’allégeance

La Russie n’est pas ici perçue comme une puissance tutélaire, mais comme un partenaire stratégique. Une relation « gagnant-gagnant », martèle Goïta, qui cite à l’appui les transferts de compétences, les bourses d’études, les coopérations dans l’énergie, les mines, les télécommunications. Et le message est limpide : « Nous sommes venus défendre les intérêts de notre peuple. Et ce sera satisfait. » Point.

Mais l’essentiel est ailleurs, dans cette conception élargie de la souveraineté qui intègre la sécurité, le développement et la diplomatie dans un même logiciel stratégique : la Confédération des États du Sahel (AES), créée à Niamey (Niger), le 6 juillet 2024. Pour Goïta, l’AES n’est pas une entité conjoncturelle, mais une réponse structurelle à un système mondial vicié, dominé par des puissances étrangères qui utilisent le terrorisme comme un levier d’influence. « Le terrorisme, ce n’est ni l’ethnie, ni la religion. C’est un instrument géopolitique. Une nouvelle forme de colonisation. »

L’AES ou la rupture assumée

Derrière le verbe, une conviction : celle d’un monde post-Françafrique, où « la dynamique de précarré et de porte-plume » est révolue. Dans la bouche du chef de l’État, le langage se fait tranchant, presque corrosif : « Des États sponsors soutiennent ces groupes terroristes. » Et pourtant, pas d’appel à la haine. Seulement un appel à la vigilance, à la cohésion, à l’« union sacrée » derrière les autorités légitimes. La menace, selon lui, ne vient plus du désert, mais des réseaux sociaux, où la désinformation ronge les fondations de la jeune alliance.

L’AES, affirme-t-il, est désormais « verrouillée ». Et la clé ? « Jetée à la mer. » Drapeau, hymne, devise, passeport, banque d’investissement, plateforme de communication… : les institutions prennent forme. Reste à « déconstruire un système mental instauré depuis plus de 60 ans ». Un combat générationnel, un « combat pour l’éternité », porté par la jeunesse, seule capable, dit-il, de « mener les batailles que personne ne peut mener à notre place. »

Une vision, un combat, un prix

Il n’y aura « pas de marche arrière », prévient Goïta. Loin des grandes messes internationales, le Mali fait donc le choix du silence assourdissant de ses armes et de la résilience stratégique. Goïta le sait. Cette guerre sera longue, semée d’embûches et d’embargos, mais pour lui, l’essentiel est ailleurs. Dans l’idée que, pour la première fois depuis des décennies, le pays se bat pour lui-même — sans traducteurs, sans tuteurs, sans compromis.

Assimi Goïta n’a pas seulement parlé à Moscou. Il a lancé un avertissement au monde. Et une promesse à son peuple : celle d’un Mali debout, sans peur, sans maître, et plus que jamais prêt à écrire sa propre histoire.

A.D

28 juin 2025 0 comments
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Incinération des drogues saisies en 2024
ActuSanté

Drogue : le Mali brûle ses démons

by Sahel Tribune 27 juin 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

En incinérant 128 tonnes de drogues saisies en une année, Bamako ne s’est pas contentée d’un simple geste symbolique. À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le Mali a voulu marquer les esprits et affirmer sa détermination à ne plus être l’un des maillons faibles du narco-corridor ouest-africain. Derrière la fumée des stupéfiants brûlés, c’est toute une stratégie de reconquête de souveraineté sécuritaire et sociale qui se dessine.

À l’initiative de l’Office central des stupéfiants (OCS), appuyé par le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’ONUDC (ROSEN), cette journée n’a pas été qu’un moment de communication institutionnelle. Le feu mis aux saisies spectaculaires — cocaïne, cannabis, héroïne, crack, tramadol, diazépam, produits pharmaceutiques contrefaits, protoxyde d’azote, chichas et arômes — a tenu de l’acte politique.

Entre juin 2024 et juin 2025, ce sont précisément 127,9 tonnes de produits prohibés qui ont été interceptées par les forces de sécurité maliennes — un chiffre inédit, reflet d’un volontarisme affiché mais aussi d’une réalité inquiétante : celle de la montée en puissance du Mali dans les corridors du trafic international.

Un pays carrefour, un pays cible

Car le Mali n’est pas seulement une victime, il est devenu, depuis une décennie, un point de transit stratégique pour les réseaux qui relient l’Amérique latine à l’Europe en passant par le Sahel. Ces flux toxiques s’imbriquent dans les fragilités structurelles du pays : porosité des frontières, zones d’instabilité chronique, corruption diffuse. Mais la donne est peut-être en train de changer.

Avec le soutien logistique et technique de l’ONU, l’OCS et ses partenaires — Police nationale, Gendarmerie, Douanes — semblent mieux armés pour répondre à l’ampleur du défi. L’arsenal juridique a été renforcé, des cellules régionales ont vu le jour, des opérations conjointes sont menées dans les grandes agglomérations comme dans les points de passage ruraux.

Une jeunesse ciblée, une société vulnérable

Le choix du 26 juin ne doit rien au hasard. En alignement avec les Nations unies, le Mali entend mettre en lumière les ravages sociaux causés par l’usage croissant de drogues dites « de rue ». Tramadol, crack, protoxyde d’azote — ces substances, parfois vendues en pharmacie ou en ligne, font des ravages parmi les jeunes urbains, proies faciles dans un contexte d’oisiveté, de chômage et de vulnérabilité psychologique.

Le trafic, quant à lui, s’est technicisé : réseaux sociaux, messageries cryptées, logistique low cost… Les narcotrafiquants se sont modernisés plus vite que certains services de l’État. Et c’est justement contre cette asymétrie que les autorités veulent se dresser.

Une guerre d’usure, mais pas impossible

Dans les discours, une constante : la volonté de ne plus subir. Dans les actes, une série de signaux faibles, mais cohérents. L’incinération de ce 26 juin n’est pas un aboutissement, c’est un marqueur. Il signifie que le Mali refuse d’être le ventre mou de la guerre contre la drogue en Afrique de l’Ouest. Il montre aussi que, dans l’ombre des grandes batailles diplomatiques et sécuritaires, un autre front s’est ouvert : celui de la souveraineté sociale et morale, dans un pays où la fragilité des jeunes est un enjeu de stabilité nationale.

A.D

27 juin 2025 0 comments
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pxclimateaction, nuclear waste, nuclear power plant
A la UneAnalysesÉconomie

Nucléaire civil : l’Afrique face au défi de l’indépendance énergétique

by Chiencoro 27 juin 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Des déserts sahéliens aux côtes atlantiques, un vent discret mais profond souffle sur l’avenir énergétique de l’Afrique. Le continent, où 600 millions d’habitants sont encore privés d’électricité, parie désormais sur l’atome civil pour sortir de l’obscurité. Une révolution silencieuse, portée par des alliances russo-africaines, la course aux petits réacteurs modulaires, et l’ambition d’un avenir enfin sous tension… électrique.


Loin des clichés d’une Afrique cantonnée aux énergies dites « vertes » mais intermittentes, une quinzaine de pays africains frappent désormais aux portes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avec un objectif clair : entrer dans l’ère nucléaire civile. Le paradoxe énergétique est tel que ce virage, hier encore tabou, s’impose aujourd’hui comme une évidence géostratégique.

L’Afrique, riche en soleil, vent, gaz et uranium, reste pourtant le continent de la chandelle. Un demi-milliard de ses habitants vivent dans l’obscurité énergétique. La faute à un sous-investissement chronique, à une gouvernance parfois défaillante, et à des réseaux électriques aussi fragmentés qu’obsolètes.

Pourquoi l’Afrique se tourne vers le nucléaire ?


Parce que l’atome, malgré ses détracteurs, reste aujourd’hui la source la plus fiable pour fournir une électricité continue, massive, et décarbonée. À l’heure où le développement industriel du continent exige une puissance stable, les petits réacteurs modulaires (SMR) s’invitent comme réponse taillée sur mesure : 10 à 350 MW de puissance, une emprise au sol réduite, une modularité idéale pour les infrastructures africaines.

Ajoutez à cela le potentiel géologique du continent – la Namibie, le Niger, l’Afrique du Sud et le Malawi figurant déjà parmi les principaux producteurs mondiaux d’uranium – et le tableau devient limpide : l’Afrique a ce qu’il faut pour alimenter son propre futur atomique.

La Russie, maître d’œuvre de l’offensive atomique africaine


Rosatom, bras énergétique du Kremlin, multiplie les accords sur le continent. Mali, Burkina Faso, Égypte, Ghana, Soudan, Éthiopie… La Russie, forte d’une offre clé en main – financement, technologie, formation – avance ses pions avec une efficacité quasi militaire.

Au Mali, les autorités de transition ont ainsi signé avec Moscou un partenariat nucléaire à vocation énergétique. L’enjeu ? Doubler la production électrique nationale à horizon 2030, avec un appui sur les SMR russes. À Ouagadougou, même logique : compenser les carences du réseau classique, à l’abandon dans les zones rurales, par des unités nucléaires décentralisées.

En Égypte, le projet d’El-Dabaa – 4 800 MW à construire d’ici 2028 – fait figure de vitrine continentale. Un partenariat de 30 milliards d’euros, dont 85 % financés par la Russie, pour faire du pays de Sissi le deuxième État nucléaire d’Afrique après l’Afrique du Sud.

Le Ghana, candidat au leadership ouest-africain


Accra, pragmatique, veut transformer ses ambitions en hub nucléaire régional. Des discussions sont en cours avec EDF, NuScale, Kepco, et bien sûr Rosatom. L’idée est simple : faire émerger, à l’horizon 2034, une capacité de 1 000 MW. Et d’ériger le Ghana en centre de formation pour l’Afrique de l’Ouest.

Mais la marche est haute. Car l’atome ne se décrète pas. Il se prépare. Il s’institutionnalise. Et il se sécurise. Ce pourquoi l’AIEA a lancé en 2025 à Nairobi sa première École des SMR destinée aux décideurs africains. Objectif : bâtir une culture nucléaire locale, avant même d’installer la moindre turbine.

Les limites de l’ambition nucléaire africaine


Malgré l’enthousiasme affiché, nombre d’experts appellent à la prudence. Le professeur Hartmut Winkler, de l’université de Johannesburg, prévient : « La majorité des projets ne verront pas le jour avant plusieurs décennies. » Le coût reste un verrou majeur. Même en format SMR, une centrale nucléaire, c’est au bas mot des centaines de millions de dollars. Peu de pays africains peuvent – seuls – s’offrir un tel luxe.

Autre obstacle : la gouvernance. La sûreté nucléaire ne souffre ni l’improvisation, ni la corruption. Les agences nationales doivent être indépendantes, robustes, et transparentes. À défaut, l’atome peut vite devenir un fardeau géopolitique.

Entre dépendance et souveraineté : le dilemme atomique africain


Car derrière l’enjeu énergétique, c’est une autre partie qui se joue. La Russie avance ses pions, mais la Chine, les États-Unis et la France affûtent aussi leurs offres. L’Afrique devient ainsi un nouveau champ de bataille de la guerre des normes nucléaires.

Pour les capitales africaines, le défi est de diversifier les partenaires, éviter l’alignement stratégique, et négocier, pied à pied, les transferts de technologies. Un nucléaire africain sans souveraineté technologique serait une victoire à la Pyrrhus.
L’Afrique ne rêve plus de nucléaire. Elle le planifie. Elle le négocie. Elle le finance. Et surtout, elle l’intègre à son horizon de développement. Le nucléaire ne sera pas une solution miracle, mais il pourrait bien devenir une pièce maîtresse du puzzle énergétique continental.

Dans cette équation, le défi n’est pas uniquement technologique. Il est humain, politique et institutionnel. Bâtir un nucléaire africain, c’est aussi bâtir une gouvernance nouvelle, affranchie des tutelles, ancrée dans la compétence et la responsabilité. Et peut-être, enfin, entrer dans le XXIe siècle avec l’énergie… de l’avenir.

Chiencoro Diarra 

27 juin 2025 0 comments
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Jeunesse malienne
A la UneÉconomie

Emploi et insertion professionnelle des jeunes : d’importants actes posés par le gouvernement 

by Sidi Modibo Coulibaly 27 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Décidément le mois de juin 2025 peut être qualifié de « mois de l’emploi pour les jeunes maliens » tant les autorités nationales ont posé des actes majeurs dans ce sens. Quelques jours après une session de formation professionnelle organisée par le PROFOR, le gouvernement a, officiellement, lancé le projet « Chinfinw Ka Baara Sira ». Et au lendemain de ce lancement, s’est tenu la première session du Comité de pilotage du Projet.

La problématique de l’emploi des jeunes au Mali est une préoccupation majeure des autorités de la transition. C’est pourquoi elles n’ont jamais cessé d’initier des actions en mettant l’accent sur la formation professionnelle, gage d’une employabilité durable. C’est ainsi qu’elles ont lancé le projet « Formation professionnelle pour la jeunesse au Mali — Chinfinw Ka Baara Sira ». C’était le jeudi 19 juin 2025, au Parc national de Bamako, sous la présidence de Madame Oumou Sall Seck, ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. C’était en présence du Chef de la délégation de l’Union européenne au Mali, de la Coordinatrice résidente de LuxDev, des Présidents des Conseils régionaux de Kayes, Koulikoro, Sikasso et du District de Bamako, ainsi que des membres des cabinets ministériels, des structures techniques et des partenaires de mise en œuvre.

Préparer 5 500 jeunes à intégrer un emploi salarié ou à s’auto-employer

 Le projet est en parfaite cohérence avec la Vision 2063 du Mali Kura, qui ambitionne de bâtir une nation souveraine, prospère et résolument tournée vers l’avenir à travers l’investissement dans sa jeunesse. C’est pourquoi dans son discours, Oumou Sall Seck a salué l’engagement indéfectible du Président de la Transition en faveur du développement du capital humain et de l’épanouissement de la jeunesse malienne. Elle a rappelé que, sous son leadership, le Gouvernement du Mali a fait de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’autonomisation des jeunes une priorité stratégique.

Selon la ministre, ce projet a pour ambition de faciliter l’accès des jeunes maliens, âgés de 15 à 35 ans, à des formations professionnelles en adéquation avec les réalités du marché du travail et les potentialités économiques locales. Et de poursuivre que le projet est l’aboutissement d’un processus de concertation approfondi, parfois complexe, mais toujours guidé par une volonté commune d’écoute et de co-construction. De plus, elle a indiqué que le projet se distingue par son approche intégrée, articulant formation professionnelle, insertion socioéconomique et appui à l’entrepreneuriat, pour un impact durable. 

Financé par l’Union européenne à hauteur de 17 millions d’euros (soit plus de 11 milliards de francs CFA), pour une durée de 54 mois, et mis en œuvre par LuxDev, sous la tutelle du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le projet « Chinfinw Ka Baara Sira » vise à accompagner 5 500 jeunes femmes et hommes âgés de 15 à 35 ans, dont 10 % seront préparés à intégrer un emploi salarié et 90 % bénéficieront d’un appui technique et financier pour créer leur propre activité génératrice de revenus. 

Le projet cible une diversité de profils : jeunes non scolarisés, déscolarisés, en cours de scolarité, diplômés ou techniciens qualifiés, jeunes vivant avec un handicap et migrants de retour.

Premier plan opérationnel annuel adopté dès le lendemain du lancement 

Vingt-quatre heures après le lancement officiel du projet, c’est-à-dire le vendredi 20 juin 2025, la première session du comité de pilotage s’est tenue sous la présidence de la ministre Oumou Sall Seck dans la salle de conférence de son département. La session avait pour objectif l’examen des documents relatifs au premier plan opérationnel annuel, dont le budget prévisionnel s’élève à 1 091 807 344 FCFA. 

Oumou Sall Seck a indiqué que l’année 2025 marque le démarrage effectif du projet. Ainsi, au cours de cette année, les activités à réaliser sont entre autres, l’élaboration ou révision de modules de formation, l’identification des opérateurs de formation, la formation de 75 formateurs issus des centres partenaires, la sélection, formation et accompagnement de 300 jeunes bénéficiaires. 

Il est prévu aussi la structuration des dispositifs d’insertion, leur préparation en vue du lancement opérationnel dès début 2026, avec la première cohorte formée. Deux initiatives pilotes accompagneront l’intégration professionnelle de 70 migrants de retour, et 50 jeunes en situation de handicap. Il sera réalisé des actions comme un diagnostic approfondi des besoins du marché, une étude socio-anthropologique pour identifier les freins à l’insertion et une campagne de sensibilisation promouvant l’inclusion des migrants de retour et des jeunes en situation de handicap.

Il est important de rappeler que du 10 au 12 juin 2025, dans le cadre du Programme régional de formation professionnelle (PROFOR), une session de formation à l’endroit de 40 formateurs qui, à leur tour, vont former 7 516 jeunes dans des secteurs prometteurs et fournir des apprentissages à 1 700 personnes déscolarisées s’est également tenue.

Sidi Modibo Coulibaly

27 juin 2025 0 comments
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