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Jeunesse malienne
A la UneÉconomie

Emploi et insertion professionnelle des jeunes : d’importants actes posés par le gouvernement 

by Sidi Modibo Coulibaly 27 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Décidément le mois de juin 2025 peut être qualifié de « mois de l’emploi pour les jeunes maliens » tant les autorités nationales ont posé des actes majeurs dans ce sens. Quelques jours après une session de formation professionnelle organisée par le PROFOR, le gouvernement a, officiellement, lancé le projet « Chinfinw Ka Baara Sira ». Et au lendemain de ce lancement, s’est tenu la première session du Comité de pilotage du Projet.

La problématique de l’emploi des jeunes au Mali est une préoccupation majeure des autorités de la transition. C’est pourquoi elles n’ont jamais cessé d’initier des actions en mettant l’accent sur la formation professionnelle, gage d’une employabilité durable. C’est ainsi qu’elles ont lancé le projet « Formation professionnelle pour la jeunesse au Mali — Chinfinw Ka Baara Sira ». C’était le jeudi 19 juin 2025, au Parc national de Bamako, sous la présidence de Madame Oumou Sall Seck, ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. C’était en présence du Chef de la délégation de l’Union européenne au Mali, de la Coordinatrice résidente de LuxDev, des Présidents des Conseils régionaux de Kayes, Koulikoro, Sikasso et du District de Bamako, ainsi que des membres des cabinets ministériels, des structures techniques et des partenaires de mise en œuvre.

Préparer 5 500 jeunes à intégrer un emploi salarié ou à s’auto-employer

 Le projet est en parfaite cohérence avec la Vision 2063 du Mali Kura, qui ambitionne de bâtir une nation souveraine, prospère et résolument tournée vers l’avenir à travers l’investissement dans sa jeunesse. C’est pourquoi dans son discours, Oumou Sall Seck a salué l’engagement indéfectible du Président de la Transition en faveur du développement du capital humain et de l’épanouissement de la jeunesse malienne. Elle a rappelé que, sous son leadership, le Gouvernement du Mali a fait de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’autonomisation des jeunes une priorité stratégique.

Selon la ministre, ce projet a pour ambition de faciliter l’accès des jeunes maliens, âgés de 15 à 35 ans, à des formations professionnelles en adéquation avec les réalités du marché du travail et les potentialités économiques locales. Et de poursuivre que le projet est l’aboutissement d’un processus de concertation approfondi, parfois complexe, mais toujours guidé par une volonté commune d’écoute et de co-construction. De plus, elle a indiqué que le projet se distingue par son approche intégrée, articulant formation professionnelle, insertion socioéconomique et appui à l’entrepreneuriat, pour un impact durable. 

Financé par l’Union européenne à hauteur de 17 millions d’euros (soit plus de 11 milliards de francs CFA), pour une durée de 54 mois, et mis en œuvre par LuxDev, sous la tutelle du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le projet « Chinfinw Ka Baara Sira » vise à accompagner 5 500 jeunes femmes et hommes âgés de 15 à 35 ans, dont 10 % seront préparés à intégrer un emploi salarié et 90 % bénéficieront d’un appui technique et financier pour créer leur propre activité génératrice de revenus. 

Le projet cible une diversité de profils : jeunes non scolarisés, déscolarisés, en cours de scolarité, diplômés ou techniciens qualifiés, jeunes vivant avec un handicap et migrants de retour.

Premier plan opérationnel annuel adopté dès le lendemain du lancement 

Vingt-quatre heures après le lancement officiel du projet, c’est-à-dire le vendredi 20 juin 2025, la première session du comité de pilotage s’est tenue sous la présidence de la ministre Oumou Sall Seck dans la salle de conférence de son département. La session avait pour objectif l’examen des documents relatifs au premier plan opérationnel annuel, dont le budget prévisionnel s’élève à 1 091 807 344 FCFA. 

Oumou Sall Seck a indiqué que l’année 2025 marque le démarrage effectif du projet. Ainsi, au cours de cette année, les activités à réaliser sont entre autres, l’élaboration ou révision de modules de formation, l’identification des opérateurs de formation, la formation de 75 formateurs issus des centres partenaires, la sélection, formation et accompagnement de 300 jeunes bénéficiaires. 

Il est prévu aussi la structuration des dispositifs d’insertion, leur préparation en vue du lancement opérationnel dès début 2026, avec la première cohorte formée. Deux initiatives pilotes accompagneront l’intégration professionnelle de 70 migrants de retour, et 50 jeunes en situation de handicap. Il sera réalisé des actions comme un diagnostic approfondi des besoins du marché, une étude socio-anthropologique pour identifier les freins à l’insertion et une campagne de sensibilisation promouvant l’inclusion des migrants de retour et des jeunes en situation de handicap.

Il est important de rappeler que du 10 au 12 juin 2025, dans le cadre du Programme régional de formation professionnelle (PROFOR), une session de formation à l’endroit de 40 formateurs qui, à leur tour, vont former 7 516 jeunes dans des secteurs prometteurs et fournir des apprentissages à 1 700 personnes déscolarisées s’est également tenue.

Sidi Modibo Coulibaly

27 juin 2025 0 comments
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Assimi Goïta et le Président Tatar
A la UnePolitique

À Kazan, Goïta redessine les contours de l’axe Mali-Russie

by Sahel Tribune 26 juin 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans l’ombre du Kremlin, l’autre cœur battant de la Russie a tendu la main au Mali. À Kazan, capitale industrielle du Tatarstan, le Président Assimi Goïta a trouvé plus qu’un partenaire technique : un miroir stratégique pour les ambitions industrielles, éducatives et diplomatiques de Bamako. À la clé, des partenariats concrets, une convergence géopolitique assumée, et un message limpide : le Mali regarde vers l’Est, mais pas seulement Moscou.

Depuis que le Mali a choisi de diversifier ses alliances, la boussole diplomatique de Bamako n’a eu de cesse d’explorer de nouveaux azimuts. Après Moscou, c’est à Kazan que le Général Assimi Goïta a posé sa vision d’un partenariat au pluriel. Une visite discrète, certes, mais lourde de signification. Dans la logique d’une diplomatie décentralisée, Kazan, capitale d’un Tatarstan aussi musulman qu’industriel, s’est imposée comme l’un des carrefours potentiels du « Mali nouveau ».

Kazan, capitale d’un pacte industriel en gestation

Le 25 juin 2025, à l’aéroport international de Kazan, l’accueil est soigné, presque cérémonial. Pain et sel selon le rite russe, tchak-tchak à la mode tatare – rien n’est laissé au hasard. Le Président Roustam Minnikhanov, en homme d’affaires averti, reçoit son homologue malien avec une chaleur toute orientale, entouré de figures de poids comme le vice-ministre russe de la Défense, Iounous-Bek Evkourov. L’enjeu dépasse le symbolique, il s’agit d’arrimer le Mali à l’écosystème économique et industriel le plus dense de la Fédération de Russie.

Pourquoi Kazan ? Parce que cette ville est le noyau dur d’une Russie industrielle qui ne dit pas son nom. Ici sont conçus les célèbres hélicoptères Mi-8 et Mi-38, produits dans les ateliers des Hélicoptères Kazan. Là-bas, les camions Kamaz, véritables monstres de la route, sortent chaque jour des chaînes de montage. Ce savoir-faire intéresse Bamako au plus haut point. Goïta ne s’en cache pas : la coopération avec Kamaz et d’autres géants industriels est en ligne de mire. Objectif ? Réindustrialiser le Mali, secteur par secteur.

De l’or malien à la haute technologie tatare

Les discussions entre les deux délégations ne sont pas restées lettre morte. Déjà, le projet de raffinerie d’or à Bamako, porté par la société Yadran, avance. Mais Kazan veut voir plus loin : exploitation minière, agro-industrie, transfert de technologie, infrastructures, tout est sur la table. Et la formule magique est lancée par Minnikhanov lui-même : « L’Afrique est un partenaire stratégique. » Traduction : le Tatarstan veut sa part de l’or noir, jaune, vert du continent, et le Mali pourrait bien en être la porte d’entrée.

La force du Tatarstan ne se limite pas à l’industrie lourde. Avec ses universités de haut niveau, Kazan accueille aujourd’hui 35 étudiants maliens. Goïta l’a compris. C’est aussi dans les amphis que se dessinent les coopérations durables. Minnikhanov, habile, pousse le curseur plus loin en conviant le Mali au prochain Forum Russie-Monde islamique de 2026. Entre finance islamique, industries halal et diplomatie spirituelle, l’offre est complète. Et le message sous-jacent est clair : ici, à l’est de Moscou, l’Afrique n’est pas un prétexte, mais une priorité.

Kazan, prélude à une nouvelle route de la coopération russo-malienne ?

Dans un contexte où l’axe Bamako-Moscou se consolide autour d’un nouveau logiciel sécuritaire, le détour par Kazan ressemble à une manœuvre fine. Loin du ton martial, cette escale tataro-malienne fait la part belle à l’économie, à la formation, à l’avenir. C’est la diplomatie des outils et non celle des slogans, à l’image d’un Mali qui veut écrire sa propre équation géopolitique.

Si la visite de Goïta en Russie restera marquée par la signature de trois accords majeurs à Moscou, c’est peut-être à Kazan que s’est dessiné l’avenir industriel du Mali. En pariant sur le Tatarstan, Bamako pose les jalons d’un partenariat ciblé, équilibré, fondé sur la complémentarité. Dans le grand jeu russo-africain, le Mali ne joue plus le rôle d’un pion. Il avance, stratégie en main, sur plusieurs échiquiers. Et Kazan pourrait bien en être l’un des coups les plus prometteurs.

A.D

26 juin 2025 0 comments
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Côté Gold
A la UneActuÉconomie

Côté Gold entre dans la cour des grands : IAMGOLD atteint la vitesse de croisière

by Chiencoro 26 juin 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

En atteignant sa capacité nominale de 36 000 tonnes par jour, la mine Côté Gold franchit une étape décisive. Moins de 15 mois après sa première coulée d’or, le fleuron canadien d’IAMGOLD s’impose comme l’un des futurs poids lourds de l’or en Amérique du Nord. Une montée en puissance spectaculaire, savamment orchestrée depuis Toronto, avec un œil sur l’Afrique et l’autre sur les cours mondiaux.

Le pari était audacieux, la cadence, impressionnante : en 15 mois seulement, IAMGOLD a transformé un projet ambitieux en une réalité industrielle de premier plan. Ce samedi 21 juin, la mine Côté Gold, fer de lance du groupe minier canadien, a franchi une étape symbolique : maintenir un débit de traitement de 36 000 tonnes par jour pendant plus de 30 jours consécutifs. Autrement dit, la mine tourne désormais à plein régime.

« Une performance rare dans l’industrie », s’est félicité Renaud Adams, président et chef de la direction du groupe, saluant « l’engagement et la détermination » des équipes. Et pour cause : dans un secteur où chaque tonne compte et où la moindre interruption peut virer à la catastrophe logistique, atteindre si vite un tel niveau de stabilité technique relève du tour de force.

Une montée en puissance maîtrisée

Lancée en mars dernier avec un taux de débit mensuel de 90 %, puis stabilisée à 96 % en avril, l’usine de traitement de Côté Gold confirme les ambitions industrielles d’IAMGOLD. La société prévoit une production de 360 000 à 400 000 onces sur une base de 100 %, tout en réduisant les coûts d’exploitation au fil de l’année — un scénario idéal dans le contexte actuel de volatilité des cours de l’or.

L’implantation d’un deuxième concasseur à cônes, annoncée comme imminente, devrait encore renforcer l’efficacité de l’ensemble. « Un levier stratégique », affirme Adams, pour améliorer les cycles d’entretien, la disponibilité technique et, in fine, la productivité globale du site.

Un géant au pied d’or

Basée à Toronto, IAMGOLD ne cache pas ses ambitions globales. Avec trois mines en exploitation — Côté Gold et Westwood au Canada, Essakane au Burkina Faso —, et un portefeuille diversifié de projets d’exploration, la société emploie quelque 3 700 personnes sur deux continents.

Le projet Côté Gold, fruit d’un partenariat avec Sumitomo Metal Mining Co. Ltd, s’annonce déjà comme l’un des plus importants gisements aurifères du pays. Une mine stratégique pour IAMGOLD, mais aussi un signal clair à l’industrie : le groupe veut monter en puissance, tout en affichant une « culture d’exploitation minière responsable », selon les termes de son président.

Du Sahel à l’Ontario, la même philosophie

Si le groupe canadien opère aussi dans les zones complexes de l’Afrique de l’Ouest, c’est avec la même rigueur ESG (Environnement, Social, Gouvernance) qu’il entend faire la différence. Un positionnement éthique revendiqué, dans un secteur souvent critiqué pour ses externalités.

Pour IAMGOLD, la mine Côté Gold incarne donc bien plus qu’un projet aurifère : c’est une vitrine technologique, une preuve de résilience opérationnelle et un jalon stratégique sur la carte de l’or mondial. À l’heure où les majors de l’industrie cherchent à se réinventer, le canadien s’installe, mine de rien, dans la cour des grands.

Chiencoro Diarra 

26 juin 2025 0 comments
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Centre technique national de sport
A la UneSport

Bientôt, un centre technique national : un nouvel outil moderne de développement du football au Mali

by Sidi Modibo Coulibaly 26 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

S’il y a un secteur qui unit en quelques secondes tous les Maliens, c’est bien le sport et particulièrement le football. Pour s’en apercevoir, il suffit de suivre les différents matchs livrés au Mali et à l’extérieur par les différentes équipes nationales de football. Doter un tel secteur d’un outil de développement ne fera que cimenter davantage la fibre patriotique des Maliens.

Le développement du football ne peut être amorcé sans l’existence d’infrastructures modernes. C’est pourquoi depuis quelques années, les autorités de la transition se sont attelées à cela. Ainsi, le stade du 26 mars, le stade Mamadou Konaté, les stades régionaux de Mopti, de Kayes ont été rénovés afin de répondre aux critères des instances africaines et mondiales du football. Ces multiples efforts viennent d’être renforcés par la construction d’un centre technique financé par la FIFA à hauteur de 4,3 millions de dollars. 

Bâti sur une superficie de 20 ha offerte par l’État malien, à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports, le centre sera fin prêt pour octobre 2025. L’information a été donnée lors d’un point de presse tenu le mardi 24 juin 2025 sur le site par une délégation technique de la FIFA en séjour au Mali du 22 au 27 juin 2025. Il ressort de ce point de presse que les travaux sont réalisés à 90 %.

Objectifs du centre

D’après Fatou Camara, responsable du Bureau de la FIFA à Dakar et membre de la délégation FIFA,  les bâtiments sont terminés à 90 % et la réception provisoire est prévue au plus tard en octobre, notamment pour permettre au gazon naturel de pousser correctement. La pelouse synthétique sera posée dans les prochains jours. Et de poursuivre que le centre s’inscrit dans une dynamique de structuration du football malien, avec le renforcement de la direction technique nationale.  

À l’en croire, la FIFA accompagne désormais la FEMAFOOT pour lui permettre d’intégrer des programmes tels que le « Talent Développent Scheme », piloté par Arsène Wenger. « Ce centre sera une base pour détecter les talents, accueillir les équipes nationales, & déployer un projet sportif cohérent. Ce n’est pas qu’un chantier ; c’est un outil pour l’avenir du football malien. » a-t-elle déclaré. Elle a, enfin, ajouté que le football féminin est également au cœur de cette stratégie, avec des installations pensées pour accueillir une académie mixte à long terme. Il faut signaler que le centre est structuré autour de quatre grands lots. Il comprend un hôtel 4 étoiles de 36 chambres doubles et suites, deux dortoirs de 24 chambres chacun (un pour les garçons, un pour les filles), trois terrains d’entraînement (deux en gazon naturel, un en synthétique), et des infrastructures complémentaires (amphithéâtre de 150 places, salles de formation, salle de gym moderne, unité médicale, piscine de récupération, vestiaires, bureaux d’arbitres, magasins de stockage, buanderie, etc.). Une bonne nouvelle pour le monde sportif malien. Et une bonne nouvelle ne venant pas seule, il a été annoncé la construction sur le même site d’un stade moderne.

Un projet de stade de 12 000 à 15 000 places

L’information a été donnée par Fatou Camara en ces termes : « le projet de construction d’un Stade de 12 500 places a été approuvé par la FIFA. » Le processus est avancé : plans validés, procédures administratives en cours, appel d’offres à venir, conformément aux normes FIFA. L’infrastructure, dont la première pierre sera posée dans les prochains jours, sera bâtie sur une superficie de 10 hectares dans l’enceinte du Centre technique national en construction dans la zone aéroportuaire de Bamako-Senou. 

Ce sera un stade de 12 500 places extensibles qui offrira toutes les commodités aux différentes sélections nationales du Mali et aux clubs pour une meilleure pratique du football. Il permettra également à la FEMAFOOT d’accroître sa compétitivité en termes de pratique du football et de mobilisation de ressources financières additionnelles grâce aux services d’hospitalité.

Aux acteurs du football de s’investir davantage pour que le Mali brille davantage sur la scène internationale. 

SMC

26 juin 2025 0 comments
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station de pompage de Kabala
ActuÉconomie

De l’eau potable en quantité et en qualité pour Kayes : une réalisation d’un aspect de l’axe 3 du plan d’action gouvernemental

by Sidi Modibo Coulibaly 24 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

L’accès des populations aux services sociaux de base est une priorité majeure des plus hautes autorités du pays. On le retrouve dans l’axe 3 du programme d’action gouvernemental intitulé : « Satisfaire les besoins vitaux des populations ». La disponibilité de l’eau potable en quantité et en qualité est un de ces besoins vitaux. C’est dans cette optique que le gouvernement a lancé les travaux du projet de renforcement de l’alimentation en eau potable de Kayes.

C’était le samedi 21 juin 2025. Une date qui restera longtemps gravée dans la mémoire des populations de Kayes. C’est ce jour qu’ont été lancés les travaux du Projet de Renforcement de l’alimentation en eau potable de Kayes. Présidée par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diané, qui avait à ces côtés le gouverneur de la région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, la cérémonie a enregistré la présence des autorités administratives, municipales, coutumières et les représentants des diverses couches socio-professionnelles ainsi que ceux des partenaires techniques et financiers. 

Dans son allocution, le ministre Diané a affirmé que l’eau n’est pas une simple marchandise, mais un bien commun qui soude notre nation. Situé dans la commune rurale de Khouloum, précisément dans le village de Soutoukoulé, le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Axe 3 du Plan d’Action gouvernemental (PAG). Il va soulager les besoins en eau de plus de 350 000 habitants (répartis entre les communes de Kayes, Khouloum, Bangassi et Liberté Dembaya) par la production de 25 millions de litres d’eau par jour.

25 millions de litres par jour et 800 emplois créés 

Le projet, dont la réalisation coûtera 75 milliards de FCFA débouchera sur la construction d’une nouvelle station de traitement sur la rive droite du fleuve Sénégal, d’une capacité initiale de 16 millions de litres par jour, extensible à 25 millions de litres/jour d’ici 2035. Il va aussi réhabiliter la station existante. Ensuite, il va réaliser 180 km de réseaux (primaires, secondaires et tertiaires) et 40 bornes-fontaines automatiques ; deux châteaux d’eau (1 600 m³ chacun) et d’un réservoir de même capacité. 

De plus, 10 000 branchements sociaux seront faits pour les ménages vulnérables. Ce n’est pas tout, il sera construit une station de traitement des boues de vidange (300 m³/jour) ; 1 700 ouvrages d’assainissement domestique à Kayes et ses environs. L’extension future de la station pour une production d’eau potable d’environ 50 000 m³/jour sera également réalisée. Et puis, trois réservoirs de stockage seront construits ainsi que 45 km de canalisations de refoulement et de distribution. Il faut noter aussi que le projet va créer 800 emplois locaux pendant les travaux, et pour assurer une gestion durable, des techniciens communautaires seront formés. Il faut souligner que la réalisation du projet coûtera 75 milliards de FCFA sur financement de l’État et ses partenaires.

Khouloum, symbole d’une crise d’eau récurrente 

Le choix de la commune rurale de Khouloum pour abriter le projet ne relève pas, certainement du hasard. Petite bourgade enclavée, la pénurie d’eau est quotidienne dans cette commune rurale. Les robinets d’eau sont là, mais il n’y pas d’eau pendant des jours entiers. Ce qui fait que beaucoup d’habitants font recours à Kayes-ville pour s’approvisionner au prix de sommes astronomiques payées aux charretiers chargés du transport de l’eau. Il en est de même pour plusieurs localités environnantes et cela malgré les efforts déployés par ci et par là par des privés et autres projets et partenaires.

En somme, la réalisation de cet important projet va soulager la souffrance des populations bénéficiaires. Il faut signaler que la capacité actuelle de la station de traitement d’eau est estimée entre 19 000 et 20 000 m³ par jour. Pire, la situation s’est aggravée, car il y a un déficit quotidien de 5 000 à 6 000 m³.

SMC

24 juin 2025 0 comments
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Validation de la politique nationale de la culture
A la UneSeko ni Donko

Politique nationale de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme : le retour aux sources pour la renaissance du Mali

by Ibrahim Kalifa Djitteye 24 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La salle Balla Moussa Keïta du Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a abrité ce lundi 23 juin 2025, l’atelier national de validation du Document-cadre de la Politique nationale de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme du Mali. Présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé en présence de son homologue des Affaires religieuses, des Cultes et des Coutumes, Dr.  Mahamadou Koné, cette rencontre cruciale vise à définir les orientations stratégiques pour ces secteurs vitaux à l’horizon 2025-2044. 

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de l’Année de la Culture décrétée par le Général Assimi Goïta, Président de la Transition, dans son message de Nouvel An le 31 décembre 2024, soulignant l’importance des valeurs ancestrales pour bâtir un Mali nouveau. Les acteurs présents ont réaffirmé leur engagement pour faire de la culture un levier de paix et de développement.

Organisé par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, cet atelier vise à affiner et à valider un document stratégique crucial. Au cœur de cette démarche se trouve la nécessité de définir des orientations claires et des principes directeurs qui guideront le développement harmonieux et durable de ces domaines vitaux pour la nation, et ce, à l’horizon 2025-2044. La Politique nationale de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme est bien plus qu’un simple texte ; elle incarne une vision ambitieuse et à long terme pour le Mali de demain.

Une stratégie pour dynamiser le patrimoine et l’économie sur deux décennies

Cette politique s’articule autour d’objectifs précis et de résultats mesurables, visant à transformer le potentiel en réalité sur les vingt prochaines années. L’un des piliers centraux est la dynamisation du riche patrimoine culturel du Mali, reconnu mondialement pour sa diversité et son histoire millénaire. Elle inclut la promotion des pratiques culturelles traditionnelles et contemporaines, en assurant leur transmission aux générations futures.

Parallèlement, la politique entend renforcer l’artisanat local, véritable vitrine du savoir-faire malien. Les défis sont nombreux, allant de la structuration des filières artisanales à l’amélioration de leur compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux. L’objectif est de faire de l’artisanat une source de revenus stable et digne pour des milliers d’artisans, tout en préservant des techniques ancestrales. Enfin, le tourisme, bien que confronté à des défis sécuritaires, est un secteur prometteur dont la relance est essentielle pour la croissance économique. La politique cherchera à attirer de nouveau les visiteurs en mettant en avant l’hospitalité malienne et la richesse d’expériences culturelles uniques, en développant des infrastructures adaptées et en renforçant la sécurité des visiteurs.

Une politique ancrée dans l’année de la culture

Ce rassemblement revêt une importance particulière, car il s’inscrit pleinement dans la dynamique de l’Année de la Culture, une initiative audacieuse décrétée pour 2025 par le Général d’armer Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État. Cette proclamation présidentielle vise à ériger la culture en pilier fondamental pour l’édification du « Mali nouveau », reconnaissant son rôle essentiel dans la cohésion sociale et la résilience nationale.

Le ministre Mamou Daffé a d’ailleurs éloquemment souligné la pertinence de ce Document-cadre en citant les mots du Chef de l’État : « il ne peut y avoir de développement harmonieux et durable sans la prise en compte des valeurs culturelles fondatrices de notre société ». Cette citation résonne avec la conviction que la culture n’est pas un simple divertissement, mais le fondement même de la société malienne, un levier puissant pour panser les plaies du passé et raviver l’unité nationale. Il a également tenu à remercier tous les acteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme pour leur « grande contribution aux efforts de développement du Mali à travers votre engagement, vos sacrifices pour la Patrie et votre professionnalisme ».

Vers un Mali nouveau et résilient, le retour aux sources et la prospérité future

Pour le ministre, le message est clair et empreint d’une profonde conviction identitaire : « Le Mali ne renaîtra de ses cendres que lorsque les Maliens retourneront aux sources, aux valeurs ancestrales ». Cette vision met en lumière l’importance de se reconnecter avec les traditions et les savoir-faire qui ont forgé l’identité malienne à travers les siècles. Elle souligne le rôle crucial de la culture pour renforcer le tissu social fragilisé et jeter les bases d’une reconstruction durable, non seulement économique mais aussi morale et spirituelle.

Cet atelier représente une opportunité sans précédent pour tous les acteurs impliqués dans ces secteurs de contribuer activement à l’élaboration d’un cadre politique robuste. Les discussions et les échanges prévus permettront de consolider des stratégies visant à exploiter pleinement le potentiel économique et identitaire de la culture, de l’artisanat et du tourisme, faisant de cette année de la culture un véritable catalyseur pour un Mali résilient et prospère. Les conclusions de cet atelier serviront de feuille de route pour les vingt prochaines années, guidant les efforts vers un renouveau culturel et économique, ancré dans les valeurs profondes du Mali et tourné vers un avenir prometteur.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

24 juin 2025 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
A la UneChroniques

Iran–Israël : L’abîme comme projet

by Chiencoro 24 juin 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

Alors que les missiles strient les précieux du Levant et que les morts s’accumulent dans un silence assourdissant, le monde, lui, regarde, hésite, ou détourne les yeux. Le conflit Iran-Israël, avec l’entrée en scène des États-Unis, dépasse les enjeux stratégiques pour interroger brutalement notre époque : peut-on encore parler de morale, d’humanisme, ou même de civilisation, quand la guerre devient la norme, et la paix, une parenthèse ironique ?

C’était un vendredi. Le 13. Comme si le destin, moqueur ou tragique, avait choisi de cocher toutes les cases du mauvais présage. Ce jour-là, dans un ciel lourd de menaces et de satellites, Israël lançait l’opération « Rising Lion », une frappe massive et surprise contre les installations nucléaires iraniennes. En quelques heures, Natanz, Fordow et Téhéran devinrent les épicentres d’un séisme militaire et moral, déclenchant ce que l’Histoire retiendra peut-être comme le début du premier conflit direct et assumé entre les deux puissances du Levant. À l’heure où le monde peine à digérer les retombées d’une guerre en Ukraine ou d’une paix déchue à Gaza, une autre mèche s’est allumée — plus ancienne, plus profonde, plus toxique.

L’humanité, un vestige de façade

Israël, fidèle à une doctrine de survie gravée dans la peur de ses origines, justifie sa frappe comme un acte préemptif. « Un danger clair et présent », martèle Netanyahu. L’Iran aurait été à deux doigts d’acquérir l’arme nucléaire. Deux doigts, donc deux bombes. C’est l’argument. Mais ce qui, hier encore, relevait de la dissuasion diplomatique, a soudainement basculé dans l’irréversible.

Et comme toujours, dans ce théâtre de la fureur programmée, les États-Unis ne tardent pas à entrer en scène. Le 22 juin, Washington frappe à son tour. Opération « Midnight Hammer » : bunker-busters, missiles Tomahawk, sept B-2 furtifs, tout y passe, sauf le doute. La voix de Trump résonne à la télévision : « L’Iran a été oblitéré ». On croirait entendre un général de cartoon, mais c’est bien la première puissance militaire du monde qui parle ainsi de la seconde nation chiite de la planète. L’hyperbole est devenue doctrine. Et le tragique, routine.

Alors, Téhéran réplique. Par salves. Par drones. Par barrages de missiles qui strient le ciel d’Israël et font descendre des familles entières dans des abris. À Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa, les sirènes remplacent les prières. On enterre les morts, on soigne les blessés. Mais ce sont surtout les vivants qui souffrent. Les civils, ces anonymes sacrifiés à l’autel de stratégies militaires conçues dans des salles où le mot « humanité » n’est plus qu’un vestige de façade.

La guerre devenue l’horizon de notre modernité

Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’enferme dans son bunker, désigne des successeurs, promet la vengeance. À distance, les Houthis applaudissent et lancent leurs propres roquettes, comme un écho périphérique à une guerre qui ne leur appartient même pas. Quant aux morts, ils s’accumulent. Les chiffres tombent comme des pierres : 639 tués en Iran, 24 en Israël. Et d’autres viendront. Car ici, chaque missile porte en lui la promesse d’un autre.

Au-delà des bilans, des conférences de presse et des cartes des frappes, une question s’impose : que reste-t-il de la morale dans la conduite du monde ? Où sont passés les principes qui devaient guider les puissances ? La proportionnalité, la justice, la retenue ? La guerre n’a jamais été belle. Mais elle fut autrefois un dernier recours. Elle est devenue aujourd’hui un outil de diplomatie musclée, un levier électoral, un tweet en 3D. On tue, puis on justifie.

Et pourtant, l’histoire regorge d’avertissements. Hiroshima. Bagdad. Gaza. On connaît les ravages, on connaît les échecs. Mais rien n’y fait. Le monde, en 2025, persiste à faire de la force brute un projet politique. L’humanisme est relégué aux conférences, aux rapports d’ONG, aux débats sans conséquences. Kant n’est plus qu’une citation dans un PowerPoint de l’UNESCO.

Au nom de quoi, aujourd’hui, un État peut-il frapper un autre sans que le monde ne s’indigne unanimement ? Au nom de la sécurité ? De la prévention ? De la civilisation ? La guerre, dit-on, est vieille comme l’homme. Peut-être. Mais ce n’est pas une raison pour en faire l’horizon de notre modernité.

Une guerre sans morts

Et que dire du silence, complice ou tétanisé, des puissances régionales ? Des appels à la « désescalade » qui tombent aussi vite que les missiles ? Du Conseil de sécurité, qui se réunit, parle, et repart déjeuner ? En attendant, le prix du baril explose, les marchés chancellent, le détroit d’Ormuz menace de se fermer, et l’idée même de paix devient une absurdité conceptuelle.

Ce conflit n’est pas simplement un affrontement entre deux États. C’est un miroir moral tendu à l’humanité. Un test de notre capacité collective à dire non à l’horreur avant qu’elle ne devienne habitude. Une question existentielle posée à une communauté internationale qui n’en finit plus de se fragmenter.

Alors, faut-il croire encore à la diplomatie, à la médiation, à l’humain ? Oui. Car c’est notre seule issue. Non pas parce qu’elle garantit la paix, mais parce qu’elle reste la seule forme de guerre civilisée que l’on puisse encore accepter. Une guerre sans morts.

Chiencoro Diarra 

24 juin 2025 0 comments
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