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Caniveaux bouchés
A la UneClimat et environnement

Les Bamakois et les déchets ménagers : des mesures plus sévères doivent être prises par les autorités 

by Sidi Modibo Coulibaly 26 mai 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

En ce début d’hivernage dans la capitale malienne, force est de constater que les voies publiques, les caniveaux, certaines rues bondées d’immondices obstruent les passages et polluent gravement l’air. Pourtant, les autorités ont toujours mené des campagnes de sensibilisation, qui, semble-t-il, ont montré leurs limites. 

Cette année, en prélude à l’hivernage et dans le but d’éviter des inondations comme celles de l’année dernière, le gouvernement a entrepris des travaux dans divers endroits de la capitale. Ainsi, il a mobilisé 2,66 milliards FCFA pour la construction de nouveaux ouvrages, le nettoyage de centaines de mètres linéaires de collecteurs et de caniveaux (131 073 mètres linéaires de collecteurs et 235 365 mètres linéaires de caniveaux). 

L’objectif de ces travaux est de permettre aux eaux de pluie d’être drainées vers leur destination naturelle. En plus de ces travaux, il mène de vastes campagnes de sensibilisation des populations afin qu’elles changent de comportements dans la gestion des déchets ménagers. Les chefs de quartiers et les légitimités traditionnelles, semble-t-il, ont été mis à profit pour cela. Malgré ces énormes efforts, il est déplorable de constater que les populations n’ont pas, du tout, changé de comportements. Il est loisible de constater, à plusieurs endroits de la ville, qu’elles continuent de verser les ordures ménagères dans les caniveaux, collecteurs et même dans les rues. Deux exemples illustrent parfaitement ce constat.

En commune I

A l’Est de la capitale se situe la commune I du district de Bamako. Elle est traversée par la route nationale qui va à Koulikoro, une route qui est actuellement en chantier. Les pluies torrentielles de fin avril et début mai 2025 ont causé des inondations sur cette route, particulièrement au niveau du pont qui sépare les quartiers de Korofina -Nord et Djelibougou. 

Les constructions riveraines ont été envahies par les eaux ainsi que des stations-service de carburant. Les eaux ont débordé la route en envahissant les rues telles que celle dite de Sada Diallo. Les véhicules arrêtés dans cette rue ont été immergés d’eau jusqu’au niveau des pare-brise. Il en a été de même pour les murs de clôture des habitations. 

La raison principale de ces inondations est que le collecteur qui passe sous le pont séparant les deux quartiers était envahi de déchets. Par ailleurs, à l’intérieur du quartier de Doumanzana, la nouvelle route goudronnée subit, elle aussi, l’incivisme des populations. C’est une grande rue qui a été récemment goudronnée et qui va dans le quartier voisin de Nafadji. Sur cet axe, les beaux caniveaux situés de part et d’autre de la route sont devenus des dépotoirs de déchets ménagers. Qu’il pleuve ou pas, beaucoup de riverains, comme les vendeurs, ainsi que des passagers y déversent quotidiennement des déchets. Et quand, il pleut, c’est au tour de beaucoup d’habitants d’y déverser leurs ordures au motif que les eaux vont les drainer pour les amener ailleurs. Mais où ? Aucun d’entre eux ne pourrait répondre à cette question.

En commune IV

Le même scénario a été observé à l’ouest de la ville, précisément sur la route nationale qui mène en Guinée Conakry. À partir du domicile du siège de EUCAP-SAHEL jusqu’au niveau du marché de Sebenicoro, c’était aussi l’inondation totale. La route a été submergée d’eaux. Des eaux qui ont finalement pris la direction des rues menant à l’intérieur du quartier. 

Si au niveau du pont de Woyowoyanko qui sépare les quartiers de Djicoroni-Para et Sebenicoro, il n’y avait pas assez de déchets, il est malheureux de constater qu’au niveau de l’ancien poste de sécurité situé en face du commissariat de police du quartier en est pour beaucoup dans cette inondation. Le poste est un lieu animé comme une gare routière. On y trouve toute sorte de vendeurs qui versent directement leurs déchets dans les caniveaux. Gare à celui qui ose leur reprocher cela. 

Les caniveaux sont totalement bouchés. Un peu en hauteur du poste vers le nord se trouve un espace vide servant de dépôt non officiel d’ordures pour les riverains. Et quand, il pleut, ces déchets sont drainés vers les caniveaux déjà remplis d’immondices.

Ces deux cas concrets suffisent à démontrer que le changement de comportements tant recherché par les autorités n’est pas pour demain. Alors, il faudrait envisager d’autres mesures sévères pour contraindre les populations à prendre soin de leur propre environnement. Il y va de leur sécurité.

SMC

26 mai 2025 0 comments
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Accident de circulation
A la UneSécurité

Sécurité routière au Mali : des initiatives pour minimiser les risques d’accident 

by Sidi Modibo Coulibaly 26 mai 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

La route tue, dit-on. Mais, c’est plutôt l’homme qui est à la base des accidents mortels. Les statistiques relèvent que 82 % des accidents de la circulation routière au Mali sont imputables au facteur humain. D’où l’impérieuse nécessité pour les autorités de faire changer de comportements aux usagers. Pour arriver à cela, le gouvernement multiplie des initiatives.

Parmi ces initiatives, on peut citer la journée nationale de la courtoisie dans la circulation routière et récemment les journées de sécurité routière dans les Campus universitaires. Le coup d’envoi de ces journées a été donné, le mardi 20 mai 2025, à l’Amphi 500 du Campus de Kabala, sous la coprésidence des ministres des Transports et des Infrastructures et de l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique. Elles vont continuer jusqu’au 29 mai 2025. Elles se tiennent, moins de deux mois, après la tenue de la 14e édition de la journée nationale de la courtoisie sur la route célébrée le 24 mars 2025 avec comme thème : « La protection des piétons sur la chaussée est un geste citoyen ». 

Au titre des activités 

Pendant ces journées de sécurité routière dans les campus universitaires, beaucoup d’activités ont été menées de façon simultanée dans ces différents établissements d’enseignement supérieur. Il s’agit, entre autres, des conférences-débats sur le traumatisme crânien, des prestations de la Protection civile sur le secourisme (gestes de premiers secours en cas d’accidents de Ia circulation routière). 

D’ailleurs, avant le lancement officiel des journées, il y a eu une conférence-débat sur le traumatisme crânien animée par le Chef de service réanimation du Centre Hospitalo-Universitaire Gabriel TOURE de Bamako et, une initiation aux gestes de premiers secours en cas d’accident de la circulation routière par la Protection civile. Le mardi 20 mai 2025, le top départ simultané de ces activités au niveau desdits campus a été donné dans le campus de Badala. Toutes ces activités ont un seul but : amener les étudiants à changer de comportement dans la circulation routière.

Changer le comportement des étudiants sur le chemin de l’école

Ces journées, qui ciblent les Campus universitaires de Kabala, Badala, Point-G et Ségou, ont pour objectif de contribuer à un changement positif de comportement des étudiants sur le chemin de l’école. Au Mali, surtout dans les grandes villes où se trouvent ces campus, l’agressivité sur la voie publique, le plus souvent verbale et parfois physique, a pris des proportions alarmantes. 

Elle se caractérise par des vociférations, des injures, des menaces, des klaxons abusifs et des gestes désobligeants, etc. Des comportements qui éloignent l’usager de l’affabilité, de l’amabilité, de la civilité et de toutes les valeurs qui fondent notre société. Les activités de ces journées devront pouvoir permettre de renouer avec ces valeurs fondamentales applicables tant dans la société globale que dans la circulation routière.

Les étudiants, victimes d’accidents routiers mortels

La tenue de telles journées à l’endroit des campus est venue à point nommé. À titre d’exemple, la route qui mène au campus de Kabala est devenue une route qui enregistre des pertes en vies humaines dans le monde universitaire. Selon le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les difficultés d’accès à ce complexe universitaire est marqué par une prolifération d’accidents de la circulation routière dont les principales victimes sont les étudiants. 

Et le Recteur de l’Université de Kabala Yambo OUOLOGUEM, de révéler les tragiques accidents survenus sur le trajet Kalabancoro-Kabala qui ont fait dix (10) morts dont un enseignant depuis l’inauguration du complexe en 2017. La dernière victime est Fanta Coulibaly, étudiante en Licence III, Science de l’Éducation décédée le 03 mai 2025 sur le chemin du campus. 

Donc, c’est ces raisons, selon la ministre des Transports et des infrastructures, que ces journées ont pour objet d’inverser cette tendance par un changement positif de comportement des étudiants sur le chemin de l’école. Il faut rappeler que le campus de Kabala a une capacité initiale d’accueil de 30 000 étudiants avec une superficie de 103 hectares. Ce qui fait de ce campus l’un des plus grands pôles universitaires de la sous-région ouest-africaine.

En 2024, un total de 7 673 cas d’accidents

Signalons que lors de la rencontre annuelle d’échange et de validation des statistiques des accidents de la circulation routière tenue le jeudi 24 avril 2025, il ressort que le Mali a connu, en 2024, un total de 7 673 cas d’accidents de la circulation. Et que ces accidents ont tragiquement causé 8 828 blessés et entraîné le décès de 682 personnes.

En comparant ces chiffres à ceux de l’année 2023 où 7 685 accidents avaient été recensés, ayant fait 7 938 blessés et 689 décès, on constate une légère diminution tant du nombre total d’accidents que du nombre de décès sur les routes maliennes. Par conséquent, on peut affirmer que les initiatives du gouvernement commencent à donner des résultats positifs.

Sidi Modibo Coulibaly

26 mai 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
ActuEdito

Edito. L’or malien sous feu nourri

by Chiencoro 25 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Alors que le Mali mise sur l’or pour asseoir sa souveraineté économique, les groupes terroristes multiplient les attaques contre les sites miniers, transformant le métal précieux en champ de bataille stratégique.

Il ne se passe plus un mois sans que le métal jaune ne rougisse sous les cendres d’une attaque. À Naréna, à Kobé, entre Tringa-Maréna et Dialaga, les sites aurifères maliens sont devenus des lignes de front. Non plus entre compagnies rivales, mais entre un État en quête de souveraineté économique et des groupes armés qui n’ignorent rien des nerfs d’une nation.

L’or, un levier stratégique.

Ces assauts, qui ciblent machines, hommes, convois ou camps, ne sont pas isolés. Ils dessinent une stratégie terroriste d’une implacable logique : frapper là où l’or circule, là où la richesse germe, là où le pouvoir central ancre sa volonté d’indépendance. En d’autres temps, on aurait parlé de guérilla économique. Aujourd’hui, c’est une guerre asymétrique pour le contrôle des soubassements du Mali.

Car ce que ces attaques visent, c’est bien plus que des pelleteuses ou des orpailleurs chinois. Ce qu’elles visent, c’est la colonne vertébrale du projet souverainiste porté par les autorités de la Transition. Depuis l’adoption du nouveau Code minier et sa déclinaison en politique de contenu local, l’or n’est plus seulement une ressource, il est devenu un levier stratégique.

Le Mali veut son destin entre ses mains. Cela suppose que ses richesses ne soient plus siphonnées par d’obscurs contrats passés sous influence étrangère. Cela suppose aussi que le secteur minier redevienne national dans son cœur et local dans ses retombées.

Frapper l’or, c’est frapper l’État

Or que voit-on ? À peine ce cap affirmé, le secteur aurifère est frappé. Les machines de la société COVEC incendiées. Des orpailleurs civils, jeunes pour la plupart, mitraillés sur la route de Kobé. Des engins miniers réduits en cendres à Koulikoro, dans un assaut spectaculaire où les flammes disaient ce que les communiqués terroristes n’ont même plus besoin d’expliquer : frapper l’or, c’est frapper l’État.

Ce n’est pas une exception malienne. Au Burkina Faso, au Niger, dans l’ensemble du Sahel, les groupes armés appliquent la même logique. Là où il y a de l’or, il y a levier. Taxation illégale, racket, recrutement, caches d’armes… L’orpailleur devient suspect, le convoyeur devient cible, le sol devient tranchée. À Boungou, en 2019, 40 morts. Depuis, des centaines de sites ont fermé, et la terre ne nourrit plus que la peur.

Mais au Mali, cette guerre économique a une portée encore plus lourde. Car ici, le projet de refondation se joue aussi dans les mines. L’or est devenu politique. Il est devenu symbole. Et comme tout symbole, il attire la violence de ceux qui refusent l’émancipation des États.

Le feu d’une souveraineté naissante

Il serait naïf de croire que ces attaques ne visent que des installations. Elles visent une vision. Celle d’un pays qui veut se redresser par lui-même. Elles cherchent à dissuader les investisseurs locaux, à fragiliser la chaîne de valeur malienne, à décrédibiliser la promesse d’un Mali maître de ses ressources.

Et pourtant, le pari est le bon. Jamais l’or n’a autant compté dans l’équation économique nationale. Jamais le cours mondial n’a été aussi sensible aux réformes nationales. Le monde regarde. Les marchés suivent. Les ennemis frappent.

Face à cela, l’État malien devra faire plus que sécuriser les sites. Il devra renforcer l’ancrage local du secteur, impliquer les communautés riveraines, militariser les chaînes logistiques critiques si nécessaire, et surtout maintenir intacte la volonté politique.

L’or malien brûle, oui. Mais c’est aussi le feu d’une souveraineté naissante. Et comme toute souveraineté, elle se conquiert sous les balles, mais aussi dans les bureaux, les lois, les bilans. Le combat ne fait que commencer.

Chiencoro Diarra 

25 mai 2025 0 comments
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BCID-AES
ActuÉconomie

BCID-AES : et si la souveraineté commençait par la banque ?

by Chiencoro 25 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

À rebours des schémas d’aide classiques, le Mali, le Burkina Faso et le Niger lancent la BCID-AES, une banque de développement confédérale pensée comme levier de souveraineté financière et outil d’émancipation régionale.

Il est des décisions politiques qui, en apparence, n’envoient pas de troupes, ne claquent pas dans les chancelleries et ne saturent pas les plateaux de télévision. Pourtant, elles déplacent des lignes plus profondément que bien des discours martiaux. L’annonce de la création de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement de l’AES (BCID-AES), ce mois de mai à Bamako, appartient à cette catégorie : celle des actes fondateurs silencieux.

Car ici, pas de communiqué vengeur, pas de bras de fer diplomatique. Juste trois pays sahéliens qui ont décidé, ensemble, de se doter d’un instrument bancaire à la hauteur de leurs ambitions. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger — trois nations que l’on préfère souvent réduire à leurs défis sécuritaires — ont choisi le levier de la finance pour reconquérir leur autonomie stratégique.

Une banque contre la dépendance

La BCID-AES n’est pas une institution de plus. C’est un manifeste financier. Elle incarne une double rupture. D’abord, avec le modèle postcolonial de développement, longtemps fondé sur l’endettement externe, les lignes de crédit conditionnées et les agendas exogènes. Ensuite, avec la fragmentation économique qui affaiblit l’espace sahélien depuis des décennies.

Son objectif est limpide : mobiliser des ressources propres, canaliser les flux internes, investir là où les besoins sont urgents et les intérêts nationaux prioritaires. Énergie, infrastructures, agriculture, éducation : ce sont les veines de la souveraineté réelle. Et c’est là que la banque veut injecter ses financements.

Une institution ancrée dans le réel sahélien

Au-delà des chiffres et des statuts, la BCID-AES est une réponse politique à une urgence historique. Celle d’un Sahel relégué, tenu à distance des centres de décision économique, souvent sommé de prouver sa crédibilité avant même d’exister.

Mais aujourd’hui, le vent tourne. Le prélèvement confédéral de 0,5 % sur les importations non-AES marque une volonté d’ancrer le financement dans le réel régional. La réforme des cadres miniers, qui permettra de capter une part des revenus extractifs, inscrit la banque dans une logique de revalorisation du sous-sol au bénéfice du sol social. C’est un autre pacte que l’on dessine ici, entre le peuple, ses ressources, et son avenir.

L’audace d’un imaginaire collectif

Il faut le dire : l’AES n’attend plus que l’on vienne l’aider. Elle s’organise pour s’aider elle-même, avec ses moyens, ses choix, ses contraintes. Loin des plans quinquennaux téléguidés ou des conditionnalités macroéconomiques, la BCID-AES porte un imaginaire : celui d’un espace qui croit à sa propre capacité de transformation.

Ce n’est pas un hasard si la future banque inscrit, parmi ses priorités, la promotion de l’identité culturelle et éducative. Dans un monde où l’on tente trop souvent de fabriquer la souveraineté depuis l’extérieur, voici une structure née de l’intérieur, pensée par ses membres, pour ses membres.

Le vrai défi : gouverner la confiance

Oui, la route sera longue. La réussite de la BCID-AES dépendra d’un mot souvent galvaudé : la gouvernance. Il faudra bâtir des statuts solides, désigner un conseil d’administration crédible, instaurer des règles de transparence. Mais si le projet réussit — et tout indique que les États membres y veilleront — la BCID-AES pourrait devenir le cœur financier battant d’un Sahel en reconstruction.

En somme, la souveraineté ne se décrète pas. Elle se finance. Et au Sahel, désormais, elle se finance à Bamako, Ouagadougou et Niamey — ensemble.

Chiencoro Diarra 

25 mai 2025 0 comments
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La Tour d'Afrique, Faladié - Bamako
A la UnePolitique

Afrique, 25 mai : la mémoire, le pardon… et l’avenir

by Chiencoro 25 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Placée sous le signe de la justice réparatrice, l’édition 2025 de la Journée mondiale de l’Afrique réconcilie mémoire blessée, unité retrouvée et rêve encore à construire.

Le 25 mai, chaque année, le continent s’arrête, regarde derrière lui — et tente de deviner l’horizon. C’est une date à la fois officielle et intime. Officielle, car elle commémore la naissance de l’Organisation de l’unité africaine en 1963, devenue Union africaine en 2002. Intime, car elle convoque ce que l’histoire a d’inachevé : les blessures du passé, les cicatrices du présent, les rêves têtus d’un futur africain maîtrisé.

En 2025, la Journée mondiale de l’Afrique n’échappe pas à cette tension entre douleur et espérance. Placée sous le thème explicite « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais des réparations », elle porte une parole ancienne, mais encore insuffisamment entendue : celle de la mémoire exigeante.

De la mémoire à la réparation : un appel continental

La Commission de l’Union africaine, par la voix de son président Mahmoud Ali Youssouf, n’a pas choisi le confort diplomatique. Elle parle de justice. De réparation. D’appropriation. Pas de déclaration creuse, mais un positionnement clair : l’Afrique veut solder ses comptes avec l’histoire, non pour se plaindre, mais pour rebâtir.

Ce n’est pas un ressentiment. C’est un projet. Loin des hommages figés aux héros décolonisateurs, le 25 mai 2025 invite à repenser les responsabilités, redistribuer les mémoires, réclamer — sans violence — une reconnaissance mondiale des fractures héritées de l’esclavage, du racisme structurel, et de la dépossession historique.

Unité, mais sans uniformité

Ce que cette journée dit aussi, c’est que l’unité africaine n’est pas un slogan, mais un chantier. À Lomé, des danses traditionnelles. À Rome, un pèlerinage spirituel pour la paix. Ailleurs, des expositions, des colloques, des concerts, des poèmes, des silences. Chaque État, chaque ville, chaque diaspora l’interprète à sa manière.

Mais tous convergent vers un même principe : l’Afrique est plurielle, mais elle veut avancer ensemble. Cette aspiration collective, encore imparfaite, encore lente, est aujourd’hui incarnée dans les chantiers en cours : l’intégration économique, la liberté de circulation, les coopérations culturelles et éducatives, les dynamiques de paix régionales.

Et c’est peut-être là que réside l’angle mort des analyses habituelles : le panafricanisme de 2025 ne se proclame plus, il se pratique. Dans les politiques publiques, dans les marchés communs, dans les alliances de sécurité ou de recherche. L’unité est devenue méthode.

Le temps de l’Afrique, entre prière et planification

À Rome, ce jour-là, des voix s’élèvent dans un monastère autour d’un thème simple : « L’espérance de la paix en Afrique.» Prière œcuménique, certes. Mais aussi résonance symbolique. Car ce 25 mai, ce n’est pas seulement l’Afrique qui se parle à elle-même. C’est le monde qui l’écoute — parfois sans comprendre.

Oui, la paix est encore à faire. Oui, les conflits n’ont pas cessé. Mais ce que cette journée rappelle avec force, c’est que l’Afrique ne demande pas la permission de se transformer. Elle en prend les outils, la voix, et désormais les mots.

En 1963, Haïlé Sélassié appelait à l’unité comme à une urgence sacrée. En 2025, l’appel est le même, mais les termes ont changé. Ce n’est plus l’Afrique blessée qui parle. C’est l’Afrique debout, consciente de son poids, de son histoire et de son rôle. Le 25 mai, dans ses rituels, ses discours et ses silences, nous rappelle que le continent, loin d’être un problème à résoudre, est une vision à assumer.

Chiencoro Diarra 

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Visite de Sadio Camara à Kidal
ActuSécurité

Kidal : quand Sadio Camara foule le sol reconquis

by Chiencoro 25 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

En visite à Kidal, le ministre de la Défense Sadio Camara signe le retour symbolique de l’État malien dans une région longtemps hors de portée, entre hommage aux soldats tombés et reprise en main des richesses confisquées.

Il y a des images que l’histoire aime retenir. Celle du général de corps d’armée Sadio Camara, ministre malien de la Défense, à ses côtés le gouverneur de la région, le général Gamou, ainsi que le chef d’etat-major général des armées, arpentant ce matin les rues poussiéreuses de Kidal, en fait partie. Non pour la mise en scène. Mais parce qu’elle dit, sans discours, le retour de l’État là où, si longtemps, seuls régnaient le vide et les menaces.

Une visite, un symbole, un tournant

Kidal, épicentre d’une décennie d’absence, terre disputée et revendiquée, n’avait plus vu pareille scène depuis des années. En s’y rendant ce jour, accompagné d’une importante délégation militaire et civile, le ministre Sadio Camara n’a pas simplement effectué une visite : il a signé un acte de souveraineté.

Premier geste, premier signal : le recueillement, sobre mais lourd de sens, sur les tombes des soldats tombés lors des événements du 17 et du 21 mai 2014. Ils furent les premiers à tomber, dans un Mali encore hésitant, encore entravé. Aujourd’hui, c’est l’institution militaire elle-même qui revient honorer leur mémoire, sur une terre qu’elle a reconquise, en novembre 2023.

Le retour dans la ville interdite

À Kidal, le camp 2 est redevenu malien. Non plus un poste avancé surveillé à distance, mais une emprise active, ouverte, pacifiée. Après une décennie d’absence imposée, l’armée malienne ne se contente plus d’y stationner. Elle y circule, elle y enquête, elle y gouverne.

Sadio Camara, sans protocole excessif, s’est offert un bain de foule, entre sourires timides et regards encore incrédules. À Kidal, on n’embrasse pas encore l’uniforme, mais on commence à le reconnaître comme légitime.

L’or et les fantômes du pillage

Mais c’est ailleurs que la visite du ministre a pris une tournure saisissante. Car ce que Sadio Camara est allé voir, c’est aussi l’autre guerre : celle des ressources. Des sites d’exploitation aurifère, jadis aux mains des groupes terroristes, ont révélé leur cortège de paradoxes : maisons cossues, centre commercial aux 336 magasins, luxe insolent dans une région que l’on disait sinistrée.

Des noms circulent, familiers des services de renseignement : Bilal Ag Cherif, Al-Gabass Ag Intalla, Mohamed Ag Nadjim… Autant de figures de l’insurrection, autant d’acteurs d’un système d’enrichissement illicite fondé sur l’exploitation d’un territoire abandonné.

Depuis la reconquête militaire du 14 novembre 2023, ces rêves sont à l’arrêt. Le pouvoir central reprend les clés, lentement mais sûrement, d’une région où tout semblait figé.

Plus qu’une visite, une réappropriation

Ce que dit cette journée, c’est qu’il n’y a plus de sanctuaire. Que le mythe de Kidal, enclave rebelle, bastion inaccessible, s’effondre. Pas sous les balles, mais sous les pas d’un général qui ne croit qu’aux actes. Car Sadio Camara ne parle pas souvent. Il agit. Et en politique sahélienne, cela reste la forme la plus rare de parole publique.

En foulant le sol de Kidal, le ministre de la Défense a renoué un fil rompu, entre l’État et un territoire qui s’était habitué à l’entre-soi. Ce fil, il faudra le tresser avec prudence. Mais l’essentiel est posé : l’État n’est plus absent.

Chiencoro Diarra 

25 mai 2025 0 comments
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Le comédien Nouhoum Cissé, alias Baniengo
A la UneSeko ni Donko

Mali : Baniengo, le dernier rire du peuple

by Chiencoro 25 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Le comédien Nouhoum Cissé, alias Baniengo, s’est éteint. Figure emblématique du théâtre populaire malien, il laisse derrière lui un héritage de lucidité, d’humour et d’engagement au service du peuple.

Il était l’un de ces visages familiers que le Mali croyait éternels. De ceux qu’on ne regarde pas seulement pour rire, mais pour se reconnaître. Baniengo — de son vrai nom Nouhoum Cissé — n’est plus. Et c’est un peu du théâtre populaire malien, avec ses rires francs, ses silences complices et ses satires acérées, qui s’en va avec lui.

Né un 31 décembre, à la veille d’une année et peut-être d’un monde, dans le petit village de Tayinibougou, cercle de Kita, il avait ce qu’on appelle l’art de faire peuple. D’abord professeur, donc transmetteur de savoirs. Mais très vite, l’appel de la scène : non pas celle des élites, mais celle des quartiers, des foires, des biennales, où l’on joue pour instruire sans avoir l’air d’enseigner. Il n’avait pas appris le théâtre, il le savait.

Un griot debout, un miroir sans pitié

Baniengo, c’était un pseudonyme, mais surtout un personnage devenu mythe. À travers lui, Nouhoum Cissé n’imitait pas la société malienne, il la révélait. Ses sketchs — qu’il s’agisse de « La démocratie selon Bayengo», d’imams improbables ou de vieilles dames refusant le temps — n’étaient jamais anodins. Toujours drôles, mais jamais creux. L’humour chez lui était une stratégie de lucidité. Un instrument de dévoilement plus que de divertissement.

À une époque où les discours officiels peinaient à convaincre, lui parlait vrai avec les outils du faux. Une chaise, un boubou, un accent, et le pays tout entier se retrouvait dans ses métaphores vivantes. Ce n’est pas tant qu’il faisait rire, c’est qu’il faisait du rire une arme douce contre la bêtise et l’abus.

L’homme derrière le masque

Mais derrière les rideaux, un formateur, un homme de transmission. Il croyait à l’éducation populaire. Il la pratiquait sans jargon. Pour lui, le théâtre était un service public, au même titre que l’école ou la santé. Il formait des jeunes, encadrait des campagnes de sensibilisation, militait à sa manière pour une citoyenneté active, loin des conférences en costume.

Il disait un jour : « Je veux vivre éternellement. Pour ce faire, il faut que je fasse tache d’huile dans la culture malienne. » Paroles d’artiste ? Oui. Mais surtout testament de mission.

Une disparition, une bascule

Sa mort est plus qu’une perte individuelle. Elle marque la fin d’un cycle. Celui où les grands conteurs maliens faisaient office de boussole sociale. Dans un pays où la parole est or, Baniengo était lingot. Il n’avait ni studio ni plateforme, mais son influence pesait plus que bien des tribunes officielles.

Aujourd’hui, au Mali comme ailleurs, le théâtre populaire vacille, pris en étau entre réseaux sociaux et standardisation culturelle. Mais tant qu’on se souviendra d’un sketch de Baniengo, tant qu’un jeune comédien reprendra ses gestes ou ses silences, le rire vivra encore comme un acte de résistance.

Baniengo est mort. Mais Nouhoum Cissé nous laisse un legs vivant : celui d’un art qui ne s’excuse pas d’être du peuple, pour le peuple, avec le peuple.

Chiencoro Diarra 

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