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Choguel-Kokalla-Maiga
Analyses

Mali : Garde à vue de Choguel Kokalla Maïga, décès de Tiébilé Dramé et incarcération de Moussa Mara – trois secousses politiques en moins de deux semaines

by Sahel Tribune 12 août 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

En moins de deux semaines, le Mali a vu disparaître une figure historique, et deux anciens Premiers ministres rattrapés par la justice, signe qu’au Mali de la Transition, la politique n’exempte plus de l’obligation de rendre des comptes.

Le Mali n’avait pas connu pareille densité politique depuis des mois : en l’espace de quelques jours, la capitale malienne a vu s’enchaîner la mise en garde à vue d’un ancien Premier ministre, la disparition d’une figure historique du mouvement démocratique, et l’incarcération d’un autre ex-chef du gouvernement. Trois événements qui, loin de traduire une crise improvisée, s’inscrivent dans la volonté des autorités de la Transition de restaurer une gouvernance rigoureuse.

Choguel face aux enquêteurs

Vendredi 1er août 2025, Choguel Kokalla Maïga avait déjà fait un premier passage devant la brigade du Pôle national économique et financier. Convoqué de nouveau ce mardi 12 août pour des confrontations annoncées avec d’anciens collaborateurs, il a patienté cinq heures avant que la procédure ne prenne une tournure plus ferme : placement officiel en garde à vue, le temps pour les enquêteurs de boucler leur dossier et de le transmettre aux autorités judiciaires compétentes, selon un communiqué signé de son avocat, Maître Cheick Oumar Konaré, Avocat au barreau du Mali.

Dans le viseur : des soupçons d’atteinte aux biens publics issus d’un rapport du Vérificateur général. Mais, précise son avocat Me Cheick Oumar Konaré, l’ancien chef de la Primature bénéficie de tous les égards dus à son rang et reste présumé innocent. Ses proches, dont l’ancien directeur de cabinet Issiaka Ahmadou Singaré et trois ex-directeurs administratifs et financiers, sont également concernés par cette mesure.

La disparition d’un vétéran politique

Le même jour, la nouvelle est tombée de Paris : Tiébilé Dramé, ancien ministre des Affaires étrangères, ex-président du PARENA et militant de la première heure du combat démocratique, s’est éteint. Pour beaucoup, il incarnait cette génération d’hommes politiques forgés dans les luttes estudiantines des années 1980, puis propulsés au premier plan à la faveur de l’ouverture démocratique. Même si ses prises de position récentes avaient parfois divergé de la ligne officielle, il restera dans l’histoire comme un artisan du Mali pluraliste.

Moussa Mara derrière les barreaux

Dans ce climat déjà chargé, le 1er août avait aussi vu l’inculpation et le placement sous mandat de dépôt de Moussa Mara (Premier ministre de 2014 à 2015). L’homme, aujourd’hui président du parti Yelema, est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime » après avoir publiquement exprimé son soutien à plusieurs personnalités incarcérées pour des critiques jugées infondées et déstabilisatrices envers la Transition.

Son style : un discours mesuré, mais une activité soutenue sur les réseaux sociaux et lors de conférences internationales. Une visibilité qui, pour les autorités, ne peut exonérer de la responsabilité de respecter les lois et les institutions. Son procès est prévu pour le 29 septembre prochain.

Une Transition qui trace sa voie

Au Mali, ces dossiers ne sont pas perçus comme des règlements de comptes, mais comme l’affirmation d’un principe : nul, aussi prestigieux soit-il, n’est au-dessus de la loi. Dans un Mali confronté aux défis sécuritaires et à la nécessité de redresser un État fragilisé, la Transition conduite par le général Assimi Goïta entend conjuguer fermeté et légalité, quitte à bousculer certains repères du jeu politique.

En quelques jours, la scène politique malienne a perdu un vétéran respecté, vu deux anciens Premiers ministres confrontés à la justice, et confirmé que l’heure est à la discipline et à la redevabilité. Les règles du jeu changent : désormais, l’immunité politique ne protège plus contre les rigueurs de la loi.

Dissolution des partis politiques 

Le 13 mai 2025, par décret présidentiel, les autorités de la Transition dirigées par le général Assimi Goïta ont annoncé la dissolution de l’ensemble des partis et organisations à caractère politique — environ 300 au total — mettant un terme au multipartisme hérité de la démocratisation de 1992.

Cette décision, qui s’inscrit dans le sillage des réformes de refondation adoptées lors des Assises nationales de 2021, répond selon les autorités de la transition, à la nécessité de « réorganiser le paysage politique de façon sereine » et en cohérence avec l’option de souveraineté revendiquée par Bamako. Elle est intervenue quelques jours après une manifestation, le 3 mai, regroupant une centaine de militants opposés à cette perspective.

Le décret a abrogé la charte encadrant la vie, la création et le financement des partis. Si l’opposition a réagi par une série de recours judiciaires, les tribunaux civils de Bamako les ont rejetés en première instance, et les procédures d’appel, y compris devant la Cour suprême, sont toujours en cours.

Pour le pouvoir, cette rupture avec le système partisan traditionnel constitue une étape vers un nouveau cadre institutionnel, débarrassé des logiques clientélistes et recentré sur l’intérêt national.

A.D

12 août 2025 0 comments
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Tiébilé Dramé
Politique

Tiébilé Dramé : Le Mali orphelin de son vieux lion politique

by Sahel Tribune 12 août 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Mort à 70 ans ce mardi 12 aout 2025 à Paris, l’ancien ministre, opposant historique et fondateur du PARENA laisse derrière lui un héritage complexe, mêlant fidélité aux idéaux démocratiques et pragmatisme politique assumé.


Nioro du Sahel, 1955. Dans ce coin du Mali où le vent du désert n’efface pas les colères, naît Tiébilé Dramé. Étudiant engagé dans les années 1970 et 1980, il se dresse contre le régime de Moussa Traoré. La prison, il connaît. L’exil aussi, en France et en Angleterre, où il met ses convictions au service d’Amnesty International. Là, il apprend à conjuguer le militantisme malien avec le langage universel des droits humains.


En 1991, le regime de Moussa Traoré s’effondre. Dramé rentre, le pas ferme. Fondateur du Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA), il se pose en gardien sourcilleux des règles du jeu démocratique. Il s’impose comme un interlocuteur incontournable, tant pour ses alliés que pour ses adversaires. Ministre à plusieurs reprises, dont celui des Affaires étrangères en 2019 sous Ibrahim Boubacar Keïta, il incarne une certaine idée du dialogue national : exigeant dans la forme, pragmatique dans le fond.

Un démocrate… et un pragmatique


Ses détracteurs le soupçonnent de calculs personnels, pointent des alliances inattendues, parfois à rebours de ses discours. Ses partisans, eux, louent un homme qui savait que, dans le Mali des crises successives, la pureté idéologique est souvent un luxe. Dramé n’a jamais cessé de dénoncer les coups d’État, tout en négociant avec les pouvoirs en place lorsque l’intérêt national le commandait.


Au fil des décennies, Dramé devient un artisan des pourparlers de paix. Dans les coulisses, il parle à tout le monde, y compris à ceux qu’il critique publiquement. Ses interventions sont rarement tonitruantes, mais souvent décisives. Dans un pays où la politique se joue aussi dans l’ombre, il avait compris que la fermeté pouvait s’accommoder de compromis.

Héritage et avertissement


Marié à Kadiatou Konaré, père de neuf enfants, il trouvait dans sa famille un équilibre face aux secousses de la vie publique. Avec sa disparition, le Mali perd l’un des derniers visages de la génération 1991, celle qui a abattu une dictature à mains nues. Mais aussi un « intranquille » qui refusait aussi bien la résignation que les certitudes faciles.

Tiébilé Dramé n’était pas un saint — il ne le revendiquait pas. Mais il fut un repère. Et c’est peut-être là son legs le plus durable.

A.D

12 août 2025 0 comments
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Lancement du PNR 2025
A la UneÉconomie

PNR 2025 : le Mali muscle sa riposte contre l’insécurité alimentaire

by Chiencoro 12 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Ce mardi 12 août 2025, sous un ciel lourd de saison des pluies et dans l’effervescence coutumière du grand carrefour de Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, a donné le coup d’envoi du Plan National de Réponses (PNR) contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle pour l’année 2025. 

Ce rendez-vous, désormais inscrit dans le calendrier politique comme un rituel républicain, illustre à lui seul l’axe stratégique adopté depuis 2021 : faire de l’alimentation, de la nutrition et du développement des priorités jumelles de la sécurité nationale.

Car au Mali, les autorités l’ont compris : sans nourriture sur la table, point de paix durable ; sans sécurité alimentaire, pas de sécurité tout court. C’est cette conviction, martelée depuis Mopti en 2021, Nioro du Sahel en 2022, Ségou en 2023 et Sikasso en 2024, que Redouane Ag Mohamed Ali, ministre commissaire à la sécurité alimentaire, résume comme un fil rouge politique : « Un rituel qui, chaque année, ancre un peu plus la réponse nationale dans la réalité des régions », commente-t-il, avant de souligner que Bamako, cette fois, devient le théâtre de l’engagement présidentiel.

La philosophie de la souveraineté alimentaire

Les chiffres, eux, ne laissent guère de place à l’approximation : 1 470 114 Maliens vivent aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 – Crise) et nécessitent des interventions immédiates. Face à ce constat, l’État a débloqué une enveloppe de 12,74 milliards de F CFA. L’argent permettra la distribution gratuite de 22 700 tonnes de céréales, la vente à demi-tarif de kits alimentaires à 16 000 ménages vulnérables dans Bamako et d’autres villes de l’intérieur, ainsi que la distribution de 300 tonnes d’aliments pour poisson.

Mais le dispositif ne s’arrête pas là. Dans une interview, au ton à la fois martial et protecteur, Goïta a détaillé les trois volets de l’opération : d’abord, les distributions gratuites ; ensuite, la mise sur le marché de 11 500 tonnes de vivres subventionnés ; enfin, le volet « résilience », conçu pour soutenir les pisciculteurs, aménager des périmètres maraîchers et restaurer les terres dégradées. En filigrane, c’est toute une philosophie de souveraineté alimentaire qui se déploie : un pays moins dépendant des importations, plus résistant aux chocs climatiques et aux fluctuations du marché mondial.

L’alimentation, l’acte fondateur de toute souveraineté réelle

Le ministre commissaire a, pour sa part, salué les mesures préventives prises par le chef de l’État : approvisionnement régulier des marchés domestiques, stabilité relative des prix, et surtout continuité du PNR, qui, selon lui, a permis des progrès qualitatifs tangibles. À ses côtés, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) apparaît comme un allié stratégique : 15 milliards de F CFA et 10 000 tonnes de vivres pour soutenir 685 000 bénéficiaires supplémentaires, dans une assistance complémentaire qui souligne que, dans ce domaine, la coopération internationale reste vitale.

« Nous savons que nos défis sont multiples », a conclu Assimi Goïta, évoquant tour à tour les aléas climatiques, les crises internationales et l’insécurité persistante dans certaines zones. « C’est pourquoi la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos concitoyens demeure au cœur de nos priorités. »

En filigrane de cette journée dans la cour de l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) de Sogoniko, au-delà des chiffres et des caméras, se lit la volonté d’un exécutif en quête d’ancrage populaire : affirmer que nourrir son peuple n’est pas un geste ponctuel, mais l’acte fondateur de toute souveraineté réelle.

Chiencoro Diarra 

12 août 2025 0 comments
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Curage des caniveaux
A la UneClimat et environnement

Collecteurs et caniveaux à Bamako : les grands travaux de curage sont presque finis 

by Sidi Modibo Coulibaly 7 août 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Pour diminuer les risques d’inondations, le gouvernement avait lancé, le jeudi 15 mai 2025, sous la présidence du Premier ministre, un vaste programme de curage des collecteurs et caniveaux de Bamako. Trois mois après ce lancement, il est heureux de constater que les travaux sont à un taux d’exécution de plus de 95 %.

L’information a été rendue publique à l’issue d’une visite de terrain d’une forte délégation conduite par le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable Doumbia Mariam Tangara. C’était le mardi 29 juillet 2025. Depuis quelques années, l’État investit des montants colossaux dans l’entretien des infrastructures d’assainissement pour diminuer les risques d’inondation et protéger les personnes et leurs biens. 

L’objectif est de garantir une protection efficace à 87,71 % contre les inondations. C’est pourquoi il était nécessaire que le gouvernement veille rigoureusement au suivi de ces investissements, qui pour cette année, s’élèvent à 2,66 milliards de francs CFA à travers le Budget spécial d’investissement et le Projet de Résilience urbaine (PRUBA). C’est ainsi que Doumbia Mariam Tangara et sa délégation ont visité tour à tour le collecteur de Banconi (en commune I) , celui de l’hippodrome ( Commune II). À l’issue de la visite, le constat est que les travaux avancent normalement.

Plus de 95 % des travaux de curage effectués

Le programme de curage de collecteurs prévoyait 131 073 mètres linéaires. À la date du 24 juillet 2025, le taux d’avancement des travaux de curage de collecteurs était de 98,81 % pour un délai consommé de 96,67 %. À titre d’illustration, le curage du collecteur de Banconi a concerné 7 000 mètres linéaires. Au passage de la délégation ministérielle, les travaux sont réalisés à 100 % et la réception technique a été faite avec quelques réserves qui sont en train d’être prises en charge par l’entreprise. 

Quant au curage de caniveaux, il concerne au total 223 830 mètres linéaires. Au passage de la délégation ministérielle, le taux d’avancement était de 96 % pour un délai consommé de 94 %. A noter que tous les déblais de curage ont été acheminés à la décharge finale de Noumoubougou. La réception définitive sera organisée après la prise en charge des observations formulées.

Construction d’ouvrages 

Outre le curage des collecteurs et des caniveaux, il y a en cours la construction d’ouvrages au niveau de deux sites à Lafiabougou et à Sabalibougou Courani. Le site de Lafiabougou concerne le pont de Woyowoyanko situé en commune IV du district de Bamako et séparant les quartiers de Djicoroni-Para et Sebenicoro. Il s’agit de la construction d’un ouvrage et de l’aménagement d’une voie alternative au tronçon urbain de la RN5 (route nationale) en commune IV du district de Bamako, long d’environ 6 km. De façon particulière, il s’agit de la construction d’un nouvel ouvrage et du redimensionnement de l’existant afin de maintenir en service l’une des artères principales du Mali. 

Au niveau de Sabalibougou Courani en commune VI du district de Bamako, il s’agit de travaux d’ouverture et de curage des deux siphons secondaires. Les travaux comprennent également la construction d’un collecteur en maçonnerie de moellons du côté amont, pour drainer les eaux du collecteur principal de Missabougou vers lesdits siphons.

Il faut signaler que le Premier ministre a visité, le jeudi 15 mai 2025 ces deux sites. Sur place, le Général de Division Abdoulaye Maïga a constaté l’état d’avancement des travaux et donné des instructions fermes à la CETRU pour prendre toutes les dispositions nécessaires et urgentes afin de respecter les délais impartis.

Sidi Modibo Coulibaly

7 août 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
Politique

Malikura Taasira 3 : Le Premier ministre à cœur ouvert sur les défis et les ambitions du Mali

by Ibrahim Kalifa Djitteye 7 août 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, était l’invité de l’émission Mali Kura Taasira 3, diffusée samedi soir sur la télévision nationale. À travers cet entretien, le Chef du gouvernement est revenu sur les principaux sujets d’actualité du pays, en sa qualité de Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, et Porte-parole du gouvernement.

Au cours de cet échange, il a abordé sans détour les questions liées à la sécurité, à la gouvernance, à la politique, à l’énergie, et à la diplomatie. Une intervention qui a permis de faire le point sur les progrès réalisés, tout en projetant les grandes ambitions du Mali.

À travers ses réponses, le Premier ministre a surtout mis en lumière la vision du Chef de l’État, qu’il décrit comme « passionné, déterminé, et totalement engagé pour sortir le Mali de la crise multidimensionnelle ».

Sécurité nationale, une lutte contre un ennemi invisible

Au cœur des échanges, la situation sécuritaire a occupé une place importante. Le Premier ministre a expliqué que le terrorisme que connaît le Mali est bien différent d’une guerre classique. « Dans une guerre classique, les ennemis portent des uniformes. Dans notre cas, les terroristes sont souvent cachés parmi la population », a-t-il précisé.

Face à cette menace, le chef de l’État a placé la sécurité au centre de ses priorités. Il a donc décidé de renforcer et d’équiper les Forces armées et de sécurité, qui, selon le Premier ministre, accomplissent un « travail remarquable sur le terrain ».

Pour lui, la refondation du Mali ne peut se faire sans un environnement sûr. C’est pourquoi l’accent est aussi mis sur le retour des services sociaux de base dans les zones anciennement instables.

Administration et découpage, vers un État plus présent

Le Premier ministre a aussi parlé du retour de l’État dans les zones qui avaient été abandonnées à cause de l’insécurité. Il a rappelé qu’à un moment donné, 70 % du territoire national était hors de contrôle. Aujourd’hui, grâce aux efforts du gouvernement, l’administration est de retour dans la plupart des localités.

Pour combler le manque d’administrateurs civils, surtout avec la création de nouvelles circonscriptions, l’État a choisi de nommer des militaires à certains postes. Cela permet à la fois de sécuriser et d’occuper rapidement les espaces concernés.

Abdoulaye Maïga est aussi revenu sur le nouveau découpage administratif, qu’il décrit comme une réforme importante permettant d’éviter les conflits de compétence et de mieux organiser le territoire.

Une refonte du paysage politique

Abordant la question de la dissolution des partis politiques, Abdoulaye Maïga a expliqué que cette décision est issue des recommandations des Assises nationales de la Refondation. Ces Assises ont suggéré de réduire le nombre de partis, car le pays en comptait plus de 277.

« Il ne s’agit pas de mettre fin au multipartisme. Il est garanti par la Constitution. Mais il fallait assainir le paysage politique », insiste le Premier ministre qui a également annoncé qu’un audit financier des anciens partis sera réalisé par la Cour suprême.

Selon lui, cet audit est légitime car les partis ont reçu de l’argent public. Il précise que ce n’est pas le gouvernement qui mènera l’opération, mais bien une institution judiciaire indépendante.

Le processus électoral maintenu

Concernant les élections, le chef du gouvernement a affirmé que le gouvernement est engagé à les organiser. Il a rappelé que la Transition est toujours chargée de préparer le retour à l’ordre constitutionnel par la voie électorale.

« Il n’y a pas d’alternative aux élections. C’est notre Constitution qui le dit. Nous avons commencé les préparatifs depuis longtemps », a-t-il assuré. Il a également parlé de l’Autorité indépendante de gestion des élections, qui a déjà été mise en place pour garantir des scrutins transparents.

Il a souligné que les élections doivent se dérouler dans un climat apaisé, et que des efforts sont faits pour éviter les erreurs du passé, notamment les violences post-électorales ou l’insécurité liée aux campagnes.

Plan d’action et paix, une vision claire

Le Premier ministre a présenté le Plan d’action du gouvernement 2025-2026, qui comprend 24 objectifs, 72 actions et 312 activités, pour un budget total de 1 671 milliards de francs CFA. Il a réaffirmé que son équipe travaille sans relâche pour atteindre ces objectifs.

Concernant la paix, il a évoqué la nouvelle Charte pour la paix et la réconciliation nationale, tout en rappelant que le gouvernement n’est pas preneur de médiation étrangère. 

Il a insisté sur le rôle des Forces armées et de sécurité, déployées sur tout le territoire national, qui abattent un travail quotidien remarquable pour ramener la paix, avec l’appui des pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

Crise énergétique, vers une autonomie progressive

Le Premier ministre a aussi abordé la crise énergétique, reconnaissant les nombreuses difficultés de la société Énergie du Mali (EDM). Il a expliqué que l’électricité est vendue à un prix inférieur à son coût de production, ce qui crée un déséquilibre financier.

Aujourd’hui, environ 70 % des clients d’EDM bénéficient du tarif social, ce qui n’était pas prévu au départ. Le gouvernement travaille désormais à diversifier les sources d’énergie (thermique, solaire, nucléaire) pour garantir une fourniture de courant 24h/24.

Il a salué la résilience des Maliens, tout en rassurant que l’État fait tout pour améliorer la situation. Le but est de rendre EDM autonome et d’utiliser les subventions actuelles pour d’autres secteurs essentiels de l’économie.

Le Mali reste debout sur la scène internationale

Face aux critiques parlant d’un supposé isolement du Mali, le Premier ministre a été ferme : « Le Mali n’est pas isolé et ne le sera jamais. Nous avons des relations normales avec plusieurs pays et nous participons aux réunions internationales ».

Il a insisté sur le fait qu’aucune organisation ne peut déclarer un pays isolé, et que ces termes sont souvent utilisés par des médias pour faire de la désinformation. Il a ajouté que les commissions mixtes avec plusieurs pays se tiennent normalement.

Ainsi, Abdoulaye Maïga a rappelé que la vision des dirigeants de l’AES est de faire de la Confédération une puissance régionale, capable de se défendre, de se développer, et de rayonner sur le continent. 

Ibrahim Kalifa Djitteye

7 août 2025 0 comments
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Lithium Goulamina au Mali
Économie

Bougouni, pépite verte d’un Mali en transformation

by Sahel Tribune 6 août 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Bougouni, dans le sud du Mali, le projet d’exploitation de lithium porté par Kodal Minerals avance à grands pas, entre espoirs économiques, enjeux géostratégiques et défis logistiques, dans un contexte où chaque tonne de spodumène symbolise bien plus que du minerai. Un pari sur l’avenir d’un pays en quête de souveraineté énergétique et industrielle.

Dans un Mali encore fébrile de ses convulsions politiques et sécuritaires, une lueur — non pas dorée cette fois, mais verdâtre — scintille au sud du pays, dans la région de Bougouni. Ce n’est ni du coton ni du bétail, encore moins du mil. C’est du lithium. Le « nouvel or blanc » du XXIe siècle, si stratégique que les chancelleries s’y intéressent plus discrètement que les usines n’en consomment.

Le paradoxe

C’est là que Kodal Minerals, société minière d’obédience britannique, via sa filiale locale Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB), déroule un tapis d’espoirs. Un projet pharaonique à l’échelle de l’économie malienne, mené avec une cadence méthodique et une communication que certains jugeraient presque trop transparente, tant elle se veut rassurante : usine de traitement opérationnelle, plus de 45 000 tonnes de concentré de spodumène déjà prêtes à l’exportation, et formation de main-d’œuvre locale comme gage de respectabilité sociale.

Mais dans cette fresque aux contours optimistes, un détail fait tache. L’eau. Pas celle des besoins vitaux, mais celle des pluies. Abondantes. Encombrantes. Débordantes. Les fosses de la mine à ciel ouvert de Ngoualana, inondées, ont momentanément gelé l’accès aux niveaux inférieurs. Les pompes s’activent, les bulldozers rongent le mort-terrain, et l’ingénierie s’emploie à rattraper les caprices de la météo. Par-dessus tout, « Les opérations minières ont également été impactées par des retards dans la livraison des explosifs sur le site […] et devraient être bientôt corrigées afin de minimiser les retards. », a souligné Bernard Aylward, PDG de Kodal Minerals.

Finaliser les exigences relatives à un permis d’exportation

C’est dans ce décor que le professeur Amadou Keïta, ministre des Mines, flanqué du général Ousmane Wele, gouverneur de Bougouni, a chaussé ses bottes pour visiter le site. Une visite saluée comme un acte politique autant que symbolique. Oui, le projet avance, la main-d’œuvre malienne est mise à contribution et le stock de spodumène s’accumule. Mais non, le permis d’exportation n’est pas encore là. Et c’est tout le paradoxe.

Car sans ce précieux sésame administratif, les tonnes de minerai pourraient bien finir comme les rêves d’un Mali minier autonome : bloqués sur le tarmac de l’administration, en attente de feu vert. C’est ce que Bernard Aylward, PDG de Kodal Minerals, a martelé aux autorités lors de cette visite : le projet est mûr pour l’envol, les partenaires internationaux sont prêts, les ports de San Pedro et Abidjan en Côte d’Ivoire attendent leur cargaison. « Je suis heureux de confirmer que l’équipe du LMLB continue de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du Mali pour finaliser les exigences relatives à un permis d’exportation. Une fois accordé, le permis d’exportation permettra, entre autres, le transport des importants stocks de concentré de spodumène vers les ports pour expédition vers Chine », a-t-il expliqué. 

Le lithium, pour qui sait lire les signaux faibles, est plus qu’un minerai. Il est au cœur de la transition énergétique mondiale, la clef des batteries, des véhicules électriques, du stockage d’énergie solaire. En clair, de tout ce vers quoi le monde se précipite. Le Mali, par la grâce géologique de Bougouni, détient une part de cette promesse. 

A.D

6 août 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, Premier ministre
A la UnePolitique

À Awaza, la Confédération AES plaide pour un « multilatéralisme à visage humain »

by Chiencoro 6 août 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Depuis les rives de la Caspienne, à Awaza, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a porté haut la voix de la Confédération des États du Sahel (AES), appelant à un multilatéralisme solidaire, centré sur l’humain, loin des logiques de domination et de sanctions arbitraires.

Il est des discours qui résonnent au-delà des murs feutrés des conférences internationales, parce qu’ils ne se contentent pas de réciter une litanie diplomatique convenue, mais s’ancrent dans une réalité tangible, charnelle, parfois brutale. Celui prononcé par le général Abdoulaye Maïga, Premier ministre malien, à la tribune du sommet des Pays en Développement sans Littoral (PDSL), le 5 août à Awaza, en fait partie.

En porte-voix d’une Confédération encore jeune, mais déjà combattive — celle née du pacte entre Bamako, Ouagadougou et Niamey —, en septembre 2024 à travers la charte du Liptako-Gourma, le chef du gouvernement malien n’a pas seulement exposé les défis logistiques ou commerciaux des États de l’hinterland sahélien. Il a formulé une vision. Une exigence. Une ambition. Celle d’un « multilatéralisme à visage humain ». Non pas cette façade policée d’une gouvernance mondiale souvent déconnectée, mais un ordre international rééquilibré, respectueux de la souveraineté et soucieux du sort réel des peuples.

Du droit d’accès à la mer à la souveraineté économique

La Confédération AES, a rappelé Maïga, est ce bloc continental de 2,8 millions de km² et 75 millions d’habitants, encerclé par 11 voisins côtiers, riche d’un sous-sol convoité et d’une jeunesse bouillonnante. Mais elle est aussi — et surtout — l’illustration contemporaine d’une anomalie persistante : être privé de son droit d’accès à la mer, pourtant consacré par les conventions internationales. Ici, le propos devient tranchant : dénonçant les blocus et les mesures coercitives déguisées en politiques de pression, le Premier ministre malien appelle à une solidarité agissante, et interpelle frontalement les Nations unies sur leur silence face à ces violations répétées.

Maïga n’élude pas les faiblesses internes. Il les retourne même en tremplins. Oui, l’AES est enclavée. Oui, elle a connu instabilité et prédation. Mais elle a choisi, désormais, la voie d’un développement endogène, débarrassé des injonctions extérieures. Industrialisation, transformation locale des ressources, investissement massif dans les infrastructures, création d’une Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement. Le discours est structuré, les jalons posés.

La souveraineté, fil rouge d’une nouvelle narration sahélienne

Mais au-delà des chiffres et des programmes, c’est un ton, presque une posture, qui retient l’attention. Celle d’un bloc qui ne quémande pas, mais propose. Qui ne s’excuse plus, mais revendique. Loin des caricatures d’un Sahel sinistré, Abdoulaye Maïga oppose une autre narration : celle d’une terre d’opportunités, non d’une zone à sécuriser sous tutelle. « Notre narratif est que le Sahel reste une terre d’opportunités », martèle-t-il. Une manière claire de rompre avec une certaine rhétorique humanitaire ou sécuritaire, souvent utilisée par les bailleurs pour masquer des intérêts moins altruistes.

Le discours d’Awaza, à sa manière, propose un nouveau pacte : coopérer, oui, mais sur la base d’une relation équilibrée et mutuellement bénéfique. La Confédération AES ne rejette pas la coopération, mais elle en redéfinit les conditions : respect de la souveraineté, reconnaissance des choix stratégiques, prise en compte des intérêts vitaux des populations. Fini donc les partenariats à sens unique.

Une Confédération qui bouscule les codes

À entendre le Premier ministre malien, l’AES ne veut plus être perçue comme une anomalie géographique à assister, mais comme un acteur géopolitique à considérer. Elle n’est pas un « problème » régional, mais une réponse africaine à la crise du multilatéralisme global. Dans un monde où les règles du jeu sont de plus en plus contestées, son discours prend des allures de manifeste. Celui d’un Sud global qui s’organise, s’affirme et cherche désormais à peser dans la redéfinition des normes.

Au final, derrière la technicité du propos, c’est un véritable plaidoyer pour un multilatéralisme refondé, recentré sur l’humain, que le général Maïga aura porté. En creux, une mise en garde : l’histoire ne s’écrit plus dans les chancelleries du Nord, mais aussi — et de plus en plus — dans les déserts, les fleuves et les capitales du Sahel.

Chiencoro Diarra 

6 août 2025 0 comments
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