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Passeport AES
Économie

Mali : le gouvernement adopte le décret fixant le prix du nouveau e-passeport de la Confédération des États du Sahel

by Chiencoro 8 octobre 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Réuni en Conseil des ministres le mercredi 8 octobre 2025, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le gouvernement malien a adopté un projet de décret fixant le prix du carnet de passeport et des timbres y afférents. Ce texte s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du nouvel « e-passeport AES », commun aux pays membres de la Confédération des États du Sahel.

Lors de cette session hebdomadaire tenue au Palais de Koulouba, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a présenté un rapport relatif à l’harmonisation des documents de voyage dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, depuis juillet 2024.

Les chefs d’État de la Confédération ont décidé d’instaurer un document de voyage unique, baptisé « e-passeport AES », afin de faciliter la libre circulation des personnes, des biens et des services dans un environnement sahélien marqué par des défis sécuritaires persistants.

Adopté le 18 avril 2025, ce nouveau passeport confédéral repose sur des spécifications techniques harmonisées et sur un système de gestion unifié entre les trois États membres.

Un document moderne et sécurisé

Le « e-passeport AES » répond aux normes internationales de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en matière de sécurité et d’interopérabilité. Il intègre des dispositifs de protection des données biométriques et personnelles, conformes aux standards internationaux, tout en reflétant la volonté politique des États membres de renforcer leur intégration régionale.

Ce document représente une avancée majeure dans la construction d’une souveraineté commune et d’une mobilité sécurisée au sein de la Confédération.

Des prix revus à la baisse pour les citoyens

Le projet de décret adopté fixe désormais les tarifs du passeport ordinaire et de sa version premium.

  • Service standard : 45 000 francs CFA
  • Service premium : 90 000 francs CFA

Ces montants traduisent une baisse des prix actuels, respectivement de 10 000 francs CFA pour le passeport standard et de 20 000 francs CFA pour le passeport premium.

Cette réduction vise à rendre le document plus accessible à l’ensemble des citoyens, tout en soutenant la dynamique d’intégration confédérale initiée par les pays de l’AES.

Une étape supplémentaire dans l’intégration sahélienne

L’adoption de ce décret confirme la volonté du Mali et de ses partenaires sahéliens d’aller au-delà des accords politiques et militaires pour concrétiser une union économique et sociale effective.
Le e-passeport AES, en favorisant la mobilité intra-confédérale, s’inscrit dans la stratégie de souveraineté partagée des États du Sahel, qui ambitionnent de bâtir un espace de coopération renforcé, sûr et économiquement intégré.

Chiencoro Diarra

8 octobre 2025 0 comments
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Le Capitaine Ibrahim Traoré exhorte à un éveil de conscience en Afrique.
ActuPolitique

Burkina Faso : huit membres d’une ONG arrêtés pour espionnage, dont deux Français

by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 octobre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Les autorités burkinabè accusent l’organisation INSO de collecter des informations sensibles au profit de puissances étrangères. Huit membres de l’ONG International NGO Safety Organisation (INSO), dont deux ressortissants français, ont été arrêtés au Burkina Faso pour « espionnage ». L’annonce a été faite mardi 7 octobre par le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana. Selon ce dernier, l’organisation « collectait et fournissait à des puissances étrangères des informations sécuritaires sensibles pouvant être préjudiciables à la sécurité nationale ».

Parmi les personnes interpellées figurent le directeur pays de l’ONG, un Français, son adjointe franco-sénégalaise, le directeur général adjoint tchèque, un ressortissant malien ainsi que quatre employés burkinabè. Ces arrestations interviennent dans un contexte de tension croissante entre Ouagadougou et plusieurs partenaires occidentaux, notamment la France, que les autorités de la transition du Faso accusent régulièrement d’ingérence.

INSO, basée à La Haye (Pays-Bas), se présente comme une organisation à but non lucratif fournissant des analyses sécuritaires aux ONG humanitaires opérant dans des zones de conflit. Cependant, fin juillet, ses activités avaient été suspendues au Burkina Faso pour une durée de trois mois. À l’époque, les autorités lui reprochaient déjà la « collecte de données à caractère sensible sans autorisation préalable ». Malgré cette suspension, certains responsables auraient poursuivi des activités jugées illégales, conduisant à leur arrestation.

Des activités clandestines malgré la suspension

Selon le ministre Mahamadou Sana, INSO aurait continué à organiser des « réunions en présentiel et en ligne », en violation de la mesure de suspension prononcée le 31 juillet. Il a affirmé que le directeur général adjoint de l’organisation, basé à La Haye, s’était même rendu à Ouagadougou le 8 septembre pour coordonner des activités sur place. 

Les autorités affirment que ces initiatives visaient à « collecter et transmettre des informations sécuritaires sensibles à des puissances étrangères », sans préciser lesquelles. Les dates exactes des arrestations n’ont pas été rendues publiques, mais les responsables burkinabè assurent que les huit personnes sont actuellement détenues et entendues par les services compétents. De son côté, l’ONG n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. INSO, active dans plusieurs pays sahéliens, revendique depuis sa création un rôle d’appui aux acteurs humanitaires pour renforcer leur sécurité et leurs capacités d’analyse dans des zones instables.

Un climat de méfiance envers les ONG étrangères

Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte de durcissement notable de la politique du Burkina Faso envers les organisations internationales et les partenaires occidentaux. Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en 2022, plusieurs ONG ont été suspendues ou interdites d’activité dans le pays.
Entre juin et juillet derniers, les autorités burkinabè ont ainsi révoqué l’autorisation d’exercer de 21 ONG et suspendu dix autres pour une durée de trois mois. Les motifs invoqués sont souvent liés à des « manquements aux obligations légales » ou à des « atteintes à la souveraineté nationale ».
Cette méfiance s’étend également aux diplomates et aux ressortissants étrangers. En 2023, le gouvernement avait exigé le départ des troupes françaises engagées dans la lutte antiterroriste et expulsé plusieurs diplomates français. Quatre fonctionnaires français, accusés d’espionnage, avaient été détenus pendant un an avant leur libération en décembre 2024, à la suite d’une médiation menée par le Maroc.

Une stratégie d’autonomisation sécuritaire au sein de l’AES

Les autorités burkinabè justifie leur approche par la volonté de « recouvrer la pleine souveraineté » et de réduire la dépendance envers l’étranger dans la lutte contre le terrorisme. Le Burkina Faso, tout comme le Mali et le Niger, fait face à des violences djihadistes persistantes qui touchent de vastes zones rurales et entraînent des milliers de déplacés.

Ces trois pays sahéliens, désormais gouvernés par des régimes militaires, ont décidé de renforcer leur coopération en créant l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération visant à mutualiser leurs efforts de défense et de développement. Cette alliance traduit aussi leur rapprochement politique et stratégique, marqué par une rupture progressive avec les puissances occidentales et un rapprochement accru avec des partenaires comme la Russie.

À la fin de l’année 2024, le Niger avait lui aussi révoqué l’autorisation d’exercer d’INSO sur son territoire, accusant l’organisation d’activités contraires à la sécurité nationale. Au Mali, un ressortissant français est d’ailleurs détenu depuis août 2025, accusé de travailler pour les services de renseignement français des accusations que Paris juge « sans fondement ».

Ibrahim Kalifa Djitteye 

8 octobre 2025 0 comments
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Décrets portant radiation de l'armée malienne
A la Une

Mali : plusieurs officiers radiés après une tentative de déstabilisation déjouée

by Sahel Tribune 8 octobre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le gouvernement malien a annoncé, en août dernier, à travers un communiqué officiel lu à la télévision nationale par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Daoud Aly Mohammedine, l’arrestation d’un groupe d’officiers et de civils accusés de complot contre la Transition. Quelques mois plus tard, le Journal officiel du Mali a publié une série de décrets actant la radiation de plusieurs hauts gradés des Forces armées.

Le gouvernement a rendu public ce 8 octobre 2025, au Journal officiel de la République du Mali, la radition de plusieurs officiers des Forces armées, sanctionnés pour des faits liés à une tentative de déstabilisation de la Transition. Une série de décrets signés par le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, officialise cette radiation.

L’arrestation d’un « groupuscule d’éléments marginaux »

Le 14 août 2025, le gouvernement de la Transition malienne a rendu public un communiqué, signé par le ministre de l’Administration territoriale, le général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre. Le texte informait l’opinion nationale et internationale de l’arrestation d’un « groupuscule d’éléments marginaux des Forces armées et de sécurité », accusé de planifier des actions de déstabilisation contre les institutions de la République.

Selon le communiqué, les services de renseignement maliens ont déjoué une conspiration visant à « briser, avec l’aide d’États étrangers, la dynamique de la Refondation du Mali ». L’opération, menée le 1ᵉʳ août 2025, apermis d’interpeller plusieurs militaires et civils, dont des personnalités de haut rang, parmi lesquelles les généraux de brigade Abass Dembélé et Néma Sagara.

Le texte cite également un ressortissant étranger, Yann Christian Bernard Vézilière, présenté comme un acteur impliqué dans ces réseaux de soutien logistique et politique. « Grâce au professionnalisme et à la vigilance des services spécialisés, la conspiration a été mise en échec », soulignait le communiqué, tout en ajoutant que les enquêtes se poursuivent afin d’identifier d’éventuelles complicités.

Radiations disciplinaires au sein de l’armée

Près de deux mois après ces arrestations, le Journal officiel de la République du Mali (édition spéciale n°12 du 8 octobre 2025) a publié une série de décrets présidentiels signés par le chef de l’État, le général Assimi Goïta, officialisant la radiation de plusieurs officiers mis en cause.

Tous ont été radiés des effectifs des Forces armées et de sécurité « par mesures disciplinaires », conformément au statut général des militaires.

Le Journal officiel précise que les décisions ont été prises après examen des conclusions des conseils d’enquête et de discipline, tenus entre le 30 septembre et le 6 octobre 2025.

Un signal politique fort de la Transition

Pour le gouvernement de Bamako, cette opération marque une étape importante dans la préservation de la souveraineté nationale. Le général Abdoulaye Maïga, Premier ministre, a souligné que ces arrestations s’inscrivent dans la volonté de l’État « d’éradiquer toutes les formes de subversion interne et de sabotage », tout en réaffirmant la détermination des forces armées à poursuivre la lutte contre le terrorisme et les ingérences extérieures.

« La situation est totalement sous contrôle », rassure le communiqué, invitant la population « à rester vigilante face aux tentatives désespérées de déstabilisation ».

Tensions persistantes au sein de l’appareil sécuritaire

Ces événements interviennent dans un climat politique tendu. Le Mali, engagé dans une transition militaire depuis août 2020, a renforcé ses alliances avec le Niger et le Burkina Faso au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), tout en prenant ses distances avec des puissances occidentales.

Dans ce contexte, Bamako fait face généralement à des manœuvres de déstabilisation soutenues par des acteurs extérieurs. L’affaire des officiers radiés s’inscrit dans cette logique de fermeté, alors que les autorités de la Transition entendent consolider leur autorité sur les institutions sécuritaires.

A.D

8 octobre 2025 0 comments
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Dr Aboubakar Nacanabo
Économie

Dr Aboubakar Nacanabo élu président du Conseil des ministres de l’UEMOA : un tournant stratégique pour l’intégration régionale

by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 octobre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le ministre burkinabè de l’Économie, des Finances et de la Prospective, Dr Aboubakar Nacanabo, a été désigné, lundi 6 octobre 2025, président du Conseil des ministres statutaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce choix a été fait lors de la 3e session ordinaire de l’année, tenue à Dakar, au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il succède à l’Ivoirien Adama Coulibaly et assumera cette fonction pour une durée de deux ans.

Cette élection marque un moment important pour la gouvernance économique régionale. En portant leur choix sur Dr Nacanabo, les ministres des Finances des huit États membres de l’UEMOA lui confèrent la lourde tâche de présider une instance stratégique dans un contexte régional marqué par des défis économiques majeurs.

Une désignation à forte portée symbolique et stratégique

La nomination du ministre burkinabè intervient dans un climat économique tendu pour la sous-région, avec des tensions budgétaires croissantes, une inflation persistante et des disparités notables entre les économies des États membres. Le choix de Dr Nacanabo traduit une confiance renouvelée en l’expertise burkinabè et en la solidité de son administration économique.

Ce mandat prend ainsi une dimension à la fois stratégique et symbolique, dans une région où la stabilité financière et la cohésion institutionnelle sont des priorités. La présidence burkinabè du Conseil des ministres de l’UEMOA s’inscrit donc dans une volonté de renforcer la discipline macroéconomique et d’impulser une convergence réelle des politiques publiques entre les pays membres.

Une feuille de route ambitieuse pour l’UEMOA

Économiste de formation, Dr Aboubakar Nacanabo s’est imposé sur la scène nationale par sa rigueur méthodologique et son approche disciplinée de la gestion publique. Depuis sa nomination au gouvernement en 2022, il a engagé d’importantes réformes fiscales et budgétaires au Burkina Faso, dans le but de restaurer la confiance des partenaires techniques et financiers.

Son style de gouvernance, axé sur la transparence, la performance et la responsabilité, constitue un socle solide pour relever les défis de l’UEMOA. Il apporte au Conseil des ministres une expertise précieuse, forgée dans un contexte national exigeant, et une détermination reconnue à conduire des réformes structurelles.

Sous sa présidence, le Conseil des ministres aura pour mission de poursuivre la mise en œuvre des grands axes de la stratégie communautaire. Parmi les priorités figurent la modernisation des finances publiques, le renforcement de la gouvernance économique et la création d’un climat favorable aux investissements.

Ces chantiers s’inscrivent dans l’objectif plus large de faire de l’UEMOA une zone de croissance inclusive et durable. Dr Nacanabo devra ainsi coordonner les politiques économiques des huit pays membres, en veillant à maintenir un équilibre entre rigueur budgétaire et exigences sociales, dans un contexte de relance post-crise.

Consolider l’intégration régionale malgré les défis

Les deux années à venir seront déterminantes pour le devenir de l’Union. Outre la stabilité de la monnaie commune, l’UEMOA doit relever les défis de la sécurité alimentaire, de l’emploi et du développement économique inclusif. Ces priorités nécessitent une coopération renforcée entre les États membres et une volonté politique soutenue pour dépasser les divergences internes.

Dr Nacanabo entend inscrire son mandat sous le signe du dialogue, du réalisme et de la continuité. Dans ses premières déclarations, il a souligné l’importance de la concertation et de la consolidation des acquis institutionnels. Il souhaite que l’UEMOA reste un modèle d’intégration régionale, capable d’apporter des réponses concrètes aux besoins des populations.

La présidence de Dr Aboubakar Nacanabo représente également une reconnaissance du rôle croissant du Burkina Faso dans les dynamiques régionales. Dans un environnement géopolitique en mutation, cette élection traduit l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants technocrates, alliant compétence technique et pragmatisme politique.

À travers cette responsabilité, le Burkina Faso affirme sa capacité à contribuer activement à la gouvernance économique ouest-africaine. Dr Nacanabo aura la tâche exigeante, mais essentielle, de redonner un nouvel élan au projet d’intégration, souvent ralenti par la lenteur des réformes ou des désaccords politiques.

Ibrahim Kalifa Djitteye

8 octobre 2025 0 comments
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Leurres gonflables, preuves du soutien ukrainien aux terroristes maliens.
A la UneEnquête

Mali — Ukraine : les preuves d’un transfert de guerre asymétrique au Sahel

by Chiencoro 8 octobre 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

À la tribune des Nations unies, le 26 septembre 2025, le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, portait à la face du monde l’implication de Kiev dans le conflit malien à travers la fourniture des drones et un appui technique à des groupes armés opérant dans le nord du Mali. Des révélations publiées par Jeune Afrique quelques jours plus tard accréditent ses déclarations.

« Quelle que soit la distance qu’aura parcourue le mensonge, la vérité finira par le rattraper », dit-on. Qu’il en soit ainsi pour les complots dont le Mali est victime, si ce n’est déjà le cas ! Le 26 septembre dernier, lors de la 80 ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga a directement mis en cause l’Ukraine, expliquant son soutient aux groupes terroristes actifs au Mali et dans la zone de l’Alliance des États du Sahel (AES). « Aussi éloignée qu’il n’y paraît, la guerre en Ukraine et le terrorisme dans le Sahel ont des connexions », a affirmé le chef du gouvernement malien à la tribune des Nations Unies.

Rappelant une attaque contre une patrouille malienne à Tinzawaten (région de Kidal) survenue en juillet 2024, Maïga a évoqué la revendication publique d’officiels Ukrainiens qui ont reconnu leur participation à cette opération menée aux côtés de groupes armés. « Ce comportement atypique montre que certains responsables ukrainiens ont confondu la scène internationale avec une scène de théâtre », a-t-il ironisé.

Selon Bamako, l’Ukraine est devenue en un an l’un des principaux fournisseurs de drones kamikazes à des groupes terroristes opérant dans plusieurs régions du monde, y compris au Sahel.

L’appel du Mali à la communauté internationale

Dans son discours, Abdoulaye Maïga a exhorté les pays occidentaux à « cesser de fournir des armes à l’Ukraine », indiquant que ce soutien pourrait « contribuer à la promotion du terrorisme international ». Il a également dénoncé le rôle de la France, accusée de « manœuvrer pour détourner l’attention de la communauté internationale » en soutenant simultanément Kiev et des groupes rebelles sahéliens.

Le Premier ministre a rappelé que Bamako avait saisi le Conseil de sécurité de l’ONU dès 2022, pour présenter des preuves du soutien de Paris à des acteurs terroristes — une requête restée sans suite. « Il est temps d’agir pour que les responsables soient identifiés et confondus », a-t-il lancé, appelant les institutions internationales à « répondre véritablement aux cris de détresse des peuples opprimés qui revendiquent leur souveraineté ».

Des éléments nouveaux publiés par Jeune Afrique

Le 7 octobre 2025, Jeune Afrique a publié un article, « Mali : comment les tactiques militaires ukrainiennes s’importent au Sahel », confirmant l’existence d’un appui technique ukrainien à certains groupes armés touaregs du nord du Mali, notamment au Front de libération de l’Azawad (FLA).

Selon plusieurs sources citées, le FLA — créé en novembre 2024 — aurait bénéficié d’une formation spécialisée en Ukraine sur l’usage des drones armés FPV (pilotés en immersion) et des drones à fibre optique, quasiment impossibles à brouiller.

« Certains éléments du FLA ont reçu une formation en Ukraine. De retour sur le terrain, ils ont renforcé leurs compétences et formé d’autres combattants », a reconnu Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles, rapporté par Jeune Afrique.

Ces drones, capables de transporter des charges explosives, sont désormais utilisés pour mener des attaques ciblées contre des positions de l’armée malienne ou de ses alliés russes.

Une guerre asymétrique en pleine mutation

Les tactiques de guerre apprises en Ukraine auraient permis aux terroristes touaregs d’adapter leurs méthodes face à la supériorité technologique des forces maliennes et russes. Des leurres gonflables, imitant des véhicules militaires, seraient également employés pour tromper les frappes de drones. En août 2025, l’armée malienne a annoncé avoir saisi 20 véhicules gonflables destinés à des groupes armés opérant dans le pays. Selon Rida Lyammouri, expert du Sahel au sein du groupe de réflexion marocain Policy Center for the New South, ces leurres gonflables «  coûtent environ 1 300 dollars et, comparés au coût d’un vrai véhicule, voire aux pertes humaines ou aux dégâts que les drones pourraient causer, ils sont relativement peu coûteux pour eux ».

« Adopter cette tactique permet au FLA d’éviter la confrontation directe avec l’armée malienne et ses alliés mieux équipés », explique Rida Lyammouri.

Les experts notent toutefois que les drones utilisés par les rebelles restent inférieurs aux modèles turcs employés par l’armée malienne. Le groupe terroriste JNIM, affilié à Al-Qaïda, aurait lui aussi adopté des drones explosifs, accentuant la complexité du conflit dans le nord du pays.

Entre souveraineté et réalignement géopolitique

Depuis leur retrait de la CEDEAO, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), revendiquent une politique étrangère indépendante, recentrée sur la sécurité et la souveraineté. Les trois pays ont rompu leurs relations diplomatiques avec Kiev, qui soutient indirectement le FLA.

De son côté, l’Ukraine dément toute aide militaire aux terroristes maliens, affirmant que « leur lutte et leur ingénierie sont internes ». Mais sur le terrain, les nouvelles tactiques observées dans le nord du Mali — usage de drones, communication en immersion, guerre d’usure — laissent peu de doute sur l’existence de transferts de compétences entre les deux fronts : celui du Donbass et celui du Sahel.

Chiencoro Diarra 

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Mikailou Cisse
Économie

Tribune. Mali : le carburant, nouvel enjeu de souveraineté nationale et régionale

by Mikailou Cissé 7 octobre 2025
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Au Mali, la chaîne du carburant devient un enjeu vital de souveraineté. Entre sécurité, logistique et dignité nationale, un combat pour la survie économique.

Il est des guerres silencieuses qui décident du sort des nations. Au Mali, la guerre du carburant ne se mène pas dans les casernes, mais sur les routes brûlantes. Là où chaque camion-citerne, chargé de diesel et d’espérance, devient un symbole d’endurance et de souveraineté.

Sur les routes du courage

Sur les pistes de poussière reliant Bamako aux capitales portières de la sous-région, jusque dans les villages reculés de Nioro, se joue aujourd’hui la continuité de notre souveraineté.

Chaque convoi, escorté ou solitaire, transporte bien plus qu’un liquide inflammable : il transporte la dignité d’un peuple et la promesse d’un lendemain possible.

L’attaque meurtrière du 14 septembre 2025 dans la région de Kayes a rappelé, avec brutalité, que la souveraineté n’est jamais donnée. Elle se conquiert jour après jour, contre le désordre et la peur.

Les groupes armés ne visent pas seulement l’État : ils s’en prennent à la chaîne invisible qui relie les villes aux villages, le centre aux marges, la capitale au monde rural. Lorsque le moulin s’arrête à Koutiala, ce n’est pas seulement une panne : c’est la nation entière qui vacille.  Dans le Mali rural, souvent oublié, se mesure la vitalité réelle de notre indépendance.

Le devoir d’un État en mouvement

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga, dans son Plan d’Action Gouvernemental 2025-2026, l’a rappelé : la responsabilité d’un État moderne ne consiste plus seulement à gouverner, mais à maintenir en mouvement la vie collective.

Sécuriser les routes, recruter de nouveaux agents, coordonner les forces armées : ces mesures ne sont pas de simples actes administratifs. Elles incarnent la volonté de faire circuler la vie, d’assurer que le dernier litre de carburant atteigne même les confins du pays, à un prix fixé par l’État. Car un État ne se juge pas à la lumière de sa capitale, mais à la vigueur de ses périphéries.

Au-delà des frontières

Mais la lutte du Mali dépasse désormais ses frontières. Pays enclavé, il dépend des veines régionales qui le relient aux ports du Sénégal, de la Guinée et du Togo. Chaque route, chaque corridor devient un signe d’unité.Dans cette interconnexion, la souveraineté malienne se fond dans une souveraineté régionale naissante, où la solidarité devient une nécessité vitale.

La chaîne du carburant n’est pas seulement un enjeu économique : elle est le miroir de notre condition collective. Elle révèle la tension entre dépendance et autonomie, entre nécessité et liberté.

La souveraineté vécue

Mais la véritable question est ailleurs : les peuples africains peuvent-ils redevenir les maîtres du mouvement qui les nourrit ? Peuvent-ils transformer leur dépendance en levier de souveraineté partagée ? La souveraineté ne doit pas rester un concept réservé aux diplomates : elle doit devenir une expérience vécue. Elle se perçoit dans le geste du cultivateur, dans le travail de l’enseignant, dans la reprise du moulin par les femmes.

Ainsi, le Mali rural est le cœur battant de la nation : un lieu où la dignité se construit dans la lutte quotidienne contre la disparition. Chaque litre acheminé est une victoire sur l’inertie. Chaque moteur qui redémarre dans un village prolonge la respiration du pays. Le Mali rural est, à n’en pas douter, le véritable gardien de la nation.

Mikailou Cissé 

7 octobre 2025 0 comments
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Guerre informationnelle
A la UneLes démystificateurs du Sahel

Tribune. La guerre informationnelle au Mali : enjeux, acteurs et stratégies

by Sahel Tribune 7 octobre 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Alors que le Mali remporte des victoires militaires décisives, une nouvelle forme de guerre se profile : la guerre informationnelle. À travers la désinformation, certains acteurs extérieurs tentent d’affaiblir l’État malien, d’asphyxier son économie et de briser l’unité régionale incarnée par l’Alliance des États du Sahel (AES).

La session ordinaire d’octobre 2025 du Conseil national de transition (CNT) s’est ouverte le lundi 6 octobre au Centre international de Conférence de Bamako (CICB). À cette occasion, le président du CNT, le général Malick Diaw, a dénoncé les manœuvres extérieures visant à affaiblir le Mali : « Ayant tout essayé contre le Mali, ils veulent nous asphyxier économiquement et financièrement en s’attaquant aux camions de transport et aux citernes. Mais grâce à la résistance et au patriotisme de notre peuple, nous vaincrons ce terrorisme économique. »

Derrière cette déclaration se profile une guerre d’un nouveau genre : la « guerre informationnelle », un conflit insidieux qui se joue sur les plans économique, politique et médiatique. Ce conflit, bien que localisé au Mali, s’étend à l’ensemble de l’Alliance des États du Sahel (AES) et, plus largement, à toute l’Afrique sur fond de visée géopolitique qui permet à certains États occidentaux, notamment la France, de manipuler l’information. 

Contexte géopolitique et instrumentalisation de l’information

Depuis l’échec des tentatives d’isolement du Mali, du Burkina Faso et du Niger – notamment après les changements politiques intervenus dans ces pays – certains sponsors étatiques du terrorisme international, multiplient les actions de déstabilisation. Se voyant perdre leur influence stratégique dans le Sahel, ils recourent désormais à la manipulation de masse, un processus décrit par Sergueï Tchakhotine comme « le viol des foules par la propagande politique ».

Leur objectif est de dresser le peuple contre ses dirigeants en instaurant un climat de crise permanente, servant leurs intérêts économiques et géopolitiques. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité d’un terrorisme fomenté depuis les indépendances, destiné à légitimer une présence étrangère permanente sous prétexte d’assistance. 

Information, arme stratégique du XXIe siècle

Jamais depuis les deux Guerres mondiales (1914-1918 ; 1939-1945) le monde n’a été aussi vulnérable qu’en ce XXIe siècle, où l’accès massif à l’information, via les technologies numériques et les réseaux sociaux, a redéfini les règles du jeu. Aujourd’hui, la guerre n’est plus seulement militaire : elle est aussi médiatique et psychologique. D’où le règne de la tyrannie informationnelle. 

Comme le soulignait Pierre Schaeffer, « la communication, c’est la guerre ». Ainsi, les États doivent désormais traiter l’information comme une arme stratégique de haute valeur ajoutée, au même titre que les équipements militaires. Le général Assimi Goïta a lui-même évoqué en juin 2024, lors de sa visite à Sikasso, 3ème région administrative du Mali, le concept de « terrorisme informationnel », aux côtés du « terrorisme économique » et du « terrorisme avec violence armé ».

Du succès militaire à l’offensive informationnelle

Le Mali, sous la transition menée par le général Goïta, a remporté d’importantes victoires militaires. La reconquête de Kidal en novembre 2023, par exemple, symbolise la reprise en main de territoires échappant à l’État depuis des années. Cette avancée a permis le retour de l’administration dans ces zones sensibles et permit un travail en profondeur sur le processus de pacification à travers l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. 

Face à ces succès militaires, les opposants au processus de transition ont ouvert un nouveau front : la désinformation, destinée à émouvoir et manipuler les masses. Cette stratégie repose sur une redoutable efficacité émotionnelle : images sorties de leur contexte, fausses rumeurs de pénurie de carburant, ou mise en scène de camions incendiés, malgré la présence d’escortes militaires.

Une guerre contre l’économie malienne

Depuis le retrait du Mali de la CEDEAO en janvier 2025, les attaques informationnelles se sont intensifiées. L’objectif est de saper l’économie malienne, provoquer un soulèvement populaire, et ainsi empêcher l’organisation du prochain sommet de l’AES, repoussé à décembre 2025.

L’exemple le plus marquant reste celui de la crise du carburant. Des groupes armés appuyés par des ennemis du Mali tentent empêcher les camions-citernes d’entrer sur le territoire malien afin de ravitailler les stations-services, simulant ainsi un « blocus économique » déguisé. Une telle stratégie vise à asphyxier l’économie et à briser la dynamique d’unité régionale enclenchée par l’AES.

Les précédents et les complicités régionales

D’autres tentatives de déstabilisation ont été observées dans cet espace, notamment en 2024, à travers des ONG étrangères, organisait la transhumance de troupeaux maliens vers un pays voisin, a expliqué le président de la transition de sa visite à Sikasso. L’objectif caché était d’affaiblir un secteur vital pour le Mali. Rappelons que l’élevage représente 80 % du revenu des populations rurales du Nord et près de 18 % dans le Sud.

À cela s’ajoute la crise diplomatique avec l’Algérie après la destruction d’un drone malien à Tinzaoutène en avril 2025, suivie d’accusations infondées de violation d’espace aérien. Rappelons aussi l’arrestation de plusieurs officiers maliens, impliquant des ressortissants étrangers en août 2025, a donné lieu à une vague de désinformation contre le Mali destinée à brouiller la perception de la réalité.

Maîtriser la guerre de l’opinion

Aujourd’hui, celui qui maîtrise l’information maîtrise l’opinion publique. La désinformation, loin d’être une simple nuisance, est devenue une véritable arme de conquête politique, comme l’ont démontré certains épisodes électoraux à l’échelle mondiale. La guerre informationnelle est une bataille stratégique où ni les manipulateurs ni les vérificateurs de faits (fact-checkers) n’ont véritablement intérêt à faire cesser les fake news, car tous tirent profit du chaos informationnel.

Face à cette nouvelle forme de guerre, chaque État doit repenser sa stratégie de communication. L’enjeu est de taille : il ne s’agit plus seulement d’informer, mais de défendre sa souveraineté par l’information. Le Mali, au cœur de ce bras de fer, incarne un laboratoire d’expérimentation géopolitique où la survie d’une nation passe aussi par la maîtrise du récit.

A.D

7 octobre 2025 0 comments
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