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Opérationnalisation du CCAM au Mali : Un nouveau pas de plus vers la souveraineté minière

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Depuis l’adoption d’un nouveau Code minier en 2023 qui priorise les intérêts de l’État et des populations, le gouvernement ne cesse de poser des actes allant dans le sens de la mise en œuvre de ce texte rénovateur. La création de diverses structures, comme le Commissariat chargé des activités minières, entre dans ce cadre. Pour son opérationnalisation, cette structure a tenu la première session de son comité technique.

C’était le vendredi 5 juin 2026 à Koulouba, au nouveau siège du Commissariat chargé des Activités minières, en présence du ministre Hilaire Bébian Diarra. Au cours de son adresse, M. Diarra a rappelé les principaux défis auxquels demeure confrontée l’industrie minière malienne : amélioration de la gouvernance, respect des engagements des opérateurs, promotion du contenu local, préservation de l’environnement et accroissement des retombées économiques au profit des populations. 

A signaler que le Comité technique a été institué par le décret du 30 décembre 2025 fixant l’organisation du Commissariat. Il est chargé d’examiner les dossiers techniques et stratégiques, de renforcer la concertation entre les administrations concernées et de formuler des recommandations destinées au Conseil stratégique présidé par le Chef de l’État.

Au regard de son importance, le patron du commissariat chargé des activités minières a précisé que : «La qualité des décisions dépend de la qualité des analyses qui les fondent ». Autrement dit, il a invité les membres du Comité à faire de cette instance un cadre permanent de réflexion et d’anticipation. Dès lors, on peut dire que la tenue de cette première session du comité technique constitue une étape importante dans l’opérationnalisation du CCAM.

Le CCAM, un outil stratégique d’aide à la décision pour le Chef de l’État 

Créé par le Code minier de 2023 pour renforcer la coordination, le suivi et l’évaluation des politiques publiques dans le secteur extractif, le CCAM a pour mission d’assurer la cohérence de l’action publique dans le secteur, d’anticiper les évolutions du marché minier et de proposer les réformes nécessaires à son développement. Rattaché à la présidence de la République, le CCAM contrôle l’application du Code minier, examine les rapports d’activités des titulaires de titres miniers et s’assure du respect des règles. Il propose des stratégies de développement du secteur et des mesures pour l’amélioration de l’industrie minière. 

De façon particulière, il est fortement impliqué dans le suivi du contenu local. En d’autres termes, le CCAM permet aux autorités de faire du secteur minier un levier de souveraineté économique, de création d’emplois et de développement durable, conformément à la Vision Mali 2063 et à la Stratégie nationale d’émergence et de développement durable. En plus du CCAM, il existe d’autres structures créées dans le cadre de la relance du secteur.

SOREM, SOROMA, SPCL, SOPAPIM —SA déjà créées 

Première grande initiative des autorités de la transition dans les secteurs miniers, la SOREM-SA (Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources Minérales du Mali) a été créée en 2022. C’est une entreprise d’État aux capitaux 100 % publics. Elle est chargée d’assurer l’étude, la recherche, l’exploitation, le traitement et la commercialisation des substances minérales et des gisements viables dans les périmètres qui lui sont octroyés. Elle est aussi chargée de lever des fonds pour doter l’État malien en devises, car elle va directement exploiter les ressources du sous-sol en les vendant. À ce jour, plusieurs périmètres lui ont été cédés tels que les mines de Morila (région de Bougouni), de Yatela (région de Kayes) et de N’Tahaka (région de Gao). À termes, la SOREM va faire de l’État un capteur majeur dans le secteur.

La SOROMA (Société de la Raffinerie d’Or du Mali) a été créée au cours de la session du conseil des ministres du mercredi 28 mai 2025. L’État détient 62 % du capital et le reste par le partenaire russe « Yadran ». Le lundi 16 juin 2025, il a été procédé à la pose de la première pierre de la raffinerie sur un site de 05 hectares près de l’aéroport international de Bamako. Elle aura la capacité de traiter jusqu’à 200 tonnes d’or par an, soit une augmentation significative par rapport à la capacité de traitement actuelle du Mali, qui est d’environ 50 tonnes. Ce traitement se faisait jusqu’à ce jour par deux installations existantes du pays ne répondant pas aux normes exigées par des organismes internationaux comme la London Bullion Market Association (LBMA), ce qui obligeait les compagnies exploitantes à raffiner leur or à l’étranger.

Créé par le décret n° 2021 — 0190/PT-RM du 31 mars 2021, le SPCL (Secrétariat Permanent du Contenu Local) est chargé de la réception, du traitement et de l’approbation des plans de contenu local soumis par les opérateurs miniers, ainsi que du suivi des indicateurs de performance et de la gestion des programmes de recrutement et de formation des travailleurs locaux. Autrement dit, sa mission principale est d’assurer la mise en œuvre de la politique du pays en matière de contenu local dans le secteur minier. Pour le rendre opérationnel, le gouvernement, par le décret n° 2025 — 0484/PT-RM du 24 juillet 2025, a nommé un Secrétaire permanent du contenu local qui a été présenté, le vendredi 31 octobre 2025, aux acteurs du secteur minier au cours d’une rencontre présidée par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta. 

Lors du conseil des ministres du vendredi 06 février 2026, les autorités ont créé la Société de Patrimoine minier du Mali (SOPAMIM S.A.). C’est une Société anonyme dénommée dont le capital est détenu à 100 % par l’État. Tout comme les autres structures, le Code minier a prévu la création d’une Société de patrimoine en vue de prendre des participations pour son compte, de faire le portage pour les nationaux et de gérer les participations de l’État dans les différentes Sociétés minières. 

Sidi Modibo Coulibaly


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