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Mali : Bamako encadre l’usage des drones civils face aux risques sécuritaires croissants

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Face à la prolifération rapide des drones civils et aux risques qu’ils posent pour la sécurité nationale, le gouvernement malien a adopté, vendredi 16 janvier 2026, un décret encadrant strictement leur usage. Réuni sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres entend ainsi prévenir les dérives d’une technologie en plein essor, tout en affirmant la souveraineté du Mali sur son espace aérien.

Le gouvernement malien a adopté, vendredi 16 janvier 2026, un décret réglementant l’usage des drones civils sur son territoire. Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, l’exécutif a décidé de poser un cadre légal strict à une technologie dont la diffusion rapide soulève d’importants défis sécuritaires et éthiques.

Une technologie en plein essor, désormais sous surveillance

L’usage des drones civils connaît, depuis plusieurs années, une expansion notable au Mali. Outils de photogrammétrie, d’agriculture, de surveillance, de livraison ou encore de loisirs, ces appareils sans équipage à bord sont devenus accessibles à un large public et à des coûts relativement faibles. Mais cette démocratisation s’accompagne de risques croissants : atteintes à la vie privée, violations d’espaces aériens restreints, voire usage malveillant à des fins terroristes.

Le gouvernement affirme que cette nouvelle réglementation vise à prévenir des dérives de cette technologie, tout en permettant aux opérateurs économiques et scientifiques d’exploiter ces technologies dans un cadre légal et sécurisé.

Encadrer pour mieux protéger

Le projet de décret adopté instaure un régime d’autorisation et de contrôle pour l’utilisation des drones civils et de leurs accessoires. Il s’agit de garantir la sécurité aérienne, de protéger la vie privée et d’empêcher toute utilisation détournée. Des zones interdites au survol pourraient ainsi être  clairement définies, notamment autour des sites militaires, des institutions de la République et des infrastructures stratégiques.

Les opérateurs devraient désormais obtenir une autorisation préalable et se conformer à des règles précises sur le type d’appareil, la zone de vol et les finalités déclarées. Le texte pourrait prévoir aussi des sanctions pour tout usage illégal ou dangereux, afin de dissuader les tentatives d’instrumentalisation de cette technologie à des fins criminelles ou terroristes.

L’adoption de cette réglementation intervient dans un contexte régional marqué par une recrudescence des attaques asymétriques et par l’utilisation croissante des drones dans les conflits modernes. Si les forces armées maliennes ont elles-mêmes intégré les drones dans leur stratégie de défense, Bamako veut désormais s’assurer que le domaine civil n’échappe pas au contrôle de l’État.

En dotant le pays d’un cadre juridique sur les drones civils, le gouvernement entend ainsi conjuguer innovation et vigilance, modernisation et souveraineté — un équilibre délicat mais désormais assumé au cœur de la stratégie de refondation nationale.

A.D


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