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Sommet AES Bamako : Assimi Goïta ouvre la première session confédérale du Conseil des ministres de l’AES

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Le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta a ouvert, samedi 20 décembre, la première session confédérale du Conseil des ministres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Un rendez-vous fondateur, à deux jours de la 2ème session du Collège des chefs d’État, destiné à donner corps à une union militaire et politique en quête de reconnaissance internationale.

Au Palais de Koulouba, siège de la présidence malienne, le drapeau vert de la Confédération des États du Sahel flottait aux côtés de ceux du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Devant les ministres réunis des trois pays, le général Assimi Goïta, président de la Transition malienne et actuel président de l’AES, a ouvert la première session confédérale du Conseil des ministres. Un événement qualifié d’« inaugural et stratégique » à l’heure où la jeune confédération s’apprête à franchir un cap institutionnel majeur.

Une Confédération en construction

Créée en juillet 2024 à Niamey, la Confédération des États du Sahel regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays dirigés par des régimes militaires qui ont rompu avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2025. Elle se veut à la fois un pacte de défense collective et un cadre d’intégration politique et économique fondé sur la souveraineté et la solidarité.

Dans son discours d’ouverture, le général Assimi Goïta a insisté sur « la responsabilité historique » des dirigeants sahéliens face aux défis communs. « Nos trois États ont fait le choix souverain de mutualiser leurs efforts pour bâtir un espace stable et apaisé, favorable au développement et à l’épanouissement de nos populations », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État malien a également rappelé que cette session prépare la deuxième réunion du Collège des chefs d’État, prévue à Bamako les 22 et 23 décembre, où seront adoptés les protocoles additionnels régissant la défense, la diplomatie et le développement.

Sécurité et développement : les deux priorités

La réunion ministérielle doit examiner le rapport d’activité du premier exercice de la Confédération, notamment dans les domaines de la sécurité régionale, du développement économique et du renforcement institutionnel.

Assimi Goïta a souligné la nécessité de « compléter l’architecture juridique et politique de l’AES », estimant que ces protocoles permettront « l’élaboration de politiques et programmes communs au bénéfice des populations ».

Mais derrière le discours d’unité, les défis demeurent considérables. Les trois États font face à une violence terroriste persistante, à des difficultés économiques aiguës et à un isolement diplomatique partiel.

Le président malien en a conscience : « Le terrorisme économique soutenu et le terrorisme médiatique, auxquels nous faisons l’objet depuis un certain temps, vise à affaiblir le soutien dont la confédération dispose auprès de ses peuples. », a-t-il dénoncé, accusant implicitement les puissances occidentales d’entretenir une campagne de déstabilisation. « Ces actes de sabotage ne sont pas simplement le fait des terroristes, mais également une confrontation pour un positionnement géopolitique visant à sauvegarder des intérêts politiques et économiques dans le Sahel. », a-t-il précisé avant d’indiquer : « Ce constat nous impose donc de redoubler d’efforts et de vigilance. »

Un discours d’affirmation souverainiste

Dans un ton résolument offensif, Goïta a défendu la légitimité du projet sahélien face aux critiques internationales : « Notre Confédération, de par ses énormes potentialités, commence à s’imposer sur la scène africaine et internationale », a-t-il affirmé, en évoquant la « marche souveraine » de l’AES.

Il a également rendu hommage aux forces armées des trois pays, saluant leur « courage et leur détermination à défendre l’intégrité du territoire et la sécurité des citoyens ». Pour le chef de l’État malien, l’objectif est de transformer la solidarité militaire en intégration politique. « L’Afrique de l’Ouest est unie par une histoire et une culture communes. Nos peuples sont naturellement appelés à vivre ensemble dans la fraternité et la solidarité », a-t-il conclu.

Un tournant avant le sommet de Bamako

La session confédérale constitue une étape préparatoire avant la 2ème session du Collège des chefs d’État de l’AES, attendu comme un moment de consolidation. Les dirigeants devraient y désigner le prochain président de la Confédération, qui succédera à Assimi Goïta, et adopter un plan stratégique 2026-2030 visant à institutionnaliser la coopération dans les domaines de la sécurité, de la finance et des infrastructures.

Pour Bamako, ce rendez-vous revêt une portée symbolique. Il doit démontrer que l’AES est plus qu’une alliance conjoncturelle, et qu’elle s’ancre désormais dans une logique de construction étatique supranationale.

L’AES ambitionne d’incarner un pôle de stabilité sahélien, affranchi des tutelles occidentales. Le discours d’Assimi Goïta à Bamako marque une étape dans la formalisation politique d’une confédération désormais consciente de son rôle de  laboratoire de souveraineté africaine.

A.D


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