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Sahel : comment un préfet malien et deux militaires ont échappé à leurs ravisseurs

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Trois évasions presque simultanées dans un contexte sécuritaire tendu. Un préfet et deux soldats des Forces armées maliennes ont réussi à fuir leurs ravisseurs, un épisode rare dans la longue guerre contre les groupes armés qui secoue cette région du sahel.

Enlevé le 14 février 2026 près de Kalifabougou, entre Fana et Dioïla, le préfet Alidji Bagna est parvenu à s’échapper de ses ravisseurs dans la zone de Macina avant d’être récupéré par les Forces armées maliennes (FAMa), indique l’armée dans un communiqué le 15 mars 2026. Presque au même moment, deux militaires maliens détenus depuis plusieurs mois par des groupes armés ont réussi à s’exfiltrer d’un camp en Mauritanie et à regagner le territoire national. Trois évasions rares qui interviennent dans un contexte d’intensification des opérations sécuritaires au Mali.

Echappé dans le delta intérieur du Niger 

Le 14 février 2026, Alidji Bagna est enlevé par des hommes armés près de Kalifabougou, localité située sur l’axe reliant Fana à Dioïla, dans la région de Dioïla.

La disparition de ce représentant de l’État intervient dans une zone régulièrement exposée à l’insécurité et aux menaces de groupes armés. L’enlèvement suscite alors de vives réactions sur les réseaux sociaux. Près d’un mois après sa capture, le préfet parvient finalement à échapper à ses ravisseurs.

Selon l’état-major des Forces armées maliennes, il réussit à s’enfuir le 13 mars 2026 dans la zone de Macina, au cœur du delta intérieur du Niger, une région considérée comme l’un des foyers de l’insécurité dans le centre du Mali.

Après sa fuite, il rejoint la localité de Tenenkou où il est pris en charge par l’armée malienne.

Deux militaires des FAMa également parvenus à s’échapper

L’évasion du préfet intervient au moment où deux militaires maliens ont eux aussi réussi à se libérer de captivité.

Dans son communiqué du 15 mars, l’état-major annonce également que deux soldats des Forces armées maliennes, détenus par des groupes armés terroristes, ont réussi à s’exfiltrer dans la nuit du 13 au 14 mars 2026 d’un camp situé en Mauritanie avant de rejoindre le territoire malien.

Les deux militaires sont : le cavalier de 1re classe Mohamed Wangaraba, du 633ᵉ escadron de reconnaissance ; le cavalier de 1re classe Mahamed El Maouloud Diallo, du 635ᵉ régiment blindé. Tous deux avaient été enlevés le 9 octobre 2025 sur le fleuve Niger alors qu’ils se trouvaient en permission.

Selon l’armée, leur évasion a été facilitée par les opérations militaires menées ces dernières semaines le long de la frontière entre le Mali et la Mauritanie, ainsi que dans la forêt du Wagadu.

Après leur récupération à Goundam, dans la région de Tombouctou, les deux soldats ont été placés à la disposition de la prévôté militaire, conformément aux procédures en vigueur, explique le service de communication des armées. 

Une pression militaire accrue dans plusieurs zones

Ces différentes évasions interviennent dans un contexte d’intensification des opérations militaires dans plusieurs régions du pays. Dans son communiqué, l’état-major assure que les Forces armées maliennes poursuivent leurs opérations avec « diligence et professionnalisme » afin d’obtenir la libération des autres personnes toujours détenues par des groupes armés.

Depuis plusieurs années, les enlèvements de militaires, d’agents de l’État et de civils constituent l’une des tactiques utilisées par les groupes armés opérant dans certaines zones du Mali. Des tactiques qui constituent généralement à la fois une source d’alimentation de leur entreprise sanguinaire de déstabilisation, mais aussi de pression sur l’Etat duquel ils espèrent obtenir le gros lot lors d’éventuelles négociations pour la libération des otages. 

Le retour du préfet Alidji Bagna, tout comme celui des deux soldats évadés, intervient dans un contexte où les autorités de transition dirigées par le président Assimi Goïta mettent l’accent sur la reconquête du territoire et le renforcement de la présence de l’État. Le tout conjugué avec la souveraineté de l’Etat dans tous les secteurs. 

Ces retours constituent un signal encourageant pour les autorités maliennes, engagées dans une lutte de longue haleine contre les groupes armés dans le centre et le nord du pays. C’est une nouvelle victoire pour les forces armées de sécurité, dont la montée en puissance ne fait l’ombre d’aucun doute depuis quelques années déjà. Ces évasions sont la preuve que la pression est pressante sur les groupes armés terroristes. 

Chiencoro Diarra


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