Depuis plus d’une décennie, le Mali tente de moderniser son système d’état civil, pierre angulaire de toute administration fiable. Un chantier titanesque, où ambitions politiques et inerties bureaucratiques se croisent et s’affrontent.
Face aux « difficultés liées à la faible synergie entre les acteurs et à la faible sécurisation des actes d’état civil », le Conseil des ministres a décidé de revoir sa copie. Désormais, la gestion du système reposera sur une nouvelle structure dédiée : l’Agence nationale de Sécurisation des actes d’état civil (ANSAC).
Un vieux chantier toujours en construction
En 2009, le gouvernement lançait le Recensement administratif à Vocation d’état civil (RAVEC), avec pour ambition de constituer « un répertoire des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur, identifiés par un Numéro d’Identification national ». L’objectif était de doter chaque citoyen d’une identité unique, infalsifiable, sécurisée.
Pour centraliser et exploiter ces données, l’État avait alors mis en place le Centre de Traitement des Données de l’état civil. Mais treize ans plus tard, le constat est sans appel : « des insuffisances persistent » et mettent en péril l’intégrité du système.
D’où la nécessité de « corriger ces failles » à travers la création de l’ANSAC, qui aura la lourde tâche d’assurer « l’identification des moyens électroniques, la conception, la production et l’authentification des actes d’état civil ».
Cette réforme vise à mettre un terme aux fraudes, aux « duplicatas frauduleux », et à ces documents falsifiés qui nourrissent un marché noir de l’identité. Mais derrière les promesses, une question essentielle demeure : l’ANSAC aura-t-elle les moyens de sa mission ?
Entre nécessité et défi logistique
En s’attaquant à la sécurisation de l’état civil, le gouvernement prend un virage stratégique. Car « un acte d’état civil fiable est une condition essentielle à l’exercice des droits fondamentaux » : accès à l’éducation, à la santé, aux services administratifs.
Mais la réussite de cette réforme dépendra avant tout de sa mise en œuvre effective. Après le RAVEC et le Centre de Traitement des Données, l’ANSAC sera-t-elle l’outil définitif qui garantira enfin un état civil sécurisé et unifié ?
A.D
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