Le froid au Mali complique l’apprentissage des enfants. La saison froide oblige les écoles à adapter leurs horaires et sensibiliser les élèves.
La période hivernale implique l’adaptation des infrastructures scolaires et la sensibilisation des élèves pour s’y conformer. Cependant, au Mali, les variations climatiques posent un sérieux défi pour l’éducation. Bien que la chaleur étouffante soit souvent pointée du doigt, les périodes de froid, devenues plus marquées ces dernières années, ne sont pas à négliger. Entre conditions climatiques extrêmes et exigences académiques, les élèves doivent jongler avec des défis constants. Mais comment les écoles s’adaptent-elles pour lutter contre le froid et assurer un cadre d’apprentissage adéquat aux enfants ?
Un contexte scolaire difficile
Dans plusieurs établissements de Bamako et d’ailleurs, les infrastructures scolaires sont précaires. Certains élèves du Groupe scolaire de Baco Djicoroni étudient dans des salles de classe dont les murs sont inachevés, laissant passer des courants d’air glacials. Mariam Ly, une élève de 9e année, témoigne : « J’ai si froid le matin que j’ai du mal à me concentrer sur mes cours. Mes mains sont gelées, je n’arrive même pas à écrire. »Elle ajoute : « Certains camarades arrivent en classe avec les extrémités engourdies, ce qui les empêche de bien suivre les cours. »
Mme Diallo, enseignante à Banconi, confirme : « Beaucoup d’élèves ont les mains et les pieds gelés en arrivant à l’école. Parfois, je porte moi-même un tee-shirt thermique pour leur montrer comment se protéger. »Marie, mère de deux enfants en primaire, partage la même inquiétude : « Cette année est particulièrement rude. Même en journée, les températures restent très basses. »
M. Tall, enseignant à Ségou, souligne quant à lui l’impact du froid sur la fréquentation scolaire : « Lorsqu’il fait très froid, beaucoup d’élèves ne viennent pas en classe. Les absences se multiplient. »
Impact sur l’apprentissage
Les conditions météorologiques ont un effet direct sur la concentration et la performance des élèves. Pour pallier ces difficultés, plusieurs établissements ont entrepris des rénovations.
M. Diarra, directeur du Complexe scolaire Ba Fily Traoré de Kabala, explique : « Nous avons renforcé les fenêtres et les portes pour limiter les courants d’air et garder un minimum de chaleur dans les classes. »
Au sein du complexe scolaire, Les Mains-Unies I de Kalaban -coro, l’administration encourage le port de vêtements chauds : « Nous insistons pour que les élèves portent des pullovers et autres habits adaptés »,affirme M. Sogoba, surveillant.
Par ailleurs, pour prévenir les maladies liées au froid, la direction de cet établissement a interdit la vente de jus glacés durant cette période.
Des efforts de sensibilisation et des solutions durables
En parallèle, des campagnes de sensibilisation sont mises en place. Kadidiatou, enseignante à Kati, précise :« Nous organisons des ateliers où nous expliquons aux enfants comment se protéger du froid, notamment en superposant plusieurs couches de vêtements. »
Face à cette réalité climatique, les autorités locales sont également appelées à jouer un rôle clé. En initiant des actions visant à améliorer les infrastructures scolaires et en collaborant avec des ONG, elles peuvent fournir un soutien logistique précieux.
L’adaptation des écoles aux fluctuations climatiques reste un enjeu majeur pour l’avenir. Souleymane, directeur d’un lycée privé à Faladié, propose : « Il est essentiel que notre système éducatif évolue pour prendre en compte ces réalités climatiques. Nous devons investir dans des infrastructures modernes adaptées aux températures extrêmes. »
Les efforts conjoints des établissements, des autorités et des organisations partenaires témoignent d’une prise de conscience grandissante. Bien que de nombreux défis persistent, chaque action entreprise représente une avancée vers un environnement d’apprentissage plus sûr et mieux adapté aux réalités climatiques du pays.
Bakary Fomba
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