Le gouvernement malien adopte deux décrets transférant aux collectivités territoriales la gestion de l’assainissement, des forêts et de la faune.
Réuni en session ordinaire le 7 janvier 2026 sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la décentralisation au Mali. Deux décrets majeurs ont été adoptés sur proposition du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Doumbia Mariam Tangara.
Le premier fixe le détail des compétences transférées de l’État aux collectivités territoriales en matière d’assainissement et de lutte contre les pollutions et nuisances. Le second concerne la gestion des ressources forestières et fauniques. Ces textes s’inscrivent dans la continuité de la réforme territoriale initiée depuis 2023 et visent à rendre plus efficace la gouvernance locale de l’environnement.
Une réforme structurelle de la gouvernance territoriale
L’adoption de ces deux décrets découle directement de la loi n°2023-002 du 13 mars 2023, qui a modifié la loi fondamentale sur l’organisation administrative du territoire de 2012. Cette réforme a supprimé le niveau de collectivité territoriale appelé « cercle », redistribuant ainsi les compétences entre les communes, les régions et le district de Bamako.
Avec cette nouvelle architecture, l’État entend rapprocher les politiques publiques environnementales des citoyens, tout en clarifiant les responsabilités des différents niveaux de gouvernance locale. Les services centraux et déconcentrés du ministère de l’Environnement seront désormais chargés d’un rôle d’appui-conseil auprès des collectivités territoriales, afin de garantir la cohérence nationale de l’action environnementale.
Assainissement, forêts, faune : des compétences transférées mais encadrées
Les décrets adoptés précisent la nature des missions désormais confiées aux communes et aux régions. Elles incluent la gestion des déchets, la lutte contre les pollutions, la protection des ressources naturelles, la reforestation et la préservation de la faune. Ces domaines, jusque-là largement centralisés, deviennent des leviers essentiels de développement local et de gouvernance environnementale participative.
L’enjeu est double : renforcer la responsabilisation des collectivités tout en assurant une meilleure efficacité dans la gestion durable des ressources naturelles. Dans un contexte de changement climatique et de pressions croissantes sur les écosystèmes, cette approche vise aussi à prévenir les conflits liés à l’exploitation des ressources.
Une décentralisation au cœur de la refondation nationale
Ces décisions s’inscrivent dans la philosophie politique du président de la Transition, le général Assimi Goïta, qui prône une gouvernance plus ancrée dans les réalités locales. La décentralisation est considérée par Bamako comme un pilier de la refondation nationale, au même titre que la souveraineté politique et la réforme institutionnelle.
En donnant plus d’autonomie aux collectivités pour gérer leur environnement, l’exécutif malien mise sur la proximité, la redevabilité et la participation citoyenne pour faire face aux défis écologiques et sociaux. Cette évolution confirme la volonté des autorités de doter les territoires d’un rôle accru dans la construction du Mali Kura, le « Mali nouveau » voulu par la Transition.
Avec l’adoption de ces deux décrets, le Mali entre dans une nouvelle phase de sa décentralisation. Le transfert des compétences environnementales et forestières aux collectivités territoriales incarne la volonté politique de rapprocher l’État des citoyens et d’ancrer la gouvernance du développement durable dans les réalités locales.
A.D
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