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Mali : après le coton graine, le prix des intrants agricoles radicalise les cotonculteurs

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La tension reste toujours vive dans le monde paysan autour des changements de prix du kilogramme de coton graine ainsi que de celui des intrants agricoles. Beaucoup de cotonculteurs sont toujours catégoriques sur leur position : pas de culture de coton sans baisse du prix des intrants agricoles.

Nous tendons vers la fin du mois de juin. Les cotonculteurs et le gouvernement malien ne s’entendent toujours pas sur les changements de prix des intrants aussi bien que du kilogramme du coton graine. Si les autorités étatiques pensent avoir sauvé la campagne agricole 2020-2021 à travers l’octroi d’une subvention de 35 milliards de FCFA, les paysans estiment que cette campagne est loin d’être sauvée.

Des efforts insignifiants

La hache de guerre n’est pas encore enterrée dans le monde paysan. L’augmentation du prix du kilogramme de coton graine par le gouvernement, le dimanche 7 juin 2020, semble être insuffisante aux yeux des cotonculteurs. « Les autorités n’ont pratiquement rien fait. Car tant qu’elles ne revoient pas le prix des intrants agricoles à la baisse, nous ne pouvons pas nous engager à cultiver à souhait du coton », nous fait savoir Famory Marico, agriculteur à Dioîla, dans la région de Koulikoro. Selon ce paysan, la cherté des intrants agricoles fait que les paysans ne bénéficient pas assez de leur travail. Cela, même lorsque le coton était à 275 FCFA, précise-t-il.

Appel à la résistance

M. Marico finit par lancer un appel à tous les cotonculteurs du Mali de rester unis et de refuser, à l’unisson, de cultiver du coton cette année tant que les intrants ne seront pas revus à la baisse.

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À l’émission « Sénékelaw » du 9 juin 2020 de Bakary Traoré de la radio MBarademin de Dioila, Seyni Marico, cotonculteur à Fiyana dans la même localité de Dioila, invite également les paysans à ne pas cultiver de coton cette année. Il précise que même si le prix du kilogramme sera fixé à 300 FCFA, il ne sera plus nécessaire de s’engager à cultiver du coton. La raison qu’il avance, c’est que « ce gouvernement n’a aucune considération pour les paysans ».

Résoudre la situation

Pour sortir de ce labyrinthe, certains paysans invitent à maintenir les prix de la campagne 2019-2020 du coton aussi bien que des intrants agricoles pour cette nouvelle campagne. « Nous savons que les fluctuations font partie de la loi du marché du coton », souligne Madou, responsable d’agriculture dans la localité de Dioila, mais « ce qui nous écœure cette année, c’est l’augmentation du prix des intrants ».

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Toutefois, certains ne sont pas trop catégoriques. Selon Daouda Fomba, cultivateur à Banco (Dioila), « nous allons cultiver du coton. Mais il se pourrait que ce ne soit pas beaucoup d’hectares ». Car à « défaut de sa mère, on tète sa grand-mère », rappelle-t-il. Toutefois, il rejoint les autres agriculteurs en soulignant la nécessité de diminuer le prix des intrants afin de galvaniser davantage les paysans.

Le PDG de la CMDT doit des explications

Pourtant, le PDG de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Baba Berthé avait signalé à l’occasion de leur rencontre avec le PM Boubou Cissé, le dimanche dernier : « Nous avons noté et transmis l’ensemble des doléances des cotonculteurs au Gouvernement qui a pris note ». Il poursuivait en précisant : « C’est suite à cela que le Gouvernement a décidé de nous recevoir aujourd’hui [dimanche 7 juin 2020 ndlr]. Au cours de cette rencontre, le PM Boubou Cissé a accepté les propositions faites par les producteurs, portant le prix d’achat d’un kilo du coton à 250 F ».

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Si l’ensemble des doléances des cotonculteurs avaient été bien transmises au gouvernement malien, comment expliquer la poursuite des polémiques ? À Baba Berthé d’y répondre. Toutefois, cette situation autour du coton n’est pas assez rassurante non seulement pour le Mali, mais aussi pour le monde entier. Le coton est une matière première assez prisée dans plusieurs productions.

F. Togola 

Abdou Marico, correspondant à Dioila

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