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Sonko et Faye
ActuOpinion

Sénégal : Diomaye Faye — Ousmane Sonko, la fin de l’innocence politique

by Chiencoro 13 novembre 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Moins de deux ans après leur victoire historique, le tandem qui incarnait le renouveau politique sénégalais se fissure. Entre le président Bassirou Diomaye Faye, soucieux d’affirmer son autorité, et son Premier ministre Ousmane Sonko, toujours porté par sa ferveur militante, la tension est désormais palpable. Derrière les sourires officiels, une guerre froide s’installe, faite de calculs politiques, de défiance réciproque et d’ambitions rivales.

Par un de ces retournements dont la politique sénégalaise a le secret, l’idylle entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a viré à la méfiance. Le duo fraternel de la conquête est devenu un couple présidentiel en crise. Le rêve de la cohabitation harmonieuse s’effrite, laissant place à une guerre froide où chacun affûte désormais ses armes.

De l’amitié militante à la rivalité d’État

Ceux qui les ont connus dans les geôles du régime Sall, partageant le même idéal de rupture, peinent à reconnaître les deux anciens compagnons d’infortune. À peine un an et demi après la victoire éclatante de mars 2024, les fissures sont devenues crevasses.
Depuis juillet 2025, les signaux d’alerte s’accumulent : Sonko, fidèle à son « verbe volcanique », avait publiquement reproché au chef de l’État son « silence » face aux attaques de ses adversaires. Faye, plus feutré, avait tenté d’éteindre l’incendie en rappelant que le Sénégal avait « d’autres urgences ». Mais sous le vernis de la fraternité, les rancunes couvaient.

Le jour où tout a basculé

Le 11 novembre 2025, la hache de guerre est déterrée. Par un décret laconique, Diomaye Faye écarte Aïda Mbodj, fidèle lieutenante de Sonko, de la coordination de la coalition présidentielle, pour confier la tâche à Aminata Touré. Un choix audacieux — certains diront provocateur — tant l’ex-Première ministre incarne la technostructure politique que le Pastef voulait précisément balayer.

Sonko encaisse mal le coup : trois jours plus tôt, à Téra, il avait publiquement juré qu’Aïda Mbodj « ne bougerait pas ». En rétorquant que « celui qui veut s’affirmer n’a qu’à descendre dans l’arène », le Premier ministre adressait, sans la nommer, une flèche au palais.

La guerre des légitimités

Derrière cette querelle de casting, une bataille plus vaste se dessine : celle de la légitimité. Diomaye Faye, élu président mais longtemps considéré comme l’héritier politique de Sonko, veut désormais s’émanciper. Sonko, lui, refuse de devenir un ornement institutionnel, cantonné à la primature.

Le communiqué présidentiel évoque pudiquement des « facteurs de division » ; les stratèges, eux, y voient la volonté de Faye de préparer son avenir. En réactivant la coalition sous un visage plus docile, le chef de l’État trace son propre sillon, au-delà de l’ombre tutélaire de son mentor. 2029 n’est pas si loin.

Le Pastef sort les griffes

La riposte du parti de Sonko est immédiate. Dans un communiqué incendiaire, le Pastef dénonce une « décision illégitime » et refuse de reconnaître Aminata Touré. Traduction politique : le Premier ministre défie ouvertement l’autorité de son président. Le Sénégal découvre alors une cohabitation de feu, où chaque camp revendique l’héritage du même électorat.

Les juristes y voient une question de prérogatives ; les politistes, un choc d’egos entre deux visions du pouvoir : celle, institutionnelle et hiérarchique, de Faye ; celle, messianique et populaire, de Sonko.

Une alliance piégée par son propre succès

Le paradoxe est cruel. La victoire de 2024 devait incarner la renaissance politique du pays. Elle se mue en guerre de positions. Faye, jadis secrétaire général discret, s’impose désormais comme un président soucieux d’ordre et de méthode. Sonko, tribun charismatique et chef de file du Pastef, reste l’âme du mouvement, mais plus tout à fait le maître du jeu.

Ce tandem improbable, uni contre Macky Sall, se retrouve aujourd’hui enlisé dans la mécanique du pouvoir : l’un veut gouverner, l’autre continue de militer.

Le spectre d’une rupture annoncée

Pour l’heure, les deux hommes jurent que rien ne les oppose. Mais le climat, dans les couloirs de la primature comme à la présidence, est électrique. Des proches de Faye murmurent qu’un remaniement pourrait sceller la fin de la cohabitation. D’autres évoquent, du côté de Sonko, la tentation d’une démission fracassante, au nom de la « cohérence morale ».

Dans un pays où la stabilité politique repose souvent sur l’équilibre subtil des egos, ce duel fraternel pourrait peser lourd.

Cette brouille ne se joue pas seulement à deux. Elle interroge une jeunesse sénégalaise qui, en mars 2024, croyait voter pour un renouveau. Les promesses de rupture, de justice et de souveraineté économique peinent à survivre au choc des ambitions.

Le pouvoir Faye-Sonko, né de la révolte, risque de mourir de la normalisation. Le Sénégal, laboratoire démocratique de l’Afrique de l’Ouest, entre dans une zone de turbulences.

Chiencoro Diarra 

13 novembre 2025 0 comments
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Vivre et entreprendre au Mali
Économie

Mali : ces jeunes qui inventent le futur au cœur de Bamako

by Ibrahim Kalifa Djitteye 13 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

À Bamako, la jeunesse prend son destin en main. Face au chômage et à la précarité, de nombreux jeunes se tournent vers l’entrepreneuriat pour créer, innover et subvenir à leurs besoins. Entre recyclage, services numériques, mode ou petite restauration, ils participent à transformer la capitale malienne. Dans le formel comme dans l’informel, ces acteurs du quotidien redonnent vie à l’économie locale et redéfinissent la place de la jeunesse dans la construction du Mali urbain de demain.

À Bamako, les signes de dynamisme ne manquent pas. Des petites entreprises poussent dans presque tous les quartiers. Derrière ces initiatives, des jeunes comme Fatoumata Traoré, diplômée en gestion, qui a lancé un atelier de recyclage de plastiques à Magnambougou. Son projet attire l’attention de plusieurs associations locales, mais le financement reste son principal obstacle. « Je voulais transformer les déchets en objets utiles, mais aussi créer de l’emploi pour les jeunes filles du quartier », confie-t-elle, le regard déterminé.  

Dans un autre coin de la ville, Ibrahim Diarra, informaticien de formation, a créé une start-up spécialisée dans les services numériques pour artisans. Son application relie peintres, maçons et plombiers à des clients. « Notre objectif, c’est de donner de la visibilité à ceux qui travaillent dans l’ombre », explique-t-il ajoutant que ces initiatives, bien qu’encore fragiles, traduisent une volonté de changement et une conscience citoyenne nouvelle chez la jeunesse bamakoise.

Entre innovation et débrouillardise

Pour beaucoup de jeunes, entreprendre n’est pas un choix, mais une nécessité. Le chômage, surtout chez les diplômés, pousse à inventer de nouvelles formes d’activité. C’est le cas de Boubacar Sangaré, vendeur ambulant devenu créateur de mode avec un parcours qui illustre cette génération qui transforme l’informel en tremplin vers le formel. « Au départ, je vendais des t-shirts dans la rue. Aujourd’hui, j’ai un atelier et j’emploie trois jeunes », dit-il avec fierté. 

Mais l’innovation n’est pas toujours synonyme de réussite. Beaucoup d’initiatives prometteuses meurent faute d’accompagnement. Des jeunes artisans, restaurateurs ou réparateurs de téléphones travaillent dur mais manquent de formation en gestion ou en marketing. « On se débrouille comme on peut, mais sans soutien, c’est difficile d’aller loin », regrette Awa Dembélé, vendeuse de jus naturels à Lafiabougou qui témoigne que l’énergie entrepreneuriale de Bamako se heurte encore à un manque de structures d’appui efficaces. Malgré tout, la jeunesse doit se montrer coopérative en soutenant les autorités de leur pays : « Nous montrons chaque jour à l’ennemi que nous sommes prêts, que nous sommes déterminés et que nous ne reculerons pas. L’avenir de notre pays dépend de notre persévérance. », a déclaré le président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), Sory Ibrahim Cissé, le 16 octobre 2025, à l’issue d’une audience que leur avait accordé le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta. 

L’informel, moteur invisible de la ville

Dans les marchés, les garages, les kiosques et les ateliers, des milliers de jeunes bâtissent l’économie informelle. Cette force discrète fait vivre des familles entières, mais reste largement négligée. À Banconi, Yacouba Coulibaly, réparateur de motos, emploie deux apprentis. « Je n’ai pas fait de grandes études, mais j’ai appris à réparer avec passion. Si j’avais un petit crédit, je pourrais agrandir mon atelier », explique-t-il.

Ces jeunes, souvent sans statut légal, peinent à obtenir un prêt ou à ouvrir un compte bancaire. Pourtant, ils participent activement à la vitalité urbaine. Le défi reste de leur offrir un cadre qui favorise leur épanouissement. Certains programmes publics tentent d’apporter des solutions, mais les démarches administratives et le manque d’informations freinent encore beaucoup d’entre eux.

Des initiatives publiques et privées en soutien

Conscientes du potentiel de la jeunesse, plusieurs institutions et ONG accompagnent désormais l’entrepreneuriat. Le Fonds d’Appui à la Création d’Entreprises par les Jeunes (FACEJ), soutenu par la Banque mondiale et par des partenaires internationaux, offre des formations en leadership et en gestion financière, ainsi que des financements pour les projets portés par des jeunes de 18 à 35 ans. Grâce à ce dispositif, plusieurs jeunes à Bamako ont pu formaliser leurs activités et générer des emplois locaux.

Les autorités de la Transition encouragent également la création d’entreprises locales à travers des programmes comme le Fonds d’Appui à l’Insertion des Jeunes (FAIJ) et le partenariat ANPE–CAECE Jigiseme, lancé en 2025 pour accompagner et financer mille porteurs de projets à travers le pays. Mais sur le terrain, les bénéficiaires dénoncent parfois la lenteur des procédures administratives et le manque d’informations. Pour Fatoumata Traoré, citée plus haut, « les programmes existent, mais il faut les rendre plus accessibles à ceux qui n’ont pas de relations ».

Une jeunesse actrice du changement

De la rive droite à la rive gauche du fleuve Niger, Bamako bouillonne d’idées et d’initiatives. Ces jeunes qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale ne cherchent pas seulement à s’enrichir. Ils veulent transformer leur environnement. « Nous sommes la génération qui doit prouver que tout n’est pas perdu », affirme Ibrahim Diarra.

Malgré les obstacles, la jeunesse bamakoise fait preuve d’un courage exemplaire. Elle construit, innove et inspire. Ses succès, petits ou grands, redessinent peu à peu le visage du Mali urbain. Et même dans l’informel, là où l’État est souvent absent, s’écrit silencieusement une nouvelle histoire économique et sociale du pays. Selon le président du CNJ, Sory Ibrahim Cissé, « La jeunesse malienne doit jouer pleinement son rôle » dans l’accompagnement des idéaux du Mali Kura, pour un Mali uni, souverain, prospère et respecté sur la scène internationale.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

13 novembre 2025 0 comments
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Mikailou Cisse
A la UneAnalyses

Tribune – Le Mali, une nation debout face à la guerre des âmes

by Mikailou Cissé 13 novembre 2025
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Alors que les attaques terroristes redoublent et que les pressions médiatiques et diplomatiques s’intensifient, le Mali choisit la résistance et la refondation. Entre guerre visible et guerre invisible, la nation malienne trace, à marche forcée, le chemin de sa souveraineté retrouvée.

« Maudit soit la guerre et ses auteurs », disaient nos anciens. Ces sages savaient que la guerre n’est juste que lorsqu’elle devient le dernier recours pour préserver la dignité et la survie d’un peuple. Cette sagesse millénaire résonne aujourd’hui dans un « Mali assiégé », mais plus que jamais debout.

Les attaques terroristes qui se multiplient aux portes de Bamako ne sont pas de simples actes isolés. Elles répondent à une logique claire : paralyser le pays, étouffer son économie, fracturer sa cohésion sociale. Mais au-delà des armes, c’est une autre guerre — plus subtile, plus dangereuse — qui se joue : celle de la perception.

Le champ de bataille médiatique

La guerre moderne ne se livre plus seulement dans les sables du Sahel, mais aussi sur les écrans et dans les rédactions. Certains médias étrangers, parfois par ignorance, souvent par intérêt, véhiculent une image déformée du Mali. Ils montrent un pays à genoux, coupé du monde, prisonnier de ses choix souverains.

Or, la réalité est toute autre. Le Mali se reconstruit, se réforme, s’affirme. Et s’il refuse désormais les diktats extérieurs, c’est parce qu’il a compris que l’indépendance n’est pas un slogan, mais une pratique quotidienne.

Sous la conduite du général Assimi Goïta, les Forces armées maliennes (FAMa) se sont imposées comme le pilier du renouveau national. Longtemps affaiblies, elles se sont transformées en un corps républicain et populaire, rassemblant toutes les composantes du pays.

L’armée n’est plus seulement une institution, elle est devenue l’incarnation d’une nation qui se tient debout, fière, consciente que sa survie dépend de sa cohésion.

La guerre des âmes

La guerre au Sahel est aussi une guerre spirituelle. Les groupes armés ont appris à manipuler la foi, à détourner les symboles religieux pour séduire une jeunesse vulnérable, privée d’éducation et d’avenir.

Cette guerre des âmes appelle une riposte de conscience. Le général Goïta ne cesse de le rappeler : la peur est la première arme de l’ennemi. Et face à elle, chaque citoyen doit devenir un soldat lucide — non pas les armes à la main, mais le cœur solide et l’esprit clair.

La guerre impose des sacrifices, mais elle oblige aussi à repenser les fondations de l’État. Le Mali doit transformer cette épreuve en levier de réforme : assainir les circuits économiques, sécuriser les corridors, renforcer la traçabilité des flux financiers et couper les sources de financement du terrorisme.

Le contrôle des frontières, longtemps négligé, doit redevenir une priorité stratégique. Et cette refondation ne peut être que collective. Elle doit s’appuyer sur l’État, le secteur privé, la société civile et les communautés locales.

L’Alliance des États du Sahel : un sursaut historique

Dans cette quête de souveraineté, le Mali n’est plus seul. Avec le Burkina Faso et le Niger, il a choisi la voie d’une solidarité assumée à travers la Confédération des États du Sahel (AES), créée le 6 juillet 2024, à Niamey, au Niger. Le deuxième sommet de ce regroupement sahélien est annoncé pour décembre prochain, à Bamako. 

Là où certains y voient un repli, d’autres reconnaissent un sursaut historique : celui de nations décidées à penser leur sécurité, leur économie et leur diplomatie à partir de leurs propres intérêts. L’AES, c’est la réponse politique et symbolique à des décennies de dépendance et de tutelle.

La reconstruction malienne ne se fera pas sans les légitimités traditionnelles et religieuses. Ces voix, souvent discrètes mais profondément écoutées, rappellent que la paix ne naît pas des négociations, mais de la dignité retrouvée.

Le Mali possède un trésor culturel immatériel : le Maaya (l’humanisme malien) et le Danbé (la dignité). Ces valeurs, forgées au fil des siècles, sont les armes les plus puissantes contre la peur et la division.

Le Mali debout

Le Mali d’aujourd’hui n’est ni naïf ni résigné. Il sait que la route vers la souveraineté sera longue et exigeante. Mais il avance, soutenu par sa jeunesse, son armée et ses symboles.

Car la bataille du Sahel n’est pas seulement militaire, elle est d’abord morale et culturelle. C’est celle de la conscience collective, du refus de la fatalité et de la foi en un destin commun.

Et si la guerre est, comme le disaient les anciens, « un mal nécessaire », la paix, elle, demeure un devoir sacré.

Mikaïlou Cissé 

13 novembre 2025 0 comments
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Abdoulaye Guindo
Exclusif

« Les outils numériques renforcent l’économie et facilitent l’accès aux services sociaux », selon Abdoulaye Guindo 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 12 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 7 minutes read

Journaliste-blogueur et figure de la scène numérique malienne, Abdoulaye Guindo a progressivement bâti son parcours entre presse traditionnelle et nouveaux médias. Entré dans le journalisme avant l’essor du digital, il s’est tourné dès 2012 vers le blogging à travers Mondoblog, avant de contribuer à la création de Benbere, plateforme citoyenne qu’il coordonne aujourd’hui, lancée avec l’appui d’un partenaire néerlandais et de la communauté Doniblog qu’il présidait. Un itinéraire qui illustre son engagement pour l’information, l’innovation et l’expression citoyenne en ligne. 

Sahel Tribune : Selon vous, que signifie concrètement la « révolution numérique » pour les économies africaines et pour le Mali en particulier ?

Abdoulaye Guindo : La révolution numérique ou transformation digitale représente une opportunité pour les économies africaines parce qu’en premier lieu c’est des catalyseurs de croissance, des opportunités de développement des paiements mobiles. Ce paiement va réduire les risques de corruption, permettra aux économies africaines d’être plus résilientes et fortes. Cette révolution permet aussi de créer beaucoup d’emplois. Qui dit création d’emploi, dit création de ressources. Des ressources qui viendront renforcer l’économie. Cela va faciliter également l’accès aux services sociaux, notamment la santé. 

On a vu, dans beaucoup de pays, les poches de sang larguées par les drones. Cette révolution permet donc d’économiser du carburant. Sur le plan agricole, elle permet d’identifier les zones de pâturages, détecter les endroits les plus fertiles. Ce qui permet de dépenser moins d’argent. Il faut noter aussi que cette révolution permet d’améliorer l’administration et la gouvernance. La e-présence permet de gérer la gouvernance et l’efficacité du personnel. Aujourd’hui, la révolution numérique est une opportunité pour les économies africaines qui, si les États arrivent à les utiliser, pourront permettre de maximiser les profits et renforcer l’économie de nos États.

Comment percevez-vous l’impact d’Internet et des technologies numériques sur le marché de l’emploi aujourd’hui ?

Les nouvelles technologies ont certes détruit beaucoup d’emplois, mais aussi occasionné la création de nouveaux emplois. De nouveaux métiers vont apparaître, notamment des analystes de données, des développeurs, des experts en IA, des community manager, aussi l’automatisation du travail dans les industries. Il y a un double aspect : un aspect négatif avec la perte de certains emplois, notamment des personnes qui étaient employées pour faire une seule tâche, mais aujourd’hui les nouvelles technologies permettent à une seule d’être employée. Pour noter les présences au bureau, six personnes étaient employées, mais avec le pointage électronique personne n’est quasiment employé. Mais comme je l’ai dit, la révolution numérique a créé beaucoup d’emplois.

Quelles nouvelles opportunités d’emploi Internet a-t-il créées pour les jeunes Maliens et Africains ?

Le Mali n’est pas différent des autres pays africains. Les nouvelles technologies ont créé beaucoup d’emplois. On a des jeunes développeurs aujourd’hui qui développent des applications, des solutions numériques. On a des spécialistes de l’IA, des community manager qui sont dans beaucoup d’entreprises. On a des data analysts qui arrivent à analyser les données et les traiter à travers l’outil technologique, des jeunes qui travaillent sur les robots et des drones qui pourront demain révolutionner les domaines de l’agriculture et de la santé. Plusieurs emplois ont également été créés. 

Quels défis rencontrent les travailleurs pour s’adapter à cette transformation numérique ?

Les défis sont énormes. Il y a la fracture numérique qui fait que le coût d’Internet et le taux de pénétration sont très bas dans nos pays. Il y a des défis d’infrastructures aussi. Le pays n’est pas couvert d’infrastructures. La qualité du coût d’Internet rend difficile l’adaptation au numérique. Aussi, les compétences de certains à maîtriser ces outils : il faut les former pour les inclure. Par exemple, quand on essaie de faire le télétravail pour réduire la consommation d’électricité et de carburant, beaucoup de travailleurs au Mali et en Afrique ne maîtrisent pas les outils de travail en ligne. Donc il y a ce manque de formation qui est un défi. Il y a des obstacles économiques et culturels. Aujourd’hui, les gens sont plutôt habitués au travail manuel, l’adaptation et le changement sont difficiles. On n’a pas la culture des nouvelles technologies. C’est le défi à relever : développer la culture du numérique dans l’esprit des gens.

L’IA est souvent perçue comme une menace pour l’emploi. Partagez-vous ce point de vue ?

L’IA est à la fois une menace et une opportunité. En tant que menace, ça va permettre d’automatiser les tâches, donc les personnes qui faisaient le travail à la chaîne vont se retrouver au chômage. Aussi, ça va créer des inégalités dans le domaine du travail. L’homme va fournir plus d’efforts avec moins de salaire. Plus d’entretien sera accordé à la machine. 

Il y a des risques de perte d’emplois, mais aussi des opportunités. L’IA va augmenter en même temps la production. Si les humains qui font le travail à la chaîne doivent travailler huit heures par jour, l’IA peut travailler 24/24. Ça va accroître la production et rendre plus efficace le travail avec plus de précision. Donc c’est à double sens.

Quels emplois sont les plus exposés à l’automatisation et à l’IA, et lesquels peuvent en bénéficier ?

Les travaux les plus exposés sont entre autres les tâches au niveau administratif notamment la comptabilité, la saisie d’information et de données, l’analyse et le traitement des données. Ce sont des outils qui pourront faciliter ce travail et faire disparaître ces emplois. Même au niveau des banques, l’automatisation va permettre de faire des dépôts et des retraits sans la présence d’une personne physique dans un guichet.

Selon vous, comment les jeunes Maliens peuvent-ils saisir les opportunités offertes par Internet et l’IA ?

Les jeunes peuvent saisir ces opportunités en se formant, en cherchant à maîtriser les fonctionnements de ces outils et leur utilisation, être capables de produire de la connaissance et des compétences avec et les mettre au service de leur pays. L’État doit donner des moyens pour que les jeunes puissent apprendre ces outils, leur fonctionnement, leur utilisation pour se créer des emplois et saisir les opportunités des nouvelles technologies.

Faut-il craindre ou accueillir cette révolution numérique ? Pourquoi ?

On n’a pas à craindre. Qu’on le veuille ou pas, les nouvelles technologies s’imposent à nous. Personne ne peut s’opposer au développement des nouvelles technologies. Tout ce qu’on doit faire, c’est de s’y adapter et d’utiliser le bon côté en se départissant du négatif. On a inventé la voiture qui fait des accidents, qui tue, mais nous l’utilisons. L’avion nous facilite le voyage, mais les avions se crashent souvent. On utilise les médicaments pour se soigner, mais quand on dépasse la dose on meurt. Les nouvelles technologies, on ne peut pas s’opposer à leur essor. On va devoir s’adapter pour minimiser le côté négatif.

Comment voyez-vous le marché de l’emploi au Mali dans 10 ans avec l’évolution rapide d’Internet et de l’IA ?

Le marché de l’emploi au Mali ne sera pas différent du marché dans beaucoup de pays. Il y aura un bouleversement. Des métiers vont disparaître, d’autres vont se voir créer, notamment les développeurs qui sont aujourd’hui nombreux au Mali, les data analysts, la floraison des community managers employés dans la communication de beaucoup d’entreprises, l’automatisation du travail dans beaucoup d’usines. Les spécialistes dans ces domaines se verront employer, mais d’autres vont devoir s’adapter parce que leur métier sera appelé à disparaître.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes professionnels et aux parents pour se préparer à ce futur numérique ?

Le conseil que j’ai à leur donner, c’est d’apprendre à dompter ces outils. Tantôt, ces outils vont s’imposer à nous, on n’aura pas le choix. On se rappelle au Mali, certains parents pensaient que faire la photo était interdit par l’Islam. Avoir un téléphone portable était vu comme un problème. Mais aujourd’hui, cet outil permet de régler des problèmes qui nécessitaient de parcourir 400-500 kilomètres. Donc ça s’est imposé à nous, on s’adapte. Il faut qu’on soit prêts à les recevoir, à les accueillir en cherchant à connaître leur utilisation, leur enjeu et comment se protéger de leur côté négatif.

Interview réalisée et transcrite par Ibrahim Kalifa Djitteye 

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BAMEX
Sécurité

BAMEX 2025 : Le Mali affirme sa souveraineté et sa vision sécuritaire panafricaine

by Ibrahim Kalifa Djitteye 12 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Ce mardi 11 novembre 2025, le Parc des expositions de Bamako a accueilli l’ouverture solennelle du Salon international de l’industrie de la défense et de la sécurité de Bamako (BAMEX 2025). C’est un événement inédit dans la sous-région sahélienne. Placé sous la présidence du Premier ministre malien, le Général de division Abdoulaye Maïga, ce salon marque une étape décisive dans la volonté du Mali de bâtir une architecture de sécurité autonome, fondée sur ses propres forces, compétences et alliances stratégiques.

À la tribune, le général de corps d’armée Sadio Camara, ministre de la Défense et des Anciens combattants, a livré un discours sans concession, dénonçant « un complot longtemps tramé » contre le Mali et « une cabale médiatique en cours » visant à diaboliser la crise malienne. Il a affirmé avec force que « le Mali subsistera ». Il a profité de l’occasion pour saluer la présence de délégations venues de Türkiye, de Russie, de la République démocratique du Congo, du Burkina Faso et d’autres pays comme la preuve éclatante de la résilience diplomatique du pays.

Une riposte diplomatique à l’isolement

Le BAMEX 2025 se veut un cadre de dialogue et de partenariat entre décideurs politiques, industriels, chercheurs, forces de défense, start-up et investisseurs. Pendant quatre jours, les participants venus du Togo, du Ghana, du Nigeria, de la Libye, du Maroc, du Soudan, de l’Iran et des pays de l’Alliance des États du Sahel auront l’occasion de découvrir les innovations et les savoir-faire des exposants dans le domaine de la sécurité et de la défense.

L’invitée d’honneur de cette édition, la République de Türkiye, occupe une place centrale dans la dynamique du salon. Le ministre Sadio Camara a salué la coopération stratégique entre Bamako et Ankara, fondée sur le respect mutuel et le partenariat gagnant-gagnant. Il a souligné que cette relation bilatérale incarne une vision partagée par les présidents Assimi Goita et Recep Tayyip Erdogan.

Türkiye, un partenaire stratégique assumé

« Le Mali accueille la Türkiye, le Mali accueille l’Afrique, le Mali accueille le monde », a-t-il déclaré, en insistant sur la solidité de cette alliance face aux tentatives d’isolement diplomatique. Selon lui, ce salon est la preuve concrète que le Mali reste fréquentable et attractif malgré les pressions extérieures.

L’exposition est animée par une trentaine de fabricants turcs d’armement, dont The Peak Défense, reconnus mondialement pour leur expertise dans les technologies de défense avancées. Les visiteurs peuvent découvrir une large gamme de systèmes de défense de pointe : plateformes terrestres, aériennes et navales, armes et munitions, systèmes de communication militaire, satellites et technologies spatiales, ainsi que des armements lourds.

Une vitrine technologique pour le Mali et ses alliés

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a rendu un hommage appuyé à la Türkiye, tout en  soulignant son rang parmi les premiers exportateurs mondiaux d’équipements militaires. Il a également critiqué les modèles traditionnels de financement de la défense, basés sur l’assistance extérieure et les prêts militaires étrangers, en valorisant les approches novatrices turques fondées sur la coopération industrielle et le cofinancement.

Le ministre de la Défense a par ailleurs accusé certaines puissances étrangères de soutenir des groupes terroristes opérant dans le Sahel, dans le but de maintenir les États de la région « sous contrôle pour continuer de profiter de nos immenses richesses ». Il a dénoncé « l’hypocrisie et le double jeu » de ces acteurs. Le général Camara a également affirmé que leur stratégie repose sur « l’art et la science du blanchiment du terrorisme ».

Dans un contexte international marqué par la persistance des crises transnationales, la cybercriminalité, la criminalité organisée et les influences étrangères, le BAMEX 2025 s’inscrit dans une dynamique de souveraineté sécuritaire africaine. Il met en lumière la montée en puissance de l’industrie de défense malienne et sahélienne, inspirée du modèle turc, et réaffirme la volonté du continent de construire une sécurité collective fondée sur la coopération régionale.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Lancement du dialogue inter-malien
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Journée nationale des Légitimités traditionnelles : Un hommage vibrant aux piliers culturels du Mali

by Ibrahim Kalifa Djitteye 12 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

La salle Djeli Baba Sissoko du Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a abrité ce mardi 11 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 4e édition de la Journée Nationale des Autorités et Légitimités Traditionnelles. Placée sous la haute présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, la cérémonie a été présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Elle a réuni autour de lui le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, plusieurs membres du gouvernement, ainsi que de nombreuses autorités administratives, coutumières, religieuses et légitimités traditionnelles.

Instituée par le décret n°2022-0128/PT-RM du 04 mars 2022, cette journée du 11 novembre est désormais consacrée à la reconnaissance du rôle fondamental des légitimités traditionnelles dans la vie communautaire et nationale. L’édition 2025, organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture au Mali, décrétée par le Président de la Transition. Elle est placée sous le thème : « Rôle et responsabilité des Autorités et Légitimités traditionnelles dans l’éducation et la construction du Maliden Kura ».

Une journée dédiée à la reconnaissance et à la transmission

Ce thème, porteur de sens, met en lumière la volonté politique de valoriser les repères identitaires, de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir la transmission des valeurs endogènes. Il s’inscrit dans une dynamique de refondation nationale, où les traditions ne sont plus perçues comme des vestiges du passé, mais comme des leviers pour bâtir un avenir enraciné dans la souveraineté culturelle.

Dans son allocution, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a salué la reconnaissance des légitimités traditionnelles dans la nouvelle Constitution. Il a souligné que « l’État reconnaît le rôle central des autorités et légitimités traditionnelles dans la refondation du pays ». Cette reconnaissance institutionnelle marque une étape décisive dans le renforcement du vivre-ensemble et de la paix sociale, en intégrant les acteurs coutumiers dans les mécanismes de gouvernance et d’éducation citoyenne.

Conférences, débats et engagements citoyens

En marge de la cérémonie, plusieurs activités ont été programmées : conférences-débats, projections documentaires, jeux-concours et consultations médicales. Ces initiatives visent à renforcer la contribution des autorités traditionnelles à l’éducation citoyenne et à la défense des valeurs culturelles.

La première conférence-débat de la journée a été animée par des figures intellectuelles et traditionnelles telles que M. Seydou Traoré, le Professeur Samba NIARÉ, Bourama SOUMANO, Salia MALE et M. Fodé Moussa SIDIBÉ, autour du thème retenu pour cette édition. 

Les échanges ont porté sur l’implication des autorités coutumières dans la mise en œuvre du Programme Présidentiel de Développement de la Culture et du projet Maliden Kura. Ce dernier, initié par le Président Assimi Goïta, vise à forger un nouveau type de citoyen malien, enraciné dans les valeurs de souveraineté et de renaissance culturelle.

« Maaya » et « Danbé », des valeurs à transmettre

Les intervenants ont unanimement souligné l’urgence de mieux faire connaître et transmettre les valeurs fondamentales du Maaya (humanisme malien) et du Danbé (dignité et honneur) aux générations actuelles et futures. Ces principes, porteurs de cohésion et de respect mutuel, sont au cœur du projet de refondation citoyenne.

Les débats, interactifs et riches en recommandations, ont mis en lumière le rôle essentiel des légitimités traditionnelles dans la construction d’un Mali réconcilié avec ses fondements culturels. En replaçant les autorités coutumières au centre du processus éducatif et identitaire, cette journée nationale affirme une vision inclusive et enracinée du développement.

La Journée nationale des Autorités et Légitimités Traditionnelles 2025 aura été bien plus qu’une célébration. Elle sera un moment de convergence entre tradition et modernité, entre mémoire et avenir. Elle aura réaffirmé que le Mali Den Kura, ce Mali nouveau en gestation, ne saurait se construire sans ses piliers culturels, ses repères identitaires et ses sages porteurs de mémoire.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

12 novembre 2025 0 comments
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Penurie de carburant
A la UneÉconomie

Mali : l’honneur d’un peuple qui refuse de plier

by Ibrahim Kalifa Djitteye 11 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

À l’heure où les discours alarmistes s’infiltrent dans les conversations quotidiennes, où l’on s’empresse de prédire le chaos comme une fatalité, il est urgent de rappeler une réalité essentielle : le Mali ne tombera pas. Ni sous les assauts asymétriques du JNIM, ni sous la pression psychologique d’un blocus, ni sous l’amplification médiatique d’une crise ponctuelle. Car au-delà du carburant, au-delà des routes incendiées, demeure quelque chose de profondément enraciné dans ce pays : la résilience.

Depuis plusieurs années, le Mali fait face à des menaces multiples qui auraient pu ébranler n’importe quelle nation. Pourtant, les Maliens se tiennent debout, dans les villages comme dans les grandes villes, déterminés à défendre leurs terres, leurs valeurs et leur avenir. Cette capacité à absorber les chocs, à se réinventer dans l’adversité, traduit une maturité citoyenne que beaucoup feignent d’ignorer.

Cette résilience se manifeste au quotidien notamment dans les initiatives solidaires, le sens du sacrifice, les efforts individuels et collectifs pour maintenir la cohésion sociale. Là où d’autres voient un pays au bord du gouffre, les Maliens voient une raison supplémentaire de se rassembler et d’avancer.

Une nation qui refuse la fatalité

Si aujourd’hui le Mali affirme davantage sa souveraineté, c’est aussi parce qu’il peut compter sur une population soudée derrière ses autorités de transition. Dans un contexte international souvent hostile, ce soutien constitue un véritable rempart politique et moral. Le peuple a compris que l’enjeu dépasse les postures partisanes : il s’agit de préserver l’intégrité du territoire et le droit premier de décider soi-même.

Cette union contraste fortement avec certaines analyses extérieures, incapables d’admettre qu’un pays africain puisse choisir la dignité plutôt que la dépendance. Les tentatives de pression diplomatique, de sanctions ou de narrations orientées se heurtent à une opinion publique de plus en plus lucide, déterminée à écrire sa propre histoire.

Les autorités, quant à elles, poursuivent des réformes profondes : refondation de l’État, lutte contre la corruption, réorganisation des forces armées, réaffirmation des symboles et valeurs nationales. Soutenues par une mobilisation populaire, elles avancent malgré les obstacles imposés de l’extérieur.

Souveraineté, réformes et front commun

Sur les scènes médiatiques occidentales, un tapage orchestré tente de présenter le Mali comme un pays isolé, incapable et ingouvernable. Ces discours, souvent homothétiques, relèvent davantage de l’idéologie que de l’analyse. Ils cherchent à affaiblir la confiance interne, à délégitimer les choix souverains et à justifier des ingérences déguisées.

Mais cette stratégie trouve désormais ses limites. Le peuple malien, conscient des enjeux informationnels, ne consomme plus passivement ces narratifs formatés. Il analyse, compare et contredit. L’expérience de la dernière décennie a forgé un esprit critique solide, capable de distinguer l’information du conditionnement.

Face à cela, le Mali répond par une diplomatie assumée, l’élargissement de ses partenariats stratégiques et la construction progressive d’une autonomie politique, militaire, énergétique et culturelle. Peu à peu, la narration malienne s’impose, non pas par l’hostilité, mais par la cohérence.

Tapage médiatique, manipulations et endurance

Ainsi, malgré les pressions, les Maliens continuent de se projeter vers l’avenir. Ils savent que la souveraineté n’est pas un slogan, c’est un chantier, fait de sacrifices, de choix difficiles et de détermination. Et ils savent qu’aucune nation ne s’est émancipée en s’inclinant devant les injonctions extérieures.

Les chantiers engagés sécurité, gouvernance, dialogue national sont complexes mais nécessaires. Ils demandent l’effort collectif, l’intelligence patriotique et le refus catégorique de la division. Et c’est précisément cette cohésion, rare et précieuse, qui permet au Mali de tenir.

Ainsi, l’histoire retiendra que c’est dans l’adversité que le Mali a redécouvert son identité profonde : celle d’un peuple fier, solidaire, conscient de son destin. Ceux qui prédisaient sa chute devront se rendre à l’évidence : la dignité malienne ne plie pas. Elle se renforce.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

11 novembre 2025 0 comments
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