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Champs pétrolier en fumée
Climat et environnement

Écocide  :  Quand le terrorisme assassine aussi la nature

by Chiencoro 23 octobre 2025
written by Chiencoro 6 minutes read

Longtemps perçu comme une menace politique, économique et sécuritaire, le terrorisme s’impose aujourd’hui comme un fléau environnemental. Du Sahel à la Mésopotamie, les groupes armés transforment la nature en champ de bataille, sabotent les infrastructures énergétiques, contaminent les rivières et brûlent les forêts et les hydrocarbures. L’écoterrorisme est devenue la nouvelle arme du chaos. Il tue en silence, dans l’indifférence des défenseurs de l’environnement.

Au Mali, le désert brûle sous les flammes d’une guerre invisible. Plusieurs camions-citernes ont été détruits en 2025 par les groupes armés terroristes, appuyé des partisans du chaos contrôlé. Ces groupes tentent depuis un certain moment d’imposer un blocus économique sur le pays. Ces attaques constituent non seulement une tragédie économique, mais aussi et surtout écologique, dont on parle rarement lors des grands sommets mondiaux sur le climat. 

Les nappes phréatiques polluées, les sols saturés de carburant et l’air chargé de suie composent le paysage d’un désastre silencieux. Le terrorisme n’y cherche plus seulement la peur, il cherche la ruine durable. Chaque explosion devient une attaque contre l’avenir. Chaque incendie est assimilable à un attentat contre la vie.

Les puits de pétrole, bûchers du désespoir

À Qayyarah, en Irak, Daech a transformé les puits de pétrole en bûchers infernaux. En effet, à Mossoul et dans ses environs, il y a huit ans, la population a payé le lourd tribut laissé par l’occupation de ce groupe terroriste et sa politique de la terre brûlée. Bien que la deuxième ville d’Irak avait été reprise par l’armée, les jihadistes poursuivaient leur stratégie de destruction en incendiant les puits de pétrole alentour, libérant d’immenses colonnes de flammes et de fumée. Ces incendies provoquèrent une pollution étouffante qui affectait directement la santé des habitants. Toute chose qui entraîne notamment une recrudescence de troubles respiratoires chez les enfants.

Les enfants ont grandi sous des pluies de particules toxiques, et les bêtes sont mortes, étouffées dans la suie. Ce n’est plus la guerre, c’est un suicide planétaire. L’air, l’eau, la terre : tout devient arme et victime à la fois. Les hydrocarbures deviennent outils de punition collective, les fumées, un message : « Si nous tombons, la nature tombera avec nous. » Mais le message semble n’avoir pas encore eu d’oreilles attentives pour mieux le décortiquer. Les grandes puissances se plaisent encore dans leur analyse d’une situation révolue. La pollution de l’environnement n’est plus seulement le fait uniquement des industrielles ou des grandes puissances, mais aussi les groupes armés terroristes sont devenus des auteurs de ce phénomène sans que le monde tire la sonnette d’arme sur cette problématique. 

En Irak, le Tigre a été souillé par des fuites de pétrole provoquées par ISIS (État islamique en Irak et au Levant). Des millions de personnes privées d’eau potable. Des barrages détournés, des villages noyés, d’autres assoiffés.

Les partisans du chaos contrôlé

Dans le Sahel, la rareté de l’eau nourrit les frustrations, les complots provenant des sponsors étatiques étrangers du terrorisme, la colère, puis les enrôlements. Le lien est direct et implacable. Là où l’eau disparaît, la terreur s’installe. Le terrorisme, avec l’appui de ses sponsors, prospère sur la soif et la poussière. Selon l’ONG Solidarités International, la raréfaction de l’eau devient une urgence vitale dans les pays sahéliens, déjà fragilisés par un manque chronique d’infrastructures hydrauliques. 

Au Mali, le conflit de 2012 a provoqué la fuite des services techniques de l’État dans le Nord, entraînant la destruction ou l’abandon des ouvrages d’approvisionnement en eau. Dans plusieurs villages, cette ressource essentielle se faisait si rare qu’elle déterminait les mouvements de population : familles et éleveurs migraient vers les zones encore alimentées pour boire, se laver, cultiver ou abreuver leur bétail, explique Solidarités international. Mais sous la transition du général Assimi Goïta, la donne a changé grâce à l’occupation de toutes les régions par les Forces de sécurité du Mali et du retour de l’administration, mais aussi et surtout de l’initiative des œuvres sociales du président de la Transition. Une initiative, qui a permis depuis 2021, de donner gratuitement plus de 400 forages à toutes les régions du pays, dont des zones très reculées et oubliées jadis dans la forêt. 

Au Cameroun, la région de l’Extrême-Nord, longtemps défavorisée en services de base, subit une double peine. L’insécurité et les violences ont provoqué des déplacements massifs — près de 200 000 personnes en 2016. Ce qui a accentué la pression sur des points d’eau déjà insuffisants, selon Solidarités international. 

Les forêts en flammes, les consciences en cendres

De la Turquie à la Colombie, les pipelines explosent, les centrales s’éteignent. Le sabotage devient un langage universel. Au Yémen, les Houthis ont retenu un million et demi de barils de pétrole sur le FSO Safer, en 2023. Toute chose qui menace de provoquer la plus grande marée noire du siècle pour peser sur les négociations. L’écologie est transformée en monnaie de guerre. La nature est devenue un otage diplomatique.

En 2020, une vidéo d’ISIS appelait à incendier forêts, champs et villages. Quelques années plus tôt, Al-Qaïda prêchait déjà l’embrasement des forêts américaines. Quand la haine se fait flamme, la nature devient confessionnal du fanatisme. Même certains activistes radicaux, comme l’Earth Liberation Front, ont confondu défense de la nature et nihilisme. Entre temps, des hectares de forêts sont détruits de par le monde, d’une cause qui prétendait les sauver.

L’écoterrorisme, nouvelle frontière du chaos

Le XXIᵉ siècle ne connaîtra pas seulement les guerres de religion ou de territoire, mais celles de l’environnement. Dans le Sahel, la désertification nourrit la pauvreté, la pauvreté nourrit la colère, et la colère nourrit les complots des partisans du chaos contrôlé qui nourrissent à leur tour les terroristes. L’État se retire, la pluie se fait rare, et les prêcheurs de haine remplissent le vide. Là où le climat détruit, le terrorisme recrute et détruit par la même occasion l’environnement. C’est la boucle du désastre : climatique, social, moral.

Plus de 50 milliards de dollars pour réparer les dégâts environnementaux laissés par la guerre contre ISIS. Et pourtant, aucune somme ne peut laver une rivière morte ni purifier un air saturé de plomb. Les Nations unies calculent, les scientifiques alertent, mais les décideurs hésitent. Pendant ce temps, le Sahel s’assèche, les forêts brûlent, et les enfants respirent des nuages de cendres, dans l’indifférence des experts sur les questions environnementales. 

Le terrorisme environnemental est la version moderne du nihilisme absolu. Il ne cherche plus à conquérir, mais à détruire jusqu’à la racine. La communauté internationale doit le reconnaître comme une menace stratégique globale, au même titre que les armes biologiques ou nucléaires. Car à force d’empoisonner les sols et d’étouffer les cieux, les terroristes finiront par découvrir une vérité simple :
Quand la Terre meurt, plus rien ne règne.

Chiencoro Diarra 

23 octobre 2025 0 comments
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Les présidents des pays de l'AES
A la UneAnalyses

La peur a changé de camp : l’AES, cauchemar des parrains du chaos

by Sahel Tribune 23 octobre 2025
written by Sahel Tribune 9 minutes read

Elle devait être une simple alliance de circonstance. Elle est devenue un cauchemar géopolitique pour certains. L’Alliance des États du Sahel — devenue Confédération le 6 juillet 2024 — avance, silencieuse et déterminée. À sa tête, trois hommes que tout oppose sauf la même obsession : rendre au Sahel sa souveraineté. Et cela, visiblement, fait peur.

Au bord du Niger, la chaleur écrase les façades poussiéreuses, mais dans les bureaux feutrés des palais présidentiels des trois États, on s’active. Le général Assimi Goïta, en concertation avec les deux autres chefs d’État du Burkina Faso et du Niger, a décidé de tenir la deuxième session du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), prévue initialement en juillet 2025, en décembre prochain.

L’AES suscite autant de fascination que de crainte 

Une décision officielle dictée par « des ajustements logistiques ». En réalité, une manœuvre stratégique. Car à mesure que l’échéance approche, les pressions se font plus lourdes, les attaques plus ciblées, les sabotages plus visibles. En effet, alors que tous les regards restaient rivés sur ces trois pays où devrait se tenir en juillet 2025, le 2e sommet tant attendu, les attaques se sont multipliées au Mali, visant principalement les positions militaires des Forces armées de sécurité (FAMa) dans plusieurs régions du pays. 

En avril, une embuscade meurtrière sur l’axe Guiré-Nara et une attaque contre la zone aéroportuaire de Sévaré ont relancé un cycle de violences aux lourdes pertes civiles et militaires. Le mois de juin a vu une escalade spectaculaire avec l’assaut du camp de Boulikessi, plusieurs soldats tués, et des attaques coordonnées à Tombouctou, Ségou, Nioro du Sahel, Kayes et Niono, parfois appuyées par des drones explosifs. 

En juillet, les offensives se sont multipliées, traduisant l’extension géographique et la sophistication croissante des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Dans le même contexte, la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 a vu un incident diplomatique majeur : un drone militaire malien Akinci, immatriculé TZ_98D, a été abattu par l’Algérie près de Tinzaoutène, dans la région de Kidal. Bamako a dénoncé une « agression délibérée » et saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, accusant Alger de provocation et de complicité avec les groupes terroristes. Alger a justifié son acte par une prétendue violation de son espace aérien, version catégoriquement rejetée par le Mali. 

L’AES, cette union inédite entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, suscite autant de fascination que de crainte. Ses ennemis la redoutent, ses alliés la scrutent, ses peuples y croient — farouchement.

Une alliance née dans la douleur

Tout est parti d’un refus. Celui de trois jeunes chefs d’État militaires qui ont dit non à la soumission, non aux injonctions, non aux tutelles extérieures. Le 16 septembre 2023, à Bamako, naissait l’Alliance des États du Sahel, avec la signature de la Charte du Liptako-Gourma. Moins d’un an plus tard, le 6 juillet 2024, à Niamey, l’alliance se transformait en Confédération. Une étape de plus vers la souveraineté assumée et la marche inexorable de ces trois États vers le fédéralisme. Cette transformation, personne ne l’avait vu venir dans certaines puissances occidentales opposées aux politiques intérieures de ces États, et qui ne souhaitaient que leur décadence afin de pouvoir s’accaparer de leurs ressources, comme elles l’ont toujours fait. Toutefois, une telle initiative ne va pas sans des défis à relever que les peuples de ces États doivent comprendre.   

Depuis juillet 2024, les réunions se succèdent entre les États de l’AES, les symboles s’empilent. Drapeau commun, hymne, armée confédérale, force conjointe, devise, bientôt une banque confédérale. L’AES, c’est une idée devenue projet, puis projet devenu menace — pour ceux qui, depuis l’extérieur, avaient pris l’habitude de parler au nom du Sahel.

Tiani : « C’est le peuple du Sahel qui conduit la révolution »

Lors de sa dernière visite à Bamako, en septembre 2025, le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, a pris soin de rappeler à juste titre : « Le peuple du Mali, du Burkina et du Niger conduit une révolution. Une révolution pour la souveraineté, la dignité et la sécurité. »

Dans son intervention, c’est surtout la prochaine opérationnalisation de la force militaire unifiée avec état-major à Niamey, dès cette année, qui a d’abord retenu les attentions. Les premiers bataillons conjoints sont déjà en action, souvent dans l’ombre, sur des théâtres discrets entre les trois frontières. « Nous voulons que tous les problèmes de défense soient pris en charge par cette force confédérale », explique Tiani. L’armée aésienne est désormais une force sans tutelle, évoluant dans les airs comme sur terre, sans avoir besoin d’autorisation venant de l’extérieure. L’intervention du général Tiani a été un séisme géopolitique, notamment du côté des sponsors étatiques du terrorisme, qui ne souhaite que maintenir le chaos contrôlé au sein de ces États.

Le président nigérien confirme également lors de sa mission officielle au Mali la mise en place de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement. Une banque, qui sera officiellement, un instrument financier destiné à financer les projets structurants, mais, officieusement, qui sera une préfiguration monétaire. Certains diplomates y voient déjà la première pierre d’une future monnaie sahélienne, affranchie du franc CFA. En témoignent plusieurs publications sur les réseaux sociaux, provenant d’influenceurs. 

Les sourcils de certains anciens partenaires des États du Sahel commencent à froncer parce qu’ils voient que le Sahel est en train d’écrire sa propre économie. 

Traoré : l’énigme de « l’albinos noir »

Trois ans après le renversement politique intervenu à Ouagadougou, le capitaine Ibrahim Traoré a pris aout au feu de la scène médiatique. Devant dix journalistes burkinabè, en septembre dernier, il s’est livré, comme à son habitude, sans prompteur ni langue de bois. « Est-ce que nous allons gagner cette guerre ? Nous ne pouvons que la gagner », lance-t-il, le regard fixe.

Puis, dans un sourire énigmatique, il annonce l’apparition d’un « monstre » dans l’espace AES : « Bientôt, vous verrez apparaître un albinos noir. » Phrase mystérieuse, à la fois prophétique et provocatrice, qui laisse les observateurs perplexes. Est-ce un code ? Une allégorie ? Une référence interne à une opération en préparation ? Personne, jusqu’ici, ne peut donner des explications précises à cette déclaration. Mais beaucoup estiment qu’il s’agirait d’une grande annonce pour le prochain sommet, annoncé pour se tenir à Bamako, en décembre prochain. 

Dans le style Traoré, l’ésotérisme est souvent un message à double détente : un mot pour galvaniser, un autre pour inquiéter. Mais à Ouagadougou aussi bien que dans l’espace AES, le ton reste confiant. La victoire n’est plus une hypothèse, c’est une question de calendrier. 

Goïta : le pivot silencieux

À Bamako, le général Assimi Goïta joue le rôle de chef d’orchestre. Moins loquace que ses homologues, il avance ses pions dans le calme d’un stratège. Sous sa présidence, le Mali est devenu la plaque tournante du projet confédéral. C’est là que se tiendra le sommet de décembre, celui que beaucoup redoutent. Car c’est à Bamako que doivent être annoncées des décisions historiques — parmi elles, la mise en marche formelle des institutions confédérales et, selon certaines sources, un projet de déclaration de souveraineté économique et monétaire.

Autant dire que certains acteurs extérieurs ont tout intérêt à ce que le sommet n’ait pas lieu. Et comme une coïncidence, les attaques terroristes aussi bien que des tentatives de déstabilisation se sont encore multipliées au Mali depuis quelques mois déjà. Entre août et octobre 2025, le Mali a été confronté à une nouvelle vague d’attaques terroristes, ciblant principalement les forces armées dans le centre, l’ouest.

En octobre, la menace s’est maintenue, les terroristes recourant de plus en plus à des drones explosifs. Dans ce climat de tension extrême, le gouvernement de transition a déjoué, dès le 1er août, une tentative de déstabilisation orchestrée par un réseau mêlant militaire, civil et un ressortissant français, Vizilier Yann, un agent du renseignement français. 

Selon le général de division Daoud Aly Mohammedine, plusieurs officiers maliens, dont les généraux Abass Dembélé et Nema Sagara, ont été impliqués dans ce complot visant à « briser la dynamique de refondation du Mali avec l’aide d’États étrangers ». Le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a pris le 7 octobre une série de décrets prononçant la radiation de plusieurs des officiers impliqués dans ce complot des rangs des Forces armées maliennes, dans le cadre d’une « mesure disciplinaire » visant à maintenir la rigueur et la discipline au sein de l’armée.

Ces tentatives de sabotage se poursuivent encore à travers le soutien aux groupes armés terroristes, qui tentent désespérément d’imposer sur le pays un blocus économique en s’en prenant aux camions-citernes qui acheminent le carburant. 

Les observateurs avertis s’accordent donc pour dire qu’il s’agit d’une stratégie d’asphyxie avec comme objectif d’empêcher la tenue de ce sommet et par ricochet remettre les pays de l’AES à genou afin de reprendre le pillage de leurs ressources. Car, empêcher la Confédération d’avancer, c’est maintenir le Sahel dans son éternel provisoire.

La Confédération en sous-marin

Dans cet espace, rien ne fuite. Les documents stratégiques circulent à peine. Les réunions se tiennent dans un silence monacal. L’AES avance en sous-marin. C’est aussi cela sa force. Le secret est devenu sa meilleure arme. Cette opacité alimente toutes les spéculations : monnaie unique, réseau logistique intégré, stratégie de défense régionale, voire diplomatie parallèle.

Les grandes capitales, autrefois partenaires peu sincères et fiables, s’agitent. On parle de « bloc sahélien », d’« autarcie stratégique », de « rupture silencieuse ». Ce qui est sûr, c’est que l’AES dérange — parce qu’elle casse les codes. Parce qu’elle ne demande plus la permission d’exister. Parce qu’elle parle d’égal à égal avec les puissances qui, hier encore, se posaient en tuteurs.

À Niamey, Ouagadougou et Bamako, les drapeaux se lèvent, les hymnes s’accordent, les mots « indépendance » et « souveraineté » reprennent sens. Dans les rues, les jeunes y croient, les anciens s’interrogent, les chancelleries s’inquiètent. Mais pour les trois chefs d’État, l’heure n’est plus aux justifications. 

« Avec le peuple comme guide, le succès est au bout du chemin », a conclu Tiani, à Bamako. Cette phrase résume l’état d’esprit d’une Confédération qui avance dans la tempête, sûre de sa cause, certaine de son destin. L’AES fait peur — mais elle fait surtout espérer. Parce qu’au cœur du Sahel, un mot longtemps confisqué retrouve enfin sa place : la souveraineté.

A.D

23 octobre 2025 0 comments
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Palais de la culture
Économie

Mali : plus de 90 millions FCFA de recettes non reversées au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ

by Sahel Tribune 22 octobre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Bureau du Vérificateur général (BVG) a publié un rapport accablant sur la gestion du Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ (PCAHB). L’audit, qui couvre les exercices 2022 à mars 2025, met en lumière de graves irrégularités administratives et financières au sein de cet établissement public placé sous la tutelle du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme.

Selon le rapport, plus de 90,1 millions de francs CFA de recettes n’ont pas été reversés sur le compte du Palais. Ces sommes proviennent de locations de salles, d’événements culturels et de partenariats, encaissées directement par le Directeur général et l’Agent comptable, en violation des règles de la comptabilité publique.

Des dysfonctionnements administratifs multiples

Le Vérificateur général dénonce une série de manquements à la réglementation :

  • absence de manuel de procédures validé depuis 2017, rendant la gestion interne opaque ;
  • non-tenue d’un système d’archivage opérationnel, exposant les documents officiels à la perte ou à la détérioration ;
  • non-élaboration des comptes de gestion, empêchant toute lecture fiable de la situation financière du Palais ;
  • confusion des rôles entre le Directeur général et l’Agent comptable, avec des signatures conjointes sur plusieurs chèques, en violation du principe de séparation entre ordonnateur et comptable ;
  • absence de régisseur d’avances depuis 2020, alors même que la réglementation impose sa nomination pour sécuriser la manipulation des fonds publics.

Ces lacunes, selon le BVG, traduisent « un affaiblissement du contrôle interne » et « une gestion contraire aux principes de transparence et de redevabilité ».

Des salaires impayés et du personnel démotivé

Le rapport révèle également que le Palais de la Culture cumule 12 mois d’arriérés de salaires et 36 mois d’impayés de primes pour un montant total de plus de 51 millions FCFA.
Cette situation, qualifiée de « grave » par le BVG, expose l’institution à une démotivation généralisée du personnel et à un risque d’interruption de ses activités culturelles.

Le rapport souligne que les recettes non reversées, si elles avaient été correctement encaissées, auraient suffi à combler l’intégralité des dettes salariales.

Les auditeurs ont établi que 90 199 000 FCFA, soit 57 % des recettes totales générées par le Palais durant la période contrôlée, n’ont jamais été reversés au Trésor. Ces fonds auraient été encaissés en espèces ou par chèques au nom du Directeur général et de l’Agent comptable.

Le Vérificateur général a donc transmis le dossier au Pôle national économique et financier ainsi qu’au Président de la Section des comptes de la Cour suprême, pour d’éventuelles poursuites judiciaires.

Recommandations pour une gouvernance restaurée

Le BVG recommande au Directeur général du PCAHB de :

  • faire valider et appliquer le manuel de procédures ;
  • instaurer un système d’archivage et une comptabilité régulière ;
  • solliciter la nomination d’un nouveau régisseur d’avances ;
  • respecter la séparation des fonctions comptables ;
  • apurer les salaires et primes du personnel dans les meilleurs délais.

Quant à l’Agent comptable, il est sommé de produire les comptes de gestion manquants et de régulariser la comptabilité-matières du patrimoine du Palais.

Inauguré en 1983, le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ est un joyau de la coopération Mali–Corée du Nord. Il abrite des institutions artistiques nationales, dont le Ballet malien, le Kotéba, le Badéma national et l’Ensemble instrumental du Mali.

Véritable cœur de la vie culturelle malienne, le Palais est censé incarner la mémoire, la créativité et la vitalité du pays.

Mais selon le BVG, sa gestion actuelle « menace sa mission historique et affaiblit la politique culturelle nationale ».

A.D

22 octobre 2025 0 comments
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APEJ-Mali
A la UneÉconomie

Mali : plus de 840 millions FCFA d’irrégularités financières à l’APEJ, selon le Vérificateur général

by Sahel Tribune 21 octobre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Bureau du Vérificateur général (BVG) du Mali a rendu public un rapport accablant sur la gestion de l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ). Couvrant la période 2020 à mars 2025, cette vérification financière et de conformité met en évidence des irrégularités administratives et financières estimées à plus de 840 millions FCFA, dont 821 millions restent non régularisés à la date de clôture des travaux.

Le BVG pointe du doigt plusieurs pratiques contraires aux règles de bonne gestion publique. Les Directeurs généraux successifs et l’Agent comptable de l’APEJ auraient accordé des avantages indus à hauteur de 663 millions FCFA.

Ces montants comprennent des gratifications non prévues par les textes internes, des dons à des personnes extérieures à l’agence et même l’achat de téléphones portables offerts à des responsables ministériels, selon le rapport.

Les vérificateurs dénoncent également le paiement de marchés non conformes aux clauses contractuelles. Des sommes ont été versées pour des prestations incomplètes, notamment le développement d’une application numérique censée gérer les stages des jeunes, mais qui n’était pas opérationnelle au moment du contrôle.

Un fonds social détourné de son objet

Autre manquement majeur : la gestion du fonds social du comité syndical de l’APEJ, doté de plus de 140 millions FCFA. Ce fonds, destiné à soutenir les agents lors d’événements familiaux, a servi à financer des dons, des achats de carburant et des activités diverses sans justification légale. Le Vérificateur général y voit un usage « irrégulier » contraire à l’accord collectif d’établissement.

Au plan administratif, le rapport relève de graves lacunes dans le fonctionnement interne de l’agence. Le Conseil d’administration a adopté des budgets irréguliers, incluant des subventions au cabinet du ministère de tutelle et à des associations extérieures.

De plus, aucun commissaire aux comptes n’a été désigné depuis plusieurs années, en violation de la réglementation. L’Agent comptable n’a pas produit de comptes de gestion ni tenu correctement la comptabilité-matières, rendant impossible un suivi transparent du patrimoine de l’agence.

Saisine de la justice

Face à la gravité des faits, le Vérificateur général a transmis le dossier au Président de la Section des comptes de la Cour suprême et au Procureur du Pôle national économique et financier.

Les faits transmis concernent notamment l’octroi d’avantages indus (663 millions FCFA), les indemnités de session irrégulières (5,7 millions FCFA), le paiement de marchés non exécutés (10,6 millions FCFA), les dons illégaux sur le fonds social (140,7 millions FCFA) et de faux enregistrements fiscaux (1 million FCFA).

Dans sa conclusion, le Vérificateur général insiste sur la nécessité d’une réforme profonde de la gouvernance de l’APEJ. Il recommande notamment la production régulière de comptes de gestion, la désignation d’un commissaire aux comptes et le respect strict des missions légales de l’agence. Le rapport souligne aussi le manque de transparence et la difficulté rencontrée par les auditeurs pour accéder à certains documents administratifs.

Une structure essentielle mais fragilisée

Créée en 2003, l’APEJ est l’un des principaux instruments de la politique nationale de l’emploi des jeunes. Entre 2020 et 2025, elle a bénéficié de plus de 39 milliards FCFA de budget, dont 24 milliards ont été effectivement dépensés.

Ses missions — appui à la formation, stages, chantiers-écoles et accompagnement à l’entrepreneuriat — en font un acteur stratégique dans un pays où les jeunes représentent plus de la moitié de la population. Mais la gestion décrite par le BVG jette une ombre sur son efficacité et la crédibilité de ses interventions.

A.D

21 octobre 2025 0 comments
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Mikailou Cisse
ActuAnalyses

Tribune. Pénurie de carburant : la crise qui révèle la maturité du Mali Kura

by Mikailou Cissé 21 octobre 2025
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Alors que le Mali, comme d’autres pays de part et d’autre le monde, fait face à une pénurie de carburant qui paralyse la vie économique et sociale, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, signe une tribune dans les colonnes de Sahel Tribune. Entre urgence énergétique et impératif souverain, il appelle à une gouvernance de discernement, où la force publique se conjugue à la justice, et où chaque litre de carburant devient symbole de dignité nationale.

La pénurie du carburant s’est muée en une crise aux ramifications profondes. Elle touche la vie quotidienne, paralyse l’économie, perturbe la sécurité. Depuis plusieurs semaines, au Mali comme d’autres pays dans le monde, les files s’allongent devant les stations-service. Cette pénurie ne se limite plus à une difficulté d’approvisionnement; elle bloque le transport, ralentit le commerce, freine les chaînes humanitaires et fragilise les zones rurales déjà vulnérables. Le carburant n’est pas une simple marchandise — il est l’énergie vitale qui relie les villages aux marchés, les campagnes aux villes, les forces armées à la nation. Son absence devient alors une asphyxie sociale autant qu’économique.

Le principe du discernement 

Cette crise met en lumière une vérité essentielle : gouverner, c’est arbitrer entre l’urgence vitale et l’enjeu secondaire. La maxime « Au peuple, le souffle ; aux ennemis, le blocus ; à l’État, le discernement » dessine à elle seule une doctrine d’action — morale, stratégique et politique. Elle rappelle les priorités de toute gouvernance souveraine : protéger la vie du peuple, contenir l’adversaire, et agir avec intelligence d’État. Il ne s’agit pas seulement de livrer du carburant, mais de garantir la justice dans sa distribution.

Le discernement, pour être opérant, suppose des principes d’action clairs. Il faut d’abord sécuriser les axes vitaux pour permettre l’acheminement du carburant vers les centres urbains, les sites industriels et les zones enclavées. Ensuite, neutraliser les réseaux illégaux sans pénaliser les citoyens. Enfin, mobiliser les moyens militaires et logistiques afin d’assurer la protection des convois et de garantir une distribution conforme à la loi.

Une distribution selon la loi 

Les grandes entreprises disposant de logistiques robustes — souvent mieux structurées que l’administration — doivent être intégrées dans un cadre public et transparent. Leur concours, encadré par l’État, permettrait la création de points de distribution décentralisés, réduisant ainsi la dépendance aux circuits longs. Mais cette collaboration ne saurait être sans garde-fous. La loi doit prévoir des mesures exceptionnelles, telles que la réquisition temporaire, assorties de garanties contre toute dérive.

Pour autant, la force publique ne doit jamais devenir instrument d’étouffement ou d’arbitraire. Militariser la distribution n’a de sens qu’adossé à une supervision civile et à un contrôle démocratique rigoureux. Des audits indépendants et des voies de recours citoyennes renforceraient la confiance, empêchant que la crise ne serve de prétexte à l’abus. Gouverner, c’est protéger — mais c’est aussi répondre et rendre compte.

Une pénurie qui ouvre une fenêtre d’opportunité

Cette pénurie révèle les fragilités de l’État : lenteurs bureaucratiques, dépendance logistique, pratiques de corruption locales. Mais elle ouvre aussi une fenêtre d’opportunité. Réorganiser la distribution, réduire les intermédiaires, responsabiliser les collectivités territoriales : autant de pas concrets vers une souveraineté énergétique réelle, enracinée dans les réalités du pays.

Car la souveraineté ne se mesure pas à la contrainte exercée, mais à la capacité de faire circuler le souffle vital du pays — cette énergie qui relie, nourrit et soutient. C’est ainsi que se bâtit la résilience au Sahel : par la lucidité des dirigeants, la vigilance du peuple et la justice des choix publics.

Mikailou Cissé 

21 octobre 2025 0 comments
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Un mécanicien en activité
Économie

Lutte contre le chômage : plus de 105 000 emplois créés en dix-huit mois

by Sidi Modibo Coulibaly 21 octobre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

La dignité d’une personne se trouve dans l’exercice d’un emploi le permettant de ne pas dépendre de quelqu’un et de subvenir à ses principaux besoins. C’est pourquoi la quête d’emploi est de plus en plus le souci permanent des hommes, surtout des jeunes. Cette quête est valable sous tous les cieux. Préoccupées par cette situation, les autorités maliennes viennent de publier les efforts qu’elles ont consentis pour la création d’emplois.

C’était à la faveur de la session du conseil des ministres du mercredi 10 septembre 2025. D’après le communiqué qui en est ressorti, le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a informé le Conseil des ministres des créations et des pertes d’emplois enregistrées en 2024 et au premier semestre 2025. « Conformément à sa mission de collecte, de traitement, d’analyse et de diffusion des données statistiques sur le marché du travail, l’Observatoire national de l’Emploi et de la Formation réalise un suivi trimestriel des créations d’emplois effectuées par le secteur public et le secteur privé. » peut-on lire dans le communiqué. 

Ainsi, les données recueillies font ressortir que le secteur public et le secteur privé ont créé respectivement 32 019 et 32 292 emplois courant l’année 2024 ; 25 939 et 14 962 emplois au 1er semestre 2025. En récapitulant, il s’agit de 64 311 créés en 2024 (12 mois) et, 40 901 dans le premier semestre de l’année 2025. Ce qui fait un total de 105 212 emplois créés en dix-huit (18) mois. Cette performance peut sembler invraisemblable. Mais en prenant connaissance des normes internationales de qualification en emploi de telle ou telle activité, l’on peut comprendre.

Qu’appelle-t-on un emploi ?

Selon le BIT (Bureau International du Travail) qui assure le secrétariat permanent de l’organisation internationale du travail (OIT), pour être considéré comme chômeur, il faut remplir simultanément trois conditions : ne pas avoir travaillé, même pas une seule heure, durant la semaine de référence ; être disponible pour commencer un emploi dans un délai court (généralement deux semaines) ; avoir activement cherché un emploi au cours des quatre dernières semaines (candidatures, consultations d’annonces, démarches concrètes, etc.) 

En plus, quand un enquêteur sur le chômage se présente chez quelqu’un, il lui pose la question suivante : « Au cours des 7 derniers jours, avez-vous travaillé ? Ne serait-ce qu’une seule heure, en échange d’une rémunération ? » Dès que l’enquêté répond par l’affirmative, il n’est plus considéré comme un chômeur. En appliquant cette norme et les critères du BIT, le taux de chômage est, selon le ministre de l’Économie et des Finances, passé de 6,5 % en 2022 à 3,5 % en 2024 alors que le taux moyen dans la sous-région ouest-africaine est de 6,5 %. Ce taux pourrait même être plus bas si l’on prend en considération les nombreux emplois informels. À titre d’exemple, l’introduction récente des moto-taxis ainsi que la pratique de l’orpaillage traditionnel ont créé des milliers d’emplois informels.

Des milliers d’emplois formels en cours

En plus de ces emplois déjà acquis, on peut dire qu’il y a beaucoup d’emplois qui sont sur le point d’être pourvus tant dans le secteur public que dans le privé. Dans le secteur public, on peut citer, entre autres, le vaste programme de recrutement dans les rangs des forces de sécurité. En effet, un communiqué daté du 12 juin 2025 annonce le recrutement de 2000 policiers et de 1000 agents de la protection civile (sapeurs-pompiers). En sus, plusieurs concours de recrutement dans le secteur public sont en cours tels que pour ceux des auditeurs de justice de l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif. 

Dans le secteur privé, on peut évoquer, entre autres, le cas de la compagnie minière B2GOLD qui a annoncé la création prochaine de 2000 emplois. Cette annonce a été faite à l’issue d’une audience que le Premier ministre avait accordée, le 23 juillet 2025, au vice-président de B2GOLD, Bill Lytle. Auparavant, à l’occasion du lancement officiel de la construction de la raffinerie d’or, il a été dit que cette structure créera 500 emplois directs et 2000 emplois indirects. 

Cependant, il faut noter que parallèlement à la création d’emplois, l’observatoire national de l’emploi a recensé des milliers de pertes d’emploi sur la même période. Les pertes enregistrées s’élèvent à 3 619 emplois pour 2024 et 2 037 emplois pour le 1er semestre 2025.

Sidi Modibo Coulibaly

21 octobre 2025 0 comments
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Les auditeurs reçus à Koulouba
A la UneÉconomie

À Bamako, la transparence prend ses quartiers : l’Afrique de l’Ouest en conclave sur l’audit interne

by Sahel Tribune 21 octobre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Sous le sceau de la rigueur et de la transparence, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a reçu au palais de Koulouba, le vendredi 17 octobre 2025, une délégation de l’Union des Instituts d’Audit interne de l’Afrique de l’Ouest. À travers cette rencontre, en marge des 3ᵉ Journées ouest-africaines de l’audit interne, Bamako s’impose comme l’un des nouveaux pôles africains du contrôle public et de la gouvernance responsable. Loin d’un simple exercice protocolaire, cette audience traduit la volonté du Mali de faire de la bonne gouvernance non plus un slogan, mais une pratique souveraine et stratégique.

Dans un contexte continental où la transparence est devenue un mot d’ordre politique autant qu’un instrument de souveraineté, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a reçu le vendredi 17 octobre 2025, une délégation de l’Union des Instituts d’Audit Interne de l’Afrique de l’Ouest (UAI-AO). Une rencontre tenue au palais de Koulouba, en marge de la 3ᵉ édition des Journées ouest-africaines de l’audit interne, accueillie cette année à Bamako, du 16 au 17 octobre.

« L’audit n’est pas un instrument de suspicion »

Derrière l’apparente technicité du sujet, l’enjeu est politique. Car en acceptant d’être parrain de cette édition régionale, le chef de l’État malien inscrit sa démarche dans la logique de la refondation morale et institutionnelle du Mali Kura, fondée sur la rigueur, la redevabilité et la gestion vertueuse des affaires publiques.

Conduite par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moussa Alassane Diallo, la délégation comprenait les principales figures du contrôle et de la gouvernance financière de la sous-région.

À l’issue de l’audience, Mme Traoré Hawaly Koné, présidente de l’Association des Contrôleurs, Inspecteurs et Auditeurs du Mali (ACIAM), a salué « l’attention personnelle du Président à la question de la transparence et de la bonne gouvernance. » Elle a saisi l’occasion pour rappeler que « l’audit n’est pas un instrument de suspicion, mais de performance, un levier essentiel pour des institutions fortes et responsables. »

Ancrer la gouvernance publique dans la reddition des comptes

L’Union, qui regroupe dix pays membres — les huit de l’UEMOA, plus la Guinée et la Mauritanie —, vise à renforcer la culture du contrôle et la compétence professionnelle dans les administrations et entreprises publiques ou privées. Ces Journées ouest-africaines de l’audit interne, expliquait Mme Koné, ont vocation à être « un espace de dialogue et de perfectionnement professionnel, mais aussi un outil d’intégration régionale par la transparence ».

Sous la Transition, le Mali a fait de la rigueur budgétaire et de la lutte contre la corruption un pilier de sa refondation. Dans le sillage des réformes économiques et institutionnelles initiées depuis 2022, Bamako affiche désormais la volonté d’ancrer la gouvernance publique dans la reddition des comptes. Et c’est ce message que le président Goïta a tenu à adresser, en recevant personnellement les représentants de l’audit ouest-africain : celui d’un Mali exemplaire, souverain, mais transparent.

L’audit interne, une arme stratégique de souveraineté et d’efficacité

«Promouvoir la pratique professionnelle de l’audit interne, c’est garantir la performance des organisations et la bonne gestion des ressources publiques », a expliqué Mme Koné, avant d’annoncer la tenue de la prochaine édition au Togo, en octobre 2026.

Bamako se positionne donc comme un pôle régional de réflexion sur la gouvernance, à l’heure où de nombreux États africains redécouvrent les vertus d’un contrôle autonome de leurs finances publiques.

À travers cet engagement, le chef de l’État indique donc que dans le Mali Kura, l’audit n’est plus un simple outil administratif, mais une arme stratégique de souveraineté et d’efficacité.

A.D

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