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UNI32026
Santé

Une mortinaissance survient toutes les 16 secondes, selon les premières estimations conjointes de l’ONU

by Sahel Tribune 8 octobre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Les perturbations des services de santé liées au COVID-19 pourraient aggraver la situation, ajoutant potentiellement près de 200000 mortinaissances supplémentaires sur une période de 12 mois

NEW YORK / GENÈVE, 8 octobre 2020 – Près de 2 millions de bébés sont mort-nés chaque année – soit 1 toutes les 16 secondes – selon les toutes premières estimations conjointes de mortinaissance publiées par l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Groupe de la Banque mondiale et le Division de la population du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

La grande majorité des mortinaissances, 84%, se produisent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure, selon le nouveau rapport, Une tragédie négligée: le fardeau mondial des mortinaissances . En 2019, 3 mortinaissances sur 4 sont survenues en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud. Une mortinaissance est définie dans le rapport comme un bébé né sans signe de vie à 28 semaines de grossesse ou plus.

«Perdre un enfant à la naissance ou pendant la grossesse est une tragédie dévastatrice pour une famille, qui est souvent endurée tranquillement, mais trop souvent, dans le monde entier», a déclaré Henrietta Fore, Directrice générale de l’UNICEF. «Toutes les 16 secondes, une mère souffrira quelque part la tragédie indicible de la mortinaissance. Au-delà des pertes en vies humaines, les coûts psychologiques et financiers pour les femmes, les familles et les sociétés sont sévères et durables. Pour beaucoup de ces mères, il ne devait tout simplement pas en être ainsi. Une majorité de mortinaissances aurait pu être évitée grâce à un suivi de haute qualité, des soins prénatals appropriés et une accoucheuse qualifiée. »

Le rapport avertit que la pandémie de COVID-19 pourrait aggraver le nombre mondial de mortinaissances. Une réduction de 50% des services de santé due à la pandémie pourrait entraîner près de 200 000 mortinaissances supplémentaires sur une période de 12 mois dans 117 pays à revenu faible ou intermédiaire. Cela correspond à une augmentation du nombre de mortinaissances de 11,1%. Selon la modélisation réalisée pour le rapport par des chercheurs de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, 13 pays pourraient voir une augmentation de 20% ou plus du nombre de mortinaissances sur une période de 12 mois.

La plupart des mortinaissances sont dues à une mauvaise qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement. Le manque d’investissements dans les services prénatals et intrapartum et dans le renforcement du personnel infirmier et obstétrical sont des défis majeurs, indique le rapport. 

Plus de 40 pour cent des mortinaissances surviennent pendant le travail – une perte qui pourrait être évitée avec l’accès à un agent de santé qualifié lors de l’accouchement et des soins obstétricaux d’urgence en temps opportun. Environ la moitié des mortinaissances en Afrique subsaharienne et en Asie centrale et méridionale surviennent pendant le travail, contre 6 pour cent en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Même avant que la pandémie n’entraîne de graves perturbations dans les services de santé, peu de femmes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire recevaient des soins opportuns et de haute qualité pour éviter les mortinaissances. La moitié des 117 pays analysés dans le rapport ont une couverture allant d’un minimum de moins de 2% à un maximum de seulement 50% pour 8 interventions de santé maternelle importantes telles que la césarienne, la prévention du paludisme, la prise en charge de l’hypertension pendant la grossesse et détection et traitement de la syphilis. On estime que la couverture de l’accouchement vaginal assisté – une intervention essentielle pour prévenir les mortinaissances pendant le travail – touche moins de la moitié des femmes enceintes qui en ont besoin.

En conséquence, malgré les progrès des services de santé pour prévenir ou traiter les causes de mortalité infantile, les progrès dans la réduction du taux de mortinatalité ont été lents. De 2000 à 2019, le taux annuel de réduction du taux de mortinatalité n’était que de 2,3%, contre 2,9% de réduction de la mortalité néonatale et 4,3% de la mortalité chez les enfants âgés de 1 à 59 mois. Cependant, des progrès sont possibles grâce à une politique, des programmes et des investissements solides.

« Accueillir un bébé dans le monde devrait être un moment de grande joie, mais chaque jour, des milliers de parents éprouvent une tristesse insupportable parce que leurs bébés sont encore nés« , a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « La tragédie de la mortinaissance se manifeste à quel point il est vital de renforcer et de maintenir les services de santé essentiels et à quel point il est essentiel d’augmenter les investissements dans les infirmières et les sages-femmes. » 

Le rapport note également que la mortinaissance n’est pas seulement un défi pour les pays pauvres. En 2019, 39 pays à revenu élevé avaient un nombre plus élevé de mortinaissances que de décès néonatals et 15 pays avaient un nombre plus élevé de mortinaissances que de décès infantiles. Le niveau d’éducation d’une mère est l’un des principaux facteurs d’inégalité dans les pays à revenu élevé.

Dans les milieux à revenu faible et élevé, les taux de mortinatalité sont plus élevés dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Le statut socio-économique est également lié à une incidence plus élevée de mortinaissance. Par exemple, au Népal, les femmes des castes minoritaires avaient des taux de mortinatalité de 40 à 60% plus élevés que les femmes des castes de la classe supérieure.

Les minorités ethniques des pays à revenu élevé, en particulier, peuvent ne pas avoir accès à des soins de santé de qualité suffisante. Le rapport mentionne que les populations inuites au Canada, par exemple, ont des taux de mortinaissance près de trois fois plus élevés que dans le reste du Canada, et les femmes afro-américaines aux États-Unis d’Amérique ont près de deux fois plus de risque de mortinaissance que les femmes blanches. .

«Le COVID-19 a déclenché une crise sanitaire secondaire dévastatrice pour les femmes, les enfants et les adolescents en raison de perturbations dans les services de santé vitaux», a déclaré Muhammad Ali Pate, directeur mondial de la santé, de la nutrition et de la population à la Banque mondiale et directeur de Global Mécanisme de financement pour les femmes, les enfants et les adolescents. «Les femmes enceintes ont besoin d’un accès continu à des soins de qualité, tout au long de leur grossesse et pendant l’accouchement. Nous aidons les pays à renforcer leurs systèmes de santé pour prévenir les mortinaissances et faire en sorte que chaque femme enceinte puisse accéder à des services de santé de qualité.« 

Source : OMS

La traduction française est de la rédaction

8 octobre 2020 0 comments
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Climat et environnement

Le changement climatique, le mal du siècle ?

by Sahel Tribune 7 octobre 2020
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Le changement climatique porte un grief sérieux au développement de nos nations. Ce phénomène engendre des atrocités notamment au Mali. Un pays qui est de plus en plus touché par les effets de ce phénomène. Cet état de fait interpelle les autorités aussi bien que les citoyens pour agir en parfaite symbiose afin de réduire les effets de ce phénomène climatique sur notre pays. Cela doit se faire sur la base des campagnes de sensibilisation et des expositions. Les pays développés doivent s’engager concrètement et accompagner les pays en développement.

De plus en plus de phénomènes font leur apparition dans nos pays sans que nous sachions réellement leur cause. Ces problèmes vont des inondations, à l’opposition entre éleveurs et paysans, en passant par la sécheresse, les feux de brousse, la famine voire l’apparition de certaines maladies ravageuses, etc.

Une réalité indéniable

Dans « Le changement climatique en Afrique : Guide à l’intention des journalistes » il est indiqué : « Les épisodes caniculaires, les cyclones tropicaux, les pluies torrentielles, les inondations, les feux de forêt et les sécheresses sont autant d’exemples de catastrophes naturelles qui pourraient, ou non, devenir plus fréquentes avec le changement climatique. »  Le réchauffement climatique constitue cette bête dont beaucoup de citoyens ont encore du mal à saisir toute la réalité. Or, le changement climatique est un fait palpable qui ne saute aux yeux d’aucun esprit averti. Il suffit de regarder autour de soi pour constater sa réalité.

Lire aussi Conflits au sahel : non, le réchauffement climatique n’est pas la cause principale

Dans les années 1950, nous savions que la saison pluvieuse pouvait durer jusqu’à cinq (5) mois, mais de nos jours, l’on compte à peine trois (3) mois. Outre cet aspect, il conviendra de noter avec le rapport final réalisé de l’étude sur « la situation des Ressources naturelles dans le bassin du Sankarani PMF/FEM » en décembre 2012 que les « […] données disponibles de température indiquent un réchauffement plus rapide. » Ce qui est également plus facile à constater, carde plus en plus les citoyens ne cessent de se plaindre des trop grandes chaleurs qui s’augmentent d’année en année. D’ores et déjà, le service européen Copernicus sur le changement climatique explique, mercredi 7 octobre 2020, que le mois de septembre 2020 « a été le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré dans le monde ». Ce service finit par indiquer la possibilité que 2020 soit l’année la plus chaude.

Septembre 2020 a été le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré dans le monde, a annoncé mercredi le service européen Copernicus sur le changement climatique, évoquant la possibilité que 2020 détrône 2016 comme année la plus chaude. #AFP pic.twitter.com/pJIOEDqNfY

— Agence France-Presse (@afpfr) October 7, 2020

Problématique d’accès à l’eau

Durant la saison sèche 2017-2018, qui n’a pas eu à constater l’inquiétant tarissement du fleuve Niger, le deuxième fleuve qui traverse le Mali après le Sénégal ?

L’accès à l’eau dans la plupart de nos sociétés constitue une véritable aventure de combattant pour les femmes et les jeunes qui constituent la couche de la population qui subit toutes les difficultés en parcourant des distances de plus en plus longues à larecherche de l’eau. Ce qui peut paraitre paradoxal pour les esprits peu avertis en la matière, c’est le fait de pouvoir expliquer les innombrables inondations comme des conséquences notoires de ce même phénomène.

Lire aussi Mettre à contribution les femmes dans la lutte contre le réchauffement climatique

À ce titre, ne convient-il pas de noter que le changement climatique instaure une irrégularité saisonnière voire une disparité au sein de nos sociétés.  Selon les experts du climat, il y a eu des moments où les précipitations aussi bien que les chutes de neige suivaient un rythme régulier permettant aux paysans de connaitre avec exactitude les périodes des semis. Le réchauffement des océans et de l’atmosphère leur porte un coup sérieux en instaurant cette irrégularité notable à laquelle nous faisons face. « La plupart des modèles scientifiques de précipitations prévoient que les pays situés sous hautes latitudes ainsi que l’Afrique de l’Est tropicale recevront davantage de précipitations, tandis que le bassin amazonien, l’Afrique du Nord et Méditerranéenne, l’Amérique centrale, les Andes méridionales et certaines régions de l’Australie en recevront probablement moins », lit-on dans « Le changement climatique en Afrique : Guide à l’intention des journalistes ».

Augmentation des inondations

Partant de ces explications, nous ne pouvons que qualifier les nombreuses inondations dans nos pays comme des effets de ce phénomène de changement climatique. De plus en plus, le Mali devient le théâtre des inondations massives une fois que l’hivernage commence. Durant la saison pluvieuse 2019-2020, l’Organisation humanitaire des Nations unies (OCHA Mali) rapporte que 133 localités au Mali, avec au total 18 pertes en vies humaines.

Cette situation doit interpeler la conscience de tous les citoyens qui doivent accepter de se battre pour la protection de l’environnement afin de diminuer les phénomènes détériorant le climat jusqu’à ce point et inviter les grands pollueurs à reconnaitre et accepter leur responsabilité envers les victimes de ce phénomène dramatique.

L’opposition entre paysans et éleveurs

En dehors de tous ces aspects, rappelons cet autre phénomène, l’opposition entre éleveurs et paysans. Cela constitue une autre réalité que traverse au jour le jour notre pays. Or, cet aspect peut également être expliqué comme une conséquence de cette bête sanguinaire qu’est le réchauffement climatique. 

Lire aussi Réchauffement climatique : un changement d’approche s’impose

L’accroissement des phénomènes comme la sécheresse a pour conséquence l’absence de fourrages et d’eau pour les animaux et engendre des déplacements massifs qui ne peuvent qu’entrainer des conflits. « L’accroissement déjà constaté des transhumances devrait continuer à se traduire par des mouvements massifs du Nord au Sud, entrainant des conflits entre éleveurs et paysans », trouve-t-on dans le manuel sur la situation des Ressources naturelles dans le bassin du Sankarani PMF/FEM en décembre 2012. Cette explication n’a pas pour vocation d’enlever auconflit entre Peuls et paysans au Maliles facteurs humains pour tout attribuer au climat, mais juste pour montrer jusqu’à quel point le changement climatique peut s’avérer désastreux pour nos nations.

Cette sécheresse peut également entrainer des feux de brousse qui ont également des conséquences désastreuses sur la faune et la flore, mais aussi engendrer des dégradations des terres et par ricochet la déforestation. Certes des feux de forêt sont d’origine humaine, mais il en existe aussi qui sont naturels. Il n’est pas rare d’apprendre ces genres de phénomènes dans les pays américains.

La famine

En dehors de tous ceux-ci, la famine constitue l’autre réalité que vivent nos citoyens au jour le jour. Les guerres ne sont pas toujours la cause de ce fléau, mais aussi le réchauffement de la planète. La population la plus vulnérable de cette situation est constituée par les femmes et les enfants. Cela ne nous fait-il pas penser à la grande famine de 1975. Cette irrégularité ainsi que les disparités climatiques favorisent certaines couches sociales à d’autres. C’est ce qui ressortait du rapport 2017 des Nations unies sur le climat démontrant que la situation de la sécurité alimentaire en Afrique est en recul de trente ans. C’est maintenant le continent qui souffre le plus des effets du changement climatique en termes de famine alors que cette situation s’est améliorée dans d’autres contrées notamment asiatiques. Il y a encore pire. Dans le manuel du fonds climat Mali, il est écrit : « La variabilité du climat et le changement climatique aggravent la pression sur les sols, l’eau et les autres ressources naturelles. »

De vastes campagnes de sensibilisation en langues locales  

Il faudrait dans une situation pareille où l’ignorance des citoyens ne fait qu’aggraver la situation que les autorités procèdent à une sensibilisation plus large dans toutes les localités en langue locale afin que chaque citoyen prenne conscience de ce phénomène en s’engageant dans ce combat de vie ou de mort. Des expositions photo et d’images doivent également se faire dans nos différentes contrées sur les causes, les conséquences et les moyens de lutte contre ce fléau.

Lire aussi Pour vaincre le fléau climatique, la covid-19 offre des pistes

Outre tous ceux-ci, expliquer sans langue de bois, la nécessité des énergies renouvelables tout en encourageant et accompagnant les belles initiatives dans ce cadre. À ce titre, il importe beaucoup que les pays développés s’engagent concrètement à soutenir ceux en voie de développement et à faire face à leurs dépenses d’adaptabilité et de création d’initiatives.

Chiencoro

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Drogue dans un pneu de vehicule
Sécurité

De la drogue dans les pneus d’un camion-remorque

by Sahel Tribune 7 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Les trafiquants de drogue affinent chaque jour leur mode opératoire. Les éléments de la police du 12e arrondissement de Bamako ont découvert de la drogue, mercredi 7 octobre 2020, dans les pneus d’un camion-remorque, à Titibougou. Nous ne savons pas encore la quantité saisie.

Pour paraphraser le chercheur malien Baba Dakono, dans la lutte contre l’insécurité, les moyens de nos États sont en déphasage avec le mode opératoire des bandits. Ceux-ci ont une longueur d’avance sur les autorités de nos pays. Pendant que nos autorités se félicitent d’avoir trouvé des solutions à un mode opératoire en vigueur, les bandits basculent dans un autre mode.

Lire aussi Afrique : la lutte contre le trafic de drogue passe par la dislocation des réseaux de complicité

La brigade de recherche du 12e arrondissement de Bamako a mis la main sur un camion-remorque, mercredi 7 octobre 2020, à Titibougou. Dans un pneu de ce véhicule, de la drogue. Quelle surprise ! Selon nos informations, cette découverte est rendue possible grâce à l’explosion d’un pneu du camion. Du coup, de la drogue à l’air libre sur la place publique. Les éléments du 12e arrondissement se sont rendus sur le lieu pour non seulement ramasser la quantité disséminée, mais aussi conduire le véhicule qui les contenait dans la cour du 12e pour des fins de contrôle.

Pour le moment, nous ne savons ni la provenance du véhicule ni la quantité de drogue qu’il contient. Toutefois, selon une source contactée au niveau de l’Office central des stupéfiants (OCS), ce mode opératoire n’est pas habituel au Mali. Pire, le Mali ne dispose pas encore de moyens pouvant détecter de la drogue dissimulée dans les pneus, précise la même source.

Lire aussi Le trafic de drogue, cette pratique qui continue d’alimenter les conflits au nord Mali

Néanmoins, selon Mamadou Diadié Sacko dit Saxe, promoteur de la Radio Future média (RFM), pour lutter contre cette forme d’insécurité, la population doit accompagner les autorités de l’État. Il propose également que désormais les pneus des véhicules soient ouverts pour contrôle.

Disons que les autorités maliennes ont du pain sur la planche. Pour mener une lutte efficace contre la drogue, il importe de se procurer des moyens ultramodernes. En un mot, il convient d’être en phase avec l’évolution du monde. Cela est nécessaire si nous voulons mettre fin à ces menaces contre la santé publique.

F. Togola

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Celia Dos Santos Demont 2 copie
Climat et environnement

[Tribune] Politique de l’eau : nous sommes de grands criminels !

by Sahel Tribune 7 octobre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Pitié, je vous implore, pitié, États signataires des protocoles de l’eau. Vous devez vous justifier, car mes « petits innocents » meurent seconde par seconde… C’est un crime contre l’humanité !

Les droits des enfants doivent être respectés et appliqués sans délai ! Être indifférent à la douleur de ses petits innocents est un Crime contre L’Humanité ! Être indifférent à leur dernier battement de cœur est un Crime contre L’humanité ! Être indifférent aux droits de l’enfant qui ne sont pas appliqués et respectés est un Crime contre L’humanité ! La question : Qui est le plus criminel ? Un Terroriste ? Toi ? Moi ? Vous ? Mais c’est Nous voyons, Nous !

L’iniquité d’accès à l’eau, source de conflit

Je suis en mission humanitaire bénévole au Mali, pour une durée de deux ans. Mes travaux sont de grande ampleur, car tout d’abord j’ai mené une recherche documentaire-analytique très sérieuse du contexte politique, social et économique du Mali depuis 1 an. Un contexte sociopolitique très complexe. 

Lire aussi Journée mondiale de l’eau: quatre milliards de personnes exposées à des pénuries d’eau dans le monde

Mon étude s’est intéressée tout d’abord à identifier et analyser les besoins vitaux en question de prévention et de gestion des conflits. Je me suis particulièrement intéressée à la question de l’accès à l’eau potable au Mali et son équité. Le constat est alarmant et désastreux aujourd’hui au Mali en termes d’équité à l’accès à l’eau potable traitée. Cette répartition inégale et inéquitable des ressources en eau explique 80 %, l’origine des conflits de tout genre et meurtriers et que 40 % de ses conflits ont été résolus par la construction des puits et châteaux d’eau qui, malheureusement, ne suffisent plus en tenant compte de la croissance de la population, dont le nombre de réfugiés ne cesse d’accroître.

Les prochaines années seront encore plus meurtrières et nos petits innocents seront encore des cibles à tout ce désordre dû au manque de méthodes novatrices et flexibles dans la résolution des problèmes internationaux liés à l’accès à l’eau potable, équitablement.

Lire aussi Mettre à contribution les femmes dans la lutte contre le réchauffement climatique

Même si aujourd’hui au Mali je mets en place des intervenants de plusieurs secteurs de l’eau et de l’assainissement pour la mise en œuvre d’une stratégie de communication au niveau national, cela ne suffira pas, car les enjeux internationaux de cette politique de l’eau sont énormes et ne sont pas équitables.

Pas de solutions miracles

Il n’y a pas de solutions miracles, mais l’amélioration de nos rapports humains est nécessaire pour bâtir dans la durabilité et la pérennité, nos actions autour de cette question vitale : le « Droit à l’Accès à l’eau potable, équitablement », et faire en sorte que les rapports humains deviennent plus honnêtes et responsables.

Apprendre à s’aimer pour mieux se comprendre. Se comprendre pour mieux agir ensemble et se faire mieux entendre me semble une bonne devise, car les enfants méritent le meilleur.   

Les états doivent prendre en compte sérieusement et rigoureusement les acteurs dans les différentes décisions nationales relativement au secteur de l’eau, pour une meilleure urgence politique de l’accès à l’eau potable au Mali, une reconnaissance de leurs rôles, responsabilités, et des enjeux liés à la gestion de la ressource en eau.

Lire aussi Comment les changements environnementaux font émerger de nouvelles maladies

Il y a urgence que cette politique de l’eau soit adoptée, appliquée sans délai au Mali. Ma dimension intellectuelle insistera sur l’impossibilité de promouvoir une bonne gouvernance sans qu’un article additionnel soit inscrit dans la « politique de l’eau ».

 Mes recommandations

Elles seraient : 

  • « L’eau est un bien commun de l’humanité. Toute personne a le droit fondamental et inaliénable d’accéder, gratuitement et équitablement, à la quantité d’eau potable indispensable à la vie et à la dignité, prioritairement à tout autre usage ».
  • La répartition de l’eau entre différentes utilisations ne doit pas être un résultat de choix ni de force politique et économique.
  • Les politiques de gestion de l’eau doivent être équitables et adaptables.
  • La gestion publique de l’eau doit être plus transparente et participative.
  • Développer des services d’assainissement plus performants et innovateurs pour préserver l’écosystème, la ressource et le capital santé.
  • La question de la qualité de l’eau est un problème de santé publique et doit constituer une priorité de l’action politique, car la situation à présent est dramatique. Puisque beaucoup de maladies ont un lien direct ou indirect avec l’eau et sa qualité.
  • Intégrer des projets de grands barrages ; projets d’infrastructures hydrauliques en tant que composantes du projet à côté des composantes économiques/financières et techniques.
  • Intégrer un modèle de contrat de négociation pour le partage des fleuves pour la Paix, le Développement et la Sécurité ».

Les enfants méritent le meilleur ! Mon combat c’est pour eux !

 Célia DOS SANTOS DEMONT[1] 


[1] Célia Dos Santos est née au Portugal le 6 juillet 1977. Depuis plus de 15 ans, dans le domaine des actions humanitaires et sociales, elle possède des compétences professionnelles dans de diverses organisations non gouvernementales en tant que Médiatrice en Communication et autres domaines de compétences, pour le développement des infrastructures au profit de la population et pour l’éducation. Elle apporte son soutien aussi à L’ONG ADD-KIDAL Mali, en tant que coordonnatrice de Programmes et Représentante Légale à l’international. Une de ses priorités est de faire valoir les Droits de l’homme, l’Éducation et Promouvoir « La Médiation Pour La Paix ».

Depuis plus de 12 ans, elle entame sa carrière dans la Justice à Paris en tant que Clerc d’Huissier aux Procédures en exécution et Médiatrice en Justice, licenciée à l’Université Panthéon- Assas à Paris. Elle est en possession d’un certificat de Positive Peace Academy (Qu’est-ce que la Paix positive ?, Enquête sur la Paix positive,  Activer la Paix positive), délivré par L’Institute for économics & Peace.

Célia est la fondatrice du concept unique au Monde ‘’Médiation Pour La Paix’’:  «  is subject to copyright, Production, layout and all illustrations, by Indesign byLou : any reproduction is prohibited. Elle est Ambassadrice des relations publiques internationales auprès de l’organisation non gouvernementale à « ACTION DANS LE MONDE’’.

Célia exerce aussi la fonction en tant que Plaidoyer Institutionnel et International – Défense Des Droits de L’Enfant, au sein de l’ONG Amal Humanity au Mali. La situation des enfants dans le monde reste un problème majeur pour elle. De trop nombreux enfants sont confrontés à une grande misère, privée des soins élémentaires, victimes de conflits armés ou exploités au travail et leurs droits ne sont pas respectés. Des choses regrettables selon Mme Demont. Elle estime que l’enfant est une personne à part entière et il a des droits fondamentaux :  sociaux, économiques, civils, culturels, politiques et ces droits doivent être appliqués, respectés et défendus.

7 octobre 2020 2 comments
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Éducation

Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : le professeur Amadou Keita pour relever les défis majeurs !

by Sahel Tribune 7 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

L’ancien Directeur général de l’École normale d’Administration (ENA) et l’actuel Coordinateur scientifique du Laboratoire Gouvernance Sociétés et Sécurité (LaGoSS) de la Faculté des Sciences administratives et politiques de l’USJPB, Pr. Amadou Keita, a été nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans le gouvernement de transition. Connu pour son intégrité et son sens élevé du travail bien fait, le Coordinateur général du Groupe d’Étude et de Recherche en Sociologie et Droit Appliqué (GERSDA) pourrait relever les défis au niveau de l’Enseignement supérieur.

Le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a un nouveau capitaine pour conduire le bateau à bon port. Ce capitaine, il n’est pas novice dans le domaine de l’Enseignement et de la Recherche. Il a été, lui-même, enseignant-chercheur, administrateur au niveau de l’Université de droit de Bamako. Il se nomme Professeur Amadou Keita.

Qui est alors Amadou Keita ? Le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est détenteur d’un Doctorat en Science politique et d’un Doctorat en Droit. Il est Maitre de Conférences à l’Université des Sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) depuis 1996 et actuellement le Coordinateur scientifique du Laboratoire Gouvernance Sociétés et Sécurité (LaGoSS) de la Faculté des Sciences administratives et politiques de l’USJPB. Il a été successivement Doyen de la Faculté de Droit public de l’Université des Sciences et Politiques de Bamako de 2012 à 2012, membre de la Cour Constitutionnelle du Mali de 2012 à 2015. De 2016 à 2017, il était Conseiller spécial auprès du Médiateur de la République. Le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique était, de 2017 à 2019, Directeur général de l’École Nationale d’Administration du Mali. En 2019, il démissionne de ce poste stratégique contre toute attente. Jusqu’à sa nomination comme ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Keita était le Coordinateur scientifique du Laboratoire Gouvernance Sociétés et Sécurité (FSAP-USJPB).

Le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est un homme des qualifications. Ses multiples diplômes le prouvent. Professeur de droit et de science politique, le ministre Keita a également enseigné les méthodes de recherches en sciences sociales. Il a été professeur invité à l’Université de Trente, en Italie de 2005 à 2007 ; à l’Université du Piémont Oriental (2005-2007, 2016). De 2010 à 2011, le professeur Amadou Keita était chercheur associé du CNRS à l’Institut d’Études politiques de Bordeaux. Depuis plus d’une quinzaine d’années, il travaille sur les questions institutionnelles, de gouvernance, de décentralisation et de gestion des ressources naturelles (notamment foncières et minières). Il a ainsi participé à plusieurs programmes de recherches nationaux et internationaux sur ces sujets et dans lesquels il a publié plusieurs travaux personnels et collectifs.

Le nouveau ministre malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a collaboré avec plusieurs institutions au Mali et à l’étranger, comme le PNUD, la Fondation Friedrich Ebert, le GRET (France), l’IRAM (France), l’IIED (grande Bretagne), l’Université Libre de Bruxelles (Belgique), le GRAMA (Canada), la GIZ (Allemagne), le GEMDEV (France). Dans le cadre de ces collaborations, il a réalisé plusieurs consultations sur les questions institutionnelles, la gestion des ressources naturelles (foncières et minières).

Auteur et co-auteur de plusieurs publications, dont l’administration coloniale et les résistances à l’occupation (coauteur), in D. Konaté (édt.), Histoire contemporaine du Mali. Contribution à la redécouverte de la dynamique de construction de l’État-nation, ASHIMA-FES, Bamako, 2019, p. 47-65.

– Le Soudan dans l’Union française : les prémisses de l’accession à l’indépendance (cauteur), in D. Konaté (édt.), Histoire contemporaine du Mali. Contribution à la redécouverte de la dynamique de construction de l’État-nation, ASHIMA-FES, Bamako, 2019, p. 89-102.

– La fédération du Mali : chronique d’une fin annoncée (coauteur), in D. Konaté (édt.), Histoire contemporaine du Mali. Contribution à la redécouverte de la dynamique de construction de l’État-nation, ASHIMA-FES, Bamako, 2019, p. 105-120.

– La proclamation de l’indépendance du Mali (coauteur), in D. Konaté (édt.), Histoire contemporaine du Mali. Contribution à la redécouverte de la dynamique de construction de l’État-nation, ASHIMA-FES, Bamako, 2019, p. 121-133, Pr Keita aussi fait plusieurs communications.

Le ministre Amadou Keita parle Bambara, sa langue nationale, Français, Anglais, Russe et Italien.

Il est appelé à relever les défis majeurs au niveau de l’Enseignement superieur et de la Recherche scientifique.

Boureima Guindo

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Éducation

L’insécurité dans l’espace universitaire n’est pas une « fatalité »

by Sahel Tribune 6 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La recrudescence du phénomène d’insécurité dans l’espace universitaire au Mali inquiète plus d’un. Le Centre national des œuvres universitaires (CENOU) fait de la lutte contre ce fléau un combat pour le bien-être des étudiants. Au cours d’une conférence de presse, lundi 5 octobre 2020, dans la résidence universitaire de Kabala, le directeur général du CENOU, colonel major Ousmane Dembélé a invité tous les acteurs de l’éducation à une lutte implacable contre ce phénomène. 

« Nous sommes engagés fermement et résolument dans la lutte contre l’insécurité », indique le directeur général du Centre national des œuvres universitaires (CENOU), le colonel major Ousmane Dembélé. Déplorant le phénomène d’insécurité, de plus en plus accrue, dans l’espace universitaire du Mali, M. Dembélé estime que ce phénomène est vraiment « dommageable pour les étudiants dans les campus universitaires ».

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Pour lutter efficacement contre la circulation des armes et certains objets interdits dans l’espace universitaire, le CENOU organise régulièrement des fouilles. « Pour remédier à cela [l’insécurité ndlr], nous avons procédé à l’organisation et à la sécurisation des campus par des fouilles régulières des chambres avec les forces de sécurité », a expliqué M. Dembélé. Le 12 février 2020, cette administration publique a organisé une fouille dans les résidences de la Faculté des Sciences techniques (FST) et de l’Institut universitaire de gestion (IUG). Une activité faite en collaboration avec la police nationale, a précisé le directeur général au cours de cette conférence de presse. Selon lui, cette fouille a permis de mettre la main sur des pistolets automatiques (PA) de fabrication artisanale, des munitions de Pistolet mitrailleur PM (munition de guerre), des munitions de PKM (munition de guerre), des machettes, des tenues et bérets militaires, des couteaux, des faux billets, des cartes bancaires ECOBANK, etc.  

Étonné de ces découvertes dans les chambres des étudiants, le directeur du CENOU s’interroge sur la raison d’être de ces armes de guerre dans l’espace universitaire.  

Le colonel major Dembélé estime qu’il faudrait mener une « lutte implacable contre l’insécurité » dans l’espace universitaire. « Nous avons estimé qu’il faut mettre de l’ordre dans nos résidences universitaires et cela, pour le bien-être de nos étudiants », a-t-il souligné.

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Selon M. Dembélé, cette insécurité qui règne dans l’espace universitaire n’est pas une « fatalité ». À ses dires, les auteurs des attaques dans le milieu universitaire ne sont pas des agents externes. Ce qui est déplorable pour M. Dembélé, c’est de voir des étudiants, venus chercher le savoir, s’armer contre leurs professeurs, leurs camarades. Or, précise-t-il, « la main qui reçoit est toujours en bas ». Toutefois, le directeur du Centre national des œuvres universitaires invite à ce qu’il n’y ait aucune impunité dans cette lutte contre l’insécurité.

« Une chose est de curer les caniveaux, une autre est de ramasser les ordures pour qu’elles ne reviennent plus dans les caniveaux sinon on aurait travaillé pour rien », a expliqué le directeur Dembélé. À l’en croire, le CENOU après avoir fait son travail, laisse le soin à la justice de jouer sa partition. Les saisis durant le mois de février sont entre les mains de la justice, a-t-il fait savoir avant de rassurer : « Nous allons suivre l’évolution de la situation ».

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M. Dembélé lance un appel à tous les étudiants, qui sont, d’après lui, les premiers à pouvoir aider à sécuriser les campus. Car « il ne peut pas y avoir d’armes dans ma chambre sans que je ne sois au courant », a-t-il indiqué. Il finit par inviter tous les acteurs de l’éducation à s’impliquer dans la lutte contre ce fléau : « Pour les étudiants, pour les parents d’étudiants, pour tous les partenaires de l’école, engageons-nous pour mettre fin à l’insécurité dans l’espace universitaire ».

Chiencoro 

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Diccko
Politique

Bréma Ely Dicko : « L’équipe de transition n’a d’autre choix que de réussir »

by Sahel Tribune 6 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le processus de retour à l’ordre constitutionnel se poursuit à pas de géant au Mali. Après la Nomination du président et du Premier ministre de la transition, le gouvernement a été mis en place, lundi 5 octobre 2020. Dans le nouveau gouvernement, les femmes et les jeunes sont sous-représentés. Nous avons rapproché Dr Bréma Ely Dicko, professeur de sociologie au Mali. Il nous donne ses appréciations.

Phileingora : quelle appréciation faites-vous de la sous-représentativité des femmes dans le gouvernement de la transition ?

Dr Bréma Ely Dicko : tout d’abord, je me réjouis qu’on ait enfin un gouvernement. Puisque depuis le 11 juin 2020, le Mali n’avait pas de gouvernement. Dans un pays en crise, avec le coronavirus, l’insécurité, il était important d’avoir enfin un gouvernement. Parce que les secrétaires généraux qui assuraient la continuité de l’Etat étaient limités pour la prise de certaines décisions.

C’est vraiment dommage que les femmes soient sous-représentées. Parce que nous avons la loi 052 qui exige un quota de 30 % pour les femmes dans un pays où celles-ci représentent 51 % de la population. On aurait pu respecter les 30 %. De même, les jeunes auraient pu davantage être sollicités. Ce qui n’a pas été le cas. Qu’à cela ne tienne, il y a quand même des personnalités qu’on a pu nommer dans le gouvernement qui sont crédibles et connues pour leurs expertises. On n’a pas vu les anciens noms revenir non plus. Ce qui signifie qu’il y a eu un renouvellement. Aussi l’entrée des groupes signataires et la plateforme est un élément qui rassure. C’est un bon signal qui peut favoriser la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger qui a été signé depuis 5 ans.

Cette sous-représentativité des femmes et des jeunes ne pourrait-elle pas conduire à une déstabilisation dans les jours à venir ?

Pas du tout. Le nouveau gouvernement va mettre rapidement en place une feuille de route. Je pense qu’ils ont pris conscience des défis qui sont les leurs et ils seront jugés aux résultats. Ils ont l’obligation de réussir. Le parlement qu’on va mettre en place, le Conseil national de transition, va s’attaquer aux réformes institutionnelles nécessaires. Les jeunes et les femmes pourront d’ailleurs jouer un rôle majeur dans ce Conseil national de transition.

L’équipe de transition n’a d’autre choix que de réussir.

Une centaine de terroristes a été libérée par les autorités maliennes avant la mise en place de ce gouvernement. Y’a-t-il un rapport entre ces deux faits ?

Pas vraiment ! Vous savez, depuis six mois, un Comité de crise a été mis en place par l’URD ; une cellule aussi qui s’occupe de la libération de Soumaïla Cissé, présidée par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, a été mise en place. Les pourparlers ont commencé et le CICR, par son intermédiaire, a réussi à ramener un courrier pour la famille de Soumaïla. C’est pour dire que les contacts n’ont pas été rompus.

Je pense que les militaires ont conscience qu’il faut renforcer leur légitimité en travaillant à la libération de Soumaïla, qui est aussi une des revendications du M5-RFP et aussi du FSD de façon générale. Cela participe aux mesures de confiance entre les nouvelles autorités et les groupes terroristes qui détiennent Soumaïla et aussi Sophie Pétronin.

Cette libération de terroristes n’aura-t-elle pas de conséquence sur la sécurité au Mali ?

Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Cette libération a des conséquences. Puisque la plupart des personnes qu’on a arrêtées sont des gens qui n’ont pas été jugés. Donc c’est des présumés terroristes. Ils étaient arrêtés, certains pour deux ans, trois ans ; d’autres pour quatre ans. Lorsqu’ils sont libérés et qu’il s’avère qu’ils étaient innocents au moment de leur arrestation, j’imagine que les deux années passées en prison pourraient changer leur comportement vis-à-vis de l’État. Donc, cela peut créer un ressentiment. Ce qui pourrait les pousser vers les groupes terroristes auxquels on leur a rattaché pour pouvoir se venger. En même temps, si c’est eux qui détiennent Soumaïla et que c’est une condition pour le libérer, il faudrait faire avec. C’est un risque qu’il faut prendre aussi.  

Réalisée par Fousseni Togola

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