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Migration
Seko ni Donko

La migration, un phénomène à la peau dure

by Sahel Tribune 6 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La question migratoire fait partie des problématiques majeures auxquelles l’humanité a toujours été confrontée et surtout pendant ce XXIe siècle suite à des crises incessantes. Ce phénomène a toujours été combattu par maints pays d’accueil, mais si malgré tout, elle s’est aggravée, c’est que le phénomène a toujours été mal négocié. Tant que ce phénomène ne sera pas rationnellement traité, le peu de solidarité qui existe dans ce monde risque de s’émietter.

Pour tracer l’origine de la migration, il faut envisager un voyage allant de l’époque préhistorique à celle contemporaine. Nos ancêtres préhistoriques ont migré d’une zone à une autre, soit pour la chasse ou pour la recherche de nouvelles zones d’habitation. Cette tendance a été démontrée par des études historiques qui montrent que l’Homo Sapiens, l’ancêtre de l’homme, a voyagé d’Afrique vers d’autres continents où nous avons découvert ses ossements. Cette position est défendue également par le philosophe Edgar Morin qui admet l’émigration comme l’effet de la chasse organisée en petits groupes par les hommes préhistoriques.

Lire aussi Migration : le Coronavirus livre une clé de compréhension

Cependant, à partir de la traite des noirs en passant par l’esclavage et la colonisation, le phénomène migratoire s’est mondialisé voire est devenu politique par l’entrée en jeu des occidentaux à la recherche d’esclaves ou de voies d’écoulement pour leurs produits. 

Le continent noir a subi les expéditions guerrières des arabo-musulmans et le commerce négrier mis en place à leur profit dès 652. Les captifs de traite apparaissent. Avec les siècles, ils s’intensifient avec l’aide de chefs guerriers locaux. Les négriers deviennent berbères, Turcs, Perses.

Lire aussi La route migratoire, l’une des plus mortelles au monde

À partir du XV siècle, les Européens accostent sur les côtes de l’ouest du continent africain pour mettre en place des négoces identiques. Ils traitent avec des tribus à partir de leurs forts, sans s’aventurer dans les terres.

Dans la plupart des pays occidentaux, l’industrialisation avait engendré comme conséquence la surproduction. Alors, il importait de chercher des débouchés pour les productions. À cet effet, l’Afrique constituait pour eux une sorte de terre promise. Il y eut des flux considérables d’Occidentaux vers ce continent.

Lire aussi Bilaly Tamboura, migrant de retour : « Je serai toujours prêt à reprendre le chemin »

Maints pays occidentaux doivent leur peuplement, leur développement aux esclaves venus travailler dans leurs champs de café, de cacao, de tomate, de haricots, etc., et qui ont fini par s’installer définitivement pour y fonder des familles après l’abolition de l’esclavage. Au fil du temps, le phénomène a connu des mutations.

Fousseni Togola

6 octobre 2020 0 comments
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Les femmes a Kati
Politique

Mali : un gouvernement de 25 membres, dont 4 femmes, mis en place

by Sahel Tribune 5 octobre 2020
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Plus d’une semaine après la nomination du Premier ministre Moctar Ouane,  le gouvernement de transition voit le jour, ce lundi 5 octobre 2020. Composé de 25 membres, ce gouvernement regroupe plusieurs couches de la société : des partis politiques,  du M5-RFP,  du CNSP, des jeunes comme des vieux, etc.

Cette composition entre en ligne droite avec les conclusions du Dialogue national inclusif qui recommandait une réduction du nombre de ministres à 25. Cette réduction pourrait contribuer grandement à réduire les charges de l’Etat et pourrait permettre une gestion rationnelle des ressources.  Elle pourrait parachever  le travail qu’avait déjà entamé le Comité national pour le salut du peuple à travers la saisie des véhicules de l’Etat ainsi que des passeports diplomatiques.

Toutefois, le souci avec cette nouvelle équipe gouvernementale, c’est surtout le non-respect de la loi de la parité qui recommande 30% de femmes dans les postes de nomination. Or, ce  gouvernement de transition ne compte que quatre femmes. Certes, on pourrait comprendre ce geste en raison des urgences de l’ère. Pour cette transition, les attentes sont grandes. Malgré tout, ce problème de représentativité des femmes dans ce gouvernement ne pourrait pas être justifié par les urgences. Puisque celles-ci peuvent être résolues avec la gent féminine qui a pris activement part à la chute du régime IBK,  auprès du M5-RFP. 

Chiencoro

5 octobre 2020 0 comments
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conference de presse au CENOU copie
Éducation

Pour le confort des étudiants, deux initiatives voient le jour au CENOU

by Sahel Tribune 5 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Pour donner plus de précisions sur les améliorations de ses services au profit des étudiants, le Centre national des œuvres universitaires (CENOU) a tenu, à la résidence universitaire de Kabala, une conférence de presse, lundi 5 octobre 2020. De cette rencontre avec la presse, il ressort que le CENOU a créé récemment deux nouveaux centres régionaux des œuvres universitaires. Aussi a-t-il été question du nouveau partenariat qui le lie à SAMA Money dans le cadre de la gestion des allocations financières des étudiants.

« Nos prestations n’ont de limite que là où nos moyens se limitent ». C’est en ces termes que le directeur général du CENOU, le colonel major Ousmane Dembélé a commencé son allocution au cours de la conférence de presse du lundi 5 octobre 2020. Par cette occasion, il rappelle que l’ambition du CENOU, c’est l’amélioration des conditions de vie et d’étude des étudiants. Un souci qui trouve sa corroboration dans les innovations successives auxquelles s’attelle cette administration publique.

Des innovations au profit des étudiants

Aujourd’hui, deux innovations majeures viennent d’être faites par le CENOU afin d’améliorer ses services rendus aux étudiants. Il s’agit du mobile Banking et de la création de deux nouveaux centres régionaux des œuvres universitaires, à Koulikoro et à Bamako. 

Toutes ces initiatives visent l’amélioration de son offre aux étudiants afin de les mettre plus dans le confort. Selon le directeur général du CENOU, la création des deux nouveaux centres régionaux se justifie par le souci de rapprochement de son administration des étudiants en matière de communication.

Allocations financières

Le CENOU, c’est aussi la gestion des allocations financières des étudiants. Le directeur général du CENOU estime que beaucoup d’améliorations ont été faites dans la gestion de ces allocations, depuis 2014.

M. Dembélé invite à dépassionner, à démystifier les questions de bourses. À ses dires, l’État malien s’est fondé sur plusieurs aspects pour élaborer les critères d’octroi de la bourse. Il s’agit entre autres de donner la même chance à tous les étudiants et de stimuler en eux l’excellence. 

S’agissant de la question de la bancarisation des étudiants, le colonel major Ousmane Dembélé indique c’est à la suite d’une manifestation d’intérêt lancée auprès de toutes les institutions financières du Mali que SAMA MONEY a été retenu. Cela est intervenu après la fin de sa deuxième convention avec ECOBANK, a-t-il indiqué.

Ce qui change avec SAMA Money

À l’en croire, SAMA Money est une solution digitale à la mode et qui rend la vie facile aux étudiants. Avec cette solution digitale, ce que les étudiants devraient faire en 4 mois pour les procédures de la carte, ils le font en trois jours, s’est-il réjoui.  

Selon Daouda Coulibaly, président directeur général de SAMA MONEY, cette solution digitale est révolutionnaire et 100 % malienne. Il s’agit d’une plate-forme qui fonctionne sur trois canaux : l’application SAMA, utilisable sans connexion et utilisable via WhatsApp.

Avec cette nouvelle plate-forme numérique, le PDG estime que beaucoup de choses vont changer pour les étudiants. Ils pourront désormais retirer des sommes inférieures à 5000 FCFA et la solution est accessible dans toutes les régions. À ses dires, SAMA MONEY a plus de 7000 points de vente à travers le Mali. Ce n’est pas tout, il estime que cette plate-forme « participe activement au développement économique du Mali » à travers la création d’emploi.

Avec sa banque partenaire, UBA, SAMA réfléchit sur des initiatives, pour les prochaines années, visant la possibilité d’octroyer des prêts étudiants en attendant que les bourses arrivent, a annoncé M. Coulibaly. 

Togola

5 octobre 2020 1 comment
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Adama Fomba porte parole des syndicats de leducation copie
Actu

Adama Fomba : « L’enseignement n’est pas un prêt-à-porter »

by Sahel Tribune 5 octobre 2020
written by Sahel Tribune 9 minutes read

Le monde célèbre, ce lundi 5 octobre 2020, la Journée mondiale des enseignants. Une occasion de s’arrêter pour non seulement analyser les forces et les faiblesses de l’éducation, mais aussi et surtout, de montrer le rôle crucial que jouent les enseignants au jour le jour pour le développement des États. Bien vrai que la cérémonie de célébration de cette Journée a été reportée au Mali au mois de décembre, nous avons rencontré le porte-parole des syndicats de l’éducation signataire du 15 octobre 2016, Adama Fomba. Il nous parle de la situation de l’enseignant malien ainsi que de l’école de façon générale, de l’indépendance à nos jours. Il formule plusieurs recommandations pour une école plus performante et apaisée.

Phileingora : quelle analyse faites-vous de la situation de l’enseignant malien, de l’indépendance à nos jours ?

Adama Fomba : l’enseignant malien a beaucoup évolué. Dans les discussions, très souvent, les doyens nous racontent qu’ils faisaient des mois sans avoir leur salaire. Un salaire qui était presque dérisoire. Aujourd’hui, avec les luttes syndicales, les initiatives politiques, nous partons de plus en plus vers un salaire. Toutefois, il y a encore des efforts à fournir pour valoriser ce corps afin que l’enseignant puisse être cet être qui donne de la lumière à la société.

Les informations qui nous parviennent des autres pays montrent que l’enseignant est non seulement le mieux traité, mais aussi le mieux considéré. Mais chez nous au Mali, s’il n’y a pas de lutte syndicale, il n’y a pas d’amélioration de condition de vie et de travail. Nous traversons ces difficultés depuis l’indépendance. 

Pour que l’enseignant soit à la hauteur des attentes, il faut que nous le mettions dans les meilleures conditions. Cet effort doit venir non seulement des syndicats, mais aussi de la société, des parents d’élèves ainsi que des autorités politiques.

Les présidents que nous avons eus successivement de l’indépendance à nos jours n’avaient pas une vision politique réelle sur l’éducation. Malgré les multiples réformes que ces présidents ont eu à faire, l’éducation reste toujours confrontée à des difficultés. Il nous faut alors des hommes politiques qui ont des visions politiques non seulement sur le système éducatif, mais aussi sur le personnel enseignant. 

Mais de plus en plus, des gens mettent le doigt sur le faible niveau des enseignants. Que répondrez-vous de ces accusations ?

Nous devons d’ailleurs saluer les enseignants pour l’effort qu’ils sont en train de fournir tous les jours. À la différence des autres fonctionnaires, l’enseignant est celui qui doit s’améliorer de jour en jour. Parce qu’il est celui qui forme les cadres de demain. Pour ce faire, il lui faut beaucoup de formations. 

Ceux qui n’apprécient pas assez le niveau de l’enseignant ne savent pas le plus souvent dans quelles conditions il travaille. On est au 21e siècle. Si vous partez dans nos établissements scolaires publics, vous découvrirez que rares sont ceux qui ont une bibliothèque bien fournie. Beaucoup d’entre eux n’ont même pas d’électricité à plus forte raison de connexion à haut débit. En plus de cela, avec les réformes, vous trouverez également que les formations continues ne sont pas suivies. Au niveau secondaire aujourd’hui, on est dans un système qu’on appelle Approche par compétences (APC). De l’avènement de ce système à nos jours, rares sont les enseignants qui ont eu une seule formation sur cette méthode. Pourtant, nous exigeons à ce que ces enseignants enseignent en fonction de l’APC. Quel résultat pouvez-vous attendre de cela ? L’enseignement n’est pas comme la mécanique. Ce n’est vraiment pas du prêt-à-porter. C’est une perfection de longue haleine, de tous les jours. Il faut vraiment accompagner le monde enseignant afin que le personnel enseignant ait une condition de vie et de travail améliorée. Nous devons voir ensemble comment les enseignants peuvent être les fonctionnaires les plus performants. 

Le thème retenu cette année à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants est : « Enseignants : leaders en temps de crise et façonneurs d’avenir ». Depuis 2012, le Mali traverse une crise sécuritaire ; en 2020, la crise sanitaire s’en est ajoutée. Comment les enseignants traversent-ils ces crises ?

Très difficilement. Vous pouvez faire le tour des établissements. Vous constaterez que même les 80 % des établissements, du préscolaire au secondaire, n’ont pas de kits sanitaires. Vous trouverez que dans un établissement de plus de 1000 personnes, il n’y a que deux kits. En plus de cela, de façon cruelle, le gouvernement qui était en place [le gouvernement de Boubou Cissé ndlr] a procédé au gel du salaire des enseignants pendant cette crise sanitaire.

Nous sommes en train de traverser cette crise sanitaire avec toutes les difficultés. C’est Dieu qui est en train de veiller sur nous en matière de prévention contre cette pandémie. Sinon nous sommes exposés à la pandémie. 

Donc le corps enseignant n’a reçu aucun accompagnement des autorités de l’État ?

Aucun. Le constat est là. Aucun accompagnement digne de ce nom n’a été reçu par les enseignants. Les classes intermédiaires ont été fermées pour réduire le nombre, mais le nombre de personnels enseignants n’a pas été réduit. Pourtant l’affluence est là. Les autorités ont juste envoyé quelques masques dans les établissements. Or cela ne suffit pas. 

N’eut été la prudence des enseignants, l’effort individuel du personnel enseignant, la situation allait être pire dans le milieu scolaire. 

Sur le plan sécuritaire, il y a juste quelques jours, dans la région de Mopti, un enseignant a été enlevé jusque dans sa classe. Pour vous dire aussi que sur ce plan, les enseignants souffrent énormément.

Aujourd’hui, quelle amélioration faut-il envisager pour un corps enseignant plus motivé et une école plus apaisée ?

Il faut une anticipation des revendications des syndicats de l’éducation en donnant une meilleure réponse à ces revendications. Toutes les revendications des syndicats visent non seulement l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel enseignant, mais aussi à rendre plus performantes nos écoles. Malheureusement le personnel enseignant n’est pas considéré par les autorités de ce pays. Tous les ministres disent qu’ils sont enseignants et qu’ils ne peuvent pas être contre les enseignants. Mais à la tâche, vous trouverez que c’est eux-mêmes qui ignorent le personnel enseignant. Aujourd’hui, les syndicats doivent-ils faire grève pour que l’État prenne des initiatives pour doter les établissements de matériels didactiques ? En ce 21e siècle, si nos autorités ont une volonté d’aller à une école performante, est-ce que les syndicats doivent leur exiger d’installer des connexions à haut débit dans tous les établissements publics du Mali ? Si nous voulons aller à une école performante, est-ce que les syndicats doivent demander aux autorités de réguler le secteur privé de l’éducation ? À Bamako comme à l’intérieur du pays, combien d’établissements privés répondent aux normes ?

Il nous faut vraiment des autorités, des responsables qui ont le souci de l’avenir de ce pays. Car si les autorités ne pensent pas au pays, elles ne peuvent pas penser à l’éducation. Quoi qu’on dise, l’éducation est l’avenir du pays. Il faut alors un partenariat digne de ce nom entre les syndicats et les autorités. Il ne faudrait pas que ce soit juste un partenariat de nom. S’il y a mouvement de grève, on parle de partenariat, mais s’il n’y a pas de grève, les syndicats ne sont pas considérés dans les prises de décisions et même dans les réformes. Il faut un véritable leadership qui puisse rassembler tous les acteurs autour de l’école. Sans cela, ce serait difficile d’avoir une école apaisée. Car aujourd’hui, l’école est en mode décentralisé. D’une certaine manière, l’école échappe au pouvoir central. Il a laissé l’école aux collectivités. Ce n’est pas une mauvaise initiative en soi, mais il faut que les acteurs comprennent cette logique et s’intéressent à l’école. C’est à ce titre que nous pourrons avoir une école apaisée. 

Il faudrait comprendre que les syndicats ne sont pas les ennemis de l’école. Au contraire, ils travaillent pour une école performante.

L’école malienne n’aurait-elle pas peut-être besoin d’une réflexion profonde sur son système ?

Cela ne suffit pas. En 2008, nous sommes allés à un forum sur l’éducation. C’était l’un des forums les plus réussis non seulement en termes de propositions, de conclusions, mais aussi en termes de recommandations. De 2008 à nos jours, rares sont les conclusions de ce forum qui ont été mises en œuvre. Donc, il ne faudrait pas que nous allions encore à des forums de nom. Il nous faut de véritables volontés politiques vis-à-vis de l’école. 

En termes de propositions, je demande à la population de s’intéresser à l’école. Désormais, elle ne doit plus voter pour des candidats qui n’ont pas une vision claire de l’éducation. Il faut exiger que le président, le Premier ministre, tous les membres de son gouvernement ainsi que tous les responsables y compris les enseignants, envoient leurs enfants dans les établissements publics. Que cela soit une exigence. Vous verrez dans une année ou deux, une solution sera trouvée à la crise scolaire.

Après quelques années perturbées en raison des revendications liées à l’application de l’article 39, à quoi devons-nous nous attendre pour l’année scolaire 2020-2021 ?

Nous espérons fortement une année apaisée. Vous savez, c’est à l’impossible que nous, nous partons en mouvement de grève. Nous ne voulons vraiment pas une école perturbée. Nous n’avons aucune valeur si nous ne sommes pas en classe. Pour l’année scolaire 2020-2021, nous ne pouvons qu’espérer une école apaisée et performante. Pour que cela puisse se faire, nous venons de brosser la voie à suivre.

De passage, nous remercions sincèrement le CNSP qui a pris le problème de l’école malienne à deux mains dès sa prise de pouvoir. Il a résolu la crise que l’école malienne traversait. Au sujet de l’article 39, son application est sur une bonne voie.

Réalisée par Fousseni Togola

5 octobre 2020 0 comments
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Journee mondiale des enseignants
Actu

Journée mondiale des enseignants : pour une éducation inclusive et de qualité, améliorer les conditions des enseignants !

by Sahel Tribune 4 octobre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

La Journée mondiale des enseignants arrive dans un contexte assez particulier pour le monde et plus particulièrement le monde enseignant. La Covid-19 ainsi que la crise sécuritaire frappent durement les enseignants dans l’exercice de leur fonction. D’où le thème : « Enseignants : leaders en temps de crise et façonneurs d’avenir ». Il s’agit de montrer la place centrale qu’occupent les enseignants dans le développement des États.

« Le moment est venu de réinventer l’éducation et de concrétiser la vision qui est la nôtre d’une égalité d’accès à un enseignement de qualité pour chaque enfant et chaque adolescent », souligne-t-on dans une Déclaration conjointe de l’UNESCO, de l’UNICEF et de l’International de l’éducation à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants 2020. Pourtant, cette ambition exprimée par ces trois organisations n’est réalisable que si les enseignants se sentent dans les meilleures conditions de vie et de travail. D’où la nécessité de dédier une Journée entière à la reconnaissance du mérite du personnel enseignant à travers le monde.  

Motivés et actifs même pendant la covid-19

La pandémie de la covid-19 a révélé au monde la place centrale que jouent les enseignants non seulement dans le bien-être des enfants, mais aussi pour une éducation inclusive et de qualité pour tous.

Lire aussi #Billet_D_Humeur : cultiver les âmes neuves !

Cette crise a certes touché 1,6 milliard d’apprenants dans le monde, mais elle a touché également 63 millions d’enseignants, selon le communiqué conjoint des trois organisations. Sous cette crise sanitaire, ayant imposé des confinements partiels ou totaux, selon les pays, les enseignants ont continué à donner le meilleur d’eux-mêmes en assurant la continuité pédagogique. Parfois, sans un accompagnement efficace des autorités de l’État, comme ce fut le cas au Mali. Nombreux sont les pays, y compris le Mali, qui se sont soumis à l’exercice de cours à distance via l’internet ou les radios et télévisions voire d’autres canaux de diffusion. Cela, grâce à la détermination des enseignants. « Partout dans le monde, ils ont travaillé individuellement et collectivement pour trouver des solutions et créer de nouveaux environnements d’apprentissage pour leurs élèves, afin d’assurer la poursuite de l’enseignement », indique-t-on dans la déclaration conjointe de l’UNICEF et ses partenaires.

Les enseignants face aux crises

Cette pandémie « a révélé les faiblesses de nombreux systèmes éducatifs et exacerbé les inégalités, avec des conséquences désastreuses pour les populations les plus marginalisées », explique la même source. En effet, dans maints pays, les nouveaux environnements d’apprentissage n’étaient pas à la portée de tous les élèves, notamment dans les zones les plus reculées, en raison de la fracture numérique. Parmi les enseignants également, rares sont ceux qui ont les compétences numériques et pédagogiques nécessaires pour enseigner à distance, en ligne et à l’aide d’approches d’apprentissage mixte ou hybride. C’est pourquoi il est plus qu’urgent que les gouvernements travaillent sur cet aspect afin de donner à tous les enseignants les mêmes chances d’enseigner, « quel que soit l’environnement technologique dont ils disposent », recommandent l’UNESCO, l’UNICEF et l’International de l’éducation.

Lire aussi Mali : l’éducation, ce grand corps malade

Aussi faut-il rappeler que la crise sécuritaire frappe de plein fouet plusieurs pays, notamment ceux du sahel, et plus particulièrement le Mali. Cette insécurité touche durement les enseignants qui sont le plus souvent la cible de groupes armés qui n’hésitent pas à les prendre en otage. Il y a juste quelques jours, dans la région de Mopti, au centre du Mali, un enseignant a été enlevé jusque dans sa classe, nous rapporte Adama Fomba, porte-parole des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016. Dans cette même localité de Mopti, six enseignants avaient été enlevés, le 25 octobre 2019.

Préparer l’après-covid

En raison de l’importance avérée du personnel enseignant, l’UNESCO, l’UNICEF et l’International de l’éducation juge plus judicieux de penser à l’après covid-19. A les en croire, il faut « renforcer la résilience de nos systèmes éducatifs, afin de répondre de manière rapide et efficace à ces crises et à d’autres du même ordre ». Cela passe selon eux par « le financement de l’éducation, investir dans une formation initiale de qualité pour les enseignants et poursuivre la formation professionnelle du personnel enseignant déjà en place. » 

Selon les trois organisations, dans le cadre des préparatifs de l’après-covid, « les gouvernements doivent garantir des infrastructures et une connectivité numérique partout sur leur territoire, y compris dans les régions rurales et isolées ». Cette demande est également celle faite par Adama Fomba, au cours d’une interview qu’il nous a accordée, samedi 3 octobre 2020. Au Mali, rares sont les établissements publics qui possèdent une connexion à haut débit. Cela reste de même pour les bibliothèques, qui sont absentes dans la quasi-totalité de ces établissements, nous a-t-il confié à l’occasion de cette Journée mondiale des enseignants.

Lire aussi Crises dans le sahel : l’ECW appuie le secteur de l’éducation

Sur le plan sécuritaire, il convient que les gouvernements s’engagent davantage à assurer la sécurité, la santé et le bien-être des enseignants, à préserver leurs emplois, à continuer d’améliorer leurs conditions de travail, recommandent l’UNICEF et ses partenaires.

L’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), ayant trait à l’éducation, d’ici l’échéance 2030, ne sera une réalité que lorsque les enseignants seront dans de meilleures conditions de vie et de travail.

Chiencoro

4 octobre 2020 0 comments
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enseignant
Actu

#Billet_D_Humeur : cultiver les âmes neuves !

by Sahel Tribune 4 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Qui mieux que l’enseignant est prêt à s’oublier pour travailler à la réalisation de l’autre? Amour, dévouement, abnégation, sacrifice de soi, patience, quelques traits caractéristiques de ceux qui nous tiennent lieu de parents. Ils ne vivent que pour nous faire découvrir les merveilles du monde. Ils nous font voyager dans le passé, le présent et le futur. Ils renoncent à la fraîcheur des bureaux climatisés pour nous guider pas à pas vers la réalisation de notre être. Ils ne sont pas des érudits, mais ils ont choisi de partager le peu qu’ils ont avec les autres.

L’enseignant est ce soldat qui ne se lasse jamais de cultiver les âmes neuves . Un amour qui le conduit le plus souvent à l’oubli de soi. Nuit et jour, il est à la manœuvre. Il sait qu’il doit s’adapter au niveau de ses élèves. Des élèves qui sont pourtant de niveau différent.

De même que les soldats choisissent de mourir pour leur pays, l’enseignant choisit également de mourir dans l’exercice de son métier. Il est enlevé, torturé, séquestré, par des groupes armés. Malgré tout, il ne voit que son devoir, qui est le façonnement des futurs cadres de son pays. Il a renoncé aux richesses mondaines pour le bon accomplissement de cette tâche. 

Malheureusement, ce soldat est celui que l’on malmène tout au long de la route. Il est accusé d’être responsable de la baisse du niveau scolaire des apprenants. Mais les auteurs de ces critiques oublient par là même que c’est eux-mêmes qui sont les premiers à compliquer la vie à l’enseignant qui est obligé de jouer son rôle ainsi que celui des parents d’élèves ayant renoncé à leur devoir. En attendant, il convient de comprendre qu’il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir cultiver les âmes neuves.

Fousseni Togola

4 octobre 2020 0 comments
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Trafic de drogue en Afrique avec implication de hauts responsables politiques
Politique

Afrique : la lutte contre le trafic de drogue passe par la dislocation des réseaux de complicité

by Sahel Tribune 3 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le trafic de drogue en Afrique est généralement encouragé par l’implication de hauts responsables politiques ou militaires dans le réseau. Pour réussir le combat contre ce fléau, une véritable coopération est certes indispensable, mais il faut aussi la dislocation des réseaux de complicité mis en place pour une meilleure coordination de ce trafic.  

« Les guerres civiles ont reculé, la démocratie a gagné du terrain et nos économies sont en pleine croissance. Mais une nouvelle menace pèse sur ces progrès : avec la complicité d’acteurs locaux, les réseaux internationaux de trafic de drogue déstabilisent nos pays et nos communautés et détruisent des vies », souligne le rapport « Pas seulement une zone de transit : drogue, État et société en Afrique de l’Ouest », publié en 2014 par la Commission ouest-africaine sur les drogues. En effet, près de 20 à 40 tonnes d’héroïne arrivent en Afrique chaque année, selon les Nations unies. Cette forte circulation de la drogue en Afrique est en grande partie tributaire de l’implication de hauts responsables, notamment d’hommes politiques dans le réseau.

Implication de hauts responsables  

Dans une de ses études, l’ENACT démasque tout le circuit de l’argent sale issu de la drogue. En effet, il est indiqué que l’argent provenant du commerce de ce stupéfiant est généralement utilisé par des hommes politiques « pour financer le favoritisme et les campagnes électorales ». Pour être plus clair, l’ENACT explique que le commerce de l’héroïne surtout a participé, tant bien que mal, au développement urbain en Afrique.

Lire aussi Le trafic de drogue, cette pratique qui continue d’alimenter les conflits au nord Mali

La Commission Ouest africaine sur les drogues explique dans son rapport de 2014 comment la Guinée-Bissau est devenue une plaque tournante du trafic de drogue : « En 2005, des trafiquants de drogues colombiens auraient financé la campagne de réélection dispendieuse du Président João Bernardo “Nino” Vieira, le mettant ainsi de fait, lui et son pays, au service des trafiquants de drogues. » Ce qui se serait traduit, par la suite, par l’implication de hauts responsables dans le réseau, parmi lesquels des militaires pour lesquels le phénomène était devenu une activité économique génératrice de revenus, explique-t-on.

Venir à bout du trafic de drogue

Ce phénomène doit cesser pour donner à ce continent un développement durable. C’est pourquoi l’ENACT ne se limite pas à branler seulement son arme critique. Elle fait des propositions aux gouvernements. Car il estime que « sans une réponse officielle aux problèmes générés par les marchés illicites, il y aura une augmentation de la violence des gangs, des abus de la police et des attaques de justiciers ». D’où la nécessité, selon lui, pour les gouvernements, de lutter contre la corruption systémique de la police et des policiers locaux par les trafiquants de drogue. À côté de cela, il invite à des interventions à long terme afin de faire face à l’économie illicite et à ses moteurs sociaux. 

Lire aussi Mariam Karim Diarra, auteure de « La drogue : Amadou et les autres » : « L’objectif de ce livre, c’est de sensibiliser la jeunesse »

Pour sa part, la Commission Ouest africaine invite la communauté internationale à appuyer les États africains dans ce combat. « Les nations dont les citoyens consomment de grandes quantités de drogues illicites se doivent d’apporter leur contribution et de proposer des solutions humaines afin de faire reculer la demande », lit-on dans le rapport de la Commission. À côté de cela, les dirigeants politiques africains doivent également se donner la main pour venir à bout de ce phénomène. Ils doivent, pour réussir le pari, « changer les lois et les politiques qui se sont révélées inefficaces, en collaboration avec la société civile, qui doit être pleinement impliquée dans ce processus ».

Fousseni Togola

3 octobre 2020 1 comment
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Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

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