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Orphelin de guerre
Seko ni Donko

#DevoirDeConscience 5 : la nouvelle vie de Seydou, l’orphelin !

by Sahel Tribune 12 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Ce billet fait partie de notre série de billets fictifs, « Devoir de conscience ». Une série qui vise à faire découvrir la dure vie des orphelins, de façon générale, et des orphelins de guerre en particulier. Dans cet épisode, il est question des souffrances qu’on fait subir au petit Seydou, après l’assassinat de ses parents par les djihadistes.

Une nouvelle vie commence pour le petit Seydou. Une vie étrange et difficile. Sans père ni mère. Le bonheur et le malheur jouent leur mauvais tour à Seydou qui a vu son bonheur supplanté par le malheur.

Lire aussi #DevoirDeConscience 1 : le jeune Seydou, l’adolescent qui voulait tout comprendre

L’orphelin reçoit généralement des qualificatifs qui lui rendent la vie dure. Lorsqu’on perd brusquement ces parents voire l’un d’entre eux, nos entourages pensent différemment de nous. On te qualifie de maudit ou de sorcier.  

Le petit Seydou, chez ses tontons, Abdoulaye et Oumar, était obligé, pendant l’hivernage, de se réveiller depuis aux premiers chants du coq pour conduire les bœufs dans les bois afin de les faire paître avant l’heure des travaux champêtres. Il est le Benjamin dans cette famille. Il est tenu d’exercer les travaux que devrait mener un Benjamin.

Lire aussi #DevoirDeConscience2 : le mouvement naturel et le mouvement artificiel

Seul dans la forêt, dans un noir épais, le petit Seydou s’assoit au pied d’un arbre et passe tout son temps à pleurer la mort de ses parents. Il pleure et regarde vers l’orient en parlant comme s’il s’adresse à un homme à qui il demandait les raisons pour lesquelles il a été retiré de l’affection de ses parents si précocement. Il s’interrogeait sur les raisons de sa venue dans ce monde égoïste et insensible. Il se voyait innocent.

Seydou devient inconsolable. Ses pleurs ne cessent plus. Ses paupières se gonflent de jour en jour. Ses yeux sont devenus si petits qu’on a de la peine à les identifier correctement. Par fini, Abdoulaye et son frère décidèrent de lui donner une bonne correction, désormais, une fois qu’ils le verront, de nouveau, en train de pleurer la mort de ses parents qui sont partis, il y’a cinq mois. À proprement parler, ce qui faisait pleurer Seydou, c’était surtout ses conditions de vie et non pas la disparition de ses parents.

Lire aussi #DevoirDeConscience3 : le jour où sa famille a été assiégée et son père assassiné

Avec l’avènement de ces barbus dans la zone, la vie est devenue difficile pour tous les villageois. La famine et les épidémies s’abattent sur les villageois faisant des milliers de morts et de déplacés.

Ceux qui ne sont pas morts ne pouvaient compter que sur un seul repas par jour. Les récoltes étaient pilées. Les animaux tués et les enfants enrôlés de gré ou de force dans les rangs de ces barbus.

Lire aussi #DevoirDeConscience4 : une vie d’orphelin !

À huit heures, les travaux champêtres commençaient. Le petit Seydou doit conduire les bœufs de labour. Il était celui qui devait se mettre devant les bœufs à la charrue, et pendant toute la journée. Tous les jours, il passe la journée à marcher devant ces bêtes, avec des épines qui le piquent dans les pieds, puisqu’il ne possédait plus de chaussures. Il est fouetté lorsqu’il faisait un faux pas devant les bœufs. De temps en temps, il tombe devant ces animaux qui le menacent souvent avec leurs longues cornes.

À suivre !

Fousseni Togola

12 octobre 2020 0 comments
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Eleves en Examen
Éducation

DEF 2020 au Mali : 239 456 candidats prendront part aux épreuves à partir de ce lundi

by Sahel Tribune 11 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Les épreuves pour l’examen du Diplôme d’étude fondamentale (DEF) démarrent, lundi 12 octobre 2020, sur toute l’étendue du territoire malien. Cette année, le Mali compte au total 239 456 candidats repartis entre 1 832 centres d’examens et 9 578 salles, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale. Pour la bonne tenue de ces épreuves, le gouvernement malien engage 19 190 surveillants pour assurer le suivi des candidats dans les différentes salles d’examen.

Lire aussi Adama Fomba : « L’enseignement n’est pas un prêt-à-porter »

Se tenant dans un contexte assez particulier, animé à la fois par une crise sécuritaire, sanitaire, mais aussi politique, de la vie de la nation malienne, le Bureau exécutif national du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités (B. E.N/ S.Y.P.E.S.C.O) exhorte les autorités de la transition à la sécurisation des centres d’examen ainsi que du personnel chargé du suivi et de la surveillance de ces examens de fin d’année. Ce n’est pas tout, ce syndicat demande également à ces autorités de tout mettre en œuvre « afin d’éviter les cas de fuite des sujets avant et pendant les examens et les cas de fraude dans les salles d’examens ». En cas de fuite des sujets ou de fraude, ce syndicat, dont le secrétaire général est Adama Fomba, invite à l’identification et à la punition des auteurs conformément aux lois en vigueur en la matière.

Lire aussi Crise scolaire : après les publics, les privés sur le ring

À travers son communiqué, le B. E.N/ S.Y.P.E.S.C.O invite tous ses militants au respect des textes et à plus de responsabilités dans l’accomplissement des tâches qui leur sont confiées.

Rappelons que le ministère de l’Éducation nationale attache une importance particulière à la bonne tenue de ces épreuves. Les candidats au DEF commenceront les épreuves ce lundi avec la Rédaction.

Togola

11 octobre 2020 0 comments
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Construction dune nouvelle mosquee a Zantiguila copie
Actu

Zantiguila : le chef de village accusé de détournement du fonds destiné à la construction d’une mosquée

by Sahel Tribune 11 octobre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Les polémiques autour de l’argent destiné à la construction de la mosquée de Zantiguila poursuivent leur petit bonhomme de chemin. Selon des enregistrements audios qui nous sont parvenus, c’est le fils du chef de village qui l’accuse d’avoir détourné l’argent du village.

Il y a quatre ans, dans le cadre de sa politique de désenclavement, l’État malien a aménagé une route reliant directement Zantiguila, sur la route de Bamako-Ségou. Cette route est tombée sur la mosquée de ce gros village qui borde la forêt classée Faya. Pour la construction d’une nouvelle mosquée, les autorités maliennes ont déboursé plus de 30 millions de FCFA. Après le démarrage des travaux de construction, le chantier est à l’arrêt pour faute d’argent.

Le fils du chef de village l’accuse

Pourtant, selon le troisième fils du chef, Sounko Coulibaly dit Bafing, prêcheur à Zantiguila, le travail effectué ne vaut pas la moitié des 30 millions. Surtout que les dimensions qui avaient été convenues n’ont pas été respectées, a-t-il précisé. D’ailleurs, il explique que d’après ses propres enquêtes, la somme que son père a reçue est plus de 35 millions FCFA. 

Aux dires de Bafing, lorsque l’argent est arrivé, le chef de village, Bina Coulibaly, n’a informé ni l’imam, ni le muezzin, ni les prêcheurs, ni ses conseillers afin que ceux-ci donnent leurs avis sur l’utilisation qu’il fallait faire de la somme reçue. À l’en croire, puisqu’il s’agit d’une somme qui appartient au village et non pas au chef de village et ses conseillers, Bina devrait demander l’avis des autres.

Le chef de village indexe l’agent de la mairie

Interrogé sur le sujet, Bina Coulibaly reconnait avoir reçu plus de 30 millions pour la construction d’une nouvelle mosquée dont les travaux ont été confiés à Amara Diakité, Eaux et forêt et troisième conseiller à la mairie de Zantiguila. Selon M. Coulibaly, il est accusé d’avoir détourné l’argent du village parce que le travail a connu des blocages dus à des phénomènes indépendants de leur volonté. Toutefois, le chef de village nie avoir détourné même un franc de cette somme destinée à la construction de la mosquée.

Pourtant, selon nos informations, l’imam de ladite mosquée dit n’être au courant de rien concernant le déroulement des travaux de construction de la nouvelle mosquée. Or, le chef de village a fait comprendre qu’il a toujours fait des comptes-rendus à la commission de la mosquée.

Les précisions de Amara Diakité

Contacté par nos soins, Amara Diakité estime que l’affaire est assez simple puisqu’il existerait entre lui et le chef de village ainsi que ses conseillers un contrat de travail écrit. Il demande alors à Bina d’apporter ce document pour que les choses soient claires pour tout le monde. Il précise quand bien même qu’il n’a pas reçu 30 millions pour la construction de cette mosquée. Toutefois, il s’abstient de dire que le chef de village a détourné l’argent du village, même si nous savons que le chef de village dit avoir reçu plus de 30 millions de FCFA. 

S’agissant du non-respect des dimensions convenues, Amara explique que toutes les dimensions de la mosquée ont bel et bien été respectées. Il souligne d’ailleurs que la nouvelle mosquée est plus large que l’ancienne.

Le troisième conseiller à la mairie de Zantiguila lève toute équivoque en précisant que toute la somme qu’il a reçue a été investie. À ses dires, pour ces travaux, des entrepreneurs, des ingénieurs ainsi que des maçons ont été engagés. Un fils du chef de village faisait d’ailleurs partie des maçons, a-t-il ajouté avant d’indiquer que celui-ci a reçu tous ses frais de travail bien vrai que le travail ne soit pas encore achevé.

Amara souligne également que ni l’imam ni le chef de village ne peuvent dire qu’ils ne sont pas au courant de l’utilisation faite à la somme reçue. Surtout que l’imam a été celui qui a posé la première pierre de cette mosquée, a-t-il laissé entendre. 

L’agent des eaux et forêts demande la convocation d’une réunion afin de chercher l’erreur et résoudre le problème. Cette réunion sera l’occasion de faire l’état des financements, a-t-il rassuré.

Une volonté de vengeance ?

De son côté, le 1er adjoint et conseiller au chef de village, Soundjè Coulibaly explique que si le chef de village dit n’avoir pas détourné l’argent du village, ce serait un oubli de sa part. « Le chef de village a détourné l’argent, il le doit parce que le village l’appartient », a-t-il finalement révélé.

Pour sa part, Maconno Coulibaly, président de la mosquée de Zantiguila, s’attèle à préciser l’origine même de tous ces problèmes autour de cette mosquée. À ses dires, le problème est parti d’une rencontre entre le maire de Zantiguila, Madou Traoré, et Bafing, le fils du chef de village. C’est ce fils qui dit que son père a détourné l’argent de la mosquée, a-t-il rappelé afin de blanchir Amara dans cette affaire. Il précise que celui-ci n’a point détourné l’argent destiné à la construction de cette mosquée. 

Laver les linges sales en famille

Toutefois, Bafing, après avoir conduit une délégation pour rencontrer le chef de village et lui demander des comptes au sujet de l’utilisation faite à la somme reçue pour la construction de cette mosquée, dit vouloir mener ce combat jusqu’au bout. Si le problème n’est pas résolu à temps, il se dit prêt à engager des procédures judiciaires contre son père.

Estimant que tout le problème autour de cette mosquée n’est qu’une volonté de vengeance dont l’acteur principal serait le fils, Bafing, du chef de village, Amara Diakité se dit toujours disponible à accompagner le village afin que la construction de cette mosquée puisse être achevée rapidement. Il demande également aux habitants du village de s’engager pour sauver l’honneur de tout le village. 

Pour sa part, le chef de village n’est plus prêt à se mêler aux travaux de construction de cette mosquée. Il nie les faits qui lui sont reprochés et demande aux habitants du village de tout faire pour achever la construction de cette mosquée. 

Ce qui est sûr, cette affaire n’est pas aussi claire. Pourquoi le fils du chef de village l’en veut ainsi ? Selon des témoignages reçues, il s’agit bien d’un coup monté par le maire de Maraka Counko contre lequel une plainte a été déposée pour mauvaise gestion.  

Fousseni Togola

11 octobre 2020 0 comments
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Vieille de 136 ans a Bamako copie
Sécurité

Mois de la solidarité : plus de 130 ans, Alima Sidibé se souvient encore…

by Sahel Tribune 11 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Chaque année, au Mali, le mois d’octobre est consacré à la solidarité et à la lutte contre l’exclusion. Une occasion pour les autorités de l’État d’aller à la rencontre des plus vieilles personnes ainsi que des personnes démunies pour leur apporter des soutiens. Dans la même logique, la rédaction de Phileingora a rencontré Alima Sidibé, une vieille de plus de 130 ans. Mamie a encore la mémoire bonne.

Âgée de 136 ans, originaire de Kabaya, dans le cercle de Yanfolila, Alima Sidibé vit à Kabala, quartier périphérique de Bamako, dans la région de Koulikoro, chez son fils. Cette vieille dame, à la peau ridée, a encore la voix audible, malgré que le poids de l’âge pèse un peu sur son audition, sa vision ainsi que sa bipédie. Édentée, elle ne mâche plus de colas et a également cessé de consommer du tabac. Néanmoins, elle garde toujours la mémoire bonne pour se rappeler des faits ayant eu lieu avant même qu’elle ne se marie. N’ayant pas été instruit, difficile pour elle de dater les faits. Discuter avec elle demande un peu de patience. Pour mieux se remémorer, elle est obligée d’observer de longues pauses. Preuves qu’elle réfléchit à la suite du fait qu’elle raconte. Le poids de l’âge oblige. 

« Avez-vous eu connaissance de la grande famine causée par des criquets, il y a des années ? », nous demande-t-elle avant d’observer une pause d’à peu près une minute avant de poursuivre : « Il n’y avait pas de mil. Les gens ont souffert ». Sur son mari, Siratigui Diakité, mort il près de 28 ans aujourd’hui, Mami se rappelle encore que celui-ci était un grand chasseur de tout son temps dans leur village.

Les souvenirs, Alima en a en vrac. Elle essaie même de les raconter en mêlant un peu d’humour, même si cela ne lui réussit pas. « Avant les indépendances du Mali, je n’étais pas encore mariée. Les choses se faisaient différemment à notre époque. Je me rappelle que dans notre village, on confectionnait des chaussures avec les coques de haricot », a-t-elle laissé entendre dans une voix frissonnante. 

Alima a auprès une de ses filles, Mina Diakité, âgée elle aussi de près de 100 ans. Celle-ci est heureuse de se retrouver aujourd’hui auprès de sa mère. Tenant bon sur ses pieds, puisqu’exerçant même des activités de petits commerces, Mina, que les enfants du quartier appellent affectueusement Tenin Niouma, explique que Alima a énormément travaillé dans sa famille conjugale. Elle a cultivé pour nourrir ses enfants parce que le travail de plein temps de leur père était la chasse. Quant à l’éducation de Alima, elle était un peu austère. Elle n’hésitait point à se faire entendre à l’aide d’un fouet ou d’un bâton, comme la plupart des vieilles personnes de son époque, laisse entendre Mina. 

Selon les témoignages de sa fille, dans son village, Alima est la seule vivante de sa génération. Ce qui expliquerait d’ailleurs tout le dégoût de cette vieille dame de la vie. Lui souhaiter longue vie l’agace. À la place, elle préfère qu’on lui souhaite un bon voyage pour l’éternité.

Ses petits fils ne tarissent point d’éloges des qualités de cette vieille de plus de 130 ans. Drissa Diakité, enseignant dans une école fondamentale privée à Kabala, explique que malgré le poids de l’âge, Alima a le sens de l’humanisme. Elle traite tous les gens sur le même pied d’égalité. Son quotidien est partagé entre le sommeil et les causeries avec ses petits fils qui ne cessent de la taquiner. 

Mais le drame, c’est de constater que chaque année, le mois d’octobre est consacré à la solidarité et à la lutte contre l’exclusion au Mali. Pourtant, une telle vieille personne vit dans un quartier périphérique de Bamako, mais dans la quasi-négligence des autorités de l’État. Selon Mina Diakité, sa mère n’a jamais reçu de dons provenant d’autorités politiques. Pourtant, à l’en croire, l’autorité communale de Kalaban -Coro est bien au courant de son existence. Si les mois de solidarité et de lutte contre l’exclusion gardent réellement tout leur sens, Alima Sidibé doit bénéficier de toutes les largesses des autorités durant ce mois.

Fousseni Togola

11 octobre 2020 0 comments
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Association malienne de psychologie
Santé

Journée mondiale de la santé mentale : l’Organisation malienne de psychologie respecte la tradition

by Sahel Tribune 10 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Comme chaque année, le monde a célébré, ce 10 octobre, la Journée mondiale de la santé mentale.  Pour l’occasion,  l’Organisation malienne de psychologie a animé une conférence de presse à la maison de la femme,  de l’enfant et de la famille de Bamako. Placée sous le thème « Considérations liées à la santé mentale et au soutien psychosocial pendant la pandémie de la covid-19 », cette conférence a permis à cette Organisation malienne de faire comprendre les impacts psychologiques de cette maladie sur la communauté.

Éduquer et sensibiliser  les communautés dans le cadre de la préservation de la santé mentale et contre la stigmatisation, tel est le but de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque année le 10 octobre. Cette année, l’Organisation malienne de psychologie n’est pas restée en marge de cette célébration.  Selon le président de cette jeune Organisation, Moussa Cissé, « au Mali, de tous les domaines de la santé, la santé mentale est la plus négligée ». M. Cissé, toujours pour expliquer le bien-fondé de cette Journée, indique l’insuffisance des services étatiques et privés dédiés à la promotion de la santé mentale. D’où d’ailleurs la raison d’être de cette Organisation.

Conscient de l’effet de la stigmatisation et de la discrimination sur l’état mental des personnes en « souffrance psychique », l’Organisation malienne de psychologie s’est longuement étendue sur les troubles psychologiques liés à la pandémie de la covid-19,  qui frappe le Mali depuis mars 2020. « La vitesse de propagation et la forte contagiosité de la pandémie, sa mortalité et l’absence de traitement approprié engendrent des réactions comportementales, émotionnelles et cognitives qui font de la covid-19 un événement psycho-traumatisant par excellence », a fait comprendre le président de l’Organisation malienne de psychologie au cours de la conférence de presse de ce samedi 10 octobre 2020. 

Selon M. Cissé, la pandémie de la covid-19 a forcé les pays à l’adoption de certains comportements, notamment les mesures de prévention imposant la distanciation sociale,  l’annulation de grands rassemblements, le couvre-feu, etc. Des mesures ayant porté un coup sérieux à certaines activités économiques et contraint des citoyens à un confinement partiel ou total. Ces situations,  estime le président de l’association malienne de psychologie, ne sont pas sans effets psychologiques. Cela reste de même de l’impossibilité pour les proches des victimes de cette maladie d’enterrer leurs parents.

La multiplication des violences faites aux femmes, la perturbation des services sanitaires sont entre autres d’autres conséquences de cette pandémie mentionnées par le président de l’Association l’Organisation malienne de psychologie. Ces situations ayant des impacts psychologiques, M. Cissé recommande : « Pour préserver une bonne santé mentale,  il faut veiller à un équilibre sain entre les divers aspects, social, psychique, physique, émotionnel, spirituel et physique de la vie. »

Rappelons que l’Organisation malienne de psychologie a été créée le 27 mai 2017. Cette Organisation a pour but de contribuer à la promotion des sciences psychologiques au Mali dans des domaines divers et variés. Composée d’un Conseil d’administration de 35 membres et 140 adhérents, cette organisation comprend également un pôle de formation, un pôle de recherche scientifique et une cellule d’urgence psychosociale.

L’ambition de cette organisation est non seulement d’avoir une plate-forme d’échange entre les psychologues du Mali et d’ailleurs mais aussi travailler à mettre la psychologie au service de la communauté. 

De sa création, voire avant, jusqu’à nos jours, l’Organisation malienne de psychologie a réalisé plusieurs activités parmi lesquelles des campagnes pour la lutte contre les violences basées sur le genre. Cette organisation a également apporté un accompagnement psychologique, de 2016 à nos jours, à 4340 élèves. En plus, elle a formé 300 professeurs  pour accompagner les élèves en difficulté. En dehors de toutes ces activités,  elle a un projet à l’endroit des aide-ménagères.  Dans ce cadre, elle organise chaque année, à l’occasion des 16 jours d’activisme pour l’élimination des violences faites aux femmes,  la « Nuit de l’aide-ménagère ».

Notons que cette organisation a des branches dans toutes les régions du Mali.

Fousseni Togola

10 octobre 2020 0 comments
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Saisi de drogue
Sécurité

Trafic de drogue : 122 kg d’herbes de cannabis saisis par le 12e arrondissement de Bamako

by Sahel Tribune 10 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le trafic de drogue est aujourd’hui un véritable défi sécuritaire dans beaucoup de pays, notamment au Mali. Dans le 12e arrondissement de Bamako, mardi 6 octobre 2020, les éléments du Commissariat de police ont mis la main sur une bande professionnelle en trafic de drogue.

Les pneus des véhicules peuvent contenir autre chose que l’air. Ils sont bénéfiques pour les trafiquants de drogues qui les utilisent pour transporter minutieusement leur produit. Le commissariat du 12e arrondissement a pu permettre de découvrir ce nouveau mode opératoire.

Lire aussi De la drogue dans les pneus d’un camion-remorque

Les agents du commissariat de police du 12e arrondissement ont saisi 122 kg d’herbes de cannabis, mardi 6 octobre 2020, à Titibougou, sur la route de Koulikoro. Cette quantité importante de drogue était dissimulée dans les pneus d’un camion-remorque. Un nouveau mode opératoire des trafiquants au Mali. Le Commissaire divisionnaire, Hamadou Ag Elmédi et ses hommes ont saisi cette drogue ainsi que le chauffeur du camion et l’un de ses fournisseurs. 

D’après nos informations, cette saisine est rendue possible grâce à la collaboration de la population civile. En effet, le 12e arrondissement a été alerté de la présence de ce camion-remorque stationné au bord du goudron à Titibougou, sur la route de Koulikoro. L’explosion d’un pneu du véhicule a vite dévoilé le business que menait ce chauffeur. Car cette explosion a laissé disséminer de la drogue aux abords du goudron. 

Lire aussi Afrique : la lutte contre le trafic de drogue passe par la dislocation des réseaux de complicité

Ainsi alertés, des éléments du Commissariat ont été aussitôt déployés sur le terrain. Leur fouille a permis de découvrir « 32 briques d’herbes de cannabis dissimulées dans un second pneu et une quantité en vrac de 18 kg éparpillée suite à l’explosion du premier pneu ».

Le véhicule a été alors conduit au commissariat de police ainsi que le chauffeur. Les interrogatoires du conducteur vont permettre de découvrir le fournisseur qui sera lui aussi interpellé.

Selon nos sources, cette drogue était en destination de Dakar. Pour la réussite de cette opération, le Commissaire divisionnaire a salué la collaboration de la population, qui a joué un rôle de premier plan en matière d’information. À l’en croire, ces trafiquants n’étaient pas à leur premier voyage. Des enquêtes restent ouvertes pour démanteler le reste du réseau, a-t-on appris.

Lire aussi Le trafic de drogue, cette pratique qui continue d’alimenter les conflits au nord Mali

Rappelons que sans la collaboration de la population, il est difficile pour les autorités maliennes de découvrir un tel réseau. Le Mali ne possède pas d’équipements permettant, pour le moment, de détecter de la drogue dans les pneus d’un véhicule. Cette découverte doit amener les nouvelles autorités à songer à mettre la police ainsi que la douane à la hauteur des défis sécuritaires actuels.

Chiencoro

10 octobre 2020 0 comments
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Sécurité

Libération d’otages : voilà ce que les djihadistes font comprendre à nos États !

by Sahel Tribune 10 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La libération de quatre otages, parmi lesquels le chef de file de l’opposition malienne,  Soumaïla Cissé,  suscite des débats émanant de certaines craintes liées au système employé pour leur libération. Contre 4 otages, 230 djihadistes et une rançon estimée entre 15 et 20 millions d’euros auraient été libérés.  Des situations susceptibles d’aggraver l’insécurité dans le sahel.

Dans toutes les guerres, les djihadistes sont libérés, certes, mais 230 djihadistes plus une rançon estimée entre 15 et 20 millions d’euros, selon une publication de Seidick Abba, journaliste-écrivain et analyste politique, sur son compte Twitter, cela a tout le droit de donner à inquiéter. À travers ce geste, nos Etats renforcent ces groupes djihadistes.  Ces groupes ont profité aussi de ces libérations pour faire comprendre au monde leur domination. Car dans toute négociation, celui qui occupe la position privilégiée, c’est celui-là dont la voix porte le mieux. C’est comparable à ce que Karl Marx disait, dans « L’idéologie allemande », en parlant du capitalisme :  « Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toute époque, les pensées dominantes, autrement dit la classe matériellement dominante de la société y est aussi la puissance spirituellement dominante ». En effet, si les terroristes ne sont pas supérieurs idéologiquement à nos États, techniquement et matériellement, ils le sont. Donc, ces libérations soulèvent plus d’interrogations qu’elles n’en résolvent. 

Lire aussi Libération de Soumaïla Cissé et de trois autres otages : une nouvelle victoire des autorités de la transition !

Outre la libération de 230 djihadistes(derniers chiffres), 1 rançon estimée entre15 et 20 millions d’euros a bien été payée pour les 4 otages libérés hier au Mali. Les fonds venaient du Mali pour Cissé ; de la France pour Pétronin et de l’Italie pour les 2 Italiens. pic.twitter.com/pDIO7tFDe4

— Seidik Abba (@abbaseidik) October 9, 2020

Sur les antennes de TV5 monde, vendredi 9 octobre 2020, la question sur la situation que pourrait accoucher cette libération massive de djihadistes contre la liberté de quatre otages a agacé le chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé. « Je ne suis pas inquiet d’être libéré », a-t-il indiqué avant de demander d’aller poser la question à une personne n’ayant pas été acteur de la situation qu’il a traversé.

Lire aussi L’URD invite « à faire du dossier de la libération de l’honorable Soumaïla Cissé une priorité »

Pourtant, la question a tout le mérite d’être posée à lui en tant que chef de file de l’opposition malienne. Surtout,  celui qui avait suggéré au président déchu, Ibrahim Boubacar Kéïta, le report des élections législatives pour raison d’insécurité. Aujourd’hui, c’est lui sa libération qui contribue à remettre dans la nature plus de 200 djihadistes. D’un phénomène, de cause à effet, cette contribuerait plutôt à aggraver cette situation sécuritaire qu’à la résoudre. 

Interrogée le même jour par la même chaîne de télévision française, Niagalé Bagayoko, Présidente de l’African Security Secteur Network (ASSN), experte sécurité en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, a bien fait comprendre qu’il convient de s’interroger sur les conditions de détention et de libération de ces djihadistes. Notamment que parmi les mis en liberté se trouveraient certaines figures importantes de certains groupes djihadistes, a-t-elle précisé avant de faire comprendre que ces libérations pourraient peser sur les équilibres.

Lire aussi Pour la libération rapide de Soumaïla Cissé, Alioune Tine appelle à intensifier les efforts

Toutes ces situations ne doivent pas manquer d’interroger et en même temps d’inquiéter le monde. Cette libération massive et ce paiement de rançon par le Mali, la France ainsi que l’Italie, pays dont des otages ont été libérés,  n’est point sans conséquence pour la sécurité des pays du sahel et par ricochet du monde entier.

Cette libération d’otages donne ainsi une opportunité aux djihadistes non seulement d’agrandir leur rang mais aussi de s’équiper davantage en armes voire de faire fleurir leur business de drogue sur le territoire sahélien. 

Lire aussi Pour la libération de Soumaila Cissé!

Au cours d’une interview,  mardi 6 octobre 2020, Bréma Ely Dicko, professeur de sociologie au Mali, indiquait que parmi les personnes libérées figurent des présumés djihadistes qui n’ont pas été jugés.  Selon lui, la crainte à ce niveau, c’est que le nombre d’années passées en prison pourrait remonter ces prisonniers contre l’Etat. Animé par un esprit de vengeance,  ils pourraient rejoindre des groupes djihadistes. 

Malgré toutes ces éventualités fâcheuses, certains trouvent comme excuse que la « vie de Soumaïla Cissé n’a pas de prix », comme si la sécurité au Mali et dans le Sahel n’avait pas suffisamment d’importance. Cette situation mérite des analyses objectives et non partisanes.

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Toutefois, il conviendrait, puisque le fait est consommé, que nos États s’équipent en contrepartie. Car les prochains jours voire les prochaines années peuvent s’avérer assez mouvementées dans le sahel, notamment au Mali. Parce que déjà les djihadistes ont eu confirmation qu’ils sont en position dominante.

Nos États feraient mieux de revoir rapidement leur stratégie de négociation pour ne pas continuer perpétuellement à être leur propre fossoyeur.

Oumarou

10 octobre 2020 0 comments
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