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Collectif pour la Liberation de Soumaila Cisse copie
Politique

Autrement dit, malgré la libération de Soumaïla Cissé, la lutte continue !

by Sahel Tribune 17 octobre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Plus d’une semaine après la libération de Soumaïla Cissé, le Collectif mis en place pour sa libération a animé, samedi 17 octobre 2020, à l’hôtel les Colibris, une conférence de presse. Objectif : remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour le retour du chef de file de l’opposition malienne. Une occasion saisie pour demander la libération de tous les autres otages.

La libération de Soumaïla Cissé, président du parti Union pour la république et la démocratie (URD), après six mois de captivité n’est que le résultat de la « chaîne de solidarité » qui s’est organisée autour de sa libération. En tout cas, c’est ce qui ressort de la déclaration de Ibrahim Ikassa Maïga, représentant du bureau exécutif national de l’URD, au cours de cette conférence de presse du Collectif pour la libération de Soumaïla Cissé.

Mobilisation des « énergies positives »

Tout en remerciant le Collectif ainsi que toute la jeunesse malienne pour avoir su mobiliser « toutes les énergies positives » pour la libération de Soumaïla Cissé, Ibrahim Ikassa Maïga estime qu’il était impensable qu’une telle lutte pût aboutir à un tel résultat. Par la même occasion, il a rappelé la mise en place d’une cellule de crise par le bureau exécutif national du parti du chef de file de l’opposition malienne afin de faire le point de ce qui est arrivé. Cela, précise-t-il, parce que « nous ne voulions pas croire que cela ait pu arriver alors que toutes les assurances avaient été données pour la sécurité des personnes » au cours des campagnes pour les législatives.  

Lire aussi Libération de Soumaïla Cissé et de trois autres otages : une nouvelle victoire des autorités de la transition !

Revenant sur l’enlèvement de Soumaïla Cissé, M. Ikassa Maïga compare ces événements à un montage de film. « C’était comme un montage d’un grand scénario hollywoodien qui a été mis en exécution pour que Soumaïla et son équipe de campagne, de façon scabreuse, soient enlevés », a-t-il expliqué. A l’en croire, l’opération était meurtrière et les intentions étaient claires : « on voulait mort d’homme ».

Le représentant de l’URD a indiqué que le retour de Soumaïla Cissé a été possible grâce à la « forte » mobilisation qui a eu lieu autour de sa libération.

Le départ d’IBK, préalable à la libération

Selon Choguel Kokalla Maïga, président par intérim du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), la chute du régime Ibrahim Boubacar Kéïta était le « préalable à la libération de Soumaïla Cissé ». Il a saisi l’occasion pour rappeler que selon les informations reçues, le chef de file de l’opposition malienne aurait pu être libre depuis le mois d’avril, mais c’est le président IBK qui n’aurait pas été d’accord avec les conditions posées par ses ravisseurs. Choguel n’en décolère pas. Il précise qu’en se rendant compte que la libération de Soumaïla pouvait baisser les tensions et maintenir le régime, les négociations avaient été reprises par le régime IBK, mais la chute dudit régime était inéluctable, a-t-il fait comprendre. Les nouvelles autorités ont accéléré le processus depuis la chute du régime de l’ex-président, s’est-il réjoui. Toutefois, il rappelle que « toutes les actions politiques relèvent de calculs ».

Lire aussi L’URD invite « à faire du dossier de la libération de l’honorable Soumaïla Cissé une priorité »

Comme pour faire taire les débats qui ont lieu actuellement autour de la libération de plusieurs djihadistes en échange de celle de Soumaïla et de trois autres otages, le président du MPR les juge non importants.

Une mise à l’épreuve !

L’ancien patron de l’AMRTP voit en cette libération du président de l’URD un véritable espoir. Car, précise-t-il, pendant 20 ans, Soumaïla Cissé « a été empêché de réaliser son ambition pour le Mali ». C’est pourquoi M. Maïga se convainc que cet enlèvement n’était qu’une épreuve à traverser pour l’atteinte de l’objectif final. En effet, à ses dires, il y a des « épreuves qu’un homme politique doit souvent traverser » pour préparer le chemin vers l’avenir, pour que le peuple se fasse une idée de ce qu’il représente. D’où l’invitation à prendre cette étape avec philosophie puisqu’elle dépasse le simple hasard, se convainc-t-il.

Lire aussi Pour la libération rapide de Soumaïla Cissé, Alioune Tine appelle à intensifier les efforts

Moctar Sy, président du Collectif pour la libération de Soumaïla Cissé, a indiqué au cours de cette conférence que leur objectif a été atteint au soir du 8 octobre 2020 à travers le retour du chef de file de l’opposition malienne.

Mobilisation pour tous les otages  

Ibrahim Ikassa Maïga a néanmoins saisi cette occasion pour rappeler que la libération de Soumaïla Cissé ne met pas fin à la lutte. Car les autres otages doivent être libérés. Il a alors exprimé le souhait de la libération de tous les otages sains et saufs. Pour ce faire, il demande la mobilisation de la même énergie ayant conduit à la libération de Soumaïla Cissé autour de celle de tous les otages.

Rappelons que cela est nécessaire pour la stabilité du Mali. D’ores et déjà, les administrateurs civils ont saisi le Premier ministre, jeudi 15 octobre 2020, pour demander la libération immédiate de tous les otages civils et militaires.

Fousseni Togola

17 octobre 2020 0 comments
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Doulaye Konate ministre de lEducation nationale copie
Seko ni Donko

Fuite des sujets au DEF : le ministère de l’Éducation nationale dévoile les dispositions prises

by Sahel Tribune 17 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le directoire des syndicats de l’éducation signataire du 15 octobre 2016 a rencontré, vendredi 16 octobre 2020, le ministre de l’Éducation nationale, Doulaye Konaté. Au cours des échanges, la question de la fuite des sujets lors de l’examen du Diplôme d’étude fondamentale (DEF) a été abordée.

Échanger avec les syndicats sur sa vision de l’éducation malienne et recueillir celle des syndicats, discuter sur la fuite des sujets lors de l’examen du DEF et faire comprendre les dispositions prises à ce titre au niveau du département ministériel, tels sont entre autres des points qui ont été abordés au cours de cette rencontre de prise de contact entre le nouveau ministre de l’Éducation nationale et la synergie syndicale de l’éducation signataire du 15 octobre 2016.

Lire aussi Doulaye Konaté, ministre de l’Éducation nationale : « C’est aujourd’hui que commence la récolte des fruits »

À l’entame de ses propos, le ministre Doulaye Konaté a déploré la répression de la marche des enseignants, le 11 mars 2020. Il a également saisi l’occasion pour remercier les enseignants de l’accomplissement de leurs devoirs au cours de l’examen du DEF. Pour la bonne marche de l’école malienne, il n’a pas manqué à solliciter l’accompagnement des syndicats.

Au cours de cette rencontre, le ministre de l’Éducation nationale a déploré la fuite des sujets du DEF. Il juge ce fait de « phase sombre » de cet examen. À propos de cette fuite des sujets, le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Kinane Ag Gadeda a fait savoir que des procédures judiciaires sont engagées, avec la coopération des opérateurs téléphoniques, pour trouver les coupables de cette « phase sombre ». Il a rassuré que d’ores et déjà toutes les preuves sont réunies pour engager une procédure judiciaire contre les auteurs et complices de ces fuites. En effet, dans un communiqué du 14 octobre 2020 sur ce problème de fuite des sujets, le ministère de l’Éducation nationale laissait entendre : « Le Ministre de l’Éducation nationale se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces tentatives. » La même source rassurait : « Les enquêtes sont en cours et leurs conclusions seront transmises aux juridictions compétentes ».

Lire aussi Amadou Kéïta au cours du lancement des épreuves du DEF : « Nous nous engageons à faire en sorte que l’enseignement de base puisse voir son blason redoré »

Au cours de cette rencontre, les secrétaires généraux des différents syndicats composant la synergie n’ont pas manqué de mots à dire. Ils ont évoqué les tares du système éducatif malien sans oublier les difficultés, notamment sécuritaires, auxquelles les enseignants sont confrontés lors des surveillances.

Rappelons que les examens du DEF ont pris fin, mercredi 14 octobre 2020. Quant au Baccalauréat, les épreuves commenceront, lundi 19 octobre 2020.

Bakary Fomba, stagiaire

17 octobre 2020 0 comments
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Habiba Nasraoui
Opinion

[Tribune] L’enseignement des langues étrangères : un défi à relever, une démarche à adopter

by Sahel Tribune 17 octobre 2020
written by Sahel Tribune 9 minutes read

L’enseignement des langues étrangères  souffre de plusieurs problèmes, et ce aussi bien au niveau pédagogique qu’au niveau didactique. Le niveau des étudiants en Langues étrangères et notamment en Français a marqué un recul, sans précédent pour toucher de plein fouet la qualité de toutes les formations universitaires qu’il s’agisse des filières scientifiques, sociales ou humaines. Les étudiants débarquent à l’université avec des défaillances langagières, frôlant le scandale voire la fatalité. Un réel handicap pour ces produits langagiers toxiques du système mis au point et mal en point. Un réel handicap pour des étudiants qui auront de cette manière des difficultés à comprendre, et à assimiler leurs cours, et par voie de conséquence des lacunes de production et d’interaction ou de reproduction.

La Langue dans laquelle vous vous exprimez, vous communiquez, vous rédigez vos productions et vous vous reproduisez à l’oral est une locomotive, qui est censée traîner toutes les autres compétences et acquis techniques et scientifiques. Malheureusement nous nous retrouvons souvent avec des lauréats, qui faute de maîtrise des outils linguistiques, se voient incapables de traduire correctement leurs pensées et de véhiculer l’image de l’excellence normalement convoitée. Grand temps, que l’université tunisienne agisse en conséquence. Grand temps que l’enseignement des langues à l’université soit repensé en rapport avec les besoins des étudiants en connaissances et les habiletés et compétences qu’ils doivent acquérir

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Les enseignements étant pour la plupart prodigués en Français, la mise en place d’un nouveau dispositif, impliquant de nouveaux plans d’ingénierie pédagogique, dans le cadre de nouveaux modules d’enseignement des langues est une mesure d’urgence, et ce dans le cadre des filières de tous bords.

Enseigner la langue uniquement (à partir du lexique, de la syntaxe, de la grammaire et de la phonétique…) est insuffisant pour atteindre les objectifs fixés. Certes chaque discipline a ses particularités linguistiques, techniques et surtout lexicales, et des exigences spécifiques en matière de compétences langagières, c’est pour cette raison, que parmi les dispositifs qui doivent être mis en place, doivent figurer, un lexique, mis au point communément entre les enseignants de la spécialité et ceux des langues. La première chose à garantir en effet.    La première question pour l’enseignant est de savoir si les étudiants parviennent à comprendre le contenu des cours magistraux.

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L’intégration à l’université est une entreprise complexe, qui nécessite des compétences linguistiques en rapport avec des situations de communication spécifiques à la vie universitaire. Les cours de langues doivent être élaborés de manière à permettre aux étudiants l’acquisition des compétences linguistiques et des savoir-faire nécessaires leur facilitant la compréhension des cours magistraux, des discours spécialisés, maîtriser le technolecte, et s’approprier les outils linguistiques pour pouvoir faire usage de ces compétences aussi bien à l’écrit qu’à l’oral.

Les cours de langues étrangères qu’il s’agisse d’une langue seconde pour les étudiants à l’université doivent prendre en considération les différentes composantes des compétences universitaires à savoir la composante langagière, la composante méthodologique, et disciplinaire. Pour cette raison l’élaboration des cours doit prendre en considération aussi bien les savoirs linguistiques permettant aux étudiants de comprendre les cours, de reproduire aussi bien à l’oral qu’à l’écrit des discours spécialisés, que les aptitudes pragmatiques, que les contenus spécialisés, tels les termes spécialisés et le technolecte.

A l’université, la langue étrangère s’apprend et s’enseigne pour pouvoir comprendre un savoir quelconque ou communiquer dans un contexte et un domaine spécifique. Le plus grand handicap réside, je pense, dans les méthodes, techniques didactiques, non suffisamment élaborées et mal adaptées.

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L’enseignement des langues en tant qu’outil de communication dans une visée académique, doit permettre de développer aussi bien les compétences générales individuelles que les compétences communicatives langagières

La compétence langagière pour les étudiants des filières telles que les sciences économiques et de gestion n’est pas simplement un avantage, mais c’est une condition pour la compréhension et l’assimilation des cours, pour la reproduction des compétences acquises, et pour l’optimisation de leur mise en application.

Importance des compétences de communication langagières

Les compétences communicatives langagières constituent l’ensemble des connaissances, des habiletés et des dispositions qui permettent d’agir en faisant appel aux savoirs, savoir-faire, savoir-être et aux savoirs apprendre. On y distingue la compétence linguistique, rattachée exclusivement à la langue (compétences lexicales, grammaticales, sémantiques, phonologiques et orthographiques des mots, des expressions et leurs sens, des phrases correctes), la composante pragmatique englobe aussi la capacité à pouvoir gérer les actes de parole et à les agencer, et enfin la compétence sociolinguistique est une connaissance des registres de langue

Quelles méthodes et approches donc adopter ?

La didactique des langues est l’ensemble des méthodes, approches, et principes pédagogiques, qui permettent aux enseignants d’optimiser les processus d’enseignement des langues étrangères à travers les outils d’apprentissages ; notamment les manuels, les logiciels.

Les méthodes d’enseignement sont aussi diverses qu’utiles même à l’université. À la méthode directe, où l’étudiant se trouve directement confronté à une seconde langue, doivent s’ajouter la méthode grammaire et traduction, car l’apprentissage des règles de grammaire facilite l’assimilation du vocabulaire et développe les compétences langagières. La méthode audio visuelle, qui s’est largement développée grâce aux technologies assistées par ordinateur doit faire partie intégrante de l’apprentissage, car permet de mémoriser le vocabulaire. Pour ce faire, un document de base dialogué doit être élaboré englobant tout le vocabulaire et les structures syntaxiques nécessaires. Par ailleurs, pour inciter les étudiants et leur apprendre à prendre la parole, il est recommandé de recourir à la méthode audio-orale.

Les approches désignées également par procédés pédagogiques sont également diverses qu’utiles et doivent être utilisées en rapport avec les modes d’appropriation et d’usage relatifs à la langue étrangère. 

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En plus de l’approche communicative, qui se concentre sur les compréhensions écrite et orale, on trouve l’approche par compétences, orientée vers les quatre compétences que les étudiants devront acquérir à travers les activités pédagogiques, l’approche discursive et l’approche par simulation. L’approche discursive consiste à apprendre à comprendre et à produire le même genre de textes et discours permettant la communication dans un contexte précis liés au domaine d’activité, la mise en évidence de la structuration des énoncés, des activités de lexique, de syntaxe afin que les apprenants acquièrent une véritable compétence à communiquer langagièrement.

L’Approche par simulation consiste à reproduire des situations dans lesquelles se trouvera l’étudiant dans la vie professionnelle.

Quelles solutions : Comment procéder ?

Quelle que soit la discipline, les enseignants ne peuvent se départir de l’obligation qu’ils ont à suivre un procédé bien particulier pour concevoir leurs cours, leurs approches et techniques qu’ils vont utiliser. Des étapes aussi nécessaires que vitales doivent en effet être suivies :

  • L’analyse des besoins consiste à recenser les différentes situations de communication dans lesquelles se trouvera ultérieurement l’apprenant et surtout à prendre connaissance des discours qui sont à l’œuvre dans ces situations, des structures et des tournures syntaxiques récurrents ainsi que du lexique fréquemment employé, dans le but d’extraire un corpus et de le modeler pour en faire un cours spécifique adapté aux besoins et aux attentes des étudiants.  
  • Identifier les outils linguistiques ou communicationnels dont les étudiants auront besoin.
  • Repenser les cours de langue spécialisée en prenant en considération le contexte dans lequel les étudiants évoluent,
  • La collecte des données consiste à répertorier les multiples situations de communication. Lorsqu’on parle de « données », on évoque le corpus les enregistrements audio et vidéo, les transcriptions et les notes des interactions et des discours authentiques collectés dans des milieux réels dans lesquels devront évoluer les apprenants. Connaître les différentes situations de communications auxquelles seront confrontés ces apprenants, les types de documents qu’ils auront à étudier et les caractéristiques du technolecte qu’ils devront étudier sont essentiels à ce niveau.
  • Assister à des réunions, à des cours et à des conférences afin d’apprendre des termes nouveaux et connaître les dénominations des concepts, et à défaut consulter les différentes ressources pédagogiques disponibles sur Internet.
  • L’élaboration didactique consiste à choisir les thèmes et les supports qui serviront à la mise en place d’activités langagières et communicationnelles ; comme les textes, les enregistrements sonores et les vidéos. Il s’agit non seulement de faire des choix pédagogiques, mais surtout de suivre des démarches de cours spécifiques en fonction des besoins et de la nature du contenu à enseigner.
  • Mettre à la disposition des étudiants, dans le cadre de l’ingénierie pédagogique des cours et des outils linguistiques nécessaires pour qu’ils puissent comprendre leurs cours magistraux, ainsi que la langue spécialisée qui y est employée.

Une interrogation principale découle de ces recommandations notamment les deux dernières : la manière d’opérer pour choisir et élaborer des supports pédagogiques.

Il faut tout d’abord répondre à une condition sine qua non lors de cette phase de construction à savoir la mise en valeur du technolecte dans toute sorte de supports pédagogiques autrement dit des usages des aspects langagiers et compétences linguistiques, structures ou tournures syntaxiques, savoir parler et écrire, servant à communiquer dans une discipline, et un domaine spécifique.

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Il existe en fait deux types de supports pédagogiques (comme des pistes audio, des vidéos ou des documents écrits par exemple) : les documents authentiques et les documents préfabriqués.

Pour l’élaboration de supports de cours, l’enseignant aura à faire un choix didactique : si le niveau des étudiants leur permet de comprendre un discours complexe rattaché à la discipline en question, l’enseignant pourra utiliser les documents authentiques. Dans le cas contraire ; l’enseignant doit modifier les documents authentiques en fonction du niveau des étudiants et utiliser les documents didactisés (les documents fabriqués) traités, modifiés, pour devenir plus accessibles et compréhensibles. Les supports pédagogiques didactisés seront un résumé, une reformulation des documents authentiques avec à l’appui des scénarios pédagogiques.  

Pour terminer, je dirais que les difficultés en matière de savoir-parler, écrire, et communiquer ne représentent guère une fatalité. Il suffit de les prendre en charge, pour y remédier, de procéder de manière optimale, car les compétences linguistiques représentent une condition sine qua non d’une meilleure qualité de l’enseignement.

Habiba Nasraoui Ben Mrad, enseignante universitaire Ecole Supérieure de Commerce

17 octobre 2020 0 comments
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Le general Christophe Gomart publie ses memoires militaires dans Soldat de lombre aux editions Tallandier
Sécurité

Lutte contre le djihadisme au Mali : le général Christophe Gomart prône le nécessaire maintien de l’armée française

by Sahel Tribune 17 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans une interview accordée à nos confrères de Radio France Internationale (RFI), mercredi 14 octobre 2020, le général Christophe Gomart, retraité de l’armée française, revient, à travers ses mémoires militaires dans « Soldat de l’ombre » publiés aux éditions Tallandier, sur la reconquête du nord du Mali, de l’arrivée de l’armée française à Kidal. Il évoque également la dégradation actuelle de la situation sécuritaire dans le pays.

« [ndlr] le fait qu’il y ait eu un putsch récemment au Mali, montre bien que nous avons un sujet, et qu’il doit y avoir un dialogue Nord-Sud entre la population de l’Azawad et la population du Sud-Mali, même si seuls 10 % de la population est au nord du Mali et 90 % est au sud du fleuve Niger », a indiqué le général Christophe Gomart au cours de son interview sur RFI, le 14 octobre 2020. Selon lui, l’opération militaire française engagée au Mali en 2013 avait gagné « la guerre contre les groupes jihadistes… » Néanmoins, il estime qu’aujourd’hui, il est nécessaire de développer les dimensions économique et politique pour la continuité de cette victoire sur ces groupes djihadistes.

Lire aussi Afrique de l’Ouest francophone : net recul des libertés civiles et normes démocratiques (rapport CIVICUS)

Reconnaissant que dans toutes les guerres le dialogue peut être nécessaire, le général Christophe attire néanmoins l’attention sur la nécessité de savoir dialoguer. Car autrement, plus de légitimité pourrait être donnée aux groupes djihadistes.

Quant à la présence de l’armée française au Mali, le général Christophe la juge nécessaire. Il indique que l’armée française représente un élément indispensable dans la lutte contre les groupes djihadistes dans le Sahel et particulièrement dans le nord du Mali. À ses dires « Si l’armée française s’en va rapidement, les groupes djihadistes reviennent vers le Sud ». À cet égard, il laisse entendre qu’« il n’est pas souhaitable que toute l’armée française s’en aille. »

Bakary Fomba, stagiaire

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Seko ni Donko

Pour atteindre l’égalité des genres dans l’éducation, l’UNESCO formule six (6) recommandations

by Sahel Tribune 16 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’UNESCO, publié à l’occasion de la Journée internationale de la fille (le 11 octobre 2020) illustre les progrès de l’éducation des filles durant ces 25 dernières années. Une avancée notable menacée aujourd’hui par la Covid-19 et plusieurs autres phénomènes. L’UNESCO formule plusieurs recommandations pour atteindre l’égalité des genres dans l’éducation. 

L’euphorie des organisations de défense des droits des femmes et des filles cède-t-elle la place à une inquiétude grandissante ? En tout cas, en matière d’éducation des filles, les craintes dépassent tout commentaire. Le taux d’exclusion des filles de l’école s’est beaucoup accru ces dernières années, notamment sous la pandémie de covid-19. Pourtant, depuis 1995, 180 millions de filles de plus se sont inscrites dans l’enseignement primaire et secondaire. Ces situations sont soulignées dans le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) intitulé « Une nouvelle génération : 25 ans d’efforts pour atteindre l’égalité des genres dans l’éducation ». Le lancement de ce rapport a eu lieu, lundi 12 octobre 2020.

Motifs du recul

Comme mobile de cette baisse du taux de scolarisation des filles, Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, évoque le non-respect des engagements : « Bien que nous nous réjouissions des progrès réalisés en matière d’éducation des filles et des femmes grâce aux efforts continus de la communauté internationale, cette publication montre également que nous manquons encore à nos engagements envers les plus défavorisées : les trois quarts des enfants en âge d’aller à l’école primaire qui ne mettront peut-être jamais les pieds à l’école sont des filles ». Il y a également les grossesses précoces dont le taux reste assez élevé au Tchad, au Mali et au Niger, indique ce rapport de l’UNESCO. Dans certains pays, comme la Guinée équatoriale et la Tanzanie, les filles enceintes sont interdites d’aller à l’école, souligne-t-on.

Outre tous ces aspects, dans de nombreux pays, ce rapport de l’UNESCO arrive au constat que les manuels scolaires ne promeuvent pas la parité genre. Les textes et les images de ces manuels ne représentent pas les femmes dans des positions sociales et économiques actives, mais plutôt dans des rôles traditionnels liés au foyer, indique-t-on.

Dans 4 % des pays, explique-t-on, moins de 9 femmes pour 10 hommes sont inscrites dans l’enseignement primaire, 9 % dans le secondaire inférieur, 15 % dans le secondaire supérieur et 21 % dans l’enseignement supérieur. Dans plus des tiers des pays, moins de 25 % de femmes étudient l’ingénierie ou les technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2018, le taux des femmes dans l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) est passé de 45 % en 1995 à 42 %. Pourtant, le rapport indique que « les stéréotypes négatifs sur les femmes, considérées comme inaptes à diriger, sont renforcés par la rareté des enseignantes dans l’enseignement supérieur ». Sur le plan mondial, dans l’enseignement pré-primaire, les femmes représentent seulement 94 % du nombre total d’enseignants. Au niveau supérieur, c’est seulement 43 %. « Les femmes sont encore moins nombreuses à occuper des postes de direction dans les universités et dans l’administration de l’éducation », précise l’UNESCO.

Il faut agir urgemment !

Selon Mme Azoulay, en cette période de covid-19, il est plus que nécessaire de renouveler les engagements en faveur de l’éducation des filles et des femmes. Car « les progrès dans ce domaine se répercutent sur plusieurs générations — et il en est de même pour les reculs engendrés. » A l’en croire, « l’éducation est la pierre angulaire de l’égalité — et l’éducation des filles et des femmes est la première étape vers un monde plus égalitaire entre les genres ». Elle n’est pas la seule à penser de la sorte, Manos Antoninis, directeur du Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’UNESCO, affirme : « L’éducation est le tremplin qui permettra de réaliser les six coalitions d’action lors du Forum Génération Égalité prévu en 2021, où sera produit la prochaine version de la Déclaration de Beijing ».

Les six recommandations

C’est en raison de toutes ces nécessités que ce rapport mondial formule ces six recommandations aux gouvernements : éliminer les disparités entre les genres en matière d’accès, de participation et d’achèvement des études ; toutes les filles enceintes et les jeunes parents doivent être soutenus pour aller à l’école ; tous les enseignants, conseillers scolaires et professionnels doivent recevoir une formation pour les aider à comprendre leurs propres attitudes et comportements en matière de genre ; les programmes et manuels scolaires doivent représenter les femmes d’une manière qui ne perpétue pas les stéréotypes de genre, tous les élèves doivent avoir accès à une éducation complète à la sexualité ; encourager davantage de femmes à occuper des postes de direction, afin de contribuer à changer les normes sociales et de genre — et servir de modèles aux étudiantes.

Ce rapport mondial indique qu’il a été démontré qu’une éducation complète à la sexualité permettait de prévenir la violence sexiste en milieu scolaire tout en favorisant la compréhension et le respect des identités de genre des élèves. De plus, qu’elle conduit à une réduction des grossesses précoces.

Togola

16 octobre 2020 0 comments
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Politique

Afrique de l’Ouest francophone : net recul des libertés civiles et normes démocratiques (rapport CIVICUS)

by Sahel Tribune 16 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Alors que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest francophone se préparent pour la tenue d’élections présidentielles dans les prochains jours voire les prochains mois, les libertés civiles et les normes démocratiques reculent considérablement. CIVICUS, à travers son rapport, fait voir non seulement les moyens de répression utilisés par les gouvernements, mais aussi formule des recommandations.

Au Togo, en Guinée et en Côte d’Ivoire, le refus des présidents de se retirer à la fin de leur mandat entraîne déjà de la violence et des tensions politiques. Au Bénin, les partis de l’opposition pourraient ne pas se présenter aux prochaines élections en raison des changements récents apportés aux conditions d’éligibilité. La Côte d’Ivoire, le Niger et le Burkina Faso « sont actuellement confrontés ou sont en train de sortir de conflits armés violents qui sont utilisés pour justifier des lois et politiques répressives », lit-on dans le communiqué de CIVICUS (CIVICUS est une alliance mondiale d’organisations de la société civile et d’activistes voués au renforcement de l’action citoyenne et de la société civile à travers le monde) publié en anglais le 13 octobre 2020. La covid-19 et l’accentuation de la crise sécuritaire rendent la situation plus complexe, estime-t-on.

« Les libertés civiles et les normes démocratiques enregistrent un net recul en Afrique de l’Ouest francophone avec des présidents au pouvoir contournant les limites de mandat et muselant les militants pro-démocratie et les opposants », a déclaré CIVICUS, à l’approche les élections présidentielles en Guinée (18 octobre) et en Côte d’Ivoire (31 octobre).

Répressions et violations

C’est dans un tel contexte politique austère qu’intervient la publication de ce rapport de CIVICUS « L’espace civique en recul à l’approche des élections en Afrique de l’Ouest francophone ». Ce rapport examine les outils de répression utilisés dans le but d’affaiblir les groupes d’opposition, de saper le travail des défenseurs des droits humains, des militants et des journalistes.   Un accent particulier est mis sur le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Niger et le Togo.

Pour argumenter les propos avancés, ce nouveau rapport documente toutes ces violations dans différents pays ; notamment en Guinée et en Côte d’Ivoire. Les récentes perturbations d’Internet, l’arrestation de centaines de journalistes et d’activistes pro-démocratie ainsi que les homicides de dizaines de manifestants pacifiques lors des manifestations organisées au cours des trois dernières années dans différents pays sont alors évoqués. Comme moyens utilisés par les gouvernements, CIVICUS fait état des lois restrictives, des processus d’enregistrement trop complexes, du harcèlement judiciaire et du recours excessif à la force pour réprimer la société civile.

« Plutôt que de travailler avec la société civile pour créer un environnement propice à des élections libres et équitables en Afrique de l’Ouest, les autorités répriment les défenseurs des droits humains et les militants pro-démocratie », explique François Patuel, chercheur principal sur l’Afrique de l’Ouest et auteur du rapport. La même source précise : « Dans l’espoir d’éradiquer toute opposition, elles ont créé un climat de peur qui alimente la violence politique, érode l’état de droit et mine la stabilité régionale ».

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Qualifiant ces situations de recul des libertés civiques dans toute l’Afrique de l’Ouest francophone, CIVICUS estime que les « organisations de la société civile ont besoin du soutien des partenaires régionaux et internationaux pour rester en sécurité, pour s’assurer que leur voix est entendue dans les forums internationaux et régionaux et pour augmenter la pression sur les autorités nationales pour un changement positif en matière de droits humains ». La CEDEAO et l’Union africaine ont été invitées à affermir leur réponse face au « mépris des autorités pour les normes et instruments régionaux, y compris les efforts de ces dernières visant à affaiblir la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ».

Rappelons que dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest francophone des élections sont prévues. La Guinée et la Côte d’Ivoire passeront à la casserole en octobre. Quant au Burkina Faso, c’est en novembre. Pour le Niger, c’est entre décembre et janvier. Au Bénin, c’est en avril. Le souci du CIVICUS, c’est la tenue de ces élections dans le respect des droits humains et des principes démocratiques.

Chiencoro

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Moussa Niangaly coordinateur nationl de lAEEM
Sécurité

Moussa Niangaly : « Il est vraiment temps de sécuriser » le milieu universitaire

by Sahel Tribune 16 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À la suite de la publication de notre entretien avec le coordinateur national de l’AEEM, Moussa Niangaly, mardi 13 octobre 2020, une interview qui avait été réalisée bien avant l’affrontement du lundi 12 octobre 2020 à l’IUG, nous avons eu un entretien téléphonique, mercredi soir, avec M. Niangaly. Le coordinateur de l’AEEM livre sa lecture des violences dans le milieu universitaire.

Phileingora : que pouvons-nous retenir de l’affrontement du lundi 12 octobre 2020 à l’Institut universitaire de gestion (IUG) de Bamako ?

Moussa Niangaly : c’est un affrontement entre deux groupes d’étudiants. Mais je vois que sur les réseaux sociaux on le lie à des activités de l’AEEM. Je tiens à préciser qu’il n’y avait une quelconque activité de l’AEEM le jour de l’affrontement. Il n’y avait pas de renouvellement de bureau. Cet affrontement est survenu à la suite d’une série de discussions entre deux groupes d’étudiants et qui a fini par se dégénérer.

Suite à cette énième violence, nombreux sont ceux qui demandent la dissolution de l’AEEM. Pensez-vous qu’il est possible aujourd’hui de dissoudre cette association ?

La dissolution de l’AEEM ne fait pas partie de l’actualité. Elle est une association comme toutes les autres. Tant que les autres associations continueront d’exister, l’AEEM continuera d’exister. Pour dissoudre l’AEEM, il faut commencer par dissoudre toutes les associations du Mali. En ce moment, nous-mêmes pourrons les aider à dissoudre cette association de défense des intérêts des étudiants.

Face à ces situations, ce qu’on peut faire aujourd’hui ; c’est de voir comment on peut mieux organiser cette association ; comment on peut bannir la violence dans l’espace universitaire ; c’est de trouver des solutions pour qu’on n’assiste plus à ces genres de pratiques dans l’espace universitaire ; comment refonder notre association tout en veillant aux objectifs de l’association qui est la défense de l’ensemble des intérêts moraux et matériels des étudiants.  Aujourd’hui nous avons des anciens de l’AEEM qui sont en train de nous accompagner dans ce sens. 

Lors de notre dernière interview, publiée le mardi 13 octobre 2020, vous avez fait comprendre l’impossibilité de bannir à 100 % la violence dans l’espace universitaire bien vrai que vous et vos camarades, vous vous battez pour y arriver. Mais le message semble ne pas être compris. Quelle précision pourriez-vous apporter sur la question ?

À notre niveau, nous organisons fréquemment des activités : des conférences, des séances de formation, etc. Il s’agit là des activités de sensibilisation pour bannir la violence, sous toutes ses formes, dans le milieu universitaire. 

Toutefois, nous demandons beaucoup l’accompagnement du gouvernement pour sécuriser le milieu universitaire. Ça fait plus de deux ans que nous avons fait cette demande auprès du gouvernement malien. Pourtant, tant qu’on n’aide pas le bureau de coordination à sécuriser ce milieu, ce sera très difficile d’y arriver.

Tout ce qui se passe sur la colline est mis sur le dos de l’AEEM alors qu’il y a toute sorte de personnes qui montent sur cette colline.

Aujourd’hui, même quand nous apprenons que deux mécaniciens se battent sur cet espace, nous avons peur. Parce que nous savons que c’est l’AEEM qui sera indexée. Il est vraiment temps de sécuriser ce milieu.

Certes, parmi nous il existe des brebis galeuses, des gens difficiles à cadrer, des gens qui ternissent l’image de notre association. Mais il faut reconnaître que depuis un certain temps nous travaillons pour éviter à ces gens d’approcher nos militants. Sincèrement, nous comptons sur le gouvernement afin de bannir ces violences dans le milieu universitaire. Je n’ai pas dit que c’est impossible de bannir cette violence. Je ne peux faire que de mon mieux. Le bureau de coordination est une continuité. Lorsque tout le monde fera de la lutte contre cette violence dans le milieu universitaire son ambition, on y arrivera. 

L’État avait parlé à un moment donné de la mise en place d’une police universitaire. Cela n’a-t-il pas été concrétisé jusque-là ?

Il n’y a absolument rien de cela. Des postes existent sur la colline, mais ils ne sont pas occupés. C’est pourquoi lorsqu’il y a des affrontements, nous sommes obligés de faire appel au quatrième arrondissement. Or, la distance est un peu longue. Aucune sécurité n’existe sur la colline.

Propos recueillis par Fousseni Togola

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