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Politique

Les États-Unis mènent l’appel international à l’action en faveur de l’autonomisation économique des femmes

by Sahel Tribune 26 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

De hauts responsables américains ont tenu, le 23 octobre 2020, une cérémonie de signature virtuelle pour lancer officiellement le nouvel appel à l’action dirigé par les États-Unis sur l’autonomisation économique des femmes, avec 31 États membres des Nations unies représentant toutes les régions du monde.

La cérémonie comprenait des allocutions du secrétaire d’État des États-Unis, Mike Pompeo, de l’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, Kelly Craft, du conseiller à la sécurité nationale, Robert O’Brien, et de la conseillère du président, Ivanka Trump, ainsi qu’une discussion informelle menée par l’ambassadrice itinérante pour les questions relatives aux femmes dans le monde, Kelley E. Currie. Des représentants des pays du groupe central ont également présenté des interventions vidéo lors du programme, discutant de leurs initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes.

Lire aussi G5 Sahel : les États unis appuient le contingent tchadien en équipements militaires

Le secrétaire d’État, M. Pompeo, a fait part de la gratitude des États-Unis concernant le leadership et le partenariat du groupe central pour garantir que les femmes puissent participer librement et pleinement à l’économie mondiale, en déclarant : « Nous sommes fiers de nous tenir à vos côtés alors que nous signons ce jour l’appel à l’action, et je me réjouis d’accueillir d’autres pays dans cette initiative. Vous êtes des partenaires sur lesquels nous pouvons compter et nous n’oublierons pas votre leadership ici aujourd’hui, car ensemble nous faisons progresser nos valeurs communes de paix et de prospérité. »

La conseillère du président des États-Unis, Ivanka Trump, a déclaré : « Ce tout premier appel à l’action des Nations unies pour l’autonomisation économique des femmes, qui s’appuie sur les piliers de l’Initiative pour le développement et la prospérité des femmes dans le monde (W-GDP – Women’s Global Development and Prosperity), est une reconnaissance de l’engagement collectif des États-Unis et des 31 pays qui composent le groupe central, à offrir des opportunités économiques aux femmes du monde entier. Nous sommes impatients de poursuivre le développement de ce soutien. »

Lire aussi « Le cœur de la crise au Sahel est celui de la légitimité de l’état », selon J. Peter Pham, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région du Sahel

Le programme comportait une discussion informelle avec des femmes qui ont directement tiré profit de leur participation pleine et libre à leur économie, parmi lesquelles Mme Mutesi Gasana du Rwanda, qui dirige Ubuntu Publishers, et Mme Paola Bulgarelli Brenes du Costa Rica, qui dirige des projets stratégiques à l’Agence costaricaine de promotion des investissements.

Le groupe central comprend l’Afghanistan, l’Albanie, le Bhoutan, le Brésil, le Cap-Vert, la Colombie, le Costa Rica, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Estonie, la Hongrie, l’Inde, la Jamaïque, le Japon, le Kazakhstan, la Malaisie, les Maldives, le Maroc, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Pérou, le Qatar, la république de Corée, la république des Îles Marshall, le Rwanda, Saint-Marin, l’Arabie saoudite, la Tunisie, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, l’Ouzbékistan et le Vietnam.

Lire aussi Crise au Sahel : les États-Unis Unis annoncent une aide humanitaire de près de 152 millions de dollars

L’appel à l’action en faveur de l’autonomisation économique des femmes est désormais ouvert à la signature de tous les États membres des Nations unies.

Source : Département d’État des États-Unis
Nous avons apporté une modification dans le chapô de l’article

26 octobre 2020 0 comments
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enfants soldats
Seko ni Donko

#DevoirDeConscience 6 : le petit Seydou dans les rangs des bourreaux de ses parents !

by Sahel Tribune 26 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans ce sixième épisode de notre série de billets fictifs, « Devoir de conscience », nous faisons voir comme le jeune Seydou, après l’assassinat de ses parents par des djihadistes, finit par rejoindre le rang de ces mêmes groupes. Rappelons que notre série de billets fictifs vise à faire découvrir la dure vie des orphelins, de façon générale, et des orphelins de guerre en particulier. Il s’agit donc d’une sensibilisation sur les droits des enfants, surtout en période de crise.

Vu toutes ces situations, le petit Seydou était pris de peur. Il voulait étudier, constatait l’inexistence d’école dans le village où il se trouve, depuis l’assassinat de ces deux parents. D’ailleurs, il ne voyait aucune possibilité pour lui de retourner à l’école même s’il en existait et qu’il mourait d’envie d’y retourner. Aucun enfant de cette famille n’a reçu une éducation scolaire. Tout ce qu’ils savent faire, c’est les travaux forcés. Pendant l’hivernage, les travaux champêtres, et durant la saison sèche ils façonnent des briques en banco et cherchent du foin pour les animaux. Ce constat faisait comprendre à Seydou le sort qui lui est réservé dans ce village.

Lire aussi #DevoirDeConscience 1 : le jeune Seydou, l’adolescent qui voulait tout comprendre

Le génie précoce se devait de se réveiller chaque matin, pendant la saison sèche, pour attacher la charrette à dos d’âne et partir à la recherche de foin pour les animaux. Le jeune garçon a continué cette activité durant des années.

Bien vrai qu’il s’habituait petit à petit à la vie villageoise, Seydou était quand même devenu très timide. Il pouvait passer toute une journée sans placer un mot.

Un jour, le jeune garçon croise le chemin des malfaiteurs alors qu’il partait cherchait du foin. Avant qu’il aperçoive ces hommes, ceux-ci l’avaient déjà vu.

Lire aussi #DevoirDeConscience2 : le mouvement naturel et le mouvement artificiel

Sans réfléchir, Seydou s’engage dans les bois. Ces hommes se mettent à sa poursuite. Malin qu’il a toujours été, Seydou n’a pas pu être attrapé par ces messieurs puisqu’il a réussi à se cacher tout juste auprès d’eux au même lieu où l’incident s’est produit. Pendant que ces bourreaux courent à travers la forêt, Seydou retourne tranquillement chez lui.

Arrivé à la maison, tout le monde est étonné de le voir sans la charrette ni l’âne. Sans attendre, Abdoulaye et Oumar lui demandent les nouvelles des outils de travail. Bien que Seydou leur fît savoir qu’il a été victime d’attaque d’hommes barbus, cela ne les a pas privés de le frapper. Ils le frappent jusqu’au sang avant de l’envoyer chercher la charrette et l’âne.

Lire aussi #DevoirDeConscience3 : le jour où sa famille a été assiégée et son père assassiné

Ensanglanté et pleurant de toutes ses forces, Seydou sort pour s’asseoir derrière le village. Quelques heures plus tard, vers le crépuscule, les barbus arrivent au village et pillent tout ce qui restait. Ils ont immédiatement tué tous les hommes, violé et tué les femmes et emmené les enfants avec eux.

Pendant tout ce temps, le petit Seydou restait dans son coin et continuait à pleurer. Vu toutes les difficultés qu’il traversait, il décide de rejoindre les bandits. Seydou descend immédiatement de l’arbre qui lui a servi de cachette et se met à courir derrière ces barbus. Une fois qu’il arrive à quelques mètres de ces hommes, il s’est vu encerclé. Ceux-ci s’étaient rendu compte qu’ils étaient suivis.

Lire aussi #DevoirDeConscience4 : une vie d’orphelin !

Ils lui demandent ce qu’il fait derrière eux en courant à vive allure. Ils le menaçaient avec des fusils et des machettes de le tuer. Seydou se met à genou et fait savoir sa volonté de rejoindre leur rang. Après quelques minutes d’hésitation, ces hommes l’acceptent et l’amènent avec eux. Le petit Seydou venait ainsi d’être enrôlé.

À suivre !

Fousseni Togola

26 octobre 2020 0 comments
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Seydou Cissé
Opinion

[Tribune] Justice transitionnelle multiforme pour la concorde entre acteurs au Mali

by Sahel Tribune 25 octobre 2020
written by Sahel Tribune 7 minutes read

En six décennies d’histoire politique, les acteurs publics maliens de différentes générations se sont affrontés de manières violentes ou non pour la quête et l’exercice du pouvoir public du pays. 

De 1960 à 2020, cinq régimes se sont succédé au Mali avec leurs forces et faiblesses dans la construction d’une société juste pour plus de liberté et de dignité pour le peuple malien. 

Au fur et à mesure du déroulement de l’histoire du pays les gestions des régimes ont divisé les Maliens en supporters et de l’autre côté détracteurs qui, souvent victimes de traitement humainement inacceptable, réclament toujours à cor et à cri leur réhabilitation à savoir la réparation des préjudices, en particulier, moraux endurés. Car ils étaient en position de dominés, c’est-à-dire à la merci des seigneurs de ces moments.    

Lire aussi [Tribune] Quels enseignements tirés des transitions au Mali ?

De nos jours, il y a des mécontents de tous les régimes, toute chose qui est préjudiciable à la cohésion sociale ou le vivre ensemble des Maliens au moment où, malheureusement, le peuple souhaite l’avènement d’un nouveau Mali débarrassé de la présente crise multiforme aux causes multiples. 

Dans ce contexte de fortes demandes de sécurité, de paix, de réconciliation et de prospérité économique du peuple, il urge pour les autorités du pays de vider la panoplie de contentieux socio-politiques, sécuritaires et économiques du pays, préalable à la pose des jalons solides du renouveau démocratique et républicain du Mali à la faveur d’élections générales réussies de fin de transition dans moins de dix-huit mois. 

À une situation historique exceptionnelle, les autorités du Mali doivent inventer des mécanismes socio-politiques et judiciaires adéquats pour aplanir tous les différends ou contentieux multiformes diviseurs des acteurs socio-politiques et économiques nés des gestions des régimes précédents du pays.

Lire aussi [Tribune] Le CNSP entre incohérence et ruse

Pour réussir la transition en vue d’un nouveau et bon départ du régime post-transition, les autorités du Mali doivent tout mettre en œuvre pour réconcilier les Maliens divisés à cause de luttes socio-politiques et économiques. Il leur revient alors de faire passer d’abord la justice sans laquelle les anciennes et surtout les nouvelles blessures des uns et des autres ne pourront se cicatriser convenablement afin de bâtir le nécessaire consensus de toutes les forces sociopolitiques pour une sortie durable du pays des crises actuelles.  

Au regard de l’urgence de la sortie du pays des crises et du nombre important de contentieux complexes, les autorités peuvent recourir à une justice transitionnelle multiforme adaptée au besoin de justice, car en phase avec les valeurs culturelles identitaires des Maliens victimes et bourreaux des conflits de tous genres.  

Cette justice transitionnelle doit user de tous nos ressorts ou valeurs culturelles existantes et opérationnelles de règlement de conflits pour vider tous les contentieux qui font obstacle à la réconciliation des Maliens en vue de créer les conditions consensuelles de sortie de crises du Mali, notre héritage commun. 

Lire aussi Le Mali à la croisée des chemins du radicalisme socio-politique, du juridisme et du corporatisme

La justice transitionnelle multiforme doit être convoquée pour le règlement efficace et diligent des différends ou contentieux socio-politiques, sécuritaires et économiques du pays par les autorités de la transition pour deux raisons majeures :

  • Pour sa nature expiatoire et son efficacité dans le règlement des contentieux ou différends en grand nombre dans un temps relativement plus court que celui de la justice classique, essentiellement punitive, convenable pour le besoin de justice en temps normal ;
  • Au regard du contexte socio-politique transitoire, c’est-à-dire favorable à la création de l’union sacrée de tous les acteurs publics au chevet du Mali en crises, la MERE-PATRIE, au prix de tous les sacrifices à consentir par ceux-ci, car lorsque la maison commune brûle, on ne s’occupe pas de l’écurie personnelle.

La justice transitionnelle doit traiter tous les contentieux ou différends de tous les domaines de la vie socio-politique, sécuritaire et économique de notre pays à savoir :

  • Ceux socio-politiques responsables des divisions des acteurs politiques au sujet des gestions des régimes politiques des six décennies d’indépendance du Mali ;
  • Ceux mettant en porte à faux certains leaders de communautés et l’État du Mali pour avoir usé des armes pour revendiquer des droits ou se faire justice, rebelles et hommes de brousse maliens ;
  • Ceux opposant certains opérateurs ou fonctionnaires de l’État aux textes de la République dans le cadre de la lutte contre l’enrichissement illicite ou la lutte contre la corruption ;
  • Enfin ceux qui opposent les syndicats au Gouvernement du Mali.  

D’ordinaire la justice transitionnelle est convoquée par les Nations-Unies pour résoudre des questions relatives aux crimes et autres fautes liées aux conflits armés dans les pays qui en sortent.   

Lire aussi Appel d’intellectuels maliens à Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali

Pour le cas précis du Mali, nous pensons que la justice transitionnelle doit être multiforme pour une sortie globale du pays des crises qui l’assaillent de toutes parts. Aussi l’actuelle transition doit-elle chercher le consensus ou la participation de toutes les forces vives de la nation à la construction du nouveau pacte républicain et démocratique, socle devant porter tout le poids du Mali-Ba de notre rêve : de justice sociale, de paix, de prospérité économique et culturelle.  

Compte tenu de l’importance capitale du chantier de la réconciliation et la concorde entre les Maliens, tous les ministères concernés par les domaines de la vie publique circonscrits par celui-ci doivent travailler en synergie avec la Commission vérité, justice et réconciliation renforcée (CVJR) pour faire aboutir la difficile mission précitée. 

Somme toute, le Mali est à un tournant unique de son histoire où deux possibilités contradictoires lui sont offertes : PÉRIR OU REBONDIR.

Pour permettre au pays de rebondir grâce à la justice transitionnelle suffisamment évoquée ci-dessus, les anciens ou leurs ayant droit et nouveaux acteurs publics doivent recourir à deux sentiments humains hautement nobles à savoir : l’humilité et le patriotisme.  

Enfin pour y parvenir, les autorités du pays peuvent organiser :

  • Une Journée de pardon symbolique, mais républicain à l’occasion de laquelle les Présidents ou ayant droit de feu Modibo KEITA, de feu Moussa TRAORE, Alpha Oumar KONARE, Amadou Toumani TOURE, Dioncounda TRAORE et Ibrahim Boubacar KEITA prendront humblement la parole pour demander pardon au peuple malien pour tous les manquements à la morale publique de leurs régimes respectifs ;
  • Des funérailles nationales pour le feu Président Modibo KEITA et feu Abdoul Karim CAMARA dit Cabral ;
  • Inscrire dans les programmes scolaire et universitaire du Mali l’œuvre littéraire de l’ainé du siècle précédent feu Fily Dabo SISSOKO, conforment à une recommandation du symposium organisé sur sa vie et son œuvre au Palais des Congrès, l’actuel CICB, les 13 et 14 mai 2000 sous le magistère du feu Pr Pascal Baba COULIBALY, ministre de la Culture du Mali d’alors ; 
  • Construire une stèle à la mémoire des martyrs des six décennies de l’histoire du Mali, dont les plus récents tombés sous les balles des forces de l’ordre lors de la désobéissance civile décrétée par le M5 les 10, 11 et 12 juillet 2020.
  • Des séances d’écoute des commissions ad-hoc de la CVJR des victimes et bourreaux de conflits armés de 2012 à 2020 et des présumés délinquants financiers ou corrompus cités dans des rapports de contrôle du VEGAL de leurs gestions des deniers publics.
  •  Des états généraux de la fonction publique et le front social.  

Tout ce processus connaitra son épilogue avec la construction d’un mémorial ou monument dédié à la réconciliation des Maliens pour la paix et la prospérité du pays, toute chose devant servir de symbolique mémorielle qui enseignera aux générations futures les vertus de la bonne gouvernance du pays pour qu’enfin elles se disent : 

  • Plus jamais de haine entre les acteurs publics ;
  • Plus jamais de rébellions, de guerres civiles, de réfugiés et de déplacés ;
  •  Plus jamais de délinquances financières ou de détournements de deniers publics ;
  • Plus jamais de radicalisation de luttes syndicales au Mali.

M. Seydou CISSE, professeur de philosophie à l’ENSup de Bamako

25 octobre 2020 0 comments
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Les blesses dans la fusillade de Lagos au peage de Lekki sont soignes a lhopital
Sécurité

Nigéria : la violence policière au cœur des débats

by Sahel Tribune 25 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Depuis la publication d’une vidéo montrant le meurtre d’un homme par des policiers, le Nigéria n’est plus calme. Une forte mobilisation pour dénoncer ces pratiques a été violemment réprimée, mardi 20 octobre 2020. Les Nations unies ont condamné cette « violation des droits de l’homme ».

Des morts et de nombreux blessés ont été enregistrés dans la capitale nigériane, Lagos, mardi 20 octobre 2020. Une « bavure » qui a lieu sur des manifestants qui dénonçaient les violences policières. « Nous étions assis par terre et chantions l’hymne national du Nigéria et la plupart d’entre nous avions des drapeaux dans nos mains et nous l’avons soulevé », a confié un témoin à nos confrères de la BBC, le 22 octobre 2020, avant de préciser : « Puis ils ont ouvert le feu directement sur nous et ils ont continué à avancer et à avancer. Une ou deux personnes ont été touchées. Tout le monde s’est levé et c’était devenu le chaos total ».

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Cette violation des droits de l’homme n’est pas passée inaperçue des défenseurs de ces droits. Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à travers un communiqué, a condamné mercredi dernier cette situation. De son côté, Mme Bachelet, la haute-commissaire des droits de l’homme de l’ONU, a déclaré : « Si le nombre de victimes lors de la fusillade d’hier [mardi ndlr] au point de péage de Lekki à Lagos n’est toujours pas clair, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un cas de recours excessif à la force, entrainant des exécutions illégales à balles réelles, par les forces armées nigérianes. » Et de poursuivre : « Les rapports selon lesquels les caméras de surveillance et l’éclairage ont été délibérément éteints avant la fusillade sont encore plus inquiétants, car, s’ils sont confirmés, ils suggèrent que cette attaque déplorable contre des manifestants pacifiques était préméditée, planifiée et coordonnée ».

Par la voix de son porte-parole, le chef des Nations Unies a également appelé à mettre fin aux brutalités et aux abus policiers signalés. « Le Secrétaire général exhorte les forces de sécurité à agir à tout moment avec la plus grande retenue tout en rappelant les manifestants à manifester pacifiquement et à s’abstenir de toute violence ».

Pour répondre aux requêtes des manifestants, la Haute-Commissaire a révélé que « le Nigéria était déjà à un point critique avant cette fusillade en raison des révélations sur des années de violence incontrôlée, de meurtres, de viols, d’extorsion et autres violations par la Brigade spéciale de répression des vols (SARS). »

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Mme Bachelet précise : « Bien que les autorités aient maintenant dissous la SARS et annoncé une série d’enquêtes aux niveaux fédéral et étatique, il y a encore eu peu d’accusations, voire aucune, portées contre divers membres de la brigade, ainsi qu’à l’encontre d’autres membres des forces de sécurité et de l’armée ».

Indignée par la « brutalité » de ces violences, la Haute-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU, recommande non seulement une « réforme en profondeur » des forces de sécurité, mais aussi des enquêtes sur ces massacres afin de situer les responsabilités et de faire régner la justice. « Il doit y avoir des enquêtes immédiates, indépendantes, transparentes et approfondies, non seulement sur les meurtres d’hier soir, mais aussi sur toutes les violations commises précédemment par les forces de sécurité », a-t-elle suggéré.

 Mme Bachelet finit par rappeler la consécration de la liberté de réunion et de manifestation pacifique. « Les gens ont le droit de se réunir pacifiquement et de protester – et, comme l’attaque d’hier par les militaires l’illustre de façon frappante, au Nigéria, ils ont de nombreuses raisons de le faire », a-t-elle rappelé. 

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Pourtant, selon des analystes, ces genres de manifestations ne sont pas nouvelles dans ce pays. Mais la relance de cette mobilisation, mardi 20 octobre dernier, intervient à la suite de la publication d’une vidéo montrant le meurtre d’un homme par des policiers. Selon le chercheur Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’IRD, spécialiste du Nigeria, « c’est une protestation qui se généralise au-delà de la seule question des violences policières et qui porte des questionnements sur la gouvernance en général du Nigeria », a-t-il indiqué sur l’antenne de RFI, le 23 octobre dernier.

Bakary Fomba, stagiaire

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Reseau des femmes ecrivains du Mali copie
Seko ni Donko

La promotion de l’écriture féminine, le combat du RFEMD

by Sahel Tribune 25 octobre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Le Réseau des femmes écrivains du Mali et de la diaspora (RFEMD) a tenu la première édition de la célébration de l’écriture féminine. La cérémonie a eu lieu, samedi 24 octobre 2020, à Azalaï hôtel Salam de Bamako. À cette occasion, la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme s’est engagée à doter le Mali d’une véritable politique nationale du livre. Plusieurs propositions ont également été faites pour la promotion de l’écriture féminine au Mali.

Les femmes souhaitent désormais s’affirmer sur tous les plans. Eh, oui ! Pour encourager la promotion de l’écriture féminine, le Réseau des femmes écrivains du Mali et de la diaspora (RFEMD) vient de tenir sa première activité. Une activité visant à encourager les femmes à prendre la parole à travers l’écriture. 

Cette première édition de la Célébration de l’écriture féminine a été marquée par plusieurs activités, dont des conférences, des expositions ventes, des dédicaces, de la rencontre avec les femmes photographes du Mali, de la présentation du portail Web du Réseau ainsi que de la présentation du Carrefour international du livre. Plusieurs personnalités ainsi que d’écrivains ont immortalisé cette cérémonie par leur présence.

Les objectifs du Réseau

Madame Diarra Oumou Armand, présidente du Réseau des femmes écrivains du Mali, a indiqué que cette première activité s’inscrit dans le cadre de l’atteinte des objectifs du Réseau, à savoir la promotion de l’écriture féminine. Selon l’auteure de « Plume de femme, une écriture en effervescence », cette cérémonie vise également à « renforcer la capacité des femmes écrivaines, leur capacité de production littéraire tout en mettant en lumière leur engagement, leur apport socio-culturel dans le pays. » Elle ne se limite pas, elle fait comprendre toute la place qu’occupe l’écriture dans le développement socio-politique et culturel voire éducatif d’un pays.

Toutefois, Mme Diarra déplore que ce secteur ait été longtemps réservé aux hommes. « De l’indépendance à nos jours, les femmes sont minoritaires dans ce secteur. »

Les difficultés du secteur

 Rappelant l’étude réalisée par l’Organisation malienne des éditeurs du livre en 2018, « Étude sur le secteur du livre au Mali », la présidente du Réseau met le doigt sur les difficultés, dont le secteur du livre, en général, est confronté. Un fait que reconnaît également Ousmane Konaté, président de l’Union des écrivains du Mali. Celui-ci fait surtout état des difficultés sociales ainsi que financières auxquelles les écrivains se trouvent confrontés dans l’exercice de leur activité. En plus de ces difficultés d’ordre général, M. Konaté fait état de quelques obstacles au développement de l’écriture féminine au Mali dus au fait que les femmes dénoncent dans leurs écrits les facteurs de chosification dont elles sont victimes alors qu’elles sont au fondement du développement de leur pays. Parmi les difficultés, il souligne surtout, les contraintes familiales. 

À travers le thème, « Femme et littérature », Salimata Togora, écrivaine et membre du réseau, s’est étendue sur les difficultés de l’écriture, surtout pour une femme. « Écrire n’est jamais facile surtout pour une femme malienne », a-t-elle laissé entendre. Car avant d’être écrivaine, elle est membre d’une société qui lui attribue des rôles ne lui facilitant pas la production artistique, a-t-elle précisé. Elle fait comprendre également les risques de stigmatisation que courent les femmes écrivains.

Des propositions

Malgré toutes ces difficultés en plus du manque de financement du secteur du livre par l’État, l’auteure de « Dény et Dénistar suivi de Un 31 décembre » demande aux femmes de produire des écrits de qualité. Il faut encourager l’édition, demande-t-elle avant de jeter des pierres dans le jardin des écrivains en les invitant à lire. Aux autorités de l’État, elle suggère l’inscription des auteurs contemporains dans les programmes scolaires.

De son côté, M. Konaté estime que « si les femmes veulent être libres, elles doivent se battre. Pour se battre, il faut prendre la parole ». Pour une meilleure promotion du secteur du livre, de l’écriture féminine, le président de l’Union des écrivains maliens dit compter sur la transition politique en place.

Quant à la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Bintou Founé Samaké, elle a invité les écrivains à encourager la lecture dans les écoles à travers des activités littéraires dans ces espaces. 

La ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Madame Kadiatou Konaré a également formulé plusieurs recommandations à l’endroit des femmes écrivains. Elle leur demande de multiplier les échanges avec les femmes écrivains du monde. Aux écrivains de façon générale, elle invite au développement de la littérature enfantine, qui amènera à sonder les mythes, les contes, etc. ; du terroir.  

Bientôt une politique nationale du livre ?

Madame la ministre Kadiatou Konaré a rappelé aux écrivaines du Mali que la bataille pour l’écriture ne sera pas facile. À l’en croire, « le chemin de l’écriture pour les femmes est une route souvent sinueuse ». Toutefois, elle reste persuadée qu’il s’agit d’une bataille majeure pour le Mali. Aux dires de la ministre, ladite bataille mérite d’être menée et mérite tous les accompagnements possibles. C’est pourquoi elle a pris l’engagement de faire tout son possible pour doter le Mali d’une véritable politique nationale du livre. Une politique de lecture publique sera également instaurée, s’est-elle engagée. Cela pourrait permettre aux écrivains de vivre de leur création artistique, a-t-elle espéré.

Cette 1re édition a été marquée également par des remises d’attestation de reconnaissance à des précurseurs de la littérature malienne, à des écrivaines modernes, mais aussi à des écrivains engagés pour la défense des femmes. ONU FEMMES, qui est un partenaire de ce Réseau, a remis des distinctions honorifiques à quelques écrivaines.

Carrefour international du livre en mars

Cette cérémonie a été également l’occasion d’annoncer la prochaine activité du Réseau qui se tiendra les 10, 11, 12 et 13 mars 2021. Il s’agit du Carrefour international du livre. Un événement annuel ayant pour objectif de permettre la promotion de l’écriture féminine, de mettre en contact les écrivains, etc. Il réunira les éditeurs, les écrivains, les distributeurs autour du livre. Pour cette première édition, la publication d’un ouvrage collectif est prévue.

Selon la présidente du Réseau, cette 1re édition se veut être la continuité du combat mené par les « icônes », les Nyéléni de la littérature malienne. Elle fait comprendre que « le Mali nouveau, c’est aussi les femmes ».

Rappelons que le Réseau des femmes écrivains du Mali est une association « apolitique » qui a pour objectif de créer une meilleure visibilité des œuvres des écrivains maliennes et de la diaspora à travers l’usage du numérique, a indiqué la présidente du Réseau. Outre cela, ce Réseau permettra de mettre en place un cadre d’échange entre les écrivaines du Mali et celles de la diaspora. Notons que le Réseau possède déjà son propre portail sur le net. Il est soutenu par la fondation Orange, ONU femmes, Technolab Ista, etc.

Fousseni Togola

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Alioune Tine
Politique

Afrique de l’ouest : Crise régionale de la démocratie, du suffrage universel, de la gouvernance et de la sécurité

by Sahel Tribune 23 octobre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read


Le Think tank Afrikajom Center exprime ses sérieuses préoccupations par rapport à la grave crise régionale de la démocratie, du suffrage universel, de la gouvernance et de la sécurité qui constitue à terme un véritable risque de déflagration de l’Afrique de l’ouest. Sur les quatre pays de l’Afrique de l’ouest qui ont organisé des élections en 2019, dans trois pays le processus électoral est controversé, le climat politique tendu et souvent violent avec une atteinte des libertés publiques et des droits humains et pratiquement l’opposition ne reconnait pas les résultats ou a simplement boycotté les élections. C’est le cas du Bénin, du Sénégal et de la Guinée-Bissau.

En 2020, nous avons assisté à des processus électoraux autrement plus tendus et plus violents du fait des fraudes électorales et du troisième mandat : Au Mali, la grave crise des élections législatives de Mars 2020 ont déclenché une crise socio-politique sans précédent depuis l’indépendance et qui a abouti au coup d’Etat militaire du 18 août. A cause du troisième mandat qui s’avère un véritable poison pour la démocratie, les droits humains et la sécurité notamment en Guinée et en Côte d’Ivoire où nous assistons en ce moment à une espèce de guerre civile larvée avec la désobéissance civile lancée par l’opposition en Côte d’Ivoire et une situation post-électorale en pleine confusion et marquée par le bain de sang en République de Guinée où les principaux candidats s’autoproclament vainqueur.

Dans cette situation politique explosive où la terreur et la peur sont érigées en mode d’emploi, nous assistons à l’impuissance, aux dysfonctionnements et à la défaillance des organes de régulation et d’arbitrage nationaux (CENI, CEI, CENA, Conseil constitutionnel, ou Cour constitutionnelle), ou régionaux (CEDEAO, Union Africaine, Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Cour de Justice de la CEDEAO, Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Nations Unies) qui ne répondent plus à leurs fonctions de régulation de la violence en Afrique de l’ouest. Rien, absolument rien ne semble pouvoir arrêter certains présidents africains qui veulent s’éterniser au pouvoir par tous les moyens en procédant de façon unilatérale au changement des règles du jeu démocratique et du consensus sur le contrat social. Ils procèdent au forcing politique quel que soit le nombre de morts, de blessés, quels que soient les risques pour la démocratie, la paix, la sécurité et la stabilité du pays et de la région. Il est tant d’engager une réflexion sérieuse sur la responsabilité de ces leaders politiques et de voir quelles conséquences de droit on pourrait tirer de leurs actes.

· Violations récurrentes et banalisées du droit à la vie, à l’intégrité physique et aux libertés fondamentales : cas de la Guinée et de la Côte d’IvoireLes images insoutenables parfois d’une rare barbarie des morts et des blessés par balles ou par machettes de Côte d’Ivoire et de la Guinée que nous recevons quotidiennement montrent clairement la profondeur du fossé qui oppose les communautés du fait des manipulations politiques, partisanes ou claniques.

· En Guinée

ü 9 individus ont été tués depuis mardi dont deux membres des forces de l’ordre.ü Depuis l’annonce des résultats, on compte 12 morts. Durant les manifestations, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule et tués trois jeunes garçons : Thierno Nassirou Sylla 13 ans, Mamadou Saidou Diallo 14 ans et Abdoulaye Diomba Diallo 18 ans. Au moins 30 personnes avaient été tuées pendant les manifestations entre octobre 2019 et janvier 2020. Le FNDC estime que les forces de sécurité ont tué 44 personnes depuis octobre 2019. Au moins 32 manifestants ont été tués par les forces de police avant la tenue du vote du 22 Mars et 40 jeunes arbitrairement arrêtés et conduit en prison.
En Guinée, on compte près de 100 morts dont l’écrasante majorité est constituée par les jeunes entre l’annonce du référendum sur le troisième mandat et la déclaration des premiers résultats de la présidentielle en Guinée.

· En Côte d’Ivoire

On compte plus de 30 morts depuis la déclaration de la candidature de Alassane Ouattara à un troisième mandat et des dizaines de blessés par des machettes causés par les « microbes » protégés souvent par la police. Toutes les manifestations de l’opposition sont interdites en pleine campagne électorale. Aucun coup d’Etat militaire n’a eu un pareil bilan depuis les années 2000 en Afrique de l’ouest.Alors que les coups d’Etat militaires sont sanctionnés sévèrement par la CEDEAO et la Communauté internationale, les troisièmes mandats plus catastrophiques et mortifères pour la démocratie et la société semblent tolérés.

Au Mali


La répression des manifestations contre les élections législatives controversées et la mal gouvernance du M5-RFP (Rassemblement des Forces Patriotiques du 5 juin) ont fait 18 morts et 150 blessés. Quid de la crise politique actuelle au Nigéria initialement suscitée par la colère contre les violences policières du Sars « Special Anti-Robbery Squad » et qui s’est muée en véritables manifestations contre la mal gouvernance et contre les fractures et les inégalités sociales. Toutes les manifestations sont réprimées avec une violence inouïe. Afrikajom Center est convaincu que la crise de la démocratie, du suffrage universel, de la gouvernance et de la sécurité est régionale et c’est par une réponse régionaleau sein de la CEDEAO qu’une réponse régionale appropriée et durable pourra être trouvée. Cela appelle de la part de toute l’opinion africaine à une mobilisation exceptionnelle.


Ø Recommandations


Afrikajom Center recommande :
– Un Sommet extraordinaire de la CEDEAO consacré à la crise régionale de la démocratie, des élections, des droits humains et de la gouvernance pour en diagnostiquer les causes profondes et proposer des remèdes appropriés aux pathologies et dysfonctionnements de la démocratie et des élections qui sont une menace pour la stabilité régionale ;
– Une réforme profonde de la Commission de la CEDEAO qui semble avoir atteint ses limites dans la prévention, la gestion et la résolution des crises particulièrement les crises de la démocratie et des élections ;
– Repenser l’observation des élections qui tourne à vide et incapable de jouer quel que rôle que ce soit dans le cadre de crises graves des élections et des droits humains comme celles de la Côte d’Ivoire et de la République de Guinée ;
– Renforcer l’indépendance structurelle, juridique et financière des organes de régulation et d’arbitrage nationaux, régionaux et internationaux qui font l’objet de contestations et de discrédits de la part de certains acteurs politiques et de la société civile pour leur manque d’impartialité et leurs dysfonctionnements ;
– La création d’une commission d’enquête internationale sur les violations graves des droits de l’homme en Côte d’Ivoire et en République de Guinée ; l’impunité de certains auteurs de violations graves de droits de l’homme en Guinée (événements du 28 septembre 2009) et en Côte d’Ivoire (événements post-électoraux de 2010) expliquent la récidive de ces mêmes violations en ce moment dans ces pays ;
– La mobilisation de l’opinion africaine et internationale pour mettre une forte pression sur la CEDEAO et les leaders politiques africains, toutes obédiences confondues pour le respect du droit à la vie, à l’intégrité physique, à la jouissance des libertés publiques et surtout et fondamentalement à la paix et au bien-être des africains
Fait à Dakar le 22 Octobre
Source: Afrikajom Center

23 octobre 2020 0 comments
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Un homme regarde un tableau dans une ecole qui a ete abandonnee apres une attaque par un groupe arme dans le nord du Burkina Faso
Sécurité

Les enseignants, cibles des groupes armés islamistes

by Sahel Tribune 23 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’exercice du métier d’enseignant devient de plus en plus difficile dans le monde. Les groupes djihadistes n’épargnent plus ces gardiens du savoir. Cette situation est assez inquiétante.  

L’école qui contribue à faire reculer l’obscurantisme est de plus en plus la cible des djihadistes dans de nombreux pays. Les enseignants sont empêchés d’exercer leur profession en raison des menaces terroristes. Une situation qui a entrainé à la fermeture des classes dans de nombreux pays. « Plus de 22 000 élèves, enseignants et personnel éducatif ont été blessés ou tués lors d’attaques contre l’éducation pendant des conflits armés ou des situations d’insécurité au cours des cinq dernières années », a indiqué la Protection de l’éducation contre les attaques, une Coalition d’organisations de défense des droits de l’homme et de protection des enfants, dans un communiqué au cours de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, le 9 septembre 2020.

Lire aussi Journée mondiale des enseignants : pour une éducation inclusive et de qualité, améliorer les conditions des enseignants !

Sur les antennes de la Radio France Internationale (RFI), mercredi 21 octobre 2020, Souleymane Badiel, secrétaire général de la F-SYNTER, la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche du Burkina Faso, corrobore cette situation dans son pays. « Les enseignants constituent une cible des groupes armés au Burkina Faso », a-t-il indiqué.

Selon M. Badiel, dans son pays, des enseignants ont fait l’objet de bastonnades dans leurs établissements. Ce n’est pas tout, le secrétaire général de la F-SYNTER précise également des enseignants du pays des hommes intègres ont subi des séquestrations, d’autres de brimades, certains ont même assisté à l’incendie de leurs habitations, etc.

Le syndicaliste Souleymane Badiel explique : « Aujourd’hui, nous avons plus de 10 000 enseignants qui sont affectés, d’une manière ou d’une autre par cette situation, environ 2500 écoles qui sont fermées… » Et de poursuivre : « Il y a plus grave : depuis 2017, date à laquelle le premier assassinat a eu lieu dans la région de Djibo, il y a aujourd’hui onze enseignants qui ont perdu la vie, du fait de cette situation dans notre pays. »

Le syndicaliste estime que ces groupes terroristes ne s’intéressent pas qu’aux enseignants, mais également leurs familles.

Ce phénomène n’est pas propre au Burkina Faso. Au Mali également, les enseignants sont de plus en plus victimes de l’insécurité. « Un Mali, plus de 60 attaques contre l’éducation ont eu lieu en 2019 seulement, avec plus de 1 100 écoles fermées », précise Human Right Watch dans un communiqué du 9 septembre 2020. Selon Adama Fomba, porte-parole du syndicat de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, les enseignants sont véritablement exposés à ce phénomène. En 2020, dans le centre du Mali, un enseignant a été enlevé avant d’être relâché quelques jours après.

Lire aussi Kanté s’exprimant sur la crise scolaire : « Tous les Maliens doivent aux enseignants »

Le vendredi dernier, le professeur d’histoire-géographie, Samuel Paty a également été assassiné en France.

A en croire M. Badiel, ce qui fait des enseignants la cible des groupes djihadistes, c’est surtout le fait que certains de ces groupes considèrent l’école comme un outil de diffusion de valeurs contraires à leurs idéaux.

En conséquence, souligne Souleymane Badiel, nombreux sont les enseignants qui préfèrent abandonner le métier. « S’il s’agit de repartir dans ces localités, je préfère démissionner, parce que la vie est prioritaire par rapport à l’emploi que j’exerce », laissent entendre de nombreux enseignants.

Lire aussi Les enseignants sont essentiels dans cette crise du coronavirus. L’a-t-on oublié ?

Le syndicaliste Souleymane Badiel formule néanmoins des recommandations pour garantir une sécurité globale des populations et des territoires. Au plan éducatif, M. Badiel recommande de travailler à éradiquer l’analphabétisme. Car, selon lui, il ne faudrait pas s’occuper seulement des jeunes, mais il importe de s’intéresser également de leurs parents.

Bakary Fomba, stagiaire

23 octobre 2020 0 comments
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