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Un homme regarde un tableau dans une ecole qui a ete abandonnee apres une attaque par un groupe arme dans le nord du Burkina Faso
Sécurité

Les enseignants, cibles des groupes armés islamistes

by Sahel Tribune 23 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’exercice du métier d’enseignant devient de plus en plus difficile dans le monde. Les groupes djihadistes n’épargnent plus ces gardiens du savoir. Cette situation est assez inquiétante.  

L’école qui contribue à faire reculer l’obscurantisme est de plus en plus la cible des djihadistes dans de nombreux pays. Les enseignants sont empêchés d’exercer leur profession en raison des menaces terroristes. Une situation qui a entrainé à la fermeture des classes dans de nombreux pays. « Plus de 22 000 élèves, enseignants et personnel éducatif ont été blessés ou tués lors d’attaques contre l’éducation pendant des conflits armés ou des situations d’insécurité au cours des cinq dernières années », a indiqué la Protection de l’éducation contre les attaques, une Coalition d’organisations de défense des droits de l’homme et de protection des enfants, dans un communiqué au cours de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, le 9 septembre 2020.

Lire aussi Journée mondiale des enseignants : pour une éducation inclusive et de qualité, améliorer les conditions des enseignants !

Sur les antennes de la Radio France Internationale (RFI), mercredi 21 octobre 2020, Souleymane Badiel, secrétaire général de la F-SYNTER, la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche du Burkina Faso, corrobore cette situation dans son pays. « Les enseignants constituent une cible des groupes armés au Burkina Faso », a-t-il indiqué.

Selon M. Badiel, dans son pays, des enseignants ont fait l’objet de bastonnades dans leurs établissements. Ce n’est pas tout, le secrétaire général de la F-SYNTER précise également des enseignants du pays des hommes intègres ont subi des séquestrations, d’autres de brimades, certains ont même assisté à l’incendie de leurs habitations, etc.

Le syndicaliste Souleymane Badiel explique : « Aujourd’hui, nous avons plus de 10 000 enseignants qui sont affectés, d’une manière ou d’une autre par cette situation, environ 2500 écoles qui sont fermées… » Et de poursuivre : « Il y a plus grave : depuis 2017, date à laquelle le premier assassinat a eu lieu dans la région de Djibo, il y a aujourd’hui onze enseignants qui ont perdu la vie, du fait de cette situation dans notre pays. »

Le syndicaliste estime que ces groupes terroristes ne s’intéressent pas qu’aux enseignants, mais également leurs familles.

Ce phénomène n’est pas propre au Burkina Faso. Au Mali également, les enseignants sont de plus en plus victimes de l’insécurité. « Un Mali, plus de 60 attaques contre l’éducation ont eu lieu en 2019 seulement, avec plus de 1 100 écoles fermées », précise Human Right Watch dans un communiqué du 9 septembre 2020. Selon Adama Fomba, porte-parole du syndicat de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, les enseignants sont véritablement exposés à ce phénomène. En 2020, dans le centre du Mali, un enseignant a été enlevé avant d’être relâché quelques jours après.

Lire aussi Kanté s’exprimant sur la crise scolaire : « Tous les Maliens doivent aux enseignants »

Le vendredi dernier, le professeur d’histoire-géographie, Samuel Paty a également été assassiné en France.

A en croire M. Badiel, ce qui fait des enseignants la cible des groupes djihadistes, c’est surtout le fait que certains de ces groupes considèrent l’école comme un outil de diffusion de valeurs contraires à leurs idéaux.

En conséquence, souligne Souleymane Badiel, nombreux sont les enseignants qui préfèrent abandonner le métier. « S’il s’agit de repartir dans ces localités, je préfère démissionner, parce que la vie est prioritaire par rapport à l’emploi que j’exerce », laissent entendre de nombreux enseignants.

Lire aussi Les enseignants sont essentiels dans cette crise du coronavirus. L’a-t-on oublié ?

Le syndicaliste Souleymane Badiel formule néanmoins des recommandations pour garantir une sécurité globale des populations et des territoires. Au plan éducatif, M. Badiel recommande de travailler à éradiquer l’analphabétisme. Car, selon lui, il ne faudrait pas s’occuper seulement des jeunes, mais il importe de s’intéresser également de leurs parents.

Bakary Fomba, stagiaire

23 octobre 2020 0 comments
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Le reveil de lAfrique de Sitan So Soumano
Seko ni Donko

« Le réveil de l’Afrique » : une œuvre poétique au service des plus sceptiques

by Sahel Tribune 23 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Afin de redonner foi à ceux qui militent pour la grandeur de l’Afrique, Sitan So Soumano a écrit un recueil de poèmes intitulé « Le réveil de l’Afrique ». L’ouvrage dénonce les violences conjugales, la migration des jeunes africains vers l’Europe, le défaitisme des nouvelles générations, les violations des droits de la femme. Cet ouvrage a été publié chez les éditions La Sahélienne. 

Frappée de plein fouet par la vie, notamment à travers la mort successive de ses trois enfants, les années de violence conjugale suivies de divorce, Sitan So Soumano a transformé ces douleurs en énergie pour assister ses sœurs dans la même souffrance : « Toute difficulté est pour moi une opportunité pour devenir plus forte et trouver la porte de sortie », lit-on sur la quatrième de couverture de ce recueil de poèmes.  

Lire aussi Livre : Ibrahim Ag Mohamed outille la langue Tamasayt

Infirmière obstétricienne de son état, Sitan So Soumano s’est donné les moyens, malgré les nombreuses difficultés, de poursuivre des études en licence afin de devenir sage-femme. 

Dans un de ses poèmes, l’auteure décrit son identité : « Je suis malienne, fille d’un Malien et d’une Malienne ; je suis née en Côte d’Ivoire, c’est ma patrie. Je suis une Ivoirienne ; je suis une Africaine, fille d’un Africain et d’une Africaine ; Je suis Africaine. »

Sitan est une femme engagée pour le développement et l’intégration de l’Afrique. Cet amour pour l’Afrique, Sitan So Soumano le décrit sans complexe dans nombre de poèmes de cet ouvrage. « ô toi Afrique, Afrique d‘hier, d’aujourd’hui et de demain ; je t’aimerai, je te bâtirai ; De pensée sincère et lucide ; lucide et véridique ; Véridique et poétique ». Les obstacles au développement de l’Afrique, à son unification, sont autant de contraintes auxquelles s’attaque la jeune écrivaine. 

Lire aussi Mariam Karim Diarra, auteure de « La drogue : Amadou et les autres » : « L’objectif de ce livre, c’est de sensibiliser la jeunesse »

Le lecteur découvrira au fil des pages, plusieurs autres thématiques, notamment la mort, le divorce, la violence conjugale, la famille, la religion, la femme, la nature ainsi que de vibrants hommages aux évènements et personnes qui ont fait de l’auteure la personne qu’elle est aujourd’hui. 

 « Le réveil de l’Afrique » est un véritable ouvrage panafricaniste. Ce qui anime le lecteur en le parcourant, c’est à la fois l’amertume et la joie. Un style poétique parfaitement maitrisé. 

Ce livre de Sitan So Soumano est au service des étudiants, des professeurs ainsi que des panafricanistes. 

L’ouvrage est disponible chez l’éditeur, La Sahélienne, à Bacodjicoroni ACI ainsi qu’auprès de l’auteure et dans les librairies de Bamako.  

Issa Djiguiba

23 octobre 2020 0 comments
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Moussa Mara president Yelema
Opinion

[Tribune] Evitons l’industrialisation de la prise d’otages dans le Sahel !

by Sahel Tribune 23 octobre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

La libération récente de plusieurs otages dans le Sahel, dont Soumaila CISSE une personnalité politique malienne de premier plan, en contrepartie de l’élargissement de plusieurs centaines de terroristes présumés et du versement de rançons de plusieurs milliards de FCFA, a suscité une grande controverse parmi les populations sahéliennes et au sein de la sphère médiatique occidentale. Les uns estiment que la libération des otages, aussi importants soient-ils, a été trop fortement monnayée. Ils critiquent sévèrement les efforts consentis pour ces libérations et leurs incidences probables en termes de destructions, d’attentats ou encore de prise d’autres otages, en raison de la personnalité des terroristes libérés et des moyens importants que les groupes terroristes ont obtenus. Les autres pensent qu’il est bien normal de faire des efforts pour obtenir la libération d’otages en raison de la charge émotionnelle que cela suscite et également parce qu’une vie humaine n’a pas de prix.

Chacune de ces positions est défendable et de ce fait, les polémiques et débats se multiplieront, avec d’autant plus de véhémence que les enjeux seront lourds de sens pour les pays sahéliens comme le Mali qui ont en outre de nombreux autres défis à relever.

Il est de ce fait utile de sortir de l’émotion et de poser les questions de fond que cet évènement soulève, pour ensuite essayer d’y répondre, afin de préserver la stabilité de nos Etats et d’éviter qu’ils ne subissent de nouveaux facteurs déstabilisants. La France est en train d’aller dans ce sens avec la perspective de la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire devant questionner, entre autres, la doctrine de ce pays dans ce domaine. De nombreuses interrogations peuvent être soulevées par la libération récente d’otages, certaines en rapport avec leurs incidences géopolitiques ou leurs implications sur les négociations socio-politiques que cela peut préfigurer entre le Gouvernement du Mali et le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM). Une autre interrogation concrète qu’il convient d’émettre est la possibilité que cette étape ouvre une perspective d’industrialisation de la prise d’otages au Mali et la spécialisation d’acteurs dans ces réseaux comme cela fut le cas au début des années 2000. Cette perspective fragiliserait profondément le Mali et tout autre pays sahélien qui la subirait et menacerait clairement les possibilités de paix et de réconciliation. Ce sujet mérite qu’on s’y attarde d’autant plus qu’il ne s’est jamais véritablement posé, les questions d’otages concernant essentiellement les occidentaux jusque tout récemment. Ceux-ci se faisant rares, il est possible que des cibles nationales potentiellement importantes les remplacent, déplaçant la question vers le grand banditisme et la professionnalisation des acteurs au gré des prix payés pour obtenir la libération des personnes enlevées. 

Il est impératif que les autorités maliennes définissent les règles de conduite en matière de libération d’éventuels otages nationaux. Cela ne serait que justice par rapport à d’autres otages, moins célèbres que ceux libérés et dont les proches pourraient être choqués par ce qui vient de se passer. Ces règles doivent être établies avec l’objectif principal de rendre pratiquement nulle la valeur marchande des otages maliens. C’est uniquement cela qui réduirait les tentations de l’enlèvement de nos citoyens. Dans cette perspective, certains principes sont à affirmer et surtout à observer.

Ne jamais verser de rançon est un principe à instaurer. Le paiement de rançon est le premier encouragement à la prise d’otages. Il n’est pas concevable d’utiliser des ressources publiques dans une action aussi contreproductive que la libération d’otages. Ne jamais libérer de terroristes ayant du sang sur les mains constitue également un principe à respecter. Si la vie de tous les citoyens a la même valeur, il est difficilement acceptable de relâcher l’assassin d’un citoyen pour obtenir la libération d’un autre. 

Ensuite, dans le cadre de possibles négociations, nous devons fixer des règles qui encadreront l’action des négociateurs et autres intermédiaires comme la fixation de quotas de personnes libérables en rapport avec les éventuels otages, et en fonction de leur importance symbolique, etc.

Nos pays doivent également travailler sur la qualité des négociateurs en accordant une place de choix aux leaders religieux et aux autorités traditionnelles locales et nationales. Ces acteurs ont démontré leurs aptitudes au cours des dix dernières années. Ils sont souvent cruciaux quand ils interviennent de manière précoce car les enlèvements sont d’abord le fait de groupes disposant d’attaches locales dans les zones où ils interviennent.

Les règles établies devraient être portées à la connaissance des citoyens, en particulier de celles pouvant être cibles d’enlèvement. Il convient de mettre en garde les civils, les politiques et les autres personnalités contre les déplacements dans des zones sensibles quand leurs fonctions ou responsabilités ne les y obligent pas. Dans l’hypothèse où ils enfreigneraient ces règles et en cas d’incident, ils seront seuls responsables de la situation. Ce dispositif doit être envisagé en parallèle au renforcement de la protection des fonctionnaires et agents de l’Etat qui servent dans les zones sensibles. Il doit également être mise en place un système de protection pour les personnalités qui, pour des raisons précises (campagne électorale, activités nationales…) sont amenées à s’y déplacer. 

La question des otages et de leur libération est sensible sous tous les cieux. Des Etats puissants tiennent quelques fois un double discours en agissant contrairement aux principes martelés officiellement. Des efforts importants et des moyens massifs sont ainsi employés pour obtenir la libération d’un otage car cela a un impact socio-politique significatif pour leurs leaders. Les fondements et la stabilité de ces Etats ne sont nullement menacés par ce phénomène. Il en serait autrement pour des pays comme le Mali. C’est pourquoi, il est hautement souhaitable que ces derniers agissent pour tarir les sources de financement du terrorisme agissant sur leur territoire. Il leur est tout aussi indispensable d’agir dans ce domaine pour éviter la frustration d’une frange de la population du fait d’initiatives de libérations au moyen d’efforts jugés exorbitants. C’est ce qui justifie la prise de mesures fortes contribuant à contrecarrer les velléités des groupes terroristes et de réseaux de profiteurs gravitant autour d’eux.

Moussa MARA www.moussamara.com

23 octobre 2020 0 comments
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OMS collabore avec wikimedia
Santé

Covid-19 : pour l’accès à des informations fiables, l’OMS collabore désormais avec la fondation Wikimédia

by Sahel Tribune 22 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La fondation Wikimédia et l’Organisation mondiale de la santé annoncent leur collaboration afin de permettre aux citoyens du monde entier d’accéder à des informations fiables sur la pandémie de coronavirus. Les deux organisations ont fait l’annonce, jeudi 22 octobre 2020.

Dans le cadre de la lutte contre l’infodémie autour du coronavirus, la fondation Wikimédia et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) décident de collaborer. En tout cas, c’est l’annonce faite par les deux organisations, jeudi 22 octobre 2020. Cette collaboration, précise un communiqué conjoint des deux organisations, permettra de mettre à la disposition des citoyens les informations les plus récentes et les plus fiables sur le COVID-19. Ces informations fiables et de santé publique seront sous la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike.

Lire aussi La pandémie de COVID-19 risque d’entraîner 150 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté d’ici 2021

Conscient de l’importance d’accéder à des informations fiables, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, a indiqué : « Un accès équitable à des informations fiables sur la santé est essentiel pour assurer la sécurité et l’information des gens pendant la pandémie de COVID-19 » (la traduction française est de la rédaction).   

Selon OMS, cette collaboration permettra aux citoyens de part et d’autre le monde d’« accéder et partager des infographies, des vidéos et d’autres actifs de santé publique de l’OMS sur Wikimedia Commons, une bibliothèque numérique d’images gratuites et d’autres multimédias ».  Selon le service média de la fondation Wikimédia, « [ndlr] les collaborateurs peuvent aider à relever les problèmes d’information dans les endroits géographiques à travers le monde, et aider à contrer la propagation de la désinformation sur le virus » (traduction de la rédaction).

Ce qui contribuera à élargir la couverture COVID-19 de Wikimédia Commons, qui compte actuellement plus de 5 200 articles liés au coronavirus en 175 langues, précise-t-on avant de laisser entendre que le contenu de l’OMS sera également traduit « dans toutes les langues nationales et régionales à travers le vaste réseau de volontaires mondiaux de Wikipédia ».

Lire aussi Violences faites aux femmes : voilà ce que la covid-19 met en lumière

Contacté par nos soins sur les raisons du choix porté sur Wikimédia par l’OMS, le service presse de la fondation Wikimédia Commons nous indique que les articles de la plateforme « des études ont [ndlr] montré que Wikipédia est l’une des sources les plus fréquemment vues pour l’information sur la santé. » D’où d’ailleurs tout le sens de ces propos du directeur général de l’OMS : « Notre nouvelle collaboration avec la fondation Wikimédia permettra d’accroître     l’accès à des informations sanitaires fiables de l’OMS dans plusieurs pays, langues et appareils. » (Traduction française faite par la rédaction).

À travers cette collaboration, l’OMS fait comprendre qu’en « mettant des informations vérifiées sur la pandémie à la disposition d’un plus grand nombre de personnes sur l’une des ressources de connaissances les plus visitées au monde », l’objectif n’est d’autre que d’aider à freiner l’infodémie et « à s’assurer que tout le monde puisse accéder à des informations essentielles sur la santé publique ».

Lire aussi En raison des impacts de la covid-19, cinq tendances technologiques pourraient marquer 2021

Selon la PDG de la fondation Wikimedia, Katherine Maher, « l’accès à l’information est essentiel pour les communautés en bonne santé et doit être traité comme tel » (traduction française par la rédaction). Elle poursuit en précisant : « Cela devient encore plus clair en période de crises sanitaires mondiales où l’information peut avoir des conséquences qui changent la vie. »

L’Organisation mondiale de la santé précise que sous la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike, d’autres organisations, individus ainsi que des sites Web pourront plus « facilement partager ces documents sur leurs propres plateformes sans avoir à traiter des restrictions plus strictes du droit d’auteur ».

Chiencoro

22 octobre 2020 0 comments
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Actu

Jean Yves Le Drian au Mali: la France va soutenir cinq projets pour plus de 92 milliards de FCFA

by Sahel Tribune 22 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, Jean Yves Le Drian est arrivé au Mali, dimanche 25 octobre, pour une visite de deux jours au Mali. Au cours de cette visite, cinq conventions au profit du développement du Mali seront signées.

Cinq (5) conventions de l’Agence française de développement, pour un montant total de plus de 92 milliards de francs CFA, seront signées entre la France et le Mali au cours de la visite de deux jours du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France au Mali. Ces conventions concernent notamment l’amélioration du réseau électrique national, l’amélioration de l’accès en eau potable pour 6 localités du Mali, l’autonomisation des femmes, les « filets sociaux » de lutte contre la pauvreté notamment par le biais de transferts monétaires et l’accompagnement de la Banque nationale de développement agricole (BNDA) du Mali.

Lire aussi Mali : la France invite à tirer les « enseignements de la crise et du résultat des médiations successives »

La signature de ces projets n’est que la « matérialisation concrète de l’engagement de l’Alliance Sahel au Mali. »  Trois de ces cinq projets, selon le dossier de presse de l’Ambassade de France au Mali, font l’objet de cofinancements avec la Banque mondiale pour les projets relatifs à l’autonomisation des femmes et aux « filets sociaux » ; avec la Banque européenne d’investissements pour le projet « Boucle haute tension Nord de Bamako ».

L’ancien ministre de la Défense français saisira l’occasion que lui offre cette visite pour saluer « les récentes avancées du processus de transition au Mali et d’adresser ses vœux de succès aux nouvelles autorités, qui auront à conduire dans les dix-huit prochains mois une Transition devant aboutir à la tenue d’élections crédibles et au rétablissement de l’ordre constitutionnel », lit-on dans le dossier de presse qui nous est parvenu de l’Ambassade de France au Mali. 

Lire aussi Les ‘’va-t’en-la-France’’ et leur crise de solution

Cette visite de Jean Yves Le Drian au Mali sera riche en événements. Elle sera l’occasion pour l’ancien Secrétaire d’État à la Mer auprès du ministre de l’Équipement, du Logement, des Transports et de l’Espace de discuter de la coopération entre la France et le Mali. « Le ministre Le Drian rappellera la disponibilité de la France à poursuivre son engagement aux côtés du Mali dans cette phase décisive qui offre l’opportunité de lancer les réformes demandées de longue date par la population malienne, notamment le renforcement de la gouvernance, la lutte contre l’impunité, la refonte du cadre électoral et l’engagement face aux défis sécuritaires », rapporte notre source.

La mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale sera également au cœur des échanges lors de cette visite de deux jours du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Cette question sera également abordée avec les groupes signataires. Il sera alors question « de faire le point sur le suivi des Sommets de Pau et de Nouakchott et celui plus large de la Coalition pour le Sahel », précise-t-on dans le dossier de presse.

Lire aussi « Le cœur de la crise au Sahel est celui de la légitimité de l’état », selon J. Peter Pham, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région du Sahel

Rappelons que Jean-Yves Le Drian n’est pas à sa première visite au Mali. Au moment du déploiement de l’opération Serval, en 2013, en qualité de ministre de la Défense de la République française, il s’est rendu au Mali. Cette visite est la troisième qu’effectue M. Le Drian en tant que ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, après juillet 2017 (sommet du G5 Sahel) et septembre 2018.

À l’occasion de cette énième visite, M. Le Drian sera reçu par le président de la transition, Bah N’Daw ; le vice-président de la transition, Assimi Goïta ; le Premier ministre de la transition ; Moctar Ouane. A son arrivée, il a été accueilli par son homologue Zeini Moulaye, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, et par l’ambassadeur de la France au Mali, Joël Meyer.

Fousseni Togola

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J. Peter Pham
Sécurité

« Le cœur de la crise au Sahel est celui de la légitimité de l’état », selon J. Peter Pham, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région du Sahel

by Sahel Tribune 21 octobre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Au cours de la Table ronde ministérielle pour le Sahel central, le 20 octobre 2020, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région du sahel, J. Peter Pham a invité à la protection des civils et à garantir la justice. Sur la situation au Mali, il interpelle la communauté internationale ainsi que les institutions régionales à garantir des élections libres et équitables, dans un délai de 18 mois, et d’assurer un retour à l’ordre constitutionnel.

Nous vous proposons l’intervention en intégralité

Je vous remercie de nous donner l’occasion de discuter de l’engagement des États-Unis dans le Sahel. L’approbation par le secrétaire d’État d’un cadre diplomatique pour le Sahel et la création de mon poste d’envoyé spécial au début de l’année reflètent l’engagement du gouvernement des États-Unis dans la région. En outre, la récente réorganisation de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) contribue à rationaliser notre réponse aux crises complexes comme celle du Sahel. Je suis ravi d’être accompagné aujourd’hui par Jenny McGee, l’administratrice adjointe chargée des secours, des interventions et de la résilience au sein de l’USAID, ainsi que par Richard Albright, le sous-secrétaire d’État adjoint chargé du bureau de la Population, des Réfugiés et des Migrations du département d’État.

Augmentation des besoins au Sahel

Les besoins au Sahel sont considérables et en augmentation. Il y a eu plus de décès liés au conflit dans la région du Sahel central au cours des neuf premiers mois de 2020 qu’il n’y en a eu au cours d’une année complète dans l’histoire récente. L’année dernière, le nombre de victimes du conflit et de personnes déplacées dans la région a augmenté de près de 200 %.

Nous restons également préoccupés par les rapports persistants faisant état d’attaques contre des travailleurs humanitaires. L’attaque tragique ce mois-ci d’un groupe de Burkinabés déplacés à l’intérieur de leur pays et retournant dans leurs foyers illustre ces risques. Nous nous engageons à améliorer la situation en matière de sécurité tant pour les populations concernées que pour la communauté humanitaire.

Les États-Unis sont le premier donateur d’aide humanitaire au monde et nous sommes le premier donateur dans les domaines de la santé, du développement et de l’aide humanitaire au Sahel. Comme je l’ai annoncé en septembre, le gouvernement des États-Unis a ajouté près de 152 millions de dollars d’aide humanitaire supplémentaire à sa réponse pour le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Burkina Faso. Cela porte le total de l’aide humanitaire des États-Unis dans ces pays, y compris pour la prévention et la réponse à la COVID-19, à plus de 310 millions de dollars l’année dernière. En ce qui concerne le Tchad, l’autre pays du G5 Sahel, nous avons fourni plus de 129 millions de dollars d’aide humanitaire au cours de l’année dernière pour aider le pays à faire face aux conséquences des multiples conflits. Grâce à ce financement, le gouvernement des États-Unis fournit une aide vitale aux personnes déplacées en raison du conflit, ainsi qu’aux communautés qui les accueillent.

En outre, les États-Unis se sont engagés à aider les populations du Sahel à passer du statut de bénéficiaire d’aide humanitaire à celui d’investisseur dans leur développement. En 2020, nous avons investi 154 millions de dollars afin de renforcer la résistance aux chocs récurrents et de sortir les populations de la pauvreté dans le Sahel central. Cela s’ajoute à des investissements à plus long terme, comme le compact de près de 500 millions de dollars signé en août avec le Burkina Faso par la Millennium Challenge Corporation, qui permettra d’avoir accès à une électricité abordable et fiable, doublant ainsi le nombre de foyers ayant accès à l’électricité au cours des cinq prochaines années.

S’attaquer aux causes profondes de la violence

Tandis que nous travaillons ensemble pour soulager les souffrances des personnes touchées par les conflits, nous devons également rester concentrés sur la façon de nous attaquer aux causes profondes de la violence et d’enrayer sa propagation. Le cœur de la crise au Sahel est celui de la légitimité de l’état, la perception par les citoyens que leur gouvernement est valide, équitable, mais aussi capable et désireux de répondre à leurs besoins.

Cette légitimité exige de mettre l’accent sur la protection des civils, ainsi que de garantir la justice et de tenir pour responsable les auteurs de violations et d’exactions à l’encontre des droits de l’homme. Si les États ne s’engagent pas à répondre aux besoins de leurs citoyens, aucun degré de mobilisation internationale n’a de chance de réussir.

Garantir le retour à l’ordre constitutionnel

Au Mali, la communauté internationale, avec les institutions régionales en tête, doit garantir des élections libres et équitables dans un délai de 18 mois et un retour à l’ordre constitutionnel. Mais les réformes, comme celles concernant la corruption, les droits de l’homme et la mise en œuvre des principes de l’accord d’Alger, sont également essentielles. Elles sont le seul moyen de renforcer la confiance des citoyens dans l’État et de faire en sorte que le Mali ne soit pas victime d’un cycle d’instabilité politique répété.

Nous accueillons favorablement le partenariat d’autres donateurs pour répondre à la crise humanitaire au Sahel et appelons les nouveaux donateurs à contribuer aux besoins croissants dans la région. Nous continuerons d’être un catalyseur de l’engagement de la communauté internationale pour répondre à l’appel de celles et ceux qui sont dans le besoin.

Source : Département d’État des États-Unis

Le titre, le chapô et les sous-titres sont de la rédaction

21 octobre 2020 0 comments
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Destruction du pont de Farabougou
Sécurité

Farabougou est-il devenu l’île de Vendredi du jour au lendemain?

by Sahel Tribune 21 octobre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

L’occupation de Farabougou, dans la quatrième région du Mali (Ségou), inquiète plus en plus les Maliens et des observateurs internationaux. Pourtant, la question que l’on devrait se poser est : comment sommes-nous arrivés là ?

Farabougou n’est pas devenu du jour au lendemain l’île de Vendredi, en référence au roman d’aventures de Daniel Defoe (« La Vie et les aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé »). La séparation de ce village du reste du monde, depuis près de deux semaines, est la conséquence de quelques années d’indifférence de l’État face à une situation qui plantait ses racines dans la 4e région du Mali. L’enclavement de ce village a eu son couronnement, le week-end dernier, par la destruction du pont qui restait le seul espoir de ces habitants privés de tout le nécessaire, en cette période de fin d’hivernage. Ce village serait-il devenu le nouveau sanctuaire des groupes terroristes dans la région de Ségou ? Seul le temps nous permettra d’en juger. 

Une occupation, des conséquences

Toutefois, l’occupation de Faradougou n’est pas sans conséquence pour les habitants et pour le pays. Les cris de détresse de ses habitants avaient commencé à se faire entendre depuis des jours : les denrées de première nécessité commençaient à manquer. Mais ce ne serait pas tout. Nous rapportant de façon générale aux activités favorites dans cette région, nous savons que l’élevage occupe une place considérable. Cette occupation par des hommes armés pourrait constituer un coup dur pour ces populations en termes de ressources. Ce qui à la longue engendrerait des mouvements massifs plus vers le sud.

Une crinière d’interrogations

Pourtant, plusieurs questions restent encore en suspense au sujet de cette situation sécuritaire dans cette région. Comment sommes-nous arrivés à ce degré de violence dans la région de Ségou ? Pourquoi les forces armées maliennes et étrangères ne parviennent pas à intervenir pour libérer Farabougou de ses geôliers ?

Certes, l’insécurité dans cette région n’est que le prolongement de la situation de la région de Mopti, qui n’a été elle aussi que le prolongement de l’insécurité au Nord du Mali. Mais pas que. L’indifférence des autorités locales face aux souffrances des populations a vite donné l’opportunité aux djihadistes d’avoir une assise solide, en collaborant avec la population. Une situation qui n’a pas pu avoir de réponse satisfaisante et qui a fini par se dégénérer.

Lire aussi Insécurité : entre avril et juin 2020, 632 violations et abus de droits de l’homme commis au Mali

Depuis près d’une année, la présence de chasseurs faisant régner leur loi dans les villages de la 4e région a été signalée par les habitants de la zone. Mais nous avons rarement vu des actions d’anticipation de la part de l’État dans ces zones. Et ces hommes en tenu de chasseurs auraient fini par gagner la confiance des habitants de la localité, en raison surtout de la rigidité de leur justice.

Pourquoi l’armée n’intervient-elle pas ?

Quant aux raisons de la non-intervention des forces armées pour libérer Farabougou, des tentatives d’explications sont livrées. Selon nos informations, l’armée malienne tente d’intervenir. Mais la situation semble assez compliquée, notamment avec la destruction du pont qui menait à ce village. Mais même bien avant, une intervention par voie terrestre semblait trop risquée en raison non seulement de la situation des routes, mais aussi des risques de mines, d’engins explosifs. Or, une intervention aérienne dans un tel contexte n’est pas sans conséquence désastreuse pour la vie des habitants.

Toutefois, des médiations seraient en cours. On estime d’ailleurs qu’une intervention armée ne fera que péter le plomb, à ce stade des discussions. 

Des appels à libération

Depuis dimanche 18 octobre 2020, des partis politiques, des internautes et plusieurs autres personnes ont levé la voix afin de demander de l’aide pour les habitants de Farabougou.

Dans un communiqué du 19 octobre 2020, les Forces patriotiques pour la refondation du Mali (FPR-Mali) invitent les « autorités de la transition à prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer ce village de la menace terroriste y compris des alternatives de nouvelles collaborations » militaires. Elles interpellent la Mission de l’ONU au Mali, MINUSMA, ainsi que Barkhane, la force française, à intervenir pour libérer ce village. Les nouvelles autorités sont également invitées par les FPR-Mali à « mettre en application et en intégralité la loi 04_051 portant organisation de la défense nationale et du territoire ».

Le parti FARE-An Ka Wuli formule les mêmes demandes auprès des nouvelles autorités maliennes en les invitant à prendre toutes les dispositions nécessaires pour sécuriser tout le territoire national. C’est les mêmes demandes formulées par le PARENA ainsi que l’ADEMA-PASJ.

Lire aussi Otages civils et militaires : pour exiger la libération de leurs collègues, les administrateurs civils sur le ring !

Des appels répondus partiellement par les Forces armées maliennes (FAMA), lundi 19 et mardi 20 octobre 2020, à travers le largage de cargaisons de denrées de première nécessité sur le village.

Si nous ne voulons pas assister à une aggravation de la situation sécuritaire dans cette région où de plus en plus d’attaques sont enregistrées, il conviendrait que les nouvelles autorités maliennes revoient assez rapidement le rapport entre les populations locales et leurs autorités. Il faudrait que la confiance règne entre les gouvernés et les gouvernants. Pour ce faire, la justice doit véritablement régner.

Fousseni Togola

21 octobre 2020 0 comments
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