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Des fruits dans une assiette
Santé

Nutrition : accroitre la disponibilité d’aliments sains, une nécessité vitale

by Sahel Tribune 13 janvier 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’alimentation occupe une place considérable dans l’existence humaine. Pourtant certains régimes alimentaires impactent négativement sur l’espérance de vie. L’OMS met en place un cadre d’actions afin d’accroitre la disponibilité d’aliments sains.

L’alimentation joue un rôle prépondérant dans la vie d’un homme. Une bonne alimentation contribue non seulement à la bonne santé de l’individu, mais aussi elle le préserve contre certaines maladies tout en augmentant son espérance de vie. Une alimentation saine procure à nos cellules l’énergie dont elles ont besoin pour leur croissance normale. Mais les aliments vendus dans les lieux publics constituent le plus souvent un danger puisqu’ils sont moins sains. Chaque année, 8 millions de décès tributaires des régimes alimentaires malsains sont enregistrés dans le monde.

La prévention des décès passe par…

Pour prévenir ces décès dus à une mauvaise alimentation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fonde son espoir sur « les établissements publics, tels que les écoles, les crèches, les maisons de repos, les hôpitaux et les établissements pénitentiaires, ainsi que toutes les autres cantines des institutions publiques ». Il met également en place un cadre d’action afin d’accroitre la disponibilité d’aliments sains. Ce cadre permettra surtout « l’élaboration et la mise en œuvre de politiques d’approvisionnement et de services alimentaires publics pour une alimentation saine ».

Pour atteindre de façon certaine les objectifs d’une alimentation saine, l’organisation dirigée par Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général, fixe des « critères nutritionnels pour les aliments servis et vendus dans les lieux publics ». À travers ce cadre d’action, l’OMS recommande, pour une alimentation saine, de limiter la consommation de sodium et de veiller à ce que le sel soit iodé ; de limiter la consommation de sucres libres ; de faire passer la consommation de matières grasses des graisses saturées aux graisses insaturées ; d’éliminer les acides gras trans produits industriellement ; d’augmenter la consommation de céréales complètes, de légumes, de fruits, de noix et de légumineuses ; d’assurer la disponibilité d’une eau potable gratuite et sûre.

« Une occasion de faire des choix alimentaires sains »

Une alimentation saine, de la prénatalité aux derniers jours de la vie, est importante, selon l’OMS, dans la prévention de toutes les formes de malnutrition ainsi que le diabète, les cancers et autres maladies non transmissibles (MNT).

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus indique qu’« il est temps que les gouvernements montrent l’exemple en veillant à ce que les aliments servis ou vendus dans les lieux publics contribuent à une alimentation saine et sauvent des vies ». Le nouveau cadre d’actions appuie les gouvernements dans ce sens. « Le nouveau cadre d’action sert d’outil aux gouvernements pour élaborer, mettre en œuvre, contrôler et évaluer les politiques d’achat et de services alimentaires publics qui s’alignent sur les principes fondamentaux d’une alimentation saine », explique l’OMS.

À l’occasion du Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires en septembre 2021, l’OMS lancera de nouvelles actions pour transformer la façon dont le monde produit et consomme la nourriture.

« Ce cadre d’action est une occasion de faire des choix alimentaires sains, les choix par défaut à grande échelle », explique Dr Tom Frieden, président et directeur général de Resolve to Save Lives, une initiative de Vital Strategies. Ce cadre d’action contribue à atteindre les objectifs qui relèvent des objectifs de développement durable consistant à mettre fin à la malnutrition, à promouvoir la santé et le bien-être et à favoriser des pratiques durables en matière de marchés publics d’ici 2030.

Chiencoro

13 janvier 2021 0 comments
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Des civils tues dans le centre du Mali
Sécurité

Situation sécuritaire au Mali : 182 civils tués, 175 blessés et 163 enlevés au cours du dernier trimestre 2020 (Rapport)

by Chiencoro 13 janvier 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Le dernier trimestre 2020, comparé au trimestre précédent, a connu moins d’attaques au Mali. Dans son dernier rapport 2020 sur la situation au Mali, le secrétaire général des Nations unies déplore la dégradation de la situation des droits de l’homme dans ce pays.

Durant le dernier trimestre de 2020, le Mali a connu plus de stabilité. En tout cas, de septembre jusqu’au 1er décembre.À cette date, le pays a enregistré 232 événements, dont 182 civils morts, 175 blessés et 163 enlevés dans tout le Mali, rapporte le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans son dernier rapport trimestriel 2020 sur la situation au Mali.

127 civils morts, 104 blessés dans la région de Mopti

Le dernier trimestre 2020 a connu moins d’incidents que la période précédente durant laquelle 343 événements avaient été signalés, dont 375 civils morts, 450 blessés et 93 enlevés, souligne Antonio Guterres.

Les violences du dernier trimestre 2020 ont surtout touché les civils de la région de Mopti avec 89 événements, dont 127 morts, 104 blessés et 46 personnes enlevées (39 % de tous les événements ayant touché des civils), indique la même source onusienne.

« Les attaques intercommunautaires ont persisté »

Cette baisse des violences durant la période de septembre à décembre s’explique par plusieurs facteurs, notamment la saison des pluies, qui se traduit par une mobilité réduite ; l’augmentation de la cadence des opérations de la MINUSMA et à une série d’initiatives de médiation locale soutenues par la Mission onusienne, souligne-t-on.

La réduction signalée ne signifie nullement la cessation de toutes les hostilités durant la période en revue. « [ndlr] les attaques intercommunautaires ont persisté dans le centre du Mali et les civils continuent d’être touchés par les affrontements entre groupes armés terroristes et par les répercussions des opérations antiterroristes », lit-on dans ce rapport trimestriel d’une vingtaine de pages.

Au total, six civils ont été tués et 10 ont été blessés dans les régions de Gao, de Kidal et de Sikasso, durant la période de septembre à décembre 2020.

Dégradation de la situation des droits de l’homme  

Le dernier trimestre 2020 a été également marqué par une dégradation de la situation des droits de l’homme au Mali. Au total, la MINUSMA a « recensé 483 violations des droits humains et atteintes à ces droits, soit 237 de moins que pendant la période précédente ». Parmi ces violations, on note 29 « exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires », 123 cas de violations du droit à l’intégrité physique ou d’atteintes à ce droit, 2  disparitions forcées, 111 enlèvements, 15  « actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants », etc. La responsabilité de ces violations est partagée, indique-t-on.

Le dernier trimestre 2020 a été marqué aussi par les violences contre les enfants, des violences sexuelles, etc.  « Si les auteurs de nombreuses violations (99) n’ont pas été identifiés, 41 violations ont été attribuées à la Coordination des mouvements de l’Azawad, 28 à la Plateforme, 19 à la Katiba du Macina, 17 à Dan Nan Ambassagou, 9 aux dozos, 6 à des groupes armés peuls, 5 aux forces armées maliennes et 1 à l’EIGS », indique-t-on.

Fousseni Togola

13 janvier 2021 1 comment
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Des groupes deja vulnerables au VIH expose a la pandemie de covid 19 au Keneya
Santé

Santé : 440 000 personnes pourraient mourir de Sida entre 2020 et 2030

by Bakary FOMBA 13 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

 Le Sida peine à être maîtrisé et continue de faire des ravages à travers le monde. Ce virus, dont les « obstacles sociétaux pourraient entrainer 440 000 décès supplémentaires en 10 ans » (ONUSIDA) est loin d’avoir dit son dernier mot. La pandémie de la Covid-19 vient mettre les pieds dans le reste du plat.

« La riposte mondiale au Sida accusait déjà un retard avant l’arrivée de la pandémie de Covid-19 et la propagation rapide du coronavirus a encore ralenti les progrès. », déclare ONUSIDAdans une récente analyse. Alors que le monde est engagé dans la lutte contre le Sida, la pandémie de Covid-19 vient frapper de plein fouet l’humanité et fait oublier, quasiment, les pandémies et épidémies existantes.

Plusieurs difficultés obstruent la voie pour la lutte contre le Sida, notamment « les efforts déployés pour atteindre les objectifs de dépistage, de traitement et de suppression virale du VIH ». ONUSIDA trouve déplorable l’absence de progrès dans ce domaine. Une situation qui entrainerait « 440 000 décès supplémentaires liés au Sida entre 2020 et 2030. » Ce n’est pas tout, « l’absence de progrès au niveau de tous facteurs sociétaux saperait les efforts déployés pour atteindre les objectifs de présentation du VIH, ce qui entraînerait 2,6 millions de nouvelles infections supplémentaires par le VIH sur la même période. »

12 millions de personnes sans accès à des traitements

À ce rythme, entre 2020 et 2022, le nombre de décès lié au Sida pourrait atteindre148 000. De même pour les nouvelles infections qui atteindront 293 000.

Le 10 décembre dernier, à l’occasion de la dernière Journée internationale des droits de l’homme, la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima avait appelé les gouvernements à prioriser les droits humains pour vaincre les pandémies. Une action vraiment nécessaire, car jusqu’à nos jours, 12 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à un traitement contre le VIH.

Bakary Fomba

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vaccins contre Ebola en Guinee
Santé

Riposte contre Ebola : une réserve mondiale de vaccins attendue

by Chiencoro 12 janvier 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Quatre grandes organisations internationales de la santé ont annoncé, mardi 12 janvier 2021, la mise en place d’une réserve mondiale de vaccin contre l’Ebola. Un moyen pour contenir les futures épidémies et protéger les populations les plus vulnérables.

Autorisé depuis novembre 2019 par l’Agence européenne des médicaments, le vaccin contre Ebola (vaccin injectable à dose unique) est maintenant préqualifié par l’OMS, et homologué par la « Food and Drug Administration » des États-Unis ainsi que dans huit pays africains. L’annonce a été faite aujourd’hui, mardi 12 janvier 2021.

Une étape importante

Cette réserve mondiale de vaccins contre l’Ebola est l’œuvre de quatre grandes organisations internationales de la santé (UNICEF, OMS, FICR et MSF). Selon leur communiqué conjoint, avant l’obtention d’un « permis, le vaccin a été administré à plus de 350 000 personnes en Guinée et lors des flambées d’Ebola 2018-2020 en République démocratique du Congo en vertu d’un protocole d’“utilisation humanitaire”. »

  Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, déclare : « Les vaccins contre Ebola ont permis de prévenir l’une      des maladies les plus redoutées au monde ». Prônant depuis un certain temps le multilatéralisme dans la lutte contre la pandémie du coronavirus, Dr Tedros précise : « Ce nouveau stock [de vaccin contre Ebola ndlr] est un excellent exemple de    solidarité, de science et de coopération entre les organisations internationales et le secteur privé pour sauver des vies ».

6890 premières doses disponibles

 Les stocks de ce vaccin sont gérés par le fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). « Cette réserve de vaccins contre ebola est une réalisation remarquable qui nous    permettra de fournir des vaccins à ceux qui    en ont le plus besoin le plus rapidement possible. », a affirmé Henrietta Fore, directrice générale de l’UNICEF.  

Cette réserve pour la riposte contre l’Ebola sera d’une importance capitale, estime Jagan Chapagain, secrétaire général de la FICR. « Au cours de la dernière décennie seulement, nous avons     vu Ebola dévaster les communautés d’Afrique de l’Ouest et centrale, frappant    toujours les plus pauvres et les plus vulnérables les  plus durement », a-t-il déclaré.

Avec les 6890 premières doses disponibles, ces organisations de la santé sont sûres de pouvoir venir à bout de cette épidémie. Elles précisent d’ailleurs que d’autres « quantités seront livrées    dans la réserve ce mois-ci et tout au long de 2021 et au-delà ». Le niveau de doses recommandé est de 500 000 pour la réserve d’urgence de vaccins contre ebola. Il faudrait attendre plus de deux pour atteindre ce niveau.

Notons que les efforts visant à établir la réserve ont été menés par le Groupe international de coordination (GCC) sur la fourniture de vaccins. Ce groupe comprend l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et Médecins sans frontières (MSF), avec le soutien financier de Gavi, l’Alliance vaccinale.

Cette « réserve permettra aux pays, avec le soutien d’organisations humanitaires, de contenir les futures épidémies d’Ebola en assurant un accès rapide aux vaccins pour les populations à risque pendant les flambées », ont précisé les organisations dans leur communiqué conjoint.

Fousseni Togola

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Dans la base militaire de Menaka
Sécurité

De l’Afghanistan au Mali : les leçons oubliées de l’interventionnisme militaire occidental

by Sahel Tribune 12 janvier 2021
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Maintenant que ce qui se disait en privé est devenu public, à savoir que la fin de la lutte contre les djihadistes au Sahel est impossible à prédire et que le gouvernement français ne peut assumer une guerre sans fin devant son opinion publique, il convient de réfléchir aux erreurs qui ont conduit à l’impasse actuelle.

Au-delà des erreurs de stratégie politique et militaire, l’engagement militaire français dans cette partie du monde s’explique par l’oubli de deux leçons essentielles. Pourtant, ces deux leçons relèvent du savoir commun.

On ne peut pas gagner des guerres asymétriques

En France, cette leçon est connue depuis la guerre d’Indochine. De plus, la même erreur a été tragiquement répétée par les États-Unis au Vietnam (alors qu’il y avait le précédent français) et, plus récemment, en Afghanistan (alors qu’il y avait le précédent soviétique).

Bien que l’impossibilité pour des démocraties de gagner des guerres asymétriques soit donc connue depuis longtemps, les gouvernements français depuis Nicolas Sarkozy semblent l’avoir oubliée. Si la nécessité de la guerre actuelle contre le terrorisme (c’est-à-dire contre l’islamisme radical) est difficilement contestable, les modalités de cette guerre le sont largement. Or l’une de ces modalités décidées par les autorités françaises a été l’engagement militaire dans des guerres asymétriques, en Afghanistan d’abord, puis au Mali.

En Afghanistan, il s’agissait surtout, pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy, de se rapprocher des néo-conservateurs américains et de renforcer la relation transatlantique. Au Mali, il s’agissait pour le gouvernement de François Hollande d’éviter la victoire des djihadistes et un effet de contagion régionale. Si l’armée française a gagné la première bataille avec l’opération Serval, elle se sait aujourd’hui incapable de gagner la guerre.

Le conflit originel s’est régionalisé en s’étendant au très fragile Burkina Faso et a métastasé en une pluralité de conflits locaux qui prennent de plus en plus une tournure interethnique. Cette dynamique conflictuelle, que l’« approche 3 D » (Défense, Développement, Diplomatie) n’a pas réussi à contenir, comporte des risques élevés pour la France : coopération de l’armée française avec des armées commettant des crimes de guerre ; rejet par les populations locales de la présence militaire française et exacerbation de la francophobie sur le continent ; risque pour l’armée française de bavures et d’être manipulée et entraînée à son corps défendant dans des règlements de comptes interethniques, etc. Toutes choses qui rappellent que, pour avoir voulu protéger le régime d’Habyarimana au Rwanda, la France s’est retrouvée impliquée dans le dernier génocide du XXe siècle.

Ne pas gagner à moyen terme un conflit asymétrique, c’est s’enliser ; et s’enliser, c’est prendre les risques évoqués et devoir justifier toujours plus de pertes humaines devant l’opinion publique. De même que, en 2008, l’embuscade d’Uzbin avait contraint le gouvernement de Nicolas Sarkozy à arbitrer entre son désir de rapprochement avec Washington et l’impact des pertes sur l’opinion publique, le nombre croissant de militaires tués au Mali contraint le gouvernement d’Emmanuel Macron à repenser l’engagement militaire au Sahel alors que l’échéance de la prochaine élection se rapproche.

Ces deux gouvernements ont présenté à l’opinion publique ces « opérations extérieures » comme une guerre classique, c’est-à-dire une guerre qu’il faut mener pour la sécurité de la nation. Mais, pour beaucoup, ces opérations extérieures relèvent davantage de la politique étrangère que de la politique de sécurité nationale. La sécurité de la France semble moins en jeu en Afghanistan et au Sahel que son influence sur la scène internationale. Ce qu’un haut gradé a résumé en déclarant : « La France sans Barkhane, c’est l’Italie. »

Or cette politique est aujourd’hui doublement perdante : au plan intérieur, le coût humain de la politique du rang international est difficilement défendable devant l’opinion publique ; et, au plan extérieur, l’interventionnisme militaire des autorités françaises accroît la francophobie en Afrique – où la France a déjà perdu la bataille des cœurs et des esprits – et susciterait de nouvelles vocations terroristes. L’engagement dans des conflits asymétriques est donc une modalité contre-productive de la guerre contre le terrorisme. Dans le sillage du gouvernement américain, qui négocie sa sortie du conflit afghan avec les talibans, le gouvernement français vient de redécouvrir au XXIe siècle une leçon tragique du XXe.

On ne peut pas réformer la gouvernance néo-patrimoniale par décret

En Afrique subsaharienne en général et au Sahel en particulier, la gouvernance des États est néo-patrimoniale. Depuis au moins trente ans, de très nombreux travaux de recherche ont mis en évidence le fonctionnement de l’État néo-patrimonial (accaparement privé des biens publics par l’élite dirigeante et pratique politique essentiellement clientéliste) et ses effets délétères.

À long terme, le fonctionnement de l’État néo-patrimonial aboutit au délitement insidieux des services publics, à la criminalisation des élites dirigeantes, à l’intensification des luttes de pouvoir et à la neutralisation de l’aide internationale. Celle-ci est assez largement détournée de son but initial et sert surtout à la survie des élites politiques du pays. Elle équivaut à remplir un tonneau que d’autres vident, notamment quand elle prend la forme de l’aide budgétaire, ce qui est de plus en plus fréquent. En 2020, la démonstration du lien entre décaissements d’aide budgétaire et gonflement de comptes offshore a coûté son poste à Penny Goldberg, l’économiste en chef de la Banque mondiale, ce qui en dit long sur l’omerta qui règne dans les milieux de l’aide internationale.

Si les bailleurs ont pris conscience dès les années 1990 que la gouvernance néo-patrimoniale des États africains était au cœur de leurs problèmes, leurs efforts visant à réformer ou à changer cette gouvernance ont rarement été couronnés de succès. Selon les évaluations de la gouvernance en Afrique qui font référence (celle de la Fondation Mo Ibrahim et celle de la Banque mondiale), après une amélioration de la gouvernance de 2010 à 2015 cette dernière a stagné. En 2019, selon la Fondation Mo Ibrahim l’état global de la gouvernance en Afrique a même régressé.

Au Sahel, cette mauvaise gouvernance a été exposée et n’épargne aucun secteur : la prolifération des trafics de drogue, d’armes, d’or et de migrants avec la complicité des gouvernants ; les relations notoires du président du Mali démis par les putschistes en août 2020 avec la mafia corse ; le train de vie extravagant de son fils ; les détournements de fonds au ministère de la Défense du Niger, etc.

Si le diagnostic de la gouvernance néo-patrimoniale est bien connu, en revanche l’échec des méthodes de soins ne l’est pas. Appeler à focaliser l’action des bailleurs internationaux (un des « 3D ») sur la gouvernance et la réforme de l’État revient à ignorer les vingt dernières années de réformes de gouvernance promues par les donateurs. Beaucoup de programmes de changements institutionnels ont été mis en œuvre et des milliards de dollars ont été dépensés sans résultats probants. La plupart des évaluations de ces programmes mettent en évidence le caractère cosmétique des changements par décret et l’écart entre les textes adoptés et leur application. Certains régimes africains utilisent l’argument de la souveraineté pour refuser les réformes ou mènent des stratégies d’enlisement de ces dernières. L’aide internationale a démontré son incapacité à changer l’État néo-patrimonial. Par conséquent, si l’on estime que l’une des conditions essentielles pour vaincre l’islamisme radical au Sahel est de demander aux gouvernants de mettre en œuvre des changements profonds qui vont à l’encontre de leurs intérêts directs, on comprend pourquoi la victoire est douteuse.

Les dirigeants français ont ignoré/oublié qu’on ne peut pas gagner des guerres asymétriques et que l’aide internationale n’a pas réussi à changer la gouvernance des États africains – c’est-à-dire que deux des 3D (défense et développement) étaient voués à l’échec. Pour avoir oublié ces leçons pourtant bien connues, le gouvernement français se retrouve aujourd’hui dans la même impasse que le gouvernement américain.

Thierry Vircoulon, Coordinateur de l’Observatoire pour l’Afrique centrale et australe de l’Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme, Université de Paris

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

The Conversation
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Deuxieme audience de la CVJR
Sécurité

La CVJR, l’espoir d’une paix durable au Mali

by Bakary FOMBA 12 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le retour de la paix, de la réconciliation et de la cohésion sociale au Mali nécessite que les victimes de violences soient écoutées. La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) est l’organe chargé de ce travail au Mali. Il est l’espoir d’une paix durable.

« Le refus de s’informer sur le passé et même très récent, la tentation de s’enfermer dans ses certitudes sur les responsabilités des uns et des autres dans les crimes du passé et du présent, sont des obstacles redoutables à la reconquête de la paix et de la cohésion sociale », déclare Gilles Yabi, fondateur du Think-tank Wathi, sur Radio France internationale (RFI), le 9 janvier 2021. Les témoignages des citoyens qui ont subi des actes de tortures, d’exactions, d’exécutions sommaires sont assez importants. Ils sont un véritable vecteur de sensibilisation sur le respect des droits de l’homme et ils permettent de comprendre aussi l’impact psychologique de ces actes.  

« Instauration d’une paix durable »

Pour réussir ce chantier, il convient de faire comprendre le rôle de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation, explique M. Yabi. « Le travail de cette Commission, si elle est davantage mise en lumière, peut contribuer à briser l’enclouage de l’ignorance, de la mauvaise foi et de la violence », a-t-il précisé. Cette Commission a été créée en 2014 en vue de « contribuer à l’instauration d’une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques ».

À l’occasion de l’ouverture de la deuxième audience publique de la CVJR, le 5 décembre 2020, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le rôle de cette Commission a été largement expliqué. « [ndlr] les audiences publiques de la CVJR sont une opportunité unique pour les citoyens d’apprendre des expériences des victimes, témoins et survivants de violence de masse, et une occasion pour les victimes d’être reconnues dans leur dignité et soutenue dans leur processus de guérison ». Ce n’est pas tout, la place de cette Commission va encore au-delà. Ces Audiences publiques « contribuent directement à la réconciliation nationale en montrant publiquement la diversité des souffrances et le fait que chacun a été affecté, à diverses périodes, et par-delà les différences politiques, idéologiques, ethniques, ou religieuses ».

Selon le directeur général de l’Avocat sans frontières Canada (ASFC), Me Pascal Paradis, « le travail et la présence de la CVJR auprès des personnes et des groupes en situation de vulnérabilité, en particulier les femmes et les filles, ont une valeur inestimable pour la construction d’un Mali juste, inclusif, uni et réconcilié ».

« Soutenir davantage son travail »

Malgré son importance avérée, cette Commission reste confrontée à de nombreuses difficultés, déplore Gilles Yabi. De 2012 à nos jours, plusieurs régions du Mali continuent d’être la proie à des conflits persistants. L’instabilité politique au Mali, les contraintes liées à la disponibilité des ressources humaines et financières dans le pays ont eu des impacts considérables sur les travaux de la commission, explique M. Yabi. Selon lui, c’est ce qui explique également le retard observé dans l’ouverture des bureaux de la Commission au niveau régional comme Gao, Tombouctou, Mopti, Ségou ou Kidal.

Bien qu’elle soit confrontée à des difficultés, la CVJR poursuit son combat avec abnégation. Sa deuxième audience publique s’est tenue le 5 décembre 2020. Une occasion que la Commission a saisie pour « faire témoigner des victimes sur les violations graves de droit de l’Homme commises au Mali de 1960 à nos jours. » Au total, « 12 victimes et 1 témoin clé ont témoigné durant cette deuxième audience ». Selon M. Yabi, la Commission a recueilli au total, dix-huit mille sept cents (18 700) témoignages sur toute l’étendue du territoire malien.

Vue toute l’importance avérée de la CVJR, l’ASFC demande à l’État malien et à la communauté internationale de « reconnaître à nouveau le rôle fondamental de la Commission et à s’engager à soutenir davantage son travail ». Parce que c’est un espoir de paix durable au Mali.

Bakary Fomba

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La population dOgossagou village de la region de Mopti au Mali
Sécurité

Durant le dernier trimestre 2020, « le centre du Mali a été le théâtre de 45 % des attaques » (Rapport)

by Chiencoro 11 janvier 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Le dernier trimestre de l’année 2020 a été marquée par plusieurs faits nouveaux en matière de sécurité au Mali. Les attaques se sont multipliées dans le centre du pays et les civils restent les principales victimes.

La situation sécuritaire au Mali reste préoccupante. Le centre de gravité se trouve au centre du pays. « Le centre du Mali a été le théâtre de 45 % des attaques, dont 36 % se sont produites dans la région de Mopti et 9 % dans celle de Ségou », souligne lesecrétaire général des Nations unies dans son dernier rapport trimestriel de 2020 sur la situation au Mali. La même source précise que « les groupes armés communautaires ont continué de mener des attaques contre les civils dans la région, et la violence armée a gagné la région de Ségou ». Comme autre fait nouveau durant la période en revue, dans le nord du pays, « les groupes extrémistes violents sont restés actifs ».

Les civils, victimes de première plan dans le centre

Durant le dernier trimestre de l’année écoulée, le centre du Mali, notamment la région de Ségou, a vu naître une série d’événements graves. « [ndlr] depuis début octobre, le village de Farabougou et des villages voisins de la commune de Dogofri, dans le cercle de Niono, ont été la cible d’attaques et de blocus de la part de ce que l’on présume être des combattants extrémistes », indique-t-on dans ce rapport d’une vingtaine de pages. Cette situation a entrainé la mort d’au moins six civils et fait des dizaines de blessés. Elle s’est traduite également « par l’enlèvement d’au moins 20 civils, le déplacement de plus de 2 000 familles des villages des communes de Dogofri, de
Mariko, de Siribala et de Sokolo et des vols de bétail
 ». Selon le secrétaire général de l’ONU, le nombre de personnes bloqué à Farabougou est estimé à près de 4 000 personnes.

Dans la zone de Mopti également, « les civils continuent d’être les principales victimes des attaques des groupes armés communautaires, y compris Dan Nan Ambassagou, ainsi que des groupes extrémistes violents ». Selon les mots du secrétaire général de l’ONU, « l’utilisation d’engins explosifs improvisés par des groupes armés a continué d’entraver la liberté de mouvement des civils et des forces de sécurité ». Au total, six officiers ont été blessés dans deux attaques menées contre l’armée malienne à l’aide d’engins explosifs improvisés, les 1er et 11 novembre, dans les cercles de Mopti et de Douentza, dans la région de Mopti, précise-t-on. Deux soldats de la Minusma ont été également blessés dans l’explosion d’un engin explosif improvisé dans le cercle de Bandiagara, région de Mopti.

Une véritable avancée dans la coopération

Dans le nord du Mali, la paix est loin d’être également un acquis malgré la mise en œuvre de nombreuses initiatives. « [ndlr] Les affrontements entre les groupes affiliés au GSIM et à l’EIGS se sont poursuivis, notamment près de la zone de la triple frontière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, et en particulier dans le cercle d’Ansongo, dans la région de Gao », précise le rapport. Dans la région de Tombouctou, le 1er octobre, deux policiers maliens ont été tués et un troisième a été blessé dans une attaque.

Le secrétaire général de l’ONU se réjouit de l’évolution de la situation régionale en matière de coopération dans la lutte contre le terrorisme.« Les forces internationales de lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel, y compris la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel, ont encore accru la cadence de leurs opérations au cours de la période considérée », souligne-t-on. Depuis l’assassinat, le 13 novembre, de Ba Ag Moussa, un important chef militaire du GSIM, par les autorités françaises, la Force conjointe du G5 Sahel a reçu des appuis de ses partenaires français. Les forces armées maliennes ont reçu, quant à elles, 10 000 litres de carburant, ainsi que trois mois de rations alimentaires et un soutien médical, des forces françaises, indique-t-on.

Au regard de tous les faits nouveaux ayant marqué le dernier trimestre de 2020, malgré les nombreux efforts de part et d’autre, le constat est que le pari est loin d’être gagné.

Fousseni Togola

11 janvier 2021 0 comments
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