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Ouverture de l'atelier de la 2ème phase de formation du projet de Santé et droits sexuels et reproductifs
Santé

Santé et droits sexuels et reproductifs : des organisations volent au secours des jeunes du Sahel et du Bénin

by Chiencoro 17 mai 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet pour la « promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs (SDSR) en milieu scolaire au Burkina Faso, Niger, Mali et Nord Bénin », un atelier de formation a commencé, lundi 17 mai 2021, à l’hôtel Columbus de Bamako. Cette formation qui regroupe quatre organisations de quatre pays prendra fin le 21 mai prochain.

Au Mali, au Niger, au Burkina Faso ainsi qu’au Bénin, les jeunes et les adolescents connaissent de nombreuses difficultés en matière de santé et droits sexuels et reproductifs en milieu scolaire. Selon les statistiques, en 2016, 6 000 cas de grossesses ont été recensés dans les écoles primaires et secondaires du Burkina Faso. Au Bénin, de 2016 à 2020, 9 369 cas de grossesses ont été enregistrés chez les adolescentes dans les établissements secondaires.

« Acquérir les capacités en SDSR et en communication sur la sexualité »

Dans ces pays, la « population jeune, scolarisée ou non, se trouve confrontée à d’importants problèmes de santé sexuelle et de la reproduction », précise Dr Albatour Touré, représentante de l’UNFPA. À cela s’ajoutent les violences faites aux femmes, le mariage d’enfants, les pressions en matière de fertilité et l’accès limité à l’information fiable et aux services de santé adaptés. Pourtant, « les adolescent(e)s et jeunes constituent la frange la plus importante de la population ».

Selon Sidiham Baydari, Coordinateur national du projet jeune, il faut une formation de qualité de ces jeunes. « Il y a donc un besoin urgent de combler le déficit de connaissances et le manque de compétences en SDSR et en communication sur la sexualité avec les jeunes de l’UP et des établissements secondaires pilotes », lit-on dans les Termes de référence de la formation des « super-formateurs » d’Orange Knowledge Programme (OKP). Un programme financé par le gouvernement du Royaume des Pays-Bas et qui regroupe quatre organisations : Association d’appui et d’éveil pugsada (ADEP) au Burkina Faso, ONG SonGES Niger au Niger ; AfriYAN Mali au Mali et l’Université de Parakou (UP) au Nord-Bénin.

Après la première phase de la formation, qui s’est tenu du 19 au 25 avril 2021 à Ouagadougou, au Burkina Faso, ces quatre organisations se retrouvent pour la deuxième phase au Mali. Des formations qui leur permettront « d’acquérir les capacités nécessaires en SDSR et en communication sur la sexualité ». Ensuite, former et sensibiliser non seulement les enseignants, les parents, les pairs éducateurs, les élèves, mais aussi des leaders d’opinion, des communautés, des ministères sectoriels de la santé et de l’éducation, des associations ainsi que des ONG, etc.

« Pour bien travailler, il faut avoir des jeunes en bonne santé »

Lors de l’ouverture de la 2e phase de l’atelier au Mali, le Coordinateur national d’Afriyan Mali, Hafuzou Boncana Touré, n’a pas manqué de mot pour remercier leurs partenaires dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme. « Durant les cinq jours de formation, j’espère que nous passerons de très bons moments ensemble », a-t-il espéré.

La directrice exécutive de ADEP, Hortense Lougué Kaboré a trouvé important de multiplier les plaidoyers auprès des gouvernements afin de bénéficier de plus d’accompagnement en matière de santé et droits sexuels et reproductifs des jeunes dans la région sahélienne ainsi qu’au Bénin. Parce que les défis des jeunes sont nombreux, a-t-elle fait comprendre.

Dr Albatour Touré a saisi cette occasion pour mettre le doigt non seulement sur les problèmes liés à la forte croissance démographique dans les pays du sahel, mais aussi à la jeunesse de cette population.

« La disponibilité d’un capital humain de qualité est en effet indispensable dans le maintien d’une croissance économique forte et durable. Il s’acquiert par l’éducation et l’expérience, et suppose une bonne santé et une résistance aux maladies », a indiqué Dr Touré avant de préciser : « Pour bien travailler, il faut avoir des jeunes en bonne santé. ».

Ce projet est appuyé, depuis le début, par le Cabinet international de Recherche et d’Expertise en santé sexuelle de la reproduction. Au total, quatre (4) séances de formation des « super formateurs » sont prévues dans le cadre de ce projet.

Fousseni Togola

17 mai 2021 0 comments
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Gouvernement-Untm
OpinionPolitique

Grève de l’UNTM : le gouvernement de transition entre le marteau et l’enclume

by Chiencoro 17 mai 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Après l’échec des négociations entre le gouvernement et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), plusieurs secteurs de la vie professionnelle pourraient être perturbés à partir de ce lundi. Avec ce mouvement de grève, le gouvernement de transition se trouve entre le marteau et l’enclume.

Après une semaine partiellement perturbée en raison de la fête de ramadan, les administrations maliennes connaitraient une deuxième semaine plus perturbée. Après l’échec des négociations avec le gouvernement, la plus grande centrale syndicale, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), décide de maintenir son mot d’ordre de grève de 96 heures, soit 4 jours, du lundi 17 au vendredi 21 mai 2021.

Grève illimitée ?

Cette centrale syndicale, créée en 1963 lors du congrès constitutif à Bamako du 24 au 28 juillet, regroupe au moins 13 syndicats de tous les secteurs de la vie professionnelle au Mali. Les services de santé, le trésor, la douane, les Banques et établissements financiers, la SOMAGEP SA ainsi que l’EDM SA pourraient se trouver tous paralysés cette semaine. La justice pourrait ne pas être épargnée par ce mot d’ordre. Les greffiers, les secrétaires de greffes et les parquets sont en principe concerné par ce mouvement de grève qui paralysera ainsi la quasi-totalité des secteurs d’activité au Mali.

Pourtant, selon les responsables de la centrale syndicale, la grève pourrait se poursuivre du lundi 24 au vendredi 28 mai 2021 et pourrait devenir illimitée à partir du 31 mai s’il n’y a toujours pas d’accord avec le gouvernement.

« Éviter les erreurs du passé »

« Notre principale revendication tourne autour de l’harmonisation des primes et des indemnités et aussi de l’harmonisation de la grille salariale », a indiqué Moustapha Djitté, secrétaire aux revendications de l’UNTM. Lors du traditionnel vœu à la nation, le 31 décembre 2020, le président de la République, Bah N’daw avait estimé, pour « éviter les erreurs du passé », que cette harmonisation ainsi que la rationalisation des statuts des travailleurs, qui devraient être décidées à travers une conférence sociale annoncée préalablement pour fin 2019, pouvaient être une bonne idée.

Seulement des syndicats sont à couteau tiré autour de cette harmonisation. Les uns la réclamant, les autres la rejetant comme une menace pour certains de leurs intérêts. Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont non seulement boycotté l’atelier préparatoire de la Conférence sociale, mais ont également lancé des avertissements aux autorités de transition en les invitant à « l’application totale de l’article 39 en toute circonstance. » Selon leurs précisions, cette harmonisation des grilles salariales est une véritable menace pour l’application de cet article 39. 

L’atelier préparatoire de la Conférence sociale a également été boycotté par la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) et la Centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM). Pourtant les autorités de transition justifient cette décision par un souci de justice sociale entre les travailleurs du pays.

Une situation énigmatique

« La Transition ne saurait répéter les erreurs du passé ni poser des actes qui hypothèquent l’avenir », avait laissé entendre le président de transition lors de ses vœux de Nouvel An. Cette volonté d’harmonisation, qui est devenue une exigence de l’UNTM, ne préserve pas encore la transition contre les erreurs du passé et la met entre le marteau et l’enclume.  

En cédant aux pressions de l’UNTM, c’est l’école malienne qui risque de traverser une nouvelle zone de turbulence. Les enseignants ont déjà formé une ceinture de sécurité autour de leur « article 39 » qu’ils estiment chèrement acquis à travers une lutte syndicale. Faut-il donc fermer les yeux sur la paralysie des administrations maliennes qui constitue un coup dur pour toute l’économie du pays ?

Les autorités de transition se retrouvent dans une situation énigmatique à une période où le Premier ministre Moctar Ouane s’affaire à la composition d’un nouveau gouvernement, après la démission de l’ancien, vendredi 14 mai 2021.

L’UNTM exige également l’application immédiate de ses accords avec le gouvernement à travers le Procès-verbal de Conciliation du 5 février 2021 et dont les délais d’application de certains points arriveraient à expiration. Aussi demande-t-elle le traitement diligent des accords dont les délais ne sont pas arrivés à terme en vue de l’extinction du même Procès-verbal. Avec ce mouvement de grève de l’UNTM, le gouvernement de transition se trouve entre le marteau et l’enclume.

Fousseni Togola

Source : Maliweb.net

17 mai 2021 1 comment
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Une jeune fille triste
Santé

Célibat : « Les hommes me fuient parce que je suis possédée »

by Sahel Tribune 17 mai 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Ce billet fictif, inspiré d’un fait réel travaillé par l’imagination de Mariam, plonge le lecteur dans une réalité courante dans les sociétés maliennes : la question des jeunes filles possédées. Pour la plupart, le mariage reste un rêve difficilement atteignable en raison de leur mal que fuient bon nombre d’hommes.

Amina souffle bientôt sa trentième bougie. Mais toujours célibataire. Alors que la plupart des filles de son âge sont déjà des mères au foyer. Belle, charmante, intelligente et gentille, Amina est l’objet d’une rude concurrence. Tous les hommes qui la voient tombent ipso facto sous son charme. Des propositions en mariage sont faites comme elles sont renoncées. 

Esprits jaloux

« Les hommes me fuient parce que je suis possédée », déplore la jeune dame. Sous le contrôle des esprits, elle devient incontrôlable et difficile à maîtriser. On dirait que sa force se quadruple. Elle déteste pendant cette courte période toute compagnie humaine.

« Ces esprits, qui semblent jaloux de moi, ne se manifestent aussi sévèrement que lorsque je suis sur le point de réussir une nouvelle relation amoureuse », indique-t-elle. Pourtant, nombreux sont ceux qui ne prennent pas au sérieux cette histoire d’esprits assez fréquents chez les jeunes filles de notre ère. On nie leur existence sans pour autant réussir à expliquer concrètement ce qui fait que ces filles se débattent une fois que ces esprits se manifestent.

« Le véritable amour existe toujours »

Cette situation fait croire à Amina qu’il n’existe pas de véritable amour dans ce monde. « L’amour est d’aimer son partenaire, l’aider corps et âme lorsqu’il se trouve dans des difficultés, mais tous ces hommes qui continuent à me fuir parce qu’ils ont découvert que j’étais malade ne m’aimaient pas au fond », se convainc-t-elle.

Comme on le dit généralement, dans le désespoir naît l’espoir. Amina finit par rencontrer son âme sœur : Ousmane. Désespérée de toutes les relations amoureuses devant conduire au mariage, prête à accepter désormais son sort de célibataire à vie, elle a décidé d’avertir tous les candidats qui se pointeront.

À Ousmane, depuis leur première rencontre, il explique ce dont elle souffre. Le jeune Ousmane, également dans la trentaine, accepte malgré tout d’épouser Amina et de la guérir de son mal. « Je suis aujourd’hui la plus heureuse des femmes. Je découvre enfin que le véritable amour existe toujours quelque part. Mais il faut du temps avant de la découvrir », conclut-elle toute heureuse sous son voile de mariage.

Mariam

17 mai 2021 0 comments
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Yamoussa Camara, auteur du livre, à droite
Seko ni Donko

« Présumé coupable » de Yamoussa Camara: le « récit d’une longue épreuve » ?

by Bakary FOMBA 16 mai 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Samedi 15 mai 2021 a eu lieu, au Mémorial Modibo Keita de Bamako, le lancement du livre « Présumé coupable, ma part de vérité » du général Yamoussa Camara. Un ouvrage qui pourrait être traduit comme le « récit d’une longue épreuve et d’une renaissance » pour reprendre Tariq Ramadan.

« Ce livre n’est pas un plaidoyer pour ma défense. Ce n’est pas non plus une invitation à s’apitoyer sur mon sort. C’est le récit, franc et sincère, d’une épreuve difficile et douloureuse. », lit-on dans le préambule de « Devoir de vérité », publié par l’islamologue suisse, Tariq Ramadan, chez les éditions Presses Châtelet en 2019, après sa libération provisoire. Ce passage du livre de Tariq Ramadan décrit le plus explicitement possible le but de l’ouvrage du général Yamoussa Camara, « Présumé coupable », publié chez Figuira éditions, et officiellement lancé le 15 mai 2021.

« J’avais placé mon espoir en la justice »

Cet ouvrage sert à l’auteur de tribune pour livrer son opinion sur des questions politiques et militaires de son pays. Aussi se prononce-t-il sur la question de la justice ainsi que d’autres questions qu’il estime assez fâcheuses de la République du Mali.

L’auteur n’hésite point à lancer également des pierres dans le jardin de la justice malienne en mettant le doigt sur ce qui peut être appelé la plaie de cette justice : l’incapacité à dire la loi. Un constat qui a, selon lui, motivé la rédaction de cette œuvre littéraire. « J’avais placé mon espoir en la justice. J’avais pensé que le procès serait l’occasion pour moi de me blanchir en identifiant les vrais coupables. Puisque cela n’a pas été possible, j’étais dans l’obligation d’écrire pour dire la vérité, montrer que la justice a été incapable de dire la vérité au nom de la loi et de la dignité humaine », a-t-il laissé entendre au cours du lancement de son ouvrage le samedi dernier.

« Victime d’un mensonge d’État » 

« Un mal peut être un bien, une malédiction une bénédiction, une chute une élévation. », lit-on chez le professeur Tariq Ramadan. Sans langue de bois, à travers cet essai, l’ancien ministre de la Défense et des Anciens Combattants cherche à prouver son innocence et à rétablir son honneur dans l’affaire dite des Bérets rouges.Le général Yamoussa Camara s’en prend surtout à l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maiga, qu’il accuse d’avoir comploté et manipulé la justice afin de lui faire condamner injustement.

L’auteur s’estime « victime d’un mensonge d’État ». Il accuse également des hommes politiques qui, selon lui, ont trahi le Mali au profit de leurs intérêts égoïstes.

Tout comme chez Tariq Ramadan, ne faut-il pas comprendre cet ouvrage du général Yamoussa comme le « récit d’une longue épreuve et d’une renaissance » ?

Bakary Fomba

16 mai 2021 0 comments
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Des techniciens
Opinion

Mali : besoin de techniciens politiques plutôt que d’utopistes 

by Chiencoro 16 mai 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

« Le Mali serait victime de malédiction », pourraient penser certains pessimistes en raison des nombreux coups d’État perpétrés pour la renaissance, mais, qui se soldent tous au désespoir. Le retour cyclique des mêmes maux doit inciter les politiques à devenir des techniciens au lieu de toujours demeurer utopistes.

Depuis son indépendance, en 1960, le Mali a toujours été confronté à des coups d’État. À chaque renversement de régime, l’objectif affiché demeure la volonté du renouveau et la fin de certains maux dont souffrent les citoyens : l’insécurité, la cherté de la vie ou encore la mauvaise gouvernance, etc. 

Dialectique en marche

Si les coups d’État sont devenus une coutume dans ce pays, c’est parce que toutes les options, vues comme solution lors du renversement des différents régimes qui se sont succédé, ont été sanctionnées par des déceptions. Déceptions en donnant généralement lieu à d’autres maux souvent plus graves. Le régime à tendance socialiste de Modibo Kéïta a été remplacé par la dictature de Moussa Traoré qui sera ensuite remplacée par la démocratie à la suite du vaste mouvement de 1991. Ce régime démocratique a déjà à son actif deux coups d’État militaires. 

En 2020, le renversement du régime Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) et la venue des militaires au pouvoir avaient été vus comme une panacée. Malheureusement, les problèmes dénoncés sous le régime déchu ont persisté — voire à s’aggraver. L’insécurité tant dénoncée sous IBK s’est étendue beaucoup plus vers le Sud du pays. Avant le renversement d’IBK, plusieurs Premiers ministres ont même été démis de leur fonction juste parce qu’ils avaient été estimés incapables de mieux gérer la crise socio -politico-sécuritaire et institutionnelle qui perdure.

Monde d’utopies

Les citoyens aussi bien que la classe politique, voire la société civile malienne, semblent toujours incapables de se rendre compte de cette évidence : les problèmes demeurent pour l’éternité. Nul homme, nul chef d’État ou homme politique ne peut prétendre parvenir à une résolution définitive des maux dont la nation souffre. La solution à chaque problème demeure le départ d’un nouveau problème souvent plus grave que l’ancien. Une succession indéfinie de maux que des penseurs ont appelé « la dialectique des problèmes » ou encore « l’éternel retour ».

Selon Karl Popper,« la vie cherche un monde meilleur. Chaque être vivant pris isolément cherche un monde meilleur ou cherche tout au moins à s’arrêter ou à ralentir son déplacement là où le monde est meilleur. Et cela va de l’amibe jusqu’à nous. Notre désir, notre espoir, notre utopie sont toujours la découverte d’un monde idéal. »

Ce monde meilleur demeure et reste un désir, un espoir, et une utopie. Sa recherche se solde toujours au désespoir. La renaissance attendue après le départ du régime IBK ainsi que ceux des régimes l’ayant précédé demeure un idéal pour le peuple malien. Depuis Modibo Kéïta jusqu’à nos jours, le terrorisme a toujours existé et des options ont toujours été testées afin de résoudre cette crise, mais aucune n’est encore parvenue à le bouter hors du territoire. Faut-il donc renoncer à l’action parce que les problèmes sont infinis ?

Devenir des techniciens politiques

Pas pour autant. Exister, c’est tenter de résoudre des équations. En tant qu’être faillible, l’homme ne peut que poser des postulats qu’il testera sur des maux. Jean Baudouin expliquait que « tout art politique consiste dans ce que Popper appelle “raccommodage fragmentaire”, c’est-à-dire cette multitude de “petits réglages” grâce auxquels les techniciens politiques parviennent à corriger les trajectoires et à gérer convenablement la société ». 

Il s’agit donc d’opter pour la méthode plus rationnelle d’« édification au coup par coup » ou encore par « intervention limité ». Les techniciens politiques doivent plutôt travailler à résoudre des problèmes réels du peuple, tels que la famine, la guerre, le chômage, ici et maintenant, au lieu de toujours se fixer des idéaux jamais atteints ou un bonheur collectif difficilement atteignable. « Un combat systématique contre la souffrance, l’injustice et la guerre a — du reste — plus de chance d’avoir l’appui des masses qu’un combat pour une société difficilement imaginable. », écrivait Karl Popper.

Il nous faut donc comprendre que les problèmes sont des phénomènes qui nous collent à la peau. Aucun homme ne possède et n’aura une solution miracle aux maux en raison de la nature humaine faillible. Il faut alors être de véritables techniciens politiques.

Fousseni Togola

16 mai 2021 0 comments
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Une femme fait la lessive au bord du fleuve
Éducation

Kant : « Consolation adressée à une mère » après la mort de son fils

by Sahel Tribune 16 mai 2021
written by Sahel Tribune 6 minutes read

En 1760, un des anciens étudiants de Kant est décédé prématurément. Affligé par cette mort, son professeur adresse une lettre de consolation à la mère de ce jeune homme. Dans cette correspondance, Kant exprime ses pensées sur la mort prématurée.

« J’ai la profonde douleur d’annoncer le décès de mon fils Idrissa dit Idi à l’âge de 37 ans en ce samedi à 1 heure du matin », annonçait l’ancien Premier ministre malien, Soumeylou Boubeye Maïga, le 20 février 2021, sur sa page Facebook. C’est une épreuve difficile pour tout parent de voir mourir son enfant tout jeune, l’enterrer lui-même. Beaucoup sont les parents qui souhaitent partir avant leurs enfants, permettre à ceux-ci d’avoir la chance et l’honneur de les enterrer.

Tout comme Idi ou beaucoup d’autres jeunes gens, cette chance n’a pas été pour Jean-Frédéric De Funk. Cette chance d’organiser les funérailles de sa mère Agnès Élisabeth — veuve du capitaine de cavalerie de Funk, née De Dorthösen, héritière des biens de Kaywen et de Kahren en Courlande. Au contraire, c’est celle-ci qui a eu la lourde épreuve d’assister à la mort prématurée de son fils. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Kant, professeur de philosophie à l’académie de Königsberg, écrivit en 1760 une lettre de consolation à la mère de Jean-Frédéric De Funk.

« Cette lettre, qui remonte à l’année 1760, est vraiment une méditation philosophique, et par la noblesse des idées qu’elle exprime, par la haute moralité qu’elle respire, par le ton religieux qui y règne, elle méritait de figurer parmi les œuvres morales de Kant. », commentait en juillet 1855 Jules Barni, spécialiste et traducteur français des œuvres de Kant. Il ajoute : « On sentira, en la lisant, que chez ce grand philosophe le génie n’avait point étouffé le cœur. »

« Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger »

Pour le philosophe de Königsberg, la plupart des hommes passent leur temps à courir derrière les plaisirs de la vie. Et cela « sans se donner la peine de prendre garde aux bascules qui font tomber l’un après l’autre, à côté d’eux, leurs compagnons dans l’abîme, dont l’infini est la mesure, et qui finira par les engloutir eux-mêmes au milieu de leur course impérieuse ».

Ainsi cite Kant un ancien poète, sans le nommer, qui, pour Emmanuel, dresse « un trait touchant du tableau de la vie humaine, en représentant l’homme qui vient de naître ». A en croire ce poète, l’enfant commence par remplir « l’air de ses cris », lesquels sont plaintifs comme toute personne qui vient d’entrer dans un monde à problèmes. Ensuite, grandi ou devenu homme, il joint deux arts l’un à l’autre : à celui de se rendre malheureux, il ajoute « celui de se le cacher lui-même ». Et Kant de conclure que malgré que la mort soit de tous les maux celui auquel l’homme a le plus peur, il semble ne pas toujours tirer des leçons avec les décès des autres, sauf si certaines de ses relations éveillent son attention.

Et qu’en est-il de la guerre quand elle arrache presque tout ? Selon Kant, la guerre ouvre la voie à toutes calamités pour l’espèce humaine. Quelque chose à laquelle certains se montrent indifférents, même s’ils en sont directement touchés.

« Mais quand, dans le calme et la paix de vie civile, ceux qui nous touchent de près ou que nous aimons, et qui, ayant devant eux autant ou plus d’espérances que nous-mêmes […], ces personnes […] sont emportées au milieu du cours de leurs efforts […], alors il faut bien que la sensibilité se réveillent chez ceux qui cherchent à l’endormir au sein des distractions. »

Ce sont là quelques pensées graves éveillées en Kant suite à la mort prématurée de Jean, digne fils de madame Agnès Élisabeth. Car, affirme-t-il : « Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

Rêve face à la mort

Nul n’échappe à la mort, reconnaît-on. L’homme se fait le schéma de sa vie sur terre, planifie son avenir, travaille à la réalisation de son destin — du moins, son destin qu’il se fait dans son imagination. Quand la mort frappe à sa porte, tout tombe à l’eau. Il ne sera plus de « ce monde fantastique ». Et ses envies et désirs partiront avec lui. Avec lui dans sa tombe, au cimetière. Kant rappelle cela à madame A. Élisabeth. Il la console avec cette réflexion, ces réflexions.

« Lorsque, de ce monde fantastique qu’il se crée à lui-même par son imagination et où il habite si volontiers, l’homme est ramené par son intelligence dans celui où la Providence l’a réellement placé, il est déconcerté par l’étonnante contradiction qu’il y rencontre et qui renverse complètement ses plans, en lui proposant une énigme indéchiffrable. »

Cette énigme indéchirable ici est la mort, laquelle dépasse le domaine de la raison pratique, le monde des phénomènes. Il est, avec Dieu et l’âme, du monde du noumène, sur lequel l’entendement humain ne peut que spéculer. Avec cette mort et la maladie, il arrive qu’on ne puisse pas jouir pleinement de sa jeunesse, une jeunesse des espérances. C’est en cela que Kant avance que « la Providence » (Dieu) peut nous procurer tous les biens de la vie et, par la suite, ne pas nous permettre d’en toujours profiter.

« L’homme qui a reçu en partage de l’habileté, du mérite, de la richesse n’est pas toujours celui auquel la Providence a accordé la plus large part des biens de la vie, et elle ne lui permet pas toujours de jouir du fruit de tous ces avantages ».

Seul le Sage est de tous celui qui « dirige surtout son attention sur la grande destinée qui l’attend au-delà de la tombe ». Il vit pour cela. Il n’oublie pas ce à quoi il est destiné, la mission que Dieu lui a confiée ici-bas. C’est une obligation pour lui de suivre cela afin d’avoir accès au poste que Dieu lui a réservé auprès de lui. C’est en ce sens qu’il fait tout avec sagesse et raison.

Pour Kant : « Un jeune homme plein d’espérances est mort, et combien de bonheur brisé ne croyons-nous pas avoir à regretter dans une perte si prématurée ? Mais dans le livre du destin peut-être en est-il tout autrement. »

Sagaidou Bilal Maîga

Source: Le sage Malien en herbe


KANT, Emmanuel, Œuvres philosophiques complètes, sous la direction de Magalie Schwartzerg, Arvensa Editions, 2020, 7123 p. ISBN : 979102730814 ( Consolation adressée à une mère, pp. 223-233).

Pour ne pas étouffer le texte avec les indications des numéros de page des passages cités, le blogueur a choisi de se contenter de citer ici la référence complète de l’ouvrage et l’emplacement de Consolation adressée à une mère dans celui-ci.

16 mai 2021 0 comments
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Renforcement des camps militaires maliens
Sécurité

Mali : le partenariat de combat, un facteur de stabilisation (communiqué)

by Sahel Tribune 15 mai 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

En coopération avec les différentes armées partenaires, les forces armées sahéliennes poursuivent leurs efforts dans la région dite des « trois frontières » en menant des opérations de harcèlement dans le Gourma et le Liptako. Lisez cet extrait du communiqué du 14 mai 2021 de l’Opération Barkhane. 

Cette semaine, un Sous-groupement tactique désert (SGTD) du GTD Bison s’est rendu dans le camp des forces armées maliennes (FAMa) de Bambara Maoundé, dans le Gourma malien, pour évaluer la robustesse de leur système de défense (protection de l’emprise, plan de défense, etc.) ainsi que l’autonomie du soutien sur place (eau, énergie). Dans le cadre du partenariat de combat, les militaires de la Force Barkhane se rendent régulièrement dans les garnisons FAMa pour faire un état des lieux et proposer des pistes simples d’amélioration : réalisation de forages pour être 

 autonome en eau, renforcement des murs de bastion walls, création et réfection de postes de combat, réalisation de fossés anti pick-up, etc. Ces mesures de protection passives doivent être entretenues et surtout complétées par des patrouilles de surveillance et des opérations de contrôle de zone. Le SGTD de Bison a donc aussi mené des entraînements conjoints avec les FAMa de la garnison afin d’accroître leur résilience face à l’ennemi. Depuis plus d’un an, la Force Barkhane a réalisé des audits et travaux sur 17 camps FAMA dans le Liptako et le Gourma. Ce maillage contribue au maintien de la présence de l’État dans des zones où il est parfois peu représenté.  

Source : Opération Barkhane

Notre rédaction a apporté des modifications au communiqué

15 mai 2021 1 comment
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