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The Achoura
Actu

Affaire thé Achoura : les consommateurs ne savent pas à quel saint se vouer

by Chiencoro 5 avril 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

L’affaire de thé Achoura suit son petit bonhomme de chemin. Après avoir demandé, sur la base d’analyse laboratoire, le retrait d’un lot de ce thé sur le marché en raison de son « danger pour la santé humaine », les autorités maliennes corrigent le tir. Cette situation crée finalement la confusion du côté des citoyens.  

À peine les interrogations sur les négociations, ayant conduit à la levée du blocus sur Farabougou (dans la région de Ségou), éteintes, les autorités maliennes se retrouvent au cœur d’une nouvelle polémique au sujet du thé Achoura. Cette affaire constitue un tournant décisif pour les autorités de la transition qui risquent de perdre davantage leur crédibilité aux yeux des Maliens.

« Traces de deux pesticides » dans un lot du thé Achoura

Dans sa lettre du 9 février 2021, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) du Mali, Pr Akory Ag Iknane alertait sur le danger de consommation du thé vert de Chine expédié au Mali (Achoura). Le directeur national de l’Agriculture précisait dans sa correspondance du 3 mars 2021 que « les investigations et analyses de laboratoire ont montré les traces de deux pesticides à des quantités dépassant le seuil tolérable » dans le seul lot N° JX 403120046 du thé Achoura.

Le retrait du marché de ce lot du produit avait ainsi été instruit. Une décision qui semble avoir manqué de prudence. Pourtant, ne dit-on pas que la prudence fait partie des vertus des hommes d’État.

Certes, il est du devoir de l’État de se soucier de la santé des consommateurs, mais il est aussi de son devoir d’être prudent afin d’éviter certaines erreurs aux conséquences peu enviables. La décision des autorités publiques maliennes dans l’affaire de thé Achoura peut, malgré la correction du tir, entraîner non seulement une discrimination du produit sur le marché, mais aussi la faillite de la société et par ricochet la mise en chômage de plusieurs travailleurs. Elle crée également la confusion dans le cœur des citoyens.

« Tous les résultats sont nets »

La révélation des autorités maliennes a défrayé la chronique. Les uns s’empennant à la société Houma Ag Hamdaga et les autres la défendant « contre une cabale montée de toute pièce ».

Une « contre-analyse réalisée sur ce thé Achoura par plusieurs laboratoires du continent et de la France » aurait en effet donné raison aux défenseurs de la société contre ses détracteurs et les autorités maliennes. Aucune « substance nuisible à la santé humaine » ne figure dans le lot « incriminé ».

Me Cheick Oumar Konaré, avocat de la société, précise que« tous les résultats sont nets : il n’y a aucune espèce de résidu de pesticide dans l’échantillon incriminé ». S’agissait-il donc d’une erreur de la part des autorités maliennes ? Une volonté manifeste d’incriminer cette société au profit d’une entreprise d’État ?

Où se situe la vérité ?

Au stade actuel des choses, on ne saurait rien affirmer. Mais l’on se demanderait finalement à quel saint les consommateurs doivent finalement se vouer. De quel côté se situe la vérité ? Les autorités qui ont affirmé le produit impropre à la consommation sont les mêmes qui se dédisent en réaffirmant que « le thé Achoura actuellement sur le marché est tout à fait sans aucun danger pour la consommation humaine ». Les autorités ont-elles finalement cédé au tollé autour de cette affaire ? Achoura contiendrait-il réellement des résidus de pesticide ?

En attendant, souvenons-nous de cette citation de cet écrivain allemand : « L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement [ndlr] ».

Fousseni Togola

5 avril 2021 0 comments
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Esclavage
Sécurité

Pourquoi l’« esclavage par ascendance » subsiste encore au Mali

by Chiencoro 5 avril 2021
written by Chiencoro 8 minutes read

Ces dernières années, les images de migrants africains enchaînés et vendus en Libye ont rappelé la triste contemporainité de pratiques esclavagistes semblant relever d’un autre âge. Mais en Afrique, et notamment en Afrique subsaharienne, la longue histoire, souvent méconnue, de l’esclavage a encore de lourdes conséquences dans de nombreux pays. Ainsi, au Mali, se perpétue une forme d’esclavage appelée « esclavage par ascendance ». Il s’agit de l’assignation du « statut d’esclave » à une classe de personnes sous le prétexte que l’un de leurs ancêtres aurait été réduit en esclavage par le passé par des familles de l’élite locale.

L’esclavage et les traites internes en Afrique de l’Ouest ont prédaté la traite transatlantique et se sont perpétuées au-delà des abolitions. Le commerce transatlantique a accéléré le recentrage des économies ouest-africaines sur la traite : pour répondre à la demande atlantique mais également trans-saharienne, des razzias et des guerres sont menées, les captifs sont gardés localement et/ou vendus comme esclaves pour financer les prochaines guerres.

L’esclavage en Afrique de l’Ouest connaît un regain au XIXe siècle. La multiplication de conflits locaux fait de nombreux captifs de guerre alors que l’abolition progressive de la traite transatlantique réduit la demande. L’« offre » devient alors pléthorique et les prix abordables pour toutes les couches de population. L’Afrique de l’Ouest entame à la même époque une reconversion dans l’économie de plantation, pour laquelle elle a besoin de main-d’œuvre. Les économies ouest-africaines sont dès lors basées essentiellement sur le travail des personnes esclavisées. Les enfants de ces personnes héritent du statut de leurs parents, créant une classe héréditaire reproductible et endogame, corvéable et exploitable à merci. Les rachats sont possibles mais rares.

Si le commerce des esclaves n’existe plus aujourd’hui, les pratiques d’exploitation sociale et économique héréditaire de type « esclavagage par ascendance » s’observent encore au sein des communautés nomades touarègues et peules résidant dans le centre et le nord du pays, mais elles sont en réalité présentes dans toutes les régions du Mali, ainsi que dans d’autres pays comme le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Nigéria, le Cameroun, le Tchad, le Soudan et le Sénégal.

En 2020, quatre militants maliens qui oeuvraient contre cette pratique ont été battus à mort à Djandjoumé, dans l’ouest du pays, sur l’ordre d’élites locales qui continuent de défendre les hiérarchies sociales héritées du passé esclavagiste. S’en sont suivies d’importantes manifestations contre l’esclavage à Kayes.

Une perpétuation silencieuse de l’esclavage

Après l’abolition de la traite interne des esclaves africains de 1905 par l’État colonial français, la libération totale des personnes esclavisées a été lente. Les autorités coloniales se préoccupaient davantage du contrôle des populations et du recrutement des populations anciennement esclavisées pour le travail forcé sur les chantiers coloniaux.

Les propriétaires d’esclaves se sont adaptés au nouvel environnement juridique en cachant la pratique sous le couvert de domesticité, de confiage et de mariage. L’esclavage par ascendance continue ainsi d’exister aujourd’hui.

esclavage et émancipation à Kayes au Mali.

Les victimes de l’esclavage par ascendance sont confrontées à des discriminations et des abus et peuvent se retrouver contraintes de travailler sans rémunération. Toute rébellion vis-à-vis de leurs supposés « maîtres » les expose à des sanctions dans les villages où elles résident : on les empêche d’accéder aux ressources essentielles comme l’eau, la terre ou les biens de consommation de base.

Un phénomène difficilement observable

Il n’y a pas de législation sur l’esclavage par ascendance. Il est donc difficile de connaître le nombre exact de personnes victimes de ce phénomène. En 2020, nous avons lancé un projet de recherche de trois ans pour analyser et cartographier les déplacements forcés de personnes cherchant à échapper aux conflits liés à l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes au Mali.

L’esclavage a une place centrale dans l’histoire de Kayes ; au XIXe siècle, la région était une zone de transit importante pour les caravanes d’esclaves. Nos recherches démontrent la continuité historique et l’ampleur des déplacements successifs liés à l’esclavage au Mali depuis le début du XXe siècle. Depuis 2018, plus de 3 000 personnes victimes d’esclavage par ascendance ont dû quitter leurs villages dans la région de Kayes, notamment en raison de leur engagement contre cette pratique. Nombre d’entre elles ont subi des exactions.

L’esclavage par ascendance se perpétue au Mali
L’esclavage par ascendance se perpétue au Mali. Nicolas Jalibert/Flickr

Ces déplacements internes – principalement au sein de l’espace rural dans le Sahel occidental – sont largement ignorés. Il est important de les étudier pour permettre une meilleure compréhension du phénomène et épauler les responsables politiques concernés dans la prévention et l’accueil de ces flux migratoires. Il s’agit également de pouvoir anticiper ces flux et renforcer la résilience des communautés d’accueil face à l’arrivée soudaine de familles déplacées. Nos recherches visent à proposer des mesures concrètes pour remédier à cette situation et pour gérer et prévenir le déplacement prolongé des victimes qui tentent d’échapper à l’esclavage.

Il n’existe pas de loi spécifique criminalisant l’esclavage par ascendance au Mali, contrairement aux pays voisins, le Niger et la Mauritanie. En raison de cette absence de cadre juridique protecteur, les victimes de l’esclavage par ascendance n’ont souvent d’autre choix que de fuir vers des régions plus « hospitalières ». Ces déplacements sont souvent causés par des conflits résultant de formes extrêmes d’exclusion ou de discrimination. Une large partie de ces déplacements est totalement invisible/invisibilisée.

Il s’agit d’une tendance historique. Depuis que les Français ont aboli l’esclavage dans la majeure partie de l’Afrique occidentale française en 1905, les résistances contre l’esclavage ont généré des vagues successives de déplacements. Parmi ceux et celles qui ont échappé à l’esclavage, certains ont tenté de retourner dans leur village d’origine, mais beaucoup ont décidé de ne pas le faire et se sont ré-installés ailleurs.

Une diaspora militante

La résistance à l’esclavage pour échapper aux violences systématiques a conduit à la fondation de communautés indépendantes mais également à la migration vers les villes et les pays voisins comme le Sénégal. Ces migrations ont été largement ignorées et passées sous silence.

Résister à l’esclavage au Mali.

Aujourd’hui, les personnes auxquelles sont encore assignés le « statut d’esclave » et leurs alliés continuent de protester contre leur traitement et leur exclusion de la société. Ils ont créé des réseaux internationaux, tels que Ganbanaxuun Fedde Armepes, qui est activement soutenu par la diaspora. Ils utilisent largement les réseaux sociaux. Le sujet a également été repris par la communauté des blogueurs maliens, qui a lancé la campagne « Mali sans esclaves » #MaliSansEsclaves.

Les partisans locaux des hiérarchies sociales historiques, avec la complicité d’une partie de l’élite dirigeante demeurée largement silencieuse sur ces questions, ont pour la plupart réagi violemment à cet activisme anti-esclavagiste. Les gens qui contestent l’ordre social basé sur l’esclavage par ascendance sont attaqués, et dans certains cas, assassinés. Ce qui provoque le déplacement forcé de centaines de familles.

Ces groupes déplacés de force, principalement des femmes et des enfants, font partie des populations les plus pauvres et les plus vulnérables du Sahel.

Une crise non reconnue

Les autorités maliennes continuent de refuser de reconnaître qu’il y a encore des victimes de l’esclavage par ascendance au Mali et prétendent plutôt que les victimes ne sont pas des esclaves mais des participants à des pratiques culturelles dites « traditionnelles », lesquelles devraient donc être respectées par souci de cohésion sociale.

Pourtant, le Mali est signataire de diverses conventions internationales contre l’esclavage et la traite et qui prévoient, entre autres, le droit à la vie et à la liberté.

Depuis 2012, une coalition d’organisations maliennes de défense des droits de l’homme plaide pour l’adoption d’une loi criminalisant l’esclavage par ascendance. Mais ce projet de loi a finalement été relégué dans un tiroir par le gouvernement sous prétexte d’autres priorités de crise.

Le gouvernement semble incapable ou peu désireux de s’attaquer à l’esclavage par ascendance et reste silencieux sur le sujet. L’esclavage est considéré comme un héritage tabou qu’il est honteux d’aborder ouvertement car il risque de délégitimer certaines élites dirigeantes actuelles qui ont fermé les yeux sur les tentatives de dissimulation de ces pratiques.

Tant que l’esclavage par ascendance ne sera pas criminalisé au Mali, il sera très difficile de poursuivre le combat contre les abus que subissent les personnes à qui est assigné le « statut d’esclave ». D’autant plus que le système judiciaire malien reste très dysfonctionnel et enclin à la corruption.

Nous proposons des mesures concrètes pour remédier à cette crise durable en formant des professionnels de la justice et en plaidant pour l’adoption d’une loi qui criminalise l’esclavage par ascendance. Nous préconisons la formation des gouvernements locaux et nationaux sur la manière de gérer efficacement les déplacements prolongés des victimes de cette pratique.


Leah Durst-Lee, qui travaille actuellement comme stagiaire de recherche à l’Université de Copenhague avec Lotte Pelckmans sur les déplacements ruraux prolongés, a contribué à la rédaction de cet article.

Marie Rodet, Reader in the History of Africa, SOAS, University of London; Bakary Camara, Professeur Titulaire Agrégé des facultés de droit et Doyen de la Faculté de Droit Public, Université des sciences juridiques et politiques de Bamako, and Lotte Pelckmans, Associate Professor, Centre for Advanced Migration Studies, University of Copenhagen

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

The Conversation
5 avril 2021 0 comments
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Un agriculteur
Climat et environnement

Face au changement climatique, les agricultures africaines au défi de la sécurité alimentaire

by Chiencoro 4 avril 2021
written by Chiencoro 5 minutes read

Le développement agricole et les systèmes alimentaires des pays d’Afrique subsaharienne seront inexorablement confrontés à des défis considérables dans les décennies à venir. Alors que la population mondiale devrait passer de 7,7 à 9,7 milliards en 2050, plus de la moitié de la croissance démographique planétaire d’ici à 2050 devrait se produire en Afrique, selon l’ONU.

Face à cette pression, le développement agricole fait déjà face à d’immenses défis, et l’on craint que les changements climatiques ne les aggravent dans les zones vulnérables. Une majorité de la population d’Afrique subsaharienne vit en effet dans des régions rurales, où les revenus et l’emploi dépendent presque entièrement de l’agriculture pluviale.

Le secteur agricole emploie entre 65 et 70 % de la main-d’œuvre africaine et représente généralement 30 à 40 % du produit intérieur brut.

De multiples facteurs biophysiques, politiques et socio-économiques se conjuguent pour accroître la vulnérabilité de cette région et risquent d’entraver sa capacité d’adaptation.

Précipitations, sécheresses et désertification

Le climat africain est déterminé par trois phénomènes climatiques critiques qui sont liés entre eux de manière complexe et qui ne sont pas encore entièrement compris. Il s’agit du mouvement de la zone de convergence intertropicale, de l’oscillation australe El Niño et de l’alternance annuelle des moussons. Chacun de ces phénomènes interagit avec l’autre, déterminant les régimes régionaux de température et de précipitations.

À cela s’ajoutent les changements climatiques en cours, qui ont des répercussions sur les précipitations et l’élévation du niveau de la mer, et entraînent une augmentation modérée à extrême de la température mondiale.

Au-delà des hausses de température, les changements climatiques en Afrique subsaharienne devraient entraîner des transformations dans l’intensité des précipitations, une incidence accrue des événements extrêmes tels que les sécheresses et les inondations, le renforcement de la désertification et l’altération de certains vecteurs de maladies entraînant des transformations dans la transmission spatiale et temporelle des maladies infectieuses.

Un quart de la population sous-nourrie

L’un des plus grands défis auxquels nos sociétés sont actuellement confrontées est de fournir en permanence à tous les citoyens des aliments nutritifs tout en préservant l’environnement. Ce problème se pose avec une acuité particulière en Afrique subsaharienne, où l’on estime qu’une personne sur quatre ne dispose toujours pas d’une alimentation suffisante pour mener une vie saine et active.

Le terme « sécurité alimentaire » est défini comme l’accès physique, social et économique de tous et à tout moment à une nourriture à même de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active.

Elle repose sur quatre piliers : la disponibilité alimentaire, l’accès à la nourriture, l’utilisation de la nourriture et la stabilité de la disponibilité alimentaire et de l’accès aux aliments. L’insécurité alimentaire quant à elle correspond à un manque d’accès à une nourriture suffisante.

En dépit d’une incertitude sur les données climatiques, la littérature publiée permet de tirer plusieurs points saillants : partout en Afrique, l’agriculture risque d’être affectée négativement par les changements climatiques ; et dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, le rendement des cultures pourrait diminuer de 10 à 20 % d’ici à 2050 en raison du réchauffement.

Dans le cas du blé, ce rendement moyen pourrait baisser d’ici au milieu du siècle de 17 %, celui du maïs de 5 %, celui du sorgho de 15 % et celui du millet de 10 %.

Même sans les changements climatiques, les agricultures africaines suscitent déjà de graves inquiétudes en raison de la variabilité de l’approvisionnement en eau, de la dégradation des sols et des sécheresses récurrentes. Il ne fait aucun doute que l’agriculture devra changer radicalement pour répondre aux demandes futures.

D’autant plus si l’on tient compte des taux de croissance démographique – les plus élevés au monde – et des modifications des habitudes alimentaires liées à l’urbanisation et à l’essor de la classe moyenne africaine.

Régimes moins carnés et agroécologie

Le défi consiste non seulement à augmenter la production alimentaire, mais aussi à le faire de manière durable, en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre et en préservant la biodiversité.

En effet, la quantité de nourriture disponible pour la consommation humaine est affectée par l’attribution des cultures à d’autres utilisations non alimentaires, telles que l’alimentation animale, la bioénergie et les utilisations industrielles. Au niveau mondial, seulement 67 % de la récolte produite (en masse) ou 55 % des calories produites sont disponibles pour la consommation humaine directe.

Le reste de la récolte a été allouée à l’alimentation animale (24 % en masse) et à d’autres utilisations industrielles, y compris la bioénergie (9 % en masse).

Dans les pays riches, de nombreuses personnes consomment davantage de produits d’origine animale que ce qui est recommandé sur le plan nutritionnel : c’est le cas du modèle alimentaire très carné nord-américain ou argentin.

Or nous avons besoin de toute urgence de nouvelles alternatives pour relever les défis actuels et futurs auxquels sont confrontés nos systèmes alimentaires. Des réformes seront donc nécessaires, notamment l’évolution vers des régimes moins carnés, ce qui pourrait augmenter la productivité alimentaire des terres cultivées et nourrir plus de personnes par hectare de terre cultivée.

Il est impératif de concevoir des systèmes agricoles résistants face à des chocs de plus en plus fréquents et capables de s’adapter aux nouvelles conditions imposées par ces changements.

Dans ce contexte, l’agroécologie – qui vise à concevoir des systèmes alimentaires impliquant moins de pressions sur l’environnement et un usage plus modéré des ressources naturelles – sera indispensable pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition ; en rétablissant et en maintenant les écosystèmes, en offrant des moyens de subsistance durables aux petits exploitants et en renforçant la résilience pour s’adapter aux changements climatiques.

Sougueh Cheik, Docteur en sciences de l’environnement, Institut de recherche pour le développement (IRD)

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

The Conversation
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Crise climatique
Climat et environnement

Changement climatique : six (6) actions pour réduire la pauvreté et promouvoir la prospérité

by Chiencoro 4 avril 2021
written by Chiencoro 1 minutes read

La Banque mondiale, à travers son nouveau Plan d’action sur le changement climatique, invite le monde à changer de cap en intégrant pleinement le « climat et le développement ». L’institution financière internationale a dégagé quelques actions prioritaires de son Plan d’action, le 2 avril 2021.

Pour surmonter les dangers croissants de la faim, de la division sociale, des conflits, de la violence et du changement climatique, le Groupe de la banque mondiale invite le monde à changer de cap. La pleine intégration du climat et du développement, l’optimisation de « l’impact des financements climatiques », sont des axes indispensables pour réduire la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée.

Pour y réussir, le Plan d’action du Groupe de la banque mondiale sur le changement climatique invite à mettre l’accent sur six (6) actions : accroître les financements climatiques, privilégier les résultats et l’impact sur le plan du climat, améliorer les diagnostics climatiques et en élargir le champ, réduire les émissions et les vulnérabilités climatiques dans les systèmes clés, soutenir une sortie juste du charbon, aligner les flux de financements sur les objectifs de l’Accord de Paris.  

David Malpass, président du Groupe de la banque mondiale, indique que « nos réponses collectives au changement climatique, à la pauvreté et aux inégalités déterminent les choix de notre époque ». D’ores et déjà, la banque mondiale estime avoir joué un rôle éminent à travers l’octroi de plus de 83 milliards de dollars de financements climatiques durant les cinq dernières années. Pour la seule année 2020, cette somme a atteint 21,4 milliards de dollars. Une contribution qui vise à aider les pays à faire face au changement climatique.

Fousseni Togola

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G5 Sahel
Sécurité

Niger : accusés de viols, des soldats tchadiens arrêtés

by Chiencoro 4 avril 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

La commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Niger a publié, vendredi 2 avril 2021, un rapport qui accuse des soldats tchadiens de la Force conjointe du G5 Sahel de viols au Niger. Les réactions sont vives de part et d’autre.

Dans le département de Tera, région de Tillabéri dans l’ouest du Niger, des soldats tchadiens, récemment installés dans le cadre du déploiement de la force conjointe du G5 Sahel, auraient violé une fille de 11 ans et deux femmes mariées, dont une enceinte, âgées de 23 et 32 ans. Ces deux femmes, mères de plusieurs enfants, auraient été violées en présence de leurs maris « sous menace d’arme à feu par les agresseurs ». Une tentative de viol aurait visé également cinq autres femmes, qui ont réussi à s’échapper. La « fille victime de viol a été immédiatement prise en charge », a indiqué le G5 Sahel dans un communiqué du 3 avril 2021.

La Commission nationale des droits humains (CNDH) du Niger semble avoir assez de preuves permettant de confirmer ces faits.

« Mise en place d’une commission d’enquête indépendante »

Du 31 mars au 1er avril 2021, la CNDH a déployé une mission d’investigation, comprenant un médecin légiste, pour établir les faits sur ces allégations. En collaboration avec le Tribunal de grande instance (TGI) de Tera, la commission a d’abord rencontré les autorités administratives, le commandant de Brigade de la Gendarmerie, le directeur départemental de la police, les responsables des services départementaux chargés de la protection de la femme et de l’enfant, la présidence de la Commission paix, sécurité et migration pour le conseil communal des jeunes de Tera. Ces rencontres ont été suivies par des entretiens avec les femmes et les filles victimes de viols, des témoins ainsi que des parents des victimes.

Pas que de viols

La Commission s’est surtout « appuyée sur les résultats scientifiques de l’expertise médico-légale du Médecin légiste, expert en évaluation juridique du dommage corporel ».

En plus de ces viols et tentatives de viols, la mission de la CNDH souligne également des cas d’agression ainsi que de confiscation de biens sur des citoyens « sans compter la présence de ces mêmes éléments du contingent tchadien dans la ville circulant sans encadrement avec des armes lourdes et légères ».

La CNDH, tout en condamnant ces actes, demande « la mise en place d’une commission d’enquête indépendante en vue de faire la lumière sur ces actes cruels, inhumains et dégradants ». Elle invite également les autorités compétentes nigériennes et tchadiennes à « traduire les coupables devant les juridictions compétentes pour que justice soit rendue conformément aux lois en vigueur ».

La FC-G5 Sahel sévit

Après avoir été saisie par rapport à ces allégations, la Force conjointe du G5 Sahel a déployé une mission, conduite par le commandant du Fuseau Centre de la Force, dans la localité de Téra. Cette mission avait pour objectif de « prendre connaissance des faits et de rencontrer les autorités locales de Téra et le bataillon tchadien ».

En accord avec les autorités nigériennes et tchadiennes, la Force conjointe du G5 Sahel a alors pris certaines décisions, notamment le retrait immédiat des mis en cause des effectifs de la Force, le rapatriement de ces militaires dans leurs pays d’origine suivi de l’initiation de sanctions disciplinaires. Aussi la FC-G5 Sahel a-t-elle demandé « l’ouverture d’une enquête pénale de concert avec les systèmes de justice pénale en vigueur » et la prise en compte immédiate des victimes. Elle a également indiqué la nécessité du « rappel formel de l’exigence de respect des droits humains et du devoir d’exemplarité des militaires de la Force, qui devra être fait par chaque commandant de bataillon aux militaires placés sous ses ordres ».

Mise en garde

Dans un communiqué publié le 3 mars 2021, le ministère tchadien des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger a mis en garde contre toute exploitation de ce « cas isolé », dit-il, « pour ternir l’image du contingent tchadien, et d’une manière générale, celle de l’armée tchadienne qui a démontré à suffisance sa discipline sur les différents terrains d’opération ».

Pourtant, ce n’est nullement la première fois que des soldats tchadiens en mission extérieure sont accusés de viol. En 2013, quatre soldats du contingent tchadiens de la MINUSMA, ont été accusés de viols au Mali. En 2015 également, en Centrafrique, trois autres soldats ont été accusés d’abus sexuels sur mineurs.

Le ministère rassure toutefois que les auteurs de cet acte « sont déjà arrêtés et subiront les sanctions qui s’imposent en la circonstance » afin d’éviter toute « chance de reproduction de ce type d’actes ».

D’ores et déjà, la FC-G5 Sahel informe de la mise en place de la commission d’enquête, recommandée par la CNDH, qui sera « chargée de mener toutes les investigations nécessaires sous le contrôle du procureur de la République, et de recueillir toutes les informations indispensables à la hiérarchie pour apprécier les événements survenus à Téra [ndlr] ».

« Les soldats tchadiens mis en cause font partie du contingent tchadien de 1200 hommes récemment déployé entre les frontières du Burkina, du Mali et du Niger pour appuyer la force conjointe du G5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme », précise Anadolou Agency.

Fousseni Togola

4 avril 2021 0 comments
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Rehabilitation des mausolees de Tombouctou
Seko ni Donko

Mausolées de Tombouctou : « Les Maliens ont donné une leçon de tolérance… » (Audrey Azoulay)

by Bakary FOMBA 2 avril 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Les autorités maliennes et la Cour pénale internationale (CPI) ont organisé le mardi dernier une cérémonie de réparation symbolique dans l’affaire des mausolées de Tombouctou. Une action grandement appréciée, parce que considérée comme ce qui conduira à une paix durable.  

Classés au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1988, les mausolées de Tombouctou ont été détruits en 2012 par des groupes jihadistes lors de l’occupation du nord du Mali. Ils ont été reconstruits en 2015. Selon Fatou Bensouda, procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), « ce qui a été détruit dans cette partie du monde, dans la belle ville de Tombouctou, ce ne sont pas simplement des rochers ou des pierres, mais un véritable patrimoine mondial qui fait partie de notre identité commune ».

 Les mausolées de Tombouctou « sont maintenant debout et les manuscrits… »

Cette reconstruction a été saluée de part et d’autre. Qu Xing, directeur général adjoint de l’UNESCO, souligne que c’est la conjugaison des efforts qui a fait que « les mausolées sont maintenant debout et les manuscrits sont en des lieux sûrs, conservés pour l’analyse scientifique au profit de l’humanité ».

Ces efforts ont trouvé leur couronnement le mardi 30 mars 2021 à travers la remise aux autorités maliennes ainsi qu’à toute la communauté internationale d’un euro symbolique en guise de réparation après la destruction des mausolées des saints musulmans de Tombouctou. Cette remise a été ordonnée par la Cour pénale internationale en raison de la « valeur inestimable et universelle des édifices détruits ».

Un soulagement pour les habitants

Dans une interview accordée à la radio France internationale (RFI), Aboubacrine Cissé, maire de Tombouctou, n’a pas caché son enthousiasme face à l’intérêt qu’accorde la communauté internationale à ces mausolées. Selon ses précisions, c’est une véritable satisfaction, un soulagement pour les habitants de Tombouctou. Puisque la destruction de ces patrimoines a « fait beaucoup de mal aux Tombouctiens ». Le maire de Tombouctou se réjouit également de la numérisation de ces manuscrits anciens.

Au-delà de la destruction des mausolées, près de 4 200 manuscrits anciens avaient été brûlés ou volés, les mosquées de Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia avaient également été endommagées au cours de cette occupation jihadiste.

Cette réparation concerne également les victimes parmi la communauté de Tombouctou, la population malienne et la communauté internationale. Pour dédommager ces victimes, la CPI a ordonné, au-delà du versement de l’euro symbolique, le versement de 2 millions 700 000 euros.  

« Le paysage architectural demeure en souffrance »

Le président de la Transition malienne, Bah Ndaw a laissé entendre au cours de la cérémonie de remise, mardi, que « la mobilisation mondiale sur ce sujet avait permis de faire avancer le cadre juridique de protection, avec l’inclusion de la protection du patrimoine dans le mandat de la MINUSMA — une première dans l’histoire des missions des Nations unies de maintien de la paix ». Aussi a-t-il indiqué que « cette action a [ndlr] été décisive pour la prise en compte de la culture comme un enjeu de sécurité, avec l’adoption historique de la résolution 2347 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en mars 2017 ».

Dans un reportage de nos confrères de l’Agence France-Presse (AFP), le représentant des victimes de Tombouctou, Harber Kounta souligne que « le paysage architectural qui faisait la fierté de Tombouctou demeure en souffrance », en raison des problèmes d’urbanisme, de manque de moyens et de la pollution.

Selon la direction générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, « le patrimoine malien millénaire a été pris pour cible parce qu’il incarne l’âme vive d’une société et d’un peuple. Face au fanatisme, les Maliens ont donné une leçon de tolérance, de dialogue et de paix ».

Bakary Fomba

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Drissa Traore membre de la Coalition citoyenne pour le sahel
Sécurité

Drissa Traoré : « L’heure n’est pas à la remise en cause de ce rapport »

by Chiencoro 2 avril 2021
written by Chiencoro 6 minutes read

Drissa Traoré est le porte-parole de la Coalition citoyenne pour le sahel. Dans cette interview qu’il nous a accordée, mercredi 31 mars 2021, il se prononce sur le rapport de la MINUSMA sur la frappe à Bounti (au centre du Mali), la libération de Farabougou, dans la région de Ségou, ainsi que l’arrivée de 1200 soldats tchadiens dans le Liptako-Gourma. Il invite les autorités sahéliennes à mettre « au cœur des priorités » la protection des civils.

Phileingora : la MINUSMA a publié les résultats de son enquête sur la frappe aérienne de janvier à Bounti. 19 civils ont été tués lors de cette frappe de l’armée française. Mais la France remet en cause la méthodologie de l’enquête. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?

Drissa Traoré : l’heure n’est pas à la remise en cause de ce rapport. Quand l’événement s’est produit en janvier, nous avons demandé aux autorités françaises et maliennes de diligenter l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur cette situation.

Cette enquête a été menée uniquement par la MINUSMA. Les autorités concernées ne doivent pas se mettre à critiquer les conclusions de ce travail. Elles doivent plutôt accepter l’ouverture d’une enquête judiciaire pour établir les faits et le cas échéant situer les responsabilités.

Ce rapport confirme que cinq hommes armés se trouvaient bien parmi ces civils, le jour de la frappe. Mais les armées ne semblent pas avoir été alertées de cette présence. Cela ne vous semble-t-il pas inquiétant dans la sécurisation des civils ?

En répondant à cette question, il faut être extrêmement prudent. Je suis d’accord que ces groupes armés sont parfois mélangés à des populations civiles, qu’ils ont des complicités à l’intérieur de certaines populations au niveau de certaines zones, mais on ne peut pas non plus généraliser cette allégation.

Pourquoi ?

Dans plusieurs pays du sahel, certaines populations sont parfois obligées de cohabiter avec les nouveaux occupants à savoir les groupes djihadistes. Elles ont le plus souvent deux options : soit quitter la zone pour devenir une personne déplacée ou réfugiée ou encore rester sur place et coopérer avec les nouveaux occupants pour ne pas s’attirer des ennuis.

Les populations sont le plus souvent confrontées à ce dilemme. Ceux qui ont fait le choix de rester sur place, on ne peut pas les blâmer d’avoir fait ce choix. De toutes les façons, c’est l’État qui a failli en ne réussissant pas à les sécuriser.

Face à une telle situation, que faut-il faire ?

Les autorités doivent faire énormément attention dans le traitement, faire preuve de discernement lorsqu’il y a des arrestations ou des attaques, pour ne pas s’en prendre à la fois aux groupes armés et aux populations. Cela nécessite des renseignements efficaces qui vont dans le sens de la protection des civils. Dans plusieurs zones du Mali, la présence des groupes djihadistes est réelle. Parmi les populations, ils ont certainement recruté.

Pour répondre à cette situation, ce n’est pas une réponse sécuritaire qui est adéquate. Il faut faire tout pour ramener la confiance entre ces populations et les institutions, en particulier les militaires. Cela évitera que des populations soient complices des groupes djihadistes.

N’existe-t-il pas un principe de précaution pour éviter que les civils soient victimes de ces genres de frappes ?

Bien sûr. C’est le principe de précaution qui est d’ailleurs mis en avant par plusieurs conventions internationales. Ce principe veut que quand il y a des interventions, il faut s’assurer qu’il n’y a pas de civils parmi les cibles militaires. Certains diront qu’il n’y a pas de guerre propre, mais à notre niveau nous dirons que toute tentative de sécurisation doit mettre au cœur des priorités la protection des civils. Cela à tout prix. Le principe de précaution devrait prévaloir.

La semaine dernière, à travers le HCIM, le blocus sur Farabougou a été levé. Si la Coalition citoyenne pour le sahel devait se prononcer sur ce sujet, que diriez-vous ?

La finalité de tout ce que nous faisons, c’est la paix, la stabilité et la cohésion sociale. S’il y a des initiatives qui vont dans ce sens, on ne peut que les encourager.

Cependant, il faut d’abord chercher à savoir les conditions dans lesquelles les négociations ont eu lieu et les conclusions auxquelles sont parvenues les parties.

En savez-vous plus sur ces aspects ?

Pour l’instant, officiellement, je n’en sais pas davantage. Mais il est quand même évident d’éviter un accord qui autoriserait la présence de groupes djihadistes ou même les autorisant à porter des armes dans certaines zones encore moins amenant les populations à accepter la charia.

La Coalition citoyenne pour le sahel demande d’exclure du champ d’action des négociations l’impunité. Nous demandons également que quand il y a des négociations que les parties ou les autorités évitent que les conclusions de ces négociations ne soient préjudiciables à la liberté, à la démocratie et aussi à la laïcité.

Pour le moment, je ne peux pas vous dire exactement le contenu de cet accord même s’il y a des rumeurs qui circulent sur ce contenu. Mais le risque est de voir implanter davantage les djihadistes et aussi assister à l’application de la charia dans certaines localités.

Dans une négociation, il faut céder. Dans la partie concession faite aux groupes djihadistes, ceux-ci ont-ils été autorisés à faire des prêches dans la localité de Farabougou ? Est-ce que ce rapport inclue que les femmes de Farabougou portent des voiles ? C’est là des questionnements auxquels nous devons être amenés.

L’arrivée de 1200 soldats tchadiens dans le Liptako-Gourma a été confirmée lundi dernier. Quelle est l’attente de la Coalition de ce contingent ? 

Pour la Coalition citoyenne, il faut changer d’approche. L’approche actuelle est basée sur la militarisation excessive, sur le budget des différentes armées, sur le déploiement massif des troupes. Pourtant, depuis 2013, on assiste à cette approche. Mais quelle est la situation réelle des populations du sahel ? Cette approche a-t-elle amené des résultats ? Les populations sont-elles en sécurité ?

Pour nous, l’ultime solution n’est pas le déploiement. Nous estimons qu’il faut aller vers une stratégie holistique, c’est-à-dire qui ne met pas fin à la sécurisation à travers la militarisation, mais qui appelle aussi à des actions en matière de développement, d’aide humanitaire, d’analyse des causes profondes du conflit.

Le tout sécuritaire a montré ses limites aujourd’hui. Il faut passer à d’autres approches qui seront complémentaires à l’approche sécuritaire.

Réalisée par Fousseni Togola  

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