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Tournée du Numéri'Car
Seko ni Donko

Numéri’Car : l’atelier de décoration lancé au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké

by Issouf Koné 17 août 2023
written by Issouf Koné 2 minutes read

Dans le cadre du projet « Retisser la conversation », piloté par l’association Culture en partage et l’ONG APSN, un atelier de décoration du Numeri’Car a débuté le 07 août dernier au Conservatoire des Arts et Métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté. Retisser la conversation se tient grâce au financement de l’Union européenne.

Le projet « Retisser la conversation », c’est aussi le Numéri’Car. Il s’agit d’un bus équipé de casques VR qui voyagera à travers plusieurs localités du Mali. « Cette tournée nationale mobilisera des spectacles de danse, des jeux de marionnettes et du théâtre en plus de divers animations culturelles pour véhiculer des messages de paix et de vivre ensemble entre les différentes communautés du Mali », confient les initiateurs.

Numéri'Car
Atelier de décoration du Numeri’Car. Issouf Koné/Sahel Tribune.

En termes de capacité, il est doté d’un compartiment bibliothèque numérique et d’un autre compartiment voyageur de 12 places assises. Dans le cadre de la mise en œuvre de cet aspect, un atelier de décoration du bus, aux couleurs du projet, a commencé le lundi 07 août dernier au Conservatoire des Arts et Métiers, multimédia Balla Fasséké Kouyaté de Bamako. Une cérémonie de lancement, dans une sobriété absolue a été organisée en présence du directeur adjoint du Conservatoire, M. Yaya Sinayoko et d’étudiants en arts plastiques et multimédia. L’atelier se tiendra sur 10 jours. D’ici le 16 août, les acteurs du projet présenteront le bus à la presse et aux Maliens.

Valoriser le travail des artistes sortants du Conservatoire

Selon AllaDji Ismaïl Sy, il était important de mettre en valeur le travail d’artistes sortants du Conservatoire, au lieu d’aller travailler avec d’autres structures qui auraient simplement pu procéder à une impression sur le bus. « Pour nous, travailler avec ces sortants du Conservatoire est une manière de montrer qu’ils sont capables de faire de belles choses, montrer leur talent de designers qui malheureusement n’est pas toujours mis en avant ».

Début de l’atelier de décoration du Numeri’Car. Issouf Koné/Sahel Tribune.

En effet, ils sont au nombre de trois artistes, tous désormais confirmés. Il s’agit de Sidi Diabaté, Amadou Kansaye et Ousmane Diarra. Durant les 10 jours d’ateliers, ceux-ci seront assistés par leurs petits frères qui sont actuellement en première, deuxième et troisième année en Arts plastique.

Le directeur adjoint du Conservatoire n’a pas caché sa satisfaction quant au fait que le choix pour l’atelier ait été porté sur son établissement. Il pense que travailler avec des sortants du conservatoire durant cet atelier est une marque de confiance en eux. Cela signifie que le Conservatoire produit des artistes compétents. Il a aussi souligné le fait que les plus jeunes, en assistant leurs aînés, apprendront énormément sur les techniques impliquant la maîtrise du dessin peint, du dimensionnement et du jeu de couleurs.

Issouf Koné

17 août 2023 0 comments
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Seydou Camara, directeur artistique de Yamarouphoto
ActuSeko ni Donko

Journée internationale de la photographie : « Yamarouphoto est un collectif des photographes qui aspire à rehausser l’image de la photographie au Mali et en Afrique »

by Mohamed Camara 17 août 2023
written by Mohamed Camara 4 minutes read

Le 19 aout est mondialement reconnu comme la Journée internationale dédiée à la photographie. Une date qui est célébrée depuis 2010. Cette « sainte journée », comme on le dit, vise à inspirer tous les photographes de toute la planète à partager leur « photo avec le Monde ». Au Mali, aujourd’hui une structure dénommée Yamarouphoto ambitionne de professionnaliser ce secteur popularisé, mais toujours sous-estimé au sein de la société. Portrait d’un photographe juriste, Seydou Camara, directeur artistique de Yamarouphoto. 

Des débris de feux jaillis de partout, un homme en sueur tient intensément un fer surchauffé dans sa forge. Complètement mouillé de sueur, son visage est marqué par de multiples gouttes d’eau. Ce portrait est le fruit d’un travail artistique en photographie d’art d’un jeune des douze personnes formées en cette nouvelle technique de la photo très prisée sur la scène internationale, organisée par Yamarouphoto, le mois dernier. Un expert est venu des Pays-Bas pour cela.

« Il y’a une très grande différence entre les photographies des années 2000 et celles que nous connaissons aujourd’hui. Il y a vingt ans, les photos studio étaient activement prisées, mais aujourd’hui c’est plutôt la photographie d’art qui domine. C’est ce que nous essayons d’inculquer dans les esprits des nouvelles générations maliennes. Cela à travers des formations, des masters-classes et autres activités d’apprentissage pour vulgariser cette nouvelle technique et la photo numérique », déclare Seydou Camara, directeur artistique de Yamarouphoto.   

Un amour inconditionnel à l’image

Détenteur d’une Maitrise en Droit à l’ex-faculté des Sciences juridiques et politiques du Mali, Seydou dit avoir été frappé par l’amour de la photo depuis son enfance. Un amour fou à l’image à travers les multiples portraits de ses tantes, oncles et parents scotchés sur le mur du salon de sa grand-mère. Aussi, il indique que les œuvres d’un peintre du nom de Daffé, qui mettait en lumière les femmes peules avec leurs grandes boucles d’oreilles, lui fascinaient. Les dessins d’un grand frère du quartier lui ont également fait vibrer la passion de la photographie. 

À côté de tout cela, « chaque fête, mon oncle, nous donnait de l’argent pour aller faire nos portraits dans les studios. Mes propres images me fascinaient beaucoup. Ce qui a éveillé en moi une passion folle pour la photographie », précise-t-il. 

Après son parcours lycéen, Seydou s’inscrit dans le prestigieux Centre de formation de la photographie pour se perfectionner dans cet art en parallèle de ses études universitaires. Il y continua à apprendre la photographie jusqu’à deux ans. Photographe professionnel, il fait presque le tour du monde, ce qui lui a permis de se rendre compte de la « place de la photographie dans le monde et le grand rôle que jouent les photos dans la vie de tous les jours. Tous les domaines ont besoin de la photo aujourd’hui. Je me suis rendu compte que nonobstant que Bamako soit la capitale de la photographie à travers les Rencontres autour de la photo qui se tiennent chaque deux ans, cet art n’est pas encore bien vulgarisé dans notre société et très peu de ses animateurs y sont professionnalisé. Ce qui a fait jeter les bases de Yamarouphoto, un collectif des jeunes photographes », a fait savoir Seydou.    

Yamarouphoto et ses activités 

Le secteur culturel au Mali demeure quasiment résilient, les deux écoles de beaux-arts malgré leurs efforts n’arrivent pas à combler certains vides. La photographie souffre de ce dilemme, ces écoles font très peu de photographes professionnels. C’est pourquoi Yamarouphoto multiplie des initiatives pour rehausser l’image de la photographie malienne voir africaine. 

« De janvier 2023 à maintenant, nous avons formé près de 120 jeunes à travers le pays. Nous avons offert des sessions de renforcement des capacités à l’endroit des photographes professionnels dans la région de Sikasso sur la technique numérique de la photographie. Également, nous avons enfoui l’art de la photographie aux enfants talibés à Bamako, et aux jeunes déplacés de guerre. Notre formation était un workshop international autour de la photographie d’art, animé par un expert photo hollandais », réagit-il. 

L’aventure des formations continue, ce samedi 19 aout en marge de la commémoration de la Journée internationale de la photographie, un atelier est prévu avec une vingtaine de jeunes. 

« Nous voulons redonner la place incontournable que notre pays occupait sur la scène de la photographie. Cela passe par la vraie vulgarisation de la photographie au sein de notre société. C’est sur cela que nous sommes engagés… Le 19 aout est une fête de la photo. Bonne fête à tous les photographes du monde », souhaite-t-il.

Mohamed Camara        

17 août 2023 1 comment
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Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l'Union africaine
A la UnePolitique

Intervention militaire au Niger : l’UA se dissocie de la CEDEAO

by Mohamed Camara 17 août 2023
written by Mohamed Camara 1 minutes read

Au cours d’une réunion de plus de dix heures, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), l’organe en charge des questions de conflit a rejeté l’usage de la force préconisé par la Cedeao dans la crise nigérienne Niger. Au même moment, le 16 aout dernier, la Cédéao a déploré une attaque terroriste perpétrée au Niger.

Cette opération militaire de l’organisation sous-régionale avait besoin d’une approbation de l’organisation continentale pour se concrétiser. Mais la surprise a été totale, à l’issue d’une réunion dite « tendue » et « interminable » du Conseil de Sécurité et de paix de l’UA. Cet organe en charge de résolution des questions conflictuelles a décidé de rejeter l’option militaire de la Cédéao pour « restaurer l’ordre constitutionnel » au Niger. 

Dans la foulée de cette annonce, Jean-Luc Mélenchon de la France Insoumise s’en est réjoui sur son compte X (ancien Twitter). Une décision d’intervention militaire de la Cédéao au Niger, qu’il a qualifié d’assez « d’amateurisme irresponsable. Il met en garde la France de s’engager dans une “expédition militaire contre cette décision” de l’UA. 

Alors qu’elle menaçait d’intervenir militairement au Niger, la Cédéao a fait part, le 16 aout dernier, de sa consternation face aux différentes attaques terroristes survenues dans ce pays sahélien. Des attaques qui ont provoqué la mort de plusieurs soldats nigériens. 

L’organisation ouest-africaine a profité de l’occasion pour exhorter les autorités militaires du CNSP à rétablir l’ordre constitutionnel afin de pouvoir concentrer leur attention sur la sécurité. Qui selon elle, est fragilisée depuis la “tentative de putsch” du 26 juillet dernier. 

Mohamed Camara  

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Poutine et Assimi Goita
A la UnePolitique

Crise politique au Niger : Poutine invite à privilégier la voie du dialogue 

by Sahel Tribune 15 août 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

C’est le premier entretien téléphonique entre le président malien de la transition, le colonel Assimi Goita, et son homologue de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, depuis le sommet de Saint-Pétersbourg, les 27 et 28 juillet 2023. Une rencontre au cours de laquelle un certain nombre de questions relatives au développement des relations bilatérales amicales entre la Russie et le Mali ont été discutées.

J'ai eu un entretien téléphonique avec le Président Poutine. Nous avons évoqué la situation du Niger. Il a souligné l'importance d'un règlement pacifique de la situation pour un sahel plus stable. pic.twitter.com/po6U2meRw1

— Colonel Assimi GOITA (@GoitaAssimi) August 15, 2023

Selon une annonce du Kremlin, le président Poutine s’est entretenu par téléphone avec son homologue malien, ce mardi 15 aout 2023. Au menu des échanges : la situation politique au Niger. Les deux chefs d’État ont souligné l’importance de résoudre la crise politique, survenue dans ce pays sahélien à la suite du coup d’État du 26 juillet dernier, exclusivement par des moyens politiques et diplomatiques pacifiques.

La Rédaction

15 août 2023 0 comments
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Mme Sanogo Aminata Mallé, Médiateur de la République
A la UnePolitique

Mali : le nouveau rapport du Médiateur de la République s’articule autour de 4 parties, 3 problématiques et 4 recommandations

by Chiencoro 14 août 2023
written by Chiencoro 4 minutes read

Instituée en 1997, la présentation du rapport 2022 du Médiateur de la République est devenue une tradition ancrée dans la démocratie malienne. Ce lundi 14 aout 2023, le Médiateur de la République, Mme Sanogo Aminata Mallé a honoré cette tradition. 

Le président malien de la transition a reçu, lundi 14 aout 2023, le rapport annuel du Médiateur de la République. « Ce rapport expose singulièrement le nombre, la nature, et la diversité des réclamations dont le Médiateur de la République a été saisi par les usagers des services publics de notre pays », a expliqué Mme Sanogo Aminata Mallé, lors de la présentation de son nouveau rapport. 

Les « vraies tares qui gangrènent notre administration »

Il ressort de cet exercice qu’au cours de l’année 2022, les services du Médiateur de la République ont accueilli, écouté et orienté 5 230 usagers, contre 3 567 en 2021. Ce qui montre une nette augmentation du nombre d’usagers. Toute chose qui traduit la soif de justice et d’équité des Maliens, à l’aveu du président de la transition qui estime aussi que ces nombreuses réclamations et interpellations font voir les « vraies tares qui gangrènent notre administration ». Les sollicitations ont surtout porté sur des indications par rapport à l’administration compétente et des démarches à suivre pour la prise en charge de certaines préoccupations.

Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2022, les services du Médiateur de la République ont enregistré 268 dossiers de réclamation. Dans le cadre de l’Espace d’interpellation démocratique (E.I.D), 334 dossiers ont été réceptionnés à la date du 30 septembre 2022, a indiqué Mme le Médiateur. 

Ce rapport contient également les interpellations adressées au gouvernement dans le cadre de l’Espace d’interpellation démocratique qui se tient le 10 décembre de chaque année, en commémoration à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Un espace qui imprime à « notre Peuple, une culture démocratique nationale et impulse de façon significative la politique de promotion et de protection des droits et libertés des citoyens », a expliqué le président Goita.

Outre cela, cet espace, institué en 2012, vise également à « informer les opinions publiques nationale et internationale sur l’état des Droits de l’Homme en République du Mali, de contribuer de manière active et pédagogique à la réalisation d’une culture démocratique nationale », a expliqué Mme Sanogo Aminata Mallé, lors du lancement de la 27e session de l’E.I.D, en juin dernier. 

Un rapport à quatre parties  

Le rapport 2022 s’articule autour de quatre parties essentielles : la gestion des réclamations et des demandes d’interpellations, les autres activités du Médiateur de la République, le rôle de la médiation internationale et le renforcement des capacités des collaborateurs du Médiateur. Enfin, les commentaires et les recommandations du Médiateur de la République. 

Selon les précisions de Madame le Médiateur de la République, ces « Commentaires sont émis en vue d’attirer l’attention des plus hautes autorités, sur certaines pratiques néfastes, qui occasionnent des dysfonctionnements dans nos services publics et mettent l’administration en conflit avec ses usagers ». 

En plus du recueil des réclamations et des interpellations, le Médiateur de la République joue un rôle d’appui-conseil auprès des autorités. Il formule non seulement des commentaires sur certains dysfonctionnements, mais aussi fait des propositions et des suggestions. 

Au cours de l’année écoulée, le Médiateur a formulé des commentaires sur trois problématiques majeures : l’inexécution des décisions de justice, la problématique du paiement des salaires et des cotisations sociales, la moralisation des procédures de passation et d’exécution des marchés publics. 

Améliorer la gouvernance dans le service public

Durant la période en revue, le Médiateur a émis 4 recommandations : la gestion de la carrière des agents des collectivités territoriales et la gouvernance locale, la bonne distribution de la justice et la bonne gouvernance, les difficultés liées à l’exécution des contrats et marchés publics, la protection sociale. « Les recommandations contenues dans ce rapport participent de la bonne gouvernance qui doit être instaurée dans toutes les sphères d’activités de notre pays », a rassuré Madame le médiateur. Une bonne gouvernance qui conditionne la refondation de l’État en cours au Mali. 

Le président de la transition a souligné l’importance de cette cérémonie pour la refondation de l’État. « Les analyses du présent Rapport révèlent les dysfonctionnements de notre Administration dans la gestion quotidienne et sonnent l’alerte, afin d’en corriger les insuffisances et les dérives », a expliqué le chef de l’État. 

Le président de la transition a toutefois rassuré que les observations et les recommandations pertinentes énoncées « dans le présent Rapport seront prises en charge, notamment dans le maillage de l’action gouvernementale et en donnant une grande importance au contrôle plus accru tant au niveau des structures que des personnes ». Selon ses précisions, les réformes politiques et institutionnelles envisagées dans la Constitution, promulguée le 22 juillet 2023, permettront « d’améliorer la gouvernance dans le service public pour répondre au Mali Kura de nos vœux ».

Chiencoro Diarra 

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Mohamed Bazoum
ActuAnalysesPolitique

[Tribune] Niger : Mohamed Bazoum, souffre-douleur du fourvoiement de la Cédéao 

by Sahel Tribune 13 août 2023
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Les premières heures du coup d’État du 26 juillet 2023 ont été les seuls moments paisibles de la vie de l’ancien président du Niger. Ces derniers jours, la détérioration de sa condition de détention est largement évoquée. Mohamed Bazoum est victime du fourvoiement de la Cédéao qui s’est engagée dans un bras de fer intenable avec les militaires qui ont pris le pouvoir dans la sous-région.   

Depuis quelques jours, les conditions de détention du président déchu, Mohamed Bazoum, défraient la chronique. Cet ancien chef d’État du Niger n’aurait plus accès à l’électricité et le groupe électrogène de secours qui avait été mis à sa disposition aurait aussi été coupé. Du coup, l’oligarque, qui vivait au-dessus des réalités quotidiennes de sa population n’aurait plus de nourriture fraiche, mais seulement « des stocks de céréales et du riz. Il a aussi un stock d’eau minérale qu’il rationne, dans cette maison barricadée transformée en prison », souligne Rhissa Ag Boula, ministre et conseiller des présidents Mahamadou Issoufou et Mohamed Bazoum, rencontré à Paris, par Le Monde, le 11 aout dernier. Quelle honte pour ces dirigeants des pays pauvres d’Afrique ! 

Sanctions contre Bazoum et le peuple nigérien 

Une chose est de dénoncer les conditions de séquestration d’un ancien président et sa famille, une autre est de situer les responsabilités. Surtout lorsqu’il est clairement indiqué qu’aux premières heures de leur séjour, les otages bénéficiaient de toutes les grâces de leurs ravisseurs. Alors qu’est-ce qui a pu changer aussi rapidement au fil du temps ?

À moins que l’on veuille faire porter le chapeau aux militaires qui ont pris le pouvoir au Niger, sinon il est évident que ce durcissement des conditions de détention de Mohamed Bazoum et sa famille est intervenu, en réponse aux sanctions imposées le 30 juillet par la Cédéao pour tenter de faire plier de force les nouvelles autorités. 

Les chefs d’État de cette organisation ouest-africaine, dans leur fourvoiement, font donc resserrer l’étau autour de leur ancien homologue Mohamed Bazoum. Pourtant, depuis la crise politique au Mali et au Burkina Faso, il avait été clairement constaté que les sanctions qu’impose cette organisation ne touchent nullement les seuls auteurs du coup d’État. À travers la fermeture des frontières, ces sanctions plongent tout le pays et par ricochet les populations, dans des souffrances inouïes. 

Certes, l’on pourrait penser que l’objectif dans une telle situation est de faire révolter le peuple contre les militaires au pouvoir. Mais là, il s’agit d’une grande erreur d’appréciation. Car les contextes ont changé. La Cédéao, autrice des sanctions, a perdu toute sa crédibilité aux yeux des peuples africains. Elle est vue comme une organisation au service de certaines oligarchies occidentales. Des pays dont le départ est le rêve pressant du peuple d’Afrique de l’Ouest. 

Rationaliser les sanctions 

Ce sentiment antipolitique occidentale en Afrique est alors pour les nouveaux hommes forts de ces pays une heureuse occasion pour maintenir leur suprématie. C’est pourquoi si les chefs d’État de la Cédéao cherchent réellement à rendre service à leur complice du Niger, ils doivent sortir de leur attitude de guérilléros qui ne pourrait conduire à la longue qu’à envoyer de paisibles citoyens, mais aussi l’ancien président Bazoum à la boucherie. Car pour rien au monde, les auteurs du coup d’État ne libèreront ces otages dans ce contexte de bras de fer avec son lot de menace d’intervention militaire. 

La détérioration des conditions de vie ou de santé des présidents déchus fait voir tout le fossé entre ces hommes et leurs populations. Les citoyens supportent des délestages toute l’année, certains n’ont même pas accès à l’électricité, mais vivent bien parce que l’urgent pour la plupart d’entre eux demeure l’alimentation. Mais voir que dans de tels pays en développement, les chefs d’État ne peuvent pas supporter la chaleur pendant quelques jours, ne peuvent vivre que d’aliments frais, est plus que révoltant. 

Ces coups d’État devraient amener toute la classe politique à mieux réfléchir sur ces aspects. À la Cédéao de mieux rationaliser ses sanctions, qui frappent également les présidents déchus, mais aussi entravent la voie des négociations.  

Oumarou Fomba 

13 août 2023 0 comments
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Température
Climat et environnement

Pourquoi les températures pourraient battre des records au cours des prochains mois

by Sahel Tribune 12 août 2023
written by Sahel Tribune 11 minutes read

Comme dit l’adage bien connu des climatologues « Climate is what you expect, weather is what you get » (« Le climat c’est ce que l’on attend, le temps c’est ce que l’on obtient »).

Les phénomènes météorologiques locaux sont difficiles à prévoir car ils fluctuent rapidement sous l’influence de processus non linéaires et chaotiques, tandis que l’évolution du climat global sur le plus long terme repose sur des phénomènes physiques bien connus qui sont généralement prévisibles. Les prochains 12-18 mois devraient être assez exceptionnels en termes de températures, suite à un alignement de phénomènes locaux et globaux qui se combinent.

Visualisation simplifiée des variations météorologiques sur la tendance de fond climatique (Ole Christoffer Haga/NRK).

Avec mon équipe dont la spécialité est l’étude par satellites de l’évolution de l’atmosphère, j’analyse chaque jour des millions de données vues du ciel pour surveiller les températures sur terre comme sur la mer, partout autour du globe terrestre, et pour mesurer les concentrations des gaz présents dans l’atmosphère. Ces dernières semaines à partir des cartes satellites, nous avons aussi pu observer les records de chaleur qui ont été battus dans de nombreux pays, comme rapportés par les agences météorologiques et les médias.

Un marqueur important a fait les gros titres : il s’agit de l’augmentation de la température moyenne globale de 1,5 °C par rapport à l’époque préindustrielle. Une valeur repère dans l’accord de Paris sur le climat, qui a été dépassée plusieurs jours cet été. Serait-il possible que cette valeur soit également dépassée quand il s’agira de calculer la moyenne annuelle des températures globales pour l’année 2023 ?

Forçages naturels et anthropiques

Pour comprendre l’évolution des températures, il faut tenir compte du fait que notre climat est complexe : il dépend des interactions entre les activités humaines, l’atmosphère, la surface terrestre et la végétation, la neige et la glace, et les océans. Le système climatique évolue sous l’influence de sa propre dynamique interne, mais dépend également de facteurs externes, qu’on appelle les « forçages radiatifs », et qui sont exprimés en watts par mètres carrés (W/m2).

Le terme forçage est utilisé pour indiquer que l’équilibre radiatif de la Terre est déstabilisé, et le terme radiatif est lui convoqué car ces facteurs modifient l’équilibre entre le rayonnement solaire entrant et le rayonnement infrarouge sortant de l’atmosphère. Cet équilibre radiatif contrôle la température à différentes altitudes. Un forçage positif implique une augmentation de la température à la surface de la Terre, et à l’inverse un forçage négatif implique une diminution.

Les quatre types de forçages radiatifs dont il faut tenir compte pour expliquer les variations du climat. Fourni par l’auteur

Les forçages externes sont à la fois causés par des phénomènes naturels tels que les éruptions volcaniques et les variations du rayonnement solaire, mais également par des modifications de la composition atmosphérique imputables à l’homme (les gaz à effet de serre et les particules liés aux activités humaines). Comprendre les changements climatiques observés depuis une trentaine d’années implique de pouvoir distinguer les modifications liées aux activités humaines de celles associées aux variations naturelles du climat. Les principaux forçages qui vont intervenir et s’additionner sont :

  • Le forçage lié aux variations de l’activité solaire, qui entraîne des changements du rayonnement solaire qui atteint la Terre. Lorsque le Soleil est plus actif (maximum solaire), il émet davantage de rayonnement. Ce forçage est faible (de + à -0,3 W/m2) mais dure assez longtemps. Son cycle principal est d’environ 11 ans. Il trouve son origine dans les changements du champ magnétique solaire qui se caractérisent par des variations dans le nombre de taches solaires et d’autres phénomènes solaires.
  • Le forçage lié aux éruptions volcaniques, qui peut être très intense et est en général négatif de -1 à -5 W/m2, mais de courte durée (un à deux ans). Les éruptions volcaniques peuvent avoir un impact significatif sur le climat en raison de l’injection de grandes quantités de cendres, de gaz et de particules dans l’atmosphère.
    Tous les volcans n’ont pas un impact sur le climat global, cela dépend de la taille et de la puissance de l’éruption, de l’altitude/de la latitude auxquelles les gaz et les cendres sont éjectés, ainsi que des conditions météorologiques locales. L’étude des éruptions volcaniques passées nous a appris que l’impact le plus significatif est associé à des éruptions proches de l’équateur qui injectent du SO2 haut dans l’atmosphère, par exemple le Mont Pinatubo (Philippines) en 1991. Ce gaz se transforme en gouttelettes d’acide sulfurique (H2SO4) qui constituent un écran pour la radiation solaire traversant l’atmosphère.
  • Le forçage lié à l’excès de gaz à effet de serre, en particulier le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et les chlorofluorocarbures (CFC), qui sont transparents à la lumière solaire mais absorbent une partie du rayonnement thermique émis par la surface terrestre. Au fil du temps, les activités humaines, telles que la combustion de combustibles fossiles, la déforestation et l’agriculture, ont entraîné une augmentation significative des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’accumulation de ces gaz à effet de serre, qui absorbent davantage de rayonnement thermique émis par la Terre et piègent plus de chaleur dans l’atmosphère, entraîne un forçage radiatif positif, estimé à +3 W/m2. Il s’agit donc du forçage le plus important car il n’est pas transitoire comme celui associé aux volcans.
  • Le forçage négatif lié aux aérosols d’origine anthropique et naturelle. Les aérosols sont de petites particules en suspension dans l’atmosphère qui absorbent, diffusent ou réfléchissent la lumière solaire. Elles proviennent des écosystèmes (embruns marins, sables, poussières, cendres volcaniques, aérosols biogéniques) et d’activités humaines comme la combustion de fiouls fossiles, le brûlage de la biomasse et les feux de forêt, l’élevage des animaux et l’usage d’engrais. Toutes ces particules font écran à l’insolation mais cette fois dans les basses couches de l’atmosphère. Même si les incertitudes sur le total du forçage radiatif lié à la présence d’aérosols restent élevées, les estimations actuelles indiquent un forçage radiatif total négatif de -0,5 W/m2. Sans la pollution par les aérosols, la Terre serait donc encore plus chaude qu’elle ne l’est déjà !

L’influence d’El Niño sur les températures

En plus des forçages radiatifs, il faut aussi tenir compte de la variabilité naturelle du système couplé océan-atmosphère, et en particulier du phénomène ENSO (El Niño Southern Oscillation), avec sa composante chaude El Niño et sa composante froide La Niña. Ces phénomènes sont les principaux facteurs de variation d’une année sur l’autre, dont il faut tenir compte quand on analyse la tendance à long terme au réchauffement de la surface de la mer.

Ces événements climatiques périodiques sont des phénomènes naturels, qui se caractérisent par des fluctuations de température entre l’océan et l’atmosphère dans l’océan pacifique équatorial. En général, les vents alizés soufflent d’est en ouest le long de l’équateur, poussant les eaux chaudes de la surface de l’océan Pacifique vers l’ouest, où elles s’accumulent près de l’Indonésie et de l’Australie. L’eau froide remonte alors du fond de l’océan dans l’est du Pacifique, en remplaçant l’eau chaude, ce qui entraîne des eaux relativement fraîches à la surface des côtes sud-américaines.

Lorsque le phénomène El Niño survient, les alizés faiblissent ou s’inversent, ce qui réduit leur force ou les fait souffler d’ouest en est, ce qui permet à l’eau chaude accumulée dans l’ouest du Pacifique de se déplacer vers l’est en suivant l’équateur. Le réchauffement de la surface de la mer dans l’est du Pacifique provoque alors une augmentation de plusieurs degrés de la température de l’eau, avec de vastes répercussions sur les conditions météorologiques et climatiques à l’échelle mondiale.

Ces phénomènes peuvent durer plusieurs mois ou plusieurs années, et leur intensité est variable. Ils perturbent la météo localement (plus de pluies à certains endroits, plus de sécheresses à d’autres) et influencent le climat global, en particulier lors d’évènements El Niño intenses.

Evolution des phénomènes El Niño (en rouge) et La Niña (en bleu), en mesurant les températures de surface de la mer sur une zone rectangle définie dans le Pacifique.
Evolution des phénomènes El Niño (en rouge) et La Niña (en bleu), en mesurant les températures de surface de la mer sur une zone rectangle définie dans le Pacifique. Author provided

Quelles températures pour les prochains mois ?

Reprenons un à un les différents éléments décrits ci-dessus, et regardons ce qu’il en est en ce moment :

  • L’activité solaire approche de son maximum, du coup l’effet de réchauffement causé par une augmentation du rayonnement solaire est plus prononcé. Ceci conduit à une légère augmentation des températures moyennes, estimée à +0,1 °C.
  • Au niveau de l’activité volcanique, il s’est passé un évènement complètement exceptionnel : le volcan sous-marin Hunga Tonga qui a violemment érupté en janvier 2022 a envoyé environ 150 millions de tonnes (soit l’équivalent de 60 000 piscines olympiques…) de vapeur d’eau directement dans la stratosphère, qui s’est depuis répartie tout autour de la terre. Les simulations numériques montrent que ceci contribuera à réchauffer légèrement la surface terrestre (l’eau étant un puissant gaz à effet de serre), bien qu’il soit encore difficile de dire de combien et sur quelle durée.
  • Les gaz à effet de serre ont continué à s’accumuler, c’est le forçage radiatif qui domine tous les autres et conduirait déjà à une augmentation moyenne de +1,5 °C s’il n’y avait pas les aérosols pour tempérer un peu (-0,3 °C).
  • Depuis quelques années le contenu total en aérosol a tendance à diminuer, principalement car les véhicules polluent moins (ce qui est une bonne nouvelle !), c’est particulièrement le cas en Chine, en Europe de l’Ouest et aux États-Unis. Cette année, on observe aussi un moindre transport du sable du Sahara sur l’océan, qui d’habitude fait écran à la radiation solaire, ce qui explique en partie les températures élevées mesurées dans l’atlantique nord au début de l’été.
  • Après trois années en régime La Niña un évènement El Niño est en train de s’installer. À ce stade on ne sait pas encore s’il sera intense (comme en 2015-2017) ou modéré, et combien de temps il durera, mais on prévoit que les températures océaniques devraient être plus élevées pendant les 12-18 prochains mois par rapport aux trois années précédentes.

Tous les paramètres réunis pour des records de chaleur

En conclusion, tous les paramètres sont réunis pour que nous battions des records de températures au cours des prochains 12-18 mois. Du coup, les 1,5 °C en moyenne globale, soit la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris sur le climat, pourrait être dépassés sans attendre 2030, avec les incidences sur les systèmes naturels et humains bien documentées dans le rapport spécial du GIEC 2019.

Une augmentation de 1,5 °C ne semble pas énorme, mais il faut se souvenir que 70 % de notre planète est couverte d’eau, qui a une inertie thermique supérieure à la terre et se réchauffe moins vite. De plus, le réchauffement est inégalement réparti et les hautes latitudes se réchauffent beaucoup plus vite que les tropiques, avec des pics de 4° attendus sur ces régions.

Est-on sûr que cela va se passer ? Non, mais la probabilité qu’on dépasse dès maintenant un seuil qu’on pensait atteindre entre 2025 et 2040 est importante. Comme les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, il faudrait que des phénomènes naturels soient à l’œuvre au cours des prochains mois pour contrecarrer la tendance prévue.

Par exemple si le phénomène El Niño s’avère moins puissant qu’envisagé, ou si un autre volcan envoyait du SO2 massivement dans toute l’atmosphère, alors seulement dans ce cas de figure les records de températures pourraient ne pas être battus dès maintenant. À plus long terme, l’avenir nous dira quand les fluctuations naturelles domineront les contributions anthropiques pour expliquer les variations de température, selon l’efficacité des mesures prises dans le cadre des accords internationaux pour réguler le climat.

Cathy Clerbaux, Directrice de recherche au CNRS (LATMOS/IPSL), professeure invitée Université libre de Bruxelles, Sorbonne Université

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
12 août 2023 0 comments
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