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Le président Ibrahim Traoré et son homologue Alassane Ouattara.
A la Une

Crise frontalière: les relations se détériorent entre Ouagadougou et Abidjan

by Bakary FOMBA 27 avril 2024
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Les tensions entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, exacerbées par des incidents sécuritaires récents, menacent la stabilité régionale en Afrique de l’Ouest. Une série de rencontres et accusations mutuelles ont mis en lumière les défis diplomatiques et de sécurité auxquels les deux pays sont confrontés depuis plusieurs mois.

Les récentes tensions entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso marquent une nouvelle phase de turbulences entre ces deux nations voisines d’Afrique de l’Ouest. Face à une série d’incidents sécuritaires, les relations diplomatiques entre Abidjan et Ouagadougou se sont considérablement détériorées, soulevant des inquiétudes quant à la stabilité régionale.

Une escalade qui remonte à la fin mars 2024

Ces tensions ont été explicitement évoquées lors d’un entretien accordé à la télévision nationale du Burkina Faso (RTB) par le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, le vendredi 26 avril 2024. Au cours de cette interview, le président Traoré a accusé la Côte d’Ivoire d’héberger des opposants à son régime et de ne pas agir suffisamment contre les terroristes franchissant la frontière ivoirienne pour entrer au Burkina Faso. « Tous les déstabilisateurs du Burkina Faso sont en Côte d’Ivoire », a-t-il affirmé, mettant en lumière une profonde méfiance entre les deux pays.

Dans un effort de réconciliation, ou du moins de détente, les ministres ivoirien et burkinabè de la Défense se sont rencontrés le 19 avril dernier à la frontière entre les deux pays. Cependant, malgré ces discussions, les relations continuent de se dégrader, et l’ombre d’un conflit plus large commence à planer sur la région.

L’origine de l’escalade actuelle remonte à la fin mars 2024, lorsque des forces de sécurité ivoiriennes ont arrêté un soldat burkinabè et un Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) dans le nord de la Côte d’Ivoire. Ce n’était pas la première fois que des incidents de ce type se produisaient ; déjà en septembre 2023, deux gendarmes ivoiriens avaient été arrêtés sur un site d’orpaillage clandestin en territoire burkinabè.

Pour apaiser les tensions

Ces incidents ne sont que la partie visible d’un iceberg de problèmes bien plus larges et complexes, englobant des questions de sécurité, d’économie, de politique et de diplomatie. La frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, longue et difficile à surveiller, facilite les mouvements transfrontaliers illégaux, y compris ceux de groupes criminels et terroristes. Les deux pays sont également confrontés à des défis communs tels que l’orpaillage clandestin et le trafic de drogue, qui alimentent l’instabilité et les conflits entre les communautés locales.

De plus, les divergences politiques et diplomatiques exacerbent les tensions. Les actions et déclarations des gouvernements respectifs révèlent un manque croissant de confiance mutuelle, souvent enraciné dans des différends passés et des malentendus. Cette méfiance est alimentée par des accusations et des récriminations publiques, rendant toute forme de dialogue ou de coopération encore plus difficile.

Cependant, malgré ces nombreux défis, il est impératif que les deux pays trouvent un terrain d’entente pour résoudre leurs différends. La coopération bilatérale est essentielle pour faire face aux défis sécuritaires communs. Une collaboration renforcée dans la lutte contre l’orpaillage clandestin, le terrorisme et la criminalité transfrontalière pourrait contribuer significativement à apaiser les tensions.

S’engager dans un dialogue constructif

Pour y parvenir, les autorités des deux pays doivent s’engager dans un dialogue constructif et mettre en place des mécanismes efficaces de résolution des conflits. Cela pourrait inclure des patrouilles frontalières conjointes, des échanges d’informations en temps réel, et des programmes de développement économique transfrontalier pour réduire l’attrait des activités illégales.

En définitive, la situation entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso nécessite une approche prudente mais proactive. Apaiser les tensions et rétablir une relation saine entre les deux voisins est crucial non seulement pour leur bien-être mutuel mais aussi pour la sécurité et la stabilité de toute la région ouest-africaine.

Bakary Fomba

27 avril 2024 0 comments
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Croissance économique et timide en Afrique Subsaharienne
A la UneBillet d'humeur

[Billet d’humeur ] Une reprise à quel prix ?

by Chiencoro 25 avril 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Le Fonds Monétaire International a publié en avril 2024 un rapport sur la situation économique de l’Afrique subsaharienne, décrivant une « reprise timide et coûteuse » pour la région. Ce document met en lumière les défis économiques persistants, soulignant l’impact direct sur la vie quotidienne des millions de personnes touchées.

Il semble que nous ayons atteint le cœur de l’Afrique subsaharienne avec ce rapport du FMI, n’est-ce pas ? Une « reprise timide et coûteuse« , les mots résonnent comme un écho lugubre d’une histoire trop souvent répétée. Mais laissez-moi vous dire quelque chose, chers lecteurs : ce n’est pas juste une histoire de chiffres et de prévisions, c’est une saga de résilience, d’espoir non réalisé, et franchement, d’une série d’opportunités manquées par ceux aux manettes.

Reprise timide et coûteuse

Premièrement, cette « reprise timide« , parlons-en. Le FMI peint un tableau d’une croissance rampante, d’une inflation qui recule timidement et d’un accès renoué aux marchés internationaux. Mais que se cache-t-il derrière ces termes économiques lissés ? Une réalité vécue par des millions qui continuent de lutter, non pas contre des chiffres, mais contre la faim, le manque d’éducation, et un futur incertain.

Et « coûteuse« , oh combien ! Non pas en termes de billets verts ou de prêts à rembourser, mais coûteuse en opportunités perdues pour améliorer les vies. Ce rapport décrit comment des nations entières sont étranglées par des dettes, des emprunts, et une dépendance funeste à l’aide qui, plutôt que de les libérer, les enchaîne à un cycle de dépendance et de désespoir.

Puis il y a cette ironie du sort — des pays riches en ressources mais dont les citoyens sont parmi les plus pauvres du monde. Des terres pleines de potentiel, exploitées non pour le bien de ceux qui y vivent, mais pour remplir les coffres lointains des investisseurs étrangers. Le FMI parle de réformes structurelles, mais entre les lignes se lit un appel désespéré pour une vraie transformation qui mettrait enfin le capital au service des personnes, et non l’inverse.

Lire entre les lignes et redéfinir les lignes

Alors oui, ce rapport parle de chiffres, de projections, de politiques. Mais ce que nous devons lire, c’est un cri pour une vision nouvelle, un appel à repenser non seulement les économies mais les sociétés elles-mêmes. Ne nous y trompons pas : les solutions réelles nécessiteront plus que des ajustements de politique monétaire ou des prêts concessionnels. Elles demanderont du courage, de l’innovation, et une volonté sincère de mettre en avant les besoins des personnes avant ceux du profit.

Chers lecteurs, l’heure est venue non seulement de lire entre les lignes de tels rapports, mais de redéfinir les lignes elles-mêmes. La reprise ne doit pas être seulement économique — elle doit être humaine, inclusive et juste. Car sans cela, quelle sorte de reprise est-ce vraiment ?

Chiencoro Diarra

25 avril 2024 0 comments
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Une manifestation réprimée à Dakar
A la Une

2023, une année sombre pour les droits humains selon Amnesty international

by Chiencoro 24 avril 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Amnesty International a publié, ce 24 avril 2024, son rapport annuel 2023, révélant une augmentation alarmante des violations des droits humains à travers le monde. Ce document met en évidence les pratiques autoritaires, la répression des droits des femmes et des minorités, et la complicité des grandes puissances dans l’ignorance des crises humanitaires.

Dans son rapport annuel de plus de 500 pages sur la situation des droits humains à travers le monde pour l’année 2023, Amnesty International dresse un bilan alarmant. L’organisation non gouvernementale indépendante rapporte une recrudescence des pratiques autoritaires et des violations massives des droits fondamentaux à l’échelle globale.

Les États-Unis ne sont pas épargnés

Selon Amnesty International, les principaux enjeux mondiaux incluent le traitement des civils dans les conflits armés, les réactions violentes contre la justice de genre, et les impacts disproportionnés des crises économiques et du changement climatique sur les populations marginalisées. L’organisation met en lumière « le retour à des époques révolues où la discrimination et l’injustice régnaient sans contrainte, » avec une intensification des politiques oppressives et discriminatoires dans de nombreux pays.

« Le nombre de personnes vivant dans des démocraties est revenu au niveau de 1985, » indique le rapport, marquant un recul dramatique des libertés civiles. Cette dégradation est attribuée à une montée en puissance des idées et pratiques autoritaires, exacerbant les inégalités de genre et mettant en péril les droits sexuels et reproductifs. En particulier, le rapport souligne la situation en Afghanistan où être femme ou fille est devenu un acte criminel de facto sous le régime taliban, et en Iran où la répression des femmes prenant part au mouvement « Femme. Vie. Liberté » s’intensifie.

Les États-Unis ne sont pas épargnés, avec des restrictions accrues sur l’avortement qui touchent de manière disproportionnée les personnes de couleur.

L’utilisation des technologies de surveillance et de reconnaissance

Le rapport cite également l’usage des technologies de surveillance et de reconnaissance faciale comme menaces nouvelles aux droits fondamentaux, critiquant les géants technologiques pour leur rôle dans la perpétuation des politiques discriminatoires.

Amnesty International critique aussi le rôle des institutions internationales et des puissances mondiales dans l’aggravation ou l’ignorance des crises. Le rapport accuse notamment les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU de paralyser les efforts pour protéger les civils et de permettre une politique de « deux poids, deux mesures » en matière de droits humains.

L’organisation appelle à un engagement renouvelé pour la justice de genre et la protection des droits humains à l’échelle mondiale, insistant sur la nécessité de réformer les structures internationales et de renforcer les législations pour contrer les atteintes aux droits.

Ce rapport d’Amnesty International met en évidence les défis urgents auxquels la communauté internationale doit faire face pour protéger et promouvoir les droits humains dans un monde de plus en plus polarisé et conflictuel.

Chiencoro Diarra

24 avril 2024 0 comments
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Lancement du Programme national d'éducation aux valeurs
A la Une

Le Mali lance le Programme national d’éducation aux valeurs pour renforcer son identité culturelle

by Chiencoro 23 avril 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Le Colonel Assimi Goïta, Président de la Transition du Mali, a officiellement lancé le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) le 23 avril 2024 au Palais de Koulouba. Cette initiative vise à renforcer les valeurs traditionnelles maliennes comme fondement de la refondation nationale.

Telle une nouvelle aube se levant sur le Mali, le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) promet de réveiller les racines ancestrales de la nation, longtemps endormies sous le poids des défis modernes. Initié par le Colonel Assimi Goïta, ce phare culturel espère guider le peuple malien à travers les tempêtes de la transition, en ravivant les flambeaux des valeurs traditionnelles. C’est un voyage de retour aux sources, envisagé comme le socle d’une refondation nationale, illuminant le chemin vers un avenir où identité et progrès cohabitent harmonieusement.

Bâtir les fondations d’une société plus juste et équilibrée

Dans son allocution, le Colonel Assimi Goïta a exprimé une vision ambitieuse pour le Mali, enracinée dans le respect et la revitalisation des valeurs traditionnelles. « Le Programme national d’Éducation aux Valeurs est un retour aux sources, essentiel pour envisager un avenir radieux dans notre quête de souveraineté, » a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance de ces valeurs comme fondements de l’identité et de la créativité nationales, essentielles pour toute transformation sociale et politique.

Ce programme se veut être une réponse concrète aux défis contemporains, notamment la crise d’identité et la perte de repères culturels exacerbée par la mondialisation et les influences extérieures. En réaffirmant et en enseignant les valeurs traditionnelles, le Mali espère forger un citoyen nouveau, armé de principes qui favorisent l’intégrité, le respect mutuel et la résilience face aux adversités.

Le président de la Transition a également insisté sur la nécessité d’une éducation qui promeut ces valeurs dès le plus jeune âge : « Il est vital que notre système éducatif s’inspire et transmette ces valeurs pour bâtir les fondations d’une société plus juste et équilibrée. » Le programme vise à intégrer ces enseignements à tous les niveaux de la société, de la famille à l’école, en passant par les institutions publiques et privées.

Réconcilier développement et tradition

Cependant, cette initiative, aussi noble soit-elle, ne manque pas de susciter des interrogations et des critiques. Certains observateurs et membres de la société civile s’interrogent sur la capacité réelle du PNEV à adresser les urgences immédiates du pays, notamment les problèmes économiques, la sécurité et la cohésion sociale. Ils argüent que sans une stratégie claire pour le développement économique et sans améliorations significatives dans la gestion de la sécurité, les efforts de refondation culturelle pourraient se heurter à des obstacles insurmontables.

Le ministre de la Refondation de l’État, Dr Ibrahim Ikassa Maïga, répond à ces critiques en soulignant l’importance de la culture et des valeurs dans le développement durable. « Notre approche cherche à réconcilier développement et tradition, à utiliser nos valeurs comme levier pour un renouveau qui respecte notre identité tout en s’ouvrant au monde, » explique-t-il. Le ministre rappelle que l’élaboration du PNEV a été un processus inclusif et participatif, engageant divers secteurs de la société pour garantir que le programme reflète les aspirations de tous les Maliens.

La construction d’un Mali nouveau

En dépit des défis, le lancement du PNEV est perçu par beaucoup comme un pas dans la bonne direction, un effort pour redonner au Mali sa dignité et sa place sur la scène internationale. « Nous ne devons pas sous-estimer la puissance de nos valeurs traditionnelles dans la construction d’un Mali nouveau, » conclut le Colonel Goïta, affirmant son engagement à poursuivre cette mission malgré les obstacles.

À mesure que le Mali avance avec la mise en œuvre du PNEV, le succès de cette initiative dépendra de l’engagement continu du gouvernement à soutenir les réformes, à améliorer la gouvernance et à mobiliser les ressources nécessaires. L’avenir dira si ce retour aux sources pourra véritablement transformer le Mali et répondre aux attentes de sa population, aspirant à une société plus juste et prospère.

Chiencoro Diarra 

23 avril 2024 0 comments
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Une nouvelle coalition d'opposition voit le jour en Guinée.
A la Une

Guinée : l’Union sacrée exige des élections immédiates sous peine de renverser la transition

by Sahel Tribune 23 avril 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

En Guinée, une nouvelle coalition d’opposition, l’Union sacrée, a vu le jour, rassemblant divers partis politiques et organisations de la société civile pour faire pression sur les autorités de la transition. Ce lundi 22 avril, au siège de l’UFDG à Conakry, ils ont exigé des élections rapides, menaçant de demander le départ du général Mamadi Doumbouya si les promesses ne sont pas tenues.

La Guinée se trouve à un tournant critique de son histoire politique, et l’atmosphère est électrique. La formation récente de l’Union sacrée par des partis d’opposition et des organisations civiles est un signal fort de l’impatience croissante face à la transition dirigée par le général Mamadi Doumbouya. Le regroupement, sous l’égide de l’UFDG, la principale force d’opposition, est un cri de ralliement qui retentit dans les rues de Conakry.

Ce qui manque, c’est la volonté politique

Lundi dernier, la déclaration de cette coalition a été claire et tranchante : il faut des élections, et vite. Le général Doumbouya et son gouvernement ont promis un retour à l’ordre démocratique, mais à chaque échéance ratée, la suspicion ne fait que croître. Les Guinéens, qui avaient peut-être observé une certaine réserve au début de la transition, commencent à sentir le poids de l’attente et l’angoisse d’un avenir incertain.

Et je dois dire, en tant qu’observateur de la dynamique politique africaine, que cette situation en Guinée n’est pas sans rappeler d’autres moments de l’histoire du continent où des promesses de changement rapide se sont évanouies dans le brouillard des manœuvres politiques. Le fait que l’Union sacrée menace ouvertement de demander le départ de Doumbouya si les élections ne sont pas organisées selon le calendrier prévu est révélateur d’une tension qui pourrait bien définir les prochains chapitres de l’histoire du pays.

Souleymane Konaté, de l’UFDG, articule avec précision et passion les frustrations de nombreux Guinéens. Les références à une Constitution promise et jamais livrée, à un fichier électoral prétendument prêt à être utilisé pour des élections, sont des rappels cinglants que le temps des promesses vagues est révolu. La Guinée, selon lui et beaucoup d’autres, a tout ce qu’il faut pour avancer; ce qui manque, c’est la volonté politique.

Un pouvoir qui se cramponne à ses privilèges

Cette impatience de l’opposition guinéenne est aussi une leçon plus large sur les dangers de la transition politique en Afrique. Trop souvent, les régimes militaires ou de transition prolongent leur pouvoir bien au-delà de ce qui était initialement promis, diluant ainsi les espoirs d’une démocratie véritable. Dans ce contexte, l’Union sacrée n’est pas seulement une coalition politique, c’est un mouvement de défense de la démocratie, un rappel que les Guinéens ne se contenteront pas de moins que ce qui leur a été promis.

Alors que nous regardons la Guinée depuis l’extérieur, il est essentiel de comprendre que ce qui se joue ici est un scénario vu et revu sur le continent, mais avec une potentialité unique de réussite ou d’échec. L’Union sacrée, avec toute sa vigueur et sa détermination, pourrait bien être le catalyseur dont la Guinée a besoin pour franchir le pas vers un avenir démocratique authentique, ou elle pourrait être un autre exemple de rêves brisés par la réalité d’un pouvoir qui se cramponne à ses privilèges. Pour les Guinéens et pour tous ceux qui suivent les développements en Afrique, les mois à venir seront déterminants.

Oumarou Fomba

23 avril 2024 0 comments
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Nelson Mandela
A la Une

Trente ans après Mandela : l’Afrique du Sud face à son héritage

by Chiencoro 22 avril 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Trente ans après les premières élections multiraciales en Afrique du Sud, le pays évalue les promesses non tenues du Congrès National Africain (ANC) et l’héritage de Nelson Mandela. Malgré un début plein d’espoir, la corruption et des politiques publiques inefficaces ont marqué une génération, confrontant la nation aux réalités d’une société post-apartheid complexe.

Il y a trois décennies, l’Afrique du Sud vivait un tournant historique. Le 27 avril 1994, les premières élections multiraciales marquaient la fin officielle de l’apartheid et ouvraient la voie à une nouvelle ère sous la direction de Nelson Mandela et de son parti, le Congrès National Africain (ANC). Les images de files d’attente s’étendant sur des kilomètres devant les bureaux de vote sont gravées dans la mémoire collective, symbole d’une nation assoiffée de changement et d’unité.

Les inégalités persistantes

Aujourd’hui, alors que l’Afrique du Sud commémore ce moment charnière, l’heure est au bilan. Les promesses de l’ANC et les rêves d’une société « arc-en-ciel » se heurtent à la réalité d’un pays encore profondément marqué par les inégalités et les séquelles de son passé ségrégationniste. Pour beaucoup, notamment les trentenaires qui ont grandi dans cette nouvelle Afrique du Sud, les espoirs d’une vie meilleure ont été tempérés par les défis persistants.

La présidence de Mandela avait insufflé un immense espoir, promettant un avenir où la justice sociale et l’égalité prévaudraient. Cependant, les administrations successives ont eu du mal à concrétiser ces aspirations. La corruption rampante et les politiques publiques inefficaces ont souvent entravé les progrès, laissant de nombreux Sud-Africains confrontés à un chômage élevé, à une pauvreté persistante et à des services publics déficients.

Les statistiques révèlent un tableau mitigé. D’une part, des avancées significatives ont été réalisées en termes d’accès à l’éducation et aux services de santé. D’autre part, le pays reste l’un des plus inégalitaires au monde, avec une richesse concentrée entre les mains de quelques-uns et un grand nombre de citoyens encore marginalisés.

L’urgence de renouveler l’engagement envers les principes

Les manifestations et les mouvements sociaux sont devenus monnaie courante, reflétant le mécontentement croissant face à l’état actuel des choses. Les jeunes, en particulier, expriment leur frustration face à un marché du travail excluant et à des institutions perçues comme corrompues et déconnectées de leurs besoins.

Cette année d’anniversaire offre donc à l’Afrique du Sud une occasion de réflexion. Comment le pays peut-il redéfinir son avenir en s’appuyant sur les leçons du passé ? L’ANC, qui a longtemps été à la barre, est-il encore capable de guider la nation vers le rêve de Mandela ou est-il temps de chercher de nouvelles voies pour avancer ?

Les célébrations des trente ans du premier vote démocratique sont donc empreintes de nostalgie mais aussi de réalisme. Elles rappellent à la nation et à ses dirigeants l’urgence de renouveler l’engagement envers les principes qui ont guidé la transition vers la démocratie. Plus que jamais, l’Afrique du Sud doit s’attaquer avec résolution aux inégalités structurelles qui entravent son développement et compromettent les espoirs de sa jeunesse.

Alors que le pays se tourne vers l’avenir, les défis sont immenses, mais l’esprit de 1994 — celui d’une nation unie dans la diversité et dans l’espoir d’un avenir meilleur — reste une source d’inspiration. C’est dans cet esprit que l’Afrique du Sud doit chercher à revitaliser sa démocratie et à réaliser pleinement son potentiel, fidèle aux idéaux de Mandela et à la vision d’une société véritablement inclusive et juste.

Chiencoro Diarra

22 avril 2024 0 comments
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BCEAO
Économie

Le Burkina Faso gravite vers le haut du tableau économique de la Zone CFA

by Sahel Tribune 22 avril 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

En 2024, le Burkina Faso surpassera le Mali pour devenir la quatrième plus grande économie de la zone CFA, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI). Avec un PIB attendu à 21,9 milliards de dollars, le Burkina Faso devance son voisin dans un contexte de changements politiques et de réévaluations monétaires significatives.

Le Burkina Faso, cette étoile montante dans le ciel économique de la zone CFA, a de quoi susciter un sourire, voire une petite fierté. Surpassant le Mali, son voisin et rival historique, il se hisse à la quatrième position des économies de cette zone, avec un PIB qui devrait atteindre 21,9 milliards de dollars cette année. Voilà une performance qui ne manque pas de piquant, surtout dans un contexte où ces deux pays, en proie à des instabilités politiques notoires, ont récemment annoncé leur volonté de quitter le franc CFA, cette monnaie qu’ils jugent coloniale.

Amélioration tangible de la vie des citoyens

Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas tant la place que le Burkina occupe qui m’interpelle, mais plutôt ce que ces chiffres disent de la région. La Côte d’Ivoire continue de régner en maître, avec un PIB qui surclasse largement ses voisins, annonçant même franchir le cap des 100 milliards de dollars d’ici 2026. Pendant ce temps, le Burkina Faso et le Mali, avec leurs riches sous-sols et leurs économies potentiellement florissantes, se débattent non seulement avec des enjeux de développement, mais aussi avec des choix monétaires lourds de conséquences.

L’ironie de cette situation est palpable. D’une part, nous avons la promesse d’une prospérité économique, symbolisée par ces augmentations de PIB. D’autre part, nous avons la réalité d’une région encore profondément marquée par des tensions politiques et économiques qui semblent contredire ces belles statistiques. Le retrait de la CEDEAO et la tentative de se défaire du franc CFA sont des décisions lourdes, audacieuses, peut-être nécessaires, mais dont les impacts réels sur le bien-être des populations restent incertains.

Le Burkina Faso, en dépassant le Mali, nous offre un scénario intéressant. Il illustre parfaitement cette dualité entre l’espoir d’une ascension économique et les défis structurels persistants. Comment ces économies, qui oscillent entre des ambitions de grandeur et des réalités de gestion parfois précaires, vont-elles réellement bénéficier de leurs ressources ? Ce n’est pas tant leur classement qui m’intéresse, mais plutôt de savoir si cette croissance économique se traduira par une amélioration tangible de la vie de leurs citoyens.

Entre aspirations de grandeur et réalités politico-économiques complexes

De plus, la décision de rompre avec le franc CFA et d’éventuellement créer une nouvelle monnaie avec le Niger est un véritable saut dans l’inconnu. Elle pourrait redéfinir les règles du jeu économique pour ces nations, ou les plonger dans des difficultés accrues. Alors, quand je regarde ces chiffres et ces prévisions du FMI, je ne peux m’empêcher de me demander : au-delà des applaudissements pour ces performances économiques, sommes-nous prêts à affronter les conséquences de ces grandes manœuvres monétaires?

Le Burkina Faso, tout comme ses voisins, marche sur un fil. Entre aspirations de grandeur et réalités politico-économiques complexes, l’avenir reste incertain. Et pendant que certains célèbrent une victoire statistique, d’autres se préparent peut-être à en gérer les répercussions, loin des tableaux et des graphiques du FMI.

Oumarou Fomba

22 avril 2024 0 comments
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