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Transhumance en Afrique de l'ouest
A la UneÉconomie

Secteur de l’élevage : quand la France et ses complices s’en prennent ouvertement à l’économie malienne 

by Sahel Tribune 2 mai 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Que ceux qui croyaient que la France était en panne d’idées pour nuire au Mali se détrompent. Quand on pense que ce pays ne pourrait pas se montrer plus inventive dans ses approches vis-à-vis du Mali, voilà qu’elle revient à la charge, cette fois-ci sur le champ de bataille économique. Bien sûr, on connaît tous les épisodes précédents : les tentatives de diplomatie musclée et les jeux de pouvoir subtiles, mais rien n’y fait. Le Mali, résilient et farouchement attaché à son autonomie, a résisté. Alors, à présent, c’est par l’économie que la France espère reprendre la main.

Après des échecs cuisants sur les terrains diplomatique et de la guerre communicationnelle, la France, présentée comme chantre de la « liberté et des droits de l’homme », semble désormais se tourner vers le terrain économique pour exercer son influence. Oui, vous avez bien entendu. Le grand dessein actuel ? Asphyxier l’économie malienne, un plan aussi subtil qu’odieux, manifestement destiné à mettre à genoux ce pays ouest-africain dont l’économie repose en grande partie sur l’élevage.

Pseudo projets humanitaires 

Le Mali, avec ses vastes pâturages, représente un des géants de l’élevage en Afrique de l’Ouest. Derrière le Nigeria, il est le second plus grand pays éleveur de la CEDEAO et caracole en tête des pays exportateurs de bétail de la région. L’élevage, qui contribue à 80 % au revenu des populations rurales du Nord et à 18 % dans le Sud, est plus qu’un moyen de subsistance : c’est un pilier économique. En 2011, l’exportation de bovins injectait plus de 50 millions de dollars dans l’économie malienne. Et ces chiffres sont probablement en deçà de la réalité.

Mais voilà que sous couvert de projets humanitaires et de soutien aux populations des zones frontalières, financés à grand renfort de publicité par le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères français, la France semble jouer un jeu double. Officiellement, il s’agit d’améliorer les conditions de vie des éleveurs et de gérer durablement les ressources naturelles. Officieusement ? On pourrait croire à une tentative déguisée pour déstabiliser le secteur de l’élevage malien, et par effet domino, toute l’économie du pays et partant celle de l’AES.

Des choix souverains mal appréciés 

Sous le masque altruiste d’une campagne d’aide aux éleveurs maliens, se cache un plan bien plus machiavélique. Il s’agit d’encourager, ou plutôt d’inciter, ces éleveurs à traverser la frontière avec leurs troupeaux, prétendument pour une transhumance habituelle, mais avec un dessein ultime bien plus sombre : la sédentarisation dans un pays voisin, complice de ce stratagème.

La véritable intention ? Anéantir le cheptel malien, pilier central de son économie agro-sylvo-pastorale. Ce plan, si ingénieusement ourdi, pourrait, s’il réussissait, porter un coup dévastateur à l’économie malienne, privant le pays d’une de ses principales sources de revenu et d’exportation.

Quel cynisme ! 

L’enjeu est de taille, surtout après que le Mali ait pris ses distances avec des institutions telles que le G5 Sahel et la CEDEAO, et après obtenu le départ des troupes françaises ainsi que de la mission des Nations Unies (MINUSMA). Privée de ses leviers traditionnels d’influence, la France semble désormais prête à tout pour sauvegarder ses intérêts, quitte à provoquer des tensions internes au Mali.

Pendant que la France orchestre ces stratégies, le Mali, lui, ne reste pas les bras croisés. L’alliance avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’AES montre une volonté de solidarité régionale et de mutualisation des forces pour contrer les pressions externes et avancer vers des objectifs de développement propres à leurs réalités nationales et régionales.

Accroitre la surveillance et sensibiliser 

Ce dernier stratagème révèle une certaine désespérance de la part de la France, qui, ne pouvant plus exercer son influence de manière ouverte, recourt à des tactiques qui pourraient mettre en péril la stabilité d’une région déjà fort complexe. En agissant ainsi, elle ne fait qu’éroder davantage son image et sa crédibilité, non seulement au Mali, mais dans toute l’Afrique de l’Ouest. Aussi, elle oublie que la sécurité du Mali ne saurait se dissocier de celle de ses voisins. 

Toutefois, les autorités maliennes de la Transition ne doivent pas se laisser faire. La surveillance devra être accrue sur l’ensemble du territoire et afin de rester en alerte sur tous les déplacements des éleveurs et de leurs troupeaux, surtout le long de nos frontières. En même temps, le département en charge de l’élevage devra s’atteler à une vaste campagne de sensibilisation auprès des populations, notamment les éleveurs afin de couper court à ce désir inavoué de la France. 

Sur ce grand échiquier international, où chaque coup peut avoir des répercussions profondes, il semble que la France ait choisi une approche où les fins justifient les moyens. Mais à quel prix ? Celui de la confiance d’un peuple, de la stabilité d’une région, et peut-être, de la perte de ses propres valeurs éthiques, prônées depuis des siècles. Ah, ironie, quand tu nous tiens !

Correspondance particulière 

2 mai 2024 0 comments
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Monument de la paix Bamako
A la UneÉconomie

FMI va accorder un secours financier de plus de 70 milliards de FCFA au Mali face aux crises économiques

by Chiencoro 1 mai 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

En date du 30 avril 2024, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir conclu un accord crucial avec le Mali, en vue d’octroyer une facilité de crédit rapide de 120 millions de dollars, soit plus de 70 milliards de FCFA, pour aider à combattre les effets dévastateurs de chocs économiques externes, notamment l’inflation due à des conflits internationaux et des blocus maritimes. Cette aide financière substantielle vise à pallier le déficit urgent de la balance des paiements du pays, exacerbé par des crises multiples.

Le Mali, frappé par une série de chocs exogènes tels que la guerre en Ukraine et le blocus de la mer Rouge, a vu ses coûts d’importation pour des biens essentiels tels que la nourriture et les engrais grimper en flèche. Ces circonstances ont aggravé l’insécurité alimentaire, touchant désormais un quart de sa population. « Ces défis ont mis à rude épreuve le budget de l’État, élevé le coût de la vie et accru l’insécurité alimentaire, » a expliqué Mme Wenjie Chen, chef de la mission du FMI.

Des défis économiques

Selon Mme Chen, « Les discussions ont porté sur les mesures visant à combler le déficit immédiat et urgent de la balance des paiements du Mali. » L’aide du FMI, qui reste sujette à l’approbation des instances dirigeantes de l’organisation, devrait fournir un soutien vital non seulement pour les besoins alimentaires mais aussi pour les infrastructures de base comme l’éducation, l’eau potable et la santé.

Les autorités maliennes, confrontées à une contraction significative des financements régionaux, ont exprimé leur reconnaissance pour cette intervention du FMI. « Le décaissement couvrirait également des dépenses pour l’éducation, les abris, les articles non alimentaires et l’accès à l’eau potable, à la santé et aux installations sanitaires, » a ajouté Mme Chen.

Selon le FMI malgré une croissance économique de 4,4% en 2023, la nation africaine fait face à d’importants défis économiques. Alors que la hausse des prix de l’or et du coton a stimulé les exportations, les préoccupations accrues en matière de sécurité et les fréquentes pannes d’électricité ont pesé négativement sur la croissance, explique le FMI.

Protéger la viabilité des finances publiques

Le déficit budgétaire du Mali, qui s’élève à 3,9% du PIB, reflète des dépenses importantes en matière de sécurité et de salaires publics. L’équipe du FMI a mis en lumière la nécessité de « protéger la viabilité des finances publiques » en améliorant la mobilisation des recettes et en réduisant les dépenses superflues.

Pour surmonter ces obstacles, « Assurer un approvisionnement en électricité stable et rentable est la priorité numéro un du Mali, » selon le rapport, qui souligne également l’importance de réduire l’incertitude politique pour stimuler l’investissement et la croissance économique.

Cette initiative du FMI est perçue comme une bouée de sauvetage pour le Mali à un moment critique, offrant une perspective d’avenir plus stable pour un pays riche en ressources mais entravé par des crises multiples et des défis structurels.

Chiencoro Diarra

1 mai 2024 0 comments
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14ème CONSEIL SUPERIEUR DE L'AGRICULTURE-28
A la UneÉconomie

CSA 2024 : Assimi Goïta annonce des mesures clés pour l’évolution de l’agriculture malienne

by Chiencoro 30 avril 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

Le président de la Transition du Mali, le Colonel Assimi Goïta, a présidé la 14e session du Conseil supérieur de l’Agriculture le 30 avril 2024 à Koulouba. Lors de cette rencontre annuelle, d’importantes mesures pour renforcer le secteur agricole, notamment l’adoption de stratégies d’agroécologie et la fixation des prix des intrants, ont été annoncées.

Au Mali, la souveraineté alimentaire prend un nouveau tournant. Ce mardi 30 avril 2024, le Palais de Koulouba a été le lieu d’une réunion cruciale, la 14e session du Conseil supérieur de l’Agriculture (CSA), présidée par le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta. C’est dans cette ambiance solennelle, sous les lustres étincelants et entre les murs chargés d’histoire, que l’avenir de l’agriculture malienne a été sculpté avec des résolutions salvatrices et stratégiques.

Le ministre de l’Agriculture, Lassine Dembélé, avec une certaine fierté palpable, rapporte les succès de la campagne agricole précédente, non sans manquer de reconnaître le soutien vital des autorités de la Transition. Il semble que chaque grain semé sous cette administration commence à porter ses fruits, littéralement et figurativement.

Transformer les champs en tableaux de bord de haute technologie

M. Abdoulaye Camara, le 2e Vice-Président de l’Assemblée permanente de la chambre d’Agriculture du Mali (APCAM), ne tarit pas d’éloges envers le Président Goïta, pour son engagement sans faille en faveur du secteur agricole. Un président qui non seulement promeut une politique de subventions pour l’aliment bétail, mais qui envisage également de révolutionner l’agriculture par la géolocalisation des espaces agricoles. Voilà un véritable hymne à la modernité agricole, promettant de transformer les champs en tableaux de bord de haute technologie.

Mais, comme tout bon festin, le repas n’est pas exempt de quelques piments forts. L’APCAM en appelle à une mesure salutaire : que 50 % des achats de l’État soient consacrés aux produits locaux. Une telle politique ne serait pas juste un coup de pouce à l’agriculture, mais un uppercut à la dépendance alimentaire étrangère. C’est là un cri du cœur pour une autonomie qui résonne dans chaque sac de céréales et chaque baluchon de coton produit sur le sol malien.

Le président du Conseil supérieur de l’Agriculture, le colonel Assimi Goïta, a annoncé des mesures significatives pour propulser l’agriculture malienne vers un horizon plus vert et plus durable. Parmi ces mesures, l’élaboration d’une stratégie nationale d’Agroécologie s’avère primordiale. Cette stratégie vise à améliorer et maintenir les équilibres écologiques tout en développant des techniques agricoles adaptatives pour atténuer les effets du changement climatique. Une initiative qui, espérons-le, transformera les pratiques agricoles en des modèles de durabilité.

Les prix d’achat des intrants agricoles subventionnés

Plus encore, le Mali s’apprête à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle à travers la création d’un Conseil national unifié. Ce conseil sera la pierre angulaire d’une coordination multisectorielle, essentielle pour répondre efficacement aux défis alimentaires présents et futurs. C’est un pas audacieux vers une gestion intégrée et holistique de la sécurité alimentaire, qui reflète une compréhension profonde des intrications entre agriculture, santé et bien-être social.

Le lancement d’une Politique nationale du Conseil agricole accompagnée de son dispositif de Système national du Conseil agricole est également au programme. Ce système ambitionne d’encadrer de manière rapprochée les agriculteurs maliens, leur offrant ainsi les outils et les connaissances nécessaires pour optimiser leurs rendements et pratiques agricoles.

Parlons chiffres — car la politique, c’est aussi une histoire de chiffres. Pour la campagne agricole de 2024, les prix d’achat des intrants agricoles subventionnés ont été méticuleusement définis : 14 000 FCFA pour un sac de 50 kg d’engrais minéraux, 3 000 FCFA pour les engrais organiques, 1 500 FCFA pour un kilogramme de semences de maïs hybride, et 17 500 FCFA pour un kilogramme de bio-stimulant ovalis. Et que dire du prix du coton graine qui connaît une légère augmentation, passant de 295 à 300 francs CFA le kilogramme, reflétant une intention claire de soutenir davantage les cotonculteurs.

Marcher dans la boue fertile des réalités agricoles

Ces annonces ne sont pas de simples promesses en l’air. Elles sont le reflet d’une volonté ferme de transformer un secteur-clé de l’économie malienne. Le Colonel GOÏTA, en véritable commandant des champs, rappelle que l’agriculture est le « secteur vital et stratégique du Mali ». Sous son administration, chaque arpent de terre est une tranchée contre la faim, chaque graine semée une balle contre la pauvreté. La session se clôt sur des engagements fermes pour l’année à venir, promettant une agriculture non seulement résiliente face au changement climatique, mais aussi prospère et auto-suffisante.

Chapeau donc à ces dirigeants qui, loin des bruits de bottes habituels de la politique, choisissent de marcher dans la boue fertile des réalités agricoles. Le Mali, sous cette transition, ne se contente pas de faire pousser des plantes ; il cultive l’espoir pour un avenir où chaque Malien pourrait récolter les fruits d’une terre gérée avec sagacité et prévoyance. Et dans ce champ d’ambitions vertes, chaque citoyen est invité à semer, à arroser et à récolter la promesse d’un Mali nourri par son propre sol.

Chiencoro Diarra 

30 avril 2024 0 comments
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Ouverture dialogue national au Gabon
Billet d'humeur

Dialogue national : un « nouveau départ » ou une chape de plomb sur le Gabon ?

by Chiencoro 30 avril 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Le Gabon conclut son Dialogue national le 28 avril 2024. Les résolutions ont été remises au président de la transition, ce mardi 30 avril 2024, dans le palais présidentiel à Libreville. Ce document crucial propose des réformes radicales, incluant des restrictions sévères sur l’éligibilité politique et des politiques de préférence nationale strictes.

Ah, le Gabon ! Sous les lustres éclatants et les hauts plafonds blancs du palais présidentiel à Libreville, le théâtre politique gabonais a encore joué une de ses pièces les plus éblouissantes ce mardi 30 avril 2024. La conclusion du Dialogue national, un spectacle raffiné où des artistes et des prières ont précédé la remise d’un document de mille résolutions au président de la transition. Un scénario impeccablement orchestré, diraient certains. Mais qu’en est-il vraiment ?

Du théâtre comique

Déjà, l’odeur du papier fraîchement imprimé du rapport semble masquer une fragrance moins agréable, celle des manœuvres politiques et des décisions qui pourraient bien réduire le champ des libertés plutôt que de le libérer. Par exemple, la recommandation de suspendre tous les partis politiques frappe d’une force particulière le PDG, l’ancien parti au pouvoir. Ah, le PDG ! Ce bouc émissaire parfait, dont les leaders sont non seulement suspendus, mais aussi menacés de poursuites judiciaires et d’inéligibilité. Quel formidable moyen de couper l’herbe sous le pied de l’opposition, n’est-ce pas ?

Puis, il y a cette délicieuse ironie des « résolutions » prônant une politique de préférence nationale à peine déguisée. Candidats à la présidence ? Assurez-vous d’être nés de père et mère gabonais. Vous voulez faire partie du gouvernement ? Mieux vaut être Gabonais « d’origine ». Et pour couronner le tout, un mariage avec un citoyen gabonais est nécessaire pour accéder à certains ministères. Ce n’est plus du nationalisme, c’est presque du théâtre comique, si ce n’était pas aussi tragiquement exclusif.

Le cœur du Gabon balance

Le summum de cette farce nationaliste est peut-être cette nouvelle charte des valeurs gabonaises que tout nouvel arrivant devra signer. Une mesure qui semble moins une ouverture sur le monde qu’une porte claquée au nez de la diversité et de l’inclusion.

Alors, que reste-t-il de ce « nouveau départ » pour le Gabon ? Un départ, peut-être, mais vers quoi ? Vers une démocratie renouvelée ou vers un régime où le contrôle et l’exclusion prévalent sous couvert de réformes ? 

Les lustres du palais présidentiel brillent certainement, mais ils éclairent aussi les ombres de ce qui pourrait être un recul déguisé en progrès. Le Gabon mérite un dialogue qui embrasse véritablement toutes les voix, pas seulement celles qui résonnent dans les échos d’une grande salle sous surveillance. Reste à voir si ces résolutions seront appliquées ou resteront de belles paroles sur du papier luxueux. Entre espoir et scepticisme, le cœur du Gabon balance.

Chiencoro Diarra 

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Armée étrangères en Afrique
A la Une

L’élimination d’Abu Houzeifa par le Mali : un succès là où Barkhane et la Minusma ont failli

by Sahel Tribune 30 avril 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans une opération décisive le dimanche 28 avril 2024, l’armée malienne a neutralisé Abu Houzeifa, un chef terroriste de haute importance dans la région de Liptako Gourma, près d’Indelimane. Cette victoire significative, soulignant l’efficacité des Forces armées maliennes (FAMa), marque un tournant crucial dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Dans les sables mouvants de la géopolitique sahélienne, le Mali vient d’inscrire une page héroïque dans l’histoire de sa lutte contre le terrorisme. Le dimanche 28 avril 2024, une opération menée par les Forces armées maliennes (FAMa) dans le Liptako Gourma, secteur d’Indelimane, a conduit à la neutralisation d’un important chef terroriste, Abu Houzeifa, mieux connu sous le nom de Hugo. Cette opération d’envergure a mis fin à la trajectoire meurtrière d’un homme dont la tête avait été mise à prix pour cinq millions de dollars, soit trois-milliards-quatre-cent-millions (3 400 000 000) FCFA, par le département d’État américain, en raison de son rôle présumé dans la mort des forces spéciales américaines à Tango Tango, Niger, en 2017.

Cette victoire tactique ne représente pas seulement un coup dur pour les forces de l’État islamique au Sahel (EIS), mais elle incarne également un triomphe de la souveraineté et de l’efficacité malienne. Pendant des années, le récit dominant a souvent placé les opérations étrangères comme Barkhane et la MINUSMA au centre de la sécurité régionale, éclipsant les contributions et les sacrifices des forces locales. Cependant, ce succès des FAMa marque un point de bascule crucial, montrant que là où des armées étrangères ont eu des résultats mitigés, l’armée malienne a pu remporter une victoire significative.

Témoignage de la capacité de l’armée malienne à assurer la souveraineté du pays

La reconquête de Kidal par l’armée malienne le 14 novembre 2023 marque un tournant significatif dans la longue lutte pour la stabilité au Mali. Après plus d’une décennie sous le contrôle djihadiste, cette ville clé a été reprise, exposant les limites des interventions de « partenaires militaires étrangers » présents au Mali sous le prétexte de restaurer la paix et la stabilité. Malgré leur présence prolongée, ces forces n’ont pas réussi à empêcher que des régions entières du pays ne tombent aux mains des insurgés, posant des questions sur l’efficacité et les véritables intentions de ces missions internationales.

Hier la reconquête de Kidal, aujourd’hui la neutralisation d’une éminente figure du terrorisme au Sahel, l’armée fait des prouesses et donne davantage des preuves de sa montée en puissance. L’importance de cette réalisation ne peut être sous-estimée. Abu Houzeifa était une figure de proue de la terreur, impliqué dans des attaques qui ont non seulement couté des vies, mais ont également alimenté le cycle de violence et de déstabilisation dans la région du Sahel. Son élimination par les forces maliennes est un témoignage de leur capacité à prendre en main la sécurité de leur propre pays, défiant les attentes et redéfinissant les perceptions de leur compétence.

Le respect et le soutien correspondant à leur bravoure

Dans ce contexte, un appel est lancé aux États-Unis et à la communauté internationale pour une reconnaissance accrue de la contribution du Mali à la lutte mondiale contre le terrorisme. Il est impératif que les partenaires internationaux reconnaissent et valorisent les efforts du Mali, non seulement en termes de coopération militaire, mais aussi dans le cadre d’un soutien politique et économique renforcé. La lutte contre le terrorisme est une guerre qui ne respecte pas les frontières nationales, et les succès du Mali doivent être vus comme des victoires pour la sécurité mondiale.

Il est également crucial de souligner que les succès militaires ne sont que la pointe de l’iceberg. Pour que ces victoires soient durables, elles doivent être accompagnées d’efforts pour adresser les causes profondes de l’insécurité, notamment la pauvreté, l’exclusion et les inégalités. La stabilisation du Mali nécessite un engagement à long terme envers le développement économique et social, ainsi que le renforcement des institutions démocratiques.

Les Maliens ont montré qu’ils pouvaient diriger leur propre bataille contre le terrorisme, et ils demandent le respect et le soutien correspondant à leur bravoure. Ce n’est pas seulement une question de reconnaissance, mais un impératif stratégique pour encourager et soutenir la résilience locale face aux menaces transnationales.

Catalyseur pour une réévaluation

La neutralisation d’Abu Houzeifa par les FAMa est une affirmation puissante de l’autonomie et de la capacité du Mali à sécuriser son territoire. Cet évènement devrait servir de catalyseur pour une réévaluation de la manière dont la communauté internationale, en particulier les États-Unis, envisage son partenariat avec le Mali. Il est temps que les contributions et les victoires du Mali soient pleinement reconnues et intégrées dans une stratégie globale qui respecte et valorise la souveraineté et les compétences maliennes.

C’est un message clair : là où d’autres ont échoué, le Mali a réussi. Cette réussite mérite non seulement d’être reconnue, mais aussi soutenue, pour bâtir un avenir où la sécurité et la stabilité du Sahel sont entre les mains de ses propres peuples, soutenues par des partenaires qui respectent et valorisent leurs efforts et sacrifices. Le Mali, en démontrant son efficacité et sa résilience, mérite justement cette reconnaissance et ce respect.

Oumarou Fomba 

30 avril 2024 0 comments
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Rapport 2023 du PNUD
Actu

Rapport 2023 du PNUD: lutte contre le paludisme et réformes majeures au Mali

by Chiencoro 28 avril 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a publié son rapport annuel 2023, mettant en lumière les efforts significatifs et les impacts de ses projets au Mali. Ce document détaille les initiatives en matière de réformes institutionnelles, d’adaptation au changement climatique et de lutte contre le paludisme, essentielles pour le développement et la stabilisation du pays.

Alors que le Mali continue de naviguer à travers une période de transitions politiques et de défis sécuritaires, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a joué un rôle clé dans la stabilisation et le développement du pays en 2023. Selon le rapport annuel du PNUD, malgré un contexte mondial difficile, l’organisation a renforcé les capacités institutionnelles maliennes et a contribué à des avancées significatives en matière de réformes législatives et électorales ainsi que dans la lutte contre le paludisme.

Projet d’appui aux réformes et aux élections au Mali

« Nous avons maintenu notre engagement envers le Mali, en renforçant la résilience institutionnelle et en soutenant la réponse aux urgences climatiques et sanitaires, » a déclaré Maleye Diop, Représentant Résident du PNUD au Mali. Cette déclaration souligne l’engagement continu du PNUD à accompagner le Mali dans ses efforts de réforme et de développement durable.

Parmi les initiatives clés mises en avant, le projet d’appui aux réformes et aux élections au Mali (PAREM) a été particulièrement impactant. Le PAREM a aidé à mettre en place une nouvelle constitution et à réorganiser le cadre administratif et territorial du pays, ce qui est essentiel pour les futures élections législatives et territoriales. « L’appui du PNUD a été crucial pour faciliter un processus électoral inclusif et transparent, » a affirmé Dr. Choguel Kokalla Maiga, Premier ministre du Mali, reconnaissant l’importance du soutien international dans la stabilisation du pays.

Résistance du paludisme aux traitements

En outre, le PNUD a soutenu des initiatives environnementales visant à combattre les effets du changement climatique. Des efforts de reforestation et de conservation de la biodiversité ont été menés, en particulier dans les zones affectées par la sécheresse et l’érosion. Le rapport indique que ces initiatives ont non seulement amélioré la qualité de vie des Maliens mais ont aussi renforcé la sécurité alimentaire et économique dans les régions ciblées.

Cependant, le rapport met également en lumière les défis persistants, tels que la résistance du paludisme aux traitements et la nécessité d’une coopération régionale accrue pour assurer une stabilité à long terme. « Il reste beaucoup à faire pour atteindre une paix durable et une prospérité pour tous les Maliens, » a ajouté Diop, soulignant l’importance de poursuivre les efforts de développement.

Le rapport du PNUD offre un aperçu encourageant des progrès réalisés au Mali tout en reconnaissant les obstacles qui demeurent. Il appelle à un engagement renouvelé de la part de la communauté internationale et des acteurs locaux pour surmonter ces défis et construire un avenir meilleur pour le Mali.

Chiencoro Diarra

28 avril 2024 0 comments
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sulfadoxine-pyriméthamine paludisme
A la Une

Lutte contre le paludisme : Faut-il continuer à assister aux dégâts causés par cette maladie ?

by Bakary FOMBA 28 avril 2024
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Malgré les avancées significatives dans la recherche de vaccins antipaludiques, le paludisme reste un fléau majeur à l’échelle mondiale, affectant surtout les populations des régions tropicales et subtropicales, particulièrement en Afrique où cette maladie est endémique.

Le paludisme, également connu sous le nom de malaria, est une maladie vectorielle transmise par les piqûres de moustiques Anopheles. Elle est causée par des parasites du genre Plasmodium, avec le Plasmodium falciparum étant le plus dangereux pour l’homme. Cette maladie peut devenir grave et même mortelle si elle n’est pas diagnostiquée et traitée à temps. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables.

Progrès et défis dans le développement des vaccins

Au fil des années, plusieurs vaccins antipaludiques ont été développés, dont le plus connu, le RTS,S/AS01, a été le premier à recevoir l’approbation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour son utilisation chez les enfants en Afrique. Récemment, un autre vaccin, le R21/Matrix-M, a montré une efficacité prometteuse dans les essais préliminaires. Cependant, malgré ces progrès, la lutte contre le paludisme reste un combat de longue haleine.

Les vaccins, bien que prometteurs, présentent plusieurs défis qui limitent leur impact. Leur disponibilité reste insuffisante dans les régions les plus touchées en raison de coûts élevés et de difficultés logistiques. En outre, les infrastructures de santé défaillantes dans ces régions compliquent la distribution et l’administration des vaccins.

Résistance aux médicaments et autres défis

Un autre problème majeur est la résistance croissante des parasites du paludisme aux traitements antipaludiques traditionnels. Cette résistance compromet l’efficacité des traitements disponibles et pourrait potentiellement réduire l’efficacité des nouveaux vaccins. De plus, les changements climatiques et l’urbanisation accélérée favorisent la prolifération des moustiques vecteurs, augmentant ainsi les risques de transmission.

Les campagnes de sensibilisation et les mesures de prévention ont souvent du mal à atteindre leur plein potentiel en raison de la complaisance et de la négligence des populations locales. Le non-respect des mesures de prévention, telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et l’élimination des eaux stagnantes, est courant. De plus, les coûts des traitements et des mesures préventives imposent un fardeau financier important aux familles et aux gouvernements des pays touchés.

Stratégies pour un futur sans paludisme

Le paludisme a des répercussions profondes sur la santé publique et l’économie des pays touchés. En 2022, selon l’OMS, il y a eu 608 000 décès dus au paludisme, majoritairement des enfants de moins de cinq ans en Afrique. La maladie freine également le développement économique, décourage le tourisme et dissuade les investissements étrangers.

Pour vaincre le paludisme, une approche globale et coordonnée est nécessaire. Il est essentiel de renforcer les systèmes de santé, d’améliorer l’accès aux vaccins et aux traitements antipaludiques, et de combattre la résistance aux médicaments. Les gouvernements, en collaboration avec les organisations internationales, les acteurs de la santé publique, et la société civile, doivent travailler de concert pour mettre en œuvre des stratégies de prévention efficaces.

La lutte contre le paludisme est loin d’être terminée, mais avec un engagement continu et une collaboration internationale, il est possible de réduire significativement l’impact de cette maladie et, éventuellement, de l’éliminer comme menace pour la santé publique mondiale. Le chemin est long et semé d’embûches, mais les progrès réalisés jusqu’à présent montrent qu’il est possible de surmonter ces défis avec détermination et innovation.

Bakary Fomba

28 avril 2024 0 comments
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