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Passeport AES
A la UneÉconomie

Libre circulation : l’AES officialise son propre passeport 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

À compter du 29 janvier 2025, les citoyens du Mali, du Burkina Faso et du Niger pourront obtenir le passeport de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette décision favorise la consolidation de l’union entre les trois pays, qui quitteront officiellement la CEDEAO à la même date. Les anciens passeports resteront valides jusqu’à leur expiration, tandis qu’un mécanisme de remplacement est prévu pour ceux arborant le logo de la CEDEAO.

C’est une nouvelle étape dans le processus de rupture des trois pays membres, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, avec la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). À cette date, l’AES ne sera plus officiellement membre de l’organisation sous-régionale, après avoir dénoncé les traités y afférents en raison de divergences politiques et stratégiques.

Un document de voyage au service de la mobilité confédérale

Le passeport de l’AES se veut un symbole d’intégration entre les trois États, tout en assurant aux citoyens une continuité dans leur mobilité. Selon le communiqué officiel signé par le Président de la Confédération des États du Sahel, le général Assimi Goïta, les anciens passeports restent valables jusqu’à leur date d’expiration. Cependant, les titulaires de passeports en cours de validité portant le logo de la CEDEAO auront la possibilité de les échanger contre le nouveau passeport confédéral. « Les citoyens de la Confédération AES détenteurs des anciens passeports arborant le logo de la CEDEAO en cours de validité peuvent les faire remplacer par des nouveaux passeports de l’AES conformément aux règles en la matière. », lit-on dans le communiqué

Le lancement de ce nouveau passeport s’inscrit dans la volonté des dirigeants de l’AES de garantir une souveraineté institutionnelle, notamment dans la gestion des documents de voyage et la sécurisation des frontières. Cette mesure vise également à renforcer les liens entre les trois pays en facilitant les déplacements internes et en réduisant la dépendance aux structures communautaires précédentes.

Les garanties de l’AES pour une transition en douceur

Dans son communiqué, le Président de la Confédération des États du Sahel a tenu à rassurer les populations sur les mesures prises pour assurer une mise en œuvre efficace de cette transition. « Toutes les dispositions utiles seront prises pour garantir l’effectivité de la libre circulation des personnes et des biens« , a-t-il affirmé. Ce qui traduit un engagement fort des États membres à assurer une continuité dans les échanges transfrontaliers.

La question de la reconnaissance internationale du passeport de l’AES reste toutefois un enjeu clé. Si les trois pays entendent nouer des partenariats bilatéraux pour garantir l’acceptation du document par des États tiers, il faudra attendre les réactions des autres organisations régionales et internationales pour mesurer l’impact de ce changement sur la mobilité des citoyens de l’AES hors de l’espace confédéral.

Cette officialisation du passeport de l’AES intervient dans un contexte où la Confédération des États du Sahel multiplie les initiatives pour asseoir son indépendance vis-à-vis des instances régionales et internationales. 

Ibrahim Kalifa Djitteye 

23 janvier 2025 0 comments
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Le camp des déplacés de Faladiè
A la UneSécurité

Plan humanitaire 2025 : un appel de 385,6 milliards de FCFA pour soutenir 4,7 millions de personnes en détresse

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Face à une crise humanitaire persistante, le gouvernement malien et ses partenaires ont lancé le Plan de Réponse humanitaire 2025. Avec un budget estimé à 385,6 milliards de FCFA, ce programme vise à fournir une assistance vitale à 4,7 millions de personnes parmi les plus vulnérables, affectées par les conflits, les déplacements forcés et les chocs climatiques.

Ce plan stratégique vise à répondre aux besoins urgents des populations les plus vulnérables, notamment celles affectées par les conflits armés, les déplacements forcés, les crises sanitaires et les chocs climatiques. Selon Amy Martin, ce programme s’articule autour de deux objectifs fondamentaux : sauver des vies et garantir un accès équitable aux services sociaux de base pour les personnes les plus exposées.

Le contexte humanitaire malien demeure préoccupant. À la fin de 2024, le pays comptait plus de 378 000 déplacés internes, dont 86 % sont des femmes et des enfants. De plus, le nombre de réfugiés ayant fui les violences au Sahel central pour trouver asile au Mali a bondi de plus de 200 % en un an. Ces chiffres alarmants témoignent de l’urgence d’une réponse humanitaire renforcée et mieux financée.

À travers le Plan de Réponse humanitaire 2025, le gouvernement et la communauté humanitaire sollicitent une mobilisation financière de 771,3 millions de dollars américains (soit environ 385,6 milliards de francs CFA). Cet effort vise à fournir une assistance d’urgence à 4,7 millions de personnes parmi les plus vulnérables.

Un engagement fort du gouvernement

La ministre de la Santé et du Développement social, Médecin-colonel Assa Badiallo Touré a salué les efforts consentis par les autorités de la Transition pour améliorer la situation humanitaire dans le pays. Elle a rappelé que le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, avait ordonné en juin dernier l’organisation des États généraux de la santé, aboutissant à un projet de plan d’action national structuré en huit axes prioritaires. L’un d’eux concerne l’amélioration de la couverture sanitaire et vise à garantir la disponibilité des soins de qualité sur l’ensemble du territoire.

La ministre a également mis en avant l’engagement des forces de défense et de sécurité pour sécuriser le retour des personnes déplacées et faciliter leur réinstallation dans leurs localités d’origine.

Khassim Diagne, coordinateur résident des Nations unies au Mali, a souligné la nécessité d’un engagement accru des partenaires internationaux pour répondre aux besoins croissants des populations vulnérables. En 2024, seulement 38 % du financement requis pour la réponse humanitaire ont été mobilisés, limitant ainsi l’impact des interventions sur le terrain. Malgré ces contraintes budgétaires, 1,8 million de personnes ont pu bénéficier d’une aide d’urgence.

La communauté humanitaire appelle donc à un soutien renforcé pour 2025, insistant sur la nécessité d’intégrer des solutions durables et innovantes afin de renforcer la résilience des communautés face aux crises récurrentes. L’accent sera mis sur des secteurs clés tels que la protection, l’éducation, la sécurité alimentaire, la santé, la nutrition, les abris, ainsi que l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

Un processus inclusif pour une meilleure coordination

Le Plan de Réponse humanitaire 2025 a été élaboré à travers une concertation inclusive impliquant les représentants des communautés, la société civile, les services étatiques, les acteurs humanitaires et les partenaires au développement. Cette approche participative vise à garantir une réponse adaptée aux réalités locales et aux besoins spécifiques des populations affectées.

Afin d’assurer une mise en œuvre efficace, un mécanisme de suivi et d’évaluation sera mis en place pour mesurer l’impact des interventions et ajuster les stratégies en fonction des évolutions du terrain. L’implication des autorités locales et des bénéficiaires sera essentielle pour garantir la transparence et l’efficacité des actions menées. À travers ce plan ambitieux, le Mali et ses partenaires réaffirment leur engagement à alléger les souffrances des populations en détresse et à œuvrer pour un avenir plus stable et résilient.

Ibrahim K. Djitteye 

23 janvier 2025 0 comments
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Des déplacés à Ménaka
ActuSécurité

Mali : l’interdépendance des problématiques environnementales et sécuritaires 

by Sahel Tribune 22 janvier 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La note sur la situation de la protection au Mali (juillet-septembre 2024), du HCR, met en lumière un pays pris dans les tourments des conflits armés, des catastrophes naturelles et des crises humanitaires. Cette note appelle à une réflexion sur les liens entre instabilité, vulnérabilité des populations et opportunités pour une paix durable.

La note sur la situation de la protection au Mali, couvrant la période de juillet à septembre 2024, offre un tableau frappant d’un pays pris entre les tourments de la nature, les méandres des conflits armés et les défis structurels de son système de gouvernance. Au-delà des chiffres et des événements rapportés, il interroge les dynamiques profondes qui régissent les sociétés fragilisées par l’instabilité. Que révèle cette situation à propos de l’avenir de la région et des leçons à tirer pour l’Afrique et le monde ?

Avec plus de 8 312 violations documentées au cours de ce trimestre, le Mali demeure prisonnier d’une insécurité persistante, selon le HCR. Bien que ces chiffres montrent une baisse de 23 % par rapport au trimestre précédent, ils traduisent néanmoins une augmentation de 70 % comparée à la même période en 2023. Les régions du nord et du centre, comme Gao, Mopti ou Kidal, concentrent une grande partie de ces violations, qu’il s’agisse de déplacements forcés ou de restrictions imposées par des groupes armés. Ce constat nous rappelle que la violence ne connaît pas de frontières fixes, elle se réinvente et se déplace au gré des dynamiques locales et régionales.

La vulnérabilité exacerbée des femmes et des enfants

Les femmes et les enfants représentent une majorité des populations déplacées, accentuant leur exposition aux violences basées sur le genre. Le rapport documente une hausse de 72 % des cas de violences basées sur le genre par rapport à 2023, avec des mariages forcés et des viols souvent utilisés comme armes de guerre. 

Paradoxalement, les inondations historiques de l’année 2024, les plus importantes depuis 1967, ont à la fois atténué l’intensité des conflits dans certaines régions en ralentissant les mouvements des groupes armés, et amplifié la souffrance des populations civiles. Plus de 208 000 personnes ont été affectées par ces catastrophes naturelles, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Cette juxtaposition de catastrophes naturelles et de conflits armés souligne l’interdépendance des problématiques environnementales et sécuritaires, appelant à une réflexion globale sur les liens entre climat et instabilité.

L’ombre des acteurs armés et des logiques de domination

Au cœur de ces défis se trouve la question du contrôle territorial. Les « groupes armés non étatiques » imposent leurs lois : prélèvements illégaux, destruction des moyens de subsistance, ou encore enrôlement forcé des enfants. Ces stratégies visent non seulement à asseoir leur autorité sur des zones stratégiques, mais aussi à briser la cohésion sociale. Cette fragmentation du tissu social reflète une quête d’hégémonie dans un espace géopolitique où les alliances se forment et se défont au gré des intérêts économiques et militaires.

Face à cet effondrement systémique, le HCR insiste sur des initiatives cruciales, telles que le monitoring des déplacements ou les interventions pour protéger les enfants et les femmes. Mais ces efforts restent limités par l’ampleur des besoins. La reconstruction d’une paix durable nécessite bien plus qu’une simple réponse humanitaire. Elle exige une approche holistique, intégrant sécurité, justice, gouvernance et développement économique.

Cette note est une illustration parfaite que les crises, aussi profondes soient-elles, sont aussi des révélateurs d’opportunités. Si le Mali et ses partenaires parviennent à tirer les leçons de cette période, à reconstruire des institutions solides et à promouvoir une gouvernance inclusive, ce pays pourrait devenir un laboratoire de résilience et d’innovation pour toute l’Afrique de l’Ouest. Mais pour cela, il faudra transformer la situation actuelle en une force motrice d’un avenir réinventé.

Alassane Diarra 

22 janvier 2025 0 comments
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Le Vérificateur général du Mali
A la UneÉconomie

Gestion de l’exploitation du bois au Mali : les recommandations du BVG entièrement mises en œuvre

by Sahel Tribune 22 janvier 2025
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme d’activités, le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a conduit une mission de vérification de suivi des recommandations formulées par la mission de vérification financière et de conformité de la gestion de l’exploitation du bois au Mali, effectuée en 2022. Elle a pour objectif de s’assurer de la mise en œuvre des recommandations formulées lors de la vérification initiale et d’apprécier leur niveau de mise en œuvre et la correction des faiblesses constatées. 

Cette vérification a abouti à des conclusions qui révèlent qu’au regard du taux de mise en œuvre des recommandations, qui est de 100%. Le niveau de mise en œuvre est très satisfaisant. En effet, sur les trois (3) recommandations formulées par l’équipe de vérification initiale, deux (2) recommandations sont entièrement mises en œuvre et une (1) recommandation est non applicable.

Il ressort de la vérification que le Ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable a levé la suspension de l’exploitation du bois d’œuvre ou bois de sciage. A la suite de la levée de la suspension, il a délivré les permis de coupe de bois aux sociétés.

La vérification initiale avait recommandé au Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable de motiver les décisions prises en matière de suspension de l’exploitation forestière. La présente vérification de suivi a relevé que cette recommandation est non applicable parce que le ministère n’a pas eu l’occasion de motiver une nouvelle décision de suspension de coupe du bois.

Lien : https://www.bvg-mali.org/suivi-des-recommandations-gestion-de-lexploitation-du-bois-au-mali/

 

 

22 janvier 2025 0 comments
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Mamoutou Touré dit Bavieux
A la UneSport

Mamoutou Touré renonce à un mandat international : une décision sous contrainte ?

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Placée sous le feu des projecteurs depuis plus d’un an, la situation de Mamoutou « Bavieux » Touré, président de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), vient de connaître un nouveau rebondissement. Le dirigeant, réélu à la tête de l’instance nationale malgré sa détention, a annoncé son retrait de la course pour un poste au sein du Conseil de la FIFA et du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF).

Dans une lettre adressée aux instances concernées, Mamoutou Touré justifie sa décision par sa longue détention depuis le 9 août 2023 et son état de santé. « Ces 17 mois de détention, sans possibilité de bénéficier de la liberté provisoire, m’ont empêché de m’investir pleinement dans mes fonctions et dans la préparation du renouvellement de mon mandat au sein du Conseil de la FIFA », écrit-il.

Incarcéré à Bamako, il fait face à des accusations de détournement de fonds publics estimés à près de 17 milliards de francs CFA, ainsi que de faux et usage de faux. Ces faits remonteraient à son passage à l’Assemblée nationale entre 2013 et 2019. Malgré plusieurs demandes de mise en liberté provisoire, Touré est resté en détention, ce qui a eu des répercussions sur sa santé et sa capacité à gérer ses responsabilités nationales et internationales.

Le 29 août 2023, Mamoutou Touré a été réélu président de la FEMAFOOT pour un second mandat de quatre ans, alors qu’il était toujours derrière les barreaux. Cette réélection, qui s’est déroulée dans un contexte marqué par l’invalidation des candidatures de ses opposants, a suscité des débats sur la transparence du processus et la gouvernance du football malien.

Depuis sa cellule, il a continué à diriger la fédération, une situation inédite qui a alimenté les critiques et soulevé des interrogations sur la gestion du football national. Son maintien à la tête de la FEMAFOOT, malgré son incarcération, témoigne de son influence, mais aussi des tensions internes qui minent l’institution.

Une décision stratégique ou forcée ?

Le retrait de Mamoutou Touré des instances internationales semble répondre à plusieurs enjeux. D’une part, il pourrait être perçu comme une manœuvre pour éviter une humiliation en raison du manque de soutien de la part des autorités maliennes et des instances internationales. D’autre part, il vise peut-être à calmer la tension autour de sa situation judiciaire, alors que son procès reste en attente.

Le président de l’instance dirigeante du football malien, qui a toujours clamé son innocence, considère cette affaire comme une campagne orchestrée par ses détracteurs pour l’écarter du football malien et africain. Dans son communiqué, il insiste sur son engagement envers le sport national tout en affirmant qu’il préfère se retirer pour « laisser place à un avenir serein ».

Quel avenir pour le football malien ?

Alors que la Confédération africaine de football prépare son élection présidentielle en mars 2025, le football malien traverse une période d’incertitude. Mamoutou Touré, bien qu’écarté des instances internationales, reste à la tête d’une fédération divisée. Son influence demeure, mais son absence sur la scène internationale pourrait affaiblir la position du Mali dans les décisions du football continental.

Avec ce retrait, la FEMAFOOT devra redéfinir sa stratégie et sa gouvernance, sous peine de voir le football malien sombrer dans une crise encore plus profonde. En attendant, Touré reste en détention, et son avenir, tout comme celui de la FEMAFOOT, demeure incertain.

Ibrahim K. Djitteye 

21 janvier 2025 0 comments
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Ministre de l'Economie et des FInances
ActuÉconomie

« Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » : le Mali, un pays émergent d’ici 2033 ?

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Lors de sa session du 27 décembre 2024, sur proposition du ministre de l’Économie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033. Cette décision marque le lancement officiel de réformes et de projets d’envergure pour transformer le Mali en une nation émergente.

Avec cette vision à long terme, les autorités de la Transition ambitionnent de faire du Mali un pays émergent d’ici 2033, en posant les jalons d’un développement économique, social et institutionnel durable.

L’initiative « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » s’inscrit dans une perspective de quatre décennies, avec pour horizon 2063. Ce cadre stratégique vise à replacer le Mali sur la voie de la prospérité à travers des réformes profondes et des investissements structurants.

Pour assurer un déploiement efficace et progressif, une approche décennale a été adoptée. La première phase (2024-2033) repose sur la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable, qui servira de feuille de route pour bâtir les bases solides du développement national.

Les piliers de la stratégie 2024-2033

La Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033 repose sur quatre axes stratégiques majeurs visant à transformer durablement le Mali. Le premier axe concerne la refondation de l’État et le renforcement de la gouvernance, en mettant l’accent sur la transparence, la bonne gestion des ressources publiques et la participation citoyenne. Le deuxième axe vise la transformation structurelle de l’économie, à travers l’industrialisation, l’amélioration des infrastructures et la promotion du numérique afin de réduire la dépendance aux matières premières et stimuler la croissance.

Le troisième axe porte sur le développement humain et le renforcement du capital social, en garantissant un meilleur accès à l’éducation, à la santé et en luttant contre les inégalités, notamment en faveur des jeunes et des femmes. Enfin, le quatrième axe met l’accent sur la résilience environnementale et le développement durable, avec des mesures pour la gestion des ressources naturelles, la promotion des énergies renouvelables et l’adaptation aux changements climatiques. Ensemble, ces priorités forment un cadre ambitieux pour bâtir un Mali émergent et prospère d’ici 2033.

Des projets structurants pour concrétiser la vision

L’approbation de « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » marque le début de la mise en œuvre de projets structurants destinés à moderniser le pays et à accélérer son développement. Parmi les actions prioritaires, la modernisation du réseau routier et ferroviaire vise à renforcer les échanges commerciaux et à désenclaver les régions, facilitant ainsi l’intégration économique du territoire. De plus, la construction de pôles industriels et technologiques devrait favoriser l’innovation et l’industrialisation, réduisant ainsi la dépendance aux matières premières brutes.

Par ailleurs, l’amélioration des infrastructures essentielles est au cœur de cette stratégie, notamment avec le renforcement de l’accès à l’électricité et à l’eau potable. Ces investissements visent à améliorer le quotidien des populations et à créer un environnement propice à la croissance économique et au bien-être social. En mettant en œuvre ces projets ambitieux, le Mali entend poser les bases d’un développement durable et inclusif, aligné avec ses objectifs à long terme.

Une vision ambitieuse, mais des défis à relever

La mise en œuvre de la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033 repose sur plusieurs défis majeurs. Un engagement politique soutenu est essentiel pour garantir la continuité des réformes, notamment dans un contexte marqué par des transitions politiques. La réussite de cette vision dépendra également de la mobilisation des ressources financières, en combinant les financements internes et les contributions des partenaires internationaux pour assurer le bon déroulement des projets structurants.

En outre, l’adhésion des citoyens sera un facteur clé du succès de cette stratégie. En les impliquant activement dans les réformes et en leur donnant les moyens de contribuer au développement du pays, le gouvernement vise à créer une dynamique collective autour de « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma ». Cette appropriation populaire renforcera la mise en œuvre des initiatives et garantira un impact durable sur la transformation économique et sociale du Mali.

Un Mali en marche vers l’émergence

Avec « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », le Mali se dote d’une boussole stratégique pour orienter son développement à long terme. En mettant l’accent sur la refondation de l’État, la transformation de l’économie, le développement humain et la résilience environnementale, cette vision ambitionne de bâtir un pays plus prospère et inclusif. Grâce à des réformes institutionnelles profondes et des investissements dans les infrastructures, le gouvernement entend renforcer la gouvernance, stimuler l’industrialisation et améliorer les conditions de vie des citoyens.

Si les engagements pris sont tenus et que les défis structurels sont relevés, cette stratégie pourrait marquer le début d’une nouvelle ère de prospérité. La mobilisation des ressources, l’engagement politique et la participation active des citoyens seront des leviers essentiels pour concrétiser cette ambition et inscrire durablement le Mali sur la voie de l’émergence.

Rappelons aussi le lancement officiel de la « Vision Mali 2063 », un ensemble des stratégies de développement à moyen et long terme sur la période 2023-2063, le 21 décembre 2023. L’élaboration de cette stratégie nationale est censée déterminer les plans et les priorités de développement de tous les secteurs, l’énergie, l’environnement, l’éducation, la santé, les transports, l’emploi. Elle permet de projeter le pays dans la réflexion pour une économie émergente et sa vision à l’horizon 2063.

Ibrahim K. Djitteye 

21 janvier 2025 0 comments
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Pose de la première du mémorial militaire à Kati
A la UneSécurité

Kati : une première pierre pour immortaliser les défenseurs de la souveraineté

by Sahel Tribune 21 janvier 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read


Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a posé la première pierre du mémorial dédié aux militaires tombés pour la patrie à Kati. Ce projet, symbole de résistance et de gratitude, incarnera la mémoire vivante de l’armée malienne et son rôle primordial dans la défense de la souveraineté nationale.

Sur les hauteurs de Kati, au cœur de cette ville garnison qui porte en elle l’histoire des vaillants défenseurs du Mali, une pierre a été posée, mais pas une pierre comme les autres. Ce 20 janvier 2025, jour du 64e anniversaire de la création de l’armée malienne, le Président de la Transition a lancé la construction d’un mémorial dédié aux militaires tombés pour la patrie. Ce geste, empli de solennité, marque un tournant dans la préservation de la mémoire nationale.

Une pierre entre le passé et l’avenir

Sous le regard des chefs militaires, du Premier ministre et de nombreux invités, dont des délégations du Burkina Faso et du Niger — partenaires au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) — le Chef de l’État a déposé la première pierre de ce qui deviendra un lieu emblématique. Sur un espace de plus de 10 hectares, ce mémorial incarnera la bravoure, la résistance et la gratitude éternelle de la nation envers ses défenseurs.

L’architecte du projet, lors de la présentation des plans au palais de Koulouba, le jeudi 16 janvier 2025, a révélé l’ambition et la symbolique de ce monument. Au centre de l’édifice se dressera « Le Mirador », une structure à la fois majestueuse et sobre, qui servira de lien symbolique entre les vivants et les disparus. Autour, des stèles porteront les noms de héros tombés, retraçant les grandes étapes de l’histoire de l’armée malienne.

Un musée pour garder la mémoire vivante

Au cœur de ce complexe, un Musée des Armées pour rappeler les sacrifices consentis par les soldats maliens, depuis les premières batailles pour l’indépendance jusqu’aux récents combats pour la souveraineté. Ce bâtiment à deux niveaux accueillera des expositions permanentes et temporaires. Mais au-delà des murs, des espaces ouverts exposeront des reliques militaires : aéronefs, engins de combat, véhicules de transport, témoins d’une histoire écrite dans le feu et le sang.

Le mémorial ne sera pas qu’un lieu de recueillement, mais aussi un centre vivant, où des ateliers, un restaurant et des espaces administratifs s’intégreront dans un cadre pensé pour les générations futures.

Lors de la cérémonie de présentation, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de Corps d’Armée Sadio Camara, a salué l’initiative du Président de la transition. Pour lui, ce projet n’est pas seulement une reconnaissance pour les sacrifices passés, mais aussi une contribution à l’avenir du Mali. « Ce mémorial rappellera à tous les Maliens que notre liberté et notre souveraineté sont le fruit d’un combat permanent. C’est un lieu pour cultiver la conscience patriotique et célébrer l’honneur de ceux qui ont façonné notre histoire », a-t-il déclaré.

Il a également souligné les progrès réalisés dans la modernisation de l’armée malienne, une institution devenue aujourd’hui un pilier de la souveraineté nationale. « Grâce à la synergie entre l’armée et la nation, 22 millions de citoyens-soldats défendent notre dignité retrouvée. Chaque Malien, qu’il porte un uniforme ou non, est aujourd’hui un acteur de cette souveraineté », a-t-il affirmé avec émotion.

Un monument pour bâtir l’unité nationale

Au-delà de son rôle mémoriel, ce projet illustre une vision plus large. Il est le symbole d’un Mali en refondation, où l’histoire devient un socle pour construire l’avenir. En inscrivant les noms des héros sur des stèles, en exposant les reliques des batailles passées, le mémorial rappelle que chaque sacrifice contribue à la grandeur d’une nation.

Mais il est aussi un appel à l’unité : un rappel que la souveraineté ne peut exister sans cohésion sociale, sans solidarité entre l’armée et la population. Il s’agit de bâtir un Mali où chacun, qu’il soit soldat ou civil, contribue à défendre l’honneur et la dignité du pays.

À travers la pose de cette première pierre, le Mali ne construit pas seulement un monument. Il érige un espace où le passé, le présent et l’avenir se rejoignent. Un lieu où chaque Malien pourra se souvenir que la souveraineté n’est pas un acquis, mais une lutte constante, portée par des hommes et des femmes prêts à se sacrifier pour leur patrie.

Le mémorial de Kati sera bien plus qu’un symbole. Il sera une promesse : celle que le Mali n’oubliera jamais ses héros et que, sur cette mémoire partagée, il continuera à bâtir son unité, sa grandeur et sa souveraineté.

Alassane Diarra 

21 janvier 2025 0 comments
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