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Cité administrative de Bamako
ActuÉconomie

Audit financier au ministère des Sports : plus de 345 millions FCFA d’irrégularités

by Sahel Tribune 28 janvier 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Un audit financier de la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de la Jeunesse et des Sports, effectué par le Bureau du vérificateur général,  a révélé des irrégularités dépassant 345 millions de FCFA. Cette vérification met en lumière des anomalies dans la gestion des fonds publics.

La présente vérification a pour objet la gestion de la Direction des Finances et du Matériel (DFM) du ministère de la Jeunesse et des Sports, au titre des exercices 2023 et 2024 (31 août). Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des opérations de dépenses. Les travaux de vérification ont porté sur l’évaluation du contrôle interne et les dépenses de fonctionnement et d’investissement effectuées sur le budget d’Etat.

Cette vérification a mis en exergue des irrégularités administratives et des irrégularités financières.

Irrégularités administratives

La mission de vérification a constaté que le cadre organique de la DFM du Ministère de la Jeunesse et des Sports n’est pas respecté. Ladite DFM ne dispose pas d’un système d’archivage opérationnel. Le Comptable-matières n’a pas procédé à la codification des matières. La DFM ne publie pas le plan de passation révisé des marchés. Le Directeur des Finances et du Matériel ne respecte pas le principe de séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable. Le montant total des avances faites au Régisseur spécial excède la somme requise. Le ministère de la Jeunesse et des Sports n’a pas mis à jour l’arrêté interministériel fixant le taux des primes accordées aux sportifs. Il a autorisé la transformation d’ambulances en véhicules de fonction. 

C’est pourquoi, la mission a recommandé au Ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction Civique et de la Construction Citoyenne, de veiller à l’actualisation des textes réglementaires accordant des primes aux sportifs et d’utiliser les véhicules de l’Etat conformément à leur vocation.

Au Directeur des Finances et Matériel, elle a demandé de veiller au respect des dispositions du cadre organique ; de disposer d’un bon système d’archivage des documents comptables et financiers ; de veiller à ce que le Comptable-matières procède à la codification des matières ; de publier les plans de passation révisés des marchés conformément au code des marchés publics et de respecter le principe de séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable conformément à la réglementation en vigueur.

Quant au Comptable-matières, il doit procéder à la codification des matières conformément à la réglementation en vigueur.

Irrégularités financières

La vérification a également relevé des irrégularités financières d’un montant total de 345 567 587 FCFA. 

Elles sont relatives aux dépenses irrégulières effectuées lors des Jeux Olympiques pour un montant de 4 010 140 FCFA ; à la justification de dépenses par de fausses factures pour un montant de 74 789 547 FCFA ; à la réutilisation de factures pour justifier des dépenses pour un montant de 30 278 565 FCFA ; au règlement de dépenses indues lors des compétitions sportives internationales pour un montant de 142 881 982 FCFA ; au paiement de dépenses inéligibles pour un montant de 45 465 200 FCFA ; au paiement irrégulier de primes suite à l’ajout de noms fictifs pour un montant de 20 000 000 FCFA ; au non-reversement des retenues de TVA sur les factures payées aux fournisseurs pour un montant de 9 465 953 FCFA ; au non-reversement au Trésor Public des frais de voyage de l’Equipe Sénior du Mali à la CAN 2023 pour un montant de 18 676 200 FCFA par le Directeur des Finances et du Matériel.

Les faits relevés dans le rapport de vérification et qui sont susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale et à la législation budgétaire et financière ont été dénoncés au Procureur de la République chargé du Pôle National Economique et Financier et transmis au Président de la Section des Comptes de la Cour Suprême. Ceux relatifs au non-reversement des retenues de TVA sur les factures payées aux fournisseurs pour un montant de 9 465 953 FCFA ont été transmis au Directeur Général des Impôts.

Lien : Vérification financière : Gestion de la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de la Jeunesse et des Sports, Chargé de l’Instruction Civique et de la Construction Citoyenne – BVG Web Site

 

 

 

 

 

 

 

28 janvier 2025 0 comments
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Les ministres des Affaires étrangères de l'AES
A la UneChroniques

AES-CEDEAO : le divorce consommé

by Sahel Tribune 28 janvier 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La Confédération des États du Sahel (AES) affirme sa rupture définitive avec la CEDEAO lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Ouagadougou, le 26 janvier 2025. Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie malienne, insiste sur l’irréversibilité de ce choix et la montée en puissance de l’AES comme nouvel acteur géopolitique. Sécurité, souveraineté et intégration sont au cœur des discussions, alors que les trois États entendent imposer leur vision face à une CEDEAO en quête de dialogue.

Par un froid matin de janvier, dans la capitale burkinabé, une réunion d’une importance capitale s’ouvre sous les auspices de la Confédération des États du Sahel (AES). À la tribune, une figure incarne la fermeté de cette union naissante : Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Le ton est donné d’emblée : il ne s’agit pas d’un simple conclave diplomatique, mais d’un rendez-vous historique qui scelle un divorce avec la CEDEAO et ancre un nouvel ordre géopolitique au Sahel.

D’un air grave et solennel, Diop commence par saluer d’abord la chaleur de l’accueil burkinabé, « dans la pure tradition africaine et du Pays des Hommes Intègres ». Un hommage appuyé au leadership de Ibrahim Traoré, capitaine-président du Faso, et à la résilience d’un peuple qui, selon lui, fait face à des « actes de déstabilisation ».

Faire vivre « l’esprit AES »

Mais l’essentiel est ailleurs. Ce rendez-vous ministériel consacre une rupture inédite dans l’histoire sous-régionale : la sortie définitive du Mali, du Burkina et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Un tournant « irréversible », justifié par les circonstances qui ont conduit à cette décision et qui, selon Diop, « hélas, se poursuivent encore ». Le retrait du 28 janvier 2024 n’était donc que le premier acte. Le second, plus structurant, s’est joué le 6 juillet 2024 à Niamey avec la création de la Confédération AES, une alliance qui veut marquer une rupture totale avec l’ancien ordre ouest-africain.

« Que de chemin parcouru en six mois », s’enthousiasme le ministre malien. Sur le plan sécuritaire, la mutualisation des ressources a permis une avancée significative contre le terrorisme. « Je m’incline à la mémoire de toutes les victimes », dira-t-il en guise d’hommage. Côté diplomatique, un front commun s’est formé pour imposer la nouvelle réalité géopolitique sahélienne. Plus encore, ce qu’il appelle « l’esprit AES », une dynamique de solidarité et de coopération entre les trois États, s’est enraciné au sein des populations.

Le temps de l’attente est révolu

Mais alors que les ministres s’apprêtent à poser les bases des futures relations entre l’AES et la CEDEAO, Abdoulaye Diop ne manque pas de tacler l’organisation régionale. Il dénonce une instance « qui s’est écartée des principes qui ont présidé à sa création », suggérant que la CEDEAO n’incarne plus les aspirations des peuples sahéliens. En face, le Mali, le Burkina et le Niger ont, eux, rééquilibré les rapports de force et imposé le respect de leur souveraineté.

À l’heure où la CEDEAO tente de rouvrir le dialogue, l’AES entend ne rien céder. « Nos pays ont créé une nouvelle réalité géopolitique », assène Diop, martelant que les intérêts de la Confédération resteront au centre des négociations. La réunion d’Ouagadougou se veut donc une démonstration de force, un message clair aux partenaires ouest-africains et internationaux : le divorce est consommé, et l’AES avance résolument vers son destin. Le temps de l’attente est révolu, l’heure est à la confirmation.

A.D

28 janvier 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
ActuSécurité

Lutte contre le terrorisme en Afrique : l’AES interpelle le Conseil de sécurité de l’ONU

by Sahel Tribune 27 janvier 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Lors d’une réunion publique de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la lutte contre le terrorisme en Afrique, la Confédération des États du Sahel (AES), représentée par Issa Konfourou, ambassadeur et représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies, ont réaffirmé la nécessité d’une approche souveraine et coordonnée pour faire face aux défis sécuritaires dans la région.

À l’entame de son discours, l’ambassadeur Konfouro a rappelé que les États membres de l’AES, à savoir, le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont confrontés à des attaques terroristes récurrentes depuis l’intervention de l’OTAN en Libye. Cette situation a provoqué des milliers de pertes humaines, des déplacements massifs de populations et la dégradation des services sociaux de base.

Des avancées sur le terrain, ignorées par l’ONU

Face à ces menaces, les chefs d’État de l’AES, le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, le Général d’Armée Assimi Goïta du Mali et le Général de Brigade Abdourahamane Tiani du Niger ont décidé, en juillet 2024, de mutualiser leurs efforts à travers la création de la Confédération des États du Sahel. Ce nouvel espace de coopération vise à renforcer les mécanismes de défense collective, tout en promouvant une diplomatie cohérente et un développement harmonieux.

Le représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies a mis, par ailleurs, en avant les succès militaires obtenus par l’AES dans la lutte contre le terrorisme. Selon lui, les forces de défense et de sécurité des trois pays ont neutralisé de nombreux groupes terroristes, démantelé des bases ennemies et permis le retour progressif des populations dans les zones autrefois sous contrôle des djihadistes. Il a toutefois regretté que ces avancées ne soient pas reconnues dans les rapports des Nations Unies, qui se concentrent principalement sur les incidents sécuritaires et les attaques contre les forces armées et les civils.

Une dénonciation des soutiens étrangers au terrorisme

Une occasion aussi pour M. Konfourou de dénoncer les soutiens étrangers aux groupes terroristes actifs aux Sahel. Le diplomate a accusé donc certains États, notamment la France et l’Ukraine, d’appuyer directement ou indirectement ces groupes. Il a également condamné l’absence de réaction du Conseil de sécurité face aux déclarations officielles de Kiev revendiquant son soutien aux factions armées opérant au Mali.

En outre, le représentant de la Confédération des États du Sahel a présenté devant le Conseil de sécurité, quatre axes prioritaires pour une lutte efficace contre le terrorisme en Afrique. Il appelle à un soutien accru aux initiatives africaines, tout en respectant la souveraineté des États concernés. « La Confédération insiste sur la nécessité de renforcer la coopération en matière de renseignement et de lutte contre le financement du terrorisme, en ciblant notamment les réseaux criminels transnationaux. Il prône une approche globale qui combine développement socio-économique et sécurité, en mettant l’accent sur la prévention et la réinsertion des populations vulnérables », suggère l’Ambassadeur Konfourou.

Un appel à la coopération dans le respect de la souveraineté

Saisissant l’occasion, l’ambassadeur Issa Konfourou a rendu un vibrant hommage aux victimes du terrorisme et a réaffirmé la volonté des États de l’AES de coopérer avec tous les partenaires engagés dans la lutte contre ce phénomène, à condition que cette coopération se fasse dans le respect de la souveraineté et sans ingérence dans les affaires intérieures des pays concernés.

Aussi, le diplomate malien auprès de l’ONU, au nom de l’AES, a insisté sur la nécessité d’un appui concret au renforcement des capacités militaires des États en première ligne face au terrorisme, en particulier ceux de la Confédération. Cet appui devrait inclure, selon lui, la formation, l’équipement et le soutien logistique aux forces armées nationales, afin de leur permettre de mener des opérations plus efficaces sur le terrain. La Confédération met en avant les succès déjà enregistrés grâce à la mutualisation des ressources et des efforts militaires entre ses membres, soulignant que ces avancées pourraient être amplifiées avec un accompagnement adapté. 

Elle appelle ainsi la communauté internationale à privilégier une coopération basée sur l’autonomie stratégique des États africains, plutôt que sur des interventions extérieures souvent inefficaces et sources de tensions. Enfin, elle plaide pour une reconnaissance des progrès réalisés et une collaboration respectueuse de la souveraineté des pays engagés dans cette lutte cruciale pour la stabilité de la région.

Ibrahim K. Djitteye 

27 janvier 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

AES, le nouveau souffle d’une Afrique sahélienne souveraine

by Bakary FOMBA 27 janvier 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

La Confédération des États du Sahel (AES) s’affirme peu à peu comme un nouveau paradigme dans la coopération régionale, au moment où la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vacille sous le poids des crises internes et des ruptures politiques. Dans un contexte où le Mali, le Burkina Faso et le Niger redéfinissent leurs relations avec leurs partenaires, l’émergence de l’AES illustre une volonté de réinvention, tout autant qu’une réponse aux frustrations accumulées à l’égard des structures traditionnelles jugées inadaptées aux réalités sahéliennes.

Créée dans l’élan des transitions politiques dans ces trois États sahéliens, l’AES pourrait devenir une plateforme régionale capable de répondre aux défis pressants d’un territoire marqué par l’instabilité, le terrorisme et les crises socio-économiques. Mais son ambition ne s’arrête pas là. À la faveur d’un élargissement évoqué par des figures comme Robert Dussey, chef de la diplomatie togolaise, et des rapprochements stratégiques amorcés par le Ghana, l’AES semble s’inscrire dans une dynamique plus vaste : celle d’une Afrique décidée à se réapproprier ses priorités.

Le Togo, par exemple, pourrait rejoindre cette alliance sous la pression de sa population, lassée par une CEDEAO perçue comme bureaucratique et complaisante envers certaines élites. Le Ghana, sous la présidence de John Dramani Mahama, a également envoyé des signaux clairs d’une reconfiguration de sa diplomatie régionale. À travers ces possibles adhésions, l’AES pourrait transcender son rôle actuel et devenir un véritable laboratoire de refonte de la coopération interafricaine.

Cependant, cette émergence soulève des interrogations profondes. La CEDEAO, longtemps considérée comme un moteur de la stabilité régionale, pourrait voir son influence s’effriter, voire se réduire à une structure minimale. Que signifierait un affaiblissement de cette organisation, déjà mise à mal par les départs du Mali, du Niger et du Burkina Faso ? La perte de ces trois États, stratégiquement cruciaux, pourrait marquer un tournant dans la question sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

Renforcer les capacités des États africains

De plus, l’intégration de nouveaux membres au sein de l’AES n’est pas sans risques. Comment éviter que les aspirations divergentes des États membres ne freinent la cohésion de l’alliance ? Une coalition aussi ambitieuse peut-elle vraiment maintenir une vision commune sans s’enliser dans les rivalités nationales ?

Malgré ces défis, l’AES incarne la promesse d’une coopération plus ciblée, adaptée aux besoins spécifiques des pays sahéliens. En mettant en avant des problématiques telles que la gestion des ressources naturelles, la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des échanges commerciaux, cette alliance peut offrir une alternative crédible aux mécanismes traditionnels.

Elle porte également en elle l’espoir d’une solidarité renouvelée face à des menaces globales. À l’heure où les grands partenaires internationaux peinent à apporter des solutions durables, l’AES pourrait renforcer les capacités des États africains à répondre collectivement à leurs propres défis.

L’histoire des grandes alliances

Pourtant, cette initiative, aussi prometteuse soit-elle, devra surmonter ses propres contradictions. La solidarité qu’elle prône pourrait vite se heurter à des divergences d’intérêts, tandis que son succès dépendra de la capacité des États membres à transcender leurs égoïsmes nationaux.

Dans un Sahel marqué par les turbulences et les incertitudes, l’AES se présente comme une réponse à la fois urgente et symbolique. Mais elle est aussi un test pour l’Afrique : celui de savoir si le continent peut réellement se réinventer de l’intérieur, en mettant de côté les structures héritées pour bâtir des institutions enracinées dans ses réalités et aspirations.

Comme souvent dans l’histoire des grandes alliances, le chemin sera sinueux. Mais c’est précisément dans ces moments d’incertitude que se dessinent les opportunités d’un avenir réinventé. Si l’AES parvient à transformer les tensions en force motrice, elle pourrait bien devenir un modèle pour toute l’Afrique — et au-delà.

Bakary Fomba

27 janvier 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
A la UneÉconomie

L’Union des Collectivités de l’AES : un projet pour renforcer la coopération régionale

by Ibrahim Kalifa Djitteye 24 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le vendredi 24 janvier 2025, le Premier ministre, ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a reçu une délégation des collectivités du Mali et du Burkina Faso. Cette rencontre visait à présenter le projet de création de l’Union des Collectivités de l’AES, une initiative visant à renforcer la coopération transfrontalière et à favoriser le développement social et économique des régions concernées. Le Chef du Gouvernement a salué cette démarche et a mis l’accent sur son rôle dans la consolidation de la sécurité et de la stabilité dans l’espace AES.

Conduite par Abdoulaye Garba Maïga, Président du Conseil régional de Mopti, la délégation comprenait également Siaka Dembélé, Président du Conseil Régional de Ségou, et Abdoulaye Bassinga, Président de l’Association des Régions du Burkina Faso. L’objectif principal de cette visite était d’exposer au Chef du gouvernement la nécessité de créer une union des collectivités de l’AES afin de mieux coordonner les efforts de développement dans l’espace commun.

Les échanges ont porté sur la coopération entre les collectivités transfrontalières et les opportunités qu’offre une telle initiative pour harmoniser les actions de développement. La délégation a sollicité l’appui du Premier ministre afin de structurer cette organisation et d’assurer sa viabilité.

Sécurité et stabilité, des enjeux majeurs

Selon les représentants des collectivités, la mise en place de cette union vise à mutualiser les ressources et les expertises pour répondre aux défis communs, notamment dans les domaines des infrastructures, de la gestion des ressources naturelles et de la sécurité. Cette approche permettrait d’attirer des financements, d’optimiser la gestion des projets et d’améliorer les conditions de vie des populations locales.

Le Premier ministre a félicité la délégation pour cette initiative, soulignant qu’une meilleure intégration des collectivités contribuera à la stabilité régionale. Il a insisté sur l’importance d’une gouvernance locale efficace pour renforcer la sécurité et favoriser une réponse coordonnée aux défis transfrontaliers, notamment la lutte contre l’insécurité et l’extrémisme violent.

Le Général Abdoulaye Maïga a rappelé que la collaboration entre les collectivités est essentielle pour la prévention des conflits et la gestion des crises locales. Il a encouragé les élus à maintenir un dialogue permanent et à impliquer activement les populations dans cette dynamique.

Un projet au service de l’intégration régionale

Le Chef du Gouvernement a également mis en avant les bénéfices d’une meilleure intégration régionale, soulignant que l’initiative pourrait devenir un modèle de coopération pour d’autres pays de la sous-région. Il a exhorté la délégation à travailler sur une feuille de route claire, définissant les objectifs, les mécanismes de fonctionnement et les partenariats possibles.

Les collectivités du Mali et du Burkina Faso, à travers cette initiative, entendent jouer un rôle clé dans le renforcement des liens entre les territoires et dans la promotion d’un développement inclusif.

Une initiative pour booster le développement local

La délégation a sollicité le soutien et les conseils du Premier ministre afin d’accélérer la mise en œuvre de cette union. Selon les membres de la délégation, la création de l’Union des Collectivités de l’AES permettra de mieux coordonner les projets de développement, de renforcer la coopération transfrontalière et de répondre aux défis communs, notamment en matière de sécurité, de gestion des ressources naturelles et de promotion des infrastructures.

Cela permettra également de stimuler le développement social et économique dans les zones frontalières et au sein de l’ensemble des collectivités de l’espace AES. Les collectivités concernées espèrent ainsi mieux mobiliser les ressources locales et internationales pour financer des projets structurants et améliorer les conditions de vie des populations.

Le Général Abdoulaye Maïga a, pour sa part, salué cette initiative et souligné l’importance de l’intégration des collectivités dans les projets de développement durable. Il a insisté sur la nécessité de veiller à ce que ces projets ne soient pas seulement des actions de développement, mais qu’ils contribuent également à améliorer la sécurité des populations, en particulier dans les zones fragiles.

Le Premier ministre a aussi rappelé que la sécurité et la défense sont au cœur de l’agenda gouvernemental et que la coopération interrégionale peut jouer un rôle déterminant pour prévenir les menaces et résoudre les problèmes locaux. Il a également encouragé la délégation à adopter une approche inclusive, intégrant toutes les parties prenantes concernées.

Vers une meilleure intégration régionale

Le Chef du Gouvernement a abordé la question de l’intégration régionale, un thème fondamental pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest. Il a indiqué que les initiatives comme celle de l’Union des Collectivités de l’AES sont essentielles pour renforcer les liens entre les nations et favoriser une approche collaborative pour le développement régional.

Il a exhorté la délégation à veiller à ce que l’initiative réponde aux besoins spécifiques des populations locales et à ce qu’elle contribue activement à la construction d’un environnement stable et prospère. Il a aussi encouragé un dialogue permanent entre les collectivités pour assurer la pérennité de cette coopération.

Ibrahim K. Djitteye 

24 janvier 2025 0 comments
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Intelligence artificielle
A la UneÉconomie

[Tribune] L’Artificialisation du vivant, entre utopie et dystopie

by Fousseni TOGOLA 24 janvier 2025
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Entre promesses de progrès et risques de dérives, l’intelligence artificielle redéfinit les frontières du vivant et place l’humanité face à des choix complexes pour son avenir.

Depuis la naissance des organismes génétiquement modifiés (OGM) jusqu’à la conception du cœur artificiel, en passant par le clonage, le greffage et la robotisation, l’humanité n’a cessé de repousser les limites de la biologie et de la mécanique. Aujourd’hui, à l’heure de l’intelligence artificielle (IA), cette quête s’accélère à une vitesse vertigineuse. Le vivant se redéfinit, la frontière entre nature et artifice s’efface, et l’humain se transforme en un être à la fois créateur et esclave de ses propres inventions.

La promesse d’un monde facilité

L’objectif originel de l’IA, comme celui de toutes les technologies, reste inchangé : réduire les efforts de l’humain. De la robotisation des chaînes de production aux cœurs artificiels prolongeant la vie, chaque innovation semble destinée à alléger le fardeau du travail ou à améliorer les conditions d’existence. Avec des algorithmes capables de diagnostiquer des maladies avant même l’apparition des symptômes, de gérer des cultures agricoles de manière optimale ou de simuler des organes humains en laboratoire, l’IA est devenue un outil d’une puissance inégalée.

Elle n’est pas simplement une évolution, mais une révolution, promettant un monde où l’humain serait libéré des tâches les plus ingrates et où la vie pourrait être prolongée presque indéfiniment. Pourtant, chaque progrès technologique porte en lui le risque de compromettre la santé humaine, physique ou sociale.

Un monde d’autosurveillance et de contrôle

L’émergence de l’IA s’accompagne de l’installation progressive d’un « monde d’autosurveillance ». Les dispositifs connectés, qu’ils soient implantés dans nos corps ou dissimulés dans nos villes, enregistrent, analysent et prévoient nos comportements. Si cette surveillance promet une meilleure gestion des risques — prévenir un arrêt cardiaque avant qu’il ne survienne ou optimiser les flux de transport urbain —, elle transforme aussi l’humain en un objet de contrôle, dont chaque geste est répertorié, mesuré, parfois monétisé.

À mesure que l’IA s’améliore, elle rend possible un scénario autrefois réservé à la science-fiction : celui d’un monde où la technologie devient juge et arbitre des vies humaines. Déjà, des algorithmes déterminent si un candidat obtient un emploi, si un patient a accès à un traitement, voire s’il est « digne » de recevoir un crédit bancaire.

Un marteau à double tranchant

L’IA, comme l’a justement analysé Jacques Attali, est comparable à un marteau : elle peut bâtir un avenir radieux ou détruire les fondations mêmes de notre humanité. Entre les mains de visionnaires éclairés, elle pourrait résoudre les crises environnementales, éradiquer la faim ou vaincre des maladies incurables. Mais mal encadrée, elle pourrait amplifier les inégalités, engendrer une surveillance de masse et déshumaniser les interactions sociales.

Les avancées médicales, comme le clonage ou les cœurs artificiels, illustrent cette dualité. Elles sauvent des vies, mais posent aussi des questions éthiques profondes : jusqu’où peut-on intervenir sur le vivant ? Qui décide des priorités d’innovation ?

Dans cette course effrénée à l’augmentation et à l’artificialisation du vivant, l’humanité se trouve à un carrefour. Elle doit choisir entre deux chemins : celui d’une exploitation anarchique de la technologie, qui pourrait conduire à un asservissement par ses propres créations, ou celui d’un contrôle éclairé, qui place l’éthique et l’humain au cœur des décisions.

Pour cela, des garde-fous doivent être instaurés, non pour freiner l’innovation, mais pour garantir qu’elle reste au service de l’humain et non l’inverse. Car, comme le montre l’histoire, chaque marteau forgé par l’homme peut soit bâtir des cathédrales, soit briser des mondes. À nous de choisir ce que nous voulons construire.

F. Togola 

24 janvier 2025 0 comments
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Inondations au Niger
ActuSécurité

Gestion des catastrophes : le gouvernement adopte une approche proactive

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Le comité interministériel de gestion des crises et catastrophes s’est réuni ce jeudi 23 janvier 2025 sous la présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Cette rencontre a permis de dresser un bilan détaillé des inondations survenues entre juin et décembre 2024 et de discuter des mesures à adopter pour renforcer la résilience du pays face à ces catastrophes naturelles.

Selon les chiffres consolidés par le comité, 729 cas d’inondations ont été recensés au Mali au cours de la période considérée. Ces intempéries ont durement affecté 88 083 ménages, provoquant la mort de 95 personnes et blessant 154 autres. Outre les pertes humaines, les dégâts matériels sont considérables : près de 3 000 greniers et magasins ont été détruits, entraînant des pertes économiques majeures pour de nombreuses familles. L’agriculture et l’élevage, piliers essentiels de l’économie malienne, ont également été sévèrement touchés, avec des dizaines de volailles et de ruminants emportés par les eaux.

Des mesures pour une gestion proactive des crises

Face à cette situation préoccupante, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a insisté sur la nécessité d’améliorer la préparation et l’anticipation des risques. Il a exhorté les membres du gouvernement à élaborer des stratégies plus efficaces afin d’assurer une intervention rapide et coordonnée en cas de nouvelles inondations.

L’une des problématiques majeures soulevées lors de la réunion concerne l’urbanisation anarchique, notamment les constructions obstruant la circulation naturelle des eaux. Le Chef du gouvernement a recommandé l’ouverture de discussions avec les propriétaires des infrastructures concernées afin de trouver des solutions adaptées, dans l’intérêt collectif.

Parmi les dossiers examinés, la situation du pont Woyowayanko sur la route de Sébénikoro et celle du collecteur de Missabougou ont particulièrement retenu l’attention du comité. Ces infrastructures, cruciales pour la fluidité du trafic et l’évacuation des eaux, nécessitent des interventions urgentes.

Vers une meilleure coordination des actions gouvernementales

Le Premier ministre a ainsi proposé la création de voies alternatives pour atténuer la congestion routière et a insisté sur l’importance d’identifier et d’aménager des points de drainage efficaces afin de limiter les risques d’inondation.

Afin d’assurer la mise en œuvre rapide des recommandations issues de cette réunion, le Premier ministre a invité les membres du gouvernement à se structurer en sous-comités. Ces groupes de travail seront chargés de concevoir des plans d’action concrets pour la réalisation des projets prioritaires identifiés.

La séance a été levée avec une convocation des membres du comité à une prochaine réunion, prévue le jeudi 30 janvier 2025. Celle-ci devra permettre d’évaluer l’état d’avancement des mesures prises et d’ajuster les stratégies en conséquence.

Ibrahim K. Djitteye 

23 janvier 2025 0 comments
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