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Droits des femmes
A la UnePolitique

Trente ans après Beijing, où en sont réellement les droits des femmes ? 

by Sahel Tribune 7 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Trente ans après la Conférence de Beijing, le combat pour l’égalité des sexes oscille entre avancées fragiles et retours en arrière inquiétants. Ce qui révèle un féminisme sous tension face aux résistances conservatrices.

Il fut un temps où l’espoir portait un nom : Beijing 1995. Trente ans plus tard, le mirage s’effrite sous le poids des réalités. Ce qui devait être une marche irréversible vers l’égalité des sexes s’apparente aujourd’hui à un champ de bataille où avancées et reculs s’entrechoquent au gré des soubresauts politiques et des crispations conservatrices.

Loin des grandes envolées diplomatiques, le dernier rapport « Des mots et des faits : Bilan des actions gouvernementales trente ans après la Conférence de Beijing », publié par Equality Now, dresse un constat brut : l’égalité des sexes demeure une promesse inachevée, parfois même trahie.

Un féminisme sous tension, progrès et retour de flammes

En trois décennies, des acquis notables ont été enregistrés. Des lois discriminatoires ont été abrogées, des constitutions amendées, des réformes judiciaires menées. Au Japon, l’interdiction pour une femme de se remarier dans les 100 jours suivant son divorce a été partiellement levée. Aux Philippines, la prostitution n’est plus considérée comme un crime exclusivement féminin. En Sierra Leone, la discrimination basée sur le genre dans l’emploi a été proscrite.

Mais ces avancées, bien que réelles, sont loin d’être linéaires. Pire, elles sont aujourd’hui menacées par une vague réactionnaire mondiale, portée par le retour en force du patriarcat sous toutes ses formes. Aux États-Unis, la Cour suprême a enterré le droit fédéral à l’avortement. En Pologne, la justice a restreint l’accès à l’IVG. Dans plusieurs pays, le statut personnel des femmes demeure une enclave de discriminations institutionnalisées.

Quand le droit des femmes devient une variable d’ajustement politique

Plus qu’un combat social, l’égalité hommes-femmes est devenue une ligne de fracture politique majeure. Loin d’être un horizon inéluctable, elle est désormais un terrain de reconquête pour des forces conservatrices qui instrumentalisent la religion, la culture ou le nationalisme pour restaurer un ordre social inégalitaire.

En Afghanistan, les talibans ont relégué les femmes à l’invisibilité, leur interdisant l’accès aux universités, aux parcs et même aux salons de beauté. En Iran, la répression contre les militantes des droits des femmes s’intensifie, et le port obligatoire du hijab est devenu un outil de coercition politique.

Pire encore, certaines démocraties n’échappent pas à cette dynamique. En Uruguay et en Bolivie, des projets de loi visent à affaiblir les protections juridiques contre les violences sexuelles, tandis qu’en Corée du Sud et en Argentine, des ministères dédiés à l’égalité des sexes ont été supprimés.

Une souveraineté féminine encore à conquérir

Le rapport de Beijing+30 met en lumière un paradoxe frappant : jamais les revendications féministes n’ont été aussi structurées et visibles à l’échelle mondiale, et pourtant, jamais elles n’ont été autant contestées.

Le défi est désormais clair : passer des mots aux actes, et des engagements aux résultats. Abroger les lois discriminatoires, criminaliser les violences faites aux femmes, assurer l’indépendance économique des filles et des femmes, garantir l’égalité juridique réelle… autant de promesses qui attendent encore d’être tenues.

Car si un constat s’impose, c’est bien celui-ci : trente ans après Beijing, l’égalité est encore en suspens, suspendue entre avancées fragiles et reculs brutaux.

L’heure n’est plus aux bilans. Elle est à l’action.

A.D

7 mars 2025 0 comments
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Direction générale des impôts
A la UneAnalyses

Le prix de la souveraineté : le peuple malien prêt à relever le défi ?

by Chiencoro 7 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

La gouvernance d’Assimi Goïta, entre rigueur réformatrice, affirmation de la souveraineté nationale et exigence de sacrifices partagés, redéfinit les équilibres du Mali.

Il est de ces drames qui, au-delà de leur lot de victimes et de souffrances, agissent comme un révélateur. La tragédie survenue sur les sites d’orpaillage de Kokoyo et de Bilalikoto, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés dans l’écroulement des mines artisanales, en fait partie. À peine informé, le Général d’Armée Assimi Goïta a tranché, avec la brutalité froide des décisions d’État. En un décret, il a mis un terme aux fonctions des responsables administratifs impliqués : préfets, sous-préfets, officiers de police, gendarmes, gardes forestiers, agents des mines et de l’assainissement. Une purge nette et sans bavure.

À Bamako, certains s’étonnent, d’autres applaudissent. Mais personne ne peut nier l’évidence. Sous Goïta, l’impunité n’a plus droit de cité. Ce n’est pas une simple réaction d’indignation ou un écran de fumée politique, mais un acte de gouvernement qui s’inscrit dans une vision plus large. Le Mali, sous sa houlette, ne tolère plus que les intérêts privés — et parfois criminels — priment sur la sécurité des citoyens et sur la souveraineté de l’État.

Le président de la transition a été clair. L’exploitation minière doit être revue en profondeur. Il a ordonné la suspension des permis octroyés aux étrangers, la récupération des équipements impliqués dans l’orpaillage clandestin et leur affectation au patrimoine de l’État. Mieux encore, il a exigé la relecture des textes juridiques pour en finir avec la complaisance institutionnelle et la transaction dans le domaine environnemental. En clair, il s’agit de reprendre la main sur un secteur gangrené par le laisser-faire et les complicités locales.

Le paradoxe malien, c’est de vouloir la souveraineté sans en payer le prix

Ceux qui pensent qu’Assimi Goïta ne se soucie pas des Maliens devraient revoir leurs arguments. Faut-il rappeler que, depuis son arrivée au pouvoir, cet officier austère a modernisé l’outil de défense, doté l’armée d’équipements de dernière génération, engagé d’ambitieuses réformes sociales et sanitaires, restauré les infrastructures sportives et, sur ses fonds propres, fourni groupes électrogènes et carburant à EDM-SA ? Faut-il rappeler qu’il a relancé la COMATEX, sauvé l’Usine malienne des Produits pharmaceutiques (UMPP) et empêché la vente de l’aéroport de Bamako ?

Mais, comme toujours, le Malien a la mémoire courte. Il veut le beurre et l’argent du beurre, l’œuf et le poussin en même temps. En 2020, lorsque le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta s’effondrait, les revendications populaires étaient claires : départ de la France, fin de la MINUSMA, récupération de Kidal, liquidation des vautours politiques et sortie de la CEDEAO. Aujourd’hui, tout cela est accompli. Mais, paradoxalement, une partie du peuple hésite encore, ballotée entre sa soif de souveraineté et sa peur de l’inconnu.

Ce doute, il est savamment entretenu par ceux que la transition a mis en déroute : exilés sans patrie, politiciens déclassés, experts de plateaux télé financés par l’étranger. Tous rêvent d’un Mali à genoux, d’un retour à l’ère des compromissions où les intérêts de puissances extérieures dictaient la marche du pays. Ils distillent la peur, manipulent l’opinion et espèrent que le peuple malien se détournera de son propre destin.

Le prix de la souveraineté, un sacrifice nécessaire

Assimi Goïta l’a dit et répété : le retour en arrière est impossible. Mais la souveraineté a un prix, et ce prix, c’est le sacrifice. Faire contribuer les citoyens par de nouvelles taxes n’a rien d’un caprice budgétaire. C’est une nécessité pour que chaque Malien prenne part à l’édification d’une nation forte et souveraine. Le gouvernement a réduit ses missions à l’étranger, resserré ses dépenses, et pourtant, on crie au scandale dès qu’un effort est demandé au peuple. Le pouvoir a peut-être péché en ne communiquant pas assez sur ces efforts, mais même un aveugle pourrait constater que la gestion actuelle n’a rien de la gabegie d’antan.

Si le peuple malien cède à la manipulation et abandonne le combat, il le regrettera toute sa vie. Car le jour où le Mali replongera dans la dépendance, où il redeviendra un simple pion entre les mains d’acteurs étrangers, il comprendra que ce qu’il a perdu était infiniment plus précieux que ce qu’il croyait gagner.

Goïta le sait : qui veut la paix prépare la guerre. Et qui veut bâtir un Mali libre doit accepter d’en payer le prix. Ceux qui pensent que la souveraineté s’acquiert sans lutte, sans larmes et sans effort n’ont rien compris à l’Histoire.

Chiencoro Diarra 

7 mars 2025 0 comments
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Repression préélectorale au Sénégal à quelques mois de l'élection présidentielle de février prochain.
ActuAnalyses

Montée du populisme en Afrique : entre nationalisme, frustrations sociales et crises politiques

by Bakary FOMBA 7 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le populisme gagne du terrain en Afrique. Il est porté par le rejet des élites et les inégalités croissantes. Ce phénomène soulève une question cruciale : représente-t-il une opportunité pour la démocratie ou une menace pour la stabilité du continent ?

Alors que l’Afrique s’efforce de bâtir des démocraties stables, le spectre du populisme se dresse, menaçant d’anéantir les fragiles acquis de la liberté et de la justice sociale. Ce courant politique, qui prétend redonner le pouvoir au « peuple » face à une élite jugée corrompue et déconnectée, prend de l’ampleur sur le continent, nourri par des inégalités croissantes et une défiance généralisée envers les institutions.

Un terreau fertile pour le populisme

Le populisme en Afrique est un phénomène complexe qui se manifeste différemment selon les contextes nationaux et régionaux. Dans de nombreux pays, une minorité détient l’essentiel des richesses, tandis qu’une large partie de la population vit dans la précarité. Cette fracture socio-économique alimente un profond sentiment d’injustice, propice à l’émergence de leaders populistes qui se présentent comme des alternatives aux élites traditionnelles.

De plus, la corruption endémique et la mauvaise gestion des ressources publiques ont accru la défiance des citoyens envers leurs dirigeants. Cette situation a contribué à l’ascension de régimes militaires au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et au Gabon, ces derniers ayant su capitaliser sur l’insatisfaction populaire pour justifier leur prise de pouvoir.

Des figures populistes en pleine ascension

Dans plusieurs pays africains, des leaders populistes ont su exploiter les frustrations populaires pour asseoir leur influence. En Zambie, Edgar Lungu a été vivement critiqué pour sa gestion, ouvrant la voie à des figures populistes. En Afrique du Sud, le débat sur la redistribution des terres a été amplifié par une rhétorique nationaliste héritée des inégalités de l’apartheid.

De même, au Nigeria, Muhammadu Buhari a utilisé un discours nationaliste pour renforcer sa base électorale. Cette stratégie, qui consiste à mobiliser les masses autour d’un récit d’exclusion et de revanche sociale, a également été observée en Ouganda avec Bobi Wine, qui a su tirer parti des réseaux sociaux pour mobiliser la jeunesse contre le régime en place.

Les conséquences d’un populisme débridé

Si le populisme permet une mobilisation accrue des citoyens, il fragilise aussi les institutions démocratiques. En Côte d’Ivoire, après les élections de 2010-2011, les discours populistes ont exacerbé les divisions ethniques, plongeant le pays dans une crise profonde.

De nombreux leaders populistes, une fois au pouvoir, cherchent à affaiblir les institutions pour consolider leur autorité. Manipulation des élections, répression de l’opposition, restrictions des libertés de la presse : autant de stratégies utilisées pour maintenir un contrôle total sur l’appareil d’État.

Dans certains cas, cette dynamique a conduit à une instabilité politique accrue. Le mouvement Hirak en Algérie, par exemple, fut en partie une réaction contre un gouvernement perçu comme populiste et déconnecté des réalités du peuple.

Un défi pour la démocratie africaine

Le populisme en Afrique est donc un phénomène aux multiples facettes, dont les causes sont profondément enracinées dans les contextes socio-économiques, politiques et culturels du continent. Ses effets sont ambivalents : s’il permet de mobiliser davantage de citoyens, il peut aussi fragiliser les démocraties naissantes.

Pour préserver la stabilité du continent, les pays africains doivent trouver un équilibre entre l’expression des aspirations populaires et le renforcement de leurs institutions démocratiques. Il en va de l’avenir de la gouvernance africaine et de la résilience des États face aux défis du XXIe siècle.

Bakary Fomba

7 mars 2025 0 comments
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Une scène paisible et harmonieuse illustrant l'esprit du Ramadan au Mali.
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Ramadan au Mali : un mois de foi, de partage et de solidarité

by Bakary FOMBA 7 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le ramadan, un mois sacré qui transcende le simple jeûne, se révèle être un puissant vecteur de solidarité et de partage au Mali.

Le ramadan, mois sacré de l’islam, est bien plus qu’une simple période de jeûne. C’est une période de profonde introspection, de spiritualité́ et de communion sociale. Au Mali, ce moment important nourrit un sentiment de solidarité et de partage qui se traduit par des actions concrètes, tant en milieu urbain que rural.

Des initiatives solidaires aussi bien qu’en ville que dans les villages 

En milieu urbain, le mois de ramadan se traduit par une intensification des actes de charité et de générosité. Les mosquées organisent des collectes de dons, des repas solidaires et des distributions de nourriture aux nécessiteux. De même, les familles s’entraident, partageant les repas et les traditions culinaires du mois. Des initiatives privées, comme les « iftars solidaires », réunissant des personnes issues de milieux socio-économiques différents, favorisent également l’inclusion et la cohésion sociale.

En milieu rural, la période de ramadan crée un fort sentiment de communauté et de solidarité entre les villageois. Les villages s’animent de prières collectives, de repas partagés et d’activités traditionnelles, comme le « Yôkoro » ou « dankôrôni », animé par les enfants au cours du 10e jour de ce mois sacré, dans les villages aussi bien que dans les villes. Aussi, le jeûne est vécu comme une expérience collective, favorisant l’entraide et la solidarité. Les initiatives locales, comme la distribution de nourriture aux familles nécessiteuses ou la création de jardins communautaires, illustrent cette dynamique de partage en milieu rural.

Sensibilisation et soutien aux populations

Cependant, l’urbanisation croissante et le rythme de vie effréné peuvent parfois entraver l’esprit du ramadan en milieu urbain. De même, malgré la forte solidarité, la période du ramadan est souvent confrontée à des défis liés à la pauvreté, à l’exode rural et à l’absence d’infrastructures dans les milieux ruraux. Toutefois, des efforts de sensibilisation et de soutien aux populations les plus fragiles sont nécessaires pour garantir une égalité d’accès aux bienfaits du ramadan.

Dans cette dynamique, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, à travers ses œuvres sociales, a effectué une série de distribution des denrées alimentaires aux populations les plus vulnérables. Dans la veine, des ONG et associations se mobilisent pour soutenir les nécessiteux.

Un impact transversal

Le ramadan, par son essence même, nourrit la spiritualité et la conscience sociale. Il incite à la réflexion sur les injustices et les inégalités, encourageant ainsi l’entraide et la solidarité. La pratique du jeûne est un acte de purification et de compassion, permettant de mieux comprendre les difficultés des autres. De plus, en encourageant le partage, la générosité et l’empathie, le ramadan contribue à la cohésion sociale et à la paix. Il offre un terreau propice au dialogue interculturel et à la construction d’un monde plus juste et solidaire.

Le ramadan joue un rôle essentiel dans la consolidation des valeurs de solidarité et de partage en milieu urbain et rural. Il offre une occasion unique de renforcer les liens communautaires, de lutter contre les inégalités et de promouvoir la paix sociale. Cependant, il est important de relever les défis propres à chaque contexte et de s’engager activement pour que les valeurs du ramadan se traduisent par des actions concrètes et durables.

Bakary Fomba

7 mars 2025 0 comments
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John Dramani Mahama
ActuPolitique

John Mahama et la CEDEAO : mission diplomatique ou baroud d’honneur ?

by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Au cours de sa visite d’amitié et de travail à Abidjan, le président ghanéen John Dramani Mahama a été mandaté par son homologue ivoirien Alassane Ouattara pour tenter de renouer le dialogue entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette mission intervient dans un contexte régional tendu, marqué par la rupture déclarée du Mali, du Burkina Faso et du Niger avec l’organisation ouest-africaine.

Le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger en janvier 2024 a ouvert une crise profonde. Ces États ont pris des mesures symboliques et structurelles pour marquer leur rupture définitive avec l’organisation sous-régionale. En effet, la création du passeport AES, le départ des fonctionnaires de la CEDEAO et le renforcement de leur coopération militaire et économique marquent un point de non-retour. Leur volonté d’émancipation repose sur une critique radicale du fonctionnement de l’organisation sous-régionale, qu’ils accusent d’être sous l’influence des puissances occidentales et de ne pas répondre efficacement aux enjeux sécuritaires du Sahel.

Une mission impossible pour John Dramani Mahama ?

Alassane Ouattara a mandaté le nouveau président ghanéen John Dramani Mahama pour renouer le dialogue entre la CEDEAO et l’AES. Toutefois, cette tentative de médiation semble vouée à l’échec. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont clairement indiqué qu’ils ne reviendraient pas sur leur décision, affirmant leur volonté de souveraineté totale.

Ce retrait définitif s’inscrit dans une reconfiguration géopolitique plus large. L’AES se rapproche progressivement de nouveaux partenaires, comme la Russie, la Turquie et la Chine, et cherche à se libérer de l’influence occidentale. Cette dynamique remet en cause le leadership de la CEDEAO et oblige l’organisation à revoir en profondeur son rôle et ses mécanismes de gouvernance.

La CEDEAO se trouve à un tournant crucial. Si elle persiste dans son modèle actuel, elle risque de perdre en influence face à l’émergence de nouvelles alliances régionales. Une réforme structurelle, intégrant davantage les aspirations souverainistes des États membres, pourrait être la seule voie pour préserver son unité et éviter un affaiblissement progressif.

Quelle est la principale crainte des dirigeants de la CEDEAO ?

La CEDEAO tient à voir le Mali, le Burkina Faso et le Niger réintégrer l’organisation, car leur départ pourra fragiliser considérablement la région sur les plans sécuritaire, économique et géopolitique. Ces trois pays jouent un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, et leur absence risque de compliquer la coordination régionale face aux groupes armés. De plus, avec plus de 72 millions d’habitants, ils représentent une part significative du marché commun, dont la réduction pourrait affaiblir les ambitions économiques de la CEDEAO, notamment le projet de monnaie unique. Leur retrait menace aussi les échanges commerciaux entre le Sahel et les pays côtiers, mettant en péril les économies du Nigeria, de la Côte d’Ivoire et du Ghana.

Au-delà des enjeux économiques et sécuritaires, la CEDEAO craint un effet domino qui pourrait encourager d’autres États à suivre la même voie, accélérant ainsi sa fragmentation. Cette crise constitue aussi un revers diplomatique pour les grandes puissances régionales, notamment le Nigeria et la Côte d’Ivoire, dont l’influence pourrait être affaiblie face à la montée d’acteurs comme la Russie et la Chine, qui se rapprochent de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ainsi, la CEDEAO lutte pour préserver son unité et son poids géopolitique, consciente que son incapacité à ramener ces pays en son sein pourrait entraîner un déclin progressif de son rôle en Afrique de l’Ouest.

Une CEDEAO affaiblie et contestée

Cette crise révèle des failles profondes dans la gouvernance de la CEDEAO. Perçue comme un instrument des grandes puissances régionales et étrangères, l’organisation est critiquée pour son manque de neutralité dans la gestion des crises politiques. Les sanctions imposées aux régimes sahéliens ont renforcé leur défiance et précipité leur départ.

De plus, l’incapacité de la CEDEAO à contrer efficacement l’expansion des groupes armés dans le Sahel a alimenté le sentiment d’abandon des populations locales. Face à ces limites, d’autres États pourraient être tentés de suivre le même chemin, notamment le Togo, dont le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a évoqué, lors d’une interview diffusée le 16 janvier 2025 sur Voxafrica, la possibilité d’une adhésion à l’Alliance des États du Sahel (AES). Une telle évolution fragiliserait encore davantage l’organisation et accélérerait la fragmentation de l’Afrique de l’Ouest.

Un tournant historique pour l’Afrique de l’Ouest

Le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger n’est pas qu’une crise passagère : c’est une rupture définitive qui redéfinit les équilibres en Afrique de l’Ouest. La CEDEAO, affaiblie et contestée, doit désormais choisir entre une profonde transformation ou une perte progressive de sa pertinence.

John Dramani Mahama pourra-t-il inverser la tendance malgré l’intransigeance de l’AES ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, c’est que l’Afrique de l’Ouest entre dans une nouvelle ère où les anciennes certitudes volent en éclats.

Ibrahim K. Djitteye 

6 mars 2025 0 comments
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Un groupe d'africains réunis pour le repas de l'Iftar.
A la UneBillet d'humeur

Billet. À la table du ramadan, l’inflation s’invite au festin.

by Chiencoro 6 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Entre privation diurne et festin nocturne, le ramadan en Afrique de l’Ouest oscille entre spiritualité et surconsommation, dans un paradoxe où l’inflation et le gaspillage prennent le pas sur l’austérité prônée par l’Islam.

Le ramadan, mois sacré de jeûne, d’abstinence et de recueillement, se vit en Afrique de l’Ouest comme un curieux paradoxe. Le jour, on se prive. La nuit, on compense. Et dans cette frénésie du ventre qui se libère après le Maghreb, les marchés explosent, les prix s’envolent, et les valeurs spirituelles se diluent dans les vapeurs de fritures et les étals surchargés.

Une théâtralisation qui ne trompe personne

Dakar, Niamey, Bamako, Ouagadougou… Même scène, même rituel. Les ménages, déjà étranglés par l’inflation galopante, se ruinent pour remplir leurs assiettes d’une démesure qui aurait fait pâlir les plus grands banquets de l’histoire. Le sucre, l’huile, le riz et le mil deviennent des monnaies d’or, et les commerçants, habiles calculateurs du besoin et du manque, orchestrent cette flambée des prix avec un cynisme qui frôle le génie.

Et pourtant, que dit l’Islam ? Que le ramadan est un mois d’élévation spirituelle, d’humilité, de retour à l’essentiel. Qu’il est censé nous rappeler la faim du pauvre, la souffrance de celui qui ne sait pas de quoi sera fait son prochain repas. Mais que constatons-nous ? Une surconsommation frénétique, un gaspillage honteux, et une théâtralisation du jeûne qui ne trompe personne.

Regardez ces chiffres. Au Mali, plus de la moitié des dépenses des ménages ruraux est consacrée à l’alimentation. Au Niger, 20 % de la population souffre d’insécurité alimentaire chronique, mais paradoxalement, les dépenses alimentaires explosent durant ce mois de privation supposée. Au Burkina, l’inflation pèse sur des foyers déjà exsangues, mais la table du ftour doit rester garnie coûte que coûte.

Dieu n’aime pas les excès

Le comble du spectacle ? Les enseignes commerciales, flairant l’aubaine, transforment les supermarchés en temples de la consommation halal-friendly, multipliant les offres spéciales et les promotions « Ramadan ». Des rayons entiers dédiés à l’orgie nocturne du sucre, des huiles et des féculents, où l’on achète plus que de raison, où l’on jette sans scrupule, où le gaspillage devient la norme dans un mois qui prêche l’austérité.

Et qui en paie le prix ? Certainement pas les élites économiques qui spéculent sur les stocks et les marges bénéficiaires. Certainement pas ceux qui voient dans cette surenchère une manière d’afficher leur opulence. Non, ce sont les mêmes, toujours les mêmes. Les mères de famille qui comptent leurs pièces pour acheter un sac de mil à prix d’or, les ouvriers qui espèrent que le sucre ne devienne pas un luxe inaccessible, les petits commerçants qui subissent sans avoir leur part du gâteau.

Le ramadan, dans nos sociétés, est devenu un grand marché, où la foi se monnaie et où l’austérité se vend au prix fort. Dieu n’aime pas les excès, dit le Coran. Les hommes, eux, s’en accommodent très bien.

Chiencoro Diarra

6 mars 2025 0 comments
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Femmes rurales
Vidéo

8 mars 2025 : comprendre les actes posés par le président de la transition à l’endroit des femmes

by Sahel Tribune 6 mars 2025
written by Sahel Tribune 0 minutes read

Le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, à travers ses oeuvres sociales, travaillent pour l’autonomisation des femmes, notamment celles rurales.

6 mars 2025 0 comments
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