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Moussa Dadis Camara
A la UneAnalyses

Guinée : la grâce de trop

by Chiencoro 2 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Condamné pour crimes contre l’humanité, l’ancien président Moussa Dadis Camara vient d’être gracié par décret présidentiel. En Guinée, cette décision remet en cause les fondements mêmes de la justice transitionnelle, et ravive le spectre de l’impunité.

La justice, en Guinée, vient de recevoir un coup de grâce. Littéralement. Dans la nuit du 29 au 30 mars, Moussa Dadis Camara, ancien chef d’Etat guinéen entre 2008 et 2010, condamné à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité, a quitté sa cellule. Officiellement pour raison de santé. Officieusement, par décision présidentielle. Une grâce surprise, signée par le général Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis le coup d’État de 2021.

Cette sortie de scène judiciaire d’un homme condamné pour sa responsabilité directe dans l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine guinéenne — le massacre du 28 septembre 2009 dans le stade de Conakry — a aussitôt déclenché un torrent de réactions. Des protestations internationales, des ONG indignées, et une société civile abasourdie.

Mais surtout l’on se demande que vaut encore le droit dans un État gouverné par la force ? Le procès avait pourtant été présenté comme exemplaire. Deux ans d’audiences. Des dizaines de témoins. Une condamnation ferme. Et l’espoir, pour des centaines de familles, de voir enfin le deuil accompagné de justice.

Ce 28 septembre 2009, les faits sont documentés. Plus de 150 personnes tuées, parfois à la baïonnette. Plus de 100 femmes violées. Des centaines de blessés. Des leaders de l’opposition tabassés dans l’enceinte même d’un stade transformé, ce jour-là, en chambre de torture à ciel ouvert.

Pour cela, Moussa Dadis Camara avait été jugé. Reconnu coupable. Et condamné. Sa grâce, aujourd’hui, vient tout simplement saper ce qui restait d’une promesse de justice post-dictature.

Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU ne s’y est pas trompé.


Dans un communiqué sans ambiguïté, son porte-parole, Seif Magango, a dénoncé une décision qui « sape les procédures judiciaires nationales », qui « contrevient aux engagements internationaux » de la Guinée, et qui « méconnaît les droits des victimes à des recours effectifs ».

La FIDH, l’OGDH et l’Avipa ont, de leur côté, exprimé leur « profonde indignation » face à une décision qu’elles qualifient de « signal désastreux », illustrant le mépris pour les principes fondamentaux de justice et de responsabilité.

Ce geste politique, non seulement viole le symbole, mais réactive un traumatisme.
Dans l’imaginaire guinéen, le 28 septembre est une date de sang et de silence.
Un jour où l’État s’est retourné contre son peuple. Et voilà qu’en 2025, le même État — sous un autre uniforme, mais avec la même verticalité militaire — efface l’arbitrage de la justice au nom d’une souveraineté mal comprise.

La vérité finit toujours par être graciée

Car il ne s’agit pas ici de débattre de la santé d’un homme. Il s’agit de savoir si, dans la Guinée d’aujourd’hui, la justice peut encore se rendre au nom des victimes, ou seulement à la discrétion du prince.

Mamadi Doumbouya avait pourtant annoncé, quelques jours plus tôt, la prise en charge de l’indemnisation des victimes du massacre. Une promesse saluée. Mais que vaut un chèque si l’horreur n’est pas reconnue ? Que vaut un geste réparateur si le crime n’est plus puni ?

En libérant Dadis Camara, le pouvoir guinéen indique que  la justice est une parenthèse. La force, une constante. Et pour les survivants, une seule question persiste : À quoi bon témoigner, si la vérité finit toujours par être graciée ?

Chiencoro Diarra 

2 avril 2025 0 comments
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Des drones et des avions de combat
A la UneSécurité

Incident aérien près de Tin-Zawatene : un drone des FAMa hors service

by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

L’État-Major Général des Armées a informé l’opinion publique qu’un drone appartenant aux Forces Armées Maliennes (FAMa) s’est écrasé dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, à proximité de Tin-Zawatene, dans la région de Kidal. L’appareil était en mission de surveillance du territoire dans le cadre des opérations de sécurisation des personnes et des biens.

L’engin, qui opérait dans une zone stratégique marquée par des tensions sécuritaires, s’est écrasé dans une zone non habitée, évitant ainsi toute victime ou dégât matériel.

Une enquête pour élucider les causes

Selon le communiqué de l’État-Major, les dispositifs de sécurité en place ont permis d’empêcher toute explosion de l’armement embarqué, écartant ainsi tout risque supplémentaire pour les populations et les infrastructures environnantes. Cet aspect témoigne de l’efficacité des mesures de sécurité adoptées par l’armée malienne pour minimiser les conséquences en cas d’incident technique.

Immediatement après l’incident, une enquête a été ouverte afin d’élucider les causes exactes du crash et d’identifier d’éventuelles responsabilités. Cette enquête devra déterminer s’il s’agit d’une défaillance technique, d’une erreur de pilotage à distance, ou d’un éventuel acte hostile ayant provoqué la chute de l’appareil.

Cet incident survient alors que les FAMa poursuivent leur engagement dans la lutte contre l’insécurité sur l’ensemble du territoire national. L’usage de drones militaires pour la surveillance et le renseignement joue un rôle stratégique dans le renforcement des opérations des forces armées maliennes, en leur permettant d’anticiper et de contrer les menaces pesant sur le pays.

Toutefois, les défis techniques et logistiques associés à l’utilisation de ces appareils soulèvent des interrogations sur leur fiabilité et leur maintien en condition opérationnelle.

Un engagement inébranlable des FAMa

L’État-Major Général des Armées a tenu à rassurer les populations maliennes que cet événement ne remet en cause ni la volonté ni la capacité des forces de défense à remplir leur mission de protection du territoire national.

Il a en outre exprimé sa gratitude envers le peuple malien pour son soutien constant aux FAMa, soulignant le dévouement et le sacrifice des soldats engagés au quotidien dans la défense de la Patrie.

Alors que l’enquête suit son cours, les autorités militaires ont promis de tenir l’opinion informée des avancées sur les circonstances exactes du crash et les conclusions qui en découleront.

Dans un contexte de sécurité fragile, la vigilance des forces armées demeure une priorité pour assurer la stabilité et la sécurité des Maliens. Par ailleurs, cet incident rappelle l’importance de l’investissement dans la modernisation des équipements militaires et dans le renforcement des capacités techniques afin de prévenir de tels incidents à l’avenir.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

2 avril 2025 0 comments
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Les joueurs de basket ball du Mali.
ActuSport

Tournoi international de l’amitié de basket-ball U16 : le Mali triomphe !

by Ibrahim Kalifa Djitteye 1 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Les sélections nationales féminine et masculine du Mali ont une fois de plus confirmé leur suprématie sur la scène sous-régionale. Comme lors des éditions précédentes, les jeunes basketteurs maliens ont dominé le Tournoi international de l’amitié de basket-ball en s’adjugeant les deux trophées en jeu.

Dans la catégorie féminine, les Maliennes ont surclassé leurs homologues ivoiriennes sur un score sans appel de 68-28. De leur côté, les garçons ont également imposé leur loi face à la Côte d’Ivoire avec une victoire convaincante de 70-59. Une double consécration qui témoigne du talent et de la détermination des jeunes basketteurs maliens.

Des performances individuelles remarquables

Cerise sur le gâteau, Assan Dako et Bakary Ballo ont été désignés respectivement meilleure joueuse et meilleur joueur (MVP) du tournoi. Les deux athlètes ont brillé en finale, inscrivant 16 et 20 points chacun, contribuant ainsi de manière décisive au triomphe de leurs équipes.

Le sélectionneur malien, Mamoutou Kané, n’a pas caché sa satisfaction après ces performances remarquables. « Je félicite les jeunes, c’était important de remporter ce trophée à domicile. Je remercie les autres pays qui ont participé à ce tournoi ainsi que la Fédération malienne de basket-ball et le département de tutelle pour l’organisation de cette compétition. La compétition a été un test grandeur nature pour nous dans la perspective de l’Afrobasket », a-t-il déclaré.

Une préparation pour l’Afrobasket

Toutefois, le technicien malien reste lucide sur les axes d’amélioration. « Il y a eu quelques imperfections que nous allons corriger avant l’Afrobasket, prévu en septembre au Rwanda », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de ces préparations pour la prochaine échéance continentale.

Les équipes B maliennes n’ont pas démérité, s’offrant les troisièmes places tant chez les filles que chez les garçons, synonyme de médailles de bronze. Une performance qui souligne la richesse du vivier malien en matière de basketball et la qualité de la formation des jeunes talents.

Un tournoi suivi de près par les autorités

Les finales se sont déroulées sous les yeux du président de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB), Me Jean Claude Sidibé, et du directeur national des sports et de l’éducation physique (DNSEP), Aliou dit Boubou Diallo. Une présence de haut niveau qui illustre l’engagement des autorités sportives à promouvoir le basketball malien.

Pour mémoire, cette 3e édition du Tournoi international de l’amitié U16 a réuni quatre pays : le Mali, la Guinée, la Côte d’Ivoire et l’Algérie. Le Mali, hôte de l’événement, avait aligné deux équipes (A et B), en plus de la participation de deux clubs locaux, le Djoliba et le Stade malien. Ces différentes équipes ont offert un spectacle de qualité, mettant en avant le potentiel de la jeunesse africaine dans cette discipline.

Avec cette nouvelle victoire, les jeunes basketteurs maliens tournent désormais leur regard vers l’Afrobasket U16, prévu du 2 au 14 septembre à Kigali, au Rwanda. Une compétition où ils espèrent confirmer leur domination et hisser encore plus haut les couleurs du Mali sur la scène africaine. En attendant, les préparatifs s’annoncent intensifs pour corriger les quelques faiblesses observées et affiner les stratégies qui permettront au Mali de briller encore une fois sur le continent.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

1 avril 2025 0 comments
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Couverture du livre Enfants des ruines.
A la UneSeko ni Donko

Littérature malienne : Seydou ou l’enfant aux cicatrices du siècle

by Bakary FOMBA 1 avril 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le roman Enfant des ruines de Fousseni Togola est désormais disponible au Mali, aux éditions L’Harmattan, situées à l’immeuble Jean Marie Cissé à Hamdallaye ACI 2000, ainsi qu’à la librairie Bah du Grand Hôtel de Bamako.

Il est des livres qui se lisent comme on marche dans un champ de ruines : avec précaution, respect et une forme de vertige. Enfant des ruines, dernier roman de Fousseni Togola, après Bintou, une fille singulière, est de ceux-là. L’auteur malien, philosophe de formation, journaliste dans l’âme et romancier par devoir de mémoire, livre ici un récit d’une force rare. Celle qui naît du silence des victimes, de l’écho des coups de feu, et de cette question qui traverse l’Afrique contemporaine : que reste-t-il de l’enfance lorsqu’elle croise le chemin de la guerre ?

Les influences d’Aimé Césaire, de Cheikh Hamidou Kane,…

Son héros, Seydou, est tout sauf un personnage de fiction. Il est une synthèse. Une condensation littéraire de milliers de destins brisés du Sahel, du Kivu ou du Nil Bleu. Il est cet enfant gorgé de lumière, né dans le confort, initié à Aristote par un père pédagogue, nourri de contes par une mère aimante — et que la barbarie, un jour, arrache à l’innocence. La bascule est brutale, sans transition. La tendresse laisse place au sang, l’éveil à la brutalité, et l’écolier modèle devient Scorpion 11, enfant-soldat d’une guerre qui ne dit jamais son vrai nom.

Togola, qui ne verse jamais dans le pathos, écrit avec une retenue poignante. Il ne cherche pas à faire pleurer. Il fait penser. À travers les pages, l’auteur interroge les fractures de nos sociétés, les trahisons de l’éducation, et cette incapacité du politique à protéger ce qu’il y a de plus fragile : les enfants. Il y a chez lui une volonté évidente de rendre à ces enfants soldats leur dignité narrative. De rappeler que derrière chaque kalachnikov, il y a un regard d’enfant.

Ce roman n’est pas un simple cri. C’est une thèse déguisée. Une réflexion philosophique sur la résilience, le libre arbitre et la part de lumière qu’il reste en l’homme, même au cœur de la nuit. On y retrouve, en filigrane, les influences d’Aimé Césaire, de Cheikh Hamidou Kane, et parfois même de Malraux. L’écriture est sobre, presque austère, mais d’une précision chirurgicale. Chaque mot compte. Chaque image frappe.

Dans les ténèbres, un enfant peut choisir la lumière

Et puis, il y a cette phrase, comme un aveu : « Il savait qu’il marchait sur un fil, oscillant entre la survie et le refus de se laisser totalement corrompre par la haine. » Tout est dit. La ligne de crête. Le combat intérieur. Le refus de sombrer.

Enfant des ruines est un roman nécessaire. Parce qu’il donne voix à ceux que les rapports d’ONG chiffrent mais que les nations oublient. Parce qu’il montre que même dans les ténèbres, un enfant peut choisir la lumière. Parce qu’il rappelle que, parfois, la littérature est la seule patrie possible pour ceux qu’on a privés de terre, de toit, et d’avenir.

Bakary Fomba

1 avril 2025 0 comments
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Le Président de transition du Burkina Faso s'adresse à la nation dans un discours poignant, entouré de militaires en tenue, symboles de la sécurité , de la souveraineté nationale et de la détermination.
ActuPolitique

Burkina Faso : grâce ciblée et loyauté recomposée

by Chiencoro 1 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

En graciant 21 anciens putschistes du coup d’État manqué de 2015, le capitaine Ibrahim Traoré ne se contente pas d’un geste de clémence. Il redéfinit, dans l’urgence sécuritaire, les contours mouvants de la fidélité militaire, à condition qu’elle serve désormais la République.

Dans l’Afrique des transitions militaires, où les priorités s’écrivent souvent à l’encre de l’urgence, chaque geste présidentiel vaut déclaration d’intention. En graciant, par décret, 21 anciens militaires condamnés pour leur implication dans le putsch manqué de 2015, le capitaine Ibrahim Traoré a fait davantage que tendre la main aux vaincus d’hier. Il a envoyé un signal politique aux alliés, un message tactique à ses ennemis, et un avertissement voilé à sa propre armée.

L’annonce, rendue publique le 31 mars, s’appuie sur une loi adoptée en décembre dernier. Elle accorde une grâce dite « amnistiante » à ceux ayant été poursuivis pour leur tentative de renversement du régime provisoire mis en place après la chute de Blaise Compaoré. À l’époque, les hommes de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle avaient échoué à rétablir l’ancien ordre, battus en douze jours par les unités loyalistes. L’épisode, brutal, avait fait 14 morts et près de 270 blessés. Le verdict judiciaire, lui, était tombé en 2019 : « atteinte à la sûreté de l’État », « meurtres », « trahison ».

Une grâce sans effacement

Les bénéficiaires de cette faveur présidentielle – six officiers et quinze sous-officiers et soldats du rang – verront leur uniforme réattribué, mais sans carrière reconstruite, ni pension, ni indemnité. Le décret est formel. Il s’agit d’une réintégration, non d’une réhabilitation.

Ceux qui restent à l’écart – les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, piliers de l’appareil Compaoré – incarnent la ligne rouge que Traoré refuse de franchir. Si l’on peut pardonner l’obéissance, on ne saurait effacer la planification.

À Ouagadougou, cette décision n’est pas née dans le confort de la paix. Elle répond à une réalité de terrain. Un pays en guerre ardue contre les groupes jihadistes et leurs sponsors étrangers. Le gouvernement burkinabè est en quête de combattants. Et dans cette guerre d’usure, les bras valides d’hier peuvent redevenir les fusils utiles de demain.

Comme l’a précisé le ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala, ces anciens « putschistes » ne seront pas graciés gratuitement. Ils devront « manifester un engagement patriotique dans la reconquête du territoire » et « participer activement à la lutte contre le terrorisme ». En d’autres termes, prouver leur loyauté, non plus dans les discours, mais sur les champs de bataille.

Une mémoire recomposée, une loyauté réassignée

L’Afrique de l’Ouest a connu d’autres tentatives de recomposition sécuritaire à partir de fragments d’anciens régimes. La Côte d’Ivoire post-crise, le Tchad post-Habré, ou plus récemment, la Guinée en refonte militaire silencieuse. Partout, la même équation : transformer les rebelles d’hier en remparts d’aujourd’hui, sans que la mémoire collective ne se dissolve dans l’amnistie.

Ibrahim Traoré, lui, avance à pas calculés. À la croisée du pardon pragmatique et de la discipline de guerre. À l’image d’un pouvoir qui, pour durer, apprend à conjuguer verticalité, réversibilité et nécessité.

L’histoire dira si ces hommes, un jour traîtres, sauront être soldats. Et si cette grâce, accordée à défaut d’oubli, suffira à bâtir la loyauté de demain.

Chiencoro Diarra 

1 avril 2025 0 comments
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Les deux généreaux soudanais
ActuSécurité

Soudan : deux généraux, une capitale fantôme, et la guerre comme seul langage

by Chiencoro 1 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Alors que le général Al-Bourhane proclame la « libération » de Khartoum, son rival Hemetti promet de revenir. Plus qu’un tournant militaire, c’est la confirmation d’un conflit qui redessine le Soudan à coups d’alliances opportunistes et de replis tactiques. Entre ambitions croisées, épuisement humanitaire et diplomatie impuissante, une certitude s’impose, la guerre n’est plus l’exception, elle est devenue le système.

Il est des victoires qui se proclament plus vite qu’elles ne se consolident. Et des capitales qu’on libère sans jamais vraiment reconquérir. En annonçant, ce 29 mars au soir, que ses troupes « se battraient jusqu’à la victoire totale », le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, chef de l’armée soudanaise, a voulu sceller un moment symbolique : la reprise de Khartoum, deux ans après son effondrement sous les coups de la milice rivale, les Forces de soutien rapide (FSR). Mais derrière l’uniforme impeccable et le ton martial, c’est une guerre d’usure qui se poursuit, sans vainqueur évident ni horizon lisible.

Depuis le palais présidentiel, réinvesti quelques jours plus tôt après une opération éclair, Al-Bourhane a écarté toute négociation avec son adversaire, le général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». Il a parlé de milice terroriste, de reddition inacceptable, et de lutte sans compromis. Un langage de rupture, qui tranche avec les ambiguïtés du passé — lorsque, en 2019, les deux hommes cogéraient de fait la transition soudanaise, unis dans l’exclusion méthodique des civils.

Khartoum n’est plus un centre de pouvoir. C’est un champ de ruines.

Mercredi, l’état-major militaire annonçait fièrement avoir « nettoyé » les dernières poches de résistance des FSR dans la capitale. Le lendemain, Hemetti lui-même, dans un message diffusé en ligne, confirmait le retrait de ses troupes, qualifié de « repositionnement stratégique » vers Omdurman. Il promettait un retour. Car au Soudan, chaque recul n’est qu’un délai, et chaque victoire, un piège.

Dans un réflexe bien connu des guerres africaines à fronts mouvants, les FSR annonçaient, presque simultanément, une alliance militaire avec un groupe rebelle opérant dans les zones frontalières du Soudan du Sud et de l’Éthiopie. Samedi, elles revendiquaient une offensive dans le Nil-Bleu, à 140 kilomètres au sud-ouest de Damazin. Autant dire que le pays reste, plus que jamais, divisé : l’armée contrôle le Nord et l’Est ; les FSR, l’Ouest et une partie du Sud, notamment le Darfour, aux confins du Tchad.

Un conflit gelé, une diplomatie impuissante

Sur les rives du Nil, comme dans les couloirs de l’Union africaine, personne ne se fait d’illusions. Washington, qui a formellement accusé les FSR de génocide en janvier, a sanctionné les deux camps, tout en perdant, peu à peu, ses relais sur le terrain. Au Caire, on observe sans intervenir. À Riyad, on parraine sans convaincre.

Quant aux civils soudanais, plus de douze millions d’entre eux ont été déplacés, tandis que les morts se comptent par dizaines de milliers. La communauté humanitaire parle de catastrophe « à échelle continentale ». Mais sur le terrain, ni les appels au cessez-le-feu ni les tentatives de médiation n’ont infléchi la trajectoire du conflit.

La guerre comme seule matrice du pouvoir

Dans cette lutte à mort entre deux généraux issus du même moule — l’un forgé dans la hiérarchie militaire classique, l’autre dans les circuits parallèles du pouvoir tribal et économique —, la logique de la guerre a absorbé toutes les autres. Elle remplace les institutions. Elle régule les alliances. Elle définit l’autorité.

Comme en Libye hier ou au Tchad demain, c’est dans le vacarme des blindés et le silence des urnes que se joue l’avenir du Soudan.

Khartoum est peut-être tombée. Mais le pouvoir, lui, reste introuvable.

Chiencoro Diarra 

1 avril 2025 0 comments
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Boubacar Diané, ministre de l'Energie et de l'Eau.
A la UneChroniques

Chronique. Et la lumière fut… grâce à la méthode Diané

by Sahel Tribune 1 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans un continent où les promesses tiennent rarement face à la réalité, Boubacar Diané incarne une rare exception. Ministre de l’Énergie et de l’Eau du Mali depuis novembre 2024, il a su allier écoute, méthode et courage politique pour transformer une crise chronique en opportunité de redressement. En garantissant une alimentation électrique quasi ininterrompue pendant le Ramadan 2025, il n’a pas seulement tenu parole, il a démontré qu’un leadership fondé sur l’observation du terrain, le respect des techniciens et la vision du long terme pouvait encore changer le quotidien de millions d’Africains.

On gouverne un pays comme on éclaire une ville, en commençant par allumer les zones d’ombre.

Dans un monde où la défiance envers les institutions ne cesse de croître, rares sont les dirigeants qui prennent le temps d’écouter, de diagnostiquer, puis d’agir. Et plus rares encore ceux qui, dans un silence méthodique, transforment l’écoute en politique publique.

C’est pourtant ce qu’a fait, ces derniers mois, le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diané. À rebours des promesses creuses et des calendriers sans lendemain, il a d’abord tendu l’oreille. Aux ingénieurs de terrain. Aux agents de l’EDM. À ceux qui, chaque jour, se battent pour maintenir un minimum d’alimentation dans un réseau précaire, sous tension permanente.

Une vision à long termes 

De cette écoute est née une action. Et de cette action, une première victoire.

Le mois de Ramadan 2025, longtemps redouté comme une période de pénurie électrique, s’est transformé en tournant énergétique. Promesse tenue : 19 heures de courant par jour. Alimentation continue pendant 48 heures dans plusieurs quartiers pendant la fête de ramadan. Une rupture. Non seulement technique, mais symbolique. Une manière de redonner confiance dans l’État par un service essentiel.

Le plan déployé repose sur des choix audacieux. Un fonds de soutien, certes contesté, a été mis en place à partir de micro-prélèvements sur les recharges téléphoniques (10 %) et les opérations de mobile money (1 %). Ce mécanisme, intelligent dans sa logique, a permis de financer l’approvisionnement en carburant et la maintenance du réseau. À cela s’ajoutent des visites continues des sites critiques – Sirakoro, Safo, Kambila – et une coordination renforcée avec le Premier ministre.

Mais cette réussite immédiate n’a de sens que si elle s’inscrit dans une vision de long terme. Or, tout indique que cette vision existe. La deuxième ligne de Manantali, attendue pour juin, promet une couverture élargie. Et les annonces récentes sur le solaire, bien que peu détaillées, montrent une volonté de basculer vers un mix énergétique plus stable, moins carboné, plus souverain. Cela serait possible une fois que les centrales solaires de Sanankoroba, de Safo, de Tiakadougou-Dialakoro, ou encore de Fana, seront mises en service. 

Tout a commencé là, par une promesse tenue

L’électricité n’est pas un luxe. C’est une condition préalable à tout progrès. Sans courant, pas d’école numérique, pas d’hôpital moderne, pas d’entreprise connectée. Le courant, c’est le début de tout.

Le Mali, en assumant un financement autonome de ses infrastructures de base, montre une voie possible. Celle d’un État qui prend ses responsabilités, qui investit dans les usages de demain, qui rend à ses citoyens ce qu’ils attendent le plus — une vie un peu plus stable, un peu plus prévisible, un peu plus digne.

Cela ne suffira pas. Mais c’est un début. Et ce début mérite d’être reconnu.

Car si, un jour, le Mali devient un modèle en matière d’indépendance énergétique, on pourra dire que tout a commencé là, par une promesse tenue, une méthode assumée, et surtout… par l’écoute des invisibles.

A.D

1 avril 2025 0 comments
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